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Le temps qui dévore ses enfants, Baudelaire et la Philosophie du droit
0:00 Une si longue absence pour reprendre le titre d'un roman contemporain célébrissime, que je recommande d'ailleurs. Oui, je vous ai laissé rentrer. J'étais moi-même assez occupé, comme la plupart d'entre vous ont dû s'en apercevoir. J'ai passé quelques jours à Toulouse en invitation de l'Institut catholique. Ils ont eu la bonté de vouloir poster quelques photos souvenirs de l'événement. J'ai eu le plaisir de m'y retrouver avec mon confrère Georges Gastaud.
0:52 Aymeric Monville aurait dû venir, mais il a été empêché pour des raisons familiales. Et donc, nous nous retrouvons pour initier ce nouveau cycle. Alors, l'intitulé a dû vous paraître un peu abstrait. Et effectivement, aujourd'hui, ça va être un peu moins historico-politique. Je ne vais pas dire que ça ne le sera pas, mais ce sera plus directement philosophique.
1:26 Il faut qu'on travaille, y compris de temps en temps, à se frotter à ce qui peut paraître abstrait. Et je dis ça parce que je vais, vu le thème qui nous occupe, qui est celui de la contradiction passant à l'intérieur du sujet, pour parler simplement. C'est bien pourquoi je suis ravi et très reconnaissant à Pierre-Alain d'avoir insisté sur l'horrible tableau, le magnifique tableau de Goya, n'est-ce pas, du temps dévorant ses propres enfants. Ça, c'est la donnée mythologique.
2:02 Mais Goya, un bon peintre espagnol, c'est le côté inquiétant et nocturne d'une certaine tradition graphique espagnole, picturale, pardon. Goya en a fait pire qu'un cauchemar, n'est-ce pas, ce tableau. Quel rapport avec la contradiction à l'intérieur du sujet ? C'est que le temps dévore ses enfants, en fait, c'est-à-dire dévore tout ce qui est à l'intérieur du temps, donc nous-mêmes. Donc, le temps se dévore lui-même. Je vais revenir tout à l'heure sur un texte qui le dit explicitement.
2:32 Donc, c'est un petit peu dur à rendre plastiquement un être qui se dévore lui-même. Il y en a qui ont essayé comme ça, qui se dévore la main, ce n'est pas très probant, c'est beaucoup plus parlant. Je trouve la photo de Goya et le carton qu'en a fait Pierre-Alain, bien plus parlant. Oui, le temps lui-même, une contradiction, on va y revenir à ces choses-là.
3:05 Mais vous voyez, comme ce sont des considérations difficiles, abstraites, éminemment dialectiques, on va rappeler quelques fondements basiques des mathématiques supérieures de la dialectique, si je peux me permettre, c'est une analogie, bien sûr. Ce sont des disciplines fort distinctes, mais pas en conflit distinct. Pour pallier l'effort d'abstraction que je me permets de vous demander, j'ai inscrit deux poèmes à l'ordre du jour, deux poèmes de Baudelaire, un poète, justement parce que Baudelaire, de quoi qu'il parle, et quelques contenus les plus complexes qu'il agite, dont il veut bien nous faire part, est toujours clair.
3:57 On en a besoin après les difficultés du texte hegelien. Et ces deux poèmes dont je m'étais déjà servi, en plein confinement, pendant justement le cycle où nous avions baptisé, avec un humour un peu lourd, c'est votre serviteur qui l'avait intitulé comme ça, « Les ateliers de la confinitude », à cette époque où il fallait demander l'autorisation de sortie, écrite, il fallait la produire, aux forces de l'ordre, pour avoir le droit de marcher en extérieur.
4:37 Et je m'étais servi déjà de ces deux poèmes au numéro 1 de cette série, « Les ateliers de la confinitude », sur notre site, et vous verrez la vidéo en question. Et je m'étais servi, et déjà j'avais insisté sur leur caractère, il n'y a pas d'autre mot, « Contradictoire », et c'est le même auteur.
5:09 Donc c'est presque déjà la contradiction à l'intérieur d'un même sujet. Mais, tout de même, pour tout de suite montrer l'importance des enjeux philosophiques immanent à cette problématique, inhérents à cette problématique, je vais tout de suite, tout de même, quitte à revenir très vite au poème, je vais quand même commencer par le premier des textes. Vous voyez, les textes de Hegel qui sont tous extraits de ce que j'appelle souvent son testament politique, je ne suis pas le seul, il s'agit des principes de la philosophie du droit, parus dans sa dernière période à Berlin, et qui ont l'avantage, si vous voulez vous y référer, quelque édition que ce soit, d'être découpés en paragraphes.
6:01 Donc j'ai indiqué les numéros des paragraphes, c'est mieux que la pagination, parce que la page dépend un peu des éditions, tandis que là, quelle que soit l'édition, quand on dit le paragraphe 6, on a affaire au même texte, ou 5. Voilà, d'ailleurs, c'est le paragraphe que j'ai utilisé, c'est 5, 6, 7. Vous voyez, c'est donc au début de cette œuvre très dense. Et puis œuvre tardive où le vieux Hegel n'a plus grand-chose à prouver, où il est un peu, non pas mauvais coucheur, mais comme ça lui arrive parfois, à la Beethoven, qui est née la même année que lui, en 1770.
6:38 Beethoven n'est pas toujours pompette, n'est-ce pas ? Je fais allusion à un de mes podcasts que Jérôme Jocher avait eu la gentillesse de mettre au point. Mais il y a une imagerie d'un Beethoven un peu mauvais coucheur, et il est un peu comme ça, quand il s'énerve contre les romantiques. Bref. L'homme, il est un peu elliptique, comme s'il en avait un peu marre d'expliciter ce qu'il a explicité x mille fois.
7:08 Et donc, il y a un côté très scolaire, c'est un cours. C'est un manuel fait pour faciliter l'accès à son cours, au cours qu'il faisait sur la philosophie du droit. Dans les années 20 à Berlin, quelques années avant sa mort. C'est découpé à la philosophie du droit, pour mieux le droit, la liberté, c'est-à-dire, tac, tac, vous voyez, alpha, bêta, gamma, c'est ce qu'on va voir.
« Je est un autre » : le sujet n'est pas la conscience
7:39 Mais enfin, nous sommes là entre nous pour expliciter tout ce qui peut paraître un peu, justement, elliptique ou allusif et rapide, alors que les enjeux, comme vous allez le voir, sont énormes. Donc, que vous pensiez, contradiction interne, dialectique, qu'est-ce que la dialectique, c'est pas la contradiction interne, je ne sais pas, autodétermination, ou détermination libre, vous voyez, ben oui, c'est que les expressions contradictoires, et c'est pour ça que je suis, que nous avons tenu, Pierre-Alain et moi, à ce qui est comme titre de cette première séance, n'est-ce pas, la fameuse formule de Rimbaud, « Je est un autre », où Rimbaud fait un double coup de génie, d'abord, de rappeler la scission de l'identité qui est typique de la modernité, mais surtout, avec les problématiques de l'inconscient, par exemple, que ce soit l'inconscient freudien, qui a pour contenu la libido, pour aller très vite, ou l'inconscient marxiste, qui a pour contenu la lutte des classes, et la praxis, n'est-ce pas,
8:50 c'est ces déterminations qui appartiennent au sujet, mais pas à la conscience. Il y a tout un discrédit de la philosophie du sujet qui était très à la mode aux riches heures du structuralisme, dans les 60s, 70s, et souvent, on désignait comme philosophie du sujet ce qui n'était qu'une philosophie de la conscience, c'est-à-dire de la partie émergée de cet iceberg gigantesque qu'est le sujet.
Lecture du paragraphe 6 : immanent contre transcendant
9:26 Voilà. Donc, on va commencer par le premier de ces extraits, qui a le mérite d'être plutôt clair et qui annonce le programme des autres extraits. Donc, ne vous étonnez pas si je cite un extrait du paragraphe 7 avant de le développer dans le paragraphe 6, ça n'a pas d'importance. Alors, je ne sais pas s'il va apparaître là. Voilà. Alors, paragraphe 6.
9:57 N'est-ce pas ? Ah oui. Alors, il y a deux, il y a plusieurs éditions des principes de la philosophie du droit. Je vous en conseille deux. La plus ancienne en français, en traduction par Kahn, K, deux A, N, dans la collection Idées, à l'époque, Gallimard. Et puis, une excellente version qui a l'avantage, alors, d'être plus actualisée et qui, en plus, cite beaucoup de variantes, n'est-ce pas, que Hegel avait apportées dans cet ouvrage.
10:32 Donc, je vous donnerai la référence tout à l'heure. Mais ici, donc, quel que soit le texte, là, c'est celui de Kahn, parce que je l'avais sous la main. Je lis donc cet extrait du paragraphe 6. « Concevoir la négativité immanente » Je reviendrai sur ce mot tout de suite. « Dans l'universel ou dans l'identique, comme dans le moi, était le progrès que la philosophie spéculative avait encore à faire, je suis l'en entier, nécessité dont ne se doutent pas ceux qui, comme Fichte, n'aperçoivent pas le dualisme du fini et de l'infini à l'intérieur de l'immanence et de l'abstraction. »
11:24 Alors, je reviens en arrière pour expliciter quelques termes, même ceux qui ont l'air courants, mais je vous ai dit c'est extrêmement dense et qu'elle s'adresse à des étudiants qui sont familiarisés avec le sens qu'avait ces mots-là sous sa plume. « Concevoir la négativité immanente » Alors, quand vous tombez sur « immanent », vous faites comme quand vous voulez bien voir le vert, vous le mettez sur un fond rouge, pas sur un fond bleu turquoise, parce que là, on ne sait plus où on en est.
11:55 Des fois, le turquoise, je ne sais jamais si c'est bleu ou vert. Je ne suis pas daltonien. Voilà. Donc, d'une manière générale, quand vous voulez expliciter un concept, il vaut mieux le dégager comme une figure sur le fond, opposée à la figure que représente ce concept, la forme, la détermination, en contraste avec le fond sur lequel elle apparaît. Donc, quel est l'antonyme, le mot qui s'oppose à « immanent » ?
12:25 Eh bien, c'est transcendant. Voilà. Ça, c'est des classiques, à la fois de la philosophie et de la théologie. N'est-ce pas ? Ainsi, on peut dire que les religions animistes, en général, sont toutes immanentes, au sens que l'élément divin ou l'élément surnaturel, comme vous voulez, pour prendre un terme très extensif, qui s'applique aussi bien à la religion des aborigènes australiens ou des pygmées qu'à la religion grecque, par exemple, dont les détails sont contenus dans la mythologie grecque, à chaque fois, l'élément divin surnaturel est intérieur, au bout de bois, à la statuette, à l'arbre, à la feuille, au vent.
13:13 Le vent, c'est un dieu, c'est éole, chez les Grecs, ou les éoliennes. Et des fois même, le vent est personnifié, comme on le voit dans l'admirable tableau de Botticelli, qui s'appelle « Le printemps », je suis sûr que la plupart de vous le connaissent, où on voit le voile des jeunes femmes telles que le peintre pouvait en croiser à Florence, n'est-ce pas ? Les jeunes femmes, les voiles soulevés, c'est le printemps, soulevés par des personnages, des figures masculines qui sont cachées sur les côtés, comme ça, et qui soufflent sur ces voiles, et qui représentent, bien sûr, les dieux du vent, n'est-ce pas ?
13:54 Il y a Éole, mais il y a aussi qui se divisent en espèces comme Zéphyr, n'est-ce pas ? Aquilon, quand c'est le vent du Nord, Aquilon s'enfuit en portant la tourmente, comme dit Hugo dans Stella. Voilà, je veux dire, l'immanence, c'est ça, c'est « In », c'est le « In » de « N1 », c'est « In », mais devant « M », le « N » devient « M ». J'ai appris à l'école primaire, au Bénin, à l'époque, je suis tellement vieux que ça s'appelait encore le « Dahomey », je ne sais pas, et on faisait une dictée tous les jours avec un instituteur béninois, et il s'appelait même M. d'Almeida, comme souvent, dans cette côte des esclaves, comme on l'appelle en géographie, Bénin, Togo, certaines familles africaines ont pris le nom de leurs anciens maîtres et possesseurs, n'est-ce pas, portugais.
