Transcription automatique (Whisper), non relue — cliquez pour aller au passage.
Retour sur Hegel à Iéna : possible, réel, nécessaire
1:00 « Chers camarades, chers abonnés, et même chers camaramis, il y en a quelques-uns comme ça, c'est moi qui ai inventé le mot, camarades, des amis, voilà, qui se reconnaîtront. » « Je ne dirai pas que je suis ravi de vous retrouver parce que vous allez me dire, tu dis ça à chaque fois. » Mais c'est de plus en plus vrai. Mais, et non, par contre, ce qui est exceptionnel ce soir, une fois n'est pas coutume, comme on dit en français, c'est que le sujet de ce soir reprend le dernier enregistrement que j'avais fait avec Adrien, qui tournait, qui est une séance de réponse aux questions pour ce qui est du genre.
1:42 Et dans les questions qu'on avait sélectionnées, la plupart revenaient un peu sur des dossiers, disons, naturalistes, écologistes, comme on voudra, puisqu'on a rappelé les problématiques qui surgissent lorsqu'on parle de dialectique de la nature. Vous voyez, je rentre tout de suite dans le vif du sujet. Et j'en avais profité pour attirer votre attention sur un passage très important, un extrait de, je rappelle le titre exact, « Une œuvre de jeunesse de Hegel », disons, la dernière partie de ses œuvres de jeunesse.
2:27 Donc, ça y est, il commence à, on voit se dessiner les articulations de son système qui ne changeront pas tellement à partir de là. La dernière période, c'est la période d'Iéna, pour ceux qui connaissent bien ses dossiers. Vous savez que là, ce n'est pas la France, l'Allemagne, ce n'est pas centralisé, tout ne se passe pas à Paris ou à Berlin. Ces jeunes gens, là, les Hegel, les Schelling, Hölderlin, ils faisaient, tantôt ils étaient à Weimar, tantôt à Nuremberg, tantôt à...
2:59 Voilà, Hegel finira à Berlin, mais là, il est à Jena, où il y avait une très grande effervescence à l'époque des romantiques allemands. D'abord parce que, du point de vue philosophique, je fais une parenthèse, si vous allez à Weimar, et je ne saurais trop vous le recommander, une de ces petites villes universitaires dans l'Allemagne, elle se crée dans une très jolie région, la Thuringe, que les Allemands appellent le cœur vert de l'Allemagne, n'est-ce pas ? Bien sûr, il faut, à trois kilomètres de Weimar, aller visiter, ne pas manquer de visiter le camp de Buchenwald.
3:36 Dans Weimar, il y a le sommet de l'humanisme allemand, avec Goethe-Schiller, à trois kilomètres, le sommet ou le fond de la barbarie. Et bien, c'est pendant cette période où il était à Weimar, je dis Weimar, je dis à Iéna, c'est à dix kilomètres l'une de l'autre, et tout ça, c'est la région de Thuringe. Et dans cette œuvre, Première philosophie de l'esprit, c'est le titre que les éditeurs ont donné à cet ouvrage, qui n'a pas paru du temps de Hegel, je m'en étais servi il y a quelques années sous le titre « Un texte de Marx écrit par Hegel ».
4:24 Je ne reviens pas tellement là-dessus, parce que je l'ai suffisamment développé dans le dernier enregistrement qu'on a fait avec Adrien, qui devrait, qui est en ligne maintenant, mais j'avais insisté sur le fait que si je ne dis pas quel est le nom de l'auteur, et que je lis des extraits de ce texte, beaucoup de gens qui connaissent bien le répertoire de Marx disent, « Mais c'est un texte de Marx, et non, c'est un texte de Hegel ». Ça, c'est une petite pierre, n'est-ce pas, que je jette dans le jardin de ceux qui tiennent tellement dans le sillage d'un Althusser, par exemple, à découpler Marx de Hegel.
5:03 Ce serait tellement plus confortable, n'est-ce pas, un Marx qui ne doit rien à la dialectique. Ne nous égarons pas pourquoi je reviens, alors que je viens de traiter, de suivre d'assez près, presque ligne par ligne, un passage où Hegel parle, entre autres, de l'argent. L'argent, la possibilité, je cite, la possibilité de toutes les choses du besoin, j'avais fait des développements, mais si j'y reviens, c'est parce que je n'ai pas eu le temps, souvent, quand je revois, je revisionne ce que nous avons enregistré, je me dis, tiens, là, j'aurais peut-être dû parler d'eux.
5:51 C'est un peu la contrepartie de l'oralité, si vous voulez, voyez. Et, or, là, je suis désolé de vous faire travailler, je ne dis pas des choses abstraites, parce que tout ça est très concret, mais je voudrais insister ce soir sur des problématiques qui, jusque-là semblaient indépendantes l'une de l'autre, et que nous allons lier ce soir. La problématique de l'argent, je vous rappelle quel est le résultat qu'on avait obtenu, et j'insiste sur le fait qu'il n'y a pas tellement de pages consacrées à ce que j'avais évoqué.
6:32 Pardon, ça paraît prétentieux, mais peut-être que j'ai tout faux, mais en tout cas, ça ne se balade pas tellement dans les études hegeliennes ou les études marxistes. À savoir que quand Hegel dit que l'argent, je répète, est la possibilité de toutes les choses du besoin, j'avais énormément insisté sur le possible, en l'opposant au réel. Ceux qui font des études de philo savent qu'il y a des passages célèbres, où Kant parle de 100 Thalers, 100 dollars.
7:03 Vous savez que dollars, ça vient de Thalers, de la monnaie autrichienne. Vous prononcez Thaler à l'anglo-saxonne et vous avez dollars. Oui, bref, 100 dollars, 100 francs, peu importe. que je les ai en poche, qui sont de manière réelle, dit Kant ou que ce soit 100 dollars possibles. Je ne sais pas, c'est la même définition de 100 dollars, mais ce n'est pas tout à fait le même enjeu. Mais là, ce n'est pas pour dire ça. C'est pour opposer possible à réel, et la troisième étape étant nécessaire.
7:34 Je rappelle les trois postulats de la modalité, comme on dit, le possible, le réel, le nécessaire. Voilà. Le plus faible étant le possible, en termes de connaissances. Voilà. Un énoncé peut prétendre être scientifique quand il est au moins possible. Par exemple, quand il n'enferme pas de contradictions. C'est comme ça qu'on définit le possible, en termes de logique générale.
8:07 Si je dis, si A égale B, alors B égale A. Voilà. Il n'y a pas de contradictions. Par contre, je n'ai toujours pas de réel possible, potens en latin, ou bien pouvoir. tous ces mots-là viennent un peu de la même racine. N'est-ce pas ? Les physiciens savent très bien ce que c'est qu'une différence de potentiel, par exemple. Je disais potens, le pouvoir, la puissance en latin.
8:40 La différence de potentiel. Ben oui, il y a de l'eau à 800 mètres, il y a une centrale hydroélectrique en bas à 200 mètres, il y a une turbine vertigineuse qui descend comme ça, n'est-ce pas ? Et l'énergie va venir de la différence de potentiel, n'est-ce pas ? grâce à la chute d'eau qui vient mettre en mouvement, n'est-ce pas ? Les rotors, les pales, les transformer après l'énergie mécanique en énergie électrique, ce n'est pas notre sujet.
