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Deux thèmes soumis au vote pour le second semestre
1:30 Bonsoir tout le monde, on m'entend je crois. Bonsoir chers amis, réponse aux questions suite. Ce qui fait que objectivement je fais une pause dans notre feuilleton sur la mémoire et l'anamnèse et l'amnésie. Encore que je suis sûr que dans mes réponses aux questions, parce qu'il y en a qui ont la gentillesse de me poser des questions en rapport avec le thème que nous étions en train de traiter. Et puisqu'on parle de thème, pardon je commence une mégaresse, mais je ne voudrais pas perdre trop de temps, vu que les questions ont été nombreuses et que je voudrais essayer de satisfaire le plus possible de celles et ceux qui ont la gentillesse de s'impliquer activement.
2:25 Et dans l'association et dans le site, puisque je vois que le site a eu pas mal de succès, je dirais même beaucoup. Et ce qui me fait très plaisir, il est fait pour ça, pour qu'on s'en sert, pour son invite à l'interactivité. Et alors oui, à propos de thème, j'en profite pour vous annoncer une nouvelle solennelle. Je m'explique. Vous savez que nous avons procédé à une petite consultation entre nous, entre vous, entre nous, pour savoir sur quel thème, pour vous impliquer dans la réponse à la question sur quel thème, je vais continuer mes causeries à partir de janvier prochain.
3:09 Du premier trimestre 2021. Et bien sûr, étant démocratique, mais pas laxiste, je limite le choix à deux options. C'était ou bien sur la demande insistante, je le dis, de certains, dont notre cher régisseur en chef Philippe Monroe, d'exposer une bonne fois pour toutes au moins le pitch intégral du ring.
3:48 Au moins le pitch intégral, plus bien sûr son exploitation philosophique avec des illustrations musicales. C'est vraiment un gros morceau et extrêmement riche. Parce qu'à très juste titre, il me disait, tu nous en sors morceau par morceau, en présupposant à chaque fois qu'on connaît les tenants et les aboutissants, ou en renvoyant à plus tard, plutôt que de le renvoyer aux calendes. Pourquoi ne pas exposer cette histoire qui est, qu'elle mérite, un peu comme la quête du Graal chez Chrétien de Troyes, au XIIIe siècle, qu'elle mérite d'être, ou je dirais l'épopée de Gilgamesh, n'est-ce pas, ou n'importe quel grand cycle tragique grec.
4:30 Donc on avait bien fait une année, toute une année d'ateliers sur le Phèdre de Racine, si certains se rappellent. Vous voyez qu'on n'est pas confiné à un seul répertoire. Donc ce serait l'occasion d'exploiter l'immense potentiel de cette œuvre, qui en plus serait Wagner est mort, exactement la même année que Marx en 1983. C'est vraiment l'époque où notre modernité est en train de se jouer là. Et donc, pour ne pas perdre trop de temps, je vais revenir un petit peu au rythme, mais l'autre thème c'était, et ça, ça me tient à cœur depuis longtemps, parce que je l'ai traité en partie, mais pas assez, et il me semble que l'importance de l'enjeu n'est pas assez perçue, et c'est pourtant pour moi le plus actuel philosophiquement, politiquement, je dis bien philosophiquement et politiquement, pas en sacrifiant l'un à l'autre, en gardant bien toutes les spécificités de l'une comme de l'autre, de la philosophie comme de la politique, comme du politique,
5:40 comme on voudra, et même d'un point de vue civilisationnel, je fais allusion à cesser d'avoir, de buter sur un abîme infranchissable, lorsque l'on veut passer des sciences dites dures aux sciences humaines ou vice-versa, n'est-ce pas, lorsqu'on veut instaurer dans les sciences humaines une rigueur tant soit peu comparable à celles qu'on ne conteste pas dans les sciences dures, même si cette rigueur est beaucoup plus subtile, plus complexe et moins mécanique, qu'on ne croit bien sûr.
6:21 Je ne vais pas commenter d'une manière trop précise ce qui n'est pas de mon domaine. Voilà, donc, nous avons procédé une petite consultation, et aux dernières nouvelles, je n'ai pas encore fait mon annonce sur l'année, aux dernières nouvelles, Pierre-Alain, très gentiment, depuis Reykjavik, vous savez, où il reçoit vos courriers, et qui nous en informe bien rapidement, merci la technologie, nous fait le pointage, un petit peu, des résultats à chaque fois, et il nous dit, à ce jour, donc, voilà où on est là, à ce jour, de ce grand référendum, il y a une légère avance de ceux qui souhaiteraient traiter le deuxième sujet, mais en gros, ça se tient, c'est presque 50-50 entre le sujet scientifique, on va dire pour simplifier, qu'il s'agisse des sciences de la nature ou des sciences humaines, et du ring, ou anneau du Nibelung, ou tétralogie, etc.
Traiter les deux : Nerval, Lévi-Strauss et l'abîme kantien
7:26 Eh bien, l'annonce solennelle, je vous la fais maintenant, c'est que je vais faire les deux. Je ne sais pas, ça fait un scoop, parce que personne ne le sait, non pas comme ça, parce que, par loufoquerie, n'est-ce pas, même si je conçois qu'il y en a qui puissent trouver ça loufoque, mais non, très sérieusement, parce que c'est peut-être la manière idéale de traiter le second thème, l'articulation des sciences de la nature et des sciences humaines, leur domaine respectif et leur exigence commune de rigueur, même si ce n'est pas la même rigueur, mais je ne poursuite pas pour ne pas anticiper sur le traitement de ce thème, ne peut être mieux comprise qu'en étant illustrée et incarnée à travers un exemple, comme je l'avais déjà fait, mais à une échelle beaucoup plus petite que le colossal anneau du Nibelung, et ses quatre journées, avec les deux passages de Nerval, l'un pris dans un rêve d'Aurélia, l'autre dans un chapitre
8:38 de ses déambulations dans le Valois, une déambulation journalistique au sens strict, puisqu'il est en train d'envoyer ses comptes rendus de balade au journal Le National, et c'est comme ça qu'on a eu la nouvelle angélique, et je montrais que le rapport du texte 1 au texte 2, ou du 2 au 1 d'ailleurs, vous allez voir pourquoi c'est réversible, et là on rentre dans les sciences dures, et consistait à multiplier par moins 1 l'un des deux textes et on obtenait l'autre.
9:11 Pour ceux pour qui ça paraît énigmatique ou arbitraire, doivent se reporter à ces textes-là et ça leur sautera au visage, si je puis dire. Très rapidement, le premier texte se passe à l'automne, au coucher de soleil, le narrateur sort de l'église de Senlis qu'il visite pour nous en nous la décrivant, il fait un petit peu une petite relation de balade, de voyage, un petit guide touristique, toujours à la quête de son livre, et il voit des petites filles chanter sous la direction d'une jeune fille sur les marches de l'église.
9:50 Nous sommes le jour des morts, tout ce qu'on a appris dans le contexte, donc un 1er novembre, cette saison, tout ça, et sous un rayon de soleil couchant, j'ai pu admirer les vieilles tours des Romains démolis, revêtus de lierre, voilà, je ne vais pas m'attarder, mais ça veut dire les bâtiments sont en ruine, les tours des Romains, les vieilles tours des Romains, la journée décline, sous un rayon de soleil couchant, nous sommes à l'automne, l'année décline, et une des petites filles se met à chanter, je cite, avec une voix faible, mais bien timbrée, et très vite, je ne m'attarde pas, ils n'ont qu'à se reporter aux vidéos où j'ai traité ça, maintenant qu'ils ont la chance d'avoir, grâce à Pierre-Alain, un référencement, ils peuvent trouver ça d'un seul clic, le passage exact des vidéos qui s'y rapportent, dans notre feuilleton sur l'Angélique Nerval, pour donner un repère pour la recherche, et dans le second texte, nous sommes non pas à l'automne, mais au printemps, ce qui n'est pas une saison différente de l'automne, mais exactement son inverse, comme je vous dis, vous dites bien par moins un, nous sommes,
11:00 la lumière n'est pas déclinante, mais je cite un jour, trois fois plus brillant que le jour naturel entrait par les croisées et irradiait les pièces, deuxièmement, troisièmement, oui, je ne vous l'ai pas dit dans le premier texte, la végétation a été caduque, et oui, on était en automne, la nature inconstante de nos pays froids, et alors que dans le second texte, il parle d'arbres où il faut mettre des tuteurs dessous tellement que les branches ploient sous le poids des fruits, donc au contraire, une végétation extrêmement vivace, une biologie tout sauf déclinante, et il n'y a plus le narrateur, c'est-à-dire un adulte, un homme adulte entouré de petites filles, mais il y a au contraire le narrateur comme un enfant dans le rêve entouré de trois grandes dames.
11:50 Vous voyez, c'est incroyable, mais ça arrive, alors que les deux textes ne se font pas, il n'y a aucune allusion à l'autre texte dans le premier, et vice-versa, n'est-ce pas ? Si je puis dire, Wagner, Nerval ne s'est pas donné le mot. Donc, je voudrais, si on a pu le faire sur deux pages de Nerval, c'est une œuvre exceptionnellement riche dans le champ symbolique de Nerval.
12:21 Alors, vous imaginez que dans le ring de Wagner qu'il met en scène, n'est-ce pas, tout un siècle de mythologie germanique en les mixant avec toute la mythologie grecque, gréco-méditerranéenne que la plupart d'entre vous connaissent dans ces grandes lignes, et avec l'aval d'un Lévi-Strauss, pour ceux qui croient que je m'amuse, dans Lévi-Strauss, qui est quand même connu pour avoir introduit des modèles mathématiques dans l'analyse combinatoire dans l'étude des mythes, à ma connaissance, et qui fonctionne dans les études de parenté.