14:47 Donc, on faisait une dictée tous les jours, et ensemble, collectivement, on a corrigé collectivement, et dès qu'il y avait une faute, toute la classe devait répéter en chœur la règle qui, si l'élève l'avait eu en tête au moment de la dictée, lui aurait évité de faire la faute. Et oui, c'est du par cœur, je suis en train de réhabiliter ici, non pas la tête bien pleine, car il en faudrait plus que des millions de choses pour qu'une tête soit pleine, même des milliards, mais au moins, je veux dire, de ne pas non plus rejeter avec dédain tout ce qui est le par cœur.
15:25 Car connaître des textes par cœur ou des règles par cœur, ça, comme vous connaissez un peu, je sais que vous êtes, certains de vous sont de grands philosophes, ils savent très bien quelle est la dialectique entre langage et pensée, que le langage n'est pas un simple moyen dont se sert la pensée pour se communiquer. Ça peut arriver quelquefois pour des choses comme serait à l'arrivée du train numéro 8 demain à 10h26, bon, je vois bien, mais le langage a autre chose à exprimer, n'est-ce pas, que ce genre de choses, ou que passe-moi le sel.
15:57 donc, on croit que le langage est un moyen et en fait, c'est souvent l'inverse, c'est la pensée, n'est-ce pas, qui est manipulée par le langage, par les mots que nous choisissons, que nous employons, que nous avons entendus ou qu'on nous rabâche, nous oblige un peu à penser de cette manière plutôt que d'une autre, selon que le même personnage, on l'appelle un terroriste ou un résistant, par exemple, dit tout, et oui, ce n'est pas parce que je change de mot que je garde la même pensée.
16:32 Alors, tout ça pour rappeler que nous corrigions la dictée ensemble et quand on est arrivé à quelqu'un qui avait mis imbattable, mais qui avait mis un N à la place du M, toute la classe disait, excusez-moi, de le dire avec l'accent, mais ça me rajeunit, j'étais un petit moutard au cours moyen. Devant M, B, P, on met un M au lieu d'un N, sauf dans bonbon, bonbonne, bonbonnière.
Christianisme, islam et causalité immanente chez Spinoza
17:08 Je n'ai pas révisé depuis 1954. C'est pas... Il y a du bon, quand même, aussi, dans ces méthodes traditionnelles. Voilà, donc, dans immanente, vous remplacez I-M, pas I-N, ça veut dire ceux qui restent, manere, là, maintenir, c'est le même radical, ne pas bouger, ceux qui restent, mais à l'intérieur, à l'intérieur. Voilà. génie qui est dans la bouteille d'Aladdin, vous voyez, qui frotte un peu, hop, il y a un génie qui sort, mais le génie, il est dans la bouteille.
17:45 Voilà. C'est tout le contraire du Dieu transcendant, qui est au-delà, comme mon royaume, qui n'est pas de ce monde, comme le dieu des musulmans, qui ne peut, et ne doit jamais, faire une représentation, pas plus que ces créatures vivantes, d'ailleurs, c'est comme si on volait leur âme, n'est-ce pas ? C'est-à-dire à la partie transcendante d'eux-mêmes. Et c'est pourquoi, c'est parce qu'il n'y a pas de représentation de Dieu, alors que dans notre peinture, à la Renaissance italienne, il y a des tas de figuration.
18:19 Le Dieu le Père, pas tellement, à part un type qui n'a pas l'air commode, avec une barbe, tout ça, dans les cieux, mais ce n'est pas très inspirant pour un peintre. Par contre, le fils, qu'est-ce qu'il y en a avec sa souffrance, n'est-ce pas ? Descente de Croix, et bien sûr, la Madone. Mais, ça, c'est notre religion chrétienne qui a grâce, ou à cause de, ou moyennant, le thème de l'incarnation, le plus grand sacrifice qu'a fait Dieu, n'est-ce pas ?
18:54 C'est le sacrifice de son propre fils, une contradiction à l'intérieur, c'est sa chair, son fils quand même. C'est lui-même, c'est une part de lui-même, et quelle part ? C'est lui-même, selon la doctrine unitaire de la Trinité. Vous voyez, je reste près de mon thème, la contradiction à l'intérieur. Dans le christianisme, et grâce au thème de l'incarnation, Dieu est à la fois transcendant et immanent, alors que dans l'islam, il est carrément transcendant, sans compromis, et c'est pour ça que dans le graphisme des religions, des cultures et des civilisations musulmanes, ce qui décore les plus belles mosquées au monde, c'est-à-dire celles qui sont aux extrémités de l'extension géographique de l'islam, l'extrémité orientale, l'Iran, en gros, quoi, l'extrémité occidentale, le monde andalou, l'Espagne, l'Espagne de Grenade, vous avez ce qu'on appelle des arabesques.
19:58 Et oui, des motifs abstraits, déjà, des graphismes abstraits, parce qu'il n'est pas question de représenter concrètement Dieu. Voilà, voilà pour commenter immanent, concevoir la négativité immanente. Et, c'est pas quelqu'un qui à l'extérieur me dit « Non, t'as pas le droit, t'es pas autorisé, non, ou qui cherche à me battre physiquement ou à me guillotiner, à me fusiller. » Ça, c'est une négation, pas immanente, mais qui vient de l'extérieur, qui est transitive.
20:34 Deuxième antonyme de immanent. J'ai dit transcendant, c'est surtout dans le domaine religieux, ça, ou métaphysique, si vous préférez. Mais, dans Spinoza, vous voyez très couramment l'opposition d'immanent et de transitif. Par exemple, quand il dit que Dieu est cause du monde, mais c'est pas une cause transitive. C'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui d'abord dit que la lumière soit et hop, tout de suite après, trans, n'est-ce pas, la lumière fut.
21:08 Ah non, non, non. Dieu crée par le simple fait d'être, chez Spinoza. L'acte créateur de Dieu, il faut même oublier la notion de création au sens un peu mécanique, comme un potier qui fabrique une figurine ou un cendrier. Il faut plutôt concevoir que la création, elle est de toute éternité faite par le simple fait de l'existence de cette substance unique qu'est Dieu, n'est-ce pas ?
21:42 Qu'on croit ou pas à Dieu, au moins c'est cohérent, Spinoza, on ne peut pas dire le contraire. Et donc, il dit couramment des phrases comme Dieu est cause immanente et non transitive du monde. Ce n'est pas en deux moments du temps, un peu comme, tiens, il y a eu l'évaporation de l'eau par le soleil au-dessus de l'océan et donc, après, il y a la pluie. Ça, c'est une causalité transitive. Ça existe, dans le monde physique. mais dans le monde de Dieu et dans le monde métaphysique, il ne faut pas de causalité immanente.
« J'ai changé » : l'identité du moi et l'universel
22:20 Donc, concevoir la négativité immanente à l'intérieur de nous-mêmes, regardez, mais pas seulement dans l'universel ou dans l'identique comme dans le moi. Alors, oulala, dites, on va quand même pas, rebondir trois fois sur trois mots différents, ça va prendre un temps fou. Mais non, c'est un peu la même chose, dites trois fois. Si je commence par la dernière, par le moi, vous voyez, un simple énoncé comme, je vous ai dit, je vous demande un petit effort d'abstraction, mais vous allez voir, très simple et à la portée de tout le monde et sans jargonner.
22:59 Quand je dis un énoncé aussi simple et aussi courant que de dire j'ai changé. Par exemple, hier j'étais malade, aujourd'hui ça va mieux. ou l'inverse. Dire qu'hier j'étais bien portant et maintenant j'ai une grosse crève. J'ai changé. Souvent, on l'a posé en devoir, en logique, en philosophie, pour voir si on a affaire à des élèves un peu futés, de savoir est-ce que cette phrase exprime une contradiction. Alors, il y en a plein qui disent non, j'ai changé, je ne vois pas où est la contradiction et pourtant.
23:30 Cet énoncé j'ai changé exprime à la fois le changement j'étais malade, je suis bien portant et un changement au niveau de ma santé par exemple ou de mon corps comme vous voulez mais en même temps elle dit je à chaque fois j'ai été malade hier, je suis bien portant aujourd'hui c'est toujours le même je qui parle. Le moi. Donc, il y a quelque chose qui est il y a des choses qu'on voit d'accord ? Un nez qui coule et maintenant un nez qui ne coule plus des yeux un peu rouges et maintenant des yeux bien clairs et vifs des mouchoirs plein les poches et là j'en ai plus ça c'est les attributs les choses qu'on voit mais il y a quelque chose aussi qui se maintient et qu'on ne voit pas qui est ce que Descartes appelait le cogito.
24:30 Première personne du verbe cogitare en latin qui veut dire penser. Cogito ça veut dire littéralement je pense. Là on a affaire à un sujet. C'est ça un sujet. C'est quelqu'un qui peut dire cogito et qui n'a d'être que par là. Donc concevoir la négativité maintenant dans l'universel ou dans l'identique ou dans le moi. Vous avez déjà vu que identique et moi ce n'est plus deux notions maintenant distinctes où il faut passer à l'une puis après à l'autre.
25:04 Vous voyez bien que c'est la même. C'est le moi qui indique l'identité entre hier où j'étais malade et aujourd'hui je suis bien portant. Vous me dites bien et Dominique ça va mieux ça veut dire que vous m'avez reconnu. Je suis le même. Identité. D'accord ? Et comme ce moi m'accompagne tout au long de tous mes avatars, métamorphoses comme vous voulez y compris si je reviens de la guerre avec deux bras et deux jambes en moins. Mais oui ce n'est pas lié à le moi n'est pas lié à la présence physique.
25:38 C'est un très beau texte célèbre de Pascal là-dessus n'est-ce pas ? Je dis que j'aime la personne alors que c'est Pascal qui parle si la petite Vérole gâte son visage m d'amour une jolie femme et puis c'est la petite Vérole parce que c'était plein de boutons à ce moment-là qui gâte son visage est-ce que je l'aimerais encore ? Qu'aimons-nous ? Quel est ce moi que nous aimons ? Vous voyez il a bien problématisé l'apparente évidence de ce qu'est le moi et le soi de chacun. Mais non c'est toujours une notion dialectique qui comporte une partie qui varie qui est souvent liée au corps mais pas seulement je peux aussi changer d'idée les pires agents suppôts de la droite politique n'est-ce pas ?