9:12 Mais, vous voyez, le potentiel, c'est ce qui était possible, tant que l'eau reste en haut, n'est-ce pas ? Il y a un potentiel d'énergie mécanique, il faut qu'elle tombe de manière réelle. Et la science a besoin d'abord qu'un énoncé soit, corresponde à quelque chose de possible, c'est-à-dire, je répète, n'enferme pas de contradictions, mais c'est le minimum. Après, il faut que cette cohérence logique, cohérence dit en un mot, la non-contradiction, à cette cohérence logique corresponde quelque chose de réel.
9:50 Si Pierre est le frère de Paul, alors Paul est le frère de Pierre. Et enfin, troisième étape, la science a besoin de lois, de choses rigoureuses. Troisième étape, le nécessaire, le possible, le réel, le nécessaire. Pardon pour ces révisions un peu abstraites. Mais, vous voyez, ce sont ces trois étapes qui permettent d'arriver à ce qu'il y a de plus nécessaire, c'est la loi, la loi physique. Tous les corps s'attirent en fonction directe de leur masse et en fonction inverse du carré de leur distance.
10:21 Ce n'est pas long à écrire ça. Ce n'est pas long. Mais quand Newton écrit ça, pour la première fois, l'esprit humain s'approprie la quasi-totalité du mouvement de l'univers, y compris dans des galaxies où l'homme n'ira jamais. Ou même à la vitesse de la lumière, il faudrait des millions d'années pour y arriver. Vous vous rendez compte quelle puissance, n'est-ce pas, de l'esprit humain. Une petite phrase. Tous les corps s'attirent en fonction directe de leur masse. En gros, la plus grosse masse attire la plus petite.
10:53 Et en fonction inverse du carré de leur distance. Plus c'est éloigné, moins l'attraction se fait sentir. Et voilà comment on met en relation des choses qu'on n'avait jamais mises en relation. Le mouvement des marées. Parce que les mouvements de la Lune, comme ça, exercent une attraction sur la partie la plus proche de la Lune, c'est-à-dire la surface des océans. Et ainsi de suite. Vous voyez ? Là, on arrive au nécessaire, à la loi. Mais là, je reviens au possible. C'est le premier degré, quoi.
L'argent et l'ivresse de l'indéterminé
11:23 N'est-ce pas ? Eh bien, l'argent, dit Hegel, est la possibilité de toutes les choses du besoin. Ça va me dire, tu nous bassines, ça fait 500 fois que tu le répètes. Mais oui, parce que... Il faut vous habituer à prendre les mots à la lettre. Vous voyez ? Ça veut dire... La possibilité des choses du besoin. C'est-à-dire... Je viens d'être payé. Vous avez tous connu ce moment-là. Vous le connaîtrez, j'espère encore. Je viens d'avoir ma paie.
11:53 Je commençais à compter les jours. Parce qu'en fin de mois, à moins d'être plein aux as, comme on dit en bon français, les fins de mois, c'est parfois difficile. Là, je viens d'être payé, donc je vais au distributeur de billets. J'ai de l'argent en poche. J'en ai pris une bonne partie. Mais je ne vais pas encore déterminer ce que je vais en faire. Il n'y a rien de réel comme valeur d'usage qui correspond à cet argent. Sur un billet de 5, 10, 50, 100, 1000 euros, je ne crois pas que ça existe, mais c'est en pièces, je ne sais rien, le billet ne vous indique pas.
12:36 Avec ça, tu vas aller offrir des fleurs à Valentine. Ou tu vas enfin aller voir les îles Aléoutiennes. Ce n'est pas la Polynésie, elles sont glaciales, les îles Aléoutiennes. Vous voyez, donc, la possibilité, je le répète, des choses du besoin, mais ce n'est pas déterminé. et donc, j'ai une espèce d'euphorie que nous connaissons tous quand on vient d'avoir la paie. Parce que quand je passe à un besoin réel, et donc, je l'effectue, ça cesse d'être un besoin, je le réalise.
13:13 Par exemple, j'ai soif, je prends un verre d'eau. Voilà, quand je bois le verre d'eau, j'ai satisfait d'une manière réelle, non pas possible, au besoin, au besoin qui s'appelle la soif. Vous voyez ? Mais quand je ne l'ai pas encore, quand c'est indéterminé et l'argent c'est ça, ce n'est que la possibilité de faire tout ça, j'ai eu une ivresse parce que je ne peux pas encore être déçu par ce que je fais de mon argent.
13:51 Vous savez, des études ont été faites sur ceux qui ont gagné des fortunes colossales à la loterie au gros lot et on constate qu'ils ont tous assez mal fini. Les gens ne sont pas préparés. Quand vous êtes au SMIC et qu'il vous tombe, je ne sais pas, combien de millions d'euros, c'est pas... Voilà, quoi. Vous posez la question, qu'est-ce que tu faisais si tu gagnais tout d'un coup 50 millions d'euros ? Les hommes vont dire j'achète une maison à ma mère, à ma soeur, à ma femme, j'en sais rien. J'aurais peut-être dû commencer par ma femme. C'est un jeu impersonnel.
14:22 Et voilà où j'envoie un tiers au secours populaire. Ça, c'est des bons militants. Bon, écoutez, vous voyez, tous les possibles, vous comprenez ce que veut dire possible ? Aucun de ceux-là n'est pour l'instant déterminé dans les bifetons. Vous voyez ? Ça, je n'insiste pas trop parce qu'on l'a vu la dernière fois. Ça donne un peu un vertige, une ivresse. Ça ne dure pas longtemps.
14:52 Mais, et cette ivresse vient du fait, encore une fois, que je ne suis pas confronté entre ce qui a un peu d'imaginaire dans mon désir, dans mes aspirations, et la dureté ou les déceptions qu'il peut y avoir dans sa réalisation. Est-ce que j'ai besoin de faire un dessin ? N'est-ce pas ? Regardez quand un couple se sépare.
15:23 Il y a une cérémonie qui était classique à l'époque où ce n'était pas des SMS ou des mails, c'était des lettres. Il y a l'échange des lettres. Tiens, je te rends tes lettres et tu me rends les miennes. C'était comme ça, quand un couple se sépare. Ça veut dire que tu n'es plus le ou la destinataire, n'est-ce pas, de ce que j'ai écrit. Tu ne mérites pas que je dise que je t'aimerais toute ma vie, que tu es la plus belle, etc. Finalement, tu es une pétasse. Il ne faut pas dire que c'est une manière de parler. Mais c'est quelqu'un qui est grossier parce qu'il est déçu.
15:54 Ou quelqu'une, je veux dire, après tout, tu es un connard. Voilà, alors qu'elle avait dit, je l'ai entendu ça une fois, quelqu'un qui disait il ne faut pas qu'on prenne l'avion ensemble parce que ce n'est pas bien. Les familles, si l'avion se scratche, tous les membres d'une famille qui meurent. Et excusez-moi, je vous parle de ma vie, c'est assez rare, mais la nana m'avait dit on s'en fout de la vie, moi c'est toi que j'aime. Donc on n'a qu'à prendre le même avion. Vous voyez, l'idéalisme. Elle a fini par me planter, elle a raison.
16:25 Elle avait sa vie devant elle. Et moi, je commençais à l'avoir derrière moi. Donc, il n'y a pas tous ces problèmes de heurts avec le réel tant que l'argent reste, l'argent qui n'est pas encore, il n'a pas encore servi à acheter l'objet d'un besoin ou d'un désir, pour l'instant, je ne le distingue pas, ou déterminé. Et quand ce n'est pas déterminé, quand c'est indéterminé, il y a un côté remplacez indéterminé par un synonyme Ça y est, vous l'avez trouvé, indéterminé égale infini.
