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Extraits en ouverture
0:00 Alors on a eu des femmes qui nous ont demandé de créer un espace, un groupe non mixte pour pouvoir marcher aujourd'hui contre les violences sexistes et sexuelles de manière plus sereine. Aussi quelques jours après avoir lancé les inscriptions sur nos réseaux sociaux, on a eu une salve de réaction de machistes et de fachos avec des hommes qui se sont inscrits sous le nom de Adolf Hitler, de Guy Georges. C'était honteux de proposer une zone non mixte dans une marche contre les violences sexistes et sexuelles.
0:32 Elle est fichtrement à droite, cette gauche-là. En tout cas, elle est à droite de De Gaulle qui ne s'est jamais prétendue à gauche. C'est-à-dire qu'elle est plus atlantiste que De Gaulle, plus pour Bruxelles. Quelle rage la pousse à vouloir absolument se proclamer à gauche, de la gauche ! C'était déjà le cas en 68, ça a même été inauguré en 68 cette forfaiture, car c'en est une. Qu'est-ce qu'il y a comme marxiste ? La catégorie la plus répandue maintenant, c'est l'anticapitalisme.
1:02 C'est très dur de hiérarchiser les luttes, parce que je pense que les priorités pour moi ne vont pas être les mêmes. Moi qui suis blanche par exemple, pour des personnes qui ne le sont pas, je ne suis pas trans, conclue, on doit aller, on doit travailler avec toutes les luttes en même temps. Cette gauche-là, pour se faire passer de gauche à passer plus de deux générations à faire du left-washing, la droite se régale à faire du left-washing, on n'entend plus que ça. Quand on parle de décroissance par exemple, je veux dire, le MEDEF se frotte les mains, alors que c'est peut-être un précaire qui dit ça et qui est tombé dans le panneau.
1:33 Ils sont vraiment en retard ceux qui croient que le capitalisme est un productivisme exacerbé. Il y a bien longtemps qu'ils font la grève de l'investissement, la seule grève que je condamne, franchement. Par contre, il est dans ça, c'est pas possible.
2:03 Féministe, pas façon. Toute souveraineté serait à droite, voire à l'extrême droite. alors que le grand acte de la Révolution française commence d'abord par la souveraineté populaire. Le bleu-blanc-rouge était presque associé à un emblème de Marine Le Pen. C'est un comble. Ce drapeau qui a fait trembler tous les réactionnaires d'Europe depuis la Révolution française, pour son père et pour l'extrême droite française, le drapeau bleu-blanc-rouge c'était l'horreur, c'était le drapeau blanc à fleurs de lys.
La gauche a disparu comme force organisée
2:39 L'accélération giratoire du tourbillon, c'est presque pléonasmatique, n'est-ce pas ? Du tourbillon de l'actualité politique, géopolitique, politique interne, l'approche à grand pas de l'échéance présidentielle qui n'arrange pas les choses au niveau de la clarté des positions des uns et des autres. Le fait que le débat proprement politique soit presque devenu inaudible, puisqu'il est submergé par des considérations sociétales qui nous viennent tout droit des campus américains, avec leurs excès outranciers.
3:18 Allez, je vais être simple. J'ai 75 ans passé, après trois quarts de siècle, pardon de parler de moi, ça ne va pas durer longtemps, c'est la première fois que je vois se profiler une échéance qui mettra face à face, allez, soyons clairs, la droite et l'extrême droite. Ben oui, il y en a qui sont surpris de voir que je ne tiens pas compte de la gauche, et ce n'est pas que je ne tiens pas compte, c'est qu'elle n'existe plus. Je veux dire, je parle comme organisation susceptible de faire trembler le MEDEF d'un côté, les institutions qui nous gouvernent de l'autre.
3:56 Il y a déjà belle lurette que la France est dirigée par des gens qui se situent dans une très légère oscillation à peine perceptible comme différence entre le centre-gauche, Hollande, le centre-droit, et encore je mets des guillemets à tout ça. Par exemple, le centre-droit, qu'on a vu depuis la fin de la guerre sous des labels comme « divers modérés », « non inscrits », « sans opinion », « divers modérés », « divers droites », c'est une manière qui ne trompait pas grand monde à l'époque de masquer le fait qu'on avait collaboré pendant la guerre, ou en tout cas qu'on n'avait pas renoncé à s'opposer à ceux qui, au vainqueur du dernier conflit mondial, c'est-à-dire pour s'en tenir à la France, à droite, les gaullistes,
5:06 à gauche, les communistes. Oui, mais les deux ont un point commun, parce qu'ils se bagarraient, mais ils ont un point commun, par rapport à ceux dont je viens de parler, les divers droites, divers gauches, non inscrits, sans étiquette, ils ont un point commun, c'est qu'à droite les gaullistes, comme à gauche les communistes avaient en commun, de gêner la mainmise atlantiste sur l'Europe, et sur la France en particulier, qui était de loin la plus grande puissance militaire continentale de l'Europe occidentale à ce moment-là.
5:41 Il faut être clair des fois, dans les moments graves, vu ce qui se passe à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, en mer de Chine, autour de l'Ukraine, vu que pendant que je suis en train de parler, et depuis déjà des lustres, des semaines, des mois, plus de deux ans, un matériel, mais sans précédent, des milliers de soldats, de blindés, d'artilleries lourdes, débarquent directement des États-Unis, dans les ports des Pays-Baltes, pour ceinturer la Russie, bien avant les quelques petits détonateurs tout récents, vous voyez, mais ça s'accélère.
6:27 Et pendant ce temps, de quoi on parle ? Des lesbiennes dominantes et des lesbiennes dominées, je fais brutalement un contraste, là, mais si vous voulez, je veux dire, je dis ça parce que la dernière manifestation à étiquette autoproclamée féministe, vous voyez toutes les précautions sémantiques que je prends, parce que la majorité des femmes de la planète ne se reconnaîtraient pas un instant dans celles qui défilaient, il y a eu une manifestation dont le principal élément pour sa reconnaissance était un mouvement qui s'appelle « Nous toutes, à ma connaissance », qui est une déclinaison locale de MeToo.
7:13 Tout ça sort du même milieu socialement très confiné, et voilà qu'il y a eu des agressions contre ces féministes, non pas de commandos d'extrême droite, ce qu'il ne faut jamais oublier de condamner, non mais là, ce n'était pas le cas, mais de féministes plus radicales, qui reprochaient au mouvement « Nous toutes » de mettre des hommes dans la manifestation, et ce qui est déjà un peu plus grave aussi, les islamistes, je ne parle pas des musulmans, qui sont les principales victimes, nos frères musulmans, de l'intégrisme islamiste, non, d'intégristes, pour être clair, de mouvements financés par les frères musulmans, mais adoubés par la Commission européenne, par Bruxelles, oui, tout ça, tout ça ne sont pas bons.