26:28 ont souvent commencé par être de gauche ce qui fait dire je ne sais plus qui dans les années 30 que la pire des droites se recrute se ramasse dans les poubelles de la gauche avis à ceux qui persistent à penser qu'il n'y a pas de différence droite et gauche j'en profite pour rappeler ce n'est pas mon sujet dont je dis gratuitement pour ne pas encombrer le débat mais quand on dit qu'il n'y a plus ni droite ni gauche que ça ne veut plus rien dire c'est qu'il n'y a plus que de la droite grave les conflits qui se passent actuellement il n'y a plus rien il y a plus rien il y a eu trois millions de personnes dans la rue il y a quelques années pour dire le fascisme ne passera pas et maintenant ça va de soi on liquide des milliers de gens des gamins d'un camp ou dans l'autre c'est grave vous voyez il y a ce qui ne change pas et ce qui change alors bien sûr
27:38 si on est un peu conservateur on va insister à l'identique le machin Platon par exemple vous voyez il insiste beaucoup sur l'âme qui en nous est la partie qui permet de voir les vérités éternelles l'identique l'idée ce qui ne bouge pas car que le beau soit un beau coucher de soleil ou que ce soit une belle actrice ou un bel acteur que ce soit un beau paysage ça change à chaque fois complètement pour les yeux pour les cinq sens il n'empêche que on garde le beau on dit c'est beau qu'il s'agisse d'un crepuscule sur la mer n'est-ce pas où je me suis noyé dans les cheveux blonds de tes filles où ma mère Eva dit Nerval dans un fragment Eva avec un H en plus Eva bon elles sont cela et donc oui il y a une infinité d'avatars de la beauté autour de nous mais il y a quelque chose d'universel qui ne se particularise pas c'est qu'à chaque fois on dit c'est beau j'éprouve un plaisir qui est sui generis comme on dit qui n'est comparable à aucun autre plaisir
28:49 comme celui de manger ou de faire l'amour ou de faire la planche dans les premières journées de plage en été sur le dos ou sur le ventre plaisir esthétique plaisir procuré par un objet que je trouve beau et donc qui me plaît si je dis que c'est beau c'est que ça me plaît si ça me plaît c'est que j'éprouve un plaisir écoutez bien c'est dans le mot c'est pas moi qui décide donc vous voyez bien que l'universel ce qui ne bouge pas que ce soit ici là-bas c'est pas comme vérité en deçà des Pyrénées erreur au-delà polygamie ici monogamie là-bas non il y a par contre il y a un universel dans toutes les sociétés humaines c'est la prohibition de l'inceste je n'ai pas dit qu'il n'y a jamais d'inceste je dis partout la règle c'est pas une loi les lois laissant ça à la nature la chute des corps la règle la différence c'est que la loi on ne peut pas l'enfreindre un corps ne peut pas ne pas s'obéir à la chute des corps mais l'inceste peut se produire il est interdit
30:00 de griller le feu rouge mais je peux le griller personne à gauche à droite à trois heures du matin la nuit pas de policier il ne faut pas le faire ne faites pas dire ce que je n'ai pas dit on est beaucoup plus libre dans la loi dans la règle édictée par l'homme que dans les lois de la nature il y en a qui croient pour se libérer il suffit de se balader dans la forêt pour fuir toutes les formes de contraintes on voit que ceux-là ils mangent à leur faim et qu'au retour chez eux le frigidaire est bien garni ou le garde-manger ça dépend des époques concevoir la négativité immanente dans l'universel dans l'identique ici ou dans l'identique vous voyez le ou là se justifie comme dans le moi on résiste un peu plus comme en la négativité en moi mais non moi je suis un petit peu positif était le progrès le pas en avant le nouveau pas en avant que la philosophie spéculative avait encore à faire alors là aussi je m'arrête sur spéculative c'est le mot dans ce sens chez Hegel et qui remplace dialectique
Spéculatif vient de speculum : le miroir et la connaissance médiate
31:10 dans les dernières années de sa vie en gros dans ses dernières œuvres les œuvres de Berlin pour parler d'une manière un peu probabiliste si vous voulez voilà et regardez bien son origine elle est simple spéculum spiegel en allemand c'est le même c'est la langue européenne c'est le miroir spectacles pour les lunettes en anglais tout ce qui est optique aspect avoir un aspect une idée une forme un être parti de l'azur est tombé dans un styx bourbeux et plombé où nul du ciel ne pénètre encore Baudelaire donc spéculum c'est le miroir mais quel rapport le miroir il a avec la dialectique et la négativité et bien regardez-vous dans un miroir vous dites tiens voilà ma droite non négatif non ce que tu peux emporter à droite c'est à gauche moi je suis très maladroit chaque fois que j'essaye de me couper un bout de cheveux un truc comme ça dans le miroir je vais complètement à l'envers je ne sais pas bien me servir d'un miroir j'oublie je crois vraiment que c'est moi qui suis là alors que c'est l'inverse de moi
32:20 c'est pas deux c'est moins deux concevoir la négativité à l'intérieur du moi enfin du moi qui réfléchit attendez réfléchir réfléchir au sens propre laissons les métaphores la réflexion au sens propre un reflet et bien c'est ce qu'il y a dans un miroir dès l'instant vous voyez la philosophie la réflexion la spéculation dans tous les cas on a affaire prenons un terme commun à tout ça maintenant la connaissance médiate c'est-à-dire qui n'est pas immédiate comme l'antilope dans la savane africaine avec la présence immédiate des molécules de fumée apportées par un incendie de brousse qui n'est pas très loin d'elle c'est pas immédiatement en contact avec ses nasaux elle détale ça c'est elle a une connaissance elle sait qu'il y a un danger mais ça c'est instinct c'est la connaissance immédiate très utile heureusement que c'est pas par réflexion que je digère ou que je respire
33:30 que mes battements de coeur se produisent heureusement que ça se passe sans que j'y pense c'est un jeu qui peut être un nous il vaut mieux mais donc c'est bien ça se déroule bien le programme de nos instincts sauf que ça nous condamne aussi à n'avoir aucune évolution pour l'individu sur des millions d'années l'espèce peut évoluer mais en tant que les individus ont disparu la biologie les forces à l'oeuvre dans le monde biologique une des sciences dites de la nature ne sont pas ne se déploient pas malgré l'illusion qu'on en a pour nous faire plaisir ou au profit de l'individu n'est-ce pas c'est le profit de l'espèce pensez au sauterelle criquet qui meurt immédiatement après l'accouplement ou à cet extraordinaire crapaud pipa ça a été étudié un énorme batracien un énorme crapaud je vous épargne nos descriptions plein de pustules qui existent en gros en Amérique du Sud amazonienne et où la femelle
34:42 est obligée de se suicider de s'empoisonner immédiatement après avoir après que le mâle les poussait à faire sortir ses oeufs c'est un processus assez complexe qui a été étudié oui ça y est l'espèce se renouvelle donc on n'a plus besoin de l'individu qui croyait que le plaisir qu'il éprouvait je ne sais pas moi dans l'acte de reproduction etc que c'était pour lui parce que la nature est bien faite ça me fait jouir oui en fait non elle est en train de me liquider voilà par contre la nature veille à la survie de l'espèce il y en a qui se trouve déjà trop étroit dans une société alors vous imaginez qu'est-ce qu'on ne devrait pas dire de la nature qui nous noie dans l'espèce voilà mais concevoir la négativité immanente dans l'universel ou dans l'identique comme dans le moi était le progrès que la philosophie spéculative autrement dit dialectique vous voyez que maintenant tout ça est beaucoup plus clair dialogue c'est deux choses il y a le moi à l'envers et le moi à l'endroit avait encore à faire alors
Déterminer, c'est finir : Fichte et le post-kantisme
35:52 il était le progrès qu'elle avait à faire comme une obligation et bien voilà nécessité dont ne se doute pas ceux qui comme Fichte n'aperçoivent pas le dualisme du fini et de l'infini à l'intérieur de l'immanence et de l'abstraction vous me direz attends ton sujet c'était pas la détermination interne et bien voilà déterminer allez trouver moi un synonyme de terminé et vous me dites fini vous avez raison donc on peut remplacer déterminé par défini et regardez le fini et l'infini on y est arrivé à lancer des choses la langue n'est-ce pas ce qui est déterminé c'est ce qui n'est pas infini c'est ce qui est terminé et à partir de le de qui est déterminé c'est le de du from anglais ça veut dire terminé à partir d'autres choses n'est-ce pas je suis déterminé par la discipline militaire à monter la garde voilà je veux dire c'est une fin de moi c'est une détermination extérieure et je dis ça parce qu'il paraît
37:02 que c'est pas mais ce qui est le plus pénible dans la condition militaire quand on interroge les soldats c'est les séances de garde et oui qu'il pleuve ou qu'il vente même s'il fait chaud c'est resté tout le temps au même endroit surtout en Angleterre n'est-ce pas où une jeune japonaise vous tord la moustache il ne faut pas bouger ça je rappelle et les british il y en a qui essaient de porter un challenge un défi au fameux flegme britannique alors qu'est-ce que c'est cette histoire de Fichte Fichte c'est celui qui est allé le plus loin dans les avancées kantiennes après Kant quitte d'ailleurs à franchir certaines limites franchement que Kant n'aurait pas opéré mais je ne fais pas un cours sur Fichte je le situe c'est exactement ce qu'on appelle le post-kantisme et je profite pour réviser c'est un texte dense quand on le développe comme ça on recoup
38:12 beaucoup de choses utiles le post-kantisme caractérise cette immense école philosophique qu'on a coutume de désigner dans l'histoire de la philosophie histoire des idées philosophiques comme l'idéalisme allemand oui qui est contemporain du romantisme allemand et même les romantiques allemands alors là pas philosophes mais écrivains musiciens je préfère les englober dans la notion d'idéalisme allemand je dis ça parce qu'à l'époque la frontière entre philosophie et littérature n'est pas évidente il y a des chez Hölderlin des essais proprement philosophiques d'une très haute tenue sur la notion de devenir de périssable de limite bon bref et puis il y a chez un poète des essais philosophiques et inversement chez Hegel il y a rappelez-vous la jeune fille aux fruits avec l'éclat de son regard et qui lui fait penser au musée n'est-ce pas que c'est encore plus profond quand les fruits sont détachés de l'arbre mais quand ils sont offerts par la marchande
39:24 de mandarines oui il y a des passages poétiques chez Hegel il n'y a pas que ça rappelez-vous ce qu'il dit quand on regarde un homme dans les yeux c'est la nuit du monde qui s'avance ici à la rencontre de chacun on voit alors un univers effroyable c'est Hegel qui parle lorsqu'on regarde un homme dans les yeux c'est la nuit la négativité dont il parle là je prépare un peu l'effroyable qui va se déchaîner dans le texte que je vais lire un peu plus tard le texte de Bonaventura je donne son pseudo parce qu'encore maintenant on se demande qui se cachait sous ce pseudo à l'époque de Hegel c'est un contemporain de Hegel de Hölderlin tout ça c'est fin 18e début 19e donc des années 1780 ou 1803 c'est pareil Fichte l'idéalisme allemand j'achève cette petite parenthèse de révision qui concerne plus l'histoire de la philo
Idéalisme subjectif, objectif, absolu : Fichte, Schelling, Hegel
40:34 que la réflexion philosophique proprement dite ces trois étapes voilà comment traditionnellement on les enseigne l'idéalisme subjectif l'idéalisme objectif antithèse et enfin synthèse l'idéalisme absolu alors mettons des noms propres l'idéalisme subjectif c'est Fichte qui prolonge Kant Kant prolongeant déjà l'initiative cartésienne du cogito quand Kant dit le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations qu'elles soient réelles je vois une montagne là-bas qu'elles soient imaginaires je me représente un ami disparu en disant qu'il nous manque dans tous les cas le je pense doit pouvoir accompagner doit pouvoir que j'en ai conscience ou pas à ce moment-là que je pense accompagner toutes mes représentations la lignée de Descartes donc vous voyez ici le sujet adhère à toutes ses représentations le sujet subjectif adjectif avec sujet ça c'est Fichte et là je vous ai dit que Fichte franchissait un cap au-delà duquel Kant ne s'est jamais aventuré c'est que Fichte va jusqu'à dire
