Dominique Pagani lit surtout de près deux romans de Julien Gracq. Dans Au château d'Argol, le héros Albert emporte la Grande Logique de Hegel dans son manoir de Bretagne. Pagani voit en Gracq l'un des rares écrivains à faire passer l'abstraction philosophique dans la trame romanesque sans l'alourdir1. Il retient de ce roman l'interprétation hégélienne de la chute, selon laquelle la main qui blesse est aussi celle qui guérit. Il en retient aussi la gravure des souffrances d'Amfortas, où la blessure éclaire le Graal2. Il cite souvent la préface, qui reproche à Nietzsche d'avoir livré Parsifal aux chrétiens et voit dans l'œuvre de Wagner une recherche souterraine, voire infernale3. Le Rivage des Syrtes est pour lui un roman de l'attente, où tout s'arrête quand l'action commence4. Il en commente le sermon de Noël, qui dénonce le sommeil et la sécurité5, ainsi que le « qui vive » final. Il rattache enfin Gracq à la prose poétique issue de Rousseau et le compte parmi les rares auteurs qui rendent la musique par les mots6.
Synthèse établie automatiquement à partir de 35 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Louis Poirier dit Julien Gracq (nom de plume), né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) et mort le 22 décembre 2007 à Angers, est un écrivain français. Si Au château d'Argol, son premier roman, fortement influencé par le romantisme noir et par le surréalisme, a attiré l'attention d'André Breton, c'est avec Le Rivage des Syrtes et surtout le refus de son auteur de recevoir le prix Goncourt en 1951 que Julien Gracq s'est fait connaître du public. […]
1:02:34Au château d'ArgolDans sa préface, il reproche à Nietzsche d'avoir livré Parsifal aux chrétiens : l'œuvre de Wagner mène une recherche souterraine, ou plutôt infernale.
1:15:55Au château d'ArgolSon héros Albert se passionne pour Hegel. Gracq réussit à faire passer l'abstraction philosophique dans la trame romanesque ; c'est le surréaliste resté le plus fidèle au mouvement.
1:56:02Au château d'ArgolIl reprend l'interprétation hégélienne de la chute : la main qui inflige la blessure est aussi celle qui guérit.
2:20:26Le Rivage des SyrtesLe roman s'achève quand la guerre commence ; le sermon de Noël dénonce le sommeil et l'enlisement, et annonce la voix inextinguible du désir.
14:03A comparé le temple du Graal à l'architecture de Piranèse.
49:38Au château d'ArgolDans le chapitre « La Chambre », la gravure des souffrances d'Amfortas montre que la blessure éclaire le Graal et que le sauveur pâlit devant elle.
2:09:20Rappelé à propos du baiser et des lèvres de la blessure.
11:17Au château d'ArgolRare littéraire capable d'intégrer la philosophie abstraite dans un roman ; son héros incarne la finalité sans représentation de fin.