Mitterrand, Vichy et les gauchistes de 68
8:09 Mais là, je ne veux pas que les arbres cachent la forêt. L'enjeu, je vais vous le dire tout de suite, je ne vais pas m'en prendre à cette gauche sociétale, je le fais depuis des années, pour montrer justement que je n'ai aucune mauvaise grâce à le faire, puisque ce n'est pas la gauche. Mitterrand, c'est Vichy, ce n'est pas moi qui parle, ce n'est même pas quelqu'un qui, dans mes références habituelles, c'est quelqu'un que je critique, le plus souvent et contre lesquels j'ai même fait, je ne sais pas, une vidéo où j'ai repris un petit peu, debunké, comme on dit, une de ses propres vidéos, je pense à Michel Foucault, un de ses French Doctors, parangon de la contre-révolution idéologique qui se met en place dès les 70s.
8:57 et qui ont tous en commun, malgré leurs différences, que je ne néglige pas entre Derrida, Foucault, Deleuze, etc., d'avoir en commun des références comme Nietzsche, comme un Spinoza complètement, n'est-ce pas, transformé pour les besoins de la guerre froide, un Spinoza qui se réponde à la liberté, c'est un comble, alors que la dernière grande partie de l'éthique, c'est quand même ça, a pour titre de la liberté de l'homme. Mais on table sur l'ignorance, n'est-ce pas, que l'éducation nationale induit de plus en plus, d'une manière systématique.
9:34 Dans les classes, Michel Foucault avait dit Mitterrand, c'est pour une fois que je le cite, que je le cite, n'est-ce pas, à crédit, et non pas pour m'en démarquer. Il avait quand même remarqué ça, Foucault, n'est-ce pas, chacun connaît la photo, Mitterrand, illuminé, reçoit, et présenté, n'est-ce pas, au maréchal Pétain. Et c'est autour de Tonton, comme on l'a appelé, vous voyez, comme ça devient plus familial.
10:07 Il y avait le gentil papy Pétain, puis il y a le Tonton Mitterrand. On est en famille, là, ça sent, ça sent renfermé. enfermé. Et tout ça est passé, non pas pour la gauche, mais ceux qui se sont positionnés en 68, à gauche de la gauche, ceux qu'on a appelé les gauchistes, pour être très précis, et dans l'ordre chronologique, j'ai dit que je n'avais pas le temps de l'introduction de détailler, mais moi, je ne suis pas un homme de droite, donc je n'appelle pas gauchiste tout ce qui est à gauche, c'est tout le contraire.
10:40 Les gauchistes, historiquement, ceux de 68, qui, la plupart du temps, avaient pour adversaire à la CGT, et le Parti communiste, pour que les choses soient claires, et non pas la vraie droite, se sont tous ralliés à la pire des droites. Non pas à De Gaulle, qui est un homme de droite qui ne s'est jamais caché, qui n'a jamais prétendu être à gauche, mais à Mitterrand, un homme de Vichy, qui vient de Vichy, et qui était précisément dans ses labels, au début, divers gauches, divers modérés, vous savez, avant qu'il prenne, qu'il soit secrétaire général du nouveau parti socialiste, dès le début des années 70, c'est-à-dire secrétaire général d'un parti dont il n'avait jamais eu la carte, ça ne s'invente pas, c'est des choses extraordinaires qui se sont passées là.
11:32 Mais comme les jeunes oreilles, on se garde bien de le rappeler, ce n'est pas qu'ils ne le savent pas, c'est qu'on ne leur a jamais dit, on s'en garde bien, c'est la jeunesse de notre époque. Donc, je le fais suffisamment de critiquer cette fausse gauche, cette gauche qui pour moi est à droite de De Gaulle, lequel est un homme de droite ? C'est grave ce que je dis, quand on est à droite de la droite, c'est qu'on est déjà dans la, je ne sais pas si c'est l'extrême droite, mais c'est déjà la droite extrême. On est à cette borderline, n'est-ce pas ?
12:03 Or, c'est ça le sens de mon intervention, et je vais faire la matière de la vidéo que vous allez voir, cette gauche est tellement lamentable dans son discours, surtout dans ses dernières explosions, c'est la logorrhée, encore une fois, qui nous viennent des campus universitaires américains, qui sont presque toutes des revendications identitaires, que la droite se régale, la vieille droite, qui fait un retour formidable, elle ne va pas se gêner.
12:40 Qu'est-ce qu'elle va faire ? Comme, cette gauche-là, pour se faire passer de gauche à passer, plus de deux générations, à faire du left-washing, la droite se régale à faire du left-bashing, on n'entend plus que ça. Et c'est tellement facile d'enfoncer cette gauche-là, cette gauche-là, avec je ne sais pas combien de guillemets. mais voilà pourquoi je tenais à faire une introduction avant la vidéo. Pour que les arbres ne cachent pas la forêt. La forêt, c'est cette nouvelle droite.
13:10 Le danger, c'est ça. N'est-ce pas ? Ceux qui n'ont rien appris ni rien oublié, comme on avait dit de ceux qui avaient émigré lors de la Révolution française, en Angleterre ou ailleurs, ou en Autriche ou en Allemagne, ceux qui n'avaient rien appris, ils n'ont toujours pas compris, mais qui ont eu peur, à un moment donné, les communistes, la sécurité sociale, les retraites par répartition. La droite du capital a dû faire des concessions. Elle ne l'a jamais pardonnée et elle revient en force.
13:41 Ce n'est pas depuis qu'il n'y a plus rien pour s'opposer à elle. Oui, je ne suis pas loin de dire que depuis qu'il n'y a plus de partis communistes, il n'y a plus de gauche. Trouvez-la moi, la gauche. Moi, je veux bien. Je veux dire une gauche qui fait trembler le MEDEF et ceux qui nous dirigent. parce qu'il y a des gens sincèrement de gauche, efficaces, intéressants, pertinents, et qui sont groupusculaires. Je ne dis pas ça avec mépris. Même le parti de bolchevik a commencé par être groupusculaire. Il y a un début à tout.
14:11 Mais enfin, la situation est grave. La droite contre l'extrême droite. À l'étranger, pas seulement en France, ce ne sont pas les seules forces qui montent en Europe. Je ne dis pas à l'étranger dans le monde, parce qu'il y a des endroits où ça va plutôt mieux. Mais en Europe, et c'est ça qui nous intéresse, les seules forces qui montent à chaque élection et sans cesse, c'est l'extrême droite et les verts. Je ne confonds pas, je parle de l'écologie politique et non pas du souci légitime de l'environnement.
14:47 Je ne suis pas le dernier à m'inquiéter de sa dégradation. Voilà. Je voulais être bien clair. On va taper sur la fausse gauche pendant la vidéo que vous allez voir. Mais, c'est en montrant à quel point elle est de droite et à quel point ses thèmes sont presque mots pour mots. Ceux de la plus vieille droite qui soit, alors qu'elle se prétend up to date et branchée, que je tenais à faire cette introduction parce que le résultat est là.
Des minorités qui n'ont rien demandé
15:23 Il faut éviter qu'il n'y ait plus que ça. C'est un cauchemar, la droite contre l'extrême droite. Bonne soirée, bon visionnage et n'oubliez pas cette introduction dans le détail de ce que vous allez voir et entendre. Je vous remercie. Alors, question d'Estavisky que je salue au passage et je suis bien content de retrouver un grand connaisseur de la pensée de Clouscard. Voici sa question. Le prétendu progressisme.