41:48 qu'il n'y a qu'une chose qui existe véritablement c'est le sujet et oui ça me paraît bizarre parce que spontanément nous sommes l'homme de la rue n'est pas idéaliste au sens métaphysique j'en fais des parenthèses aujourd'hui oubliez idéaliste au sens courant le mec des idéaux comme ça un peu naïf qui y croit encore rien à voir en philosophie idéalisme c'est position philosophique pour laquelle le monde extérieur ce que nous croyons être un monde une réalité qui est en dehors de nous n'existe pas en lui-même mais n'est qu'une représentation du moi du sujet ah oui ça vous semble bizarre c'est une manière de dire que tout ce qui est à l'extérieur de moi c'est un peu comme mes rêves mes rêves vous me supprimez les moments le rêve disparaît aussi alors que le réaliste c'est celui qui dit si je disparais ça n'empêche pas que le parc là derrière ma fenêtre continue à exister sans moi ça c'est le réalisme oui c'est différent c'est pas le réalisme au sens esthétique c'est le réalisme métaphysique il y a une réalité
42:58 indépendante du sujet et puis il y a l'idéalisme métaphysique c'est le sujet qui constitue la réalité ça c'est Fichte et Kant n'est jamais allé jusque là Kant nous interdit de nous prononcer dans le débat idéalisme réalisme parce que pour lui ce sont des antinomies de la raison pure on révise ça veut dire des contradictions qui sont à l'intérieur de la raison qui est assez humiliée chez Kant et dans laquelle elle se débat et donc c'est aussi oiseux de trancher entre les deux que de savoir est-ce que le monde a un commencement le big bang l'actualité ou bien est-ce qu'il existe toute éternité oui ça va discuter on va se dire mais si il y a un commencement mais qu'est-ce qu'il y avait avant le commencement alors c'est pas le commencement c'est justement ce qu'il y avait avant laissons ces antinomies la raison quant à ce niveau-là par contre Fichte audacieusement et il va être l'idole de la nouvelle génération en disant que ça va plaire au poète romantique tout ça n'est-ce pas un poète comme Novalis qui est peut-être le plus romantique du romantique allemand
44:08 dit que en nous ou nulle part sont l'éternité et ses mondes en nous ou nulle part l'éternité elle n'est pas en Amazonie au Sahara dans la Nièvre nord-aise non non je vais dire c'est en nous ça c'est Fichte philosophie du sujet poussé au paroxysme petit détail pour en finir avec Fichte avant de passer à la deuxième étape il y en a trois vous vous rappelez l'idéalisme subjectif idéalisme objectif idéalisme absolu de détail Hegel je vous dis tout de suite qui est le représentant de l'idéalisme absolu qui renvoie dos à dos les subjectifs et l'objectif ou plutôt qui en fait la synthèse et non pas le compromis c'est pas un centriste Hegel à la fin de sa vie à Berlin un peu avant sa mort a demandé d'être enterré auprès de Fichte alors qu'il avait renvoyé dos à dos Fichte et le représentant de l'idéalisme objectif
45:19 je vous le donne maintenant comme ça on a les trois Schelling plus jeune que Fichte exact contemporain de Hegel et de Hölderlin n'oubliez pas que les trois les deux plus grands philosophes les deux plus grands oui philosophes de leur temps et certains disent le plus grand poète de tous les temps mais enfin ça ne veut pas dire grand chose Hölderlin c'était dans la même piole comme étudiant au séminaire théologique protestant de Tübingen et je ne peux pas m'empêcher tant pis pour ceux qui l'ont déjà entendu de remercier encore une fois Sébastien Michéa d'avoir eu la gentillesse de m'embarquer dans sa voiture à Strasbourg et de m'avoir emmené dans un endroit que je pensais ne plus jamais revoir à l'âge avancé où je suis avec sa maman et son petit garçon et que j'ai pu revoir comme ça cette merveille de ville qui miracle n'a pas été rasée cette fois une des rares villes allemandes non rasée tout en espalier comme ça si vous allez vers là-bas vers la Hölderlinturm comme on dit là-bas
46:29 la tour Hölderlin où il y a un musée au bord du Neckar c'était merveille et c'était tous les trois là il y a un petit musée où l'on voit des inscriptions comme Hölderlin est allé deux jours en prison pour avoir insulté un surveillant vous voyez et les trois jeunes gens pour fêter le premier anniversaire de la prise de la Bastille au 14 juillet 90 ont planté un arbre de la liberté dans la cour de ce séminaire du Stift comme on dit là-bas donc fichte idéalisme subjectif idéalisme objectif incarnation Schelling je vais y revenir je n'en ai pas parlé idéalisme absolu Hegel donc Hegel demande d'être enterré je reste encore dans mon petit détail auprès de fichte alors qu'il les avait renvoyés dos à dos fichte et Schelling sa première parution à Hegel sa première publication est un ouvrage qui a pour titre de la différence des systèmes de fichte et de Schelling on est en plein dans les débats de l'idéalisme allemand et la conclusion
47:39 de Hegel c'est qu'il les renvoie dos à dos même si il est plus Schellingien que fichte oh voilà qu'à la fin de sa vie c'est un retour aux philosophies des sujets je vous le dis parce que c'est très politique renseignez-vous de voir comment le vieux Schelling a évolué comme un des des piliers de la contre-révolution française et comment fichte comme Kant dans la lignée de Rousseau pour ce qui est de la philosophie de l'action et de Descartes pour ce qui est de la philosophie de la connaissance sont restés fidèles à la remise en question de toute contrainte qu'elle soit donnée par la nature ou par Dieu on en apprend quand on réfléchit sur des paragraphes comme ça qui ont l'air simples et qui sont très denses je relis un peu le tout concevoir par la négativité immanente quand vous lisez
La fleur supprimée-conservée dans le fruit : l'Aufhebung
48:49 négativité essayez d'avoir suppression dans votre représentation le fruit est une négation de la fleur parce que pour que le fruit apparaisse à l'automne il faut que la fleur qui est là en été mais depuis le printemps disparaisse et pourtant ce n'est pas vous voyez comme c'est dialectique ce n'est pas une disparition pour rien ce n'est pas qu'on prend la fleur en jette à la poubelle c'est que la fleur reste dans le fruit enfin ce qui se jouait l'enjeu l'enjeu de la fleur l'accumulation de richesse richesse produite biologiquement par le soleil par les sels minéraux qui sont sous les racines de la fleur par le soleil qui est au-dessus de ses pétales par l'eau de la pluie qui ruisselle la bienfaisante tout ça provoque une accumulation une richesse qui va s'épanouir
50:00 après dans le fruit et qui va devenir regardez une figue quand elle mûrit la quantité de sucre accumulée donc on peut dire que le fruit est un supprimé conservé de la fleur vous voyez en français on est obligé d'avoir deux mots et il y a eu pas mal de réflexions j'isole les deux qui nous intéressent ici celle de Hegel et celle de Freud ils ne se sont pas concertés Hegel il aurait eu du mal mais même Freud ne cite pas du tout Hegel quand il dit c'est quand même bien que dans la langue allemande il y ait des termes qui expriment la contradiction alors que nous on est obligé de dire les deux termes supprimés conservés et bien il y a un terme allemand bien connu les philosophes fussent-ils français qui ont abordé le massif Hegelien c'est la fameuse Aufheben est un terme très courant dans la langue allemande vous le demandez un allemand de la rue qui ne fait pas de la philo il va dire ça veut dire soulever supprimer mais ça veut dire aussi conserver soulever
51:10 supprimer conserver certains ont proposé comme traduction parce qu'on a marné pour traduire en français en un seul mot et je trouve qu'il y en a un qui est pas mal comme traduction c'est la relève la relève de la garde je parlais de la garde tout à l'heure c'est pas des des Tommies anglais et oui il y a un gardien qui va se reposer lui il disparaît et puis mais la relève est assurée il y a toujours la garde qui se conserve on a supprimé une garde on n'a pas supprimé la garde un peu comme le moi tout à l'heure qui était malade et qui maintenant est bien portant ça va mais il faut pas croire que c'est comme le Mont Blanc qui reste là qui bouge pas et qui était rose le matin et qui devient éclatant voire aveuglant à midi ou invisible caché par un nuage si le temps se gâte non non c'est pas du tout la même manière d'être invariant de rester là de pas bouger c'est qu'il faut de l'action pour que le je
52:20 se maintienne la plante pour maintenir son identité parce que vous dites cette plante qu'elle soit sous forme de bouton elle est progressant le bouton explose et devient fleur la fleur les pétales tombent et le fruit s'introduit à la place de la fleur comme sa vérité qui est également dans la préface à la phénoménologie et oui c'est à lui que j'emprunte ces métaphores biologiques c'est une analogie biologique mais attention pour que ce mouvement ait lieu il ne faut pas que s'arrête à chaque instant un effort un acte qui est l'acte de succion que fait la plante des sels minéraux qui sont dans le sol d'absorption des rayons lumineux et de l'eau de pluie par les racines ou sur la surface de la plante émergée de ses feuilles et de ses pétales donc le maintien de cette identité vous voyez je suis en train de m'acheminer vers ce que c'est que la négativité la négativité qui lorsque se rapporte à elle-même devient une positivité
53:30 je me maintiens dans le temps mais rien que pour rester debout vous le savez bien ça demande un effort de chaque seconde et pour entendre un son pour que le son se prolonge pour qu'on continue à l'entendre et je parle d'un son n'est-ce pas je vais le voir je vais en faire un petit effort voilà si si vous allez voir si je fais ça bon voilà il ne se maintient pas mais si je fais le son dur l'identité se maintient mais pour ça il faut que des vibrations se reproduisent vous savez c'est c'est matérialisé par une courbe sinusoïde si on devait en faire le graphe acoustique voilà donc je relis ce vous voyez pourquoi j'ai commencé par le paragraphe 6
54:42 même si il est postérieur au 5 que je vais reprendre après parce qu'il a le mérite de donner un peu le programme de tout ce que nous allons voir le programme de l'essentiel de l'enjeu concevoir la négativité immanente interne dans l'universel ou dans l'identique comme dans le moi était le progrès que la philosophie spéculative dialectique avait encore à faire nécessité dont ne se doute pas ceux qui comme Fichte n'aperçoivent pas le dualisme du fini et de l'infini il voyait très bien qu'il y avait un dualisme entre le fini et l'infini Fichte mais il ne voyait pas à l'intérieur de l'immanence et de l'abstraction autrement dit abstraction il faut le comprendre c'est le seul mot que je n'ai pas trop commenté mais c'est le moment de le faire il faut prendre ce terme là non pas au sens que c'est abstrait opposé à concret mais au contraire comme ce qu'il y a de plus abstrait
55:52 c'est l'effort pour abstraire français au verbe d'accord ainsi sur mon piano où il y a des tas d'objets j'abstrais ma cigarette électronique j'abstrais de l'ensemble qu'il y avait sur mon clavier mes lunettes je ne sais pas si on les voit oui voilà j'abstrais la télécommande abstrait veut pas dire un monde fumeux où il n'y a que des idées voilà car quand je veux faire abstraction de quelque chose voire de quelqu'un ça peut être très dangereux pour cette chose ou pour ce quelqu'un allez c'est ce qu'on va voir dans les textes suivants alors je vais prendre cette fois maintenant je vais demander à Pierre-Alain de passer oui le 7 pourquoi pas merci alors le 7 reprend un petit peu ce qu'on vient de dire donc je ne vais pas m'y attarder longtemps la démonstration et la discussion de ce cœur de la spéculation il insiste et solennel dans une œuvre
Paragraphe 7 : la négativité qui se rapporte à soi
57:02 pourtant assez sèche la philosophie du droit je vous l'ai dit Alpha, Beta, Gamma un peu elliptique là où il n'y a pas trop de démonstration je n'ai pas passé ma vie à le prouver je ne vais pas encore recommencer la démonstration de ce cœur de la spéculation ce cœur du noyau dialectique de l'infini commun non pas l'infini comme n plus 1 plus 1 ce que Hegel appelle le mauvais infini ce n'est pas l'infini abstrait de l'infini comme négativité qui se rapporte à soi regardez maintenant on peut la regarder je ne sais pas si Pierre-Alain peut le remettre le carton n'est-ce pas par lequel a commencé notre séance de ce soir l'incroyable tableau de Goya merci beaucoup Pierre-Alain je suis toujours émerveillé moi par la technologie et par le savoir-faire de ceux qui savent s'en servir écoutez ce n'est pas une négativité qui se rapporte à soi on reconnaît je suis cultivé je connais ma mythologie c'est le temps qui dévore ses enfants
