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La dialectique n'est pas l'extrême centre
5:46 ouvrage de lettres et de code, il dit que c'est une critique honnête et constructive, même s'il y a des choses qui, dedans, bien sûr, demandent une mise au point, sur lesquelles, bien sûr, nous allons travailler. Mais Société Française était donc une émanation de l'Institut de Recherches Marxistes, c'est ce moment-là, et je finis donc ma petite allusion, ma petite parenthèse, Clouscard avait adressé un texte qui, lui aussi, vient d'être, l'année passée, et tout récemment réédité aux éditions Delga, qui est un texte qui n'avait jamais été publié, d'ailleurs, « Lettre ouverte aux communistes français », dans lequel je parlais d'un avertissement très amical et très fraternel sur les dangers, d'une dérive, nous verrons après, d'une dérive sociale-démocrate, alors là, bien sûr, il y a tout de suite le bureau politique de la censure,
6:58 qui va dire, ça y est, le stalinien pointe l'oreille, dérive sociale-démocrate, ça sonne stalinien, et non, manque de chance, l'originalité de Clouscard, et c'est pour ça que le texte de La réponse à Morilhat est si important, parce qu'il n'a jamais été aussi clair sur ses points politiques, je commence par les aspects politiques, vous voyez, je ne suis pas d'un strictement philosophique, exprès pour que les choses soient claires. Je dis ça parce qu'il y a eu pas mal de commentaires sur notre première partie, et les commentaires les mieux intentionnés, n'hésitent pas à dire, par exemple, qu'ils ont été parfois embrouillés par la complexité de ces dossiers, donc c'est pour ça que je commence par écarter les arbres au profit d'une vision d'ensemble de la forêt, la forêt politique, avant d'entrer dans le détail des ramures philosophiques.
7:53 et idéologiques, et théoriques. Clouscard renvoie dos à dos, c'est une des définitions de la dialectique, est dans une position non pas centrale, non pas un juste milieu, une espèce de salmigondis, de bouillie, qui prend un peu de l'extrême A et un peu de l'extrême B pour faire un soi-disant juste milieu.
8:25 Non, ça c'est l'abominable extrême centre qui nous gouverne depuis si longtemps, je l'ai déjà développé la dernière fois, je n'y reviens pas. Ce centre qui a inspiré Arthur Adamov, injustement oublié, un des plus grands dramaturges, un de nos plus grands dramaturges de l'après-guerre. le titre de cette pièce, M le modéré, n'est-ce pas, l'extrême centre, que ce soit le centre gauche, Mitterrand, le centre droit, Giscard, jusqu'à aujourd'hui Macron, naviguant entre les deux, n'est-ce pas.
8:58 De l'un à l'autre, en fait, c'est un extrême centre, je vais rappeler, je m'en tiens là, parce que le reste, je vais développer pour l'essentiel, que tous ceux qui étaient compromis avec la collaboration et avec le régime de Vichy sont revenus, après avoir rasé les murs dans les médias après-guerre, sont revenus à la surface de la mondanité politique, précisément sous cette étiquette protectrice. Ils ont pu afficher, bien sûr, leur position droitière et extrême-droitière sous cette étiquette divers modérés, sans étiquette, centre, centre gauche, centre droit.
9:37 Voilà, donc ce centre n'est pas du tout un milieu, c'est un extrême, il faut le savoir. Clouscard renvoie dos à dos, donc non pas une position médiane, mais, et c'est ça une définition dialectique, on va le développer tout à l'heure quand je passerai au strictement philosophique. C'est pour ça que c'est si difficile à saisir et que certains s'embrouillent, il s'agit de tenir en même temps des choses opposées. Dans le détail, pour ne pas noyer le poisson je dégage tout de suite un petit point essentiel ici, mais si vous vous perdez dans la notion de dialectique, pensez toujours à ce que vous faites quand vous tournez une poignée de porte.
10:22 Il n'y a pas de meilleure introduction à dialectique que ce simple geste, car vous actionnez ce que les physiciens appellent un couple de force. Vous faites ça, il y a une force qui va là et une autre qui va là, un couple de force, c'est-à-dire deux forces égales mais de direction inverse. C'est ça, un couple qui va définir après un moment, un moment cinétique, un couple de force, c'est ça, la dialectique. Simultanément, le mouvement est produit par le fait qu'il y a deux forces qui sont non pas contradictoires, mais qui vont en sens contraire, ce qui n'est pas tout à fait pareil.
Deux tentations et primat de la forme selon Hegel
11:00 Voilà, je ne m'attarde, vous n'allez pas là parce que sinon je vais tomber dans l'abstraction, ce n'est pas le moment que je reste dans la politique. Clouscard renvoie dos à dos, je reviendrai à la dialectique, vous pensez bien, la dérive des deux grandes tentations d'un mouvement, d'une organisation de partis, un mouvement qui se réclame de Marx. Restons-en à l'essentiel. les deux tentations inverses, apparemment, mais qu'il faut renvoyer dos à dos, donc ils doivent avoir quelque chose de commun.
11:37 Car ça aussi, c'est dialectique, de voir ce qu'il y a de commun dans deux positions que tout semble opposer. À savoir la tentation sociale-démocrate, la dérive, celle qui a subi le Parti communiste français, même si c'est de plus en plus un homonyme par rapport à celui que j'ai connu, et à l'opposé, ce que Clouscard appelle la tentation dogmatique, celle qui refuse l'abandon de la dictature du prolétariat et qui s'identifie explicitement à une espèce de néo-stalinisme.
12:34 Voilà. Quand je dis que je renvoie dos à dos, il va de soi, ce n'est pas que je me suis fait traiter de stalinien pendant toute la période où j'ai milité au Parti communiste français et que je me suis fait traiter de social-démocrate Mollasson lorsque je... j'approuve l'abandon d'une certaine forme de la dictature du prolétariat.
13:06 Dans ce que... On va voir avec Clouscard, dans ce qu'il appelle les sociétés dites post-industrielles. Vous voyez qu'on est vraiment dans l'actualité. Voilà. Je fais ce démarrage politique. Pourquoi ? Parce que j'ai eu pas mal de courriers, de commentaires. Donc, depuis la dernière vidéo, certains s'obstinent, je suis très content, ce n'est pas du tout un reproche à communiquer, non pas seulement sur notre site, sur l'adresse mail avec dume.gmail.com mais...
13:52 ou bien sur Facebook, sur les réseaux sociaux, mais... mais sur... mais... pour celles et ceux qui les ont, mes coordonnées privées, ce qui ne me dérange pas au contraire. Mais... je signale que dans ces commentaires-là, il y en a, donc qu'on ne trouve pas sur les réseaux sociaux, mais qui j'explique ici, et qui... converge vers le fait que... il y en a qui se sont un petit peu perdus dans mon intervention la dernière fois.
14:24 En particulier, je me rappelle d'un... je crois qu'on dit un follower qui s'appelle dans le pseudo et nous mène, n'est-ce pas, que je ne connais que par les réseaux, et qui est très fidèle, nous plus loin même, et... qui... disait que là, il avait un petit peu jeté l'éponge devant la... l'apparente complexité, l'embrouillamini du propos.
14:55 Donc, pour éviter cet écueil, je préfère expliciter à l'avance, encore une fois, je préfère montrer la forêt avant d'y rentrer, avant de se perdre dans les arbres et leurs branches et leurs feuilles, et donc fournir ce qui ressemble à un plan, si vous voulez. en gros, je vais commencer par rappeler ce sur quoi je me suis attardé la dernière fois, pas pour le répéter, sinon on tourne en rond, où j'ai beaucoup développé l'aspect sémantique de la réponse de Clouscard à Morilhat, c'est-à-dire, et c'est assez inattendu, sur le fait que Clouscard explicite les problèmes de forme que pose son œuvre, les problèmes d'expression.
15:50 C'est assez rare que Clouscard explicite son propre signifiant, ou sa propre signifiance, comme on voit. Et ce faisant, je m'inscris dans ce qu'on pourrait penser, que c'est un petit peu, on est assez loin du marxisme, avec ses considérations sémiologiques, sémantiques, on se sent plus dans le champ du structuralisme ou de la phénoménologie, que dans celui du marxisme, et a fortiori, de l'hegeliano-marxisme.
16:32 Contresens majeur. Vous trouvez une phrase, la moins ambiguë qui soit, dans la préface de la phénoménologie de l'esprit, je pense à Hegel ici, bien sûr, je la cite dans la traduction d'Hyppolite, pour être bien clair, une phrase où Hegel s'insurge contre la tendance des romantiques, des pensées romantiques, qui consistent à dire que l'important, ce n'est pas la forme, ce n'est pas ce qu'on appellerait aujourd'hui le signifiant, l'expression littérale, mais c'est le fond, c'est l'essence.
17:04 Voilà. Vous savez, l'essence, c'est l'être invisible, c'est la vérité de ce qui apparaît mais qui n'apparaît pas. C'est ce qui est au-delà, ce qui n'est pas sensible, ce qui n'est pas de ce monde. On a pu dire que le christianisme est une religion de l'essence alors que le paganisme grec est une religion de l'être, par exemple, de l'immédiat. Et Hegel, devant le danger que peut représenter ce sacrifice du détail de la forme et de la signifiance à l'importance du fond, de l'essence, dit ceci, maintenant, je coupe ma voix off et je cite, mot pour mot, dans la traduction d'Hyppolite, dans la préface à la phénoménologie de l'esprit, premier volume, donc, c'est précisément parce que la forme est aussi essentielle à l'essence que celle-ci l'est à elle-même, que l'essence n'est pas concevable seulement comme essence, mais aussi bien comme forme et dans toute la richesse de la forme développée.
18:12 je mets au défi tous les structuralistes des sixties d'avoir jamais été aussi clairement en faveur de la signifiance jusque dans son détail et dans toute la richesse de la forme développée que cette formulation de Hegel. Donc, quand je m'attarde là, je m'inscris dans une tradition, je ne suis pas l'objet d'un caprice.
La solitude de Clouscard et la reconnaissance de Morilhat
18:42 Je vais commencer donc par les développements que fait Clouscard dans sa réponse à Morilhat, dont je rappelle, je continue mon premier rappel, celui qui situe un petit peu l'intervention de Morilhat, donc, de cette revue Société française et émanation à l'époque de l'Institut de recherche marxiste qui a disparu depuis, et qui avait été le premier de cette mouvance marxiste proche du Parti Communiste français.
19:18 C'est tout à son honneur d'avoir reconnu l'importance de l'œuvre de Clouscard. J'ai assez suffisamment développé la dernière fois pour ne pas y revenir et je ne tiens pas à faire pleurer les chaumières, ce n'est pas du tout pour m'attarder en termes d'état d'âme, c'est parce qu'il s'agit de quelque chose d'existentiel, l'incroyable, l'effroyable solitude de Michel Clouscard qui ne s'est pas rangée à la fin de sa vie, non pas une solitude, pour ça que je dis que ce n'est pas une imagerie, ce n'est pas pour faire, pour donner dans, comment on dit maintenant, les affects.
19:57 Ce n'est pas pour donner là-dedans, parce que Clouscard n'était pas du tout seul ni au niveau sociologique ni au niveau psychologique, il était entouré d'amis, d'excellents amis et même de relations, de collègues, je pense en particulier à ceux qu'il fréquentait à l'Institut hégélo-marxiste de Poitiers où il était professeur d'université, aux côtés de Jacques D'Hondt avec qui il s'entendait particulièrement bien d'ailleurs le regretté Jacques D'Hondt et l'immense Jacques D'Hondt.
20:31 Donc, quand je dis seul, il a eu aussi la reconnaissance universitaire après avoir obtenu les félicitations du jury en soutenant sa thèse d'État et après avoir reçu les éloges, cette thèse, c'est bien sûr celle qui a été édité depuis sous le titre « L'Être et le Code », les éloges de personnalités aussi différentes, quasi opposées que Jean-Paul Sartre et Vladimir Jankélévitch. Donc, ce n'est pas à ce niveau-là qu'il était seul.
21:01 On est seul que par rapport à une attente. Ce n'est pas moi que je vais vous apprendre qu'un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Celui qui, dans une relation amoureuse, n'attend la reconnaissance que d'un seul être et qui ne l'a pas est seul. C'est cette solitude-là dont je parle. Et Clouscard attendait. Il était dans l'attente d'une reconnaissance. Il était dans l'attente de la reconnaissance de ses camarades. C'est-à-dire d'une reconnaissance par les penseurs marxistes, par les économistes, les philosophes.
21:31 On n'est pas encore dans l'embrouillamini entre philosophie, sciences humaines, sciences sociales et l'autre problème secondaire, une terminologie hasardeuse. Il était dans l'attente, je prends un terme générique qui est le plus important pour lui, de ses camarades. Ça dit bien ce que ça veut dire. Des amis, il en avait. Mais il attendait la reconnaissance du côté des organisations. Et voilà qu'en 1987, Claude Morilhat le mérite pour la première fois de faire paraître un article qui reconnaît l'aspect incontournable, enfin il dit indispensable, je résume le point de vue de Morilhat pour ceux qui n'étaient pas là la dernière fois, donc c'est très court, Clouscard, deux points, indispensable et insuffisant.
22:22 Voilà pour le positif, indispensable, c'est pas rien. Et toute la reconnaissance est là et insuffisant parce qu'il y a des points avec lesquels il n'est pas d'accord. Et Clouscard n'hésite pas d'ailleurs à dire que cette double désignation lui va très bien et qu'il l'assume. Je lis très rapidement ici ce que Clouscard en dit. J'assumerai même son jugement d'introduction.
22:52 Clouscard, indispensable mais insatisfaisant. Je pourrais même dire que j'en suis fier. C'est un parfait et à mon avis élogieux positionnement dialectique. Vous voyez tout de suite son réflexe. ma contribution à la recherche marxiste en particulier pour combler le retard théorique entre guillemets est reconnue. Indispensable. Clouscard, indispensable. La première fois, l'organisation reconnaît Clouscard, indispensable. Et cela dans la mesure où la critique de cette contribution peut permettre un nouveau progrès de cette recherche.
23:24 Donc que j'ai des insuffisances dans le sous-sens c'est le cas de tous ceux qui se mouillent et qui ont l'assure au coude ou qui se mouillent les mains comme on voudra et qui ont les mains sales et donc on peut toujours faire mieux. Et pour ça, il faut faire pour que la continuation fasse mieux. Je mets ici un petit bémol quand je dis Morilhat est le premier à octroyer cette reconnaissance.
