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La crise économique derrière l'épidémie
0:00 Bonsoir, chers amis. Toujours très heureux, de plus en plus heureux de vous retrouver. Le temps est long. Il paraît que pour quelques heureux d'entre vous, c'est bientôt fini. Je dis ça parce que, apparemment, pour tout le monde, mais par exemple, pour ceux qui, comme moi et d'autres, sont en Ile-de-France, je ne pourrais pas aller bien loin. Pas plus d'un rayon de 100 kilomètres au moment où nous avons des ailes. Bon, allez, on ne va pas s'attarder là-dessus parce qu'on a pas mal de pain sur la planche.
0:37 Je vous avoue que je suis un peu débordé cette fois-ci, débordé par l'actualité qui s'accélère. J'ai rarement vu ce qui se passe en ce moment. C'est quand même sans précédent. Mais non, mais non, je ne parle pas de... On ne fait que vous le dire, ça, vous n'avez pas besoin de moi, que c'est le plus grave crise sanitaire de tous les temps. Ce qui est archi faux, je veux dire. Peut-être que moi, à mon échelle, je n'ai quand même pas né à l'époque du Vercingétorix, mais déjà à mon échelle, je veux dire, j'ai connu quelques grandes endémies.
1:13 Pandémies, comme on dit maintenant. La grippe asiatique. J'étais très jeune. Pré-ado. 40 000 morts, rien qu'en France. La grippe de Hong Kong plus tard. bien avant moi, à l'époque de mes grands-parents, j'en parle même pas, mais la grippe espagnole, c'était des dizaines de millions de morts. Enfin, je veux dire, on dit n'importe quoi. Alors, ce n'est pas parce que je dis qu'il y a eu le plus grave que je minimise le danger.
1:46 Non, mais il y a un danger, il y a un danger, oui, comme chaque année, il y a une grippe qui tue. En particulier, j'ai d'autant moins de raisons de le minimiser que je suis plus concerné que vous. Vu ma classe d'âge. Mais je parle de la crise qui est cachée par celle-là et qui, elle, est beaucoup plus exceptionnelle. Et personnellement, alors là, je veux dire, non seulement je ne l'ai jamais vue, mais enfin, peu importe ce jugement subjectif. J'ai entendu quelques médias qui ne parlent que de ça, qui sont spécialisés des médias de l'économie.
2:21 Rien que ce matin, qui disait que ça paraissait invraisemblable il y a à peine deux semaines, mais il semble qu'aux États-Unis, on va franchir le record absolu du pic de nombre de sans-emploi atteint dans les années 30, la plus grave dépression de l'histoire du capitalisme. C'est-à-dire 24,7% de la population au chômage aux États-Unis. On est au bord d'ici septembre. C'est pas loin de dépasser.
2:51 Écoutez, voilà à suivre. Si vous voyez que ça dépasse les 24%, vers les 25, vous saurez que vous vivez l'histoire. Les choses se précipitent. Or, cette crise, elle n'est pas venue comme ça tout d'un coup. Tiens, il y a le coronavirus et puis hop, on n'a pas le temps d'y penser. Il y a la crise économique. Non, il ne faut pas être fûte-fûte d'une manière exagérée pour comprendre que c'est l'inverse. Il y a bien longtemps que le responsable et ceux qui décident des cours de la monnaie mondiale pour aller très vite savent très bien qu'on va vers un clash.
3:30 D'ailleurs, beaucoup de vous l'ont entendu, n'est-ce pas ? Quelquefois même dans les médias, oh là là, on va vers le big one, comme on dit, vous savez, pour le tremblement de terre qui devrait un jour abattre Los Angeles et San Francisco en quelques secondes. En probabilité, je ne le souhaite pas. On craint le big one économique et financier qui est encore aggravé par rapport au dernier en date qui est celui de 2008, encore considérablement aggravé que pour sortir de celui de 2008, on a appelé les pompiers qui, avec des lances à incendie énormes, ne font que déverser chaque seconde qui passe depuis 2008, jour et nuit, des tonnes et des tonnes ou des millions de litres d'essence sur l'incendie pour l'éteindre.
Théorie du complot, camp atlantiste et crise des années 30
4:16 Ce n'est pas une métaphore, ce n'est pas une hyperbole que je prends exagérée. Non, non. C'est vraiment ce qui se passe. Donc, il y a une bulle gigantesque qui doit crever tôt ou tard. Ils le savent très bien. Et là, ils ont une occasion en or. Là, je passe dans la théorie du complot. Enfin, de ce que nos dirigeants appellent la théorie du complot. Je rappelle ma position sur la théorie du complot. Il n'y a plus que deux théories politiques dans le discours. Il y a la théorie officielle. Dès que vous en sortez d'un millimètre, vous êtes dans la théorie du complot. Voilà comme je vois les choses.
4:49 La théorie du complot veut dire qu'il ne faut pas croire qu'on nous cache des choses. Mais ce sera la première fois dans l'histoire humaine que les pouvoirs ne nous cacheraient rien. Vous croyez que Louis XIV disait au premier venu, oui. Voilà ce que je vais dire au roi d'Espagne lorsqu'il va venir demain me faire une ambassade. N'importe quoi. Le propre des pouvoirs. Plus on va au sommet du pouvoir, plus c'est vrai. C'est d'être diplomatique. Je connaissais un excellent diplomate qui avait été conseiller culturel en Côte d'Ivoire à une époque.
5:20 C'est le troisième de l'ambassade, un conseiller culturel. Mais très important dans les renseignements. Bref. Et à qui sa fille, il avait une petite fille de 8 ans, avait dit « Papa, c'est quoi un diplomate ? » Il avait répondu, ça m'avait fait rire, devant moi, en relation d'affaires. C'est une histoire de manuel scolaire qu'il nous achetait à nous, je t'en vais, pour le groupe Hachette, à ce moment-là, grâce à vos impôts. C'est la France qui offrait ça à la Côte d'Ivoire.
5:50 Donc, il a répondu à sa fille « Un diplomate, c'est quelqu'un qui ment pour le bien de son pays. » Vous voyez ? Ça va de soi. Mais maintenant, on dirait que c'est un complotiste. Mais non, pas. C'est quand même extraordinaire. Enfin, quand même. Oui, donc, la crise du virus, je ne dis pas qu'ils l'ont provoqué. Ça, ce serait déjà tomber un peu dans une version paranoïde. Je ne dis pas qu'ils ont créé le virus dans un laboratoire. Rien n'est exclu.
6:20 Enfin, c'est très peu vrai, semble-être. Restons froids dans la pensée. Mais, par contre, je vais dire, une épidémie surgissant, ils ont trouvé le bon usage médiatico-politique. c'est de mettre au pas une population comme on ne l'a jamais fait dans le camp. Comme, c'est bizarre, le camp le plus touché par ces confinements, c'est comme par hasard le camp dit occidental. Je préfère dire le camp atlantiste, c'est plus précis.
6:50 Puisqu'il y a eu des confinements au Japon. Le Japon, ce n'est pas spécialement l'Occident. c'est un des piliers, par contre, de l'Alliance Atlantique. C'est la plus grande puissance militaire et économique en Asie, en dehors de la Chine, enfin, dans le champ atlantique. Atlantiste, pardon, pas atlantique. Voilà. Donc, vous voyez, c'est un bon concept, atlantiste. Je ne dis pas le camp américain. Bien sûr, les États-Unis sont le navire amiral de l'escadre atlantiste.
7:20 Mais enfin, encore une fois, je l'ai dit souvent, on peut être, je ne sais pas moi, togolais, polonais, ou polonais, il y a même de grandes chances qu'ils soient atlantistes. Balte, un pays balte, on dit, il faut les comprendre. Ils ont tellement souffert des russes. Pardon ? Dans les pays baltes, c'est les 300 000 juifs qui ont été livrés par les pays baltes quand ils n'étaient pas encore dans l'Union soviétique, quand ils étaient indépendants, livrés à la Gestapo.
7:52 Et il y a 200 000 soviétiques qui sont tombés pendant la guerre pour libérer les pays baltes. Et en Lituanie, il y avait un monument aux morts, un monument soviétique qui a été abattu et on a érigé la statue d'un ancien SS qui, lui, n'y est pas allé que le dos de la cuillère en matière de déportation. Et après, on vous dit, vous voulez comprendre, ils ont souffert. Oui, il y en a d'autres qui ont souffert sous leur règne, aux nazis, qui ont retrouvé, n'est-ce pas, une audience et un pouvoir de l'Ukraine aux pays baltes.
8:26 Oui, quand je parle de la Pologne, c'est ça, le camp d'atlantisme. Bon, ce n'est pas mon sujet au premier plan. Au premier plan, là, c'est la crise. celle des années 30, vous savez comment elle s'est résolue. Ce n'est pas vraiment une solution, elle s'est résolue par 50 millions de morts par la Deuxième Guerre mondiale. Et quand elle a commencé, il ne faut jamais oublier que le New Deal, mis en place par Roosevelt, je vais vite, et qu'elle avait commencé à produire des effets positifs, n'avait été encore loin d'avoir résorbé tous les bataillons du chômage.
9:03 Vous voyez, c'est vraiment l'industrie de guerre et la mobilisation de l'industrie d'armement qui a purgé la crise. Pendant ce temps-là, de l'autre côté, l'Union soviétique se mettait en place les plans quinquennaux qui font qu'en quelques années, l'Union soviétique est passée d'une économie médiévale et rurale et arriérée et sans temps, il n'y a pas si longtemps avant la révolution de la révolution à la deuxième puissance industrielle mondiale.
9:36 au même moment, donc à l'époque, vous avez du mal à vous représenter ça. C'est tellement à l'inverse de ce qu'on vit maintenant. À l'époque, l'intelligentsia ouest-européenne avait une attirance pour le marxisme. quand je dis que c'est l'inverse, et aux États-Unis aussi, c'est l'époque où vous ne savez pas où... Regardez les temps modernes de Chaplin, quand il ramasse son drapeau rouge et qu'il devient... On le prend pour un leader parce qu'il veut rattraper le camion qui a perdu le drapeau rouge qui signale une charge dans la benne, vous voyez.
10:12 Rappelez-vous. Et rappelez-vous le réseau de Cambridge, pour ceux qui connaissent un peu, qui s'intéressent aux histoires d'espionnage. Je parle de l'histoire d'espionnage et le plus spectaculaire de l'histoire. Je pense au réseau Philby. Renseignez-vous. P-H-I-L-B-Y. Vous ne serez pas déçus. Parce que là, c'est du sérieux, ce n'est pas du cinéma. Philby, le groupe dit de Cambridge. C'était lui le principal. Il était... Philby, un honorable sujet de sa majesté, il était quand même responsable de l'Intelligence Service.
10:45 et chargé des relations entre l'Intelligence Service et la CIA. Eh bien, ce Philby-là était le principal agent soviétique en Occident. Vous voyez, il y avait tout le groupe de Cambridge qui est à la faveur de la désaffection du capitalisme dû à la crise. À ce spectacle absurde, c'est un économiste de l'époque qui parle, en parlant des États-Unis, des foules crevantes de faim devant des greniers trop pleins.
11:15 On n'en est pas encore là. Mais j'ai appris qu'on est à 18 millions de chômeurs aux États-Unis. En 15 jours, maintenant. On n'a jamais vu ça à une telle vitesse. On est à 18 millions d'inscrits. N'est-ce pas ? On demande... Il n'y a pas de pôle emploi. C'est pas... Aux agences de chômage américaines. C'est 18 millions. On est loin de la rentrée. Voilà.
Lecture de la postface au Capital : la crise générale
11:46 Quand je dis que ça va... Je suis un peu débordé par la vitesse où va l'actualité. Vous comprenez ? Alors, j'étais dans Nerval, j'étais dans Chrétien de Troyes, dans Perceval. Parce que vous allez dire que je suis passé coq à l'âne, d'un live à l'autre. J'ai le droit, parce que c'est un peu informel, c'est live. Mais non, pas du tout. Pas du tout. Je vais quand même faire comme si je passais de coq à l'âne, c'est-à-dire parler de Marx et non pas d'un poète. Je vais commencer, vous voyez, je crois qu'on vous a affiché des textes de Marx.
12:18 Je vais prendre les dernières lignes du texte de Marx, le dernier paragraphe des deux textes de Marx que vous avez. Celui qui commence par le mouvement contradictoire de la société capitaliste. C'est un dernier alinéa. Voilà, je vais le lire, c'est très rapide.
12:52 Mais je rappelle quand même qu'il s'agit du dernier Marx, en gros, enfin, de la dernière période de Marx. puisque c'est extrait de la post-face au capital, à la deuxième édition du capital. Vous voyez ? Donc, je vous lis cette alinéa, sans autre, pour l'instant.
13:31 Alors, moi, je descends ici. le mouvement contradictoire de la société capitaliste, vous voyez, c'est le dernier alinéa, se fait sentir aux bourgeois pratiques de la façon la plus frappante, par les vicissitudes de l'industrie moderne à travers son cycle périodique, dont le point culminant est la crise générale. Bon sang ! On dirait qu'il est aux écoutes, Marx. Non, parce qu'on passe son temps à vous dire, mais qu'est-ce qu'il va nous dire ? Marx est dépassé, l'économie moderne, Marx, il ne pouvait pas connaître Internet.