13:01 Je rappelle que Lévi-Strauss a dit dans sa préface qu'il appelle « Ouverture sous le signe de la musique » à son ouvrage « Le cru et le cuit » que Wagner était le père irrécusable de l'analyse structurelle des mythes. Donc, pourquoi ne pas montrer qu'il peut y avoir une rigueur dans les sciences humaines, une prévisibilité, une détermination ? Alors, pour les anglo-saxonistes, je n'ai rien contre les anglo-saxons, je n'ai jamais été raciste, mais je parle de l'idéologie dominante anglo-saxoniste qui les fait défendre empiriste, pragmatique, néo-positiviste, et j'en passe.
13:37 Les philosophies analytiques, même d'origine anglo-saxoniste, passons à la dominante nordique, protestante et puritaine sur l'idéologie contemporaine et sur la planète. Je reviens à la falsifiabilité, la falsicabilité, on peut faire la néologie qu'on veut, qu'une théorie pour être scientifique doit pouvoir être falsifiable.
14:09 Bon, même Popper, n'est-ce pas, qui est un anti-marxiste acharné, c'est pour ça qu'il a ce succès, parce que par ailleurs, il n'a jamais fait progresser un seul concept, que je sache, je veux dire, ni celui de substance, ni celui de sujet, ni de prédicat en philosophie. Philosophie, je ne m'occupe pas des disciplines scientifiques, ce n'est pas ma partie. Mais comme lui, il prétend être pertinent et surtout, c'est thuriféraires en font une autorité en philosophie, je rappelle que même son exigence n'est pas d'un discours qui puisse être falsifiable est satisfaite ici.
14:39 Donc, je veux dire, c'est l'occasion ou jamais, peut-être, de forcer le passage du Nord-Ouest, le fameux passage du Nord-Ouest, si vous voulez une métaphore, ou, si vous en voulez une autre, c'est l'occasion de jeter une frêle passerelle sur ce que Kant appelait l'infranchissable abîme qui sépare la raison théorique, Newton, de la raison pratique, Rousseau, la physique, de la politique, par exemple.
15:11 Voilà, j'annonce le programme, n'est-ce pas, dans ses grandes lignes, je ne le traite pas. Mais, j'en profite parce que il y a déjà matière à répondre à des questions dans ce que je viens d'annoncer un peu à la cantonade. là encore, je vais être rapide sur les questions qui sont à peine des questions ou qui très gentiment sont des salutations ou des choses comme ça. enfin, quand même, si, il y a une de nos amis qui est très, très, très fidèle et très assidue et très…
Bouddhisme, Tibet et Troisième Reich
15:50 Je pense à Marielle Euglue, je donne ici son pseudo, bien sûr, qui habite en province, et qui me dit… Bon, je lis la question intégralement lorsqu'elle n'est pas très longue. Bonjour Dominique, je m'informe et m'interroge sur les liens entre théosophie, Krishnamurti, anthroposophie, Steiner, fascisme, nazisme, éco-fascisme, new age, ésotérisme, médecine alternative et certains autres courants dits écologistes de la deep ecology.
16:21 Et cela me rappelle à vous, évidemment. Je vois que Marielle ne fait pas trop de contresens, sur mon propos. Merci. J'ai en mémoire un de vos ateliers pendant lequel vous mentionniez une citation de Goethe, il me semble, à l'entrée d'un camp de concentration. Oui, Marielle, je vais y revenir. De laquelle s'agit-il ? J'ai la mémoire qui flanche. Un grand merci à vous. Bon dimanche. À très bientôt. Marielle, PS, encore bravo. Alors, je me permets de le dire, non pas pour nager dans le bonheur, encore qu'une vanité flattée, c'est jamais désagréable, mais c'est que ce n'est pas à moi, mais surtout à toute l'équipe pour ce nouveau site bien plus riche qu'une mine d'or.
17:04 Alors, je suis très content, encore une fois, je ne suis jamais aussi content que lorsque je vois quelqu'un qui s'adresse à nous comme à un collectif, surtout pour dire qu'il est performant. Voilà. Donc, je réponds très rapidement oui, oui. Alors, avant de dire oui, non, je ne suis pas en train de dire que je suis nazi parce que je suis bouddhiste, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je connais bien l'enseignement du Bouddha, j'étais en plein dedans quand j'avais 16 ans. vous voyez, je veux dire, voilà.
17:35 Il est vrai que j'étais un peu réactionnaire à l'époque, mais enfin, c'est un euphémisme, mais cet âge est sans pitié, comme dit la maxime populaire. Mais on peut très bien, l'enseignement du Bouddha lui-même n'a rien de nazi comme vous connaissez ses textes, c'est plutôt au contraire un dépouillement, bon bref, et une immense commisération pour la misère de ce monde. Très rapidement, si je ne suis pas resté là, c'est parce que le salut ou la libération, il y a des tas de mots pour ça dans le sanscrit, sont, dans le bouddhisme, sont négatifs, si je puis dire, non pas du tout au sens moral, mais dans le sens un peu comme ce qu'on appelle apophatique en philosophie.
18:31 Par exemple, lorsque les moines lui demandent qu'est-ce que c'est le Nirvana, les bhikkhus, comme on dit, il répond on n'y est ni couché ni debout, il n'y a ni gauche ni droite, il ne comporte ni haut ni bas, il n'en parle que par négation, c'est une approche que Platon a utilisée dans le Parménide pour parler de l'être, donc parler que négativement, il n'est ni ceci ni cela, voilà, c'est comme si on disait qu'est-ce que Dieu, il n'est ni visible, ni mortel, ni représentable, je ne sais pas, bref, ni dans l'espace, ni dans le temps, et ainsi de suite.
19:06 donc, je ne suis pas en train de dire que tout ça est nazi, ce serait... Par contre, historiquement, il y a des liens entre l'institution politique tibétaine, oui, celle dirigée par le Dalaï-lama historiquement, pendant les années 30, et le Troisième Reich, des liens très étroits, alors si Marielle veut en savoir plus, je l'envoie à un excellent site, à mon avis, l'un des plus complets, il y a des ouvrages en plusieurs volumes, là-dessus, c'est très bien documenté, et on ne peut pas cacher le soleil avec son doigt, comme dit le proverbe africain, mais je la renvoie à un site, ça est très bien développé, qui s'appelle tout simplement Tibédoc, c'est très, très, attendez que je ne dise pas de bêtises, voilà, c'est ça, donc, c'est un site qui vous fait
20:17 l'historique très précis, presque au jour le jour, des expéditions qui ont eu lieu en plein Troisième Reich, surtout à la fin des années 30, avec la bénédiction de Himmler, le fondateur et le grand patron des SS, pour aller, faire une, soi-disant, de l'archéologie, mais surtout, identifier des frères de race, parce qu'il y a tout ça, les Indo-Européens, il y a tout ce délire fondé par les Allemands, c'est Auguste Guillaume Schlegel, à l'époque de Hegel, à l'époque de Romantique Allemand, qui a produit la notion d'Indo-Européen, ce qui n'est pas un délire, parce que c'est un grand savant, Auguste Guillaume Schlegel, du point de vue strictement linguistique, d'accord, mais attention, la langue officielle de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, c'est le français, ce n'est pas pour ça que ça définit une race, n'est-ce pas, on peut être francophone et sénégalais, n'est-ce pas, je dirais même que si tous nos présentateurs de télévision en France avaient un français aussi excellent, n'est-ce pas, que celui de mes amis sénégalais, j'en serais fort aise, entre autres.
21:26 Donc, je la renvoie à ce titre qui s'appelle Tibédoc, en un seul mot, T majuscule, après Tibédoc en minuscule et doc avec D majuscule au C, voilà. Vous n'en croyez pas ni vos yeux ni vos oreilles, quand vous regardez le site, en plus, qui est très riche en iconographie, en photo de l'époque.
Buchenwald aux portes de Weimar
21:56 Donc, voilà, quant au camp de concentration, la formule de Goethe, c'est bien simple, alors il faut que je le fasse, voilà. Elle a superposé deux souvenirs différents, mais effectivement, c'est lié. C'est lorsque j'ai visité le camp de Buchenwald, ce qui veut dire, littéralement parlant, le bois de hêtre. Buchenwald, c'est le camp de la concentration.
22:26 c'est ou un livre ou des hêtres, en allemand. Buchenwald, c'est un bois, une forêt, c'est là que vient le wild en anglais, wild, sauvage, bref, Wald en allemand. Lorsqu'on a visité le camp de Buchenwald, qui est à trois kilomètres de Weimar, j'insiste, pourquoi ? Parce que Weimar, historiquement et culturellement, c'est le sommet du contraire de la barbarie.
22:56 c'est le sommet de l'humanisme allemand, sur la place centrale du vieux Weimar, comme une ville merveilleuse, ce genre de petite ville, ce n'est pas une grande cité comme Munich ou Hambourg ou Berlin, mais c'est une petite ville de Thuringe, merveilleuse, dans laquelle il y a sur le théâtre national de Weimar, où s'est créée la littérature allemande, pratiquement dramatique allemande, à la fin du XVIIIe siècle, au début du XXe, bien sûr, autour du duo prestigieux de Goethe et de Schiller, et vous avez la statue des deux amis et des deux plus grands classiques, car en Allemagne, c'est considéré comme des classiques et pas comme des romantiques, ils étaient plutôt méfiants à l'égard des romantiques, d'ailleurs, Goethe et Schiller, qui se tiennent par la main une statue devant le théâtre national, ça c'est Weimar.