23:57 Le premier à publier une reconnaissance. mais je joue un peu sur les mots si on passe de publier à éditer ce n'est pas un très grand glissement de sens. Tout de même il y a un hommage tout particulier ici à rendre aux éditions sociales Messidor à l'époque et en particulier à Richard Lagache que je salue ici parce que c'est aussi un ami même si on s'est perdu de vue depuis. je lui rends un hommage car ça a été le premier lorsqu'il était le bras droit disons de Lucien Sève qui dirigeait à l'époque les éditions sociales à décider d'éditer une œuvre de Clouscard dans le cadre d'une organisation très proche du Parti communiste français et des éditions sociales en 1985.
24:50 Ce n'est pas un hasard si Morilhat publie cet article deux ans après la parution du fameux Capitalisme de la Séduction qui a été le plus gros succès de la librairie de Michel. C'est un petit peu comme si à l'Institut de recherche marxiste on avait reçu un feu vert de l'organisation et qu'on pouvait enfin dire après tout ce Clouscard ça mérite peut-être d'être lu.
Contre le nocturne : Heidegger et les deux sens de la dialectique
25:21 Donc voilà je finis ici ma situation du contexte le contexte du texte auquel Clouscard répond. Moi je commente la réponse de Clouscard. Je reviens maintenant à la continuité de cette réponse et à mon commentaire pour ceux qui ont peur de s'embrouiller je pense clairement à nous-mêmes. Je vais commencer donc par le problème de la sémantique en m'autorisant via la formule de Hegel que j'ai rappelée à l'instant pour montrer que ce n'est pas du tout la forme opposée au contenu au contraire la forme est aussi essentielle à l'essence que celle-ci l'est à elle-même.
26:02 On ne peut pas mieux montrer l'intrication et l'inséparabilité de la forme et du contenu qu'on les distingue. Oui merci Aristote. Aristote est un champ Aristote et Kant ont un point commun c'est que c'est pédagogiquement ceux qui nous ont fourni ce n'est pas des distinctions. C'est un mot cartésien vous savez les idées claires et distinctes. c'est facile d'avoir du prestige en pirouettant dans les ténèbres.
26:36 C'est Baudelaire qui parle de pirouetté dans les ténèbres dans un poème qui insiste sur les sens du mal comme par hasard qui s'appelle L'Irréparable dans les fleurs du mal. C'est facile d'avoir des prestiges dans je cite un titre de Heidegger d'entraîner le lecteur dans des chemins qui ne mènent nulle part. C'est plus facile de jouer le nocturne que le diurne voilà ce que je suis en train de dire.
27:14 Car ces chemins qui ne mènent nulle part on sait trop bien où ils mènent et surtout pour ceux qui n'ont pas attendu l'ouverture des cahiers noirs de Heidegger pour voir l'horreur où aboutissent ces chemins et on comprend que certains voudraient faire croire que c'est des chemins qui ne mènent nulle part dans la belle forêt allemande. Vous savez, Marx nous avait déjà mis en garde qu'il faut éviter de remuer les forêts teutonnes. Donc, à l'opposé de ce que Hegel avait déjà vu chez les romantiques, cette première grande offensive dans le sens de ce que Lukács appellera plus tard la destruction de la raison Hegel avait mis en garde contre la tentation de cette nuit je cite cette nuit où toutes les vaches sont noires.
28:04 Je rappelle qu'il y avait une division pendant la guerre et c'est ce qui s'appelait Nacht und Nebel nuit et brouillard circuler il n'y a rien à voir. Alors là nous-mêmes va encore dire que j'embrouille mais non je suis sûr qu'il a manifesté la preuve qu'il a largement de quoi rendre intelligible ce que je suis en train de dire. Apparemment il connaît l'art de la fugue est autrement plus complexe n'est-ce pas que ce que je suis en train de dire à savoir je reste ici sur le cas Heidegger vous savez c'est si je laisse de côté Heidegger un instant mais je prends le camp qui s'est servi de lui pour lequel c'est une idole incontournable le camp pendant la guerre froide n'est-ce pas même le pape celui qui a précédé François j'ai oublié son prénom c'est pas un hasard c'était un très proche de Heidegger en faisait partie
29:15 c'est intéressant de voir un penseur à ce point antéchrétien si proche du paganisme d'Héraclite et de Parménide n'est-ce pas ou de Dionysos que de l'évangile de Jean enfin ça fait plus de 2000 ans que l'église n'est pas une contradiction près Heidegger je reviens dans les choses claires que tout le monde est familière à tout le monde fait une critique assez classique de la métaphysique or apparemment il n'y a pas de rapport pendant la guerre froide on a commencé entre cette thématique qui vous est plus familière je dis vous je m'adresse surtout à ceux qui sont plus jeunes parce que c'est leur génération à savoir que le goulag il était déjà dans Lénine c'est pas seulement Staline qui est une perversion non non il était déjà dans Lénine et d'ailleurs si on regarde bien il est déjà dans Marx le goulag et d'ailleurs
30:28 il est dans Hegel regardez Hegel le système le vrai le tout le totalitarisme l'organicisme etc et d'ailleurs il est déjà dans Descartes d'ailleurs il est déjà dans Platon non non mais je caricature pas je suis dans la lettre de Heidegger que nous avons oublié l'être pendant plus de 2500 ans puisque Platon est le premier oubli de l'être ça veut dire quoi qu'il reste seulement je n'oublie pas la continuité de ma grande parenthèse je suis dans Martin Able ma critique du nocturne de la tentation de la nuit où les vaches sont noires qu'est-ce qu'il reste ?
31:16 il reste les présocratiques ah ça alors là là Heidegger ne tarit pas d'éloges Parménide, Héraclite ah voilà des gens qui étaient encore en contact avec l'être alors moi je n'ai rien à dire contre l'Héraclite et Parménide, Héraclite Hegel lui-même aura un immense hommage à Héraclites par exemple qui est un des tout premiers à rappeler que la dialectique deuxième fois que je parle de la dialectique ici pour préciser quelque chose je m'adresse à ceux pour qui tout ça s'embrouille donc il y a des recoupements à faire je marque le coup c'est à l'usage qu'on comprend les mots c'est pas dans une définition s'il suffisait d'ouvrir le petit Larousse pour savoir ce que c'est que je veux dire être démocratique ça se saurait ce que c'est que la liberté ce serait bien c'est à l'usage or voilà un des usages qui permet de se repérer pour comprendre ce que veut dire dialectique un c'est pas le seul un des affluents dont
32:26 le bassin versant finit par faire un fleuve le fleuve de la dialectique c'est qu'il y a deux sens dialectique tantôt c'est une méthode pour arriver au vrai à l'être comme vous voulez au réel pour l'instant je ne fais pas de distinction mettons si je suis dans le dans le schéma platonicien pour arriver au soleil du fond de la caverne vers le soleil pour Platon c'est la dialectique n'est-ce pas qui est la meilleure voie pour y arriver mais l'être lui-même le soleil n'est pas dialectique chez Platon ça c'est la première conception les contradictions inhérentes au concept du dialectique les oppositions concernent la route comprend le chemin les difficultés contre lesquelles on doit lutter pour arriver au vrai mais quand on arrive au vrai qu'est-ce qu'il dit Platon ?
33:24 on arrête de parler et on est dans la théorie à la contemplation et même je l'ai répété plusieurs fois mais on ne le répétera jamais assez dans l'atelier dans nos ateliers pas seulement à la contemplation mais à la succion le dernier stade peut-être de la proximité d'avec l'être et le vrai je suis dans la lettre de Platon ici dans la succion je vous renvoie à la fin du sixième livre de la république qui est un des un des extraits les plus vertigineusement profonds de Platon pardon d'abuser ici du lexique et des hyperboles mais franchement des fois ça vaut le coup c'est à dire le passage qui précède de quelques lignes l'exposition du fameux mythe de la caverne par lequel commence le septième livre donc je suis à la fin du sixième livre quand on est au contact du soleil qui représente ici l'absolu pour Platon le vrai le bien surtout le bien ici je me distingue de Badiou qui traduit agathon le bien par le vrai pour l'instant c'est pas si important la clarification
34:34 que je fais je ne vais rien embrouiller mettons que ce soit pareil il n'y a plus de discours il n'y a plus d'opposition il n'y a plus de dialectique la dialectique concerne le chemin qui mène à l'être mais l'être lui-même n'est pas dialectique alors que dans Héraclite le présocratique vous voyez que je ne fais pas l'impasse dessus ou le peu qu'on en a il y a quelque chose qui est très clair c'est que c'est l'être lui-même qui est dialectique la contradiction est le moteur même de l'être c'est pour ça qu'il ne parle pas de l'être vraiment mais il parle du devenir et vous retrouvez ma poignée de porte dès l'instant que la contradiction est dans la réalité le haut qui va à droite le bas qui va à gauche c'est la poignée de porte on n'est plus dans l'être dans l'immobilité dans le statique de Parménide on est dans le mouvement héraclitéen dans le fleuve dans lequel on ne se baigne jamais deux fois voilà je referme cette petite parenthèse pour ceux qui se perdent
35:44 des fois ou qui sont dans la confusion je me rappelle que Bernard Friot la première fois que je l'ai rencontré la librairie Tropiques m'avait pris une fois à part il m'avait dit Dominique il faudrait que on discute un jour que tu me clarifies un peu ce que c'est exactement la dialectique alors peut-être c'est une manière un peu différée retardée d'y répondre parce que nous sommes toujours entre deux portes lui et moi certainement pour d'excellentes causes mais enfin je parle pour lui en tout cas ça j'en suis sûr voilà donc deux sens évidemment celui qui à retenir dans un champ marxiste c'est celui qui procède de Hegel Marx Dieu sait s'il n'a pas ménagé ses critiques de Hegel est toujours resté inflexible sur un point c'est que Hegel est incontournable quant à l'usage de la dialectique je ne veux pas encore trop développer ce lien entre Clouscard entre Marx et Hegel puisque je vais y revenir dans la partie philosophique je suis encore dans le plan
« À la hache » : les grands auteurs comme signifiants majeurs
36:57 de cette partie sémantique et mais je tenais à faire cette mise au point la dernière fois donc j'ai tenu de même que Hegel est très dialectique quand il montre que l'essence et la forme sont indissociables alors qu'ils semblent se contredire puisque l'une est visible l'autre est invisible l'une est là l'autre est au-delà etc.
37:29 l'une est phénoménale l'autre serait nouménale comme ça elle est loin dès qu'on n'est pas dialectique on a des antinomies à l'infini Kant nous a appris à remarquer ça mais j'avais lu un passage où Clouscard se justifiait à l'égard de Morilhat qui avait dit à propos de la manière de l'expression de Clouscard qu'il travaillait il écrivait un peu à la hache c'était l'expression et je ne reviens pas sur le passage je le lis mais sans l'analyser à la hache oui très souvent en effet je ne fais qu'indiquer désigner marquer je ne fais que prendre date montrer l'idée le problème j'ai voulu avant tout proposer un travail de repérage global de mise en situation de délimitation d'un champ culturel il faut savoir désigner dedans il y a signe les cibles dégager très vite
38:39 les topiques les enjeux et c'est en partie inévitablement un travail de guerre idéologique à la hache donc il assume la formule de Morilhat alors on dira bon on comprend ce qu'il veut dire il dit dans l'action dans l'engagement politique on ne peut pas être aussi rigoureux que dans la grande parenthèse dans l'épochè comme on dit chez Husserl dans la grande parenthèse théorique taratata c'est pas du tout et nous allons voir ça c'est moi qui introduis cette image je dis ça pour que ce soit bien clair et qu'il n'y ait pas de confusion c'est pas juste cas oui il travaille à la hache mais c'est une hache laser c'est ce que nous allons voir maintenant c'est une hache qui tient autant du scalpel n'est-ce pas que de la cognée en effet parce que et là maintenant j'enchaîne aujourd'hui voilà première partie de mon plan c'est la continuité avec la dernière fois l'auteur dit Morilhat l'auteur donc Clouscard donne souvent l'impression de travail à la hache le dessin
39:52 à grands traits se distingue mal de la caricature donc il reproche à Clouscard de caricaturer faute du recul culturel nécessaire et il fait allusion bien sûr à la manière au traitement que Clouscard inflige aux maîtres à penser de l'époque et qui pour une part sont encore les maîtres à penser de l'EHESS Lévi-Strauss Foucault Barthes Lacan Bourdieu Baudrillard Sartre j'ai juste sauté le premier de la liste dans la réponse qui est Sartre parce que vous savez que tous ceux que je viens de citer ont fait le parricide de Sartre mais j'ai développé ça la dernière fois je n'y reviens pas je renvoie à la première partie le structuralisme pour apparaître chercher à faire disparaître ceux qui occupaient la place avant lui je suis dans le mondain au sens de clouscardien ce qui n'est-ce pas agitait le monde de la mondanité philosophique c'était l'existentialisme avant structuralisme voilà puis après structuralisme il a été dégommé par les nouveaux philosophes et ainsi de suite laissant le monde pour l'instant et revenant à Morilhat Clouscard répond ceci
41:05 Claude Morilhat a très bien compris aussi que ces grands auteurs ne font que me servir écoutez bien de signifiant majeur non parce qu'on pourrait croire que c'est que je tire Clouscard du côté de Lacan c'est pas moi qui parle de signifiant c'est pas moi qui le fais dire à Clouscard c'est lui-même qui répond Morilhat ces grands auteurs leur nom propre sont autant de signifiants majeurs des poteaux indicateurs regardez bien des signifiants majeurs de quoi ?