14:02 Vous voyez, on vous dit tout ça. Il ne pouvait pas connaître le passage de l'économie industrielle, il ne connaissait que ça, Manchester, l'Angleterre, il ne connaît pas l'économie financière. Terminons ce paragraphe. Déjà, nous apercevons le retour de ces prodromes, ça veut dire de ces signes annonciateurs à la crise générale. Je vous ai dit, on n'est pas encore à la rentrée de septembre, déjà, nous apercevons le retour de ces prodromes, elle approche de nouveau, ça veut dire que ce n'était pas la première fois. Je le dis pour ceux que ça intéresse, vérifier, ceci a été écrit en 67, à peu près, donc vous avez cherché dans les années 70, la crise que Marx annonce va éclater, ça va être une des plus graves du 19e siècle.
14:45 Déjà, nous apercevons le retour de ces prodromes, elle approche de nouveau par l'universalité de son champ d'action, c'est-à-dire tous les secteurs sont atteints, et l'intensité de ces effets, elle va faire entrer, là il est ironique, la dialectique dans la tête même aux tripoteurs qui ont poussé comme champignons dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. Car à cette époque, la Prusse est en train de construire l'unité allemande, mais elle n'a pas encore produit ce qu'on appelle maintenant l'Allemagne, il n'y en a que pour quelques années, avec le chancelier Bismarck.
15:25 Donc, vous voyez, elle va faire entrer la dialectique. Là, il ironise sur quoi ? Sur le fait que ça bouge, la dialectique, le mouvement, dans les choses qu'on croyait éternelles et intangibles, n'est-ce pas ? On nous a bien dit, lorsque le mur de Berlin est tombé, vous savez, Fukuyama, l'économiste, nippo-américain qui l'a dit, c'est la fin de l'histoire, voilà. Il y avait une anomalie, c'était le monde soviétique, maintenant, on est arrivé à la perfection, c'est les sociétés libérales, ça n'a plus de raison que ça évolue quantitativement, oui, mais voilà.
15:59 c'était avant les twin towers, déjà, dans l'exploitation, comme le coronavirus, dans l'exploitation politico-médiatique, je ne dis pas que c'est des Américains qui ont abattu les tours, non, mais qui que ce soit qui les a abattus, l'exploitation de l'attentat, a permis de faire une invasion que l'ONU n'avait même pas approuvée de l'Irak, pour des armes de destruction massive dont tout le monde sait maintenant qu'elles n'existaient pas.
16:31 Oui, c'est grave tout ce dont on parle. Là, je ne suis pas dans le complot, ça, c'est avéré maintenant. Donc, l'image célébrissime, n'est-ce pas, des secrétaires d'État à l'époque, la Défense, qui montrait la petite fiole à l'ONU pour montrer les dangers de Paul, Colin Powell, merci, qui se serait peut-être bien passé de faire ce mensonge, enfin, c'est une autre histoire.
17:08 Il était aux ordres pour montrer le danger, n'est-ce pas, des armes de Saddam Hussein. Maintenant, vous pouvez mettre le virus dedans, on l'agite, de la... On va y revenir à la terreur, mais là, j'anticipe, c'est quand on va voir les textes de Nietzsche et de Heidegger, l'importance de l'effet de sidération tactique du national-socialisme. Bon, je relise ce paragraphe. Le mouvement contradictoire de la société capitaliste fait sentir aux bourgeois deux choses définies, c'est dialectique, deux choses principales.
Contradiction et mouvement : Marx et Hegel
17:41 On n'en a pas fini avec dialectique, mais il faut au moins obtenir deux choses quand on dit dialectique. C'est la contradiction et le mouvement. Je dirais même le mouvement à cause de la contradiction. Le mouvement contradictoire de la société capitaliste se fait sentir aux bourgeois pratiques de la façon la plus frappante par les vicissitudes de l'industrie moderne à travers son cycle périodique dont le point culminant est la crise générale. Déjà, nous apercevons le retour de ses prodromes. Voyez, je commence par ce paragraphe, par le dernier texte de ce que je vous ai donné parce que c'était le plus actuel.
18:15 Je dirais que c'est exactement le moment qu'on vit. Elle approche de nouveau par l'universalité de son champ d'action et l'intensité de ses effets. Elle va faire entrer la dialectique dans la tête même aux tripoteurs qui ont poussé comme champignon dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. Voilà, dans l'OTAN on dirait maintenant. Alors, je prends le paragraphe au-dessus pour expliquer pourquoi il parle de dialectique. Vous voyez ?
18:45 Et en même temps, c'est un paragraphe que je demande à ceux qui font l'effort de réfléchir à l'un des problèmes difficiles de la philosophie théorique. Je parle du rapport Hegel-Marx, Marx-Hegel, il m'est arrivé de dire qu'il y a quatre problématiques qui sont un écheveau de difficultés. Il y en a d'autres dans l'histoire de la philosophie mais celle-là c'est le plus difficile. C'est le rapport d'Aristote à Platon.
19:15 Le rapport de Descartes à ses successeurs immédiats, à Leibniz et Spinoza. Le rapport d'Hegel à Kant et le rapport de Marx à Hegel. Je vais vite. Or, s'il y a quelque chose que tantôt Marx critique Hegel, surtout le très jeune Marx, jamais il n'est aussi négatif à l'égard de Hegel que lorsqu'il n'est pas encore Marx, lorsqu'il a encore Feuerbach, qui est un naturaliste, libertaire. Il avait raison. Il ne faut pas être passé par la révolte, pas être un révolutionnaire, sinon ce n'est pas la peine.
19:47 Mais il y a un long chemin qui mène de la révolte à la révolution. C'est Merleau-Ponty qui disait « Si les philosophes n'étaient qu'un révolté, ils choqueraient moins. » Car enfin, chacun sait, je continue à citer Merleau-Ponty, c'est dans l'éloge de la philosophie, car chacun sait, à part soi, que le monde ne va pas comme il faut, quitte à l'oublier quand on vient aux affaires, avec Socrate. Vous entendez, Socrate est un vrai révolutionnaire. C'est plus sérieux. Donc, au fur et à mesure qu'il a avancé dans son parcours, Marx s'est rapproché de plus en plus du vieux, comme il disait familièrement dans ses correspondances avec Engels.
20:35 Et là, il met au point comme rarement, et dans le dernier état de son pensée, je l'ai dit tout à l'heure, son rapport à Hegel. Donc, je lis ce passage pour deux choses, pour éclaircir l'occurrence du terme dialectique dans le premier paragraphe que j'ai lu, et deuxièmement, pour reposer le problème du rapport Hegel-Marx, on ne va pas le régler aujourd'hui, mais le reposer sur une orientation un peu plus conforme, en tout cas, au texte que les bavardages ont entendu d'habitude.
21:11 J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hegelienne il y a près de 30 ans. Oui, j'ai eu la dent dure contre Hegel il y a 30 ans. À une époque où elle était encore à la mode. Bon politique, Marx. Il critique Hegel quand on se sert de Hegel dans les pouvoirs pour justifier les pouvoirs en place. Victor Cousin qui a invité Hegel à Paris, qui a valu à Hegel de passer quelques jours à Paris, rue de Tournon.
21:45 Il l'habitait. Bref, je ris parce qu'il rêvait d'être présenté à une actrice. Paris, c'est Paris. Une actrice célèbre. Victor Cousin lui a dit faites attention à votre accent souabe. Mais laissons là l'anecdote. Donc, Victor Cousin s'est servi de Hegel pour asseoir les pouvoirs de Guizot, les pouvoirs les plus réactionnaires parce que le réel est rationnel et donc, on va dire, ben oui, si le réel est rationnel, c'est une manière de justifier tout ce qui existe.
22:16 On va commencer par nous, nous le pouvoir. J'ai critiqué le côté mystique des hégéliennes il y a près de 30 ans et n'est pas qu'elle était encore à la mode. Mais, bien que grâce à son quiproquo, retenez le mot, Hegel est un homme de quiproquo, c'est intéressant, c'est-à-dire il faut faire attention quand on lit Hegel. Mais bien que grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, donc, il ne renonce pas à dire qu'il y a du mysticisme dans la dialectique Hegelienne, même 30 ans après.
22:46 ce n'en est pas moins lui qui en a le premier et personne avant lui. Ce n'est pas néo-conscient, Marx. Le premier qui en a exposé le premier, le mouvement d'ensemble, un développement total du concept de dialectique. Chez lui, alors là, c'est très célèbre, elle marche sur la tête. il suffit de la remettre sur ses pieds, sous-entendu pour être marxiste, pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable.
23:19 Et là, il éclaircit encore ce qu'il vient de dire. Il suffit de la remettre sur ses pieds sous son aspect mystique. La dialectique devint une mode en Allemagne. Et là, il éclair, le dernier paragraphe que j'ai commencé par lire. Parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Rien ne bouge. La dialectique justifie qu'on s'arrête comme c'est. Parce que ce qui est est rationnel. Ça, c'est son aspect mystique.
23:49 Sous son aspect rationnel, chez Hegel, c'est jamais bien tranché, voilà, le quiproquo. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale, la dialectique, et une abomination pour les classes dirigeantes et leurs idéologues doctrinaires. Althusser, Deleuze, je vais y revenir, c'est très précis là. C'est pas d'un revers de main que je parle de Deleuze là. Elle est un scandale pour les classes dirigeantes et leurs idéologues doctrinaires parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation.
24:25 il y avait le mot positif, on est à négation. Attention à ce texte. Je répète, sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes et leurs idéologues doctrinaires parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale. quand on travaille bien la dialectique chez M. Hegel, on s'aperçoit que rien n'est fait pour durer dans ce domaine. Et surtout pas la sainte alliance qui régnait à l'époque pour terroriser toute velléité de revenir à des idées révolutionnaires.
25:01 Donc, sous son aspect rationnel, elle est un scandale. Je saute, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale de leur destruction nécessaire, fatale, nécessaire, parce que saisissant le mouvement même, donc vous comprenez pourquoi il disait à la fin, n'est-ce pas, dans le dernier paragraphe que grâce à la crise, n'est-ce pas, tout va être remis en mouvement et donc elle va faire entrer la crise, la dialectique dans la tête même des tripoteurs, vous voyez, c'est plus clair.
25:34 Donc, je reviens à l'avant-dernier paragraphe, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire parce que, des choses existantes, parce que saisissant le mouvement même dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, ça c'est du Marx-Hegelien, ce que Hegel appelle un moment, une poignée de porte qu'on est en train de tourner, vous voyez, le haut à droite et le bas à gauche, ou l'inverse, selon qu'on ferme ou qu'on ouvre, le mouvement même dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposé, qu'elle est essentiellement la dialectique critique et révolutionnaire.
Althusser et Deleuze contre la dialectique
26:18 Alors, pourquoi je me suis un peu attardé là ? Parce qu'on est quand même censé être en philosophie, même si on aborde beaucoup de sujets et beaucoup de matières, dans la mesure où je peux en avoir la compétence, c'est très inégal. Mais pourquoi ? Parce que je reviens à ce qu'il appelle les classes dirigeantes et leurs idéologues doctrinaires. Je vous ai dit Althusser, j'en ai nommé que deux, je rappelle, il y en a plein d'autres. Mais parce que Althusser, qui est le marxiste le plus illustre, sans doute, dans l'intelligentsia des 40 dernières années, Althusser a tout fait pour découpler Marx et Hegel, c'est son droit, après tout.
26:59 Mais une des choses qu'il abandonne à Hegel et dont il dit que Marx n'a rien à faire, c'est la dialectique. Dixit Althusser. Il dit quelque chose qui inverse presque ce qu'on vient de lire, à savoir que Marx a peut-être été vaguement hegelien quand il était jeune, alors qu'on vient de voir que c'est l'inverse. Il n'a jamais été aussi hostile, il vient de le rappeler là. J'ai critiqué le côté mystique de Hegel il y a près de 30 ans, à l'époque, elle était encore à la mode. Maintenant, ce que dit Hegel, la dialectique, ça dérange.
27:32 Bien. Donc, Althusser, dire à la dialectique, c'est ce qui restait de mystique, il faut s'en débarrasser. Et quant à Deleuze, lui, il parle de l'infâme dialectique. En général, avoir recours à la logique dialectique, c'est avoir recours à quelque chose d'infâme. Par contre, on va voir Nietzsche tout à l'heure, par contre, vous parlez de Nietzsche à Deleuze, là, il est déjà, il retrouve le sourire. Et vous allez voir à quel prix politique, et le rapport avec la crise que nous vivons.
28:04 Mais oui, mais oui, mais oui. Maintenant, on n'est pas encore là. Je reste encore dans le couple Deleuze-Althusser, et je reviens un instant à Althusser. Donc, je vous l'ai dit, pour lui, il y a été quelque chose qu'il faut abandonner, si on veut comprendre le vrai Marx, celui du Capital. Alors qu'on vient de voir que sans doute, jamais Marx n'a fait l'éloge de la dialectique d'une manière aussi univoque que dans les dernières, les derniers écrits, ces derniers efforts pour écrire Le Capital, puisqu'il s'agit de la postface à sa seconde édition.
28:45 L'ouvrage j'ai déjà entièrement achevé. Alors, comme on va retrouver un anti-hégélianisme forcené et chez Heidegger et chez Nietzsche, que je ne veux pas traiter, je ferai allusion, je vous disais que j'étais débordé par l'actualité tellement qu'elle va vite et donc c'est pour ça que j'ai commencé par embrayer sur la crise dans laquelle nous sommes entrés et qui est encore loin d'être arrivé à l'acmé de ses effets pour en finir avec le dernier paragraphe que j'ai lu en premier.