23:47 Or, je vous renvoie, et je la renvoie aussi, Marielle, à un autre site excellent qui s'appelle Les Amis de Georg Lukács, à l'origine, mais vous mettez simplement le fascisme allemand et Hegel. Georg Lukács, le fascisme allemand et Hegel. Vous mettez ça sur Google et vous allez tomber sur une extraordinaire documentation faite par Lukács lui-même, par le grand philosophe marxiste hongrois, où il vous cite alors là des pages entières de philosophes nazis nommés vraiment par les autorités du Reich pour expurger tout ce qui était humaniste, progressiste, Hegelien, marxiste, n'en parlons pas, vous voyez.
24:35 et tous disent que l'ennemi, c'est l'humanisme de Weimar. Vous voyez ? C'est-à-dire les ennemis, c'est Goethe et Schiller, c'est-à-dire le classicisme allemand, c'est-à-dire Goethe est un grand ami de Hegel. Ils n'étaient pas tout à fait sur la longueur d'onde, mais ils sont unis, tous les deux, ils détestaient le nationalisme allemand qui pointait déjà les oreilles, au point que la Deutschtum, ce qui veut dire, si vous voulez, la germanité, comment on dirait, la francitude, je ne sais pas.
25:08 Bon. La Deutschtum, Hegel, en faisant un jeu de mots, appelait ça la Deutschdumm. Dumm veut dire idiot en allemand, la stupidité allemande. Vous voyez ? Bon. Donc, je ne m'attarde pas, sinon il faudra un fusil pour m'arrêter, c'est des sujets intéressants, importants, et qui aident tellement à comprendre beaucoup de choses aujourd'hui. Disons que je terminerai cette parenthèse sur l'Allemagne de Weimar avec cette citation d'un Français beaucoup plus récent, il s'agit de François Mauriac, qui est un compagnon de De Gaulle, bien sûr, et ce n'est pas mon camp, c'est un homme de droite catholique, voilà, mais qui a dit j'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux.
25:54 Vous voyez ? Vous vous faites lyncher en répétant cette formule dans l'Europe d'aujourd'hui. Bientôt, on ne pourra même plus le dire, autrement, ça va. Donc là, on revient au fascisme et au néofascisme qui pointent. Donc, je visitais le camp de Buchenwald, vous voyez, et à l'entrée, les autorités, c'était à l'époque, bien sûr, de la Deutsche Demokratische Republik la DDR, ou l'Allemagne de l'Est, comme vous voulez, l'Allemagne communiste, l'Allemagne orientale. Bref, un État qu'on m'a pris. Ben oui, on peut vous prendre votre maison, votre femme, mais là, vraiment, on m'a pris un pays.
26:27 C'est quand même extraordinaire. Et à l'entrée du camp, les autorités, sans aucun commentaire, effectivement, avaient placé sur un écriteau une citation de Goethe qui se promenait souvent, on est aux portes de Weimar, mais pas à Buchenwald. Quand on se promène sur la Buchenwald, c'est une espèce de petite éminence, une colline, on ne peut qu'avoir le cœur rempli de grands sentiments, sous-entendus humanistes, devant ce paysage, vous voyez, presque comme une terrible dérision.
27:03 Là, à trois kilomètres du sommet de l'humanisme allemand, il y a le paroxysme de la barbarie, non pas allemande, cette fois, mais nazie. N'est-ce pas ? Voilà. Je précise donc, j'ajoute une précision au souvenir un peu flou qu'elle disait lui en restait. voilà, je passe assez rapidement. Merci beaucoup, Marielle, nous aurons l'occasion certainement de nous retrouver.
Question : la techno sert-elle la contre-révolution ?
27:33 Et je passe à Romain Brouset. Alors, Romain Brouset, sans doute un jeune homme, mais jugé plutôt. Je vous lis sa question. C'est un peu plus long et ça concerne les musiques consommées majoritairement par les jeunes aujourd'hui. Vous voyez, il arrive souvent de pourfendre, en particulier, vous écoutez le court-métrage que Aliocha et Pierre-Alain ont eu la gentillesse de filmer la fausse sur le site.
28:07 Bonjour, je souhaitais poser une question à M. Pagani. Ayant regardé quelques conférences et vidéos de votre association, je me suis rendu évidemment compte de la connaissance musicale, ta ta ta. Ainsi, je me posais la question, étant directement impliqué, s'il avait étudié et souhaitait partager une analyse. je vous l'ai été tellement comme il est formé, n'étant pas du tout de ce domaine, en espérant ne pas être trop maladroit, s'il avait étudié la musique techno, la trance, ainsi que les styles rattachés. Je n'ai pas énormément lu, mais je crois que le rock, j'aime beaucoup la franchise de Romain, avec, j'aime beaucoup les gens qui se jettent à l'eau comme ça, mais je crois que le rock avec l'américanisation croissante, commençant au plan Marshall, était un nouveau code d'intégration à la société libérale libertaire.
28:55 On voit que Romain, il dit qu'il n'y a pas énormément lu, mais enfin, il a lu Clouscard. Il faut déjà écarter les obstacles pour en arriver à Clouscard dans le blackout contemporain. Je me demandais si ces musiques plus récentes, plus récentes que le rock, si bien entendu, je présume, techno, électro, etc., s'inscrivaient dans la même démarche et la même analyse, ou s'il y avait quelque chose en plus. Je vous le dis tout de suite, c'est ce qui m'a beaucoup touché dans l'intervention de Romain, c'est sa franchise et en même temps le fait qu'il soit partagé entre son investissement dans ses musiques actuelles, c'est comme ça qu'on les appelle, je les ai fait la dernière fois au ministère de la Culture, sous direction des musiques actuelles, son investissement et en même temps sa conscience politique plutôt aiguë, puisqu'il dit je n'ai pas non plus envie d'être du côté de la contre-révolution en les écoutant.
29:52 Voilà, alors, rassurez, je me demandais si ces musiques plus récentes s'inscrivaient dans la même démarche, celles que critique Clouscard, celles du rock, répétitifs, réactionnaires, qui ont dit que c'est une contestation de l'ordre établi, alors que Clouscard montre que c'est la soumission la plus mécanique à l'ordre établi, ou s'il y avait quelque chose en plus, parce que j'ai le sentiment, en plus, il est très nuancé à sa manière de s'exprimer, il ne dit pas j'ai la certitude, j'ai réfléchi, j'ai démontré, non, j'ai le sentiment, peut-être erroné, qu'il y a quelque chose en plus, déjà, dans l'utilisation des drogues, il veut dire, le contexte le montre après, il veut dire que même s'il y a des drogues, avant il y en avait dans le rock, bien sûr, et maintenant, n'empêche que, on ne les vit pas de la même façon, je reprends son texte, durant ces événements, il y en avait déjà, avant je m'en doute, mais différentes, je crois, ce que j'ai remarqué, c'est que dans le rock, les chanteurs cassaient leur guitare sur scène, vous n'hésitez pas à faire n'importe quoi, alors que dans les raves, je présume qu'ils parlent des rave-parties, bien sûr, il y a une ambiance plus de respect, il a mis des guillemets à respect, je n'ai pas connaissance
31:02 d'un DJ cassant sa table de mixage pour créer l'euphorie, on consomme, mais pas trop non plus, pas partout, bien sûr, on boit, mais il faut toujours s'amuser, pas être trop entreprenant dans la danse, être les uns sur les autres, mais pas trop intrusif, bref, j'ai envie de dire bref, la rave party est décrit par Romain comme le loupard vient de tempérer, c'est très riche, et je ne sais pas s'il a fait exprès, mais c'est très dialectique, pas être trop entreprenant dans la danse, être les uns sur les autres, bon, je me demandais si cela avait aussi à voir avec la musique en tant que telle, vous voyez, pour l'instant, c'est bien construit, il a parlé des comportements, casser les guitares ou pas, se shooter à mort ou y aller mollo, idem avec l'alcool, et maintenant, et si on parlait musique, parce qu'après tout, c'était ça le sujet, on n'a pas, pour l'instant, dit en quoi ces musiques en tant que musique, n'est-ce pas, et c'est ça qui m'intéresse, pouvaient être contestataires ou au contraire soumises, n'est-ce pas, à l'idéologie dominante, donc, je me demandais si cela avait aussi à voir avec la musique
32:12 en tant que telle, dans le gabber, par exemple, aux Pays-Bas, c'est plus la débauche, il y a plus de BPM, j'ai appris récemment, merci Philippe, que ça veut dire beat par minute, bon, c'est une constatation triviale sans doute, comment la musique techno et ses dérivés s'inscrivent dans les évolutions idéologiques depuis le début de la contre-révolution, dans quelle mesure, sa question se concentre là, cela se retransmet notamment dans le rythme qui est binaire, totalement, avec des BPM plus élevés, y a-t-il autre chose, est-ce qu'il n'y aurait pas une part de cette musique, alors je trouve que c'est presque, c'est touchant, qu'il ne croie pas que je sois condescendant quand je dis ça, c'est sincèrement émouvant, n'y aurait-il pas une part de cette musique qui pourrait être utilisée à des fins révolutionnaires, entre parenthèses, parce que j'aime bien ça quand même, mais je m'en voudrais de participer à la contre-révolution, et bien voilà, quelqu'un qui a le mérite d'exposer en toute franchise sa perplexité et de poser du coup la question la plus pertinente qu'il soit, il est dans une contradiction dans laquelle le met la société d'aujourd'hui,
Le ghetto sonore et le discours qui le justifie
33:23 n'est-ce pas ? Alors je lui dis tout de suite l'essentiel, d'accord, qu'il consomme sa musique comme il l'entend, dès l'instant qu'elle lui procure un bien-être auriculaire, auditif, rythmique, même ou chorégraphique, je ne vois pas pourquoi il aurait à en rougir. Premièrement, ce qui réactionnaire, c'est les discours, c'est de faire croire que cette musique est ce qui menace le régime, n'est-ce pas ? Alors que, je reviens à ce qu'il dit sur les rave parties, comme j'ai dit tout à l'heure, il croit les défendre en disant, après tout, ce n'est pas aussi destroy qu'à l'époque du rock où on cassait les guitares et les chaises d'ailleurs, et les sièges dans les salles de concert, dès le rock'n'roll, dès les années 50, mais au contraire, je trouve qu'il confirme l'analyse que Clouscard et moi-même en faisions à ce moment-là, lorsque les rave parties sont apparus, c'est qu'à une époque, c'était considéré le blouson noir avec sa chaîne de vélo à la main comme une sur scène, comme une contestation,
34:33 même si c'était un peu une posture pas très méchante et pas très dangereuse pour les pouvoirs, mais enfin, elle se présentait comme une posture violente et contestataire, alors que là, tous nos raveurs, avec R-A-V-E bien sûr, sont gentiment réunis, entourés par un cordon de gendarmes ou de CRS ou de flics ou de policiers, enfin, je veux dire, ce n'est pas une évolution, c'est plutôt un progrès du pouvoir que de la musique, ça, il me semble, je veux dire, voilà.