17:00 Je comprends qu'il y a une ivresse. Vous voyez, que l'argent rend fou. Alors, évidemment, celui qui a une richesse colossale ne se préoccupe pas de savoir ce qu'il va faire avec, parce qu'il peut faire et ceci, et cela, tandis que nous, la plupart, n'est-ce pas, d'entre nous, doit choisir un petit peu après, sélectionner ce qu'il va faire avec tout ça. Mais aujourd'hui, ce que je veux vous montrer, je voudrais partir de là où j'avais, où nous avions abouti, c'est que, quand j'ai de l'argent, je peux renvoyer à plus tard, ce que j'appelais l'autre jour, la connaissance de soi, qui est quand même le principal impératif de la philosophie depuis sa fondation.
Socrate, l'oracle de Delphes et la connaissance de soi
17:51 On ne s'attendait pas à ça, à ce que partir de l'argent et de la société civile et des échanges, on en arrive à Socrate, à la fondation de la philosophie. Mais oui ! Vous lisez l'apologie de Socrate de Platon, où Platon fait dire à Socrate, n'est-ce pas, comment il est arrivé à la philosophie. Socrate répond sur un passage archi-célèbre, n'est-ce pas ? Il était venu consulter l'oracle, vous savez, les Grecs, quand ils ont des problèmes, ils viennent consulter l'oracle.
18:24 À Delphes, l'endroit le plus sacré, le nombril du monde, disaient les Grecs. Le dernier dira, 25 siècles plus tard, que Francfort est le nombril du monde. C'est là où il y a la Banque Centrale Européenne. Ça ne vante pas tout ça. Donc, on allait consulter l'oracle et Socrate, et l'oracle avait dit à Socrate, Socrate, tu es l'homme le plus sage d'Athènes. Sage, vous savez, il y a deux sens, sage, savant, quand on dit c'est un homme d'une grande sagesse, il connaît les plantes, les champignons, les animaux.
18:55 Il y a savoir dans sagesse, et tout ça est un peu indistinct à l'origine. Tout ça est dans le mot sage en français, wise en anglais, weise en allemand. Vous voyez, tout ça, il y a les deux dedans, puisque weise va donner Wissenschaft, la science. Vous voyez, le savoir pur cette fois, aussi bien que la sagesse. Donc, Socrate, tu l'homme le plus sage d'Athènes. Socrate dit, mais j'étais étonné, moi j'avais l'impression que je ne comprenais pas pourquoi il me semblait qu'il y avait des gens beaucoup plus compétents que moi.
19:30 Par exemple, un général de l'armée athénienne, il connaît, enfin un chef, il connaît, il connaît mieux que moi l'art de la guerre. Un grand peintre comme Zeuxis, un grand sculpteur comme Praxitèle connaît beaucoup mieux l'esthétique, le beau, ce que c'est que le beau que moi, un vaillant soldat va savoir ce que c'est que le courage. Moi, je ne sais pas bien tout ça. Et donc, je me suis mis à poser des questions, à interroger. Je rappelle les passages les plus connus, donc je vais vite.
20:02 J'ai demandé à un artiste, à un grand peintre, qu'est-ce que c'est que le beau ? Le beau, c'est le Parthénon. Il dit, pourquoi un coucher de soleil, ça ne peut pas être beau ? Ah si, ça n'a aucun rapport avec le Parthénon. C'est vrai, c'est embêtant. Socrate, on a fini par flinguer à cause de ça. C'est embêtant, ces questions. Le mec, il croit savoir, évidemment. Et Alcibiade, il n'est pas beau, c'était en effet, comment on dit, un joli jeune homme d'Athènes, n'est-ce pas, qui a essayé de séduire Socrate et qui n'y est jamais arrivé.
20:35 C'est raconté dans le banquet, je ne vous raconte pas des blagues. Et moi, le jeune homme le plus beau d'Athènes, je voulais séduire l'homme le plus sage d'Athènes et ça n'a pas marché. Donc, oui, comment des choses qui pour l'œil sont aussi différentes qu'un coucher de soleil, qu'une actrice cinéma, qu'un beau poème, etc. Comment tout ça peut avoir le même nom ?
21:05 Et donc, je me suis aperçu que l'artiste ne savait pas ce que c'est que le beau. Il le produit, mais il ne sait pas ce que c'est, il ne sait pas le définir. Pareil pour le courage, pareil pour la vertu. Et donc, je commençais à comprendre ce que voulait dire l'oracle, bon sang. C'est que moi, je sais que je ne sais rien. Les autres ne savent rien, mais ils ne savent même pas qu'ils ne savent rien. Ici, c'est savoir au sens fort. Ça veut dire que tu ne peux pas me donner une définition univoque du beau, par exemple, ou du bonheur.
21:39 Donc, les autres ne savent pas qu'ils ne savent rien. Donc, finalement, c'est moi l'homme qui en sait le plus parce qu'au moins, je sais que je ne sais rien. Bon, voilà. Mais, qu'est-ce qui avait marqué à l'entrée du temple ? Ça, c'est plus que... C'est la parole permanente de l'oracle. C'était écrit sur le fronton du temple. Ça veut dire que quelle que soit la raison pour laquelle vous venez consulter l'oracle, il ne faut jamais oublier son impératif premier, son impératif pythique.
22:11 Parce que c'est là que la Pythie à Delphes faisait ses prophéties et que l'oracle vient du fait que le lieu est sacré parce qu'il y avait un serpent, un python, qui est à l'origine du sanctuaire. Mais les sens-là, qu'est-ce qui avait marqué ? Gnôthi seauton connais-toi, toi-même. Et qu'est-ce qu'on vient de voir ? Qu'avec l'argent, je peux renvoyer à plus tard le fait de savoir ce que je veux. C'est clair maintenant, c'est un peu plus clair. Savoir s'il vaut mieux que je m'achète pour 5000 euros de chewing-gum à un centime, on ne sait jamais, ça peut arriver.
22:49 Ou bien si je dois prendre des billets pour l'autre bout du monde avec la personne que j'aime et ainsi de suite. je ne suis pas obligé de savoir ce qui fonde de mon désir, ce qui est la vérité de ma personne. Car l'argent me permet d'essayer des tas de choses. Auparavant, ah merde, ce n'était pas ça qui me convenait. En attendant, j'en ai profité. On en était là. Le bilan philosophique de l'argent, n'est-ce pas ?
Le néopositivisme, idéologie dominante
23:19 C'est que grâce à lui, je peux rester dans la négation de moi-même. de mes profondeurs. Et là, et ça, je n'avais pas eu le temps de le dire la dernière fois et c'est ce que je voudrais apporter ce soir, ça me rappelle curieusement un autre procès, procès au sens théorique, ce n'est pas un procès au sens pénal, je suis condamné, mais je veux dire une critique que j'avais faite de l'idéologie dominante.
23:49 Vous demandez à beaucoup de gens qui se réclament du Marxisme, vous leur demandez quelle est l'idéologie dominante, la principale, ils disent toujours l'idéalisme. Et vous savez que je ne suis pas d'accord. Bien sûr, Marx, le jeune Marx, surtout d'ailleurs, combat l'idéalisme. D'accord ? Il est beaucoup plus nuancé, n'est-ce pas, vers la fin de sa vie, surtout quand il fait cette fameuse mise en garde à la deuxième édition du Capital, n'est-ce pas, où il est défini comme, avec une clarté qui n'avait jamais eu le rapport qu'il a à Hegel, n'est-ce pas.