Heidegger, le plus nazi des philosophes ; Jünger et Céline
29:29 Ce n'est pas le seul, je ne suis pas débordé non plus au point de passer de coq à l'âne, je suis en liaison avec le dernier live, si vous voulez qu'on parle globish, de la dernière fois, de dimanche dernier et pourtant, j'ai l'impression qu'on est passé d'un monde à l'autre, on était dans Nerval, Chrétien de Troyes, les trois taches de sang sur la neige, les roses et les lys, le blanc, le rouge, le cygne de Mallarmé, et on est bien loin de la crise.
30:05 Eh bien, écoutez, revenons maintenant au début du premier de nos textes, c'est-à-dire le texte de Domenico Losurdo. Si vous regardez bien. Voilà ce texte. Pardon. Que je le vois là. Ce texte qui a pour titre, c'est un long article, une brochure qui s'appelle Heidegger et la démission de la philosophie allemande.
30:44 Sous-entendu au moment du Troisième Reich, n'est-ce pas ? Une des plus grandes traditions philosophiques et théoriques de l'histoire de l'Europe, la philosophie allemande a démissionné. On ne quitte pas tellement Marx. Marx était dans les racines philosophiques, la philosophie allemande, Hegel, je ne sais pas, de ses propres recherches. Or, là, vous voyez, je commence par par ce texte où Nietzsche réfléchit sur les...
31:31 Je ne suis pas au début, là, ce n'est pas le début, ça. Voilà. Non. Alors, ça commence par... Parmi les intellectuels trop fins pour se salir les mains, avec le Troisième Reich, ça commence comme ça. C'est bien l'article de Domenico Losurdo Ça, c'est Marx.
32:05 Oui, là, c'est bon, c'était bon Carl Schmitt, là. Parce qu'on va voir qu'il... D'accord. Ah ben, ce n'est pas grave, je l'ai, moi, par ailleurs. Mais s'il est en ligne, c'est bon. Donc, je commence tout de suite par le paragraphe qui commence par parmi les intellectuels trop fins pour se salir les mains avec le Troisième Reich, donc tout le monde n'a pas été engagé d'une manière aussi frénétique que aussi extrémiste chercher le mot que Heidegger aux côtés du Troisième Reich, on va voir.
32:50 Oui, je fais, vous savez qu'il y en a encore qui discutent pour savoir si Heidegger était nazi ou pas. Quand il y en a qui disent pour qui même un scandale qu'on soupçonne qu'il soit nazi. Et alors que moi, je me situe non pas au-delà, je ne me permettrais pas un néant de ça, mais complètement à côté en marge de ce débat en disant il ne s'agit pas de savoir s'il est nazi ou pas, c'est le plus nazi des philosophes. Des grands, des grands, il y a des seconds couteaux, vous les trouverez dans le texte de Losurdo, ce n'est pas déjà un peu oublié que Hitler avait nommé dans les universités, je pense à Baeumler, à Krieck, des gens comme ça.
33:27 Non, mais il ne s'agit pas de ça, de Rothacker. C'est celui qui va le plus loin, mais pas du tout. Regardez, il a démissionné de son poste en 1934, il a démissionné de son poste de recteur à Fribourg, ce qui prouverait bien à quel point il était en désaccord, mais c'est le contraire, il a démissionné parce qu'il était trop extrémiste et qu'il trouvait qu'il y avait trop de compromis entre l'administration, entre la politique que le parti imposait à l'université et qu'il ne pouvait pas parler aussi librement qu'il voulait, de quoi ?
34:01 Nous allons voir parce que s'il y en a qui doutent qu'il est nazi après tout ça, ils n'ont qu'à venir se mesurer avec ces textes. Mais là, vous voyez, il ne parle pas tout de suite d'Heidegger, il parle de plusieurs, bien sûr d'Heidegger, mais aussi de Ernst Jünger, grand écrivain. Alors lui, il faut être juste et il a été favorable comme pratiquement grand officier qui fait la guerre de 1914. C'est la tradition du conservateur réactionnaire prussien, comme il y en avait plein dans la Wehrmacht, sauf qu'il y a souvent eu des tensions entre cette tradition conservatrice et les nazis qui était une avant-garde moderniste pour ces gens-là.
34:48 N'est-ce pas ? Donc, Ernst Jünger, avant de lire son passage, je vous recommande de mettre sur Google en recherche Jünger, J-U-N-G-E-R, J-U avec tréma, sinon c'est Jung, Jünger, Céline, vous mettez les deux là, vous allez tomber sur un article où Jünger, qui est en mission à Paris, il est occupant, il a été affecté à Paris en occupation à un service administratif quelconque et voilà qu'il a une demande d'audience de la part d'un Français qui ne connaît pas, qui est Céline, je rie, mais c'est épouvantable.
35:28 Et il dit, mais qui c'est ce fou-là ? Il voit un Français arriver et il dit, alors qu'est-ce qu'on foutait ? Ils sont là, ils sont là, les Juifs, rue de Rivoli, il y en a plein encore dans leurs appartements, mais c'est à la baïonnette qu'il faut les achever, vous ne vous rendez pas compte, leurs enfants seront le principal danger que vous aurez à affronter. Il dit, mais qui c'est ce fou ? Un officier de la Wehrmacht en mission, sous le troisième Reich.
Jünger : la volupté du sang et le péril blanc
36:01 Je dis ça pour ceux qui disent que Céline est le plus grand écrivain de tous les temps. Calmons-nous. On sort d'une drôle de période. Je dis bien, on sort que grâce à la crise, c'est son seul aspect positif pour l'instant, mais on est en train de sortir de ce cauchemar des 40 dernières années. Je lis le texte. Parmi les intellectuels trop fins pour se salir les mains du Troisième Reich, car il a carrément rompu avec les nazis dès la nuit de cristal, auquel Heidegger fait allusion, figurait peut-être Ernst Jünger, qui, même s'il avait contribué à son ascension au pouvoir, il parle toujours du Troisième Reich, n'avait jamais adhéré au nazisme.
36:43 Toutefois, Jünger, lui aussi, longtemps encore après la fin de la guerre, reconnaît au nazisme le mérite d'avoir exprimé au début toute une série d'idées justes. Vous voyez, il a rompu, mais il était assez proche. On va voir ce qui reste juste. Regardez. Au point qu'il n'en a réellement pris ses distances qu'à partir de la nuit de cristal, c'est-à-dire de la fin de 1938, de 1938. Durant la république de Weimar, se référant à la Première Guerre mondiale, Jünger en était arrivé à célébrer la volupté du sang et l'état d'âme ivre de rose et de sang.
37:22 Bon sang ! Mais si c'est le cas de le dire bon sang ! Je vous avais dit qu'on n'était pas loin de Nerval. Vous vous rappelez le carnage, la vision de cauchemar de Nerval dans sa cellule, là, où on l'a mis parce qu'il délirait. Quand il voit dans la glace, là, les cadavres de femmes de toutes les époques trucidées, le corps de la mère éternelle tranchée au sabre en morceaux et où le rouge n'est pas fini par envahir l'écran alors que dans le texte de Mallarmé, tout était blanc jusqu'à ce qu'on voit un texte où les deux essayent de trouver un compromis dans les broderies de roses sur fond blanc.
38:00 Si vous vous rappelez bien, vous voyez qu'une continuité, mais écoutez, je n'invente rien. Durant la république de Weimar, se référant à la première guerre mondiale, je vous rappelle que la république de Weimar, je me sens toujours obligé de préciser quand je vois à quel point on a allégé vos programmes. Je m'adresse ici aux plus jeunes, ceux qui sont encore au lycée. Que tout ce qui peut être compromettant pour les pouvoirs d'aujourd'hui est supprimé, n'est-ce pas ? Alors, la république de Weimar, c'était le dernier gouvernement de l'Allemagne avant l'accession tout à fait démocratique du Troisième Reich au pouvoir avant que Hitler devienne chancelier.
38:46 33. Donc, durant la république de Weimar, se référant à la première guerre mondiale, Jünger en était arrivé à célébrer la volupté du sang et l'état d'âme ivre de roses et de sang dans lequel la jeunesse allemande et les volontaires avaient salué l'explosion du conflit. Ça vous semble monstrueux, hein ? Et là, on est en train de parler de quelqu'un qui a rompu avec le nazisme, qui n'est pas un extrémiste comme Heidegger. Ah, mais Heidegger n'est pas nazi puisque même M. Chapoutot vous le dit.
39:16 Je vais y revenir. J'ai beaucoup d'admiration pour Chapoutot, mais il y a aussi des points faibles. Donc, dans lequel la jeunesse allemande et les volontaires avaient salué l'explosion du conflit. Mais voici le bilan de la guerre et du massacre que trace Jünger après 1945. Alors là, attention, c'est Jünger qui s'est bien séparé des nazis, mais qui dit ceci. Les Grecs combattant les barbares. Il ne s'agit pas des Grecs se battant entre eux, il ne s'agit pas de la guerre du Péloponnèse.
39:46 Les Grecs combattant les barbares. Donc, ce n'est pas Athènes contre Sparte, ce n'est pas la guerre du Péloponnèse. Il s'agit bien sûr des guerres médiques. Les Medes, c'est les Perses à l'époque. Les barbares, c'est l'Asie. On va y revenir quand on va voir que Heidegger je suis dans l'actualité. Elle va nous dire l'ennemi, c'est l'Asiate. Vous entendez ça tous les jours. C'est la Chine qui nous a foutus dans le pétrin avec ce virus. D'ailleurs, c'est tout juste qu'elle n'a pas fabriqué ce virus. À Wuhan, dans un laboratoire. J'avais 8 ans que j'entendais déjà parler du péril jaune.
40:27 Oui, on était en plein dans la guerre d'Indochine, vous me direz. J'entendais déjà parler du péril jaune parce que la Chine venait basculer dans le communisme avec ce que vous voulez. Du coup, le péril jaune, peut-être, allez savoir, peut-être que c'est un péril, mais c'est une hypothèse. Mais ce qui n'est pas une hypothèse, c'est le péril blanc. C'est le péril blanc. Parce que la guerre de l'opium que leur imposait les Anglais qui ont forcé les Chinois à prendre de l'opium parce qu'ils en avaient le monopole, les Anglais.
40:58 Mais oui, la guerre des Boxers, le sac du palais impérial à Pékin. Renseignez-vous comment les Occidentaux se sont vautrés d'une manière obscène dans la... le saint des saints de la tradition chinoise. Je ne parle même pas de la guerre de Corée. 3 millions de morts, bagatelles, après tout, c'est des jaunes.
41:28 Ça fera toujours ça en moins. 3 millions de morts à la guerre du Vietnam. 17 millions de morts faits par les fascistes japonais alliés aux Allemands en Chine. Donc, je ne sais pas si peut-être que le péril jaune est une hypothèse qui peut se soutenir. Mais ce qui n'est pas une hypothèse et qu'une réalité, c'est le péril blanc. En Chine et en Asie. Je ne parle pas de l'Afghanistan qui n'arrête pas d'être ensanglanté depuis avant même que vous soyez nés pour la plupart de ceux qui m'écoutent.
41:59 Bon. Alors, les Grecs combattants contre les barbares, c'est-à-dire les Perses, donc les Asiates, et les Chrétiens contre les Païens, les croisades, suivirent des normes plus cruelles. Ah, attendez, attendez. Ça veut dire quand les Grecs se battaient entre eux, c'était chevaleresque et courtois, n'est-ce pas encore ? Les Chrétiens entre eux, il est bien connu que la guerre de Cent Ans, ça devait être courtois. Oui. Il ne faut vraiment pas voir les choses de près. Mais, sous-entendu, c'est auprès des barbares qu'on a appris la cruauté.
La guerre à l'Est et la haine de la tradition révolutionnaire
42:31 Vous voyez ? Vous sentez venir Stalingrad. Les Grecs combattants contre les barbares et les Chrétiens contre les Païens suivirent des normes plus cruelles. Au cours de la dernière guerre, les Allemands menèrent un type différent de campagne sur le front oriental. Nous y voilà le plus grand choc humain de tous les temps. L'affrontement des Slaves et des Germains, je dirais, je dirais ces gens-là, par l'affrontement de l'armée rouge et du Troisième Reich, l'Union soviétique Troisième Reich, qui est le plus acharné, le plus sanglant en mort civile, militaire, en matériel, en nombre de villes détruites, tout ça en Union soviétique, bien sûr.
43:15 Donc, au début, à la fin, l'Allemagne a dégusté. Et oui, mais à cette occasion, les Allemands ont rencontré des gens, des barbares. Le Popov, c'est un barbare, n'est-ce pas. Les Grecs combattants contre les barbares et les chrétiens contre les païens suivirent des normes plus cruelles. Au cours de la dernière guerre, les Allemands menèrent un type différent de campagne sur le front oriental et sur le front occidental, et pas seulement à cause de la différence des territoires. Vous voyez, Losurdo, un génie de sourcier.
43:48 Il sait les textes par lesquels on peut coincer et prendre date par rapport à ceux qui disent une chose, qui disent le contraire quelques années après quand ça devient compromettant, n'est-ce pas. Il suit la trace et il prend date. Je saute quelques lignes et il dit ceci. Donc, Jünger semble critiquer Hitler surtout parce que, je cite, dans les derniers mois de guerre, il aurait voulu notifier aux puissances occidentales la dénonciation de la Convention de Genève.