15:54 Vous voyez que c'est entre guillemets poussé de façon de plus en plus caricaturale. Je reviens en arrière. J'ai exprès signalé les guillemets pour rappeler qu'il ne s'agit pas d'une critique du progressisme. C'est tout à fait l'inverse, n'est-ce pas ? Le prétendu progressisme. Poussé de façon de plus en plus caricaturale par des représentants autoproclamés de minorités qui ne leur ont rien demandé. Lorsque je vois un représentant du CRAN, ça m'est arrivé, ou des minorités du même ordre, hyper identitaires et qui font à ce point le jeu de la domination ontologique dont il m'arrive souvent de dire quelques mots et vous pensez bien que je vais y revenir cette fois-ci.
16:40 je leur dis souvent pourquoi vous parlez au nom des Africains où vous avez été élus, vous êtes ambassadeur d'Afrique, l'Afrique est un peu grande pour que vous la mettiez dans votre poche quand même. Je veux dire, je connais beaucoup d'Africains et croyez-moi et j'en ai connu même avant que vous soyez nés, si je puis dire, c'est souvent le cas, hélas pour moi, qui ne pensent pas du tout comme vous, qui pensent même le contraire et qui ne se sentiraient pas du tout, n'est-ce pas, représentés par votre discours et Dieu sait s'ils ont des choses à adresser à ce qui est dominant chez nous.
17:14 Voilà, donc, voilà pour les guillemets. Le prétendu progressisme poussé de façon de plus en plus caricaturale par des représentants autoproclamés de minorités qui ne leur ont rien demandé. c'est bien de rappeler que ces minorités, les femmes en général, alors comme on dit, les afro-américains, je vous garantis que les Africains, eux, les Africains du sud du Sahara, eux, ils disent les blancs, ils ne disent pas les euro-caucasiens américains. Vous voyez, ils ne se mélangent pas les pinceaux, ils ne tombent pas dans le ridicule de l'inclusivité orale ou écrite.
17:50 Bon, donc ces minorités qui n'auront rien demandé, je répète donc, les femmes en général, je cite souvent la femme malienne, la femme sahélienne en général, c'est-à-dire celle qui fait, vous m'avez déjà souvent entendu dire, la corvée d'eau, la corvée du bois sur laquelle elle enchaîne pour chauffer l'eau, puis ensuite le pilon toute la journée, celle-là, elle n'a pas tout à fait les problèmes des MeToo, vous voyez ce que je veux dire. Donc ces femmes-là sont baillonnées lorsqu'on fait croire que les minorités, dont parle Estavisky, parlent au nom, n'est-ce pas, de ces énormes généralités que sont les femmes, les Africains, les racisées, comme on dit maintenant, ce qui est un retournement incroyable.
18:43 Donc je reprends et j'enchaîne. le prétendu progressisme poussé de façon de plus en plus caricaturale par des représentants autoproclamés de minorités qui n'auront rien demandé, s'appuie volontairement et sciemment, comme tous les discours pervers, sur des valeurs morales irréprochables. Je connais assez Estavisky, même hors texte, si je puis dire, pour vous garantir que ce n'est pas de la moraline. Quand il parle de pervers, ce n'est pas pour instiller de la moraline, c'est au contraire pour dénoncer le moralisme de ceux qu'il pointe ici.
Toutes les différences sauf de classe
19:22 Le respect de l'être humain dans toutes ses dimensions de couleurs, eux disent race sans complexe, de sexe, d'orientation sexuelle, de religion, d'état physique, etc. Bref, toutes les différences sauf de classe sociale. Lorsque, je m'arrête avant de commencer le deuxième alinéa, vous voyez, lorsque il y avait encore de la production à Billancourt, quand ce n'était pas encore un espace de loisirs et de culture, comme on dit maintenant, de culture par mécène interposée, puisqu'on est revenu à cela.
20:06 Lorsqu'il y avait une grève, vous savez, à l'époque, on disait lorsque Billancourt éternue, la France s'enrume. C'était une puissance. Et quand la grève avait un résultat favorable, aboutissait à une avancée positive pour les travailleurs. Abdallah, Moussa, Jean-Michel et autres Polonais dans les mines, par exemple, il y avait beaucoup de Polonais dans les mines dans le nord et dans l'est, je veux dire, bénéficiaient des mêmes avantages.
20:39 N'est-ce pas ? Et c'est bien ça qui est insupportable pour les milieux dominants, qu'il s'agisse des grandes banques ou des discours qui vont dans le sens de ce que souhaitent les grandes banques. Je vous donne un exemple, mais quand on parle de décroissance, par exemple, je veux dire, le Medef se frotte les mains, alors que c'est peut-être un précaire qui dit ça et qui est tombé dans le panneau, qui pense sérieusement que le pauvre vieux qui consomme trop et que nous nous vautrons dans la consommation.
21:16 Mais le Medef se frotte les mains, la décroissance, mais il a des millions de travailleurs à mettre au chômage, le Medef, mais il ne demande que ça, la décroissance. Ils sont vraiment en retard, ceux qui croient que le capitalisme est un productivisme exacerbé. Il y a bien longtemps qu'il fait la grève de l'investissement, la seule grève que je condamne, franchement, et qu'il préfère de l'investissement productif et qu'il préfère investir dans la spéculation, dans l'investissement financier que dans l'investissement proprement économique.
21:49 Vous voyez. Mais n'anticipons pas sur le corps du débat. Je rebondis sur l'excellent partage que fait ici Stavisky entre les oppositions. Je répète sa phrase de couleur, eux disent race sans complexe, de sexe, d'orientation sexuelle, de religion, d'état physique, etc. D'un côté et de l'autre côté les différences de classe ou la différence de classe.
22:19 dont je rappelle, pour ceux qui s'y perdent, qui trouvent ça obscur et abstrait alors que c'est le béaba du concret, je rappelle qu'il y a des milliers de classes sociales, si vous voulez, et ça paraît compliqué mais qui se ramènent toutes à deux et que Clouscard a parfaitement identifié celle de ceux qui consomment plus qu'ils ne produisent et ceux qui produisent plus qu'ils ne consomment. la lutte aujourd'hui à travers tous les masques dont elle se revêt de couleur, de racisé, de sexe, de genre, etc.
22:56 En fait, il y a toujours un des deux derrière. Et bien sûr, au niveau médiatique, c'est bien sûr celui de ceux qui consomment plus qu'ils ne produisent qu'on entend quasi exclusivement sur les plateaux télé et autres médias. Lorsqu'un débat contradictoire, voici le deuxième alinéa, non factice, est par manque de vigilance d'un média officiel, lorsqu'un débat contradictoire non factice est par manque de vigilance d'un média officiel, parfois provoqué, les plus malins disent que cette lutte des classes va de soi et que la lutte des sexes et des races ne l'empêche pas.
Les libéraux libertaires et le drapeau abandonné
23:34 Que de fois, on l'entend ça. Mais oui, vous avez raison, il y a des problèmes sociaux, mais alors, ce n'est pas contradictoire de parler du problème des femmes et de la domination masculine, par exemple, parallèlement aux classes sociales. Alors, les plus malins disent que cette lutte des classes va de soi, bien sûr, on est tous de gauche, n'est-ce pas, et que la lutte des sexes et des races ne l'empêche pas et que tout va ensemble, même si l'on semble ne jamais passer de l'un à l'autre dans les discours dominants. C'est quand même curieux.