58:12 oui les enfants du temps d'abord on l'a vu tout à l'heure mon enfant c'est un peu moi chair de ma chair on peut le dire d'une épouse mais a fortiori d'un enfant cette auto-dévoration je ne dis pas ça mais pas loin pas loin négativité qui se rapporte à soi j'essaye de j'essaye d'alimenter votre votre esprit de synthèse je sais qu'il y en a qui suivent et qui établissent des rapports entre ces ces différents matériaux que j'ai l'air de traiter un petit peu dans le désordre donc j'ajoute une, deux, trois citations maximum mais vous voyez sans vous saouler Novalis je l'ai cité tout à l'heure le poète disait l'acte philosophique par excellence est le meurtre de soi il n'y a pas si longtemps j'ai commenté la saison en enfer de Rimbaud cette crise incroyable
59:22 crise incroyable où on trouve d'ailleurs beaucoup de passages très dialectiques en particulier celui où il dit d'une manière énigmatique il n'y a personne ici et il y a quelqu'un contradictoire il n'y a personne il n'y a quelqu'un bon ce qu'on va revoir dans un texte très temps par temps comme problématique mais l'acte philosophique par excellence est le meurtre de soi qu'est-ce qu'il y a chez Rimbaud il y a quelque chose de lui qui est mort le Rimbaud de la révolte il est au-delà maintenant il est dans la révolution c'est beaucoup plus profond et il dit de cette époque où il faisait un peu le malin n'est-ce pas contre le bourgeois il faut passer par là c'est sain surtout à l'âge qu'il avait mais il dit quelle bêtise c'était je sais aujourd'hui saluer la beauté quelque chose d'iconoclaste enfin d'iconoclaste sans rémission parce qu'il a toujours été jusqu'au bout sur bien des plans surtout face à l'injustice
1:00:32 quelle bêtise c'était je sais aujourd'hui saluer la beauté je ne la trouve plus amère comme il dit au début de la saison en enfer je le dis parce qu'il y en a qui en restent là pour qui Rimbaud et le mec qui a les mains dans les poches comme ça quand même c'est bien qu'il soit passé par là c'est encore mieux qu'il soit allé au-delà voilà un exemple de meurtre de soi autre citation que j'emprunte à la théologie ici chrétienne je suis très loin de Rimbaud tout sauf une grenouille de bénitier qui veut sauver sa vie la perdra ça c'est la dialectique qui veut sauver sa vie la perdra et quant à ceux qui se sentent plus proches de Nietzsche Nietzsche s'inscrit lui aussi dans cette auto-négation n'est-ce pas quand il parle des métamorphoses il faut que l'homme
1:01:44 soit chameau qu'il encaisse comme un chameau qu'on peut charger un bât comme ça et qui doit faire abstraction de ses besoins de soif d'eau qui prend sur lui et tel Moïse éleva le serpent dans le désert ainsi faut-il que le fils de l'homme soit élevé je reviens à Nietzsche donc il y a le chameau puis après il y a le lion vous savez les trois métamorphoses le lion alors là c'est le moment de la révolte le Rimbaud tout à l'heure le tout casser de tout détruire le lion qui fait le ménage autour de lui à coups de griffes et avec ses crocs et puis il y a le troisième terme l'enfant celui qui dit oui celui qui affirme le contraire à la négation mais vous voyez c'est une affirmation qui a dû passer par la négation mais vous l'avez tous appris non pas en arithmétique mais en algèbre dès les premiers pas de l'algèbre dès le début du collège ah bon sang quand même vous avez appris et que moins par moins ça fait plus
Moins par moins fait plus : la négation de la négation
1:02:54 et là on révise des choses qui vont nous aider à comprendre ce qu'il appelle la négativité et surtout en quoi la négativité est la source de tout ce qui est positif en nous rappelez-vous pardon ce son qui se prolonge tant qu'il se prolonge il y a négation du silence puis ça arrête là c'est le son lui-même qui est nié oui j'introduis une des notions les plus hegeliennes qui soit celle de négation de la négation vous avez appris qu'au moins par moins ça fait plus pas de n'importe quelle positivité voilà la télécommande est posée sur mon livre ça c'est positif je la pose là c'est la prose tout ça c'est pas très intéressant mais je prends une autre image qui s'oppose justement à cette positivité naïve je prends une cigarette allumée je ne fume plus
1:04:05 depuis mon infarctus c'est peut-être pas nostalgique dans l'obscurité certains d'entre vous se sont déjà amusés avec la cigarette c'est des points la cigarette elle fait ça puis là on voit quelque chose de rouge mais si on le fait vite on voit un cercle rouge vous voyez l'effort et l'acte il faut que je nie à chaque fois que je supprime la position où elle était une fraction de seconde avant pour poser tout d'un coup un cercle qui n'existait pas jusque là c'est cette positivité issue d'un acte tout à l'heure je parlais de l'acte par lequel et je recite Novalis dans les hymnes à la nuit qui dit la plante méditative qui est toute sucion mais dis donc c'est pas passif ça et rappelez-vous mais oui je sais qu'il y en a qui pensent déjà à les meilleurs d'entre vous le sixième livre de la République chez Platon la fin du sixième livre la fin de la quête ça y est non seulement on a quitté le fond de la caverne non seulement on voit enfin les idées parce qu'on est même au-delà des vérités intelligibles
1:05:16 mais qui gouvernent sensibles comme c'est le cas dans les mathématiques ou chez les géomètres pour parler comme Platon on est dans la dialectique et puis on arrive enfin alors là il n'y a plus de il n'y a plus de discours il n'y a plus de langage que ce soit la discursion mathématique ou le ou le dialogos dialectique il n'y a plus de une contemplation théoria il n'y a plus de une contemplation de quoi ? du soleil comme représentation c'est-à-dire du bien en réalité c'est sonore par les Platons sauf que c'est pas c'est pas une théorie au sens passif il n'y a plus de le contraire de l'action non car tu remarqueras dit Platon à Glaucon un des disciples un de ses interlocuteurs dans la République ou à Adimante je ne suis plus l'un des deux tu remarqueras que le soleil ne permet pas seulement à l'œil de voir et à l'objet d'être vu c'est ce troisième terme qui permet effectivement notre rapport théorique au monde la connaissance mais il donne en notre être croissance et nourriture dit tout la plante méditative
1:06:27 qui est toute succion et le soleil qui donne aux êtres croissance et nourriture notre première existence avant même la naissance dans le ventre maternel était toute succion ou absorption du liquide amniotique si plein de choses nourrissantes c'est un acte cette positivité là pour être il faut qu'autre chose ne soit plus comme pour que le veau grandisse et devienne une vache ou un bœuf ou un taureau il faut en supprimer de l'herbe et tous les éléments et les minéraux qui sont dans l'herbe voilà donc la démonstration la démonstration et la discussion de ce cœur de la spéculation de l'infini comme c'est plus clair mais en négativité qui se rapporte à soi avec l'acte que je fais pour pour nier tout le temps la négation et donc me poser
Paragraphe 5 : la réflexion du moi en lui-même chez Descartes
1:07:37 de cette source dernière je continue je ne l'avais pas dit de toute activité c'est solennel de toute vie et de toute conscience la démonstration y renvoie à une autre discipline que le droit à la logique comme philosophie purement spéculative voilà et bien alors je crois qu'il y avait encore un texte toujours extrait de la philosophie du droit j'ai demandé à Pierre-Alain de ne pas courir oui alors celui-là je vais commencer à l'aborder et vous me direz mais enfin pourquoi pas commencer par les poèmes c'est plus concret mais oui vous avez parfaitement raison mais je vais vous montrer pourquoi j'ai isolé ces deux poèmes c'est que chacun des deux illustre un de ces deux moments les alpha vous voyez la volonté contient premier moment alpha l'élément de la pure indétermination je vais y revenir et puis après bêta on verra au contraire où j'accepte une détermination chacun des poèmes de Baudelaire que j'ai retenu exprime justement ces deux moments contradictoires ou en tout cas inversés
1:08:48 disons que tous les attributs de l'un sont contredits par les attributs de l'autre on verra ça quand on va lire ces poèmes donc je lis d'abord le début la volonté contient l'élément de la pure indétermination ou de la pure réflexion du moi en lui-même oui que ces mots-là sont plus clairs la réflexion du moi en lui-même pas la réflexion du policier qui se demande ces indices-là je me demande si c'est pas le mobile qui est à l'origine du crime ça c'est la réflexion mais pas à l'intérieur pas la réflexion du moi en lui-même mais la réflexion sur quelque chose extérieur du moi en lui-même ça c'est Descartes oui Descartes oui quelle humilité il pensait avoir plein de certitudes tiens qu'est-ce que je vois par cette fenêtre je vois des hommes dans la cour or que vois-je c'est lui qui parle sinon oui je sais qu'il y en a qui ont la réponse des manteaux des chapeaux pourquoi je dis que je vois des hommes c'est une manière de parler car ce que je vois
1:09:59 au sens vraiment propre avec mes yeux c'est des chapeaux c'est l'époque de mousquetaires des capes jus de dos et moi je ne vois pas mais je pense je juge ah ben là voyez c'est moins immédiat c'est plus l'œil là je suis certain qu'il y a des hommes derrière mais Descartes dit alors que ces manteaux et chapeaux vous pourrez recouvrir des spectres mûs par des ressorts oh l'héroïsme cartésien là c'est la réflexion du moi en lui-même n'est-ce pas pour reprendre l'énoncé de Hegel moi aussi Descartes je croyais que je vois des hommes non j'ai des yeux qui marchent très bien mes yeux si on prend vraiment ce qu'ils voient ils voient des manteaux des chapeaux mais c'est l'époque où est apparu le mécanisme grâce à la physique galiléenne 1636 la condamnation de Galilée 1637 les discours de la méthode de Descartes ça ne s'invente pas ça s'appelle la révolution scientifique cette époque extraordinaire qui voit apparaître les sciences d'aujourd'hui l'écroulement
1:11:10 de la pensée finaliste qui explique tout n'est-ce pas par le but que poursuivent les planètes les plantes les animaux les galaxies et l'air et le vent le vent qui s'ouvre pour dévoiler un peu l'effet du printemps de Botticelli et remplacé par une mécanique où il n'y a plus de sujet il n'y a que des objets qui ont des actions les uns sur les autres comme un acide fait naître des bulles sur du calcaire sur un morceau de craie fait de l'expérience et c'est ce monde dont Pascal va dire une génération après après Descartes après Galilée à peine il va dire le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie c'est le monde scientifique c'est un scientifique Pascal tout croyant qui soit tout chrétien qui soit il sait très bien que si Dieu existe il ne faut pas le chercher dans les galaxies c'est pas très généreux pour Dieu de le bourrer d'azote et d'hydrogène
1:12:21 et d'acide sulfurique que sais-je voilà je tenais à vous faire progresser dans ce que ici la négation la négation par l'égal tool dans ce texte ou la négativité c'est négation d'une négation c'est-à-dire une négation continuée si vous préférez comme vous voyez si on l'entend encore c'est que le son d'avant a été supprimé mais conservé oui ça veut dire dans l'air matériellement il y a des vibrations qui continuent à atteindre vos oreilles c'est pas supprimé entièrement mais pour qu'elles atteignent vos oreilles pour avoir cette positivité que vous en ayez la sensation il faut pour ça que le son de chaque instant dans le temps soit supprimé et renouvelé donc
Le doute cartésien et le malin génie
1:13:33 je répète ce passage solennel n'est-ce pas enfin je vais rester juste avant mais ici c'est un peu plus explicité la volonté contient l'élément de la pure indétermination et là maintenant je m'arrête parce que c'est beaucoup plus clair pour que moi je dise cogito sans aucune détermination non pas je suis un français je suis un gentilhomme poitevin c'était ça Descartes je m'appelle François René de mon prénom j'ai un grain de beauté sur la narine droite il fait abstraction de tout ça autrement dit il arrive à un stade où vous arrivez vous au moins à tous ceux qui font ce parcours-là qui font abstraction de toute détermination vous voyez la pure indétermination c'est beaucoup plus clair pour ne garder que celle que je suis en train de penser peut-être tout est en train de me tromper y compris le malin génie qui est aussi puissant puissant que Dieu mais qui est mauvais alors que Dieu est bon d'après ce que j'entends j'en sais rien parce qu'il y a des choses basiques dont je ne suis pas sûr parce que je vais savoir des choses comme ça mais faisons l'hypothèse qu'il y a un malin génie qui emploie toute son industrie à me tromper mais qu'il me trompe