24:24 Et quant à Lénine, vous savez que dans un passage célèbre, qui est l'aboutissement de sa lecture de la grande logique de Hegel, donc du philosophe qu'on classe dans l'idéalisme absolu, excusez du peu, ce n'est pas l'idéalisme subjectif, Kant, Fichte, ce n'est pas l'idéalisme objectif, Schelling, je passe vite, renseignez-vous, tout ça est dans les Wikipédia et dans les ChatGPT, ce que vous voulez.
24:54 Non, mais l'idéalisme absolu hégélien, c'est comme ça qu'on le classe, vous voyez, donc ça devrait être ce qu'il y a de pire pour un marxiste et Lénine arrive au dernier chapitre de la grande logique et qui a pour titre l'idée absolue, ça sent plus le bon Dieu, dites donc, des choses comme ça que les forces productives et les rapports de production, et qu'est-ce que dit Lénine, ce passage est archi remarquable, je cite mot pour mot, enfin en français, dans la traduction, aphorisme 50 ans après Marx, personne ne comprend Marx, il n'a pas lu toute la logique de Hegel, donc pas un marxiste un demi-siècle après lui, tout ça, c'est dans le même passage, et surtout Lénine dit, ce passage est le plus idéaliste et en même temps le plus matérialiste de Hegel, voilà, je ne m'attarde pas, je l'ai souvent dit, ce n'est pas mon sujet, ce soir, donc pour l'instant, je vous rappelle que ce n'est pas l'idéalisme l'ennemi absolu idéologique, actuellement, parce que ça dépend des époques, à une époque, c'était la religion apostolique, la religion romaine, plus tard protestante, peu importe, l'islam, ce que vous voulez, ou le culte du pharaon,
26:05 qui était l'idéologie dominante, moi je dis que l'idéologie dominante, maintenant, c'est ce qu'on peut appeler le néo-positivisme, vous savez, la petite suédoise, comment elle s'appelle, Greta, je vais dire Greta Garbo, mon Dieu, non, la petite Greta Thunberg, je crois, voilà, vous savez, quand elle dit, du haut de ses 14 ans, c'est merveilleux d'avoir 14 ans, je ne dis pas ça pour la rabaisser, mais enfin, ce n'est pas l'âge où on a le, où on a l'équivalent d'un prix Nobel de physique, elle dit, écoutez les scientifiques, qu'est-ce qu'elle y connaît ?
26:45 Moi non plus, je n'y connais pas grand chose, moi, aux équations qui régissent, n'est-ce pas, le mouvement, le spin de l'électron, comme on dit, mais, qu'est-ce qu'elle en sait ? Mais, vous voyez, il y a un culte de la science sans la connaître, vous ne m'entendrez jamais dire un mot contre le contenu des sciences dures, mais il y a un discours qui évoque les sciences dures et qui n'a rien de scientifique, c'est ça que j'appelle le néopositivisme, et que je situe et que je définis maintenant un peu plus clairement, c'est vouloir réduire tout ce qui est proprement scientifique, et ça, il faut qu'il est scientifique, donc je suis pour, mais qui voudrait le réduire uniquement à la connaissance des objets qui sont à l'extérieur de nous, à l'opposé du connais-toi toi-même, vous voyez comme ça commence à être ordonné, tout ça, que l'astrophysique s'occupe des galaxies, moi, je n'ai rien à, au contraire, je suis passionné, le peu que j'arrive à en comprendre, je trouve ça passionné, j'ai envie de savoir la suite, est-ce que ça commence tout avec le Big Bang,
27:55 ou qu'est-ce qu'il y avait avant, je n'en sais rien, voilà, quelles sont les lois qui régissent l'hérédité, en biologie, je change de discipline scientifiques, n'est-ce pas, pourquoi les gaz sont compressibles, et pas les liquides, les sont là, par contre, tout ça, c'est la connaissance de choses qui sont extérieures, extérieures, qui ne sont pas propres à l'homme, qui sont extérieures à lui, alors, si je viens consulter l'oracle, en disant, dis-moi, est-ce que l'univers est sphérique, cylindrique, ou plat, qu'est-ce qu'il me répond, connais-toi, toi-même, qu'est-ce que tu vas chercher, je fais des rappels, vous savez comment on appelait les penseurs avant Socrate, je ne dis pas les philosophes, puisque la philosophie commençant avec Socrate, ce serait contradictoire, mais enfin, qui ont été très importants pour la philosophie, c'est pour ça que ce sont de grands penseurs, sinon des philosophes, mais on ne les appelait pas philosophes à l'époque,
29:05 vous savez comment on les appelait, les Thalès, les Anaximandres, les Anaximènes, Anaximène mettait à l'origine de tout l'air, Anaximandre mettait à l'origine de tout l'indéterminé, justement l'indéfini, Démocrite, vous savez, une audace fantastique pour l'époque, disait que rien n'existe que l'atome et le vide, et tout le reste est commentaire, ça veut dire les excréments, l'or, l'amour, tout ça c'est des combinaisons d'atomes, il fallait le faire quand même à l'époque, puis après plus tard Pythagore, tout est nombre, vous savez comment on les appelait, les physiciens, vous voyez pourquoi je dis la connaissance du monde extérieur, parce qu'ils avaient tous écrit un livre qu'on a perdu, on n'a rien d'eux, on a des fragments, chez Aristote qu'on en a le plus des fois, on a une page et demie, c'est énorme, je dis ça pour me moquer un peu de ceux qui sont dans le sillage de Heidegger, qui ne jurent que par Parménide, par Héraclite, on a quelques énoncés, énormes, intéressants, fondamentaux, mais enfin je veux dire, ça ne fait pas un livre, c'est des fragments à qui on peut faire dire n'importe quoi,
30:15 je pousse le bouchon un peu loin, mais c'est un peu comme on interprète les aphorismes de Nostradamus, on les appelait les physiciens, et quand à Socrate on a dit, je ne m'embrouille pas, regardez bien la cohérence, Socrate a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre, et oui, mais c'est au sens propre, ne cherchez pas, ce n'est pas des formules ronflantes, avant Socrate, on voulait savoir quelle est la cause de l'arc-en-ciel, on était dans le ciel, est-ce que les étoiles qu'on voit là, c'est des trous dans une passoire, parce qu'il y a une grande lumière à l'extérieur de la coupole qui nous enferme, on pensait ça à une certaine époque, ou est-ce que la lune le serait ?