35:05 Et l'essentiel, je lui dis tout de suite que je reproche à ses musiques, c'est le fait de ne pas pouvoir en sortir. Moi, je n'ai rien contre aucune musique, même la chansonnette la plus apparemment vide ou la plus simpliste, simple, c'est une qualité, mais simpliste, rythmiquement, mélodiquement, harmoniquement, et surtout les paramètres que vous voulez, peut être défendable si elle est émouvante par quel côté que ce soit, musicalement parlant.
35:45 Tandis que, ce que je reproche à cette musique, c'est son côté trou noir, c'est qu'on n'en sort pas. Et c'est fantastiquement appauvrissant par rapport au potentiel aux autres patrimoines musicaux. C'est pour ça que je parle de ghetto sonore, c'est-à-dire que les jeunes y sont enfermés, objectivement. on ne remet pas un pistolet sur la tempe pour rester dans ces ghettos-là. C'est encore bien plus grave, c'est une adhésion de l'intérieur.
36:19 Clouscard parlait d'un rapte des âmes avec le plan Marshall. Et donc, encore une fois, il n'y a rien de réactionnaire à écouter cette musique. Ce qui est réactionnaire, c'est de n'écouter qu'elle et surtout de la justifier. Et je ne parle pas des jeunes qui l'écoutent, je parle au contraire de gens bien plus âgés et qui chantent les louanges de cette musique qui serait soi-disant l'expression.
36:49 Il y a une émission à France 24 que je trouve odieuse alors qu'elle se présente comme extrêmement sympathique, d'un couple de journalistes, d'un couple, parce que c'est un homme et une femme, qui passent leur temps dans les banlieues à interviewer des groupes, du rappeur, alors qu'eux, ils sont journalistes à France 24, ça va, je veux dire, et qui font l'apologie tout le temps de quoi ? De la marginalité.
37:21 Donc du ghetto. Voilà. Je veux dire, encore une fois, que Romain ne s'inquiète pas. S'il prend plaisir à écouter cette musique, je n'ai rien à dire contre ce plaisir. Un plaisir qui ne fait de mal à personne n'est jamais réactionnaire. C'est pas. C'est comme la liberté dans la déclaration des droits de l'homme, elle consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, après tout. Voilà. On aura l'occasion d'y revenir. En tout cas, je suis très reconnaissant à Romain d'avoir fait cet effort de clarification et d'exhaustivité au milieu de contradictions réelles.
Marx sans ontologie : extérioriser l'intérieur
37:58 Réelles. C'est-à-dire qu'il s'oppose à toute sa génération, qu'il ne fait pas des contradictions dans son esprit à lui. Voilà. Encore une fois, merci Romain. Et je songe maintenant. Oui. Alors là, on revient à quelque chose de plus strictement philosophique, si vous voulez, avec quelqu'un qui nous est familier, c'est Chris Régnier, à qui j'avais déjà répondu une autre fois. Et je suis très heureux de retrouver ici.
38:30 Il dit, bon, je tiens à vous remercier. Voilà. Ayant grâce à vous repris goût à la réflexion sur le contexte, je bute depuis quelque temps sur la notion d'ontologie. Je la vois citée souvent, entre parenthèses, prolegomène à l'ontologie de l'être social chez Lukács, l'être et l'événement présenté par Alain Badiou, je rappelle ceux qui ne sont pas spécialistes de la chose philosophique, l'ontologie, je veux dire tout simplement discours sur l'être.
39:02 Je n'aime pas tous ceux qui traduisent les -logies par sciences de logis, logos, c'est discours, discours sur. Bien sûr, à la longue, quand le discours est scientifique, le discours sur la terre, c'est-à-dire la géologie, finit par être une science de la terre. Mais c'est un petit peu une accélération. Normalement, c'est littéralement parlant discours sur. Donc, discours sur quoi ? Logos sur on. On, c'est l'infinitif du verbe être en grec.
39:32 On ne peut pas être plus simple. C'est la doctrine de l'être. Voilà. Donc, Alain Badiou a écrit l'être et l'événement, présenté comme son ambition à figurer aux côtés de Heidegger et Sartre sur cette question, allusion au fait que Heidegger a écrit l'être et le temps, d'un côté, et que Sartre a écrit l'être et le néant. N'est-ce pas ? Or, il me semblait avoir compris que pour Marx, il n'y avait pas d'ontologie. Donc, on a une série de gens tracassés par l'ontologie d'un côté et de l'autre côté, Marx, vous ne voyez pratiquement jamais ce mot prononcé, de cas avec sérieux, mais une histoire des êtres conscients et une externation, une externalisation, comme on voudra, de l'essence humaine.
40:22 Ce n'est pas sorcier, je veux dire, lorsque l'architecte, que je cite souvent sous la plume de Marx, n'est-ce pas, qui a sa maison dans la tête avant de la réaliser dans le monde extérieur, quand il la réalise dans le monde extérieur, il l'externalise. Voilà, toute l'histoire humaine, l'histoire de la praxis, c'est l'histoire d'un double mouvement inverse extraordinaire qui est typique, n'est-ce pas, de l'anthropologie, enfin propre à l'homme, c'est d'intérioriser ce qui est extérieur et d'extérioriser ce qui est intérieur.
40:56 Oui, la maison que j'ai dans la tête, qui n'existe, elle ne s'apprend pas aux arbres, les maisons, les cavernes, on peut les trouver toutes faites, dans la nature. Les maisons, non. D'ailleurs, aux cavernes, les Néandertals vont succéder les pilotis de Cro-Magnon, c'est déjà plus élaboré, n'est-ce pas ? Compliqué de faire des pilotis, vous savez, sur des étangs, quand on se rappelle de l'ère glaciaire. Bon, à l'époque du moustérien, comment dire, préhistoire, auriez-vous des pistes de lecture pour éclaircir ce point qui me tracasse ?
41:29 Vous comprenez pourquoi je tracasse, c'est qu'il y a des gens qui se réclament de Marx enfin, Badiou, Lukács, a des titres très différents, car il y a, je ne veux pas scandaliser la maison marxiste, mais je veux dire, je vais résumer ça par l'Évangile, il est dit dans l'Évangile, il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon père, il y a beaucoup de points de vue très différents dans le marxisme, tant mieux, après tout, c'est une chose vivante. Je précise pour dire que je ne suis jamais contre les différences à ce niveau-là.
42:02 Qui des différences entre, je ne sais pas, moi, Althusser, Badiou, Lukács, Georges Gastaud, moi-même, etc., et Clouscard, ce n'est nullement préjudiciable qu'il y ait des différences. Je m'insurge contre les divisions, quand ces différences sont le prétexte à division, ce qui est fort différent. Donc, j'y reviens. Là où ça pose un problème, c'est comment on peut être marxiste, se réclamer d'un auteur qui ne parle jamais d'ontologie et qui s'occupe beaucoup plus, n'est-ce pas, de l'activité humaine que de l'être.
42:43 L'être, ce n'est pas une notion qui exprime vraiment l'acte. Souvent, même, on les oppose les deux, n'est-ce pas. Si je vous dis la liberté ou, je ne sais pas, la matérialité, pour prendre une notion très différente, je prends deux mots qui se terminent par T, je suis dans l'être, dans ce qui est censé être. Mais si je vous dis la libération, ce n'est pas le même suffixe. La matérialisation, ce que l'architecte fait quand il sort de son plan et qu'il produit la maison, quand il produit, c'est un île collectif, de l'entrepreneur aux maçons et aux travailleurs immigrés qui sont nombreux sur le chantier, lorsque ça passe dans la réalisation, ce n'est plus de l'ordre de l'être, c'est de l'ordre de l'acte.
43:27 Et vous le savez, qui vous ? Mais vous, qui avez été à l'école, primaire, bon sang, on vous l'a dit. Attention, quand il y a le verbe être, ce n'est plus des compléments. Quand il y a des verbes d'état, être, paraître, sembler, devenir, demeurer, rester, ce n'est plus des compléments après ces verbes-là, car ce sont des verbes d'état, ce n'est pas des verbes d'action, ce n'est pas des Zeitwort, comme on dit en allemand. En allemand, le verbe, c'est une de l'expression, ça s'appelle le Zeitwort, le mot du temps, car il faut du temps pour passer de ce qui est dans ma tête à ce qui est dehors, et de l'effort et de la sueur et de l'huile de coude.
Ni être ni avoir : l'homme sans qualités
44:01 Quand j'ai une huile de coude, c'est une métonymie, ça peut être le cerveau qui perle des gouttes de sueur, n'est-ce pas ? Voilà. Donc, encore une fois, la plupart du temps, on oppose l'être et l'acte. L'acte, ça vacille, ça bouge, ça n'a pas la stabilité de l'être. Hegel, qui est souvent ironique vis-à-vis de ceux qui sont fascinés par l'être, l'être, n'est-ce pas, pour parler comme des heideggériens, avec une quinzaine d'accent circonflexe sur le E.