1:14:44 tant qu'il voudra il ne pourra me tromper nonobstant que je pense s'il me trompe c'est qu'il existe de sorte que je pense que je suis et vous connaissez la suite négation la négation j'étais en train de nier toutes les certitudes que j'avais et c'est ça qui tout d'un coup me fait apparaître la première positivité la première qui résiste aux doutes qui semblaient aller à l'infini douter de tout je vous rappelle le cheminement rapidement je commence par douter de ce qui est évidemment douteux un bruit au loin est-ce que c'est une voiture un camion un avion le tonnerre allez savoir ça c'est les sensibles éloignés comme dit Descartes je résume la première méditation métaphysique pour vous renvoyer la référence les méditations métaphysiques première méditation le titre des choses que l'on peut révoquer en doute apparemment il semble que la réponse soit tout on peut douter de tout voilà ça c'est les sensibles éloignés mais dit Descartes mais il y a des sensibles rapprochés par exemple que je suis assis ici en train de de vous transmettre un de mes bavardages je parle Pagani et Descartes dit que je sois ici en train d'écrire auprès du feu et comment pourrais-je nier
1:15:55 que ces mains-ci et ce corps-ci soient à moi sinon que je me compare à ces insensés il pense aux fous dont le cerveau est tellement offusqué par les noires vapeurs de la bile qu'ils pensent être des rois lorsqu'ils sont tout nus ou avoir un corps de cruche ou de verre mais quoi ce sont des fous vous voyez Descartes le gentilhomme mousquetaire qui dégaine facilement l'épée va pas homme de guerre c'était son métier comme aristocrate ne va pas s'auto-détruire lui-même et pourtant quelle grandeur comme un ciel qui se subit point à la ligne vous savez que c'est là qu'on passe outre Foucault Foucault il en reste là point à la ligne toutefois j'ai ici à considérer que je suis homme et que par conséquent Descartes est méthodique j'ai coutume de dormir et de me représenter à mes songes des choses aussi insensées et quelquefois plus insensées pardon plus plus ineptes un mot comme ça pardon pour l'oubli que ces insensés
1:17:05 les fous lorsqu'ils veillent de sorte qu'en y pensant soigneusement j'en conclue je vois si manifestement qui n'ont aucun indice concluant qui me permettent de distinguer la veille du sommeil du coup je ne peux pas savoir si je suis en train de après tout si je vois ma grand-mère qui est là ça disparaît plus longtemps en rêve c'est le même critère que vous me donnez en disant bien sûr que ça existe puisque je le vois mais oui mais je vois ma grand-mère en rêve et il y a longtemps qu'elle n'est plus là c'est une représentation ce n'est pas une réalité et donc tout tout ce qui est sensible s'écroule aucune chose sensible ne résiste aux doutes cartésiens alors je vais très vite j'ai dit je ne m'attarderai pas heureusement qu'il n'y a pas quelque chose sensible il y a aussi si A égale B B égale A alors là c'est la vérité intelligible à la portée de tout le monde ce n'est pas la question mais qui n'ont rien à voir avec ce qu'on voit ce qu'on touche Leibniz promenait ses élèves dans le parc en disant trouver moi deux feuilles identiques dans le parc l'égalité c'est une construction de l'esprit humain nécessaire intéressante mais elle n'est pas donnée
1:18:16 dans la nature donc passons maintenant est-ce que je peux douter que si A égale B B égale A et là Descartes a de nouveau un argument un argument pour douter même lui immense mathématicien des vérités intelligibles mathématiques logiques cet argument c'est la possibilité qu'il existe un être tout puissant et qu'il m'a créé non non il n'est pas en train de nous embarquer dans une dogmatique théologique il dit qu'il a entendu dire on est en pleine chrétienté même aujourd'hui même pour les athées ils ont entendu dire qu'il y en a qui pensent qu'il y a un dieu comme on n'a pas réglé le problème il est donc possible que ce Dieu existe et rien que cette possibilité puisque je n'ai pas encore tranché j'en sais pas assez vous voyez que des choses beaucoup plus simples nous amènent au doute alors nous attaquons pas à des problèmes beaucoup plus difficiles comme l'existence de Dieu mais s'il existe voilà le raisonnement imparable on ne vous impose pas qu'il existe mais s'il existe et qu'il m'a fait il est possible dit Descartes qu'il m'ait fait de telle manière que chaque fois que j'additionne
1:19:26 7 et 5 je trouve 12 non pas parce que c'est vrai en soi mais parce que c'est Dieu qui le veut que je pense ainsi alors là il n'y a plus rien ni vérité sensible ni vérité intelligible mon Dieu c'est terrible l'état de crise où arrive Descartes et vous voyez c'est au cœur de la négation que va surgir le premier plus après tous ces moins mais faisant encore un pas en avant dans la descente dans le doute pour arriver au paroxysme du doute et rebondir comme on arrive au fond de la mer en plongée sous-marine on donne un petit coup de pied sur le fond et on remonte mais on n'en est pas là on n'est pas encore tout à fait au fond il manque quelques centimètres et voici non c'est pas possible que Dieu me trompe puisqu'on dit qu'il est infiniment bon il ne va pas donc me tromper me plonger dans l'erreur je vais donc imaginer dit Descartes pour ne pas s'arrêter dans la voie du doute il est scrupuleux pour être sûr n'est-ce pas qu'il a qu'il a répondu au programme de titre de cette méditation de toutes les choses que l'on peut révoquer en doute je vais imaginer un être aussi puissant que Dieu mais malin
1:20:36 il y a mal dans un malin le contraire d'infiniment bon et c'est la fameuse hypothèse du malin génie et c'est là qu'elle retourne à mort s'il me trompe c'est que j'existe qu'il me trompe tant qu'il voudra il ne pourra me tromper nonobstant que je pense en sorte que la proposition je suis virgule j'existe il n'y a pas encore le donc c'est pas une déduction c'est une illumination je suis virgule j'existe est vrai toutes les fois regardez comme c'est un acte c'est pas acquis rappelez-vous Aragon rien n'est jamais acquis à l'homme ni sa faiblesse ni sa force ni son cœur et quand il croit ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix et quand il veut serrer son bonheur il le broie non non non non oui j'existe c'est une grande trouvaille mais seulement je fais la suite de Descartes toutes les fois que je le prononce ou que je le conçois en mon esprit il faut quand même l'acte de le penser et de le formuler que je le prononce vous voyez il a fallu pour nier cette négation apparemment indéfinie dans laquelle je m'acheminais que je faisais ma descente non pas aux enfers dans le feu mais ma descente
Toute détermination est négation : la liberté du vide
1:21:46 au fond de l'eau c'est lui qui pensait le comparaison de plongeur il a fallu ça pour que tout d'un coup j'ai cette positivité qui me fait remonter à la surface et à la respiration mais la volonté avant d'arriver à cette positivité contient l'élément premier moment de la pure indétermination ou de la pure réflexion du moi en lui-même dans laquelle s'évanouissent toute limitation qui vous dit monsieur je sois un homme c'est une détermination ça j'ai un sexe toute limitation tout contenu regardez bien fourni et déterminé soit immédiatement par la nature je ne sais pas moi la couleur de mes yeux le fait d'être un mammifère les besoins les désirs les instincts ça va avec mammifères la faim la soif la reproduction soit par quelque intermédiaire soit par la culture par l'histoire tu fais un signe de la croix quand tu passes devant une église donc tout contenu fourni et déterminé soit immédiatement par la nature les besoins les désirs les instincts soit par quelque intermédiaire
1:22:56 l'infinité illimitée indétermination infinie terminée finie indéterminée infinie allez c'est plus simple qu'on ne croit l'infinité illimitée pas de limite pas de fin pas de terminaison l'infinité illimitée de l'abstraction et de la généralité absolue vous êtes d'accord tous ceux qui disent je pense sont au même niveau c'est général commun à tous les hommes qui à ce moment là pensent et arrivent à ce stade de leur réflexion si je pense une poule non parce que l'autre il pensera à ce moment là un coq ou avoir quelque chose de tout à fait indépendant des gallinacés non le simple fait que je pense la généralité absolue la pure pensée de soi-même voilà je pense ça le moi et cet acte de pensée c'est un acte c'est pas un être c'est pas des gènes là qu'on se transmet par le sperme non sans doute l'aspect de la volonté définie ici cette possibilité absolue de m'abstraire on va on va monter un peu dans le texte de toute détermination
1:24:08 je ne suis pas un homme je ne suis pas un français je ne suis pas un blanc je ne suis pas bref de toute détermination où je me trouve ou bien où je me suis placé cette fuite devant tout contenu comme devant une restriction car c'est pour ça que je fuis parce qu'à chaque fois si si je me définis par une détermination c'est au détriment d'une autre c'est comme les mots croisés les cases noires comme ça il y a des cases blanches qui posent et des cases noires qui nient il n'y a rien inclusion exclusion une détermination c'est souvenir de Spinoza toute détermination est négation quand je dis ceci est un reptile je suis en train de dire c'est pas un poisson c'est pas un mammifère toute détermination est exclusive d'autres déterminations si je dis que cette feuille est blanche je dis qu'elle n'est pas verte vous voulez que je vous dise omnis determinatio est negatio Hegel
1:25:20 rend souvent hommage à Spinoza pour cet énoncé éminemment dialectique donc cette fuite devant tout contenu comme devant une restriction vous comprenez pourquoi puisque ça exclut et ce à quoi la volonté se détermine c'est ce que la représentation toujours un peu péjorative même beaucoup chez Hegel c'est ce que la pensée commune pose pour soi comme liberté et ce n'est ainsi que la liberté négative je ne suis pas ceci je ne suis pas cela je suis moi moi mais à moi auquel je ne peux atteindre qu'au prix de nier tout ce qui jusqu'ici qui était moi et dont j'ai fait abstraction maintenant pour arriver au pur moi c'est ce que la représentation pose pour soi comme liberté et ce n'est ainsi que la liberté négative ou liberté de l'entendement c'est la liberté du vide dit Hegel elle peut se manifester sous une figure réelle attention on va parler bientôt politique et devenir une passion alors si elle reste simplement théorique si on reste en philosophie dans la spéculation je ne suis que le pur moi je suis un pur projet et tout c'est le fanatisme religieux
La furie de destruction et le Conte de Rimbaud
1:26:31 de la pure contemplation hindoue enfin ça fait de mal à personne sinon à celui qui qui s'isole de toute détermination mais si elle se tourne vers l'action je vous ai dit qu'on n'était pas loin de la politique c'est en politique comme en religion ah si c'est pas actuel le fanatisme de la destruction de tout ordre social existant et l'excommunication de tout individu suspect de vouloir une détermination une limite un ordre ça c'est un bœuf ça c'est un lion ça c'est une femme ça c'est un homme ça c'est un jeune ça c'est un vieux excommunication de tout individu de vouloir un ordre et l'anéantissement de nouveau la négation de toute organisation en voulant se faire jour l'anarchisme absolu si vous voulez vous savez que je ne le confonds pas avec l'anarchisme compagnon de la classe ouvrière et pour lequel j'ai beaucoup plus de respect même si c'est un stade qui mérite d'être dépassé au meilleur sens du terme par lequel il faut passer ça veut dire donc ce n'est qu'en détruisant
1:27:43 que cette volonté négative a le sentiment de son existence attention là les mots comptent ce n'est qu'en niant que cette volonté se pose se pose comme existante mais attention ce n'est pas comme une réflexion une démonstration comme Descartes le fait là qu'il me trompe s'il me trompe c'est que j'existe non c'est simplement détruire pour sentir que j'existe dites-nous oui je sais que ceux qui suivent depuis longtemps ça leur fait penser au personnage de Rimbaud un prince s'était vexé de ne jamais s'être employé qu'à la perfection des générosités vulgaires dans les illuminations c'est postérieur à la saison c'est Rimbaud au savoir absolu ça s'appelle Conte c'est C-O-N-T-E comme des contes pour les enfants il était une fois s'entendait un prince qui s'était vexé de ne jamais s'être employé qu'à la perfection des générosités vulgaires donne un peu aux pauvres il prévoyait d'étonnantes révolutions
1:28:53 de l'amour et soupçonnait ses femmes on parle de l'amour les femmes c'est-à-dire les favorites pour un prince et soupçonnait ses femmes je fais cette précision qui croient qu'il fasse qu'il attente à la féminité en général et soupçonner ses femmes de pouvoir mieux les favorites que cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe il voulait voir l'heure du désir et de la satisfaction essentielle il ne veut pas seulement avoir l'heure du désir il veut la satisfaction ce qui est pratiquement impie n'est-ce pas ?