24:05 Si ça va ensemble, pourquoi ? Sur les plateaux télé, les 9-10e, écoutez, écoutez Zemmour face à ses interlocuteurs. Lui, comme ses interlocuteurs, ne parle que de problèmes sociétaux, pratiquement pas sociaux, pratiquement pas de lutte de classe. Il s'en garderait bien, Zemmour. Ne peut-on dire au contraire avec Michel Clouscard que les libéraux libertaires comme les Goupil, Cohn-Bendit, Bégaudeau, Autain, Obono, remarquez ici que c'est tous des noms qui se situent, qui s'autoproclament, pour parler comme Stavisky, à gauche.
24:42 C'est pas ? Drôle de gauche. Une grecque dans l'état où aller. Pas besoin d'en rajouter. Obono, Diallo, les people du showbiz, les syndicats dits de gauche, les partis dits de gauche, les chroniqueurs de France Inter apparaissent comme de gauche dans un média de libéraux économique, etc. se sont emparés de thèmes socialistes au sens historique du mot socialiste afin de réaliser ce que Michel Clouscard pourrait appeler aujourd'hui, s'il est encore parmi nous, du left washing.
25:13 Et même de left washing à grande échelle. C'est pas quand. Quand la gauche se trouve aussi lamentable, elle ouvre un boulevard à la droite. Je prendrai un exemple pour ceux qui sont un petit peu pris à contre-pied ici par l'excellente remarque de Stavisky. Et là, pour une fois, vous voyez, je ne suis pas sectaire, je donne un bon point à Mélenchon. Avant que Mélenchon n'apparaisse dans l'arène de ce qui s'appelle maintenant l'éco-socialisme ou la France insoumise, le bleu-blanc-rouge s'était presque associé à un emblème de Marine Le Pen.
26:00 C'est un comble que ce drapeau qui a fait trembler tous les réactionnaires d'Europe depuis la Révolution française. Je ne suis pas né sous Vercingétorix, mais je me souviens quand même, c'est de l'histoire récente en termes historiques tout de même, que pour son père et pour l'extrême droite française, le drapeau bleu-blanc-rouge c'était l'horreur, c'était le drapeau blanc à fleurs de lys qui était l'emblème de l'extrême droite française C'est Tixier-Vignancour et Jean Passe, n'est-ce pas?
26:36 Et un des derniers barouds de déshonneur a été leur attitude vis-à-vis de l'Algérie française. comme il le proclamait. Je rappelle tout de même que ce drapeau bleu-blanc-rouge, je veux dire, Marine Le Pen n'a eu qu'à se baisser pour le ramasser dans la poubelle où la gauche que dénonce Estavisky l'avait jetée. Je pense ici en particulier aux trotskistes, je dirais même envie de dire aux trotskars par respect pour certains trotskistes qui valent mieux que d'autres.
27:13 Je pense en particulier à Bensaïd qui sera un peu du lourd. mais tout de même, n'est-ce pas, qui ne veulent jamais entendre parler de souveraineté sous prétexte que toute souveraineté serait à droite voire à l'extrême droite. Alors que le grand acte de la révolution française commence d'abord par la souveraineté populaire qui est le sujet principal du contrat social si on sait lire Rousseau. Et pas entre les lignes.
27:43 Le souverain, il dit le souverain, c'est celui qui exprime la volonté générale. Voilà. Je vais reprendre le texte. Je faisais allusion à ce boulevard offert à ce qu'il y a de pire, n'est-ce pas, dans la réaction politique, donc dans la droite et l'extrême droite, au point que beaucoup disent bon, je leur laisse la responsabilité, mais je ne suis pas loin de penser qu'ils ne sont pas loin de la vérité, quand on dit qu'en France en particulier, mais en Europe en général, le débat se passe de plus en plus entre la droite et l'extrême droite.
28:21 La gauche semble avoir disparu. Et comment cette droite extrême pour regrouper les deux a pu s'offrir un boulevard comme ça ? parce que ça date d'un certain usage de la légende de 68, n'est-ce pas, il y a la réalité qui a été les avancées des travailleurs, le 68 de la CGT, et puis il y a la légende, 68 de Cohn-Bendit et autres, de ce qu'il a emporté politiquement, c'est-à-dire la liquidation de tout ce qui gênait l'OTAN.
28:56 Oui, je ne dis pas les États-Unis exprès, l'OTAN, à droite, le gaullisme, à gauche, le communisme, les deux commencent à décliner. Après, le 68 sociétal, ça n'a pas commencé, ce 68-là, par les grèves, je fais allusion à Renault tout à l'heure, non, ça a commencé par des histoires de dortoirs entre filles et garçons dans la cité universitaire. Ça a son importance.
29:27 À titre individuel et personnel, j'aurais pu me mobiliser pour des choses comme ça, bien sûr. Mais que ce soit de cela qu'on met au milieu du plus grand événement social peut-être de notre histoire et en tout cas de toute l'après-guerre largement, c'est un peu fort de café, n'est-ce pas ? Mitterrand, Jospin, Hollande, le record de la privatisation, c'est sous Jospin et Bérégovoy, les premiers ministres de Mitterrand.
Progrès sociétal contre progrès social
30:00 Et au point que les nuances entre Sarkozy, Hollande, je veux dire, Macron deviennent imperceptibles à ce niveau-là. N'est-ce pas ? Alors, comment un gamin de 25 ans aux valeurs morales altruistes pourrait-il être favorable à l'oppression des Noirs, des homosexuels ? On n'a pas besoin tout de même d'être un hystérique issu des campus américains LGBT pour se scandaliser à juste titre et trouver monstrueux le fait qu'on ait pratiqué les emprisonnements de masse des homosexuels, par exemple, en Égypte.
30:45 par exemple. Alors, mais non, il y a un cambriolage, n'est-ce pas, de toutes ces valeurs générales humanistes, alors là, sans guillemets, au profit, c'est ce que nous allons voir, d'ontologie réduite jusqu'à l'identité pure. Comment un gamin de 25 ans aux valeurs morales altruistes pourrait-il être favorable à l'oppression des Noirs, des homosexuels ? Allez, moi je vous le dis, ce n'est pas le propos, donc je le rajoute.
31:18 Qui est pour la pollution ? Qui a envie d'un monde plus pollué ? Qui a envie d'un air plus irrespirable ? Qui voudrait avaler plus de particules fines ? Trouvez-moi un... Alors, c'est des causes comme ça, consensuelles, cachent quelque chose. Quand on a personne en face de soi, c'est facile, n'est-ce pas, de se prévaloir de valeurs inattaquables. Comment un gamin de 25 ans aux valeurs morales altruistes pourrait-il être favorable à l'oppression des Noirs, des homosexuels, de toute minorité et des femmes ?
31:49 Car c'est bien en ces termes que les médias, les politiques, la gauche, guillemets, merci Stavisky, et curieusement donc les multinationales, nous expliquent où se situe le progrès dans notre monde occidental moderne. Il n'y aurait qu'un progrès sociétal qui est censé nous consoler du fait que le progrès social non seulement soit au point mort mais que même on lui impose une puissante régression.