44:23 Cela aurait comporté l'extension au front occidental de la conduite de guerre adoptée sur le front oriental. Bon, on peut faire à Oradour-sur-Glane en France, une barbarie, parce qu'on a appris la barbarie chez les Popov. Mais quelle est alors la cause de cette barbarisation de la guerre qui se profilait également à l'ouest, bien plus que le nazisme, Jünger met en accusation la tradition politique révolutionnaire. Tenez-vous bien, pas seulement les communistes soviétiques, mais la révolution qui vient de la prise de la Bastille.
44:55 C'est de votre faute à vous d'être républicain. Vous croyez que j'invente, mais lisez la suite. Et surtout, à effacer la différence entre ceux qui sont armés et ceux qui ne le sont pas. Trois grands moments nous ont conduits au point où nous sommes. La réforme, ça c'est Luther, la révolution française de 89 et la révolution russe de 17 qui dure encore. quand Jünger écrit ces lignes, bien sûr, n'est-ce pas ?
45:27 Voilà, ce dernier thème est développé par Carl Schmitt. Je ne m'attarderai pas sur Carl Schmitt qui est le plus nazi des grands juristes, n'est-ce pas ? Il y avait une relation très suivie avec Heidegger. Bon, alors vous voyez, je saute à la fin après le mot occident, vous voyez, après les guillemets, enfin à la fin, un paragraphe après, en fin de ligne. Heidegger, Jünger, Schmitt, ces trois grands intellectuels, vous voyez la démission de la philosophie allemande, ces trois grands intellectuels, car ce n'est pas des idiots ni des incultes, du XXe siècle allemand, si différents, entre entre eux un trait commun.
46:06 Ils ont considéré avec sympathie, du moins au début pour Jünger, l'écroulement de la république de Weimar et l'avènement du nazisme. Autour de 1933, ils ont participé à la furieuse polémique propre à ces années-là, menée contre la démocratie, le socialisme et la tradition politique révolutionnaire. Ça fait 30 ans que nous baignons dans un enseignement contre-révolutionnaire, depuis le bicentenaire de la Révolution française, en 1989, officier par Mitterrand, ou Mitterrand a fait officier, si vous voulez, Jack Lang et j'en passe.
46:54 Il n'a plus été question que des crimes de la Révolution française. C'est quand même pas banal. Vous voyez, ça vient de loin, tout ça. C'est dans ce contexte qu'il faut situer l'historiographie révisionniste de nos jours. Vous voyez, Losurdo, ce n'est pas par hasard si précisément un disciple de Heidegger, ça c'est aujourd'hui, l'historien allemand Ernst Nolte, plus ouvertement que tous les autres, met génocide et holocauste sur le compte de la barbarie asiatique, c'est-à-dire soviétique, imitée par Hitler considérant la Révolution d'Octobre.
47:39 Arrivé à ce point, tout est clair. L'Occident peut retrouver et reconquérir sa bonne conscience. Vers la fin de la Première Guerre mondiale, un thème avait fait son apparition qui a connu une fortune énorme. Le déclin de l'Occident, c'est le titre d'un célèbre ouvrage du fascisant Spengler, mais le déclin de l'Occident, et c'est la conclusion de Losurdo, bascule maintenant en sa transfiguration finale et aveuglante. Vous voyez, je ne suis pas en train de faire de l'histoire de la pensée, je le fais objectivement puisque je rappelle des textes qui sont des années 30, 40, 45, mais je ne suis pas dans le genre histoire de la pensée, j'en parle parce que c'est actuel.
L'ennemi asiatique chez Heidegger
48:20 C'est quand même très inquiétant. On retrouve les mêmes conditions économiques, la plus grave crise que le capital ait subie, c'est les années 30 et je vous dis qu'on est au bord de la dépasser, d'après les spécialistes, ce n'est pas moi. Suivez bien. Est-ce qu'on va dépasser les 24,7% de chômeurs aux États-Unis ? Je ne parle pas du nombre de chômeurs qui se multiplient en France, on va voir en septembre combien ça fera. les mêmes conditions économiques, les mêmes discours, les mêmes ennemis.
48:51 La Russie, la Chine, l'ennemi, c'est l'Asiat. Alors là, je passe à une autre série de textes, mais que vous n'avez pas, donc c'est pour les survoler, c'est pour ça, pour ne pas prendre trop de temps. mais je vais tout de même vous donner quelques échantillons de la prose de Heidegger. Zut, j'ai perdu mon marque-page. Ah ben voilà. Donc, vous ne l'avez pas, donc c'est pour ça que je prends le livre.
49:27 Alors, excusez-moi un instant, voilà, donc j'en suis là. Voilà. Alors, je ne m'attarde pas, je lis en survolant, mais pour illustrer le thème l'ennemi, c'est l'Asiat, n'est-ce pas, dans le thème très actuel.
50:06 Quant à l'ennemi, l'ennemi en général, parce qu'on parle des théories de la guerre, ça c'est la spécialité de Carl Schmitt, le juriste, n'est-ce pas ? Quant à l'ennemi, Heidegger le désigne maintes fois comme l'Asiatique. Dans le langage national-socialiste de l'époque, il fait ouvertement sien ici, ce terme désigne sans équivoque d'abord les Juifs, mais pas seulement, vous savez, ça c'est moi qui le précise, mais je peux vous garantir dans la tête d'un Allemand bon teint, surtout de l'époque, je veux dire, l'Asie, elle commence à la vistule, c'est-à-dire à la frontière avec la Pologne.
50:51 Les Slaves, c'est déjà des sous-hommes. C'était dans la théorie raciale d'Hitler, je ne sais pas. C'est déjà, comme on dit maintenant, l'Eurasie. L'Eurasie qui fait trembler l'Amérique, n'est-ce pas, la puissance économique chinoise alliée à la puissance militaire russe, c'est le seul truc qui peut équilibrer le cauchemar qu'on nous impose. Des guerres sans fin qui ensanglantent le monde de l'Afghanistan à l'Amérique du Sud, en passant par tout ce que vous savez, hélas, il y a même et j'en passe.
51:23 Donc, quant à l'ennemi, Heidegger le désigne maintes fois comme l'asiatique. Dans le langage national-socialiste de l'époque, il fait ouvertement sien ici, le terme désigne sans équivoque avant tout les juifs. Ensuite, les bolcheviques, les russes, les soviétiques, c'est-à-dire les russes communistes, dans le régime communiste. Je dis, j'insiste, je ne commente pas le texte là, mais j'insiste pour faire des rappels. Vous devez être paumé dans votre tête parce que non, mais non, les communistes c'est une chose, mais le nazisme c'est avant tout l'antisémitisme.
51:56 Non, non, oui, mais ne séparez pas l'anticommunisme d'Hitler et son antisémitisme. Je ne dirais pas que j'ai un mandat soviétique. Toute la propagande de l'époque, mais lisez-la, ne me croyez pas sur parole, c'est des choses trop graves pour suffire il y a une seule voix. Consultez sur documents toute la presse de l'époque. Vous avez des traductions, vous avez des études, mais prenez les originaux, pas en langue allemande, c'est pour ceux qui ne lisent pas l'allemand, mais les textes, les articles, et vous verrez, dans l'histoire, les cités avec les sources, et vous verrez que l'ennemi est constamment désigné sous la formule le judéo-bolchevique.
52:35 C'est vous, c'est vous, enfin, soumis à la propagande des 40 dernières années qui est opposé, ne c'est pas, l'antisémitisme à l'anticommunisme. Distingué, il faut, mais opposé, non, certainement pas pour les nazis, pour qui c'est le même combat. C'est bien ce juif de Jésus qui nous a apporté le christianisme. Vous savez, celui qui dit quand on te frappe sur une joue, tu tends l'autre. C'est pas nazi, ça. C'est ça qui nous a affaiblis, nous, les races d'élite. Il y a des milliers de pages avec des guerres là-dessus, sur l'allemand.
53:06 Bref, chez Nietzsche aussi, n'est-ce pas, Nietzsche pardonnera jamais à Wagner, d'être passé de Siegfried à Perceval, à Parsifal, du héros païen qui, avec son épée, tranche tous les problèmes, c'est pas, avec la belle bête blonde, à l'idiot Perceval, c'est pas, qui est dans le sentiment le plus profond et la compassion. Et ce sera sur ce testament que se clôt l'œuvre de Wagner. Je signale à ceux que ça intéresse, ceux qui se connaissent un peu en littérature, que dans un des premiers grands romans de Julien Gracq, Au château d'Argol, dans la préface, Julien Gracq, pour expliquer que son roman suit un peu la trame de la quête du Graal, fait allusion au Parsifal de Wagner en disant « L'œuvre de Wagner se clôt sur un testament que Nietzsche a eu le grand tort de jeter un peu légèrement en pâture aux chrétiens. »
54:01 prenant ainsi la grave responsabilité d'égarer les critiques vers un ordre de grandeur visiblement trop superficielle. Voilà. Je refais ma parenthèse. Bon. L'ennemi, c'est le judéo-bolchevique. Vous voyez donc, l'Asiate, ne croyez pas qu'on passe tout le temps d'une chose à l'autre. C'est la même chose. Ce n'est pas dans la mienne, mais dans le délire nazi. Bon. Continuons. Il peut finir par désigner tous les ennemis potentiels de l'Allemagne en tant qu'ils sont censés être sous la coupe de ce qu'Heidegger, dans sa lettre au conseiller Schwoerer, en 1934, appelait « l'enjuivement au sens large ».
54:40 Mais ce n'est pas un antisémite, Heidegger. Ce n'est pas un nazi. Il y en a qui continuent à dire ça. On le cite. N'est-ce pas ? L'enjuivement au sens large. Or, le terme se trouve chez Heidegger dès le cours de 1933-1934, son cours à l'université, où il parle de puissance qui se déchaîne comme quelque chose d'effréné, de sans-frein, d'envoûtant, de sauvage, de furieux, d'asiatique. Donc, il reprend ce qu'on voyait sous la plume de Jünger tout à l'heure. les plus barbares de tous les temps osent faire croire que la barbarie aura été inculquée par les Popov, n'est-ce pas ?
55:18 Alors que la guerre avec les Russes n'a pas encore commencé. On est en 1933. On est loin du pacte germano-soviétique qui est en 1939. Il y en a qui auraient voulu que les soviétiques aient encore plus de morts. 30 millions, ce n'est pas assez. Que Staline ne signe pas ce pacte et qu'il tombe dans le piège, n'est-ce pas, que les Panzer Division ne se seraient précipités d'abord sur l'Union soviétique avant de venir envahir la Belgique et la France et avant de déclarer la guerre à l'Angleterre.
55:48 Quand on voit déjà le nombre de morts qu'ils ont eu, ayant eu le temps un peu de se préparer, voir en disant qu'en ce que ça aurait été si les forces nazies étaient rentrées en Union soviétique dès... avant le pacte, ce n'est pas dans les années 30. et en plus, les soviétiques, on a tous les télégrammes, ne me croyez pas, vérifiez, envoyez télégrammes, sur télégrammes diplomatiques à la France et à l'Angleterre pour dire il faut qu'on déclare la guerre à Hitler pendant qu'il est encore temps.
56:24 Il ne va pas s'arrêter après, et la France répondait comme l'Angleterre, nous on veut bien mais les Polonais ne veulent pas vous laisser passer par leur territoire comme ce sont nos alliés, vous comprenez. Et c'est quand il a vu l'attitude dilatoire des Occidentaux à l'époque, je ne m'égare pas, le numéro 2 du gouvernement polonais, sous le gouvernement du colonel Beck, celui qui dirigeait la Pologne juste avant l'entrée en guerre, l'invasion allemande, fait une dernière entrevue avec Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères d'Hitler.
56:59 On est à la veille de la guerre. Il dit à Ribbentrop parce qu'ils ont un litige sur le port de Gdansk, à l'époque, le couloir de Danzig, et le polonais, le second du régime, dit à Ribbentrop, bon, nous avons des désaccords sur Danzig, mais nous sommes entre gens civilisés, ce n'est pas comme avec les soviétiques. Le gouvernement, pas les polonais, les polonais, ils ont souffert, le gouvernement polonais, en 1939, à quelques semaines de l'entrée en guerre, dit l'Hitler, sur le territoire polonais, il n'y a pas de quoi rire, c'est un rire nerveux.
Décoder le Dasein et la « presse socratique »
57:42 C'est le plus grand nombre de morts par habitant. Dans l'absolu, c'est les soviétiques, en termes relatifs, c'est les polonais. Et bien non, et comme dans l'âme, Heidegger parle de puissance qui se déchaîne comme quelque chose d'effréné, de sans frein, d'envoûtant, de sauvage, de furieux, d'asiatique, et comme dans l'âme nordique de Ludwig Clauss, un roman d'un nazi de l'époque, il ramène les puissances, un essai pardon, il ramène les puissances opposées dans ce combat à ce que Nietzsche désigne, et cite Heidegger, citant Nietzsche, comme l'apollinien et le dionysiaque.
58:19 Nous, nous sommes apolliniens, les Allemands. On retrouve ensuite à maintes reprises l'identification heideggerienne à l'ennemi asiatique dans la conférence du 30 novembre 1934, je survole, où il parle de la grande décision de la Terre contre l'asiatique. Dans le cours sur la Germanie de Hölderlin, c'est un poème de Hölderlin qui s'appelle Germanie, où nous l'avons vu faire d'Héraclite le nom d'une puissance originelle du Dasein historique occidental germanique. Je ne demandais pas d'explication, c'est très clair.
