Dominique Pagani aborde surtout Sartre à travers Michel Clouscard. Membre du jury de thèse, Sartre loue L'Être et le Code comme « une totalisation en marche », mais juge trop ambitieux qu'un auteur le mène seul1. Pagani rappelle que le titre original du livre opposait Rousseau à Sartre, figure de l'intellectuel qui cherche à être de gauche sans être communiste2. Il rattache Sartre à l'école française d'après-guerre, placée dans l'ombre de Heidegger. Il lit de près la Critique de la raison dialectique : selon lui, Sartre y défend un individualisme absolu, ramène la praxis au besoin individuel, ce qui revient à animaliser l'homme et à régresser par rapport à Hegel, tout en déclarant le marxisme indépassable3. Il retient en revanche Les Chemins de la liberté, l'Esquisse d'une théorie des émotions et L'Idiot de la famille4. Il le défend contre Foucault et le parricide structuraliste, et préfère « un quart de Sartre » aux philosophes médiatiques d'aujourd'hui5.
Synthèse établie automatiquement à partir de 81 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Jean-Paul Sartre, né le 21 juin 1905 dans le 16e arrondissement de Paris et mort le 15 avril 1980 dans le 14e arrondissement, est un philosophe, écrivain et journaliste français. Représentant du courant existentialiste, il a marqué la vie intellectuelle et politique de la France de 1945 à la fin des années 1970. […]
26:43Critique de la raison dialectiqueLa praxis y est individuelle et portée par le besoin, ce qui est une animalisation de l'homme et une régression par rapport à Hegel.
33:09Critique de la raison dialectiqueIl reconnaît le marxisme comme indépassable tout en soutenant un individualisme absolu qui refuse le social.
1:45:39La différence est chez lui première et dernière ; aucune pratique sociale nouvelle ne naît des praxis individuelles.
1:55:01Les Communistes et la paixLa classe ouvrière n'existe que par le parti ; le second tome de la « Critique » resté inédit est un échec.
2:00:29Chez lui, sans unité immanente, l'unité politique ne peut être qu'imposée, donc policière.
31:41Cité pour l'histoire comme histoire de la rareté.
59:29Critique de la raison dialectiqueIl aime la totalisation et déteste la totalité ; son ouvrage est l'anti-Marx, et il avoue échouer.
1:09:42Critique de la raison dialectiqueIndividualiste absolu, il réduit toute praxis à la praxis individuelle du besoin : aucun sens n'émerge. Pagani rappelle son « marxisme philosophie indépassable de notre temps ».
1:05:31Il lit le projet de thèse de Clouscard, y voit « une totalisation en marche », mais lui reproche de vouloir faire seul ce qui demande un travail d'équipe.
52:05Esquisse d'une théorie des émotionsL'évanouissement anéantit magiquement le monde extérieur face à un danger soudain ; on donnerait tout pour le quart d'un Sartre aujourd'hui.
20:11Citer son éloge de Clouscard est incohérent : Sartre incarne l'intellectuel de gauche que Clouscard a combattu, être de gauche sans être communiste.
28:05Ses interviews dans Playboy, étudiées par Negroni.
15:47Exemple des oppositions entre philosophes qu'il refuse de cultiver.
1:50:49Les Chemins de la libertéLe meilleur de Sartre ; il hégélianise Marx : l'homme n'est pas un avoir mais un faire. Il organise avec Russell le tribunal sur le Vietnam.