31:05 On avait le nez tourné vers le ciel, puis ça, ça ne date pas de la Grèce, ça vient des pays de désert, si un jour vous êtes en centre du désert à la nuit, regardez, vous voyez que le coup d'œil, ça vaut le coup, ça fourmille d'étoiles avec une netteté, et ce n'est pas un hasard si les premières théories proto-scientifiques, astronomiques sur le ciel, viennent de l'Orient, et des pays de désert, je reviens à mon histoire, Socrate a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre, ça veut dire que lui, il a cessé de se demander si la terre était un cylindre, une sphère ou un truc plat, et lui s'est intéressé à comment il faut que j'élève mon enfant, qu'est-ce que la vertu, comment faire que la cité soit juste, il a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre, connais-toi toi-même, l'oracle retourne la question qu'on vient lui poser dans la gorge du questionneur que nous sommes, et bien le néopositivisme rompt avec cette tradition, ce n'est pas philosophique,
Le déni du sujet : le projecteur et Œdipe
32:16 il voudrait que la rigueur ne soit consacrée qu'à l'extérieur de nous, il y a une négation, en termes freudiens je dirais, un refoulement, vous me sentez venir, en termes négativité, un déni, à l'égard de ce qu'on appelle en philosophie, le sujet, le contraire de l'objet, et oui, un projecteur, il éclaire dans mon jardin, tout le moindre caillou, le truc, plus il est puissant, plus il éclaire le moindre brin, et là c'est le projecteur lui-même dont il est question, à moins d'avoir un miroir, le projecteur ne s'éclaire pas lui-même, n'est-ce pas ?
32:57 En tout cas, il faut arrêter de fourrager dans le monde extérieur, pour comprendre le moi, et le plus bel exemple de ça, c'est la tragédie du plus malheureux des Grecs, n'est-ce pas ? La tragédie d'Oedipe, vous savez ? Aucun auteur de roman policier n'a jamais mis au point une intrigue aussi incroyable, aussi surprenante, un suspense aussi réussi, que celui d'Oedipe Roi, la pièce la plus célèbre de Sophocle avec Antigone, Oedipe étant le père d'Antigone, à savoir que c'est le coupable qui mène l'enquête d'un bout à l'autre, et qui ne sait même pas qu'il est coupable, même dans Agatha Christie, vous ne trouvez pas ça, et Ellery Queen, je n'en sais rien, les grands auteurs de romans policiers, vous ne trouvez pas ça, or qu'est-ce qu'il fait une fois qu'il connaît enfin la vérité, Oedipe, à savoir que c'est lui le coupable, c'est lui qui a tué Laïos, sans savoir que c'était son père, dit-on, qu'est-ce qu'il fait,
34:08 vous savez tous, un petit peu de culture, il s'arrache les yeux, c'est profond la tragédie, rien n'est laissé au hasard, à quoi ils m'ont servi les yeux, les yeux ils servent à voir ce qui est à l'extérieur, ils sont très utiles, attention, vous prenez de la forêt, ou un fauve qui guette une proie, les yeux ça compte, sinon il ne mange pas, bien sûr, mais les yeux ça sert pour le monde extérieur, voyez, la cohérence du propos qu'on tient ce soir, mais les yeux ce n'est pas fait pour se connaître soi-même, là il faut une chose, il faut la réflexion, si on veut rester dans les métaphores optiques, c'est la fois mettre un miroir tout d'un coup devant, donc, qu'est-ce qu'il y a de commun entre le néo-positivisme et l'argent, alors on ne s'y attendait pas à ça, n'est-ce pas, c'est que les deux, nous donnent une occasion, de nous ignorer nous-mêmes, renforcent la tendance que nous avons, à ne pas nous regarder de trop près,
35:19 et je vais jusqu'à penser, et je rassemble beaucoup de choses, sur lesquelles je m'attarde souvent, mais que je ne mets pas en relation les unes avec les autres, là je les mets en relation, vous savez, vous connaissez mes dada, quand je fais la critique, non pas de l'écologie, plutôt de l'écologisme, c'est-à-dire de ce qu'il y a de naturalisme dans l'écologie, ce qui est très différent, l'écologie c'est l'environnement, moi ce n'est pas ma spécialité, je ne suis pas glaciologue, tout ça je respecte, il y a des dangers, il faut prendre ça au sérieux, il faut s'en occuper, mais par contre, dire que l'homme c'est abominable, et que la nature c'est trop bien fait, ça n'a rien à voir avec la science, ça s'appelle de la religion et de l'écologisme, oui, l'homme est tellement mal fait, n'est-ce pas, que Dieu lui a envoyé le déluge, n'est-ce pas, pour le noyer, puis après, dans Sodome et Gomorrhe, il a envoyé le feu, vous voyez, ou la confusion des langues dans la tour de Babel, pour que les hommes s'entretuent, parce qu'ils ne se comprennent plus, il y a longtemps qu'on diabolise l'homme, c'est religieux, ça n'a rien de scientifique, par contre, je n'ai pas dit que l'homme c'était non plus la perfection,
36:31 mais l'homme il est comme le langage, la langue, dont Ésope, le grand fabuliste de l'Antiquité, qui inspirait beaucoup de Fables de La Fontaine, disait que la langue, et donc l'homme, est la meilleure et la pire des choses, voilà quelqu'un qui est profond, oui, avec la langue on peut calomnier, envoyer, n'est-ce pas, à la mort des choses, des êtres innocents, mais par la parole je peux aussi éduquer, sauver, gracier, ego te absolvo, in nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti, c'est comme ça que se terminent, n'est-ce pas, les sacrements dans l'Église catholique, pour rendre compte de la force du prêtre, ego te absolvo, je t'absous de tous tes péchés, la parole ça sert à tout ça, voilà, alors il ne s'agit ni de diviniser, ni de diaboliser l'homme, comme dit admirablement Spinoza, il ne s'agit ni de rire, ni de pleurer, il s'agit de comprendre, et quand on a compris, que ça fasse rire ou pleurer, c'est l'affaire de chacun,
37:41 c'est autre chose, donc là j'y reviens, n'est-ce pas, on ne s'attendait pas, est-ce qu'il y a un point commun, entre l'argent, et le néopositivisme, qui est l'idéologie dominante du monde, quand même il y a un lien, du monde capitaliste, oui je ne dis pas occidental, vous savez, moi j'aime bien les mots, qui désignent des choses réelles, et depuis que la terre est ronde, l'ouest il est partout où vous voulez, donc ça ne définit rien de bien précis, ou alors, sans habituer le courant, moi je suis un occidental aussi, donc là je ne le critique pas, non non, là on critique la politique, n'est-ce pas, des dirigeants, de ce qu'on appelle l'Occident, et donc je préfère dire l'impérialisme atlantiste, pour dire des choses précises, vous voyez, mais alors, il y a quand même un point commun, c'est que ce n'est pas un hasard, il nous apparaît ce soir, que ce n'est pas un hasard, c'est le néopositivisme, ce qu'on appelait au 19ème siècle, pour le critiquer, le scientisme, ce n'est pas la science, les vrais savants ne sont pas des scientistes,
38:56 un rapport avec l'argent, dans les deux cas, je dois faire abstraction, du sujet, de celui qui est derrière, tout ce qui est désir, besoin, finalité, but, organisation, et ce n'est pas rien, tout ce qui est sens, voilà, ce sur quoi je voulais insister ce soir, et j'en profite pour dire, que tout ça nous est venu, d'un texte, Hegel, pour la première fois, enfin, pour la première fois, un philosophe, il avait lu les premières ébauches de l'économie politique, qui commençaient à être publiées en Angleterre, avec les travaux en particulier, il avait, malheureusement, on a perdu son commentaire des principes d'économie de Steuart, et, donc, vous voyez, avant Marx, il avait compris qu'il y avait une des clés des énigmes que se pose la philosophie dès ses origines, était à chercher dans la praxis de l'homme, n'est-ce pas, dans sa pratique, dans sa création de valeur, on dirait plus tard, n'est-ce pas,