44:35 Hegel, comme beaucoup étaient déjà arrivés à la célébrité à Berlin, il était en promenade, il était près du Mont-Blanc, et bien sûr, on est toujours flanqué par des journalistes à ce moment-là. Monsieur Hegel, qu'est-ce que vous pensez du spectacle Mont-Blanc ? Et Hegel a dit « Das ist… » Oui, ça, ça est. Voilà, ça ne bouge pas. C'est du solide, c'est un roc. L'homme, ce n'est pas ça. L'homme n'est pas un avoir, mais un faire, dit Hegel, aussi bien que Marx. Je dirais même que c'est un des rares points où Nietzsche, Hegel et Marx en seraient même longueur d'onde.
45:09 Dans le début de Zarathoustra, vous avez un magnifique passage où Nietzsche passe son temps à multiplier les images, car Zarathoustra est un livre d'images, mais au sens le plus défendable, un peu comme les prophètes, ce n'est pas, les livres des prophètes. L'homme est un pont tendu au-dessus d'un abîme. L'homme est une corde. Danger de franchir l'abîme, danger de rester au milieu de la corde. Vous voyez, l'homme, ce n'est pas ce qui est sur cette rive-là ou ce qui est, peut-être, là-bas.
45:41 C'est le devenir qui permet de passer de l'un à l'autre. C'est le mouvement. Et on l'a vu la dernière fois. Lorsque j'ai proposé, je vous ai demandé de regarder le magnifique film fait par Arte sur la découverte archéologique du Djebel Irhoud au Maroc, où on a découvert des fossiles qui méritent d'être intégrés au genre homo pour des raisons que nous demandons aux spécialistes et qui remontent à 300 000 ans, exceptionnellement anciens pour le genre homo.
46:14 Et le français qui dirige les équipes là-bas finit par dire, vous savez, on a toujours cette illusion de croire qu'il y a un instant T, moi j'appelle ça le 31 décembre à minuit, où l'on est passé enfin de l'animal à l'homme, ça y est, là on tient vraiment, on est sûr que c'est un homo, un homme définitivement. Bref, il y a un être humain, une nature humaine, comme il y a une nature animale et une nature végétale voire minérale. Et il précise, il dit non, c'est un processus d'hominisation permanente et qu'il n'est pas fini.
46:46 C'est exactement ce que veut dire Nietzsche ici. Et sur ce point, Nietzsche, Hegel et Marx sont parfaitement d'accord, l'homme n'est pas un avoir, il ne se définit pas par des propriétés, comme on peut définir le plomb, le soufre ou le triangle par toutes les propriétés qu'on voudra. Parce que justement, ça ne bouge pas ça, c'est pour l'éternité qu'un triangle dans le plan euclidien, la somme de ses angles, c'est 180 degrés, que ces trois médianes se croisent en un point qui va servir de barycentre quand on est en physique, enfin, centre de gravité, et ainsi de suite.
47:22 Ça, c'est les propriétés. Alors que l'homme, magnifique titre de Robert Musil, romancier allemand, l'homme, c'est l'animal sans qualité, l'homme sans qualité. C'est le même mot en allemand, n'est-ce pas ? C'est intéressant de voir que Eigenschaft veut dire aussi bien ce qui m'appartient en propre, la propriété au sens juridique, économique, financier, et en même temps la propriété au sens chimique, les propriétés du mercure.
47:55 Donc, l'homme, on ne peut pas le définir ni comme un avoir, ni comme un être, parce qu'il y en a qui sont… Il y en a, il y en a… Ah oui, vous voulez parler de Francis Cousin ? Oui, si vous voulez, il en fait partie, mais aussi bien de Séguéla. Mais ça, alors, quel rapport ? Enfin, quand même, vous êtes infamant quand vous rapprochez Francis Cousin, immense marxiste, je parle comme ses disciples, de Séguéla. Mais non, regardez le dialogue entre Séguéla et Giscard, Séguéla dit, maintenant, il y en a marre, n'est-ce pas ?
48:25 Il y en a marre d'être toujours dans le paraître, il faut revenir à l'être. Séguéla ! Celui qui nous a fourgués la force tranquille, le slogan, n'est-ce pas, qui a tellement servi à l'élection de Mitterrand. Et donc, il avoue, d'ailleurs, dans cette interview que lui-même était de droite, mais il a tout fait pour que Mitterrand passe. De toute façon, nous ne nous énervons pas. Oui, alors, vous savez, ceux qui opposent l'être et l'avoir en ce moment, il y en a qui se croient profonds en sortant cette banalité qui traîne dans les caniveaux, ça suffit maintenant, je veux dire.
49:01 L'être et l'avoir ont ceci de commun, que ça définit une nature, quelque chose de stable, d'immobile, que je définisse par ma propriété, par mon compte en banque ou bien par mes gènes, n'est-ce pas, pour être encore plus dans le domaine de l'être, de l'être biologique ou de l'être physique, n'est-ce pas, je définis dans tous les cas l'être humain, je l'aliène dans ce qu'on appellerait dans la catégorie philosophique de la substance, je substantialise l'homme. Il y en a qui disent essentialise, pire que l'essence. L'essence est dans les mots.
49:31 Une définition mathématique, c'est une essence. Mais par contre, quand à cette essence qui est dans les mots, je fais correspondre quelque chose de réel dans les choses, comme si mon agressivité était dans mes gènes, ça a été dit par Sarkozy. Au fait, ces adolescents criminels, il faudrait voir si ce n'est pas dans leur gène, parce qu'après tout, ce n'est pas clair tout ça. Je cite, je cite, un chef d'État français, deux siècles après le siècle des Lumières, qui nous sort ça, presque trois siècles.
50:01 Donc, voilà. Donc, on a quelques raisons de se méfier quand on est marxiste et de l'ontologie. Je ne sais pas ce que c'est que l'être du juif, l'être du noir, l'être, oh là là, pardon, de l'afro-américain, de l'afro-sucide. Les Africains sont beaucoup plus intelligents, ils disent les Blancs. L'être blanc, l'être européen, je ne sais pas ce que ça veut dire tout ça.
50:32 Encore une fois, ça devient plus précis quand on reconstitue une histoire. Alors, il y en a qui disent, oui, mais il faut devenir ce que tu es. Pour devenir, il faut être. Ce n'est pas sûr. Prenez un nœud, un nœud, vous l'avez dans les mains, là, vous voyez, un nœud. Demandez aux couturières, ça en met du temps, des fois, à faire un nœud ou aux pêcheurs quand ils s'occupent de leur filet. Mais une fois que vous avez dénoué tous les fils, il n'y a plus rien. On croyait qu'il y avait quelque chose, mais c'était une relation.
51:04 Ah, ça, c'est intéressant, des dons. Eh oui, je ne suis pas un homme quand je suis le bébé venant au monde vagissant. Je suis encore un petit Mowgli en puissance. Si je suis abandonné dans la forêt, et si je ne suis pas récupéré par la fille de Pharaon comme Moïse a eu la chance, de se recaser. Et comme chaque année, encore aujourd'hui, aux Indes et ailleurs aussi, mais c'est surtout aux Indes, à cause de certaines régions isolées, les hyènes, en particulier plus que les loups, enlèvent les enfants et il arrive très exceptionnellement qu'une louve qui est pleine et à qui les tétines font mal parce qu'elle a des montées de lait Ça l'arrange tout d'un coup, n'est-ce pas ?
51:45 Au lieu de dévorer un bébé qui vient d'être pris dans une case, dans un village, par exemple, les villageois étaient au champ elle l'allaite. C'est ça l'histoire, l'origine de Moïse. On n'a jamais pu humaniser les enfants sauvages. Il y a des lésions irréversibles qui se produisent dans le cerveau à un âge très précoce et si on n'a pas appris le langage, par exemple, à un certain âge, on ne peut plus l'apprendre après.
La relation fait l'homme : prématuration et héritage
52:15 Il n'a jamais pu être ni bipède, ni parlant, l'enfant sauvage. Voilà, je rappelle qu'il ne suffit pas de naître homme, je résume le bilan philosophique, pour être ontologique, pour être homme. Donc, c'est la relation qui nous fait homme. Et encore une fois, lorsque nous naissons, nous ne sommes pas livrés à nos gènes, nous n'avons plus de la conscience, ça compte, pour le meilleur comme pour le pire, parce que malheureusement, il y a aussi des maladies génétiques qu'on subit déjà au niveau néonatal, malheureusement, même si c'est heureusement pas très fréquent, c'est un classique de la médecine.
53:01 mais, d'une manière générale, les gènes, pour le meilleur comme pour le pire, on détermine ce qui est de leur propre champ, je ne sais pas moi, la couleur des yeux, la vitesse de croissance, la vitesse de la calcification, tout ce que vous voulez. Mais par contre, l'hérédité, que je ne néglige pas et qui n'est pas de mon domaine, je la laisse à ceux dont c'est la spécialité, on revient aux sciences dures, vous voyez, je fais le bas et bien. l'hérédité ne doit pas être confondue avec l'héritage.