1:29:38 on sait bien que toutes les analyses Pascal etc. il suffit d'avoir un peu vécu tant soit peu pour savoir que le désir humain ce qui est propre par rapport à tout animal c'est qu'il est à jamais insatisfait sauf par court moment que ce fût ou non une aberration de piété d'être à la fois désirant et satisfait il voulait il possédait au moins il est prince un assez large pouvoir humain pensez aux empereurs romains pensez à la Caligula Néron et ça commence toutes les femmes qu'il connue furent assassinées vous voyez la négation ce que dit Hegel la furie de destruction avant de continuer le conte de Rimbaud je fais un va-et-vient du poétique au philosophique puis alors on prolonge le texte ce n'est qu'en détruisant que cette volonté négative elle sentit dans son existence elle pense qu'elle veut un état positif par exemple l'état de l'égalité universelle ou de la vie religieuse universelle une secte mais en fait elle n'en veut pas de la réalité positive car celle-ci introduit aussitôt un ordre quelconque une détermination singulière il faut manger il faut se nettoyer il faut nourrir les enfants il faut faire la vaisselle
1:30:48 une détermination singulière aussi bien des institutions que des individus alors que c'est en niant toutes ces déterminations cette spécification et cette détermination objective que précisément la liberté négative tout à l'heure il disait avait le sentiment de son existence il dit ici il dit cette liberté négative devient consciente de soi n'est-ce pas par la négation de toutes ces choses limitées ainsi ce qu'elle croit vouloir dans sa tête même de bonne foi peut n'être pour soi qu'une représentation abstraite qu'est-ce qu'il y en a qui au nom d'une idée qu'ils jugent généreuse et bonne dans leur tête font des millions de morts l'histoire et la géographie hélas en sont pleines pleines ainsi ce qu'elle croit vouloir peut n'être pour soi qu'une représentation abstraite et sa réalisation n'être qu'une furie de destruction je vous disais tout à l'heure que le sujet ce n'est pas la conscience la conscience peut être claire à elle-même moi je dis ça mais je suis un brave type ce que je veux c'est améliorer l'état du monde et faire le bien
Le cas du président Schreber selon Freud
1:31:58 de l'humanité on continue ? non je crois que c'est oui non pardon excusez-moi oui si comme je pense ici à la furie de destruction et à tous ceux qui veulent faire le bien de l'humanité quitte quelquefois à faire des millions de morts il y a ceux qui veulent faire le mal qui veulent détruire l'humanité mais il y en a qui font autant de dégâts le subjectif ça ne va pas loin là là je suis obligé de faire intervenir un nouveau personnage haut en couleur si je puis dire et qui à lui seul résume et concentre tout ce que je vais vous dire ce soir sur la négativité à l'intérieur de soi-même allez commençons par sa conscience il s'agit de cet ouvrage ouvrage à part dans toute l'œuvre de Freud il s'agit de cinq psychanalyses qui pour une fois au lieu de raconter un rêve à l'absurde et d'en procéder
1:33:08 à l'analyse pour illustrer tel propos le refoulement la négation la condensation le déplacement là c'est des analyses suivies tout au long de la cure c'est pour ça que le livre c'est touché et il y en a cinq célèbres le petit Hans je passe le cas Dora l'homme au loup l'homme au rat et puis il y a alors écoutez celui dont je vais vous parler c'est incroyable comme il illustre tout ce qu'on a dit auparavant et oui je passe de Hegel à Freud ils ne sont pas concertés d'autant plus objectifs n'est-ce pas ?
1:33:48 alors qui est monsieur le président Schreber d'abord Freud nous prévient il fait une entorse à sa règle habituelle sa règle c'est la talking cure comme on dit en anglais la cure par la parole la parole de l'analysant du patient si on pourrait faire un terme plus courant mais et là pour une fois exception il n'a jamais rencontré la personne en question mais cette personne a écrit le journal de sa paranoïa de son délire de ce pourquoi il a été soigné gravement il a fait des tentatives de suicide mais au départ il était quelqu'un de tout à fait normal et même après il a été guéri et bien c'est quoi ?
1:34:25 oh il y en a plein en Allemagne comme ça c'est un honorable Herr Doktor qui était président de la cour d'appel de Dresden non mais c'est pas un jeune adolescent névrosé non non non au départ c'est une conscience on ne peut plus ordinaire enfin ordinaire éminente dans la société il tient un rang vous allez voir voilà donc il s'agit je lis un petit peu pour le présenter le personnage il s'agit donc vous voyez c'est l'avant-dernière avant l'homme aux loups qui clôt le volume l'avant-dernière des cinq grandes analyses ça s'appelle le président Schreber S-C-H-R-E-B-E-R Schreber il s'agit de l'ex-président de la cour d'appel de Saxe le reste de la musique se trouve en Saxe le docteur en droit Daniel Paul Schreber dans sa confession paru sous forme de livre en 1903 qui si je suis bien informé ont éveillé un assez grand intérêt chez les psychiatres vous allez voir qu'il y a de quoi il est possible que le docteur Schreber vive encore à ce jour bon de toute façon il donne le droit de publier ses mémoires
1:35:35 d'accord alors comme c'est long je vous résume le cas du président Schreber il avait une vie pour avoir un docteur en droit en Allemagne ça bûche d'ailleurs lui dit dans son discours je ne sais pas si c'est vrai mais qu'à l'origine de ces crises il y a un surmenage intellectuel dû au moment où il préparait son accession au titre le plus éminent d'être président de la cour d'appel mais jusqu'à là il est honoré dans sa ville vous savez comme en Allemagne même son épouse on l'appelle Frau Doktor Madame Docteur du tout prestige dont jouissent ceux qui ont le titre de docteur après avoir soutenu leur thèse même la femme même si elle est analphabète il ne faut pas exagérer mais enfin même si elle n'a rien qu'en intellectuel on lui dit Frau Doktor il y a l'inverse on peut dire Herr Doktor je ne sais pas si ça existe mais pourquoi pas je fonde l'hypothèse c'est la femme qui a passé le doctorat qui a soutenu et elle épouse un ignare est-ce qu'on doit l'appeler Herr Doktor je souviens le problème donc soyons sérieux
1:36:45 et voilà que la suite de ce surmenage il a des séquences un peu dépressives pour aller vite et au point d'être hospitalisé se soigner et là commence un délire typique de la paranoïa vous savez que les deux principales composantes de la paranoïa sont la mégalomanie c'est-à-dire une conception inflationniste du moi et bien sûr la notion de persécution on va lui cumuler les deux d'ailleurs ça va souvent ensemble donc pour l'instant les paranoïa il y en a plein mais en quoi consiste l'originalité et la singularité du délire du président Schreber je suis gêné de vous le dire tellement que c'est énorme il décide tout d'un coup lui qui était plutôt un sceptique il ne croyait pas dans l'existence d'un dieu théologique d'un dieu personnel voilà que tout d'un coup il se dit que Dieu l'a choisi entre tous les hommes il y a la mégalomanie déjà pourquoi ?
1:37:52 pour sauver le monde ça va les asiles sont plein de gens qui vont sauver le monde je suis parti de là prendre cet exemple l'affreuse banalité des pires pathologies sauf que pour que le président Schreber soit en mesure de sauver le monde selon les instructions de Dieu il faut qu'il se conforme à la première instruction de Dieu pour ça au préalable c'est qu'il se transforme en femme vous avez bien entendu qui vous dit monsieur que je sois l'honorable herr docteur c'est extraordinaire pour que Dieu et bien oui pour que Dieu me pénètre je n'invente rien je pense à la vérité la décence m'interdit de vous dévoiler mais lisez-le ça existe le président Schreber sa confession son dépôt c'est c'est si inouï à lire dans le détail Dieu s'incarne dans la figure du soleil ça aussi c'est assez banal mais chaque rayon du soleil et bien oui le pénètre c'est ça qui est et puis à la fin il devient critique de Dieu
1:39:03 oui la persécution c'est que Dieu quand même l'expose comme ça à être la risée du monde entier regardez je vais quand même vous lire quelques passages incroyables on a envie de rire mais non mais c'est pas si gai mais en même temps c'est énorme j'avoue c'est énorme bon alors un passage comme ça il a eu un procès pour savoir s'il pouvait garder son rang son titre et il a été acquitté après ce délire parce qu'il a été soigné dans ses requêtes répétées adressées au tribunal requête où Schreber luttait pour sa libération car il était enfermé à la clinique il ne démentait nullement son délire il ne disait pas mais non je vous ai raconté des blagues vraiment et il ne dissimulait nullement son intention de publier ses mémoires il soulignait bien plutôt la valeur de ses idées touchant la vie religieuse et leur irréductibilité de par les sciences
1:40:13 actuelles lui qui a eu une formation scientifique science et de loi maintenant il méprise tout ce qui est scientifique c'est aussi c'est très à la mode en même temps il faisait appel à l'inocuité absolue de toutes les actions auxquelles il se savait contraint par ce qu'impliquait son délire la perspicacité intellectuelle et la sûreté logique de celui qui était cependant un paranoïaque avéré lui valurent le succès en juillet 1902 l'interdiction de Schreber fut levée l'année suivante parurent les mémoires d'un névropathe voilà le titre de sa confession de quelqu'un qui souffre des nerfs mot à mot névropathe il est vrai censurer et mutiler de maint passage important je vous en passe parce que c'est l'ordre scatologique franchement comme Nietzsche Nietzsche à l'hôpital disait qu'en déféquant il est prêt à déféquer sur le monde la mégalomanie encore oui oui c'est pas le Nietzsche d'Onfray de Deleuze alors le jugement c'est le Nietzsche des documents le jugement qui rendit la liberté à Schreber contient le résumé
1:41:24 de son système délirant dans le passage suivant attention c'est l'acte du juge il se considérait comme appelé à faire le salut du monde et à lui rendre la félicité perdue mais il ne le pourrait qu'après avoir été transformé en femme j'ai commencé par la négativité immanente dans le moi mais vous vous rendez compte quelle négativité passer d'un des hommes les plus en vue de la ville de Dresde premier président de la cour d'appel avec sa dignité des cocktails il paraît qu'il était très courtois avec les dames dans les mondanités qu'il faisait preuve d'une mémoire étonnante d'une intelligence parallèlement à son délire tant qu'il s'agissait c'est pas de dire vous êtes sûr que Dieu vous a désigné pour sauver le monde là il aurait dit plus jamais vous vous rendez compte passage de ça à cette honte or il entend souvent des voix c'est typique aussi de paranoïa des voix qui le raillent comme des voix de jeunes filles railleuses à la fontaine les rieuses aux fontaines pour parler d'un très beau texte d'Aragon vous trouverez ça
1:42:34 dans les premières pages de l'admirable la Diane française écrite en pleine occupation les rieuses aux fontaines le rire le fait d'être narquois ceux qui ont lu Tintin le trésor de Rackham le Rouge vous dites qu'est-ce qui fait la Diane qui l'a dit non non mais on n'est pas loin des rieuses aux fontaines rappelez-vous ils débarquent enfin dans l'île où ils croient qu'il y a le trésor on se rapproche que le trésor les attend à Moulinsart d'où ils étaient partis dans l'île tout d'un coup il y a des railleries qui tombent d'un arbre ils lèvent les yeux et c'est des aras des perroquets qui ont appris des tas d'insultes avec l'ancêtre du capitaine Haddock quand il est naufragé sur l'île vous savez Paltoquet, Moule à gaufres Flibustier et je dis ça parce que ce sont des oiseaux et le président Schreber dit j'entendais des voix comme des voix d'oiseaux qui me raillaient comme des sifflements et qui finissaient par dire quelle honte pour un président
1:43:44 de la cour d'appel de se faire pénétrer par Dieu mais quelle honte avec tous les dégâts physiques que ça occasionne et je vous les épargne bon je continue le point culminant du système délirant du malade est de se croire appelé à faire le salut du monde et à rendre à l'humanité la félicité perdue il a été prétend-il voué à cette mission par une inspiration divine directe ainsi qu'il est dit des prophètes je tiens mon fil depuis le début il ne dit pas en fait c'est moi tout ça non il s'aliène il dit que c'est un être extérieur une puissance extérieure c'est Dieu il ne peut pas penser qu'il y a en lui la volonté de se faire pénétrer mais comment j'ai toujours trouvé que les homosexuels etc.