58:49 Mais Dasein veut dire l'existence, mais c'est le délire. C'est intéressant de voir que des notions apparemment qui font tout le prestige philosophique de Heidegger, l'être, l'essence, l'étant, le Dasein, l'être pour la mort, l'être pour autrui. Quand on sait les décoder désigne des réalités politiques sordides. on a l'occasion d'y revenir. De même dans Nietzsche, je fais une parenthèse ici, vous voyez, je prends deux philosophes les plus prisés de l'école philosophique française de Sartre à Derrida.
59:24 Je n'ai plus rien, je ne mets pas dans le même panier Sartre et Derrida. Mais enfin, je veux dire, ils sont tous dans l'ombre de Heidegger dès le début de la guerre froide, c'est quand même curieux. je suis en train de faire allusion à quoi ? On ne peut pas accuser Nietzsche d'être antisémite. Il a plein de côtés nazis, le côté eugéniste, le côté qu'il est à fond pour l'esclavage. Il y en a qui vous disent que c'est des métaphores. Je vais vraiment lire les textes. Le dressage, un terme qui reprend souvent Heidegger de Zucht, Schütz, l'esclavage, bref, il y a plein de thèmes nazis, mais pas l'antisémitisme, au contraire.
1:00:10 Il dit même par-delà le bien et le mal qu'il faudrait croiser les purs sangs prussiens avec les juments juifs, ça régénérerait le sang prussien décadent et trop christianisé. Et puis, il fait l'éloge de Mendelssohn, le seul grand compositeur de l'époque romantique juive, en disant que c'est le seul qui s'est vraiment à écrire de la belle musique, il appelle le maître alcionien, alcion, c'est le vent du sud, tout le contraire d'un antisémite. Oui, ça c'est après sa rupture avec Wagner, je ne vais pas m'attarder.
1:00:41 Si on se reporte à l'époque 1872, où il est encore très ami avec le couple Wagner, où il n'attend qu'une chose, il expédie ses cours, il expédie, il les fait très bien, de linguistique, de philologie, comme on disait, à Bâle, il attend le week-end pour prendre le train, il est invité à sa grande joie par les Wagner, qui fréquente, Wagner a 30 ans plus que lui, et n'oubliez pas que c'est à Wagner qui a dédicacé la première grande parution de Nietzsche, la naissance de la tragédie, mais justement, Nietzsche en 72 écrit une lettre à Cosima, à Madame Wagner, une lettre sur la tragédie, dans laquelle il dépeint tout l'état de décadence dans laquelle est l'Allemagne, c'est des thèmes que chacun connaît, on s'est ramollis, on s'est christianisés, on s'est, bref, et on s'est urbanisés, on s'est démocratisés, il n'y a pas encore le type de bolchevik à l'époque, et il dit à la fin de la lettre, tout ça est la faute à la presse juive, je cite, « Judenpresse », pas de « Zeitung », « presse », il dit bien, radical latin.
1:01:51 Vous ne trouverez pas ce texte, ou alors il faut le chercher. Là encore, Losurdo a eu un génie de sorcier, n'est-ce pas ? Car les traducteurs de Nietzsche, aujourd'hui, qui veulent absolument le faire passer pour quelqu'un, tout juste, il n'est pas à gauche, ont caviardé la fin du texte et ont remplacé la presse juive par la presse, tenez-vous, vous allez sursauter, je ne perds pas mon fil, j'étais en train de dire comment il faut décoder les termes apparemment abstraits et philosophiques, comme c'est le cas chez Heidegger, l'être, l'étant, c'était ça mon fil.
1:02:28 La presse juive est remplacée par la presse socratique. Maintenant, vous comprenez ce que veut dire l'anti-platonisme de Nietzsche. Ça n'a jamais d'ailleurs été, parce qu'il était cultivé Nietzsche, je savais bien que il avait l'admiration en tant qu'artiste pour le génie de Platon, le génie d'écrivain en tout cas. Souvent, il dit dommage qu'il ait été gâté par ce journaliste de Socrate. Ce Socrate, l'homme du peuple, le laid, il n'est pas beau en plus. Il le dit, il avait les lèvres épaises, il avait les yeux qui sortaient de la tête.
1:03:01 Bref, les juifs, la presse socratique, la presse socratique commençait par la presse juive. Il faut savoir décoder. Là, je ne suis pas dans le complot, je suis dans le fait, dans le flagrant délit de falsification. Et ça, c'est cette complicité avec les pires pensées, je ne dis pas les pires penseurs, Nietzsche est moins crapuleux qu'Heidegger. Nietzsche est un grand ego.
1:03:32 Et je suis sûr qu'il aurait décroché bien plus rapidement encore que Jünger de l'ignominie nazie. Mais, j'en veux à l'école philosophique française qui s'est enrôlée dans la guerre froide, tellement anti-bolchevique que elle s'est jetée dans les bras de Nietzsche, n'est-ce pas, contre ceux de Marx et de Hegel. Je vais me demander d'ailleurs ce qu'on vient dans leurs bras. voilà.
1:04:03 Oui, donc, trois grands moments nous ont conduits au point où nous en sommes, la réforme, la révolution française de 89. Voilà la parenté entre Nietzsche, Heidegger et Schmitt. Je reprends le texte où j'en étais sur l'Asiat. Dans le cours sur la Germanie, poème de Hölderlin, nous nous l'avons vu faire d'Héraclite le nom d'une puissance originelle du Dasein historique occidental germanique.
Heidegger conseiller d'Hitler et l'ennemi intérieur
1:04:33 Ça veut dire qu'Heidegger se revient à la première manifestation d'une Germanie. C'est du délire. Héraclite est un Germain. Vous savez, les Grecs de l'Antiquité, on a vu ça quand on a travaillé Chapoutot, mais je le dis à ceux qui n'étaient pas là. Chapoutot, l'historien contemporain qui est de loin le meilleur connaisseur des archives de l'époque et de l'idéologie de l'époque, Chapoutot montre très bien comment une histoire délirante s'était mise en place où les Grecs étaient les Allemands qui étaient allés un peu au sud, n'est-ce pas ?
1:05:07 Et qui avait créé cette race d'élite qui ensuite avait été gâtée pourrie par le surgissement du christianisme venu de la barbarie juive là-bas. Bref, on retrouve ensuite Héraclite, le nom d'une puissance originelle du Dasein historique occidental-germanique dans sa confrontation première avec l'asiatique. Il s'identifie un peu, n'est-ce pas ? Il a tout fait pour être vraiment le conseiller philosophique d'Hitler.
1:05:39 Il a écrit, envoyé les télégrammes à Hitler, on les a, les télégrammes d'Heidegger. Il aurait voulu être pour Hitler ce que Aristote était pour Alexandre. C'est qu'Aristote était le précepteur d'Alexandre. Dans la conférence prononcée à Rome le 8 avril 1936 et intitulée l'Europe et la philosophie allemande, dès les premières lignes, Heidegger avance que le salut de l'Europe dépend de la préservation des peuples européens contre l'asiatique. Bon, je m'arrête là.
1:06:09 Je les ai multipliqués pour pas que vous croyez que c'est un accident isolé, que je fais des amalgames. C'est obsessionnel. Le danger pour les peuples d'Europe, c'est un péril asiatique. On revient aujourd'hui. Il est d'autant plus urgent de noircir, n'est-ce pas ? L'image, peut-être que je serais opposant si j'étais en Chine, allez savoir, je ne suis pas en train de faire l'apologie du régime chinois.
1:06:39 Je suis en train de montrer ce qu'il y a de monstrueux dans une manière de le dénoncer. On peut très bien dénoncer quelque chose à partir du point de vue non seulement différent mais opposé. j'ai toujours l'exemple que je prends. Je rencontre quelqu'un dans un café et il me dit « On se découvre tous les deux anti-gaullistes ». Je dis « C'est bien, moi aussi ». Je lui dis « Moi, j'ai voté contre De Gaulle toute l'époque où il était au pouvoir, contre sa politique sociale, etc. vous êtes anti-gaulliste, moi aussi ». Oui, parce que ce salaud, il a vendu l'Algérie aux Arabes.
1:07:10 Oui, on peut être contre De Gaulle pour des raisons pas seulement différentes mais opposées. On peut être contre la politique sociale de De Gaulle mais avoir du respect pour l'homme qui a sauvé l'honneur pendant la résistance. quand même. Et qui a maintenu l'indépendance. C'est le dernier moment où la France avait encore une politique étrangère indépendante, non pas alignée comme aujourd'hui.
1:07:43 Vous savez que pendant que nous sommes en confinement, il y a 14 centrales nucléaires françaises qui viennent d'être fermées dans notre dos. De même que EDF est passé de 64% pendant le confinement, au début du confinement, de participation publique donc de vous et de moi à 34%, diminué de moitié. Il tombe bien ce virus, avouez. Vous voyez que je ne parle pas en l'air. De même, la centrale nucléaire, ça c'est hier, qu'on a privatisée.
1:08:15 Ce que le monde entier nous enviait. La France, il y a une indépendance énergétique et le kilowatt le moins cher d'Europe occidentale. en dehors de la Norvège qui a des barrages hydroélectriques de tous les côtés. J'ai surtout parlé de l'hostilité de Heidegger. Donc, à l'Asiat, je vais quand même en finir avec Heidegger, je voudrais bien passer à Marx, mais avec un texte où l'ennemi, c'est plus inquiétant, c'est vous et moi, c'est-à-dire l'ennemi intérieur. je ne vais pas vous faire perdre de temps, mais enfin, vous vous en doutez, puisque l'ennemi, c'est le bolchevisme, et qu'à l'époque, n'est-ce pas, où les nazis arrivent au pouvoir, il y avait des affrontements avec le parti communiste allemand, les spartakistes, il y avait des affrontements quasi quotidiens dans la rue, jusqu'à ce qu'en pleine république de Weimar, n'est-ce pas, un flic social-démocrate qui a dit « je serai le chien sanglant, le Bluthund, son nom va me revenir,
1:09:26 fasse assassiner dans les rues de Berlin les dirigeants du parti spartakiste, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, ils ont eu chaud, il y avait quand même encore à l'époque, dans les années 20, un peu avant les années 30, encore une force qui aurait pu contrecarrer la résistible ascension d'Hitler, pour reprendre un beau titre de Bertolt Brecht.
1:09:59 Or, ce danger intérieur qu'on va retrouver, suivez bien mon raisonnement, qu'on va retrouver au début de la guerre froide, là je saute, je passe en 1945, il n'y a plus de Reich, de troisième Reich, il n'est plus qu'en ruine, mais par contre, l'Occident qui devrait commencer à faire ce qui aurait été magnifique, une grande entreprise d'éducation dans le monde entier, pour dire plus jamais ça, plus jamais ces idées qui ont mené, parce qu'elles viennent de loin, Nietzsche, c'est quand même bien, Heidegger, Nietzsche, et lisez La Destruction de la Raison de Lukács, ça remonte au romantisme allemand, et attention, je veux dire à Schelling, bon, bref, il a fallu du chemin pour en arriver au troisième Reich, à un niveau idéologique.
1:10:47 au moment du début de la guerre froide, alors qu'on aurait dû faire ce programme de lutter pour que plus jamais la peste brune n'envahisse le décor, on a bien mis une force en place, mais contre la peste rouge, et ça a été le début de la guerre froide. Je dois à ce scandale le fait, n'est-ce pas, de m'être un peu détourné de la musique, j'ai préféré finir pianiste de concert, n'est-ce pas, et je me suis tourné vers la philosophie.
Lecture de la directive « Coronavirus et repli communautariste »
1:11:19 Malheureusement, en tout cas, c'est à cause d'un scandale, n'est-ce pas, d'une forfaiture dont nous ne sommes toujours pas remis. Alors, ici, pour vous montrer à quel point c'est actuel, l'ennemi intérieur, je vous connecte avec une nouvelle que j'ai apprise cet après-midi, cet après-midi. Vous voyez ? Alors, je vais ouvrir ceci, voilà, c'est une amie que certains d'entre vous connaissent bien parce qu'elle fait partie de nos adhérents, Élise, qui est enseignante, fait ses télécours, professeur de lettres en région parisienne, et qui nous dit au secours, lisez ça, voilà la directive qu'on vient de recevoir.
1:12:12 Donc, les professeurs ont la directive de leur ministère. Coronavirus et risque de repli communautariste C'est l'après-midi. On parlait de l'ennemi intérieur sur le troisième Reich. Aujourd'hui, la violence de la pandémie, quand je vous dis qu'il est bien géré, ce virus, causé par un nouveau virus, nous confronte à l'incertitude sur de multiples plans. en matière médicale, sociale, économique, culturelle, la crise du Covid-19 peut être utilisée par certains, je ne vous le fais pas dire, pour démontrer l'incapacité des États, on y arrive, comment aurions-nous critiqué l'État macronien, sinon à être complotiste, l'incapacité des États à protéger la population et tenter de déstabiliser les individus fragilisés.