32:22 On rappelle que dans son intervention d'hier soir, Macron a encore durci les modalités d'indemnisation des chômeurs. Mais ça, les chômeurs, dans les chômeurs il y a des hommes, il y a des femmes, il y a des homos, il y a des hétéros, mais ça, on s'en fiche. On s'en fiche. Ça fait trop de gens. Il vaut mieux des petites minorités qui se bagarrent les unes les autres, les homos contre les hétéros alors qu'ils sont unis par exemple comme chômeurs ou comme demandeurs d'emploi ou comme salariés surexploités.
33:03 Donc, le greenwashing consiste à faire passer pour écologique des pratiques commerciales opportunistes et absolument pas écologiques. J'ai appris récemment, pour illustrer le propos de Stavisky, j'ai appris récemment qu'il y a une marque de café qui peut se proclamer écologique, n'est-ce pas, et bio, parce que la route qui mène jusqu'à la plantation de café depuis l'axe principal bitumé, le chemin, lui, n'est pas goudronné et il fait une quinzaine de kilomètres. Donc, vous voyez, ça abîme les mécaniques des travailleurs qui vont, n'est-ce pas, et ça les isole du reste du monde, mais c'est bio.
33:43 Parce que le goudron, c'est le pétrole et le pétrole, c'est sale. C'est polluant. Je rappelle qu'il y a une maladie qui est presque totalement disparue chez nous, c'est le tétanos, car vous êtes tous vaccinés, fort heureusement, dans les générations d'aujourd'hui et depuis un bon moment, depuis plus de deux générations. Et le vecteur principal du tétanos provenait de la terre, pas du goudron, de la terre, beaucoup de jardiniers, par exemple, ont été victimes du tétanos par simple éraflure d'épines de rose, surtout dans des terres où il y avait dans le fumier du crotin de cheval.
Diviser le travailleur collectif
34:31 Ah oui, tout ça n'est pas industriel, mais tout ça est mortel. Et mortellement létal. Le left-washing consiste à pouvoir vous faire passer comme étant de gauche, alors qu'en fait, vous soutenez consciemment pour ceux qui en vivent ou inconsciemment pour ceux qui y croient, des systèmes visant à diviser profondément le travailleur collectif. Je ne vais pas rabâcher. Est-il franchement encore besoin d'illustrer ici ce que dit Stavisky, à moins vraiment d'être ce pire sourd qui ne veut rien entendre, de diviser les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les quadras ?
35:14 Oui, oui, j'ai vu ça que les quadras, n'est-ce pas, prenaient des emplois aux jeunes ? Ou les vieux que nous sommes les retraités, n'est-ce pas, étaient trop bien rémunérés et qu'ils ne laissaient pas assez et de quoi augmenter les salaires ? On entend tout ça, n'est-ce pas ? Ou même de diviser celui qui est vraiment au minimum, au salaire minimum, mais qui a la chance d'avoir un emploi, donc on l'oppose à celui qui est sans emploi. Quelle honte !
35:44 Pendant que ceux qui planquent leurs milliards dans les paradis fiscaux, avec des sommes où il n'y aurait de quoi payer dix fois les retraites des Français, pendant que ceux-là, n'est-ce pas, personne ne s'occupe d'eux, sauf en paroles, par moment. Les paroles s'envolent. Donc, les hommes contre les femmes, les jeunes contre les vieux, les homos contre les hétéros, les noirs contre les blancs, les indiens contre les...
36:17 Je pense à l'Afrique orientale, les indiens contre les noirs. Je rappelle que Gandhi était un raciste anti-noir. Eh oui, je sais. Il y a comme ça, une gauche gnagnan, n'est-ce pas, qui est toujours un peu surprise. ou dans des pays du sud-est asiatique, dans une actualité plus tragiquement récente, n'est-ce pas, les bouddhistes contre les musulmans, et on n'en finit plus, n'est-ce pas.
36:49 Le capital se roule les pouces pendant ce temps et adore ce genre d'opposition, n'est-ce pas, qui ne lui coûte pas un centime. Dire Madame la ministre au lieu de Madame le ministre, je préfère Madame la ministre. Ça m'a toujours un peu semblé bizarre, Madame le ministre. Donc, ce n'est pas sur le fond du changement que je parle. Mais ce qui est sûr, c'est que croire que c'est des grandes avancées, le MEDEF, s'il ne pouvait avoir que des changements comme ça, que des réformes de ce genre-là, ça ne lui coûte pas.
37:28 Ce n'est pas le dixième d'un centime. des systèmes visant à diviser, donc à diviser quoi, à diviser qui ? Profondément, le travailleur collectif, et ici, c'est un guillemet de citation et non pas de dérision, selon Clouscard, car rien ne serait pire que de voir se rassembler. Mon Dieu, le cauchemar pour le MEDEF, ce serait ça. Les homos, les hétéros, ensemble, les femmes, les hommes, ensemble, n'est-ce pas, les lesbiennes dominantes et les lesbiennes dominées, ensemble. Il y a toute une discussion dans le phèdre de Platon pour savoir si l'aimant doit, ce sont des couples homosexuels dans l'Athènes de l'époque, pour savoir si l'aimant doit céder à l'aimé ou si l'aimé doit résister à l'aimant.
38:13 Enfin, oui, c'est-à-dire que c'est des très très vieilles problématiques qu'on fait passer pour actuelles. Si tout ça se rassemble, encore un exemple, lorsque les Vietnamiens étaient écrasés sous les bombes, d'une manière qu'on ne peut même pas imaginer, il y a tombé plus de bombes sur le Vietnam, sur le Laos aussi, encore plus, que sur l'ensemble des champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale, guerre du Pacifique comprise, oui, oui, en prenant de la Normandie jusqu'à Guadalcanal, jusque dans les Philippines, il n'y a pas eu autant de tonnage de bombes lancées que sur ce pauvre héroïque et magnifique Vietnam.
39:00 Donc, je veux en arriver quoi ? Que ceux qui étaient sous ces bombes se moquaient bien de savoir, ils avaient d'autres chats à fouetter, vous pensez bien, dans l'horreur qu'ils vivaient, si le pilote qui les larguait était homo, hétéro, s'il était noir, s'il était blanc, s'il était un homme, s'il était une femme, quelle importance ! Car rien ne serait pire, je reprends la remarque de Philippe, je la divise parce qu'elle est longue et riche, car rien ne serait pire que de voir se rassembler les hommes et les femmes de toutes couleurs, religions, orientations sexuelles, conditions sociales, hors classes dominantes, en un ensemble uni, bref, une réunion des dominés, dans un ensemble uni et non plus scannerisé par ces divisions, n'est-ce pas, et conscient de ses intérêts communs.
La critique de Clouscard comme libération
39:54 Alors, il s'adresse à moi, comment pourriez-vous expliquer aux jeunes en quoi la pensée de Michel Clouscard et son caractère émancipateur profond qui, après dissipation de l'illusion fabriquée par des propagandes efficaces, bien financées, permanentes et multicanaux, autant dire la quasi-totalité de la rumeur médiatique, ouvre la porte vers une vraie libération, la critique qu'en fait Clouscard, envers toutes les oppressions, alors que l'idéologie qui les meut aujourd'hui poursuit efficacement l'objectif exactement inverse.