41:37 de la phénoménologie de la bourgeoisie je rappelle ici que l'article de Morilhat intervient au moment où Clouscard venait de faire paraître trois ouvrages dans la foulée qui sont parmi les plus lus de ce lectorat qui fort heureusement depuis l'époque où Morilhat écrit ceci ne cessait de prendre de l'ampleur et puis à la faveur de la crise la crise du capital donne une impulsion significative encore à ce retour de Clouscard et de ses œuvres ces trois ouvrages que Clouscard appelle son triptyque sont le capitalisme de la séduction donc 85 le frivole et la bête sauvage le frivole et le sérieux il venait de publier les trois et au moment où il prend connaissance de l'article de Morilhat donc en 87 cette fois il vient en plus
42:47 de publier mais Morilhat ne l'a pas eu à sa disposition c'était trop récent un ouvrage que je vous recommande par-dessus tout en dehors de cette réponse c'est Les dégâts de la pratique libérale c'est difficile à trouver mais sur internet je crois qu'il ne devrait pas y avoir trop de difficultés Les dégâts de la pratique libérale paru donc cette même année 87 aux éditions du pavillon auquel ici je tiens à rendre hommage je pense ici au rôle qu'a joué Christian Riochet c'est pas dans le regrettant la disparition dans l'édition de cet ouvrage que la terre lui soit légère en Afrique à lui qui était né en Afrique du Nord donc ces trois ouvrages Clouscard les regroupe dans un autre syntagme générique qu'il appelle ici la phénoménologie de la bourgeoisie vous voyez on est déjà aux prises
Le théâtre d'ombres et le présent historique
43:57 c'est pour ça qu'il y a de quoi s'embrouiller je rassure Noumène il n'est pas le seul il y a de quoi mais une fois qu'on a pris l'exercice c'est très simple parce que une des raisons de l'embrouille vient du fait que Clouscard prend un malin plaisir à utiliser les syntagmes les signifiants si vous préférez de l'adversaire et en faire un usage à lui qui est original et qui se retourne souvent contre celui qui utilise ce syntagme alors comme tout ça paraît abstrait je prends un exemple deuxième partie de mon plan qui est l'application cette fois de ce que je dis au niveau de la forme et du signifiant et sur lequel il s'attarde à sa réponse à Morilhat Morilhat lui reproche de parler par exemple de potlatch de la plus-value donc pour bien comprendre ce qui va suivre je répète la réponse que fait Clouscard à Morilhat sur ce cette accusation
45:09 de caricaturer un petit peu les grandes figures n'est-ce pas de ne pas être très rigoureux de la manière dont il parle d'eux mais Claude Morilhat a très bien compris aussi que ces grands auteurs ne font que me servir de signifiant majeur de la phénoménologie de la bourgeoisie je suis indifférent à leurs œuvres en tant que telles trouvez-moi un auteur qui a le courage de dire c'est pas le détail de leur œuvre qui m'intéresse ils ne m'ont servi qu'à désigner de nouveau le radical signe qui est au cœur du mot vous voyez que c'est ça on travaille la hache mais la hache je vous dis c'est une hache laser c'est précis tout ça c'est rigoureux ils ne m'ont servi qu'à désigner les articulations les thèmes les figures les étapes de cette phénoménologie nous revoilà dans Platon mais oui on croit qu'on est dans Husserl la phénoménologie non d'abord la première phénoménologie n'est pas elle n'est pas néo-kantienne comme tout ce qui procède de la phénoménologie husserlienne elle est hegelienne premièrement et
46:19 ici le lien Hegel Platon dans le champ politique je sais si Hegel critique Platon sur d'autres points en particulier pour le fait d'en rester à une logique de l'essence la vérité la vraie réalité elle est au-delà elle est dans le cosmos dans le monde des idées c'est pas tout à fait ce que dit l'histoire ce que dit Hegel pour lequel la réalité effective la Wirklichkeit vous savez et non pas la réalité sensible en physique là il est d'accord avec Platon c'est ce qui nous fait dire que nous sommes sur le plancher des vaches éclatérées immobiles alors que nous sommes emportés à 30 secondes autour du 30 km secondes autour du soleil à chaque instant cette réalité effective elle est dans l'histoire elle est pas dans l'au-delà pourquoi je repars de Platon là à cause de ce passage où Clouscard dit ces auteurs me servent
47:29 de signifiant majeur n'est-ce pas Foucault je cite Barthes Lacan Bourdieu Baudrillard je l'ai réduit à n'être que l'os qui permet de reconstituer l'animal mais qu'est-ce que dit Platon dans l'allégorie de la caverne il dit que les ombres que nous voyons sur le fond de la caverne ne sont pas la vérité il s'intéresse pas au destin de ces ombres non plus c'est pas par manque de rigueur Platon a écrit à l'entrée de son école que nul n'entre ici s'il n'est géomètre c'est pas quelqu'un qui contemne la rigueur que je sache mais Platon insiste justement au nom de la véritable rigueur que la vérité de ce qui apparaît n'est pas sur le fond de la caverne mais qu'il est derrière la nuque des prisonniers qui sont enchaînés de telle manière qu'ils ne peuvent voir que le fond de la caverne je suis en train de dire que le papotage mondain dans lequel se résument ces grands courants philosophiques existentialisme structuralisme mais oui jeu masqué dans une tradition instaurée par Marx lorsqu'il parle de misère de la philosophie c'est un théâtre
48:39 d'ombre chinoise l'existentialisme le structuralisme Lacan Foucault Althusser Sartre c'est un théâtre d'ombre chinoise c'est peut-être faux peut-être Marx s'est trompé mais en tout cas c'est ça qu'il dit Marx c'est-à-dire que la vérité n'est pas dans la succession de ces écoles mais dans le présent historique qui détermine chacune de ces écoles dans leur dos lorsque Hegel met sur son journal dans sa jeunesse il met sur son journal cet impératif qui vaut pour lui-même tu ne pourras jamais être plus que ton temps il renonce à l'espoir d'être un prophète comme c'était très souvent à la mode il a romantiqué allemand il a participé dans sa jeunesse à cet esthétisme absolu que fait le romantisme allemand on en parlera ailleurs il met sur son cahier sur son journal tu ne pourras jamais plus que ton temps mais au mieux tu seras ton temps c'est-à-dire que notre présent historique pour chacun de nous et à chaque époque le présent historique est la limite de notre pensée
49:49 au mieux tu seras ton temps nous avons tous un horizon de pensée un horizon je le prends ici au sens relativiste au sens einsteinien je ne connais pas grand chose je m'en sers comme une métaphore si je me trompe que mes amis physiciens me pardonnent mais je crois qu'il y a quelque chose comme ça il y a quand même une finitude une courbure qui fait que au-delà de l'entrée d'un trou noir on ne peut pas très bien savoir ce qui se passe il y a une limite un horizon qui est le présent historique les catégories dont nous nous servons pour imaginer l'avenir ou pour reconstituer un soi-disant passé sont déterminées par notre présent historique or ce que dit Hegel tu ne pourras jamais plus que ton temps mais au mieux tu seras ton temps et que Clouscard s'inscrit dans cette tradition a été approfondi par Marx avec le concept car c'est un concept de Robinsonade je rappelle ce que Marx désigne comme une Robinsonade il fait bien sûr allusion lui aussi Morilhat
La Robinsonade et la société civile
50:59 aurait critiqué Marx en disant vous prenez une notion qui est là et puis vous l'appliquez dans un champ qui n'est pas le sien vous prenez ça dans le romanesque Robinson Crusoe et vous appliquez ça à l'économie politique mais oui que dit Marx il dit que les économistes classiques les penseurs bourgeois de l'économie aiment bien imaginer que les premiers hommes se sont assemblés et ont constitué la société dans un but utilitaire pour mieux chasser le mammouth parce que c'est plus pratique d'être à plusieurs que bref il y a d'abord des individus puis après il y a l'humanité ah non dit Marx ça n'a jamais existé on ne connait aucune société individuelle là il reprend la coupure rousseauienne Marx avant le passage de l'état de nature là je reprends rousseau chapitre 8 livre 1 du contrat social avant le passage de l'état de nature à l'état civil l'homme n'est qu'un je cite rousseau textuellement un animal stupide et borné il ne devient je cite rousseau un être intelligent et un homme que lorsqu'il passe à l'état civil
52:09 que ceci soit dit et répété afin qu'on débarrasse rousseau de la couche naturaliste dans laquelle on l'aliène dans laquelle on le défigure et dans laquelle on le falsifie rousseau a un culte de la nature mais qui n'est pas du tout la nature dont on parle aujourd'hui dans l'écologie c'est la nature j'ai développé ça la dernière fois je ne reviens pas au sens polémique au sens où on dit il est naturel que j'aille au cinéma le samedi soir alors qu'il n'y a rien de naturel en cinéma il n'y a rien de naturel en samedi ce sont des conventions humaines mais ça veut dire simplement foutez-moi la paix je suis libre de aller au cinéma samedi soir ici c'est un sens polémique que je respecte de nature qui veut dire liberté c'est ce que signifiait le droit naturel au 18e siècle par opposition au droit positif qui dit qu'il faut punir de mort l'incendie donc soyons clairs quand Marx parle de Robinsonade il dit on croit qu'on imagine le passé et en fait c'est ça là là où Marx fait une application
53:19 de son propre détour théorique et en fait c'est le présent historique à savoir la libre concurrence déchaînée entre entreprises britanniques par exemple parce que c'était le modèle plus performant à l'époque de Marx ce serait le monde américain ça reste anglo-saxon aujourd'hui bientôt asiatique la concurrence déchaînée comme on dit la concurrence libre et non faussée nous sommes ici en plein on va y revenir dans ce qu'on appelle en philosophie politique la société civile on n'est plus dans la famille où il y a un certain train-train un ordre une tradition on n'est pas encore dans l'état mais on est entre les deux dans la société civile où tout est permis même si on sait que c'est pour aboutir à ce que rien n'y soit possible pour reprendre ce qui est devenu un slogan clouscardien qui a connu et j'en suis bien content pour lui un certain succès populaire tout est permis mais rien n'est possible c'est ça la société dans laquelle nous vivons n'est pas c'en est l'un des grands secrets l'un des grands non-dits donc c'est ça la bête sauvage
54:31 où tout est permis mais rien n'est possible le présent notre présent c'est la société industrielle anglaise par exemple à l'époque de Marx où chaque producteur a pour concurrent un autre producteur et c'est ça qui se reflète dans la manière dont il imagine le passé les premiers hommes étant isolés les uns des autres et concurrents entre eux finissant par s'associer vous reconstituent toute la problématique de Hobbes c'est un peu par contrainte que les hommes se seraient unifiés bref ce serait à l'origine du contrat social c'est une méconnaissance du contrat bien sûr je ne veux pas développer ça ici mais j'espère en avoir l'occasion bientôt à la rentrée puisque nous allons commencer un nouveau cycle je peux vous le dire en avant-première qui traitera c'est un titre générique de la logique du sujet il y a une logique dans les sciences de la nature ça personne venu dans les sciences dures comme on dit maintenant et puis il y a
55:43 une tentative d'approche du sujet dans les sciences d'histoire dans les sciences humaines l'EHESS ou ailleurs je ne sais pas ou ailleurs mais là il n'y a plus de logique ou il y en a si peu que ça ne vaut pas la peine d'en parler enfin si on la compare en tout cas à la puissante cohérence des sciences dures cohésion donc je voudrais essayer de tracer une passerelle entre les deux et de développer ce que peut signifier une logique du sujet et une rationalité appliquée non plus aux choses ça la physique sait très bien le faire beaucoup mieux que moi je me garderais bien lui reprocher on n'en serait pas là si ce n'était pas le cas les uns et les autres mais autre chose est la logique des relations entre sujets et le politique ce n'est pas ce n'est pas une relation du sujet à la chose à l'objet ce n'est pas une relation de l'astronome au soleil c'est une relation de l'astronome à sa hiérarchie à ses collègues à ses lecteurs à ses budgets là on est dans la logique du sujet mais enfin on va voir toute l'année qui vient pour y revenir donc je ne peux pas
Le potlatch : de Mauss aux torques gaulois et à Fouquet
56:53 trop déflorer le sujet alors je reviens à cette l'exemple que prend ici Clouscard parce que Morilhat s'attarde sur un cas particulier de cette légèreté d'après lui avec laquelle Clouscard prend des concepts ici et les utilise dans un autre champ en particulier ce concept de j'y reviens potlatch de la plus-value ça peut sembler obscur peut-être à une jeune génération qui ont oublié le prestige qu'avait à ce moment-là les recherches d'un Marcel Mauss en anthropologie Marcel Mauss c'est le grand tournant sans lequel il n'y aurait jamais eu un Lévi-Strauss par exemple pour aller très vite Marcel Mauss dont la publication la plus décisive est sans conteste son fameux essai sur le don c'est ici pour le condenser très rapidement c'est pas je ne suis pas là pour faire l'histoire de la sociologie ou l'anthropologie mais justement pour éviter d'entrer
58:03 dans le détail de cette histoire et comme j'ai utilisé ma petite poignée de porte tout à l'heure pour glisser rapidement sur la dialectique mais avec une orientation précise et qui restera toujours présente chaque fois qu'on veut parler sans dire trop de bêtises de la dialectique dans l'essai sur le don si vous voulez comprendre l'essentiel même si c'est pas l'exemple que prend Marcel Mauss pensez un peu aux enfants les dragés les bonbons les cadeaux c'est bien ça les enfants on dit dragé au poivre cadeau empoisonné voilà ce qui est voilà ce que fait remarquer Marcel Mauss dans l'essai sur le don donner apparemment c'est très généreux c'est gentil de donner oui mais ça oblige comme on dit en français je suis votre obligé je suis votre serviteur je dépends de vous donc c'est toujours un cadeau empoisonné parce que le don suppose un contre-don voilà après l'essai Marcel Mauss ça vaut le coup et alors une forme particulière de ce don une forme extrême qui a été étudiée dans les sociétés amérindiennes de l'Amérique du Nord en particulier
59:13 par les anthropologues nord-américains d'où le nom d'origine indienne pour rouge du potlatch c'est pour ça que ça sonne un peu étrangement aux oreilles françaises repose sur une tradition bien observée empiriquement je veux dire ça c'est une question de terrain chez les sauvages comme on disait à l'époque c'est que pour conforter le fait d'être au sommet de la hiérarchie un chef un chef de clan un chef de tribu un sommet de hiérarchie traditionnelle périodiquement avait tendance à faire ce qu'on appellerait aujourd'hui une grande braderie pour montrer qu'il est au-dessus et pour décourager les autres de le suivre si vous voulez à cette espèce de challenge il pouvait par exemple brûler en public devant toute la tribu comme ça dans le centre du village une cinquantaine de peaux de bison autrement dit on brade une partie de la richesse pour montrer qu'on est au-dessus c'est ça qu'on appelle le potlatch qui est parfaitement observé en anthropologie je m'attarde sur cette notion
