Le texte de la séance
60 / Les sirènes disparurent devant sa fermeté et c’est précisément lorsqu’il fut le plus près d’elles qu’il ignora leur existence. Mais elles plus belles que jamais, s’étirèrent, tournèrent sur elles-mêmes, laissèrent leur terrifiante chevelure flotter librement au vent et leurs griffes se détendirent sur le roc. Elles ne désiraient plus séduire, elles ne voulaient plus retenir que les grands yeux d’Ulysse. Si les sirènes avaient eu une conscience, elles se fussent alors anéanties. Mais, telles qu’elles étaient, elles restèrent. Seul Ulysse leur a échappé (...) Il est possible — encore que l’intelligence humaine ne puisse le concevoir — qu’il ait réellement remarqué que les sirènes se taisaient et qu’il n’ait usé de la feinte décrite ci-dessus que pour leur opposer, à elles et aux dieux, une espèce de bouclier. 20