40:29 Comment faire comprendre ? Avant de voir la suite de la question, vous remarquez bien que l'insistance du questionnement, et je comprends la colère sourde qui est au fond de cette question très réfléchie, très bien articulée, qui n'est pas à l'emporte-pièce, tant s'en faut, mais on sent qui a une colère sourde. Cette colère, elle s'adresse surtout ici, ils ne cherchent pas à convaincre le MEDEF, vous vous doutez bien, mais à ceux qui tombent dans ce piège-là, qui croient sur parole ceux qui s'autoproclament à gauche, qui croient que c'est ça à la gauche, on comprend du coup que certains aient une attirance pour, soit, tantôt Le Pen, tantôt pire, ou tantôt Zemmour.
41:25 Donc, voici la péroraison, comme on disait dans les cours de rhétorique, voici la dernière partie, la conclusion de la longue et très riche et articulée question d'Estavisky, et pour laquelle je le remercie très sincèrement. comment pourriez-vous expliquer aux jeunes en quoi la pensée de Michel Clouscard et son caractère émancipateur profond, qui, après dissipation de l'illusion fabriquée par des propagandes bien financées, permanentes et multicanaux, et qui, je le répète autant dire, la quasi-totalité de ce qui est diffusé dans les médias, ouvre la porte, cette critique de Clouscard, vers une vraie libération, envers toutes les oppressions, alors que l'idéologie qui les meut aujourd'hui poursuit efficacement l'idéologie sociétale, c'est un mot que je n'aime pas trop parce que c'est un peu imprécis, mais enfin, quand il dit que le social, ce n'est pas tout,
42:35 il sait ça, le social, alors que l'idéologie qui les meut aujourd'hui poursuit efficacement l'objectif exactement inverse, c'est-à-dire un asservissement à ce que veut le pouvoir, le vrai pouvoir, qui est un pouvoir économique. Comment faire comprendre que l'analyse critique de Clouscard n'est pas une renonciation aux valeurs morales sur lesquelles s'appuient ces sophistes manipulateurs, mais exactement le contraire ? Oui, l'exploité, la femme, dans une bonne partie du monde, l'ex-colonisé, enfin l'ex-colonisé qui continue et sans doute plus que jamais à souffrir d'un colonialisme économique au moins plus cynique, je surveille ce que je dis et grammaticalement, n'est-ce pas, et sur le fond, au moins plus cynique que l'archéocolonialisme.
43:32 Un petit exemple, nous étions, parce que j'en faisais partie, j'étais gamin, 5000 Français avant l'indépendance en Côte d'Ivoire, on était 50 000 Français 15 ans après l'indépendance en Côte d'Ivoire. Pas de mauvaise affaire. Pour le colonisateur, cette indépendance-là. Comment faire comprendre que l'analyse critique de Clouscard n'est pas une renonciation aux valeurs morales sur lesquelles s'appuie ce sophiste manipulateur, mais exactement le contraire ? Voilà.
44:06 Je vous remercie d'avance pour vos éclairages sur cette question extrêmement actuelle. Alors, plus d'une fois, et plutôt deux fois qu'une, et même plus de deux fois, j'ai répondu par morceaux. Notre ami Stavisky a l'avantage de rassembler tous ces différents canaux, comme il dit, sociétaux, dans une même interrogation.
44:36 Mais très souvent, je lui ai répondu par avance, tantôt, en montrant les sordides opérations qui se déroulent sous couvert de green business, d'écologisme, ou sur les luttes d'identité, soit de genre, soit de couleur, soit de religion, etc. Notre ami Stavisky, notre camarade, avait proposé ce titre pour cette longue question. Je le lis. « Les woke sont-ils les plus endormis ? »
Les woke, ou les éveillés
45:08 Bien sûr, le jeu de mot est évident. Les woke, c'est-à-dire les éveillés, ceux qui prennent conscience des nouvelles luttes, c'est-à-dire les vieilles lunes, je crois que vous commencez à comprendre ce que je veux dire, les mêmes les plus vieilles, si on réfléchit, sont-ils les plus endormis ? Et je me faisais cette réflexion. Ce n'est pas un raisonnement bien fondé, je vous mets en garde, mais c'est une intuition, mais je ne crois pas au hasard ici.
45:44 C'est peut-être un effet de parano. Il faut laisser sa place au hasard, à la dent du hasard, comme disait Parménide. Mais, j'ai déjà entendu ça quelque part, les éveillés, les éveillés. Bon sang, mais oui, dans ma jeunesse bouddhiste. Oui, quand j'avais 16, 17 ans, on a le droit, quand on a 17 ans, on a le droit, mais même, dès que c'est encore bien pire, d'anticiper, n'est-ce pas ? Aujourd'hui, je regarde les obscènes mises en avant du Dalai Lama.
46:22 J'ai plus grand respect pour l'enseignement du Siddhartha Gautama, dit le Bouddha, n'est-ce pas ? Ça n'a rien à voir. Il y a autant de différences entre l'enseignement du Bouddha et le Dalai Lama qu'entre l'Évangile et l'Inquisition espagnole. Espagnole ou autre. Ils peuvent se donner la main, là. Ou le puritanisme protestant et les excès auxquels il a mené. Vous voyez ce beau film qui s'appelle « Jour de colère »
46:52 du grand cinéaste danois Carl Dreyer. Donc, voilà, je veux dire, c'est curieux, on retrouve les mêmes communautés, si à la mode aux États-Unis. Voilà. Les woke, les éveillés, les éveillés. Je me souviens même du terme en sanscrit. L'éveillé, c'est anahant. Je ne garantis pas la prononciation ici. Il faudrait, mes amis, j'ai des excellents amis mathématiciens indiens, mais que je n'ai pas en ligne, là.
Hegel et la musique parlée
47:27 Je vais demander à Pierre-Alain d'enchaîner sur d'autres questions qui ont été posées au cours de notre temps direct, comme celle de Stavisky, et qui apparemment ont l'air très loin de ces problématiques, et en signalant que beaucoup, et je m'en félicite, de ceux qui ont la gentillesse de suivre nos diffusions, je constate qu'un nombre de plus en plus grand d'entre eux commence à faire un lien entre les questions que je vais aborder maintenant et la longue question de Stavisky, que nous ne sommes pas en train de quitter, au contraire, mais juger plutôt.
48:10 Voici la question de Guillaume Dugué. Hegel porte donc au sommet, vous vous rappelez, j'avais parlé de la hiérarchie des arts, de l'architecture à la poésie, en passant par la sculpture, la peinture, la musique, la hiérarchie des beaux-arts, mais c'est celle de Hegel. Il porte donc au sommet la musique parlée, la musique qui retrouve la langue et les mots de la tribu. Bon, ici Guillaume est à un humour à froid, si je puis dire.
48:41 En fait, dans le texte de Hegel, ce qui est au sommet de l'esthétique, c'est la poésie, ce n'est pas des arts du langage. Mais, je suis intervenu précisément pour dire que c'est donc encore la musique puisque on passe de la prose au sens vulgaire, mettons journalistique par exemple, je pense à Mallarmé qui disait « La littérature que dessert l'universel reportage ». On passe de la prose du monde à la poésie, non pas par un changement de sens ou de contenu, mais un changement de forme qui implique un autre contenu.