Famille, société civile, État
40:07 et, or, Hegel, dans sa philosophie politique, distingue trois étapes, je vais y revenir maintenant, et vous allez voir que c'est une manière de continuer à parler de ce cadre commun, au néopositivisme, et à l'argent, je vous donne ces trois étapes, la famille, la société civile, l'État, toute société doit passer par ces trois étapes, je ne sais pas, alors, je le prends d'abord d'une manière linéaire, voir après que, ce n'est pas si simple, mais enfin, pour mieux comprendre, au départ, ne compliquons pas, la plus ancienne, la famille, tout enfant qui apparaît, apparaît à l'intérieur, n'est-ce pas, d'un collectif, d'un embryon de collectif, qui s'appelle la famille, que cette famille soit unie ou pas, n'a pas d'importance, l'enfant, il y a un père déterminé, une mère déterminée, ce père et cette mère ont des cousins, des frères, des oncles, voilà, la famille, c'est sympa, la famille, mais enfin, je veux dire,
41:17 une société, ce qu'on appelle les sociétés primitives, terme odieux, parce qu'une société peut être primitive au niveau technique, c'est le cas, je ne sais pas, des pygmées par exemple, de technologique en tout cas, mais être supérieur parfois à nous, en termes esthétiques ou morales, donc, je te dis un petit conseil d'amis, ces peuples-là, quand vous voulez les désigner par un terme global, vous dites, les sociétés sans écriture, c'est ce qu'il est convenu d'appeler dans les sciences humaines, quand on ne veut pas faire de jugement de valeur primitif, ça veut dire un peu, moi je suis supérieur, non, voilà, quand on regarde de près, les sociétés primitives, la famille est plus importante, que d'une société moderne, qu'est-ce qui fait, n'est-ce pas, une migration de la province vers Paris, pendant tout le XIXe siècle en particulier, bien sûr, c'est avant tout l'emploi, il n'y a plus d'emplois, mais pas seulement, il y a le fait qu'une jeune femme, une jeune bretonne, dans son village, elle ne peut pas aller faire un bisou à un copain le soir, sans que les rideaux se tirent sur les fenêtres, qui c'est celle-là, qui c'est celui-là, elle se sent plus libre,
42:28 dans l'anonymat de la grande ville, c'est de ça que je voudrais parler, la société civile bourgeoise, le monde moderne, apparu à la faveur de la révolution industrielle, et qui font, pour parler en termes scientifiques et mesurables, les sociétés, ou la quantité de gens qui sont à la ville, est plus importante, alors en Angleterre, n'en parlons pas, par exemple, ça a été la première, n'est-ce pas, qui a connu la révolution industrielle, et quand je faisais mes études, il n'y avait déjà plus que 3% de la population anglaise occupée à l'agriculture, je ne sais pas si vous voyez, il y en avait beaucoup plus en Russie à l'époque, en France, une grande société rurale, mais même en France, ça s'est considérablement réduit, mécanisation, c'est un autre sujet, où je veux revenir, que je veux parler, de la société civile bourgeoise, pour la mettre en rapport, avec ce qu'on vient de dire, et de l'argent, et du néopositivisme, dans les deux cas, on a vu qu'il y avait, une répression du sujet, je ne veux rien savoir du sujet, or, si vous regardez bien, dans la triade hégélien,
L'ambiguïté du milieu et l'extrême centre
43:38 la famille, la société civile, l'État, la société civile, est au milieu, c'est le moyen terme, moyen, je le prends ici, au sens de moyeux, d'une roue, c'est le centre, le milieu, et vous savez, je vous l'ai suffisamment dit, dans d'autres contextes, il faut faire très attention, il n'y a rien de plus ambigu, que ce qui est au milieu, je reprends mon exemple, fondamental, pour le faire comprendre, si je prends un segment AB, et je prends le milieu M, je ne peux pas être plus simple, on fait une expérience mentale, si vous voulez, si je prends AM, et que je le peins en rouge, et si je prends MB, et que je le peins en bleu, le point M sera violet, c'est ça le milieu, on ne sait jamais exactement ce que c'est, ce n'est pas franchement rouge, ce n'est pas franchement bleu, c'est rouge-brun, oh, je prends deux extrêmes, les communistes et les nazis, puis il va y avoir la groupie de Heidegger, la Hannah Arendt, qui va dire, c'est pareil tout ça, communistes et nazis, et puis on fait un boule-boulga,
44:48 qui s'appelle les sociétés totalitaires, bonne nouvelle pour les nazis, n'est-ce pas, ils ne sont plus seuls à être maudits dans l'histoire, les communistes qui viennent dans le cachot de l'histoire avec eux, et l'Union Européenne a validé, n'est-ce pas, cet amalgame monstrueux, amalgamé les principales victimes, il y a quand même 30 millions de Popov qui sont morts pour nous libérer de la botte nazie, et ce n'était pas seulement des Russes, c'était des membres de l'Union soviétique.
45:23 Je ne veux pas traiter tous les sujets en même temps, ce n'est pas de ma faute, si on se retrouve sur les mêmes enjeux. Or, la société civile, c'est le milieu, méfiez-vous du milieu, combien de fois je vous ai mis en garde contre le pire des partis politiques, les pires, ceux qui se situent à ce que j'appelle l'extrême centre. D'ailleurs, je constate que l'expression commence à faire florès. Je suis très content, moi je n'ai pas de droit d'auteur là-dessus, n'est-ce pas, mais je constate qu'il y a bien longtemps que je parle de l'extrême centre, ce qu'il y a de pire, vous savez, entre Giscard et Mitterrand, centre gauche, centre droit, si vous voyez des nuances, tant mieux pour vous.
46:05 Ils ont donné la même société, celle dans laquelle on vit, où la France est réintégrée dans le commandement intégré de l'OTAN, oui ou non ? Où la France obéit aux lois de la commission de Bruxelles, oui ou non ? Sous De Gaulle, homme de droite contre lequel j'ai toujours voté, ce n'était pas ça. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir un quart de cette droite-là ? Non, non, maintenant, c'est l'extrême centre qui nous dirige, depuis la disparition à droite, du gaullisme, à gauche, du communisme, on a le pire.
46:36 Parce que quand il y a un extrême, on ne va pas gagner, il faut exagérer, il y a quand même du bien dans les gens modérés, mais ce n'est pas des modérés, je suis en train de vous dire que ce sont des extrémistes, c'est pour ça que je l'appelle l'extrême centre. Tous ceux qui avaient collaboré pendant la guerre, qui avaient livré des gens à la Gestapo, ils rasaient les murs, attention, en 1945, ils rasaient les murs. Les vrais coupables, pas les pauvres filles qu'on a rasées parce qu'elles s'étaient tapées un soldat allemand pour bouffer, non, non, je parle des vrais coupables. qui rasaient les murs et quand ils refaisaient de la politique, ils s'appelaient divers modérés, centre gauche, centre droit, sans étiquette.
Bürgerliche Gesellschaft, Heisenberg et l'aveuglement
47:18 Regardez, c'était les appellations officielles qui peuplaient les bancs de l'Assemblée nationale. Alors, pourquoi j'ai fait ce long développement ? Parce que je vous rappelle que l'argent, tel que Hegel l'étudie dans la première philosophie de l'esprit, je résume un peu tout, c'est à la faveur de l'apparition de ce qui était tout nouveau historiquement, la révolution industrielle venait de se produire en Angleterre, et Hegel est le premier qui philosophiquement veut faire un état des lieux de ce que ce surgissement historique implique.