1:00:23 de potlatch pour montrer quitte à critiquer gentiment Morilhat dont Clouscard le premier à reconnaître que sa critique est constructive et honnête donc c'est pas du tout pour ironiser mais pour indiquer une défaillance tout à fait à l'avantage de Clouscard c'est la preuve qu'on peut prendre ce concept de potlatch et l'appliquer ailleurs que dans son origine amérindienne c'est j'y ai pensé récemment en allant faire une causerie à Saint-Dizier dont vous avez peut-être eu quelques échos sur Youtube à partir du film Le Jeune Marx je traverse la Marne la Haute Marne avec le train et je regardais cette région qui a qui a été une région privilégiée pour les historiens de la chose gauloise pour résumer très grossièrement or il y a une coutume bien connue chez les spécialistes de cette histoire c'est le fait qu'on retrouve dans la Marne mais on le retrouve aussi dans la Garonne dans le sud-ouest les tribus gauloises on retrouve j'espère que ça vous arrivera un jour on sait jamais des bijoux en or massif
1:01:33 ce qu'on appelle des torques T-O-R-Q-E-S renseignez-vous torques T-O-R-Q-E-S je vous dis renseignez-vous parce que ça vaut le coup appuyer sur l'image dans Google c'est une splendeur on voit l'extraordinaire finesse du travail des joaillers des bijoutiers le travail de l'or des bouloirs avec des fermoirs qui marchent encore on voit le bracelet ou le collier c'est pas son fermoir en or pourtant l'or c'est mou il faut être bon technicien avec des feuilles de chêne ou des roses c'est extraordinaire la qualité du travail en or massif or périodiquement les chefs gaulois prenaient plusieurs de ces torques qui représentaient l'essence même de la fortune de la richesse qui étaient en leur pouvoir puisqu'ils étaient les chefs et les jetaient dans la rivière vous voyez le chaud au dessus de ça origine amérindienne le terme de Potlatch application dans le comportement des gaulois à l'égard des torques qu'ils balançaient dans la Garonne dans la Seine ou dans la Marne
1:02:43 et j'en passe et troisième je m'arrêterai là pour tous ceux qui ont eu l'occasion de visiter le château de Vaux-le-Vicomte c'est un peu plus loin que la banlieue au fond c'est la limite après tout l'île de France sud près de Fontainebleau vous savez que ce château a été commandé a été la résidence du ministre des finances de Louis XIV de ce qu'on appelait à l'époque le surintendant des finances de Fouquet et quand on admire quand on visite le château et qu'on n'est pas tout à fait férus à l'histoire on pourrait dire tiens visiblement il a été inspiré par Versailles quand on voit les jardins le jardin à la française et l'angle droit et les parterres c'est le contraire c'est Versailles qui a été fait sur le modèle de Vaux-le-Vicomte au niveau des jardins je dis ça parce que c'est le même jardinier l'illustre Le Nôtre n'est-ce pas que Louis XIV a fauché au surintendant aux finances
1:03:53 pour faire Versailles or qu'est-ce qui s'est passé c'est que Louis XIV a été accueilli par Fouquet à Vaux-le-Vicomte et ça c'est assez connu je crois même si on est un grand spécialiste de l'histoire ça s'est très mal passé pour Fouquet car il l'a accueilli avec un tel faste vous voyez comment on va y arriver de nouveau à jeter des torques dans le fleuve ou à brûler des peaux de bison il a dépensé une telle fortune pour recevoir Louis XIV le surintendant aux finances il va être content Louis XIV il est bien sûr ah non il ne peut pas y avoir de patron il ne peut pas y avoir de roi je m'attarde un peu parce que tout à l'heure Clouscard veut parler de l'aimable concept anthropologique de Potlatch que moi j'ai appliqué dans le domaine de la plus-value dans le champ marxiste il y a une lutte pour la reconnaissance j'y viens que Marcel Mauss et les anthropologues et Lévi-Strauss encore moins n'abordent pas ce ne sont pas des Echelianos marxistes au contraire on s'est servi moins de Mauss mais surtout de Lévi-Strauss n'est-ce pas pour liquider le marxisme on s'est servi d'eux
1:05:03 je ne dis pas que Lévi-Strauss ça me dérangeait beaucoup mais ce n'est pas son principal souci c'est un homme très attaché à son sujet et je le répète toujours une des plus belles cultures musicales de Paris à l'époque c'est pas rien donc ça s'est mal passé parce qu'il l'a reçu avec un tel faste que Louis XIV l'a fait arrêter à déposséder une grande partie de ses biens en résidence surveillée une grande partie de ses biens et à faucher je pourrais dire son je vais dire son cuisinier j'ai mis à l'absurde son jardinier pas Le Nôtre lui a fait faire Versailles voilà il y a un détail que je trouve c'est le plus important ce grand détour par Fouquet c'est pour vous dire ce détail il était allé jusqu'à je commente Potlatch de la plus-value il était allé Fouquet jusqu'à arroser les pavés de la cour dans laquelle il a accueilli le roi de poudre d'or de l'émail d'or enfin on est dans l'essence même de la réalité historique Potlatch de la plus-value
Le potlatch de la plus-value, universel concret
1:06:13 voilà comme Morilhat dit non c'est peut-être pas légitime même ici vous voyez je vous ai dit que c'est oui travail à la hache le skarmaciste une hache laser l'empirie l'ici et le maintenant concret pas pour faire des tableaux comme chez Bourdieu pour dire qu'on n'est pas seulement dans le théorique parce qu'il y a toujours un anti-intellectualisme chez Bourdieu un côté ressentimental pour parler comme Nietzsche qui est la plupart du temps justifié vis-à-vis des cocos et des coquins auxquels il fait allusion des coquins et des copains comme avait dit une expression politique célèbre mais à quoi sert l'empirie s'il lui manque la modélisation essentielle ici on voit Clouscard être dans ce que Hegel appelle l'universel concret oui le potlatch de la plus-value est un universel concret dans les sociétés et c'est le dernier exemple que je donnerais cette manière de montrer qu'on a du pognon allez soyons clairs
1:07:23 maintenant de montrer qu'on est dans la classe qui domine à la classe supérieure en bradant en donnant des fêtes en organisant de grandes partouses j'ai l'air de m'énerver mais je fais allusion à quoi je ne me rappelle plus en quelle année mais à l'obscénité de cette fête qui a eu lieu dans les locaux du parti communiste français qui à l'époque avait voulu s'ouvrir à l'intelligentsia anticommuniste on avait trouvé des tas de vomi sur les moquettes quand je parle de potlatch de la plus-value on est dans le particulier concret on n'est pas dans l'imaginaire donc je peux vous lire maintenant parce que c'est beaucoup plus concret l'incroyable analyse que fait Clouscard son retour sur sa soi-disant légèreté théorique dans l'expression pour dire en deux mots l'essentiel pour Claude Morilhat incontestable la réussite de l'exercice de style clouscardien s'affirme en partie au détriment du travail de fond il écrit même totem encore un mot emprunté au monde amérindien potlatch principe de réalité
1:08:33 ça c'est emprunté à Freud au champ psychanalytique le détournement de notions qui ont fait les beaux jours de la théorie anthropologie ici psychanalyse là est habile mais l'extraction de leur champ d'horizon ne suffit pas à leur assurer une dimension conceptuelle ça ça veut dire en fait plus qu'à il y avait une fois un sérieux théorique c'est pas mais oui mais je sais pas moi bon Dieu ou alors le néopositivisme logique Wittgenstein vous voyez comment on retrouve les découpages contemporains tout ce que Clouscard renvoie dos à dos une dimension conceptuelle si elles font image alors il reproche à Clouscard je me suis attardé la dernière fois sur le fait que le langage de tous les jours le jour se lève est imagé la philosophie utilise depuis 2500 ans un langage imagé et elle fait bien de ne pas faire comme les mathématiques les mathématiques font très bien d'avoir abandonné ce langage de tous les jours parce que les mathématiques avaient leur raison à elles et qui sont excellentes de mettre au point un discours univoque
1:09:43 où les signes ont un sens et un seul n'est-ce pas et c'est pas comme démocratie où l'un entend ceci et l'autre entend l'inverse bon c'est très bien et où il n'y a pas de métaphore comme dans le jour se lève alors que le jour ne s'est pas couché et s'est encore moins levé mais dans ces métaphores on n'y insistera jamais assez se loge le creux de ce qui intéresse le philosophe lui il ne peut pas l'abandonner comme les mathématiciens le mathématicien peut et doit l'abandonner parce que c'est un effet d'un sujet ça le fait qu'il y ait des métaphores dans la langue de désir de formulation inconsciente alors que quand un astronome s'occupe du soleil par exemple je veux dire il n'y a pas un inconscient du soleil donc il peut et il doit abandonner toute trace de subjectivité c'est pas le cas du philosophe la philosophie commence et Socrate y fait allusion Platon y fait allusion via Socrate dans l'apologie de Socrate c'est inscrit au temple de Delphes et Socrate y fait allusion dans son procès en disant il est écrit gnôthi seauton connais-toi toi-même et non pas combien il y a de grains de sable dans le Sahara ce qui peut être utile pour d'autres choses j'en sais rien donc
1:10:56 je reprends la reprise de Clouscard il finit de citer Morilhat mais l'extraction de leur champ d'horizon à ces notions ne suffit pas à leur assurer une dimension conceptuelle Morilhat est exigeant et il a raison si elles font image elles n'autorisent pas pour autant une meilleure compréhension de la société capitaliste donc le concept de potlatch de la plus-value ne nous aiderait pas à comprendre la société capitaliste celle-là elle est bien bonne Clouscard reprend la parole et là je vous demande d'être très attentif et c'est pour ça que je m'attarde sur ce texte de la réponse de Clouscard à Morilhat c'est qu'à nombre de pages égales bien sûr si vous lisez les dégâts de la pratique libérale vous avez tous ces contenus-là inédits complètement inédits avant Clouscard développé sur toute la pagination d'un ouvrage d'un bouquin d'un livre mais ici c'est une réponse c'est la dimension d'un article face à un autre article n'est-ce pas donc je m'y attarde parce que ça n'a jamais été dit aussi clairement et d'une manière aussi dense
1:12:06 à dimension égale que dans cette réponse de Clouscard à Morilhat pourtant l'expression potlatch de la plus-value ne dit-elle pas en deux mots l'essentiel donc non seulement Clouscard ne reconnaît pas ici la faute mais au contraire persiste et signe n'y a-t-il pas presque adéquation de l'image et du concept a-t-on déjà vu Clouscard à ce point sémiologue après avoir préparé le lecteur l'image vous avez vu et le concept ceux qui font des études de philosophie je vous rappelle qu'un Kant par exemple avait dit que les concepts sans intuition sont vides et les intuitions sans concept sont aveugles remplacer intuition par image et concept on n'a pas besoin de le remplacer car c'est le même mot ici n'est-ce pas et vous avez la même dichotomie entre l'empirie et le rationalisme entre l'empirisme et le rationalisme et ça se sont dit les antinomies n'y a-t-il pas presque adéquation de l'image et du concept alors là non pas antinomie mais adéquation synthèse
1:13:16 après avoir préparé le lecteur en me servant des catégories du culturo-mondain préparer le lecteur vous voyez je lui impose un bien surprenant glissement de sens ça vous serez d'accord avec le potlatch on l'avait rarement appliqué le potlatch on l'appliquait au pot de bison ou au tort que j'étais dans la rivière rarement à la société moderne et à la plus-value n'est-ce pas et au bénéfice de General Motors ou de Danone donc je lui impose au lecteur un bien surprenant glissement de sens qu'il ne peut plus récuser précisément parce qu'on est parti d'exemples concrets en partant de cette aimable notion de l'ethnophilosophie qu'est le potlatch j'en viens à dire la nécessité même que ce genre de discours permet de cacher je vous dis que c'est de la hache laser je n'ai pas fini de le répéter mon style imagé dit-il entre guillemets c'est ce que lui reproche Morilhat imagé n'est que la réponse à la question même de la pédagogie on est obligé d'être imagé quand on transmet
Le problème de Socrate : du langage idéologique au concept
1:14:26 quand on enseigne et c'est bien la leçon de Platon depuis 2500 ans de la philosophie en général et il ajoute c'est pour ça que j'y reviens comment à partir du langage idéologique usuel le langage de tous les jours celui qui nous fait dire le soleil se lève n'est-ce pas parce qu'il y en a qui trouvent que je reprends très souvent cet exemple vous voyez pourquoi il est central puisqu'il faut encore se battre pour se faire comprendre c'est tellement évident qu'on n'y pense jamais comment à partir du langage idéologique usuel en venir à la nécessité du concept la nécessité logique alors là n'est-ce pas c'est le problème de Socrate c'est dit en toutes lettres par Michel Clouscard dans cette réponse à Morilhat c'est le problème de Socrate c'est pas un défaut à Clouscard c'est le problème sans doute encore non parfaitement résolu de toute la philosophie qui boite comme je l'avais rappelé la dernière fois c'est une image que j'emprunte ici à cette noble figure que fut Merleau-Ponty qui disait que dès Socrate en son rapport à la cité
1:15:36 aux politiques puisque Socrate c'est le scandale qui a infléchi la carrière politique du jeune Platon qui était parti pour être un homme politique de son temps fils d'une grande famille et qui a été traumatisé par le fait que son maître qu'il estime être l'homme le plus juste de la cité est condamné à mort par la cité c'est ce traumatisme politique et David Chitrault a de très beaux déploiements montrant que ce n'est pas un hasard ce n'est pas Socrate seulement ou Clouscard c'est d'une manière générale la philosophie a toujours une double un double tropisme elle est attirée par les mathématiques parce qu'il y a la rigueur et parce qu'il y a l'universel parce que les hommes se mettent d'accord ce qui est le rêve de la politique grande citation de quelqu'un qui restait 30 ans à l'école de Platon grande citation d'Aristote sur le problème que je suis en train d'agiter la mathématique unit les hommes la politique les divise Aristote ça reste actuel donc méditons bien cette parole d'Aristote la mathématique unit les hommes la politique les divise c'est pas seulement pour la connaissance