1:13:07 Eh, vous voyez, il commence à avoir la trouille quand même, pour envoyer une directive comme ça, ce n'est pas banal. Moi, j'ai 75 ans passé, je n'ai jamais vu ça en France. Qu'on demande aux profs de faire ce flicage, on va voir après. Ça, ça veut dire qu'ils savent très bien que des millions de Français ont vu sur la grande télévision des avions russes débarquer en Italie, des tonnes de masques arrivés de Chine il y a des semaines et des semaines. Des Vietnamiens ont envoyé une autre chose.
1:13:38 Des Boliviens qui, malgré la situation, ils étaient au bord de l'abîme il n'y a pas si longtemps, n'est-ce pas ? Qui ont envoyé des hommes, les Cubains qui ont envoyé des médecins en Italie. L'Europe n'a pas bougé. Enfin, l'Europe là, la petite Europe de Bruxelles. Ils savent bien que, comme dit un magnifique proverbe, Ivoirien, de Côte d'Ivoire, on ne peut pas cacher le soleil avec son doigt. Ils ont de plus en plus de mal à faire avaler certaines choses. Seulement, si vous critiquez l'exécutif en disant qu'il ne s'occupe pas vraiment de notre santé mais qu'il prépare autre chose, vous êtes dans le complot.
1:14:15 Alors, on dit aux profs, attention, la crise du Covid-19 peut être utilisée par certains pour démontrer l'incapacité des États à protéger la population et tenter de déstabiliser les individus fragilisés. Le danger qui menace la France actuellement, ce n'est pas la crise qui est en train de s'abattre sur nous, qui a commencé outre-Atlantique. Non, je parle de la crise économique et sociale. Non, le danger, c'est des cités, des communautés, des banlieues.
1:14:52 Divers groupes radicaux exploitent cette situation dramatique dans le but de rallier à leur cause de nouveaux membres. Moi, je suis d'accord. Divers groupes radicaux exploitent cette situation dramatique dans le but d'eux. Jusque-là, je suis d'accord. Sauf que les groupes radicaux, pour moi, ils sont dans notre exécutif. Exploitent cette situation dramatique dans le but de rallier à leur cause de nouveaux membres. Donc, c'est qu'ils ont peur que ça fasse tâche d'huile et de troubler l'ordre public. Vous savez, l'ordre public, c'est quand ceux qui défendaient l'hôpital avant le virus, quand ils manifestaient parce que l'hôpital était l'objet d'une casse sans précédent, étaient gazés.
1:15:33 Enfin, moi, je n'aime pas les hyperboles. Ce n'est pas du gaz moutarde. Ce n'est pas ma faim. C'est pas... Quand on les... On leur donnait de lacrymogènes à... Comment ça s'appelle ? À bout portant. Ça peut être très dangereux. Ces contre-projets de société... Alors, vous voyez, attendez, leur projet politique peut être antidémocratique et antirépublicain. On découvre que la démocratie et la république sont du côté de ceux qui font tout pour la détruire.
1:16:06 tous nos acquis de 45, n'est-ce pas ? De 46 et de 47, surtout. Je pense à Ambroise Croizat. Et sont en train d'être... Depuis... Ça n'a pas commencé avec Macron, mais ça s'est accéléré de manière assez effroyable avec Macron. Ça fait qu'à 140 000 lits qui ont disparu des hôpitaux entre Sarkozy et Macron en passant par Hollande. Ces contre-projets de société peuvent être communautaires, autoritaires et inégalitaires.
1:16:41 En conséquence, là, je passe à l'actualité la plus immédiate. Je découvre ça comme vous, aujourd'hui. Certaines questions et réactions d'élèves peuvent être abruptes et empreintes d'hostilité et de défiance remises en question. Vous vous rendez compte de pauvres gosses qui en classe, qui a entendu ses parents dire, mais il y en a mort, enfin, vous interdit de sortir, mais je ne sais pas, en Suède, ils se baladent. Je veux dire, il n'y a pas plus. Plus ou moins, il y en a même plutôt moins que chez nous. Je veux dire, les masques, on nous disait que ça ne sert à rien et les mêmes nous disent maintenant que si on n'a pas de masque, pas question de prendre le métro pour aller au boulot ni non plus de monter dans les autobus.
1:17:18 Il y a de plus en plus de gens qui se posent des questions. Donc, je vois bien le gamin de 12 ans en classe avec ses camarades à la cour de récréation ou levant le doigt et vous en dire, vous voyez, quelque chose dans ce sens au professeur. Il pourrait y avoir une discussion intéressante. démocratique, un débat. Ou un autre gosse dirait, mais non, tu es dans le complot. des choses de fécond. En conséquence, certaines questions et réactions d'élèves peuvent être abruptes et empreintes d'hostilité et de défiance.
1:17:48 défiance à l'égard de l'exécutif devient un délit en France. Vous savez, il y a une femme qui a été en garde à vue parce qu'elle avait mis une banderole où elle faisait un jeu de mots avec le nom de Macron et le coronavirus. Mais écoutez, moi, j'ai connu l'époque où De Gaulle était ridiculisé, vilipendé, caricaturé comme aucun chef d'État ne l'a été depuis. On n'arrêtait pas. On n'arrêtait pas les caricatures en question. Je me rappelle même de Sartre vendant la cause du peuple sur le boulevard.
1:18:20 C'était près de Bonne Nouvelle métro Bonne Nouvelle. Là, elle a crié ou l'enragé, je ne sais plus, enfin, un de ses journaux hyper gauchistes de l'époque et l'est arrêté par la police, embarqué. Et coup de fil de De Gaulle à la police laissé pisser les intellectuels. Macron, ce n'est pas ça. Macron, ce n'est pas ça. Je reprends. En conséquence, certaines questions et réactions d'élèves peuvent être abruptes et empreintes d'hostilité et de défiance, remise en question radicale de notre société et des valeurs républicaines, méfiance envers les discours scientifiques.
1:18:57 Je me rappelle quelqu'un, ça, qui a disparu, un peu des écrans, mais elle va revenir. C'est la Greta quand elle disait écouter les scientifiques. Qu'est-ce qu'elle en sait ? On fait parler les scientifiques, je veux dire, à l'époque nazie, on appelait les scientifiques pour prouver que du point de vue biologique, les Juifs étaient une race inférieure et étaient une menace. plus que jamais, nous avons besoin de bâtir une société de confiance, solidaire, porteuse.
Distanciation sociale et surveillance de l'école
1:19:28 Solidaire, pourquoi pas, moi, je n'ai rien contre la solidarité comme valeur, mais ici, si vous décodez, il faut savoir décoder. Si vous décodez, ici, ça veut dire, il ne faut pas, je ne veux pas voir qu'une seule tête. Ça veut dire, pas question qu'un élève critique et mettre en question ici, ou soupçonne l'exécutif du moindre noir dessein. Or, plus que jamais, nous aurons besoin de bâtir une société de confiance, solidaire, porteuse, et offrant aux élèves des chemins vers une socialisation positive. Bon sang !
1:19:58 Les mêmes qui ont inventé l'horrible expression de distanciation sociale. Vous vous rendez compte de cette expression ? On aurait dû dire distance physique, garder une distance physique, c'est plus court, c'est plus simple et c'est plus clair. Distance physique, on voit tout de suite. Non, distanciation, qui en plus, c'est des nuls au niveau culturel, c'est un terme qui vient de Brecht, le grand dramaturge communiste, qui recommandait aux dramaturges de son temps de ne pas faire de l'hypnose, comme souvent chez les romantiques, avec le public pour lui faire avaler un petit peu n'importe quel fantasme, mais au contraire, d'éduquer le public dans le sens de prendre une distance avec le spectacle lui-même.
1:20:43 C'est ça, la distanciation, ça n'a rien à voir avec garder une distance physique. Mais distanciation sociale, c'est tout le contraire de la socialisation auquel nous aspirons quand nous prenons un pot avec les copains au zinc du café du commerce, que je n'ai jamais critiqué sociologiquement, ni socialement, comme nous sommes entre amis, quand nous nous promenons dans la rue. J'aime me promener sur les grands boulevards, comme dit la chanson. Il y a tant et tant de choses à voir, comme chantait, Yves Montand.
1:21:13 Donc, vous voyez, certaines questions et réactions d'élèves peuvent être abruptes, s'opposent à une socialisation positive. je continue un petit peu parce que je n'en crois pas mes yeux de ce texte. Je ne vais pas vous lire entièrement, c'est quatre pages de recommandations et d'instructions pour les profs. C'est là où c'est grave. Lutter contre les replis communautaristes, troisième fois, c'est bien les cités, ce n'est pas ceux qui sont en train de planquer leurs milliards au Bahamas, qui menacent la France et l'économie.
1:21:46 Non, non. Le danger vient des pauvres mecs, qu'on laisse dealer dans les communautés parce qu'on serait bien embarrassé de les voir sans ressources et qui sera encore plus menaçant. Lutter contre les replis communautaristes qui portent atteinte aux valeurs du pacte républicain et contre toute manifestation de séparatisme. C'est grave, ces accusations, vous savez. Lutter contre la désinformation, les théories complotistes, les rumeurs et les fake... Moi, je suis le premier à mettre en garde contre les dangers de séparatisme.
1:22:20 Il y a un séparatisme encouragé par les Allemands pour que l'Alsace se redéploie vers ce qu'on appelle maintenant des partenariats régionaux. Mais ce n'est pas ce séparatisme-là qui est visé là. Du tout. Lutter contre la désinformation, les théories complotistes, les rumeurs et les fake news sur le Covid-19 utilisés à des fins mercantiles et politiques. me dit donc, accompagner les personnels en établissement face aux réactions de repli des élèves.
1:22:56 Ça veut dire vous vous rendez compte. L'école est le lieu par excellence de la transmission des idéaux républicains. Le rôle de l'école a été réaffirmé quand on se fait passer pour Louis XIV ou Jupiter. Ça fait drôle d'entendre parler républicain. Le rôle de l'école a été réaffirmé dans le plan national de prévention de la radicalisation. Prévenir pour protéger présenté par le Premier ministre le 23 février 2018. Donc, il tombe le masque. On voit bien que toutes ces mesures, n'est-ce pas, l'acte prévenir pour protéger, c'était déjà pour prévoir une mise au pas de la société, de l'ensemble de la société civile.
1:23:31 C'est en fait vous et moi. Donc, conduites à tenir, je saute un peu pour aller vite, identifier les discours, alors ça devient des consignes ou des signes de repli, prendre en compte l'intégralité du spectre des idées radicales du communautarisme, ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique. Je ne lis que la note officielle. Repérer les glissements sémantiques fréquents entre communauté et communautarisme. Oui, ils sont embêtés parce qu'ils sont obligés de faire un distinguo.
1:24:03 C'était les premiers à encourager le communautarisme quand il s'agit d'abattre un ennemi. Les pauvres Ouïghours qui luttent contre le totalitarisme chinois. Alors là, on encourage le séparatisme et l'identité et le communautarisme, communauté islamiste, comme par hasard, qui a été surarmée, je ne sais pas, par les mêmes qui ont armé les rebelles afghans pour virer les popovs, et qui ont été surarmés et qui ont égorgé à un couteau à l'arme blanche 600 personnes à la gare de Wuhan.
1:24:36 Vous n'en avez jamais parlé, mais vérifiez, ne me croyez pas sur parole. Alors là, tout d'un coup, le communautarisme et le séparatisme deviennent une valeur. Je dis ça, mais ça peut être, n'est-ce pas, quand les Croates ont voulu se séparer ou les Bosniaques de la Yougoslavie. Être attentif aux atteintes à la République qui doivent être identifiées et sanctionnées, mobiliser la vigilance de tous, les enseignants en cours, les CPE, surveillants, les assistants d'éducation dans les couloirs et la cour pour repérer les propos hors de la sphère républicaine.
Le Nietzsche de Losurdo et l'accumulation primitive chez Marx
1:25:15 Mais vous vous rendez compte, à la cour de récré, je vais écouter les discussions dans les couloirs et l'aide des gamins pour repérer les propos hors de la sphère républicaine en rupture avec les valeurs de l'école et qui s'attaquent à la cohésion sociale. Je croyais qu'il fallait justement prendre une distanciation sociale. Bon allez, je vais arrêter d'ironiser parce que c'est grave tout ce qui se passe. Voilà. Je crois qu'on peut… On a passé l'heure, non, Philippe ? Bon, donc pour une fois que je suis dans les temps, j'aimerais bien passer la parole aux questions s'il y en a.
1:25:52 Sinon, ce n'est pas la lecture qui manque. Sinon, je peux prendre ma tablette, c'est pas… Et puis… Bon, impeccable.
1:26:24 Je vais couper le… Ah d'accord. D'accord. S'il vous plaît, le livre de Losurdo Heidegger est chez Delga. Est-il la réédition Heidegger et l'idéologie de la guerre parue chez PUF ou est-ce un autre ? Merci. Eh bien, voilà des questions précises. Alors non, aucun rapport. Enfin, aucun rapport. Si, c'est le même auteur. Donc ça peut être fait aucun rapport. Et bien qu'il y ait certainement une continuité de contenu, mais la différence, elle est quantitative.
1:26:57 Le Nietzsche édité chez Delga pèse presque 2 kilos. C'est un monument, c'est la plus grande somme jamais écrite sur Nietzsche, sur un seul volume. et avec autant d'informations documentées, précises. Je veux dire, c'est le génie de Losurdo, c'est de suivre à la trace comme ça, c'est de reconstituer des chronologies. Et là, je n'ai abordé les textes de Marx que nous continuons la prochaine fois parce que nous avons du pain sur la planche avec ces textes-là.