49:22 Enfin, ça c'est encore autre chose. Un changement de forme. J'avais pris l'exemple de « Souveraine des mers qui vous doivent porter » le vers de Racine extrait de Mithridate, ce si beau vers, et je n'en change pas le sens en mettant dans la bouche du traître Pharnace, puisque c'est lui qui prononce ça et qui s'adresse à l'ex-maîtresse de son père, en lui disant « Vous allez naviguer sur des océans bourrés de sel et de chlorure de sodium et dont vous êtes l'autorité politique. »
50:00 C'est quand même mieux de dire « Souveraine des mers qui vous doivent porter ». On n'a pas changé le sens, le contenu. Mais c'est pour l'oreille que ça a changé. Donc, il a raison, Guillaume, de dire qu'on pourrait, on pourrait, il faudrait demander à Hegel. N'est-ce pas ? Ce serait une discussion intéressante, ne discute pas avec les cadavres. Mais on pourrait lui demander si on ne pourrait pas remplacer ce qu'il appelle la poésie, c'est-à-dire la métrique, vous voyez, des notions purement auditives.
50:32 La métrique, c'est une certaine distribution rythmique de la phrase, de l'énonciation et non pas de l'énoncé. Hegel porte donc au sommet la musique parlée. Est-ce qu'on ne va pas remplacer poésie par la musique parlée ? Bon, vous voyez, alors quel rapport avec le boulevard offert au left washing que débite ad nauseam jusqu'à la nausée la droite et l'extrême droite profitant de l'aveuglement de ceux qui s'autoproclament à gauche.
La voix nourricière, premier rapport de pouvoir
51:12 De l'aveuglement ou bien au contraire n'est-ce pas ? du calcul, n'est-ce pas ? Il distingue très bien Philippe en disant ceux qui le font consciemment, délibérément et ceux qui tombent dans le piège et sont victimes de cette illusion. Quand on est malheureux, vous savez, et qu'on vous propose, quand on vous dit en fait ton malheur, c'est très simple, ça vient des Juifs, c'était comme ça dans les années 30 en Allemagne, n'est-ce pas ? Il y en a qui ne réfléchissent pas longtemps avant de dire « Mais oui, c'était ça mon problème. »
51:46 Voilà. Et oui, voilà. Mais tiens, il fallait y penser. Non, je les ai râmes. Pourquoi pas ? Quel rapport ? Le rapport, on le voit, il est dans une certaine forme de rapport auditif entre nous. Et oui, je vais jusque-là. quand notre premier rapport, n'est-ce pas ? Notre premier rapport de communication, je ne parle pas d'expression, lorsque un bébé gazouille de plaisir parce que pendant la tétée, il s'exprime.
52:24 Mais ce n'est pas encore la communication. Mais la communication, elle, elle est d'abord auditive. Dans l'immense statistiquement parlant, dans l'immense majorité, si ce n'est totalité, des cas. Ce n'est pas pour le nouveau-né. Et ça nous a marqués, ce chant des sirènes. Les sirènes, c'est les personnages féminins, c'est les mères ou les nourrices, vous savez qui ? Qui sont les premiers interlocuteurs de chacun et de chacune d'entre nous.
53:00 Voilà où on commence à voir le rapport. le premier rapport politique, il est là. Entre dominant, dominé. Entre le pouvoir et la totale impuissance, le contraire de pouvoir. Impuissance ou impouvoir, pardon pour le barbarisme, c'est le même mot. Potentia, en latin. La puissance, le pouvoir. c'est d'abord or si je réduis cette communication à son aspect purement discursif, c'est-à-dire par une suite de mots telles qu'on peut les voir sur une feuille de papier, je dis exprès sur une feuille de papier.
53:53 et je ne dis pas communication verbale parce que là, tout de suite, on a l'oreille qui marche mieux. Je voudrais prendre, l'isoler comme un extrême, n'est-ce pas, de ce qui passe par l'oreille, par exemple, de communication écrite, que ce soit numérique ou sur papier, ici, ne change pas grand-chose. si je l'isole, je tombe dans l'ambiguïté de cette discursivité que dès les premières périodes historiques, je pense à Ésope, le fabuleux fabuliste de l'Antiquité.
54:37 Je dis fabuleux parce qu'on ne sait pas grand-chose, son existence un peu comme Homère ou comme Hésiode dont on sait très peu de choses sur les plus archaïques et des Grecs. Par contre, dans les œuvres qui nous ont été transmises, heureusement, merci les copistes et tous ceux qui étaient passionnés par ces fables et qui sont arrivés jusqu'à La Fontaine, beaucoup de fables de La Fontaine sont inspirées quant à leur contenu dramatique par des fables d'Ésope.
55:07 Pourquoi je parle d'Ésope ? Parce que il aurait dit que la langue est la meilleure et la pire des choses. Vous voyez l'ambivalence, l'ambivalence. La meilleure, parce que par la langue, je peux consoler, je peux défendre, je peux innocenter, je peux pardonner. Je peux aussi calomnier, condamner, irrémédiablement envoyer à l'horreur. Il y a donc, vous voyez, privé du contenu purement auditif, celui du chant qui nous a bercés dans nos premiers mois, c'est ça, qui fait une partie du charme du chant des sirènes.
Atlantisme et souveraineté du suffrage universel
55:55 J'insiste sur le lien entre quoi ? Entre l'excellente interpellation de la fausse gauche ça fait un moment qu'elle était au pouvoir. Depuis qu'on s'est débarrassé de tout ce qui gênait le pire de l'Amérique, non pas l'Amérique. Vous savez que je vous dis, je répète, et je répète très bien assez, je ne bouffe pas de l'Américain, je bouffe de l'Atlantiste.
56:29 Et l'Atlantiste peut être Thaïlandais, Tchadien, Marocain, peu importe. Même si, bien sûr, les États-Unis, il faut toujours le rappeler, sont le navire amiral, enfin, le gouvernement, l'exécutif américain, et le navire amiral de l'Atlantisme. Pourquoi je fais allusion à cela ? Parce que la fausse gauche est apparue au moment où l'Atlantisme est revenu. A eu raison de, en France, de deux bouchons qui l'empêchaient de passer, qui gênaient sa mondialisation.
57:11 À l'époque, il y avait l'Union soviétique pour toute une partie du monde, et la Chine communiste qui échappait à son influence. Mais il y avait, même en Occident, pour parler comme les journalistes, je ne sais pas très bien ce que veut dire ce terme géographiquement, depuis qu'on sait que la Terre est ronde et que l'Ouest est où on veut, il y avait la France avec, à droite, l'anti-atlantisme de De Gaulle, à gauche, et l'anti-atlantisme des communistes.
57:46 Ayant, pour ma part, je n'ai rien à cacher, voté contre le pouvoir gaulliste pendant toute cette période, je n'ai aucune mauvaise grâce à dire que je mets la droite gaulliste bien au-dessus, en valeur, n'est-ce pas, de ce qui nous dirige, qui s'appelle droite ou gauche, et vous comprenez maintenant ce que veut dire estavisky, peu importe, n'est-ce pas, en tout cas, elle est à droite de De Gaulle qui ne s'est jamais prétendue à gauche.