1:16:46 c'est pas dans un sens cognitif ah les sciences cognitives il y en a qui se font des illusions que Platon a écrit que nul n'entre ici s'il n'est géomètre c'est aussi une intention pratique au sens kantien au sens politique donc mon style imagé n'est que la réponse à la question même de la païdéia c'est moi qui dis le mot grec maintenant de la pédagogie l'enfance c'est païdéia comment à partir du langage idéologique usuel je m'attarde à cette phrase je reviens à ce que les linguistes appellent le langage naturel qui est beaucoup mieux appelé comme Clouscard car il n'a précisément rien de naturel il est même de toutes les formes il y a des formes de communication très développées dans le monde animal je pense aux abeilles aux dauphins c'était développé c'est pas un souci mais c'est pas du langage précisément parce qu'il n'y a pas la métaphore et l'image on est au coeur des problèmes décisifs ici mon style imagé entre guillemets n'est que la réponse à la question même de la pédagogie car la pédagogie
1:17:56 ce n'est plus un sujet qui cherche comme astronome à réfléchir à un objet mais c'est un sujet qui essaye pas seulement de connaître mais d'agir sur un autre sujet l'apprenant et qui apprend beaucoup dans son acte d'apprendre vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai appris de l'Afrique en enseignant en Afrique en particulier le fait qu'on ne peut pas escompter la culture parce qu'il est rare que dans les écoles où j'ai enseigné en Afrique subsaharienne bien sûr je parle ici il est rare que les parents aient à la maison les oeuvres complètes je ne sais pas moi de Proust ou d'Aristote et donc on est obligé de mettre à plat les concepts complètement et d'être beaucoup plus rigoureux je ne sais pas qu'on ne peut l'être lorsqu'on peut escompter que l'élève se renseignera par lui-même c'est un travail de documentation personnelle et c'est une grande école que de faire l'école en Afrique donc je répète
1:19:06 cette phrase capitale en partant de cette aimable notion de l'ethnophilosophie que le potlatch la grande braderie j'en viens à dire la nécessité même que ce genre de discours permet de cacher mon style imagé n'est que la réponse à la question même de la pédagogie deux points comment à partir du langage idéologique c'est beaucoup mieux que naturel j'en étais là ce n'est rien naturel le langage précisément du langage idéologique usuel en venir à la nécessité du concept au rebours pas au contraire de l'idéologie c'est le problème de Socrate c'est le problème de toute philosophie par le fait même que toute philosophie fusse même quand elle semble abstruse lorsque le discours est abscon je pense à Hegel bien sûr au grand dialogue dit métaphysique de Platon au sophiste au Philèbe parménide etc qui sont parfois
1:20:16 très difficiles voilà l'introduction à la critique du jugement de Kant je recommande fortement le plus grand texte de Kant en tout cas le plus complet et le plus lourd d'avenir il n'empêche que ça reste du langage comment il dit du langage idéologique usuel on n'a pas quitté ce que les linguistes appellent le langage naturel lorsque Hegel parle de la pure porosité des matières ne me demandez pas ce que ça veut dire c'est pas notre propos ça paraît incompréhensible la pure porosité des matières aucun de ces mots n'est étranger à celui qui écoute poreux est un terme familier pur est un terme familier matière est un terme familier c'est leur assemblage qui est un petit peu rarissime voilà c'est là que le philosophe n'est-ce pas utilise le langage de tous les jours mais pour dire des choses qu'on n'entend pas tous les jours on est bien d'accord mais le code c'est celui du langage de tous les jours donc allez c'est la dernière fois que je le cite comment à partir du langage idéologique usuel en venir à la nécessité du concept j'espère que notre ami
1:21:26 Noumène est rassuré j'ai pas tout clarifié je suis en train de dire que ce sera jamais clarifié dans le sens où on l'attend dans les sciences dures comme Y égale f de x voilà ce qui est précisé ici et rappelé par Clouscard car il n'y a pas qu'un enjeu cognitif il y a un enjeu de lutte entre sujets il y a des obstacles idéologiques des obstacles de classe comment à partir du langage idéologique usuel en venir à la nécessité du concept c'est le problème de Socrate j'ai voulu aussi y répondre le potlatch de la plus-value n'y a-t-il pas là un bon usage didactique qui se justifie pédagogique didactique et même conceptuel de l'image donc loin d'opposer le concept et l'image l'intuition et le concept ici on les a réconciliés dans un effort éminemment dialectique comme toujours lorsqu'on rapproche des contraires en avançant et en faisant en sorte que cette contradiction soit le moteur même du mouvement qui permet d'avancer je vais passer à une autre articulation de la réponse de Clouscard à Morilhat qui est encore
Socrate fait descendre la philosophie du ciel sur la terre
1:22:37 plus fondamentale et encore plus d'actualité puisqu'il va y être question des rapports entre la société civile et l'État à l'heure des Gilets jaunes ce n'est pas du luxe d'aborder la question tant s'en faut mais avant à propos de cet aspect nécessairement pédagogique qu'on le veuille ou non du mode d'expression de la philosophie car la philosophie utilise le langage de tous les jours allez soyons rigoureux toute toute expression philosophique est une partie pour parler de la mathématique ensembliste est une partie de l'ensemble des discours utilisant le langage naturel mais tout discours utilisant le langage naturel n'a pas nécessairement une visée pédagogico-politique c'est le propre de la philosophie c'est d'utiliser le langage naturel mais pour produire quelque part
1:23:47 sur le sujet sur le récepteur pour que l'émetteur mais sur le récepteur une action une praxis pas assez souvent mais qui me semble fondamentale c'est ce brave Diogène Laërce vous savez il est très connu dans les manuels de l'histoire de la philosophie pour avoir fait cet incroyable compil comme on dirait aujourd'hui n'est-ce pas vie, doctrine et sentence des philosophes illustres on pourrait grâce auquel nous avons comme ça un petit peu un bilan des penseurs de son époque c'est l'époque hellénistique c'est pas postérieur à Platon et donc il a une réputation il n'a pas tellement la côte auprès des philosophes il n'est pas très futé il n'est pas fut-fut comme on dirait familièrement puisque tantôt il nous rapporte des anecdotes sans intérêt tantôt il fait des développements extrêmement importants et en tout cas c'est grâce à lui
1:24:57 par exemple qu'on a des citations de présocratiques dont on a entièrement perdu des ouvrages et dont on a quelques fragments justement développés par Diogène Laërce alors pourquoi j'en parle parce que lorsqu'il arrive à Platon c'est un de ses chapitres les plus importants on est très surpris car il inscrit Platon non pas seulement dans l'histoire de la pensée et de la connaissance voilà il y avait au sens propre qui a cessé d'interroger les astres qui n'a pas mélangé la philosophie et la physique et l'astrophysique mais qui a demandé à ses interlocuteurs au fait comment tu comptes élever ton fils est-ce qu'il faut lui apprendre la gymnastique est-ce qu'il faut lui apprendre la musique qu'est-ce que c'est que le courage il demande au général d'armée qu'est-ce que c'est que la beauté il demande à l'artisan la rue là à son interlocuteur de tous les jours Socrate a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre ça veut dire ça aussi ça nous rappelait qu'il n'y a pas
1:26:07 que le théorique en philosophie il y a le politique au sens propre ce qui se passe dans la polis dans la cité et donc arriver au soleil c'est très bien d'être arrivé jusqu'au soleil d'avoir franchi toutes les de s'être débarrassé de toutes les illusions qui nous embarrassaient l'œil de l'esprit depuis le fond de la caverne mais c'est rien c'est un néant si on ne revient pas au fond de la caverne là où il y a la communauté des prisonniers enchaînés pour les délivrer et pour leur dire c'est billevesée tout ce que vous voyez c'est pas comme ça que ça se passe et si on trouve une manière de s'adresser à eux voyez la pédagogie la paideia comme c'est lié à la politique qui soit un peu différente de celle de Socrate Socrate nous a mis sur la voie lui comme il a été le premier il a dû être assez maladroit puisqu'il a tellement agacé ceux à qui il posait des questions qu'ils ont fini par se saisir de lui et de le tuer tout ça est dit en toutes lettres dans l'exposition du mythe de la caverne par Platon et tu penses bien que quand il revient de son séjour vers le soleil et vers le bien il titube
1:27:18 lorsqu'il revient dans l'obscurité car ses yeux ont vu la lumière et ont du mal à se reconnaître dans les ténèbres et donc il va marcher comme un homme saoul comme un homme ivre c'est donc Platon et donc les autres diront ah ben c'était bien la peine d'aller si loin si c'est pour marcher comme un ivrogne et s'il pouvait se saisir de lui il le tuerait n'est-ce pas ? oui il le tuerait dit-il c'est l'interlocuteur donc le problème ne reste pas tant c'est un combat de passer du soleil au fond de la caverne d'irradier la communauté ce que Kant appelle magnifiquement la communauté intelligible n'est-ce pas ?
1:27:56 par le bien inséparable du vrai parce que sinon c'est de la moraline et ça fait des millions de morts mais venons-en à des critiques qui me semblent plus importantes alors que Clouscard reprend la parole je vous avais dit que par rapport à la dernière fois je serais plus continu à ma lecture de Clouscard enfin je suis sa chronologie des critiques qui me semblent les moins importantes et moins graves à celles qui me semblent les plus importantes on est parti de la sémiologie et là on arrive venons-en à ce qui me semble le plus important Claude Morilhat me fait un autre reproche bien plus grave sur mon schématisme et manque de rigueur qui deviennent même laxisme théorique et tout d'abord sur un problème fondamental pour la pensée marxiste et voilà mon nouveau chapitre le problème de l'État Claude Morilhat me reproche une interprétation instrumentale de l'État et même ce qui n'explicite pas mais qui à mon avis se lit en filigrane dans son texte une interprétation opportuniste dossier énorme
L'État, ennemi commun des libertaires et des capitalistes
1:29:11 l'État on est tous d'accord pour dire que c'est notre ennemi non mais je fais exprès de provoquer un peu vous prenez les libertaires quoi de pire que l'État pour un libertaires quoi de pire que l'État pour un anarchiste c'est l'État ce monstre froid comme on dit n'est-ce pas regardez le jeune Marx qui est encore sous l'influence d'un Feuerbach et qui a plusieurs aspects très libertaires qui vont disparaître progressivement surtout à partir pas seulement de l'idéologie allemande mais des fameuses thèses sur Feuerbach où Marx reconnaît le côté incontournable apporté par l'idéalisme allemand de l'activité du sujet de la Tätigkeit pour parler comme des snobs donc où j'en suis là j'en suis à l'État j'ai dit c'est notre ennemi commun commun à qui tu dis les libertaires mais il n'y a pas que les libertaires ah non il y a l'opposé il y a les capitalistes vous êtes d'accord les patrons ils n'ont plus le droit
1:30:21 à dire on se met des ordres dans l'État mais pas du tout on voit vraiment que nos libertaires devraient écouter plus souvent BFM Business parce que moi il m'arrive souvent de l'écouter et bien m'en prend il n'y a pas plus capitaliste comme on dit maintenant libéral eux ils préfèrent qu'on dise libéral à BFM Business parce que dans un libéral il y a liberté et ça donne une petite caution positive à cette monstrueuse machine à détruire qu'est le capitalisme détruire la terre et l'homme la planète et le monde on va revenir à la mondanité le concept le plus clouscardien c'est encore un peu tôt si vous écoutez BFM Business vous verrez qu'on crache sur l'État toutes les cinq minutes de tous les jours que le bon Dieu fait comme disait ma grande-tante mais oui c'est notre ennemi commun aux pires réactionnaires
1:31:32 et aux plus sincères de ceux qui veulent nous débarrasser de l'oppression dites donc c'est un drôle de dossier ça l'État et c'est vrai que le jeune Marx fait une critique virulente féroce en plus avec le style qui convient parce que voilà quelqu'un aussi qui savait écrire en particulier dans la première grande publication de Marx je ne parle pas de sa thèse sur l'atomisme des anciens mais sa première grande publication au sens propre vraiment destinée au public c'est tout de même la critique de la philosophie du droit de Hegel c'est-à-dire la critique du philosophe qui avait quasiment déifié l'État je parle ici en termes d'imagerie convenue je renvoie ici aux travaux d'Éric Weil qui montrait que l'État chez Hegel c'est autre chose que la monarchie administrative prussienne qui traquait Hegel et qui et dont Hegel
1:32:43 savait qu'il était sous la menace de sa censure n'est-ce pas et surtout aux travaux de Jacques D'Hondt qui lisait donc Hegel secret et Hegel en son temps Hegel secret et Hegel en son temps on trouverait partie chez Delga ce sont des des chefs-d'oeuvre avec un véritable génie de sourcier Jacques D'Hondt consulte toute la documentation qui permet de montrer à quel point le rapport de Hegel à sa propre hiérarchie administrative et allez je vais être là je vais en rester là pour être par prudence théorique était au moins ambigu disons mais étant bien entendu que je tiens à faire ici une litote c'est pas seulement un euphémisme donc ce dossier de l'État il faut y mettre de l'ordre parce que effectivement Morilhat a tilté c'était l'époque où le parti communiste je vous ai dit entamer une déviation qui aboutit au fait qu'il fait moins de voix maintenant que le parti animalier et parce qu'il a voulu
1:33:55 être social-démocrate c'est son droit mais à ce moment-là comme on dit en Afrique nous on préfère le modèle à la photocopie si c'est pour être social-démocrate il y a toujours mieux que le parti communiste la malignité d'un Mitterrand qui vient de Vichy et qui se fait passer pour l'homme le plus à gauche qui soit c'est vrai que la main sur le coeur il avait souvent comment un homme de gauche pour moi ne peut supporter que vous savez avec les les cils qui se ferment j'ai remarqué que chaque fois que les cils de Mitterrand se fermaient c'est quand il faisait un mensonge alors il se ferme tout le temps quand il parle Mitterrand qui supprime la peine de mort j'approuve à fond elle n'était plus appliquée depuis des années c'est un malin Mitterrand mais c'est très bien il fallait ratifier le politique sauf que c'est pour faire oublier qu'il avait refusé la grâce d'un communiste français qui avait soutenu l'indépendance de l'Algérie et qui a été décapité parce que Mitterrand lui refusait sa grâce quand il était garde des Sceaux sous la 4ème république non non je suis sérieux quand je dis que ces gens modérés