1:27:30 Surtout qu'ils vont être de plus en plus actuels avec la crise qui se développe. Mais le point commun entre Losurdo et Marx ici, c'est que qu'est-ce que fait Marx dans tout ce paragraphe sur l'accumulation primitive dont je ne vous ai cité qu'un court extrait ? Il reconstitue la séquence historique qui va des toutes premières manufactures fin du XVIIe siècle de l'embryon de la bourgeoisie industrielle jusqu'en son temps en passant par les différentes législations sur la journée de travail par exemple.
1:28:01 Allez, si quand même c'est une manière pour moi de répondre mais je sais que ça va intéresser Naoufell qui est un fidèle follower si je peux me permettre encore ce globish mais je vais quand même citer voilà un court extrait qui aurait été idéal pour enchaîner sur le carnage qu'on avait vu chez Nerval, n'est-ce pas ? Mais là, chez Marx qui n'est plus dans l'imaginaire cette fois qui n'est plus dans le cauchemar mais qui hélas est dans la réalité n'est-ce pas ?
1:28:39 À propos de ce début comme ça de l'économie manufacturière n'est-ce pas ? Les différentes méthodes d'accumulation primitive chapitre 8 du livre 1 du capital d'accumulation primitive les différentes méthodes d'accumulation primitive que l'ère capitaliste fait éclore se partagent d'abord par ordre plus ou moins chronologique vous voyez il restitue une séquence c'est ça la vraie démonstration le Portugal c'est le 16e siècle pensez l'Empire le Brésil l'Espagne la Hollande qui pendant un certain temps a été la maîtresse des mers avant que l'Angleterre prenne la relève avec l'extraordinaire le grand amiral de Ruyter n'est-ce pas ?
1:29:19 qui a sa statue à Amsterdam le Portugal l'Espagne la Hollande la France et l'Angleterre jusqu'à ce que celles-ci les combinent toutes les méthodes d'accumulation primitive alors c'est quoi l'accumulation primitive ? Marx la résume d'une manière assez ironique et humoristique par petit épitaphe qui met juste une citation comme il aime bien faire on quitte jamais les poètes même chez Marx il cite Goethe avant l'accumulation primitive enfin pour commencer son chapitre il cite une blague racontée par le grand Goethe un enfant demande à son père d'où il vient ton capital ?
1:30:06 l'autre il dit ben de papy de mon grand-père mais grand-père d'où ça lui vient ? de ton bisaïeul et le bisaïeul d'où ça vient ? et là il répond il l'a pris l'accumulation primitive c'est quand on cesse d'hériter c'est quand on crée le capital non pas qu'on se le transmet mais qu'on le crée c'est l'histoire on quitte pas le carnage c'est ça la continuité de mon propos l'horreur donc l'Angleterre les combine toutes dans un ensemble systématique embrassant à la fois le régime colonial le crédit public la finance moderne et le système protectionniste quelques-unes de ces méthodes reposent sur l'emploi de la force brutale mais toutes sans exception exploitent le pouvoir de l'état la force concentrée et organisée de la société afin de précipiter violemment le passage de l'ordre économique féodal l'ancien régime à l'ordre économique capitaliste et d'abréger les phases de transition en effet la force est l'accoucheuse de toute vieille société en travail la force est un agent économique et il cite ici un chrétien un anglais chrétien un brave homme un homme enfin brave homme il y a des chrétiens honnêtes un homme
1:31:16 dont la ferveur chrétienne a fait tout le renom monsieur Howitt s'exprime ainsi sur la colonisation chrétienne attention c'est un chrétien qui parle des chrétiens les barbaries et les atrocités exécrables perpétrées par les races soi-disant chrétiennes dans toutes les régions du monde et contre tous les peuples qu'elles ont pu subjuguer n'ont de parallèle dans aucune autre ère de l'histoire universelle là on est ici le quaker en 1840 on devrait encore être plus critique maintenant après le troisième Reich et tout ça quand même les plus grandes convictions de l'histoire de l'humanité sont venues deux fois de la vieille Europe occidentale et chrétienne et bien non aujourd'hui c'est le contraire nous donnons des leçons au monde entier et nous allons dire au Burundi dites donc votre élection c'est pas clair et à la Russie qu'elle n'a rien à faire en Crimée alors que là un contemporain un chrétien c'est pas un bolchevik au couteau entre les dents dit les barbaries les atrocités exécrables perpétrées par les races soi-disant chrétiennes dans toutes les régions du monde déjà
1:32:26 vous croyez que ça commence aujourd'hui dans la mondialisation de l'Amérique latine à l'Asie et contre tous les peuples qu'elles ont pu subjuguer n'ont de parallèle dans aucune autre ère de l'histoire universelle chez aucune race si sauvage si grossière si impitoyable si éhontée qu'elle fût et voilà vous voyez quelle continuité dans ce que je dis tout à l'heure Heidegger citait le côté effroyable que les allemands auraient appris de la barbarie asiatique c'est-à-dire des steppes de l'Union soviétique c'est quand même extraordinaire n'est-ce pas et là un anglais contemporain de Marx on est loin du pacte du pacte germano-soviétique n'est-ce pas dit qu'on n'a pas besoin franchement d'aller chercher les Cosaques pour ça un exemple l'histoire d'administration coloniale des Hollandais je vais m'arrêter là parce que je ne veux pas revenir à la question au centre de Naoufel et la Hollande était au XVIIe siècle la nation capitaliste par excellence la Hollande pendant un court instant elle déroule un tableau de meurtre de trahison de corruption et de bassesse qui ne sera jamais égalé optimiste à l'anglais Marx reprend la parole rien de plus caractéristique que leur système d'enlèvement des naturels natives c'est une traduction des indigènes
1:33:36 de Célèbes c'est l'archipel qui appartient à l'Indonésie encore maintenant à l'effet de se procurer des esclaves pour Java parce que les usines étaient à Java ils avaient tout un personnel spécialement dressé à ce rapte d'un nouveau genre les principaux agents de ce commerce étaient le ravisseur l'interprète et le vendeur et les principaux vendeurs étaient les princes indigènes la jeunesse enlevée était enfouie dans des cachots secrets de Célèbes jusqu'à ce qu'on l'entasse sur les navires d'esclaves la seule ville de Makassar par exemple il y a encore aujourd'hui le détroit de Makassar dit un rapport officiel fourmille de prisons secrètes toutes plus horribles les unes que les autres remplies de malheureux on parle du XVIIe siècle vous voyez ce que ça devait être de malheureux victimes pardon oui victimes de l'avidité et de la tyrannie chargées de fer violemment arrachées à leur famille pour s'emparer de Malacca les Hollandais corrompirent le gouverneur portugais un type corrompu abruti sous les palmiers il l'achète facilement les Hollandais pour qu'il leur donne les clés de la ville celui-ci les fit entrer dans la ville en 1641 ils coururent aussitôt à sa maison et l'assassinèrent s'abstenant ainsi de lui payer la somme de 21 000 livres sterling
1:34:47 prix de sa trahison partout ils mettaient le pied la dévastation la dépopulation marquait leur passage et je termine là-dessus une province de Java comptait en 1750 la province de Banjuwangi comptait en 1750 plus de 80 000 habitants en 1811 il n'en avait plus que 8 000 80 000 à 8 000 on le vient zéro voilà le doux commerce dit Marx n'est-ce pas qu'il garde toujours son sang-froid et son humour bon alors vous voyez il y a des textes où Nietzsche dit qu'il faut rétablir l'esclavage que la Grèce n'aurait jamais été à la Grèce il n'avait pas eu cette sagesse n'est-ce pas de réduire d'autres peuples en esclavage je fais ici un rappel linguistique j'ai vécu la guerre froide je reviens tout le temps n'est-ce pas ce scandale d'avoir commencé par traquer la peste rouge au moment ou jamais où il aurait fallu débarrasser le monde à jamais sur les ruines fumantes du troisième Reich de la peste brune je ne vais pas trop s'étonner c'est les seules forces qui montent politiquement dans l'Europe aujourd'hui et ce que je dis est d'autant plus vrai que c'est les pays les plus riches les plus au nord, à l'Est les seules forces politiques
Nietzsche contre Siegfried et Parsifal
1:35:58 qui montent toutes les autres déclinent ou s'écroulent c'est les néo-nazis et les écologistes ne me croyez pas regardez les chiffres ça c'est pas une opinion ça se mesure là vous regardez les chiffres des dernières élections en Autriche en Hollande en Allemagne dans les pays scandinaves dans les pays baltes donc cette parenthèse elle est elle est importante pour revenir un petit peu au centre de mon propos et à à la question de Naoufel oui c'est un énorme volume dans lequel Losurdo est beaucoup plus nuancé qu'un anti-nietzschéen qu'un pro-nietzschéen pourrait le supposer vous voyez j'arrive pas à le dire n'est-ce pas pourrait le supposer bon il y a des imbéciles qui lisent Nietzsche de très loin je vais donner je reste sur je reste sur cette sur ce cas le cas de Nietzsche parce que Nietzsche Heidegger sont les deux références de cette idéologie contemporaine
1:37:08 dont je parle qui règne encore en maître sur sur les maîtres à penser regardez Foucault Deleuze Derrida Derrida prend la défense de Heidegger je vous ai pas cité c'était un dixième des horreurs qui défilent quand on lit Heidegger je vous ai pas parlé des passages où il dit que la création des Panzerdivisionen est une des plus grandes étapes de la métaphysique de l'histoire de la métaphysique et que nous avons nous allemands un devoir d'Eros à l'égard du Führer on ne trouve pas dans ces détails mais non je pense à la position par exemple de Nietzsche vis-à-vis de l'oeuvre de Wagner dont je parlais tout à l'heure son testament n'est-ce pas Parsifal donc je vous ai dit Nietzsche il a le droit esthétiquement s'insurge contre cette oeuvre qu'il trouve bien décevante après Siegfried d'ailleurs je lui laisse la parole n'est-ce pas je parle pas dans son dos peut-être même
1:38:19 la création la plus étonnante de Wagner demeurera-t-elle toujours et non pas présent seulement inaccessible étrangère inimitable pour la race latine à son déclin vous voyez cette manière de parler de l'époque la race latine à son déclin c'est le personnage de Siegfried dont je veux parler Siegfried l'homme très libre et peut-être en effet trop libre je reviens à libre j'ai vécu la guerre froide où il fallait défendre le monde libre je cite contre la barbarie totalitaire l'homme très libre et peut-être en effet trop libre trop dur trop jovial trop bien portant trop anti-catholique c'est souligné n'oubliez pas que c'est les juifs qui ont amené le christianisme dans le monde germanique trop anti-catholique pour le goût des vieux peuples civilisés affaiblis bref Siegfried c'est trop dur trop fort donc peut-être même est-il un péché contre le romantisme ce Siegfried antipathique au peuple roman je ne vais pas recommencer Nietzsche vous voyez son côté anti-romantique on voit aussi ce qui est sous-jacent ce que le romantisme mou efféminé comme il dit souvent affaibli c'est un des effets
1:39:29 ce poison que les juifs nous inoculent n'est-ce pas n'entendez-moi pas mais Wagner au jour de sa vieillesse a largement racheté ce péché ce péché d'avoir fait ce personnage déjà trop prénazie au goût de Nietzsche mais Wagner au jour de sa triste vieillesse donc quand il a écrit Parsifal son testament a largement racheté ce péché anticipant sur un goût qui est devenu plus tard une politique il s'est mis sinon à suivre du moins à prêcher avec la fougue religieuse qui lui est propre le chemin de Rome Parsifal la seule oeuvre chrétienne avec Lohengrin une oeuvre de jeunesse de Wagner pour couper court à tout équivoque j'aurai recours à quelques vers bien frappés qui trahiront même aux oreilles les moins subtiles donc vous pouvez ignorer toute la musique de Wagner ce que je veux dire ce que je reproche au Wagner des dernières années et à la musique de son Parsifal serait-ce encore allemand cela il a fait un poème pamphlet ses gémissements sourds parce qu'il y a des cérémonies religieuses dans Parsifal viendrait-il d'un cœur allemand sont-ce des corps allemands qui se macèrent ici allemand ses gestes de prêtre bénisseur
1:40:39 et cette lubricité au vague relant d'encens c'est pas faux sauf que c'est péjoratif pour lui mais ça mélange l'érotique le religieux avec une subtilité bref et cette lubricité au vague relant d'encens allemand ses brusques génuflexions ses pamoisons ses allures titubantes et ses brinqu-ballements incertains de cloches ses œillades de nonne ses tintements d'Angélus ses extases truqués dont la charge elle n'est pas light dont l'élan prétend dépasser le ciel même est-ce encore allemand tout cela réfléchissez vous n'avez pas encore franchi le seuil réfléchissez sous-entendu vous allemand vous n'avez pas encore franchi le seuil ce que vous entendez et c'est souligné c'est Rome et ça il dit ça à un peuple dans les temps forts de l'histoire allemande c'est la réforme de Luther contre Rome et c'est comme dit le dernier dans un magnifique poème et la douleur errante à Canossa quand l'empereur allemand est venu demander pardon au pape il y a eu des hauts et des bas bon bref ça voilà ce que dit Wagner il y a peut-être raison peut-être c'est peut-être c'est une musique
1:41:50 c'est une bondieuserie qui vaut rien ça Parsifal il était gâteux Wagner il a fait un truc saint-sulpicien comme on dit ce qui est pas très gentil pour Saint-Sulpice c'est pas ce qu'il y a de mieux peut-être dans l'architecture chrétienne française mais quand même mais voilà il dit voilà ce que je pense de la musique de son Parsifal c'est comme ça qu'il a introduit écoute bien Naoufel écoutez tous c'est le cas de nous on va parler musique Nietzsche n'avait pas entendu une note de la partition de Wagner quand il a écrit ceci on a toutes les dates mais il était tombé sur le texte le livret histoire il y avait de quoi faire comment il dit trop de sang et j'aime pas les femmes hystériques bon les femmes en général ça a toujours posé un problème à Nietzsche mais les femmes hystériques comme la Kundry de Parsifal c'est encore autre chose laissons cela il n'avait pas entendu une note de musique mais voilà qu'il entend la musique quelques années plus tard quelques mois avant l'effondrement et la folie à Turin quelques mois donc je parle vraiment du dernier Nietzsche je ne vais pas chercher dans sa jeunesse quand il est pro pro-vagnérien il y a longtemps il a écrit les pires choses sur Wagner que la rupture est consommée que toute l'Europe le sait or voilà
Nietzsche écoute le prélude de Parsifal
1:43:00 ce qu'il écrit lorsqu'il entend pour la première fois le prélude uniquement le prélude de Parsifal au festival de Monte Carlo il passait l'hiver dans les pays méditerranéens il avait bien raison il était là-haut à 3000 mètres d'altitude dans la haute Engadine donc voilà ce qu'il le compte-rendu de son écoute donc de Parsifal il écrit à sa soeur je viens de retrouver une notice disons que dans ma dernière lettre j'avais oublié de te dire quelques mots de la musique de Parsifal il l'a enfin entendu 1887 tu t'étonnes ben oui elle s'étonne parce que jusqu'ici il ne faisait que cracher sur Parsifal comme ce que je viens de vous lire et bien oui j'en ai entendu le prélude où ?