47:56 Et il étudie pour la première fois, alors je suis obligé de le dire en allemand, on savait que je ne suis pas idégué, rien, sinon on va s'empêtrer dans des jeux de mots. En français, on l'appelle la société civile bourgeoise. Voilà ce qu'a étudié Hegel, puis Marx plus tard. La société civile bourgeoise. Sauf que il n'y a qu'en français qu'on ajoute bourgeoise à la société civile, car en allemand, c'est du « bürgerliche Gesellschaft ». « Gesellschaft », c'est société, « Bürger », c'est bourgeois.
48:26 « Bourgeois » vient d'un terme germanique « bourg ». N'est-ce pas ? Et voilà où est l'ambiguïté. C'est pas le bourgeois au sens où c'est le mec de droite contre lequel Bégaudeau se sent de gauche puisqu'il est tout le temps en train de bouffer du bourgeois. Non, non. Bourgeois, ça veut dire à l'origine l'habitant du bourg, par opposition à l'habitant de la campagne. Donc, quand on dit « berliner burger » en allemand, ça ne veut pas dire un mec qui est réactionnaire, qui est à droite et qui est bourgeois. Ça veut dire un citoyen de Berlin. Il peut être prolo, il peut être aristocrate, il peut être bourgeois, n'est-ce pas ?
49:00 Chômeur ou membre du grand patronat allemand. un desdits grands patrons de IG Metall. Voilà. Non, il y a une ambiguïté. Donc, pour l'éviter, en français, on fait une redondance, comme on dit en linguistique, on dit deux fois bourgeois, la société civile bourgeoise. c'est une fois, du « burgerliche Gesellschaft ». J'ai l'air de couper les cheveux en quatre, mais c'est que l'enjeu est énorme, c'est qu'elle est au milieu.
49:33 Je viens de vous mettre en garde contre ce qui est au milieu. C'est monstrueux, le milieu. C'est monstrueux, une science qui ne regarde jamais du côté du sujet, n'est-ce pas ? Et qui ne se sert de la rigueur que pour exercer de la puissance sur les objets. Je vous rappelle qu'il y avait, dans le troisième Reich, de très grands savants. Je prends toujours l'exemple de Heisenberg, parce que c'est quand même un des pères et l'un des plus importants de la théorie des quantas.
50:05 Donc, moi, qu'est-ce que je vais le critiquer à ce niveau-là ? Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Là, il est bien meilleur que moi, n'est-ce pas ? Puis, on sait aussi qu'il est à l'origine de ce qu'on appelle les relations d'incertitude, au travers desquelles, j'essaie d'aller à l'essentiel pour ne pas dire des bêtises, on ne peut pas connaître à la fois la position et la vitesse d'une particule élémentaire. Un immense, peut-être un des plus grands physiciens de toute l'époque moderne.
50:35 Mais il avait des sympathies pour le Troisième Reich. Donc, on peut avoir, on va commencer à comprendre ce qui manque à la société civile, on peut avoir une intelligence, pas l'intelligence avec un grand I, une intelligence dans le domaine de la connaissance du monde extérieur, ce qu'on appelle ce à quoi on veut réduire la connaissance scientifique, et être non pas aveugle, car ce n'est pas les yeux qui étaient malades chez Heisenberg, et avoir l'aveuglement, ce qui est bien différent de la cécité d'être aveugle.
51:15 Ce n'est pas une maladie des yeux à l'aveuglement. C'est quand je ne vois pas ce qui m'aveugle, je ne veux pas voir, parce que ça m'éblouit, je ne veux pas le voir, n'est-ce pas ? Donc, voilà ce que je voulais ajouter à la dernière séance, c'est que ce qui caractérise peut-être l'idéologie dominante d'aujourd'hui, et c'est pourquoi j'ai mis cette image au début de cette vidéo, cette image d'une espèce d'un peintre dit naïf, n'est-ce pas, le douanier Rousseau, cette personnage féminin, à cheval qui a l'air d'exercer des ravages sur la terre entière, c'est parce que le vieil homme de 80 ans que je suis devenu n'a jamais vu un monde si proche de la guerre.
52:07 Et de quelle guerre ? Parce qu'il y en a eu des guerres. Ça m'a dit une vallée de larmes, dit-on dans les Écritures. Non, de cette guerre dont Einstein disait qu'il n'y aura pas de troisième guerre mondiale, ou alors, s'il y en a une, le quatrième se fera avec des cailloux. On sera revenu à une époque où Cro-Magnon semblera moderne. C'est parce que cet aveuglement d'être au milieu comme ça et de se fuir tout le temps et que je vais mettre en rapport avec une dernière détermination.
Musiques people et structuralisme : l'évacuation du sujet
52:45 Mais première détermination, l'argent. Puis, le néopositivisme, c'est la négation du sujet. Jusque-là, je crois qu'on s'y retrouve. Et maintenant, pourquoi, je vais parler de mes dada, pourquoi, en plus du fait que je revienne souvent à une critique du naturalisme écologiste, je m'en prends souvent aussi au ghetto sonore dans lequel on a enfermé des générations de jeunes ? Pourquoi je suis obstiné contre les musiques people et jamais contre les musiques populaires ?
53:23 Et oui, ceci n'est pas la traduction de cela. Réécoutez la fausse note que nous devons à Alyosha et vous verrez que la distinction n'est pas compliquée. Mais, quel rapport, là ? Qu'est-ce qu'elle vient faire ici avec la négation du sujet ? J'interrogeais une fois quelqu'un, non, je ne donnerai pas le nom, que vous connaissez, que j'aime beaucoup, mais qui est un jeune grand philosophe, qui est un auteur d'Elga, et bref, je l'interrogeais parce que lui, il écoute du rock comme toute sa génération et il me disait pour justifier, tu comprends, moi quand j'écoute ça, j'oublie tout.
54:10 Oui, y compris toi-même. Il y a des musiques qui vous permettent d'être toujours à l'extérieur de soi. On est 3000 à faire ça dans une salle de concert, là. ou à l'île de Wight. Vous voyez ce que je mets en relation, là. Il y a tout le temps avec ça. Mais il y a des musiques, c'est tout le contraire de ces musiques-là, qui vont à gauche, à droite, qui sont rapides et qui tout d'un coup ralentissent.
54:40 Les musiques où tout d'un coup, je me reconnais moi-même, là. Non, je ne me fonds pas dans une collectivité qui ont tous le même tempo, le même rythme. Non, non ! Où là, tout d'un coup, je me retrouve. Voilà. Je n'en dirai pas plus ce soir, mais j'ai montré jusqu'à quel bord, au pluriel, quel bord, avec un S bord, avec un S périlleux, nous amenaient cette répression, je ne trouve pas d'autres mots du sujet, dont le dernier avatar dans l'histoire de la philosophie contemporaine et récente est le structuralisme.
55:20 qui fleurissait dans les 60s, 70s, n'est-ce pas ? Et qui disait qu'il faisait dire à Lévi-Strauss, qui est un grand penseur. Attention, ce n'est pas des idiots. Je vous ai montré qu'on peut être des crapules sans être des idiots. Ce n'est pas non plus tout à fait une crapule. Mais c'est quelqu'un qui a entamé le processus de démarxisation de l'université, n'est-ce pas ? en ne s'occupant moins de ce qui est historique. Il le dit.