1:35:07 qui sont le centre-gauche c'est pas le centre ce sont des extrémistes graves et c'est ça qui nous gouverne depuis plus de deux générations maintenant que ce soit centre-droite ou centre-gauche importe peu ici revenons à l'état cet état qui à partir de Mitterrand là je suis injuste à partir de Giscard Pompidou Pompidou Giscard mais surtout Giscard et surtout Mitterrand alors lui carrément il ne faut pas faire rejaillir sur les fils les fautes des pères le père de Giscard a reçu la décoration de la Francisque sous Pétain mais enfin ce qu'on sait moins c'est que Valéry Giscard d'Estaing le fiston a menacé De Gaulle de sa démission alors qu'il était le tout puissant pilier du gouvernement en tant que tout puissant ministre des finances de l'économie et du plan à l'époque il n'est pas ce qu'on a regardé au plan si De Gaulle ne graciait pas les putschistes de l'Algérie française à Alger et les généraux mais oui c'est l'extrême droite tout ça c'est Vichy qui revient mais considérez le parti
1:36:17 de Giscard ah non c'est pas droite extrême droite on est entre gens qui prennent la tasse de thé avec les petits doigts comme ça non non c'est les républicains indépendants oui c'est bien ce que ça veut dire je suis républicain mais oui comme De Gaulle après tout mais je ne suis pas gaulliste ah ça non alors moi non plus moi je votais contre De Gaulle à l'époque mais pour des raisons inverses Giscard voilà je l'ai un peu développé la dernière fois je n'y reviens pas comme c'est ambigu de dire je suis anti-gaulli je suis anti-communisme il faut voir où on se place alors vous devinez qu'il est temps d'y mettre un petit peu de clarté dans ce concept vous écoutez BFM Business Capitalisme on proteste tout le temps contre l'abus des règlements vous reconnaissez les discours capitalistes inversement les gilets jaunes je ne suis pas dans le patronat là je ne suis pas dans l'État je suis dans ce à qui l'État a arraché les mains et les yeux contre quoi ils protestent au départ par le fait que non pas il y a trop d'État ça c'est BFM Business mais contre le fait que l'État les a abandonnés que la perception a reculé de 50 km
1:37:27 et que ça me coûte de l'essence et en plus avec ces salopards d'écolos je n'ai rien contre l'environnement je parle de ces salopards d'écolos on appelle ça l'écologie politique il n'y a plus que deux forces qui montent en Europe vous savez consultez c'est d'actualité en Allemagne en France en Italie l'extrême droite et les écolos et les maires les khmer verts si vous trouvez que je force le trait ne me croyez pas sur parole regardez le prêt vous serez terrifié sur ce qui nous attend à les sphères l'État il nous a abandonné la perception 50 km la poste elle a été supprimée l'école primaire il n'y en a plus il y a des communes ce qu'on appelle maintenant la France périphérique on revient dans le papotage des plateaux télé je suis en train d'essayer de conceptualiser de passer des images au concept la caisse de sécurité sociale
Distinguer l'État de l'appareil d'État
1:38:41 tout ça c'était vrai alors qu'est-ce qu'il y a on souffre d'un trop d'État ou d'un manque d'État c'est pas le même mot il y a un problème il y a des contradictions alors je vais essayer de mettre au clair et ça j'essaye de vous faire bénéficier de discussions qui ont duré des années à Paris en Corse en vacances avec Clouscard chez Viagayac des fois plus rarement mais le plus souvent entre Paris et la Corse parce qu'on est vacances communes quand j'y étais et quand il n'y avait pas tout le Sahara entre nous et la Méditerranée quand j'ai travaillé au sud du Sahara ces discussions parmi les thèmes récurrents de toutes ces discussions avec cet ami qui disait avec beaucoup en terminant par un éclat de rire il n'y a pas de vacances dans le concept ces discussions portaient sur et là c'est la première avancée que je fais pour sortir de cette confusion sur le concept d'État qui fait que ça reste une représentation je vais vous dire ce que Clouscard dit précisément il est d'autant plus urgent de la sortir
1:39:51 de la représentation de la fantasmatique et de l'élever au concept il y a une distinction à faire entre État et appareil d'État c'est un des plus grands secrets du monde contemporain pardon d'être un peu solennel ou humoristique comme vous voulez l'un n'empêche pas l'autre l'un peut exorciser l'autre vu l'importance de l'enjeu je vais être très précis et très concret jamais nous n'avons été opprimés par un appareil d'État aussi monstrueux que dans le monde contemporain suis-je clair là je donne le point aux libertaires et je suis avec eux les caméras de surveillance les GAFA internet je veux dire le fait que tout ce que vous écrivez sur internet sera retenu contre vous c'est pas le cas échéant je vais me présenter aux élections législatives on va sortir que j'ai eu une dépression c'est un jeu impersonnel ça a été fait avec McGovern je me rappelle aux États-Unis c'est pas un homme de gauche enfin pour les États-Unis il inquiétait un peu le grand capital ils lui ont sorti le fait qu'il avait
1:41:01 subi une psychanalyse 15 ans avant l'élection alors qu'il était en tête dans les sondages il s'est écroulé en 48 heures bon on n'a jamais eu un appareil d'État aussi puissant qu'aujourd'hui les satellites les écoutent Madame Merkel on apprend qu'elle est espionnée par la CIA et par le NSA c'est pas qu'elle est espionnée et pendant ce temps elle, elle espionne la France c'est extraordinaire on n'a jamais vu un appareil d'État il y a des moyens maintenant qui auraient fait rêver un fouché le premier grand ministre de l'Intérieur de Napoléon le premier flic de France à l'époque c'est les bricoleurs même l'appareil stalinien c'est rien à côté des moyens de renseignement dont dispose maintenant la reconnaissance faciale dans la rue au métro enfin les caméras passons vous savez ça mieux que moi après tout c'est votre génération ben là tu donnes raison à l'invitation l'État c'est l'ennemi attention je parle ici de l'appareil d'État et ça en fait des appareils aux propres et aux figurés
1:42:11 mais cet appareil d'État pris dans son ensemble une structure globale est tout entier au service de cette absence d'État qu'est le privé voilà le secret qu'on vous cache donc là on est pris au piège par les mots ah ben oui un appareil d'État au service de la destruction de l'État donc ben celle-là elle est bien bonne attendez vous croyez que j'invente que je fais du pagani vous voulez du Clouscard regardez en se servant de ce cheval de troie qu'est l'État républicain au nom des droits de l'homme en agissant sur la société civile qui est son négatif société civile c'est la société bourgeoise on va y revenir en investissant l'appareil d'État en se glissant dans le jeu des rapports de force en s'emparant même de certaines bastilles de gestion la sécurité pour être proposée ou sociale pourrait être proposée comme un cas privilégié de ce combat il faut bien comprendre l'inversion réalisée par le capitalisme deux points écoutez bien ce n'est plus l'État qui décide de la société civile nous ce qu'on nous annonce ce n'est pas l'État qui dirige la société civile dans laquelle nous vivons
Libéralisme libertaire, social-démocratie libertaire et atlantisme
1:43:21 l'État est devenu l'émanation d'un capitalisme qui a totalement maîtrisé la société civile en la réduisant à un marché généralisé le marché du désir je laisse de côté pour l'instant le désir précisément parce que c'est très concret et complexe mais pour ne pas embrouiller mes interlocuteurs aussi il ne faut pas se tromper de cible revenons à la clarté se laisser duper par la stratégie du écoutez bien du libéralisme social libertaire un des syntagmes de Clouscard qui a eu le plus de succès au point que maintenant plusieurs influenceurs c'est comme ça je crois qu'on dit maintenant sur internet l'utilise c'est le concept de libéralisme libertaire qui eut pensé avant Clouscard car il est le créateur de cette expression qui eut pu penser je ne sais pas que ceux qui faisaient semblant d'être des adversaires en 68 Cohn-Bendit au pied des barricades et Pompidou à l'Elysée c'était les mêmes le libéral et le libertaire
1:44:31 le banquier Pompidou et l'insurgé pas le révolutionnaire pas le s'agéré le révolté ça s'est mieux vu dans les salons allez je fais une petite citation de Merleau-Ponty ce n'est pas un foudre de la révolution de Merleau-Ponty ce n'est pas un bolchevique au couteau entre les dents il dit une phrase magnifique dans l'Éloge de la philosophie à propos de Socrate c'est que Socrate est plus qu'un révolté car il dit à la je cite Merleau-Ponty si le philosophe était un révolté il choquerait moins car enfin à part soi chacun sait que le monde ne va pas comme il faut quitte à l'oublier quand on vient aux affaires avec Socrate c'est autre chose donc le libéral libertaire oui donc il ne faut pas se tromper de cible se laisser duper par la stratégie du libéralisme social libertaire avant d'arriver à son syntagme car tout ça demande de l'évolution mais Hegel a parlé longtemps de dialectique avant de parler de la philosophie spéculative et quant à Marx il n'a jamais parlé
1:45:41 de matérialisme dialectique et historique il faudra attendre qu'Engels formalise tout ça sans doute trahir la pensée de Marx bien au contraire donc je précise ici avant d'arriver à son concept et j'y viens maintenant du libéral libertaire il avait dans les ouvrages qui précèdent l'apparition de ce syntagme il parlait encore de la social démocratie libertaire on était sous Mitterrand tout simplement il avait très bien repéré que cette forme de libertarisme mis à la vogue par la notion de soixante-huitard qu'il distinguait bien du mouvement ouvrier de 68 qui est une avancée formidable qu'on voudrait réduire à un plat de lentilles du côté des libertaires tiens tiens c'est intéressant ça aussi ceux qui n'ont vraiment pas beaucoup de soucis pour trouver que c'est misérable le fait d'avoir augmenté le SMIC de 40% le salaire minimum de 40% d'avoir fait imposer les droits des syndicats dans l'entreprise tout ça
1:46:52 c'est ce que Cohn-Bendit appelait avec le mépris que vous connaissez les revendications catégorielles disaient les gauchistes à l'époque les révoltés les libertaires catégorielles vous savez là vos petits problèmes de retraite de fin de mois enfin il y a la fin du monde et vous me parlez de la fin de mois mais écoutez Greta arrêtez d'écouter Marx non je ne fais pas d'amalgame le médecin qui disait au pauvre malade il faut manger des fruits sinon vous ne sortirez pas le malade se laisse mourir parce qu'il ne trouve jamais des fruits mais il ne voit que des cerises des pêches des pommes et des neffles ben oui il aurait dû faire un amalgame conceptuel avant de parler de libéralisme libertaire il y a eu la social-démocratie libertaire car nous souffrons de quelque chose qui s'est introduit chez nous par la gauche c'était pas du tout des gens de gauche Mitterrand il vient de Vichy il n'est pas plus opposé à la gauche mais Mitterrand a eu l'intelligence de comprendre ceux qui ont financé Mitterrand et je le dis pour être clair c'est le monde
1:48:02 atlantiste je ne démontre pas moi je ne bouffe pas de l'américain je bouffe de l'atlantisme la preuve Mitterrand est atlantiste Giscard Macron tout ça c'est atlantiste il y a des chefs d'état africains que nous entretenons par la banque mondiale ou la coopération française qui sont atlantistes c'est pas pour ça que ce sont des américains inversement il y a des américains qui se battent contre ce système là très bien puis Thelonious Monk aussi bien que Charlie Parker ne sont pas atlantistes enfin quand même l'amérique c'est pas bien mieux que ça bien Einstein etc et Oppenheimer alors je suis en train de dire quoi je suis en train de dire qu'il y avait d'atlantisme derrière Mitterrand ils ont essayé le cas la France est un enjeu en Europe je suis en train de dire qu'il y a des conséquences à l'époque l'Allemagne comme on disait commençait déjà à être un géant économique mais un nain politique c'est l'expression familière elle a pris du galon depuis politiquement elle dit à Tsipras ch ch ch ch puis la Grèce s'est terminée ce que c'est passé plus marxiste que moi tu meurs terminé je vais si tu t'alignes sur les conditions de Bruxelles
1:49:12 ce n'est plus un nain politique l'Allemagne Mais à l'époque, c'était le cas. La France est énorme. Et puis, l'arme nucléaire. Comme ne doit pas. Il y a un petit rang. Bon, bref. Donc, où j'en suis là ? J'en suis au procès de l'atlantisme. Je ne vais pas le faire, parce que ce serait un autre sujet, ça nous amènerait bien loin, mais c'est des millions de morts. Vous croyez que je ferais une hyperbole ?
1:49:42 Non, non, rien qu'en Corée ou au Vietnam, il y a deux fois trois millions de morts. Parce que ces pays qui sont à 10 000 km, qui n'ont jamais inquiété les États-Unis d'Amérique, on n'a jamais vu les avions vietnamiens bombarder Los Angeles. Alors qu'il y a encore maintenant, n'est-ce pas, d'atroces séquelles des agents oranges, dans ce défoliant, ce gaz défoliant, on s'en servait les Américains pour supprimer la forêt vierge, pour qu'on puisse voir les guérilleros qui se cachaient dedans, les communistes vietnamiens.
1:50:23 Et encore maintenant, les gens sans visage, enfin, je ne vais pas faire du voyeurisme, c'est atroce. L'atlantisme, c'est ça, je veux dire, c'est l'Irak où tous les jours, tous les jours, je veux dire. Moi, si j'avais été vécu sous Saddam Hussein, j'aurais fini dans une cuve d'acide, c'est là qu'il jetait ses opposants. Donc, je ne suis pas en train de défendre l'ancien régime, mais c'est dix fois pire ce que l'atlantisme fait maintenant. Sous Saddam Hussein, il y avait l'eau courante, il y avait des ingénieurs nucléaires qui se baladaient dans la rue, il y avait des femmes.
1:50:53 Je connais une amie irakienne dont le père a été mis en taule à l'époque, Saddam Hussein, mais qui me disait, j'étais en short à 15 ans, personne ne pouvait rien à redire dans Bagdad. Du coup, on n'en est plus là. Les pays, les Américains, ont vu que grâce à l'islamisme. J'ai un immense respect et une admiration pour la civilisation islamique et sa culture. Je parle de l'islamisme, ça c'est l'islamisme moderne, celui réactivé par la CIA pour chasser les Soviétiques d'Afghanistan à l'origine et qui depuis a inspiré ce qui se passe maintenant en Syrie.
1:51:23 Bref. Donc, et tout ça, l'atlantisme. Non, non, c'est grave, ça dépend. Je ne fais pas le poids si l'américain. Donc, ils avaient essayé l'atlantisme, je ne fais pas une théorie du complot, là je ne fais pas l'atlantisme, mais renseignez-vous. Ce qui est typiquement du complot, c'est qu'il y a une photo floue pour prouver ce qu'on dit, des choses, on n'est jamais... Là, c'est très documenté, renseignez-vous. Il y a même eu des tentatives d'assassinat de Gaulle sous Kennedy.