1:43:51 à Monte Carlo très bizarre je ne puis repenser sans bouleversement intérieur tant je me suis senti l'âme élevée et saine c'est comme si enfin pour la première fois depuis des années quelqu'un me parlait de problèmes qui me préoccupent en ne donnant naturellement pas les réponses que j'aurais toutes prêtes pour les français pour les Foucault les Deleuze les Nietzscheens la guerre froide c'est j'en ai gros sur la patate c'est pour ça je vous dis ce texte on ne vous cite jamais c'est pas un texte caché c'est une lettre à sa soeur qui prend à contre-pied tout ce qu'on fait d'ironie sur Wagner c'est comme si enfin pour la première fois depuis des années quelqu'un me parlait de problèmes qui me préoccupent en ne donnant naturellement pas les réponses que j'aurais toutes prêtes mais les réponses chrétiennes oui Nietzsche Nietzsche qui furent en fin de compte les réponses d'âme plus fortes que celles de nos derniers siècles Heidegger est vraiment une crapule jamais il aurait fait cette autocritique ce retour sur soi à vrai dire en écoutant cette musique on met son protestantisme de côté comme si c'était un malentendu alors que là
1:45:02 il dénonçait le retour à Rome mais aussi je ne songe pas à le nier certaines autres musiques fort bonnes également bizarre comme enfant je m'étais donné la mission de faire jouer le saint mystère tu te souviens de mes compositions Nietzsche était un musicien et il composait la dernière fois que nous les avions retrouvées c'était le dimanche avant qu'on parte pour Bayreuth et nous fûmes alors très surpris de constater leur profonde parenté de mes compositions à moi Nietzsche avec la musique de Parsifal ça on ne vous fera jamais ce parallèle de ces deux textes là en lecture continue donc voilà tout ça là au fait j'ai été un peu long mais parce que ça anticipe sur beaucoup d'autres questions certainement je viens de le voir tout ça c'est pour rappeler tout de même que le bouquin de Losurdo ne rate rien de tout ça encore une fois c'est Losurdo qui m'a appris que les traducteurs actuels de Nietzsche qui ont fait la traduction qui fait la référence l'italien ont caviardé la presse juive et l'ont remplacé par la presse socratique voilà que pensez-vous de Georges Steiner sur Heidegger ça fait partie de
Heidegger, l'engagement et la géopolitique actuelle
1:46:12 de Steiner je vais un peu vite là parce que je ne peux pas répéter toujours la même chose je ne comprends même pas qu'on continue à accorder de l'importance à Heidegger comme philosophe quand on sait enfin que les qui nous attire avec des choses qui ont l'air profond comme l'être l'étant le Grund le Boden le Blubo comme on disait par abréviation à l'époque nazie Blut le sang et Boden le sol oui parce que Heidegger passe son temps à reprocher aux juifs d'être un nomade alors que l'Allemagne a une complicité avec le sol avec la terre vous savez comme disait Pétain la terre ne ment pas donc voilà je ne veux pas trop perdre de temps avec ceux qui savent au fond qui connaissent ces textes et qui continuent à faire comme si Heidegger était un prophète pour les jeunes c'est une sale opération une sale besogne dans laquelle je ne veux pas participer mais ne me croyez pas sur parole lisez ces textes lisez justement le bouquin
1:47:22 de Losurdo non pas pour enteriner les thèses de Losurdo mais simplement pour les documents écrits de la main de Heidegger et vous vous ferez votre idée je crois que c'est la solution la plus démocratique et la plus équitable quand le Saint-Empire avait la volonté Raphaël Greniac pardon quand le Saint-Empire je découvre la question avait la volonté de maintenir un ensemble rationnel notre Union européenne elle semble échouer en maintenant l'austérité alors même que les velléités révolutionnaires hélas souvent anecdotiques sont matées dans le sang je m'interroge sur la reconstitution du nazisme quel espace nous reste-t-il pour la confronter bonne question la littérature est pleine de ces lignes les philosophes nous assènent la vulgate freudomarxiste que Clouscard avait débusqué on a quelqu'un qui connaît ces textes la musique est la bande-son du consommateur peut-on encore s'engager ?
1:48:18 avec votre permission Raphaël je vous pique la formule et je me permettrai de votre autorisation que je demande en public de la reproduire la musique est la bande-son du consommateur je crois que ceux qui connaissent ce que j'ai pu dire là-dessus réaliseront à quel point ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd il ne faut pas se décourager enfin je sens je sais bien que vous n'avez pas l'air à décourager mais vous semblez sombre il y a de quoi et pessimiste mais je vais être clair je parle des russes et des chinois que j'ai l'air de défendre contre les attaques dont ils sont l'objet dans le camp que vous dénoncez à juste titre je ne suis pas dans l'autre camp non plus je ne suis pas comme notre premier flic de France qui ose répondre à une femme n'est-ce pas qui lui fait remarquer qui fait une répression sauvage qui lui répond nous ne sommes pas dans le même camp madame comme si un policier de la république pouvait être dans un camp politique il a le droit à titre personnel mais pouvait officiellement justifier son action on serait clairement dans un camp politique oui donc vous avez bien raison d'être inquiet mais si j'étais en Russie
1:49:34 maintenant je vais être clair d'abord pour ne pas qu'il y ait de malentendu après et si je multipliais les si et au fur et à mesure on s'éloigne bien sûr du réel mais enfin pour la clarté du raisonnement et si la Russie n'était pas flanquée de missiles de tous les côtés de l'Asie jusqu'au pays balt en passant par la Norvège pays fondateur de l'OTAN soit dit en passant voilà après avoir été mis à genoux à l'époque de Brejnev par la guerre des étoiles qu'elle n'a pas pu suivre ni financièrement bref si la Russie n'était pas menacée si l'OTAN avait respecté son engagement à la chute du mur de Berlin qui n'a pas été l'effet des chars de l'OTAN rentrant en Union soviétique c'est l'Union soviétique qui s'est elle-même désobjetisée à la suite de quel processus dans notre dossier mais enfin c'est interne c'est pas des armées qui l'ont obligé à faire ça c'est pas comme le troisième Reich n'est-ce pas où il a fallu l'armée rouge pour en venir à bout si elle n'était pas menacée
1:50:46 s'il n'y avait pas les sanctions qui font que de redressements économiques spectaculaires qui explique la popularité de Poutine on redescend à presque au moins que zéro avec les sanctions encore que grâce ça l'a poussé très intelligemment à réorienter sa production et son commerce avec la Chine au moment où la Chine explosait et ça renforce plutôt l'Eurasie bref s'il n'y avait pas tout ça rien ne vous garantit que je serais pour le régime actuel en Russie peut-être que je serais dans l'opposition je serais même certainement plus proche du parti communiste russe que du parti Russie uni de Poutine je ne peux pas être plus clair je ne défends pas un régime moi mais l'espoir vient du fait de savoir on fait ce qu'on a et le seul recours que je vois contre la barbarie qui s'installe parce que quand même je parlais de l'Afghanistan ça fait presque deux générations pas presque plus de deux générations que l'Afghanistan est à feu et à sang tout ça parce qu'un régime celui du prince Daoud avait demandé aux soviétiques de venir l'aider
1:51:57 à mater la guérilla islamiste à laquelle les américains ont donné les fameux missiles Stinger où un gamin de 14 ans peut abattre un hélicoptère et un avion ce qu'il n'avait jamais donné à aucun pays parce qu'on vous dit après c'est des héros avec des lances-pierres contre l'armée rouge et quand ces barbus ont pris le pouvoir et que les soviétiques sont partis ceux les instituteurs qui pendant la trop courte époque de l'Afghanistan communiste avaient osé scolariser les filles je dis ça à ceux qui se gargarisent maintenant avec le féminisme bourgeois là ils avaient une occasion de se féliciter c'est les soviétiques qui ont grâce à l'aide des soviétiques un régime afghan a pu enfin envoyer les filles à l'école regardez les photos de Kaboul dans ces années-là vous voyez des filles en mini-jupes dans la rue et bien les instituteurs qui ont scolarisé les filles ont été torturées et jetées dans les fosses excréments
1:53:07 donc je ne peux pas être plus clair Raphaël pour donner non pas de l'espoir au sens creux du terme mais pour être réaliste l'acte le plus négatif que j'ai connu ma génération qui a vu l'apogée de la guerre froide et sa fin enfin sa fin de la bataille en tout cas qui consistait à opposer les forces de l'OTAN à celle du pacte de Varsovie parce que comme vous le savez comme dit une citation célèbre une bataille peut finir sans que la guerre soit terminée la preuve elle continue de plus belle par Syrie Yémen tout ça interposé toujours les mêmes qui dégustent le carnage qui a été fait à ce moment là a été permis par une tragédie c'est mon point de vue la plus grande tragédie c'est la plus grande réussite de la diplomatie atlantiste oui j'évite de dire américain
1:54:17 j'aime pas bouffer de l'américain il y a plein de gens de droite qui bouffent de l'américain atlantiste la face la face obscure de l'amérique ben on dirait qu'elle est bien placée là-bas mais enfin quand même il y a des américains admirables qui sont contre ça aussi leur plus grande réussite sous la diplomatie de monsieur Kissinger prix Nobel de la paix à Oslo en liaison avec n'est-ce pas Nixon c'est la crapule celui qui parlait de Allende en disant alors vous l'avez flingué ce bastard mais on a la bande téléphonique vous pouvez l'écouter sur le net ce salopard vous avez eu sa peau lorsqu'ils sont arrivés allez j'y arrive à découpler Pékin et Moscou à l'époque c'était les deux mecs pardon pour cette métaphore du communisme à partir du moment c'était le commencement de la fin ce qui redonne un appel d'air à la situation d'aujourd'hui et qui fait qu'il ne faut pas croire qu'il ne faut pas trop s'occidentalo-centrer
1:55:27 voir tout à travers le bout du du cap où nous sommes c'est que ça fait plusieurs années maintenant que je vois Moscou et Pékin voter la même chose à l'ONU interdire les mêmes résolutions américaines contre une intervention en Syrie contre la condamnation je ne sais quoi d'attaques chimiques qui sont données aux rebelles syriens enfin je veux dire quand même je veux dire je répète je l'ai dit tout à l'heure c'est peut-être pas si inaperçu mais je vous le dis je terminerai là-dessus ma réponse à votre question je la clôt pas elle est magnifique votre question elle est trop vaste pour que je puisse la clôt aujourd'hui mais tout de même pour ouvrir une piste c'est qu'avec la force de frappe économique de la Chine et la puissance militaire et les fameuses nouvelles armes de la Russie dont encore une fois je ne défends pas le régime mais je ne l'attaque certainement pas sur les mêmes bases qu'on le fait en Occident même sur les bases inverses il y a déjà
1:56:37 de bons résultats qui ont été atteints les tentatives qui ont échoué voilà donc à suivre bon alors on va arrêter là maintenant et voyez la matière est très riche aujourd'hui l'actualité va très vite renseignez-vous essayez de suivre ce qui se passe sur des médias spécialisés mais c'est grave ce qui est en train de se passer au niveau économique et social dans le monde capitaliste dans son ensemble le capitalisme en particulier atlantiste je reviens renseignez-vous c'est grave donc je ne peux pas épuiser aujourd'hui la riche matière de texte que nous avions j'ai à peine égratigné le corpus marxien nous continuons avec lui la prochaine fois et je vous remercie d'avoir participé à ce direct et à m'avoir posé des questions aussi passionnantes merci