53:34 Or, la langue, celle que me susurre la mère, qui me fait des câlineries verbales que je ne comprends pas, le jeu, c'est le nouveau-né qui parle, que je fais parler, alors qu'il parle pas, mais ce gazouillis par lequel commence, allez, j'anticipe, j'anticipe notre approche du ring, par lequel commence ces toutes premières mesures de cette œuvre qui est la plus longue de l'histoire de l'art, pas seulement de la musique. Quand les filles du Rhin, émergeant tout d'un coup des profondeurs du Rhin, disent les premiers mots après le prélude de L'Or du Rhin que le prologue à tout le reste, ce ne sont pas des mots, c'est du gazouillis enfantin, « Weia! Waga! Woge, du Welle »
54:11 a fait des allitérations à l'allemande, là. Autrement dit, c'est le premier stade de la parole embryonnaire, et tous ceux qui ont eu des enfants comprennent très bien ce que je veux dire. Il y a un moment où l'enfant cesse d'avoir des cris ou des râles ou des... sous la douleur ou sous la joie ou la surprise comme un petit animal, tout d'un coup, ça devient articulé, mélodieux. Mais, on ne comprend toujours pas ce qu'il dit parce qu'il a enfin la maîtrise du canal, mais il n'a pas encore le code, la langue.
54:41 Vous voyez, c'est à ce stade-là, il est happé par la relation, par le visage. Quand je dis la mère, c'est une fonction, ça peut être sa mère, c'est le cas le plus souvent, mais sinon, ça peut être la nourrice, ça peut être le papa qui s'occupe de lui. J'en profite pour dire, je suis le premier à l'avouer, que les papas d'aujourd'hui, je veux dire, ceux qui sont bien plus jeunes que moi aujourd'hui, sont bien meilleurs parents que ceux de ma génération. Pardon pour ceux de ma génération, mais je veux dire, c'est statistique ce que je dis, je veux dire, il y a le meilleur à l'éclairer qu'est-ce que toi, mais je veux dire, je constate qu'il y a beaucoup plus de parents, de papas qui s'occupent du coucher de leurs enfants en bas âge que ça a été le cas dans ma génération.
55:25 Donc, quand je dis la mère, c'est une fonction, c'est pas, mais visage de l'adulte et ce monde que l'enfant qui sort d'un abîme, d'un néant, un néant, je dis bien d'un néant, je suis en train de tout résumer là, mais, et oui, il n'est pas armé de pied en cap comme un petit d'ours ou un petit, et il n'est pas viable. Enfin, les oisillons non plus, ils ne sont pas viables, il n'y a qu'à voir la tronche qu'ils ont dans le nid, c'est une espèce d'ectoplasme rose.
56:00 Non, oui, mais ça va très vite. Et je vous donne toujours l'exemple de ce petit faon qui tombe d'une gazelle qui vient d'accoucher dans la savane et qui arrive à marcher au bout de trois ou quatre jours et même à fuir le danger. Vous vous rendez compte le temps que met un petit d'homme à marcher ? Et ça a été démontré, ça c'est encore, je m'en remets aux scientifiques à ce niveau-là, je veux dire, absolument, c'est la spécialité, il y a une prématuration générique de l'être humain. Quand je dis qu'il vient du néant, il vient dans la détresse.
56:32 Noth, en allemand, vous l'entendrez souvent dans le Ring, ce mot-là. Et d'ailleurs, l'épée de Siegfried s'appelle Nothung, à la fois détresse et pénurie. Noth. mot très fort. L'enfant vient dans la détresse, dans le manque, pas seulement dans la faim, les oisillons aussi, mais dans l'inachèvement, la fontanelle en est une des traces physiologiques, si vous voulez, anatomiques, par exemple.
57:02 Et donc, s'il n'y avait pas le relais relationnel, j'y reviens au quotient philosophique, s'il n'y avait pas la relation à l'autre, la relation à la chose, à mes gènes, à tout ça, serait largement insuffisante pour me rendre viable. Donc, quand je dis l'homme, le petit d'homme, quand il voit ce visage se pencher sur lui, ses sons mélodieux et ses calineries, ça l'aspire vers un autre monde et ce monde, c'est celui que parcourt l'histoire. Pour le meilleur comme pour le pire, n'est-ce pas ?
57:32 Voilà. En tout cas, il ne demande pas de rester dans la nature d'où il sort, qu'il n'a pas tellement gâté. Voyez le mythe de Prométhée, n'est-ce pas, où l'homme est bien dépourvu par rapport à toutes les autres espèces animales, ni griffes, ni écailles, ni crocs. Voilà. C'est des rappels, mais enfin, qui me semblent importants. Donc, encore une fois, ce n'est pas dans son être biologique, je reviens, à la perplexité justifiée, enfin, que je valide de Christ régné contre ceux qui ont un souci ontologique.
Une ontologie seconde : Aristote, Hegel, Gastaud, Althusser
58:07 Maintenant, attention, soyons sérieux. Il peut y avoir une ontologie seconde. Il y aurait une ontologie primale, celle qu'on aurait eue si on restait être naturel, je crois que ça ne pourrait pas durer longtemps. Et puis, il y a un être produit par l'histoire. Encore une fois, je veux dire, une maison n'est pas moins matérielle qu'une caverne. Une maison, ce n'est pas du virtuel.
58:39 Quand même. Voilà. Je crois avoir fait non pas le tour de la question. On se rend compte que l'ontologie, ça fait 2500 ans, au moins. C'est même le rôle de là. Mais philosophiquement, il y a la métaphysique d'Aristote, rebondi, le quatrième livre, le livre Gamma, sur cette fameuse question qui inaugure, je vous dis, 25 siècles d'ontologie. Il y a une science qui étudie l'être en tant qu'être. Non pas l'être couché, l'être debout, l'être mobile des physiciens ou l'être chantant des musicologues.
59:14 Non, non. L'être en tant qu'être. Cette science n'est semblable à aucune de celles qui l'ont précédé et toutes les autres sciences sont des parties de cette science. Il y a un grand moment solennel pour ceux que l'ontologie préoccupe légitimement. Je vous renvoie à ce début du quatrième livre de la métaphysique d'Aristote. Il n'y a pas que ça. On peut dire que toute la logique de Hegel est une ontologique.
59:45 Mais vraiment, c'est un être second, c'est-à-dire on est passé par le contraire de l'être, par le néant. Pour avoir l'être véritable, c'est-à-dire le devenir, on est passé par l'être et par le néant, la négation de l'être. Ce que ça veut dire devenir, c'est qu'un fleuve qui coule. C'est quelque chose qui à chaque instant n'est plus et est de nouveau. si vous réfléchissez, l'être et le néant se succèdent en permanence ou sont simultanément, n'est-ce pas, dialectiquement co-présents dans la notion de devenir.
1:00:19 Devenir, c'est faire la synthèse du stable et de l'instable, du mouvement et du repos, ainsi de suite. Voilà. Je ne développe pas, parce que là, on rentrerait dans le labyrinthe de la métaphysique. Ce n'est pas inintéressant, mais Chris a raison de rappeler qu'il n'y a pas de soucis ontologiques exprès, exprimés, manifestes dans toute l'œuvre de Marx. Mais que, par contre, il dit bien, Marx, nous sommes constitués par l'histoire.
1:00:53 Voilà. j'ai suivi très attentivement une très intéressante intervention de Georges Gastaud, qui entend réhabiliter dans le cadre marxiste, et il connaît très bien l'œuvre de Marx, une ontologie, ce nom dans le souci parfaitement légitime de ne pas laisser aux néopositivistes le monopole ni de la rigueur, ni de la science, ni de l'être, et encore moins de la philosophie.
1:01:24 Et donc, encore une fois, nous pouvons avoir des différences, mais qui laissent la place à un dialogue qui peut être extrêmement fécond. Je crois que c'est vraiment un problème de sémantique à ce niveau-là, et qu'on peut parfaitement s'entendre dès l'instant qu'on distingue justement cette ontologie seconde d'une ontologie originaire, primitive, bref, naturaliste. Voilà. Althusser avait déjà dit, vous savez que c'est pas, je prêche pas pour mon couvent quand je parle d'Althusser, mais j'aime bien être honnête avec des gens dont je peux récuser quelques autres points.
1:02:00 Par ailleurs, Althusser dit quelque part que lorsqu'on commence à insister sur des mots comme vie, vitale, vivifiant, vivifié, un dieu est en train de couver ses griffes. Voilà, je conclue là-dessus ma réponse à Chris. Nous sommes à une heure et quart sans doute, non ? Ah bon, d'accord, ok, j'ai mal évalué. Bon, alors, ça tombe bien parce que tant s'en faut que j'ai épuisé les questions, je vous les donne dans l'ordre, je les ai reçus.
Résonance orbitale et musique des sphères
1:02:33 Alors, il y a aussi un ami, un camarade, sans pseudo, j'ai du mal à le prononcer parce que c'est ch plus loin u, c, k, voilà. que, je regrette d'avoir interrompu ma présentation, mais le Covid nous a séparés comme de beaucoup d'amis. Nous avions des soirées d'échange très intéressants qui est, dont j'envis énormément la pertinence scientifique cette année, il enseigne pour la première fois cette année, il est très occupé, il le rappelle dans sa question d'ailleurs, et venant d'un milieu populaire, il s'est hissé à un niveau d'excellence dans les domaines des sciences dures, en mathématiques en particulier, en physique théorique comme vous voulez, et il me dit que si ce n'est pas vraiment une question, c'est un embrayage sur une piste je ne peux pas m'empêcher de vous la communiquer pour que vous vous engagez
1:03:43 sur cette piste. Il s'agit de la résonance orbitale. Qu'est-ce que ceci ? Alors, voilà, je rappelle d'abord simplement, alors attendez, il faudrait que je retrouve, voilà, sa question, excusez-moi, oui, enfin, je la résume, ça ira plus vite, il me disait que malgré toutes les copiées à corriger, etc., et tout ce travail de recherche qu'il continue parallèlement à cet enseignement, il avait revisionné récemment la causerie que j'avais faite à l'invitation de l'Université Populaire de Saint-Dizier il y a quelques années, c'était en 2015, et je l'avais faite sur, alors il fait un petit lapsus, notre ami, il dit la musique de l'espace, c'était le titre, en fait c'était la musique de l'histoire, c'est joli comme lapsus, on voit le scientifique là, bon, et c'est intéressant parce que, après tout,
1:04:53 le navire spatial par lequel commence, le vaisseau spatial par lequel commence, n'est-ce pas, le film de Kubrick, commence par une valse de Strauss, après tout, pourquoi pas la musique de l'espace, ou la musique dans l'espace, non mais très sérieusement, il me dit, à un moment donné, il parle à moi, je fais allusion à la jeunesse mathématicienne de Platon qui a été initiée par son milieu et Archytas et pythagoriciens et bref, tout ce mouvement de Thalès Pythagore des mathématiciens grecs qui vont aboutir à ce premier palier extraordinaire qui se concrétise autour du nom d'Euclide, si vous voulez, dans les fameux éléments d'Euclide, la première mathématique systématique avec les démonstrations qui nous soient parvenues.