55:50 Il dit, moi, je me suis spécialisé dans les peuples sans histoire. Joli jeu de mots. Ça veut dire à la fois les peuples qui ne sont pas dans l'histoire, mais qui en plus ne sont pas dans les conflits, qui ne font pas d'histoire. Ce n'est pas ça que je voulais citer. Il a surtout dit que mon système se ramène à... Écoutez bien, c'est lui... Enfin, ce n'est pas lui, c'est Ricoeur, mais il valide Ricoeur qui a dit que Lévi-Strauss c'était, je cite, un kantisme sans sujet transcendantal.
56:22 Eh bien, voilà, on évacue le sujet. Qu'est-ce que dit Althusser que le marxisme c'est un procès sans sujet ? C'est incroyable, ils ne se sont pas donnés le mot. Lacan, je prends un peu les gens différents, j'amalgame pas l'un à l'autre, c'est différent tout ça, mais ils ont de commun. Ce n'est pas qu'on n'a jamais autant parlé d'eux que lorsque le structuralisme était à la mode de quelque chose qui circule et qui est commun. Lacan qui, dans un des passages les plus importants de cette grande compile qui sont principales de son œuvre et qui a pour titre les écrits, Lacan dit, il y a un chapitre qui s'appelle « Subversion du sujet dans la dialectique du désir ».
57:07 Subversion du sujet. En termes derridiens, on dirait une déconstruction du sujet. Voilà pourquoi. Et voilà ce sur quoi je voudrais terminer. Ce n'est pas un caprice que j'ai comme ça tout d'un coup de m'en prendre à ceux qui s'en prennent au sujet. c'est que nous sortons à peine de ceux qui, sur le front idéologique, illustrent ce à quoi nous en sommes arrivés aujourd'hui.
Le front idéologique et la préface de 1859
57:39 Et cette fois, sur tous les autres fronts, malheureusement, sur les fronts économiques, militaires. Parce que moi, en philosophie, il ne faut pas se faire d'illusions, ce ne sont pas les idées des philosophes qui mènent le monde. mais sur le front. La bataille se mène aussi sur le front idéologique. N'oubliez pas, parce que beaucoup de marxistes font cette erreur aussi. J'ai l'air de critiquer les marxistes. Non, non. Je critique ceux qui ne sont pas assez marxistes. Beaucoup de marxistes disent, bon, l'essentiel, c'est les infrastructures, c'est les forces productives, alors il y a les rapports de production, même si c'est un peu plus mystérieux.
58:17 Et voilà. Et puis le reste, c'est les idées, c'est les trucs, c'est les billevesées, c'est les fantasmes, c'est la culture, c'est la littérature, c'est Paganini, Nerval, la musique. Quand Marx distingue les deux dans l'extraordinaire préface de 1859 à la contribution à la critique de l'économie politique, pardon, le titre, contribution à la critique de l'économie politique, la fameuse préface de 1859, dont je répète tout le temps que c'est là où il y a le plus de marxisme dans le moins de lignes, pour vous encourager à sauter dessus, il définit, effectivement, il commence par parler des infrastructures, dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports nécessaires, des rapports de production auxquels correspondent à un certain degré le développement des forces productives matérielles de la société.
59:09 c'est tellement connu que je vais vite, je ne bâcle pas. Mais voilà, et par-dessus laquelle s'échafaudent, alors là, le monde du rêve, de l'idéologie, des superstructures, c'est pas, sauf que Marx met un point à la ligne, ça c'est le marxisme scolaire si on en reste là, mais lui, il ne se contente pas d'être scolaire, il va à la ligne et il dit à un certain niveau de leur développement, à un certain degré, ça dépend des traductions, les forces productives de la société entrent en contradiction avec les rapports de production au sein desquels elle s'était mue jusqu'alors.
59:51 Jusqu'alors, les rapports de production étaient l'expression des forces productives. D'accord ? Le rapport féodal de production correspond à des forces productives qui sont de l'ordre de la charrue ou de la traction animale, ce qui revient un peu au même. Le rapport de production de l'antiquité, rapport de production dit esclavagiste, repose sur une force productive fondamentale qui est l'esclave. Le rapport de production bourgeois repose sur la machine, sur le monde industriel.
1:00:23 D'accord ? Donc, les rapports de production ne sont que l'expression, le reflet, en termes un peu plus mécanistes, des forces productives. Sauf que là, Marx dit le contraire. À un certain moment, les forces productives, admettons, quand on est passé, n'est-ce pas, de la traction animale à la machine à vapeur, justement, au moment de la révolution industrielle, il y a un bond en avant des forces productives, mais ce n'est pas pour ça que cette année-là, à minuit, on est passé de la féodalité à la bourgeoisie et au monde moderne.
1:00:58 N'est-ce pas ? Il y a une tension qui vient du fait que les nouvelles forces productives, autrement dit, le temps de développement productif n'est pas le même, il est beaucoup plus rapide que celui des mentalités, de ce qui est dans la tête. Je rappelle toujours comme exemple qu'il y a encore une grande partie du droit romain qui est dans nos juridictions. Ce n'est pas seulement en France, en Europe et partout. Ça fait quand même 2500 ans. Ça met plus de temps à bouger, n'est-ce pas ? Les superstructures, les mentalités, si vous préférez.
1:01:30 ou tout ce qui est dans le mens, mens c'est l'entendement, l'esprit, je ne sais pas, en latin. C'est beaucoup plus lent à bouger que le passage de l'informatique, ça ce n'est pas si vieux, à l'intelligence artificielle, vous voyez, qui est encore beaucoup plus récente. Ça va vite, hein ? On est encore loin, loin, loin, loin, loin de constater tous les bouleversements que ces nouvelles forces productives vont occasionner dans l'intériorité, dans les superstructures.
1:02:09 Voilà, je ne voudrais pas trop m'attarder, pas que le format soit trop long, parce que beaucoup d'entre vous m'ont dit qu'ils se concentrent mieux sur un format qui tourne en deçà d'une heure et demie. Mais, encore que d'autres me disent que ce qu'ils préfèrent, c'est mes détours. Enfin, je veux dire, là, pour l'instant, ce soir, je tiens à me focaliser sur ce retour sur un sujet que j'avais abordé, mais en creusant et en mettant en relation des choses qui ne semblent pas avoir de rapport entre elles.
1:02:40 Très rapidement, je le résumé une dernière fois, l'argent, le néopositivisme, les ghettos sonores des music people, n'est-ce pas ? Bref, dans tout ce qui est une occasion de tirer le rideau sur ce qui est essentiel pour chacun d'entre nous, c'est nous-mêmes. Connais-toi toi-même. Voilà. Eh bien, je remercie encore les uns et les autres d'être présents et bien vouloir continuer à nous suivre.
1:03:19 Je vous rappelle, pardon pour cette petite antienne qui revient qu'à la rentrée, je voudrais battre un peu le rappel qui concerne nos problèmes financiers. Il n'y a rien d'insolvable dans ce problème-là, ne vous inquiétez pas, mais enfin, quand même, je veux dire, de telle sorte que les cotisations soient à jour, mais on en parlera d'une manière plus substantielle à la rentrée. et d'ici là, je suis bien content que vous ayez suivi ce numéro et j'attends, bien sûr, vos commentaires.
1:03:52 Ce sera l'occasion de faire une nouvelle série de réponses aux questions. Encore un grand merci à Adrien, à Pierre-Alain et à la prochaine fois.