1:51:54 C'est un type qui veut se retirer de l'OTAN, qui demande de rembourser le dollar en or, et qui critique, dans le même discours de Phnom Penh, la politique des Américains où ça ne pouvait pas durer. C'était deux ans avant 68. L'atlantisme, j'y viens maintenant et cette fois je conclue, a essayé de dégommer de Gaulle par la droite. Les communistes, ils luttent contre par le fer et par le feu depuis toujours, mais de Gaulle, par la droite.
1:52:25 Ils ont essayé Lecanuet. Les jeunes ne connaissent pas bien, on l'a appelé dents blanches parce qu'il avait un sourire à l'américaine dans ses campagnes électorales avec sa femme, ses enfants, il faisait déjà des campagnes à l'art. à la glamour. Ça ne marchait pas, les Français, ils étaient attachés à ce qu'on appelle ignoblement l'état providence. Mais la providence, c'est religieux, ça tombe du ciel. Alors que la sécu et nos retraites, tout ce qu'il en reste, c'est des luttes, il y a eu des morts là-dedans.
1:52:57 Mais non, on dit c'est une providence. C'est-à-dire qu'on a trouvé ça en naissant dans l'ordre de l'être, dans la création du monde. Le chef de notion, vous voyez le langage de tous les jours. Il faut prendre des distances tout en l'utilisant. Tout ça, c'est l'atlantisme. Et ils ont compris le coup de génie de l'atlantisme. C'est d'avoir compris qu'en France, ce n'est pas par la droite parce qu'elle avait été trop marquée par la collaboration de la société française. C'est par la gauche qu'il faut y arriver en faisant croire qu'on est à gauche d'eux.
L'État aux ordres de la société civile
1:53:32 Donc je reprends mon propos. Je commente l'expression de Clouscard qui a précédé le libéralisme libertaire de la social-démocratie libertaire. Ça a été le cheval de Troie du monde dans lequel nous sommes maintenant. Qui font que les Gilets jaunes déplorent qu'il n'y a plus de sécu, qu'il n'y a plus de proximité, qu'il n'y a plus d'école primaire, qu'il n'y a plus la poste. C'est de ça que je parle. Et que plus de près de 150 centres d'urgence dans les hôpitaux de France et de Navarre sont en grève tant le secteur d'État a été attaqué par l'appareil d'État capitaliste.
1:54:13 C'est-à-dire l'appareil privé pour le profit du privé. Car, moi j'écoute BFM Business je vous l'ai dit. Allez, je vais vous dire un extrait. Pour le reste, écoutez vous-même. ce ne sera pas du temps perdu. On y entend souvent. Il ne faut pas confondre le domaine public avec le service public. Bien sûr qu'il faut un service public. Oui, il faut bien consentir à éduquer les enfants et à s'occuper de la santé des gens. Mais enfin, ça, ça peut être fait par le privé.
1:54:44 Le service public doit être délégué dixit BFM Business à des officines privées. C'est ce qui est en train de se faire. Vous voyez les aéroports actuellement, c'est d'actualité. Vous voyez les centrales hydroélectriques Je suis dans le concret. Or, que dit Clouscard ? Il ne faut pas se tromper de cible, se laisser duper par la stratégie du libéralisme social-libertaire. L'État est aux ordres de la société civile. Et tout à l'heure, je vais commencer par dire l'État notre ennemi commun, nous sommes tous aux ordres de l'État.
1:55:15 Non, c'est l'inverse. L'État, le capitalisme a réussi à inverser. L'État est aux ordres de la société civile dans la mesure où celle-ci est soumise au capitalisme. Le capitalisme a toujours détesté l'État. Le capitalisme est foncièrement libertaire. Céline est un anarchiste de droite, hyper plus nazi que lui, tu meurs. Je sais bien que je ne devrais pas parler légèrement du plus grand auteur de tous les temps en France. Enfin, positivement, c'est difficile à contester.
1:55:46 L'État est devenu essentiellement l'instrument de gestion d'une nation qui est devenue un marché généralisé. C'est sur cet État-là, je vous dis que c'est de lâches, de lasers, cet État-là, pas l'État en général, ce sont ces représentations fantasmatiques, que le travailleur collectif peut maintenant travailler en profitant de sa déliquescence opportuniste en jouant sur ses articulations et expressions historiques. Faire de l'État une abstraction monolithique, ce que font les libertaires, à la manière d'Althusser, Althusser était maoïste.
Gauchisme, Althusser et dictature du prolétariat
1:56:19 Je rappelle que le gauchisme que je critique ici aux côtés de Clouscard, le gauchisme qui avait comme principal l'adversaire le Parti communiste en 68 et le gaullisme des deux adversaires de l'atlantisme, c'est bizarre comme coïncidence. Ça alors ? Ah ben les deux ont disparu, mais on comprend maintenant que le règne américain sur le monde soit monopolaire. Le mur de Berlin est tombé et de Gaulle n'est plus là. Voilà. À droite, il n'y avait que deux choses qui s'opposaient à l'atlantisme. Pardon, dans le champ politique français, il y avait à droite le gaullisme, la résistance gaulliste et la résistance communiste.
1:56:52 Les deux étant liquidés, je ne suis pas trop s'étonné du monde dans lequel on vit. Voilà. Je répète qu'ayant voté contre de Gaulle toute l'époque qui était au pouvoir, je peux me permettre de le dire sans me subir de leçon de ceux qui n'ont pas connu cette époque-là. L'État est par contre que ça serve de leçon à ceux qui n'ont pas l'excuse de ne pas l'avoir connu, qui l'ont bien connu et qui en ont profité.
1:57:23 C'est sur cet état-là que le travailleur collectif peut maintenant travailler. Donc, faire de l'État une abstraction politique à la manière d'Althusser, je reprends ma petite interruption, le gauchisme, c'est pas, là aussi, il ne faut pas en faire une fantasmatique, je n'ai rien contre la gauche, sauf que le fait qu'elle n'existe presque plus. Mais enfin, les gauchistes, c'est la réunion au sens ensembliste de trois, essentiellement, de trois forces que je déploie ici dans leur simplement bêtement chronologique, l'anarchisme, la plus ancienne historiquement, le trotskisme à partir des années 30 et le maoïsme à partir de la scission entre les deux Mecque du communisme comme on disait dans la presse bourgeoise, Moscou et Pékin.
1:58:12 Et tu sers, je suis parti de la troisième branche du maoïsme, comme Badiou. Je ne veux pas d'amalgame, je ne veux pas confondre Badiou, qui est un vrai philosophe, je veux dire, un intellectuel avec lequel on doit discuter, je ne veux pas le confondre avec un autre maoïste comme Kessler, Kessler, vous savez, c'est lui qui est le numéro 2 du MEDEF, mais qui était maoïste en 1968.
1:58:43 Intéressant, hein ? Comme Jospin était trotskiste et puis il a fini par dire mon programme n'est pas socialiste. À l'époque, il disait que le communisme ce n'est pas suffisant, il fallait encore plus loin, mais bien plus tard, quand il est premier ministre de Mitterrand, il dit mon programme n'est pas socialiste. Non, quand je fais le procès du gauchisme, c'est quand même, c'est ma génération, je sais de quoi je parle. Donc, faire de l'État une abstraction monolithique à la manière des libertaires, à la manière d'Althusser, c'est s'interdire toute stratégie autre que celle de la dictature du prolétariat.
1:59:17 On prend l'État ou rien. Qu'est-ce que vient de faire Clouscard ? Une superbe torsion dialectique. Il est en train de dire que Althusser, le contraire du libertaire apparemment, puisque Althusser a protesté contre le fait que le parti communiste français ait abandonné la nation de dictature du prolétariat. Donc, c'est un Stalinien. Je rappelle ici parce qu'on n'enseigne plus l'histoire. J'ai entendu dire par un collègue d'histoire que l'histoire de l'Union soviétique ça se ramène au Goulag maintenant, que l'histoire de l'Europe ça se ramène nos institutions européennes, le Parlement, le Conseil de l'Europe.
1:59:52 Et bientôt, ça va... Ce ne sera plus que les histoires naturelles, la disparition des espèces. Bon, bref. Je suis obligé de faire des rappels, mais il ne faut pas me croire sur parole, là je parle d'histoire, ce n'est pas ma spécialité, donc il faut vérifier. C'est que pendant que, pendant les événements de 68, pendant que les gauchistes, trotskistes, maoïstes, anarchistes désignaient les membres du Parti communiste français ou les militants du Parti communiste français comme autant de Stalines, de Krapsthal, allez, soyons clairs, crapule stalinien, on disait Krapsthal.
2:00:28 Je rendais hommage à Richard Lagache tout à l'heure, que je fréquente depuis, hélas, depuis quelques années, mais avec qui nous avons des fois des désaccords, tant mieux, dans la mouvance communiste. Il était militant très courageusement à ce moment-là de l'Union des étudiants communistes de l'UEC et il me racontait que voulant aller arriver au restaurant universitaire, car il ne vient pas d'une famille très fortunée, il allait au resto U, l'accès au restaurant lui était barré par des militants maoïstes de l'époque qui avaient la barre de fer et qui lui disaient « Tu ne mangeras pas au restaurant du peuple ! »
2:01:15 Vous voyez, c'était sérieux, espèce de crapule stal. Bon, allez, laissons l'anecdote. Ce qui est beaucoup plus grave, c'est que ces gauchistes qui traitaient les militants communistes crapules staliniennes applaudissaient à la grande révolution chinoise conduite par le grand timonier à l'époque. Vous savez, ces gardes rouges qui, 13-14 ans, qui, avec une Kalashnikov, tenaient en respect des membres du Parti communiste qui avaient fait la longue marche.
2:01:48 Je ne vais pas faire le dossier chinois, mais c'est compliqué. J'admire le Mao de la longue marche. Je déplore le Mao de la révolution culturelle, mais c'est autre chose. Il ne faut pas être sectaire qu'on n'est pas blanc ou noir pour personne, ni pour Hegel, ni pour Marx, ni du côté. Je ne prends pas tout à chacun. Donc, ils admiraient tous la grande révolution prolétarienne chinoise où quand ça se passe moins le communisme, c'est ce qu'il y a de mieux.
2:02:23 D'ailleurs, à l'époque, les pouvoirs, y compris les pouvoirs gaulliens, ou même après les pouvoirs giscardiens, mitterrandiens, donnaient toujours un exemple aux communistes français. Pourquoi vous ne faites pas comme les communistes italiens et espagnols ? Vous voyez, ils sont pour l'eurocommunisme. Ça, c'est bien. C'est toujours bien le communisme des autres. Il n'y a plus de parti communiste en Italie, vous avez remarqué. Et en Espagne, il a été liquidé aussi. intéressant. Pour ceux qui ont voulu faire comme eux.
2:02:55 Je n'ai pas fini mon développement. Tous ces gauchistes qui traitaient les militants communistes de crapules staliniennes, admiraient la grande révolution chinoise prolétarienne, et maintenant, j'y arrive, qui s'illustrait quotidiennement par des défilés où l'on tenait en effigie les portraits immenses de Marx, de Engels, de Lénine et de Staline.
2:03:26 Allez vous y retrouver. On vous traite de crapules staliniennes et on vous donne un exemple, un régime beaucoup plus stalinien que le régime soviétique. je dirais même qu'une des grandes pommes de discord, mais je ne veux pas souligner le dossier parce qu'il est complexe. Entre Moscou et Pékin, je ne tranche pas pour l'instant, c'est que Mao a jamais pardonné à Khrouchtchev d'avoir déstalinisé.
2:04:00 C'est pour ça que bien après la déstalinisation soviétique, les chinois continuent à porter les visus de Staline. peut-être qu'ils ont tort, je ne tranche pas pour l'instant, le fond, mais je vous montre l'incohérence, ça c'est tranché, de ceux qui se disaient anti-staliniens ici, pro-chinois là-bas. Alors, je continue ce débat sur l'État, vous voyez où il nous emmène.
Le politique comme combat pour la gestion, contre l'économisme
2:04:32 Regardez bien. Ma définition Clouscard reprend la parole du politique, me semble être alors l'expression même de cette situation. Elle est dialectique et historique. Contrairement à ce qu'en dit Claude Morilhat lorsqu'il interprète ma phrase « le politique n'est plus que le combat pour la gestion » il a dû croire que Clouscard voulait dire « il faut avoir une bonne gestion et puis c'est tout et puis comme ça ce sera démocratique ». Ce qui me rappelle que Tony Blair tiens, voilà encore un social-démocrate libertaire, Tony Blair, vous savez, tout le monde a oublié ça.
2:05:11 Il a été invité au Parlement français à venir faire une déclaration du prime minister, le British prime minister qui vient là en l'ensemble de notre parlement devant tous nos députés, devant vos élus et qui fait une déclaration. C'est très bien, moi je suppose. Ça se fait dans les deux sens, c'est très bien. Et voilà que je sursaute quand il dit « il n'y a pas une gestion de gauche ou une gestion de droite, il y a une bonne ou une mauvaise gestion, c'est tout ». Tonnerre d'applaudissements ! Ah ben mince alors !
2:05:41 Mais moi je vous dis qu'à Auschwitz c'était impeccablement géré. C'était la bonne gestion, je fais confiance aux Allemands. Il va y avoir un carbone pour chaque dent en or arrachée Ne vous inquiétez pas. Il n'y a pas de gestion de droite ou de gestion de gauche. Il y a une bonne ou mauvaise gestion, c'est tout. C'est le pragmatisme économique qui renvoie les deux gauches de droite, le politique. Clouscard c'est du sérieux. Morilhat a dû comprendre, a dû faire ce contresens.
2:06:11 Le politique n'est plus que le combat pour la gestion. Je précise, Clouscard reprend la parole, dans la mesure où la gestion se révèle être dans le capitalisme d'aujourd'hui le politique même de l'économique, tout cela va dans le sens du marxisme. Deux points. C'est bien l'économique qui en dernière instance décide du politique. Ce n'est pas la dernière instance d'Althusser, c'est-à-dire celle qu'on envoie en dernière instance qu'on n'a jamais parlé d'économie. Althusser se sert de cette notion de... Il reconnaît la détermination économique en dernière instance, c'est un des rares liens par lesquels il se rattache à Marx, parce que ce qui le reste après c'est soit du Foucault, du Deleuze, du Lévi-Strauss, du Lacan, j'ai soigné par les camps et ce qui pouvait tomber un peu de mauvaise main, ce n'est pas la question.