1:05:50 Or, pas la première mathématique, Babylone, bien avant déjà, avait été très loin en arithmétique en particulier et même en trigonométrie, mais, et des Égyptiens quelque peu en géométrie, mais les, même dans une préscience du nombre pi, mais il n'y avait pas les démonstrations de la mathématique comme en théorie, etc., la modélisation, et ça, ça se passe donc, et Platon, donc, avait fréquenté surtout les milieux pythagoriciens, oui, le Pythagore du théorème, vous savez, et Pythagore est le premier à avoir fait une mathématique appliquée, et, vous allez voir pourquoi on va parler musique, cette mathématique appliquée, la première, ça a été l'acoustique.
1:06:38 Pythagore prenait l'exemple de la corde, la corde du luth, quand vous mettez votre doigt au milieu de la corde, ce milieu géométrique, donc ce milieu dans le nombre, un demi, donne aussi le milieu pour l'oreille, c'est-à-dire que la note vous donne l'octave, c'est-à-dire, vous allez voir, excusez-moi, ceci, vous avez la même note, mais une octave plus haut, tout ça, c'est la même note. Voilà, donc pour la première fois, un nombre, une abstraction pure, un rapport, une relation, un demi, ça n'existe pas ça, la mère existe, la fille existe, le rapport mère-fille, il n'y a pas des atomes du rapport mère-fille, ni des cellules.
1:07:21 Une relation, c'est une relation, une substance, c'est une substance, il n'y a pas plus opposé que la substance et la relation, c'est logique, c'est-à-dire que la substance, c'est ce qui est par soi, la relation, c'est ce qui est par un autre. Vous croyez que la gauche et la droite sont des choses, vous vous retournez, la gauche et la droite se sont inversées. Or, voilà que la relation acquiert un être tout d'un coup avec la mathématique appliquée dans la première a été l'acoustique. Et partant de cela, il me branche et il m'informe parce que là, il connaît beaucoup mieux que moi et ce n'est pas difficile en me disant donc ceci, pardon, voilà, résonance orbitale, définition, la résonance orbitale, vous voyez déjà la connotation musicale, Pythagore parlait de la musique des sphères et là, on part de la résonance orbitale.
1:08:10 Alors, je cite, est en astronomie la situation dans laquelle les orbites de deux objets célestes, A et B, en révolution autour d'un barycentre commun, je viens de parler de barycentre tout à l'heure, c'est-à-dire centre de gravité, tout simplement, ont des périodes de révolution commensurables, c'est-à-dire, pour ceux qui s'effraient d'un mot, c'est-à-dire, il y a tout fait la définition, on est entre gens honnêtes, dont le rapport est un nombre rationnel et non pas avec des virgules à l'infini comme un nombre Pi.
1:08:41 Dis donc, c'est un cas particulier de résonance mécanique qui est aussi appelé résonance de moyen mouvement. La résonance orbitale est couramment notée N, je ne sais pas si je lis bien, N, le signe divisé, deux points superposés, N divisé P, où N et P sont deux nombres entiers naturels. Voilà, je m'arrête là pour vous recommander de suivre ces pistes. Et je remercie, là, je ne réponds pas à ces questions parce qu'il ne m'en pose pas, au contraire, il m'en fait poser, vous voyez, il nous en fait poser.
1:09:17 Mais il y a ici un lien entre fût-il lointain ou fût-il métaphorique ou réel, je n'en sais rien, je ne suis pas spécialiste, entre la chose sonore, la résonance, la mise en phase, la vibration et les orbites des corps célestes qui n'est pas inintéressant et en tout cas qui a des précédents historiques. Je vous rappelle que Pythagore parlait de musique des sphères, même si c'est sans doute beaucoup moins précis que ce que l'on vient d'essayer de définir avec la résonance orbitale.
1:09:52 Et après tout, l'un des modèles les plus poussés, même s'il n'est pas approuvé par tous les physiciens d'aujourd'hui, mais enfin, il paraît que c'est quand même l'une des modélisations mathématiques ou physiques les plus développées, c'est-à-dire la théorie des cordes. Vous savez bien ce que ça veut dire ? On revient à des métaphores musicales, n'est-ce pas ? Où tout l'engendrement de l'univers est conçu à partir de vibrations. Je m'arrête là parce qu'au-delà je vais dire des bêtises. Mais enfin, il y a tout un champ auquel nous invite ici quelqu'un qui est le moins suspect de délire, n'est-ce pas, et qui est le plus sérieusement engagé dans les sciences qui est le plus dur qui soit, notre ami, donc, CH-UCK, plus loin, UCK, que je salue.
1:10:39 Je passe, alors, il y a deux très longues questions auxquelles je vais me répondre à peu. Celle de Laurent, mais par contre, je tiens à Laurent A, point, grand A, point, dans sa boîte mail, c'est un autre pseudo, mais intéressant, Zeus Hera, n'est-ce pas ? Zeus et sa femme Hera dans la mythologie grecque, n'est-ce pas ? On se connaît de longue date, on s'est perdu un peu parce que j'avais perdu ses coordonnées, et je suis très heureux qu'il reprenne contact, surtout maintenant avec la lumière de notre site.
1:11:18 Laurent est quelqu'un qui a fait un travail, j'aimerais un jour l'inviter, et s'il veut bien, s'il ne veut pas rester dans l'anonymat, et s'il veut bien nous exposer les résultats d'extraordinaire recherches qu'il a fait, dans le domaine, je vais dire dans le domaine littéraire, dans le champ littéraire, il arrive à trouver les passages, les extraits qui incarnent avec une précision remarquable ou qui illustrent, dans le meilleur sens du mot, les problématiques philosophiques les plus décisives.
1:11:57 Et souvent, en phase avec des champs marxistes et des concepts qui se situent dans le sillage de Marx. Donc, je veux dire, voilà, je ne répondrai pas à sa question qui est très complexe, très intéressante, très riche. soit je répondrai à part, que ça mérite une séance à part entière, soit je l'inviterai à faire cette séance où on l'a fait ensemble, où je lui poserai des questions.
1:12:35 Et voilà. Mais je signale tout de même que je me félicite de sa collaboration. Et il a beaucoup réfléchi, en particulier, sur le post-nazisme. Et alors, une question très précise de Jordan Amadouche, qui, après dire merci beaucoup, je présume que c'est aussi, et donc aussi bien à Pierre-Alain, à toutes les équipes, etc., dit, ayant vu vos vidéos sur la culture de gauche et vos connaissances en langue et sur les œuvres majeures marxiennes ou marxistes ou choix pour le moins pédants, je suis tout à fait d'accord, mon cher Jordan, laissons ses appellations un peu trop contrôlantes.
« Un Yankee par trois Chinois » : une variante du Capital
1:13:25 Je ne connais pas de meilleure personne à qui poser cette question, hormis Aymeric Monville. Voilà, je le dis surtout parce que c'est un hommage à mon camarade. Éditeur Aymeric Monville. Dans le livre 1, en français, du Capital, chapitre 25, loi générale de l'accumulation capitaliste, section 3, entre guillemets, production croissante d'une surpopulation relative ou d'une armée industrielle de réserve, vous savez, Marx fait allusion à la manière de l'Occident qui entretient le chômage pour faire pression sur ceux qui sont encore dans l'emploi et dans le salariat en disant, écoutez, si vous n'êtes pas content de vos salaires, il y en a qui demandent à vous c'est.
1:13:58 Vous savez, l'Angleterre a affamé l'Irlande, mais systématiquement en produisant des famines, les dernières famines dans l'époque moderne, au XXe siècle, famines qui ont produit un exode massif des Irlandais vers l'Amérique, par exemple. L'Angleterre a systématiquement paupérisé la population irlandaise pour avoir une main-d'œuvre de réserve et faire pression sur la main-d'œuvre anglaise.
1:14:28 Voilà. Donc, quand j'explique ce que Marx appelle l'armée industrielle de réserve, il est écrit, et il cite Marx, « Le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail de salariés, soit en prolongeant sa journée, tout ça est bien actuel. » Qu'est-ce qu'il disait Sarkozy ? Travailler plus. « Soit en rendant son labeur » soit en rendant son labeur plus intense ou encore, ça c'est pour la productivité, n'est-ce pas ?
1:15:03 C'est-à-dire, on peut augmenter les cadences avec le même nombre d'heures, ou encore d'augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère, par exemple, j'en étais là le travailleur anglais, par plusieurs forces inférieures irlandaise et à bon marché. Suivez mon regard. Maintenant, c'est par bateau entier qu'ils arrivent d'Afrique quand ils ne sont pas dévorés par leurs requins ou noyés. Alors, si il y a des gens les cégétistes, c'est le luxe, vous voyez le patronat comme il raisonne.