L'aliénation du désir et le narcissisme du moi idéal
1:44:46 c'était une honte etc. comment je peux moi dire que ça vient de moi bien sûr j'accepte de me faire pénétrer par Dieu mais c'est parce que c'est Dieu qui le veut je suis la victime très délire paranoïaque tout ça mais vous voyez encore une dernière aliénation ça ne peut pas venir de moi mais il continue à avoir son narcissisme c'est à dire le culte de l'image qu'il a de lui-même même dans l'abaissement dans le délire scatologique n'est-ce pas de celui qui sert de de partenaire féminin à Dieu j'invente rien il a été prétend-il voué à cette mission par une inspiration divine directe ainsi qu'il est dit des prophètes des nerfs excités justement pardon oui des nerfs excités comme le furent les siens pendant longtemps c'est son délire qui continue aurait en effet justement la faculté d'exercer sur Dieu une attraction les individus qui ont des nerfs excités pendant longtemps je ne sais pas ses révisions ses examens ses concours ses soutenances de thèse tout ce qui a été un peu ses nerfs
1:45:56 à vif font de lui un de ces êtres qui attirent Dieu vous voyez bon je n'invente rien une attraction mais il s'agit là de choses qui ne se laissent pas exprimer en langage humain mais oui pour cause ou alors très difficilement parce qu'elles sont situées au-delà de toute expérience humaine c'est toujours le président qui parle dans son délire et n'ont été révélées qu'à lui seul l'essentiel de sa mission salvatrice consisterait en ceci qu'il lui faudrait d'abord et c'est souligné être changé en femme non pas qu'il veuille être changé alors là ce serait ce serait pas une négation de son identité c'est toujours moi je ne le voulais pas hier je le veux aujourd'hui j'ai changé ah non c'est pas ça c'est contre il est contraint de le faire non pas qu'il veuille être changé en femme il s'agirait là bien plutôt d'une nécessité fondée sur l'ordre universel et vous comprenez pourquoi quand j'ai annoncé la séance de ce soir j'ai tenu à dire que le premier objet de notre refoulement à tous c'est la détermination interne notre premier souci est de refouler tout ce qui viendrait altérer
1:47:07 démentir regardez comme on est confus quand on est démenti ou convaincu de mensonges en public vous êtes dans l'erreur en public erreur au mieux mensonge au pire donc tout notre effort de refoulement consiste à passer sous silence et pour que n'accède jamais à ma conscience tout ce qui pourrait altérer j'y arrive l'image idéale que j'ai de moi l'image forcément idéalisée que j'ai de moi ce qu'on appelle en psychanalyse le idéal ich ich c'est je enfin dans le champ freudien le idéal ich le moi idéal qui est le noyau du narcissisme et sur lequel je ne m'étends pas ici bien que ce soit très lié à notre sujet puisque reconnaître la scission ce que dit Hegel reconnaître la scission à l'intérieur du sujet c'est faire voler en éclats ce noyau de narcissisme inhérent ici à l'humanité et très rapidement j'esquisse ce qui est des éléments qui sont à l'origine de ce narcissisme
La naissance prématurée et le mythe de Prométhée
1:48:17 typique de l'anthropologie comme je l'ai souvent répété l'espèce humaine là je ne suis plus dans la philosophie je suis dans la science ça a été étudié par des physiologues l'espèce humaine fait que nous naissons nous les hommes avant terme avant que la grossesse ait terminé son cycle biologiquement et physiologiquement parlant il y a un inachèvement au moment de la il y a un inachèvement de la de la prénaissance lorsque nous venons au monde autrement dire on a tous une naissance précipitée prématurée et la cause en est ça a été étudié dans l'évolution de l'espèce lorsqu'on est passé de la station quadrupède par laquelle nous sommes tous passés les ancêtres des hominidés dans les arbres lorsque nous sommes passés la station bipède les os du bassin se sont rétrécies et l'accouchement en particulier je passe ici au bassin de la femme l'accouchement est devenu beaucoup plus difficile problématique et douloureux dans l'espèce humaine tu accoucheras dans la douleur je vous ai dit la théologie est sérieuse pardon c'est Rimbaud
1:49:27 qui l'a dit que comme je vous ai dit que j'ai vu dans la savane africaine des petits gnous des bébés gnous des nouveau-nés gnous ou d'antilopes ou de cob comme de buffon comme de façade qui tombaient du ventre de la mère que le coup de foie c'est haut je boum je se ramasse la terre est molle mais quand même et qui au bout de quelques heures maladroitement était prête très rapidement un ou deux jours à détaler avec le troupeau si une menace surgissait combien de temps met-on à se tenir sur nos jambes et à courir inachèvement et c'est ce moins qui fait le plus de l'homme ah voilà la dialectique c'est le mythe de Prométhée par nature l'homme n'avait pas le camouflage comme l'ours blanc au pôle n'est-ce pas ou le camouflage variable comme le poulpe n'est-ce pas ou la sèche ou le calmar il n'avait pas des griffes pour se creuser un abri n'est-ce pas comme le blaireau quelques heures ça fait des terriers
1:50:38 il n'a pas des plumes il n'a pas des poils il n'a pas des écailles il est nu comme un ver et c'est de ce moins que lorsque Epiméthée dit à Prométhée oh là là Zeus m'a dit distribuer les qualités aux animaux je m'y suis mal pris arrivé à l'homme j'ai plus rien vous savez que Prométhée lui a dit je résous le problème il est monté à l'Olympe vous connaissez la suite il a volé le feu au Dieu vous voyez c'est quelque chose qui n'est pas naturel quelque chose qui vient des dieux c'est quelque chose de supranaturel qui a permis à l'homme de convertir ce moins en plus de nier sa propre négation autrement dit l'homme n'était pas viable biologiquement parlant il n'aurait pas survécu longtemps s'il n'avait pas eu allez on va maintenant donner un contenu au feu parce que ça c'est les images le feu même si c'est au sens propre c'est le feu de forger les métaux de l'homme homo faber de la praxis humaine qui commence à partir de là mais on va donner un contenu c'est parce que justement il est dépourvu comme individu il n'est pas viable que c'est le relais social ne serait-ce que
1:51:48 les soins de la mère les soins de la nourrice les soins de la famille le fait qu'ils ne naissent pas jetés comme ça sur une litière ou sur la savane mais qu'ils naissent dans une maison dans un landau dans une température calculée quand c'est possible on n'est pas à Gaza quelle inhumanité c'est donc quand il y a toutes ces conditions que l'homme s'humanise que l'animal humain s'humanise c'est la relation à l'autre en particulier le langage qui très rapidement de regarder les efforts que fait bébé le plus rapidement dans son gazouillis lorsqu'il arrive à avoir le canal il fait des sons mélodieux mais pas encore le code pas encore la langue n'est-ce pas mais les efforts qu'il fait pour quitter ce monde souffrant d'où il est issu qui est un monde de détresse « Not »
1:52:44 en allemand très difficile à traduire détresse abandon déréliction comme Jésus au mont des Oliviers abandonné par Dieu et par les hommes n'est-ce pas et même par ses disciples qui dorment l'esprit est prompt mais la chair est faible c'est de cet abandon que bébé essaye de sortir et d'être dans ce paradis qu'il entrevoit nous on sait que ce n'est pas un paradis mais pour lui c'est déjà échapper à toutes ces forces qui menacent de le nier de l'engloutir et de le supprimer et accéder à cette négation de la négation qu'est la sphère anthropologique voilà je voulais préciser ça et pour m'attarder sur le président je vais peut-être un instant je regrette de mettre mes écouteurs quelques secondes parce que je dois demander à Pierre Alain remarquez l'heure non l'heure je n'ai pas besoin de lui je ne vais pas le déranger je peux très bien savoir l'heure qu'il est voilà alors il est donc 17h14 et moi je vous tiens la grappe depuis 15h n'est-ce pas ?
Lecture de Bonaventura et annonce de la suite
1:53:54 donc on verra la suite je voulais commenter un dernier texte je ferai les poèmes et ce texte-là la prochaine fois notre programme est tout tracé parce que c'est compliqué ce qu'on a vu donc ça mérite d'être creusé et de revenir sur les mêmes exemples mais je vous lis quand même le texte que je n'aurai pas le temps de commenter de ce personnage qui fait partie du mouvement des romantiques allemands mais dont on ne sait toujours pas qui sait mais qui a pour pseudo Bonaventura un pseudo italien la Bonaventure et qui dans sa fiction est un veilleur de nuit et qui raconte chacune de ses veilles par écrit comme ça n'est-ce pas ?
1:54:38 et la dernière de ses veilles il dit ceci certains ont pensé à Schelling et moi je pense souvent à Hegel à la négation à l'égard du moi lui-même vous allez voir vous allez comprendre c'est beaucoup plus clair maintenant derrière le masque et ses œillades amoureuses le carnaval n'est-ce pas ? l'illusion la tête de mort ne fait jamais défaut et la vie c'est seulement la marotte tintinabulante une tête de bouffon avec des clochettes tintinabulante et la vie c'est seulement la marotte tintinabulante que revêt le néant pour s'amuser de ses clochettes avant que de la déchirer sauvagement et pour finir la rejeter au loin tout n'est rien hyper dialectique tout n'est rien et attention pensez au carton à l'image de le tableau de Goya du temps qui dévorant ses enfants se dévore n'est-ce pas ?
1:55:47 nous dévore et se dévore n'est-ce pas ? tout n'est rien et s'engloutit soi-même en s'étouffant à s'avaler trop vite avec gloutonnerie bon sang on dirait qu'il commente le tableau de Goya vous vous rendez compte ces fantastiques de le romantisme allemand n'est-ce pas ? et la peinture espagnole tout n'est rien et s'engloutit soi-même en s'étouffant à s'avaler trop vite avec gloutonnerie et il n'est pas jusqu'à cette auto-dévoration qui ne soit une perfide illusion donc on supprime même cette illusion un duel de miroirs spéculum comme s'il y avait quelque chose car si jamais en effet la vie se hâte à s'avaler voulait un instant s'interrompre le néant aussitôt se manifesterait si la plante s'arrête de sucer ses minéraux elle s'étiole elle se dessèche et elle disparaît le néant aussitôt se manifesterait et significativement que vous en seriez saisi d'épouvante c'est ma dernière phrase les fous je sais s'il y en a eu de le romantisme allemand entendent et voient derrière cette interruption
1:56:57 l'éternité voilà ce que nous commenterons j'espère la prochaine fois je ne sais pas s'il y a des questions mais s'il y en a je suis prêt à recevoir mais Pierre Alain m'avait dit qu'il n'est pas évident vu l'heure inhabituelle à laquelle elle a commencé je vous rappelle que Pierre Alain nous fait la gentillesse de driver si je peux dire en bon français ce direct depuis son hôtel à Séoul parce que là-bas il est plus de 22h bien plus de 22h il y a 8h de décalage voilà et où il est en mission on pourrait faire une conférence et sur ses compétences en immersivité si je peux risquer ce barbarisme et si ce n'est pas le cas et s'il n'y a pas de questions je vous dis d'abord que je vous remercie de votre fidélité je remercie tous ceux qui ont été patients quand nous avons dû annuler les sessions annoncées la semaine dernière avant que Youtube ne finisse par dire que l'erreur venait d'eux très courtoisement et de nous rétablir rétablir notre connexion
1:58:08 et d'être de nouveau en ligne vous remercie de votre fidélité de vos commentaires de votre soutien et vous remercie d'être présent à la prochaine fois on va essayer de faire en sorte que ce soit à des heures non ouvrées voilà je vous remercie et je vous dis à la suite de ce feuilleton difficile mais palpitant très bientôt j'annoncerai le second épisode de cette nouvelle série sur la détermination interne et le fait que nous devions la refouler très bonne soirée et merci à tout le monde et merci à Pierre-Alain de la fin