2:06:58 On ne va jamais reprocher à quelqu'un de souffrir. Ce n'est pas mon cas en tout cas. C'est même ce qui le grandit. mais quand il parle de dernière instance, c'est au profit de dire en attendant d'en parler, il faut toujours parler d'un domaine relativement autonome. En esthétique, il faut parler d'esthétique. En économie, il faut parler d'économie. En morale, il faut parler de morale.
2:07:28 L'économique doit venir en arrière. En fait, il n'arrive jamais. Donc, c'est un peu fort de café, de se réclamer de Marx pour ne jamais faire intervenir l'économie. Quand même. Sauf lorsqu'il y a un débat, lorsqu'il fait la préface au capital, il parle bien de plus-value relative. C'est sûr. Mais c'est vraiment marginal dans son œuvre. Donc, mais alors que le discours dominant de l'idéologie est devenu l'économisme, je vous renvoie à BFM Business et pas seulement parce que l'économie, vous l'entendez sur toutes les plateaux télé.
2:08:04 Le marxiste, lui, expliquant ce jeu des catégories, accède aux politiques. C'est dense. Ce n'est qu'un article de quelques pages, un contre-article de quelques pages, cette réponse. Donc, il faut faire attention, il ne faut pas glisser sur les mots. Le discours dominant de l'idéologie est devenu l'économisme. Donc, ce n'est pas ça du tout, Morilhat, fin contre-essence, ma position. Oui, je mets l'économie comme Marx, comme déterminant en dernière instance, mais je ne fais pas de l'économisme. Pourquoi ? Parce qu'en dénonçant ce qu'il y a comme détermination économique derrière des choses apparemment qui n'ont pas de rapport, par exemple, quand je dénonce derrière le discours de la décroissance chez les écolos, quand je dénonce le fait que ça va tout à fait dans le sens du MEDEF, qui a plus tendance à débaucher, que je sache voir les chiffres qu'a embauché depuis trois générations maintenant.
2:08:57 Le chômage de masse a commencé dans les sixties, à revenir. Intéressant de voir ce qui est apparu à ce moment-là comme discours idéologique. Or, que veut dire la décroissance ? Vous consommez trop, vous en produisez trop. Le productivisme, c'est l'ennemi intime de l'écolo. L'État, c'est l'ennemi intime du libertaire. Le productivisme, c'est l'ennemi intime de l'écologiste. Comme si ça veut dire quelque chose, ça ne doit rien dire. Il y a des choses qu'on produit trop à mon goût et d'autres qu'on ne produit pas assez.
2:09:28 Vous trouvez qu'on produit trop de médicaments anti-sida ? Je parle en Afrique, par exemple, pour l'Afrique. Il y a un nombre de gens qui renoncent à se soigner, y compris chez nous, dans la cinquième puissance économique mondiale, parce que les médicaments ou les soins sont trop chers. bref, attaquer la croissance, c'est aller dans le sens d'un MEDEF qui trouve qu'on consomme trop, je ne sais pas, vous exagérez, augmentation de salaire, les retraites, et quoi encore, et puis il faut travailler plus longtemps et travailler toujours plus pour gagner de moins en moins.
2:10:06 Ce n'est pas dit comme ça, parce que ça ne passerait pas. Et voilà. C'est impeccable, c'est ça, la croissance, c'est ce qu'il nous faut. Il y a des convergences, mais alors là, je restitue l'économique, oui, mais je ne fais pas de l'économisme. Au contraire, c'est là que je suis le plus politique, c'est ce que dit Clouscard. Allez, la phrase va être plus claire. Mais alors que le discours dominant de l'idéologie est devenu l'économisme, le marxiste, lui, expliquant ce jeu des catégories, accède au politique.
2:10:37 Être politique, c'est rappeler le visage de l'économie derrière le masque de l'assistance aux grenouilles et derrière le fait de traverser l'Atlantique dans un voilier en fibre de carbone. Je ne sais pas si vous le savez, mais l'équipage du bateau qui accompagnait cette pauvre Greta, contre laquelle je n'ai rien, je suis même scandalisé par l'instrumentation dont elle fait l'objet de la part de gens qui savent très bien ce qu'ils font et qui n'ont pas du tout de syndrome autistique.
2:11:08 L'équipage, vérifiez, ne me croyez pas sur parole, je veux dire, est revenu en avion. Il y a six billets d'avion au retour, vous voyez. On est quand même pour des imbéciles. Allez, donc, allez, je reprends et je continue. mais alors que le discours dominant de l'idéologie est devenu l'économisme, le marxiste, lui, expliquant ce jeu des catégories, accède au politique.
La forêt domaniale, l'État républicain et le marxisme acquis
2:11:39 Expliquer que la problématique de la gestion est devenue l'effectivité du politique, c'est un savoir politique nécessaire à qui veut proposer une stratégie, écoutez bien, non plus révoltée, mais révolutionnaire. S'ensuit un développement sur, pour, contre l'État, vous voyez qu'on peut être pour ou contre, maintenant, on y voit un peu plus clair. Je ne suis pas contre la sécurité sociale, je suis pour que la collectivité ait son mot à dire dans le domaine de la santé et dans le domaine pas seulement de la protection sociale, mais dans la prévention sociale, pas seulement au sens de la médecine préventive, prévention dans tous les sens, cotisé pour les retraites, c'est la prévention aussi.
2:12:28 Pour tout ça, il y a des admirables travaux de Friot là-dessus qui sont, enfin, à mon avis, le meilleur Friot, celui qui nous permet de comprendre à quel point la révolution a lieu en partie au moment de la mise en place du CNR. Même s'il est terrible de savoir qu'il a fallu 50 millions de morts pour que la bourgeoisie concède ce qu'on appelle encore abjectement l'État-Providence Par exemple, vous êtes en ville du ciel, dites-donc.
2:13:07 Donc, cette problématique de l'État, je la résume maintenant pour en finir. Je dis pour en finir parce que je vous ai dit que les ateliers vont bientôt reprendre dès le mois d'octobre, dès la première quinzaine d'octobre, pour être un peu plus précis, toujours au centre Goscinny, là, dans le 13e, et je compte développer, comme je l'ai dit rapidement, sans détailler, ce que j'appelle la logique du sujet, ce qu'il faudrait appeler la logique du sujet, où on va retrouver pas mal des problèmes qui ont été à peine esquissés ici.
2:13:43 Parmi ceux-là, donc, celui de l'État, pour en finir, aujourd'hui, au moins, avec celui de l'État, je voudrais donner une image très simple. C'est pas une image, c'est une situation réelle, mais enfin, une expérience mentale, comme on dit. Nous sommes aux portes de l'automne. Nous allons bientôt pouvoir aller à la cueillette des champignons. Voilà que dans ma cueillette, je bute sur un mur, un mur de propriété dans la forêt où il y a marqué, où il y a écrit tôt sur les arbres, propriété privée, champignons interdits.
2:14:17 Très bien. Que veut dire ici privé ? Au contraire de l'État. C'est une forêt privée. On a le droit. C'est pas la question. Ça veut dire que c'est moi qui suis privé de ramasser les champignons. C'est moi, c'est vous. C'est la collectivité. C'est l'affaire de celui qui est propriétaire. qui est là. Donc ici, ce qu'on appelle le privé est une limite à ma liberté de me hasarder dans la forêt à la recherche des cèpes ou des giroles ou des amanites rougissantes.
2:14:49 Mais tout d'un coup, je remarquais, tout d'un coup, détour de cette même forêt, forêt domaniale, de Pontarmé, de chantilly, de Fontainebleau, plein d'autres. Et là, ça veut dire bon sang, là, je peux avancer tant que je veux. Ça veut dire que c'est à nous. Il faut être domanial. Le domaine, c'est vous, c'est moi. Si État veut dire ça, État n'est pas l'État répressif. Donc, j'ai fait allusion au début en disant nous sommes tous contre l'État. Non. contre l'État, qui m'espionne, qui met des caméras de surveillance, qui me met un PV parce que j'ai roulé avec du diesel dans Paris.
2:15:31 Quand même, je ne vais pas, je contribue à ne pas faire réélire Hidalgo, ce n'est pas bien. Ça, c'est l'État répressif, mais ça, on a vu que ce n'est pas l'État. C'est l'appareil d'État au service. Cette absence d'État qui est privée, je ne vais pas me répéter, on commence à y voir clair. Donc, la forêt domaniale augmente, malgré tout. Cet État-là, cet État-là, c'est ce qu'on... Vous ne voulez pas un mot d'État, moi, ça ne me dérange pas, je ne suis pas structuraliste, vous le savez. Si vous ne voulez pas un mot d'État, vous employez un terme rousseauiste, la volonté générale.
2:16:03 La République. Or, vous voyez, c'est exactement ce que Clouscard dit ici. Ma thèse est que l'État est à trois dimensions. Trois attributs, dit Spinoza, trois rôles, trois fonctions. L'État français n'est-il pas quand même aussi républicain ? Point d'interrogation. Historiquement, il parle. Le gaucho-fascisme qui voulait détruire l'État n'aurait-il pas du coup liquidé la République ?
2:16:35 Mais il n'y a que Clouscard pour sortir ça, le gaucho-fascisme. Je vous expliquais tout à l'heure que le Cohn-Bendit, les Mitterrand, ça sort de Vichy. Le Cohn-Bendit, c'est complice avec une Europe hier matin. Je lis tout d'un coup qu'il y a un enseignement de l'Europe sur le net qui consiste à dénoncer partout que l'Europe, c'est la paix qui va être contre. et qu'elle est contre les guerres, etc.
2:17:09 Et elle fait la liste des guerres à la boucherie 14, 18, elle déplore très bien. Et elle met la Révolution française dans ces catastrophes des doutes. Mais putain, elle n'aurait pas arrivé mieux. La Révolution française met au rang des grandes boucheries. Mitterrand aussi avait fait un bicentenaire de la Révolution, où la victime, c'était, il y en a eu, les Vendéens, le Breton, et le bourreau, c'était Robespierre qui s'était opposé au massacre.
2:17:40 Il y a des dossiers bien constitués là-dessus, je ne m'attarde pas. Mais c'est vous faire coupant quand il dit que le gauchofascisme, c'est une ellipse, ce n'est pas une hyperbole. C'est un raccourci, si vous préférez. Ce n'est pas une exagération. Ce que je vous ai montré tout à l'heure, avec le numéro 2 du MEDEF, qui est un ancien maoïste, que quand on se prétend à gauche du Parti communiste, c'est qu'on est à droite de De Gaulle. Bon sang, ça c'est des secrets qu'on ne vous dira jamais.
2:18:11 C'est-à-dire qu'on est la droite libérale, anti-État, pour la société civile, pour l'entreprise, contre la sécu, contre les retraites par répartition, cotisation, oui c'est ça. Intéressant. Donc, je vais rapidement, peut-on définir l'État français comme si la Révolution française n'avait pas eu lieu ? Peut-on cracher sur un État issu de la Révolution française ? Voilà ce qu'il dit ici.
2:18:42 On ne parle pas de l'État réel de Jules Ferry qui a fait le colonialisme. qui a tout le temps eu des luttes à l'intérieur de cet État français entre l'exécutif et l'opposition. C'est ça l'État. Aussi, le mythique État de la volonté générale, comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle que la théorie aurait grand tort de négliger, car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. Et je terminerai sur le fait que Clouscard n'hésite pas à dire que Marx lui-même n'a pas théorisé l'État.
2:19:21 Vous ne trouverez nulle part chez Clouscard une phrase qui se démarque de la position de Marx sur l'État. Il ne dit pas ça. Il ne dit pas je ne suis pas d'accord avec la théorie marxiste de l'État. Il n'y a pas de théorisation marxiste de l'État. Et c'est vrai que Marx reprend les idées libertaires de sa jeunesse et après il a d'autres chats à fouetter et s'occupe de l'entreprise. Il regarde ce qu'est le capital. Donc je terminerai sur la dernière citation que je fais de Clouscard qui je viens de montrer à quel point il renvoie dos à dos le dogmatique stalinien qui veut faire comme si réinstaurer la dictature du prolétariat dont les communistes ont été pratiquement les principales victimes.
2:20:10 ce qu'on ne rappelle jamais assez. Ça je dis souvent aux hommes de droite voudrait faire une statue à Staline personne n'a flingué de communistes autant que lui. Et il renvoie dos à dos les dogmatiques c'est comme ça qu'il appelle poliment les staliniens de Paris et les gauchistes ou les sociodémocrates ou le néopositivisme ça c'est philosophique comme on verra ailleurs. Je n'ai jamais prétendu moi relire le capital.
2:20:40 Vous voyez comme c'était Marx d'Althusser de telle manière qu'il soit réécrit en termes de philosophie. Tout au contraire ma phénoménologie de la praxis ne le remet le capital de Marx jamais en question. Ça c'est pour ceux qui voudraient tirer Clouscard l'inverse vers le côté social-démocrate qui voudrait découper Clouscard et Marx n'est-ce pas ? C'est très à la mode aussi. Et c'est curieusement à la mode aussi bien à l'extrême droite qu'à l'extrême gauche de l'échiquier.
2:21:10 C'est curieux. Je le considère comme acquis le marxisme. Je ne donne dans aucun révisionnisme théorique. J'espère avoir été un peu plus clair et avoir contribué à clarifier quelques apories de Clouscard. Mais vous voyez la complexité. Chaque fois qu'il est pertinent c'est sur un point dialectique où il faut tenir en même temps des choses contradictoires et opposées.
2:21:42 Je ne peux pas dans le court temps qui m'est imposé dans l'espace d'une vidéo à aller beaucoup plus loin. Je vous donne rendez-vous soit à venir en direct assister à nos ateliers où je vais développer chacun de ces points vous vous en doutez bien au travers de l'approche de la logique du sujet soit en direct au centre René Goscinny dans le 13ème soit comme vous êtes de plus en plus nombreux à le faire et souvent des cinq continents puisque je viens d'apprendre que l'ouvrage que certaines de mes auditrices ont eu la gentillesse la patience et la pertinence de rédiger qui résume mes interventions orales qui s'intitule Pagani sans détour a été commandé dans des librairies dans l'extrême orient asiatique voilà c'est pour vous dire que ceux qui nous suivent à distance ils ont des raisons géographiques de ne pas pouvoir être là donc je leur donne rendez-vous à tous et à toutes je leur donne rendez-vous dès la première 15 octobre à nos ateliers
2:22:58 et à tous Merci.