1:15:36 En remplaçant par une force supérieure et plus chère, par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l'homme par la femme, l'adulte par l'adolescent et l'enfant et, fin de citation, un Yankee par quoi ? Par trois Chinois. Alors, lecteur attentif, et je l'en félicite, et il fait profiter de sa lecture sagace, Jordan ajoute ceci, je trouve dans la version anglaise, dans la traduction anglaise du Capital, la même citation, mais il n'y a plus l'Anglais contre les trois Chinois, le Yankee, pardon, contre les trois Chinois.
1:16:14 Dans la version allemande, il la cite un jour, il le souhaite, Manhattan, Feiner, Gezen, etc., il connaît bien l'allemand comme l'anglais, pareil, on sucre le passage sur le Yankee et les Chinois, l'équivalence d'un Yankee contre trois Chinois. La version française serait donc basée sur la première édition, tandis que les versions anglaises et allemandes sont la quatrième. À quoi peut-on attribuer, voilà sa question, la disparition d'un Yankee par trois Chinois dans les autres versions ? Je vous dis tout de suite que je n'ai pas la réponse comme ça.
1:16:46 Cette omission me paraît importante et évoque forcément la poursuite du capital par la délocalisation, voire le fameux grand remplacement, n'est-ce pas, qui nomme si mal la chose, comme dirait Camus, qu'il ajoute du malheur par son imprécision. Voilà, avec mes remerciements, Jordan. Donc, j'en profite pour bien dire que je n'ai pas la réponse sûre et documentée, mais enfin, je ne connais pas l'histoire éditoriale qui fait qu'on a sucré dans les traductions anglaises et allemandes l'équivalence de Yankee par trois Chinois.
1:17:27 Est-ce que c'est un oubli, une omission ? Est-ce que c'est un passage qui a semblé incompréhensible ? Est-ce que c'est politique ? Est-ce que c'est une censure ? On aimerait bien le savoir. Voilà. Je lance la question à la cantonade. Peut-être qu'elle nous viendra de ceux qui nous écoutent. En tout cas, bravo Jordan. Mais écoutez, je crois que pour aujourd'hui, est-ce qu'il y a des questions, Philippe ? Est-ce qu'il y a des questions sur la réponse aux questions ?
Marx contre Malthus et l'extrême droite ; appel aux scientifiques
1:18:00 Chez Marx, c'est clair, c'est exactement le contraire de l'extrême droite. L'extrême droite a toujours été pro-libérale. Elle a beau dire le contraire maintenant, Marine Le Pen dit le contraire de ce que son père a toujours dit. Je ne sais pas qui ça trompe. Mais je veux dire, libéral économiquement, pas dans les mœurs. Mais libéral et pas libertaire, si vous voulez. Autrement dit, c'est une vieille droite condamnée par l'histoire. C'est pour ça que ce n'est pas la plus dangereuse actuellement.
1:18:30 Cette extrême droite-là, la vraie extrême droite, elle est en train de faire des ravages dans le monde entier. Je veux dire, c'est un peu redoutable de Bolsonaro au couple Biden-Trump. Oui, ce serait une confusion d'autant plus erronée. Je le dis très clairement que Marx a très vigoureusement, comme chacun le sait, critiqué Malthus. Je ne sais pas. Je veux dire, dire que les Africains font trop d'enfants, ça a été dit par un grand présentateur de télévision, ne sais pas si vous vous rappelez bien même.
1:19:06 Mais enfin, comme il est mort, que la terre lui soit légère, comme on dit en Afrique. Mais enfin, on l'entend souvent, ils font trop de petits, comment ça se fait, c'est bien fait, s'ils ont faim, ils n'ont pas fait moins d'enfants. Ce présentateur m'a même dit qu'il fallait leur couper, si je me souviens bien. Je ne fais que citer. Il n'y a pas plus abjectement réactionnaire que ce genre de propos. Non, non, je ne suis pas dans la morale ou dans les grands effets de manche. Très précisément, parce que c'est la preuve, ils avouent là, ils tombent le masque que ce sont des consommateurs parasites.
1:19:37 Moi, j'ai rien contre la consommation, vous le savez, je suis un peu décombeau pour ça, je trouve qu'on ne consomme pas assez. Mais eux, ce sont des consommateurs parasites, je critique celui qui consomme plus ce qu'il ne produit. C'est ça, le par rapport. surtout quand ils ne produisent presque rien et qu'ils consomment beaucoup. La majorité de ceux qui parlent comme ça, je fais allusion à quoi ? Ils font comme si les petits Africains tous n'étaient que des bouches à nourrir ou des estomacs à remplir. Mais c'est des bras et des jambes et c'est aussi des forces productives.
1:20:07 On voit bien qu'ils font complètement l'impasse sur la production, ces gens-là. C'est comme ça le plus important chez Marx, quand même, dans son analyse de la chose économique. Tout de même, c'est la production qu'il faut le moins oublier. J'ai souvent dit que lorsque un reportage nous montre la foule dans un supermarché en disant à la masse des consommateurs, je ne vois pas pourquoi on les traite de consommateurs. Les gens qui sont dans le supermarché, la mère de famille qui regarde les prix et qui prend les bas de gamme parce qu'elle a 5 enfants à nourrir et qu'on va reprocher de se gorger de Nutella en plus.
1:20:42 Parce que ce n'est pas cher. Et ça rendrait ces enfants obèses. Je rappelle tout de même que ces gens-là sont d'abord des producteurs, surtout ceux qui se surveillent et qui regardent les prix. Mais ça, on ne le dit jamais. On ne dit pas regarder la foule des producteurs, on dit la foule des consommateurs. C'est quand même extraordinaire. Voilà. Donc, c'est ça que Marx critiquait chez Malthus et critiquait d'ailleurs aussi un dirigeant syndical anglais qui, pour limiter la hausse des salaires, il y avait déjà des syndicats patronaux, si vous voulez, des syndicats maison, avait dit que ce n'est pas en augmentant la taille des cuillères que chacun aura plus de soupe.
1:21:25 Marx disait ça, ça veut dire qu'on suppose que le contenu de la soupe est invariable. De nouveau, on fait l'impas sur la production. Il ne pourra jamais y avoir plus de soupe dans la soupière n'est-ce pas, que maintenant. Alors, évidemment, dans ce cas-là, plus les cuillères sont grandes, moins il y en aura. Voilà. Vous voyez, je réponds très précisément. Merci à Marielle d'avoir enfoncé le clou. Je ne vois pas comment on peut tirer Marx vers l'extrême droite.
1:21:56 Au contraire, il est en train de rappeler que ce qu'on prend pour des luttes de race, il y en a qui viennent nous voler le travail, etc., en fait, c'est des luttes de classe, on le voit bien. L'anglais et l'irlandais, ce n'est pas la lutte du chromosome anglais contre le chromosome irlandais. C'est des conneries, ça. C'est la lutte entre le travailleur le mieux payé et celui qui l'est moins. Et là, on passe du qualitatif au quantitatif, du biologique à l'historique. Vous voyez, comme tout se tient et on passe de l'ontologique, le racial, au logique.
1:22:33 Ce n'est plus la loi du sang. C'est la loi du sol, mais là, je fais un jeu de mots. Le sol, la monnaie, n'est-ce pas ? Un sol, deux sols, ça donnait les sous en français plus récents. Voilà. Ça vient du soldat. C'était la paye du soldat à l'origine dans l'armée romaine. Voilà. Il y a peut-être d'autres questions ? D'autres ? D'autres commentaires ? Bon. Suite et fin des questions, je crois, la prochaine fois.
1:23:06 Et la reprise, bien sûr, de la concentration sur la mémoire et l'anamnèse. et donc, préparez-vous à ce qu'il y ait contamination de l'exposé du ring, n'est-ce pas ? Et de la tentative de proposer une modélisation rigoureuse dans les sciences humaines, dans la chose humaine. Alors, je reviens là maintenant à la question de notre ami Huc. que je fais ma dernière petite chute là-dessus.
1:23:41 Je lui adresse cette requête. Je sais bien qu'on a tous été séparés, d'autant que l'un de nous, immense mathématicien, est parti. Non, ce n'est pas du jugement à moi, je ne suis pas qualifié pour le faire, mais je veux dire, il a été sélectionné sur très peu de Français pour travailler sur l'intelligence artificielle à Cambridge et nous n'avons plus donc avec nous en proximité, mais enfin avec les petits écrans. Regardez Pierre-Alain, le travail qu'il a fait de Reykjavik qui est bien plus loin que Londres. Je pense ici à Pierre Wolinski, Pierre Wolinski, notre ami Huc et Étienne Burle, bien sûr, notre père fondateur de notre association une des poutres maîtresses de notre maison, je pense à Thomas de la Rochefoucauld, mathématicien, et en étendant ça jusqu'à notre camarade et notre ami Erwan qui est un brillant physicien qui, même s'il n'est pas
1:24:55 très bling-bling, je dirais, il n'est pas d'accord avec le mot brillant et la compétence lui suffit. On pourrait faire une équipe, j'ai besoin de cette équipe pour faire un dialogue, je ne peux pas parler à la place, je ne peux pas parler dans leurs compétences et j'aimerais bien qu'il y ait un échange pendant cette séquence que nous commencerons en janvier. j'aimerais bien que l'intervention soit plus récurrente et plus régulière pour que l'on puisse naviguer de concert entre philosophes et scientifiques, entre scientifiques qui s'adonnent à la philosophie et philosophes qui ont besoin de la validation scientifique, que l'on s'avance faire quelque chose d'inédit.
1:25:47 Voilà. Eh bien, rendez-vous à la prochaine fois pour ces grandes tâches qui nous attendent. Merci à tout le monde, merci de votre présence, merci de vos commentaires, merci de vos questions, merci à la régie technique, j'ai l'impression que ça s'est bien passé parce que le Skype n'est pas toujours très, très, est quelquefois un peu parasité. Voilà, mais là, ça s'est très bien passé. Merci Philippe et à très bientôt et merci à tout le monde.