58:18 Donc, elle est fichtrement à droite, cette gauche-là, c'est-à-dire qu'elle est plus atlantiste que De Gaulle, plus pour Bruxelles, pour l'Europe de Bruxelles, je n'ai rien contre la merveilleuse ville de Bruxelles, où les gens sont une gentillesse qu'on ne reconnaît pas assez souvent chez nous, cette gauche pour l'Europe de Bruxelles, la désouveraineté, c'est un barbarisme imposé aux États-nations et à la France en particulier, sont, vous savez, la Constitution européenne contre laquelle vous avez eu bien fait de voter à 55%, contre laquelle vous avez bien fait de voter à 55%, même si on n'a pas voulu tenir compte au niveau institutionnel de votre vote, que nous sommes pas loin de l'illégitimité du coup d'État depuis, je laisse aux spécialistes constitutionnels le fait de trancher formellement sur le fond, chacun en conviendra, cette gauche-là,
59:31 c'est tout juste si elle ne disait pas que vous étiez à droite quand vous rappeliez le principe peut-être le plus radicalement révolutionnaire de la révolution française qui est la souveraineté du suffrage universel. dès l'instant qui est universel, dès que ce n'est pas le suffrage réservé à quelques-uns qui peuvent payer, acheter leur droit de vote, ça s'appelait le cens, tout ce qu'on appelait le suffrage censitaire. Non ! La révolution, c'est justement l'expression de la vraie majorité bafouée, n'est-ce pas, par le Congrès de Versailles.
La berceuse et la rêverie de Rousseau
1:00:07 Il y a comme ça des lieux qui ne mentent pas. Et donc, quel rapport avec la musique parlée ? Je vous le disais, j'étais en train de parler de la chose auditive pour mettre ensemble la musique, la poésie, j'en étais là, comme on le voit dans les berceuses, par exemple. Et voilà qu'en disant berceuse, c'est-à-dire ce qui est chanté, pour un début, c'est d'endormir bien sûr l'enfant, mais pas de n'importe quelle manière.
1:00:53 Entre les deux, entre la veille et le sommeil, pendant tout le temps de la berceuse, on est dans cet état intermédiaire que Rousseau appelle rêverie. Pourquoi je parle de Rousseau ? Parce qu'il prend le même radical de la berceuse. Mais j'ai plutôt extrait de la cinquième promenade. et vous allez voir que le lien entre la question de Guillaume et celle d'Estavisky est tellement incroyablement entremêlé que de la lointaine périphérie où elle semble apparaître, elle va venir au centre de nos problématiques.
1:01:34 Extrait de la cinquième promenade, la rêverie au bord du lac. Testament poétique de Rousseau. Il en est donc à parler de l'extinction de son activité progressive, de son activité psychique. Je parle grossièrement exprès pour lui laisser la parole littérale après. Et en disant même qu' il lui arrive encore de penser jusqu'à ce que est là je lui laisse la parole.
1:02:07 De temps à autre naissaient quelques courtes réflexions sur l'instabilité des choses de ce monde dont la surface des eaux offrait l'image. Comparaison banale. Ça c'est l'activité psychique discursive que j'étais en train de définir tout à l'heure. Si je prends la communication en enlevant tout ce qui est auditif auriculaire, c'est pas tout ce qui est pour lui, si je prends que le contenu, le sens, le sens logique, une comparaison, une métaphore classique entre l'instabilité du monde, thème moral, et le mouvement permanent de l'eau, le flux et le reflux de cette eau, son bruit continue mais renflé par intervalles.
1:02:55 Mais ce sont les derniers soubresauts. Et là, je réenchaîne avec Rousseau, mais bientôt, ces impressions légères elles-mêmes s'effaçaient, écoutez bien, dans l'uniformité du mouvement continu qui me berçait. Et le voilà, le radical. Qui me berçait au point qu'appelé par l'heure et le signal convenu, on devait l'appeler par une sonnerie ou un appel de cor, je ne pouvais m'arracher de là sans effort.
1:03:27 mais bientôt, ces impressions légères elles-mêmes, je répète, s'effaçaient dans l'uniformité du mouvement continu qui me berçait. Il ne reste plus qu'une chose qui est plus proche de la musique que du discours. L'uniformité du mouvement continu qui me berçait. Alors, vous voyez, la preuve qu'il y a en train de se passer quelque chose dans la petite communauté qui m'honore celle que vous formez en ayant la gentillesse de commenter mes interventions.
La langue des nazis et une vraie langue communiste
1:04:14 Et pour cela, je vais vous demander de prendre en compte la question qui suit, la question qui vient de notre amie la contra-propaganda. Le pseudo est nouveau pour moi, donc je le salue, je lui dis bienvenue. Mais, alors, regardez, il doit y avoir un moment, en tout cas, qui suit nos interventions. Parce que, vous voyez, ce que je disais au début, que les choses sont en train de se mettre en place. Des vidéos qui ont l'air de traiter de problèmes très différents, poétiques, littéraires, politiques.
1:04:49 mais écoutez plutôt. En fait, une vraie réflexion qu'il faudrait avoir là-dessus ne pourrait-elle pas peut-être aussi se situer au niveau du discours et de la langue. Bon sang, on y était, continuez. Je réfléchissais à ça par rapport à vos derniers ateliers et soudain, j'ai eu comme un déclic. Notamment en me rappelant comment des poètes comme Hésiode, je l'avais cité à propos de Mnémosyne et de la mémoire, composer leurs œuvres, non pas pour être lues d'abord, l'écriture, mais pour être récitées et donc entendues.
1:05:30 Vous savez, les anciens ne lisaient pas silencieusement comme nous, mais il y avait un lecteur, qui était parfois un esclave, qui lisait à haute voix. N'est-ce pas là exactement ce sur quoi les nazis ont opéré en développant leur langue si spécifique ? Il n'y a qu'à projeter quelques extraits des discours de Hitler devant une foule magnétisée, hystérique, convulsée, pour voir la prégnance du timbre vocal. C'est très chando, c'est une notion musicale que j'emploie là.
1:06:03 N'est-ce pas ? Et, bon, il ne faut pas se moquer de l'accent, j'allais dire, et de son accent autrichien, pour comprendre ce à quoi fait allusion ici Contra Propaganda N'est-ce pas exactement ce sur quoi les nazis ont opéré, donc sur l'élément auditif, en développant leur langue si spécifique, voire Emmanuel Faye, sur Heidegger ? Emmanuel Faye a beaucoup travaillé, n'est-ce pas ? Pour dépister, n'est-ce pas, envers et contre tous les lecteurs français de Heidegger et de son fan club qui sont en même temps des faussaires et des dissimulateurs qui interdisent l'accès à certains manuscrits ?
1:06:43 Et ne pourrait-on pas établir une même corrélation entre l'appauvrissement de la langue, du vocabulaire et donc du savoir, et l'appauvrissement justement de la musique actuelle ? Je continue. Si tel était le cas, ne serait-il pas possible de mener une réflexion de fond sur la forme d'un vrai discours et d'une vraie langue communiste, bon sang, oui, je n'étais pas allé jusque-là, merci, ContraPropaganda, d'anticiper ce qui devrait être la conclusion de l'ensemble de mes vidéos, c'est de retrouver, vous voyez, comme il n'était pas loin, Guillaume, donner un sens plus pur aux mots de la tribu.
1:07:28 Si la tribu, c'est la communauté, non pas au sens exclusif, la communauté des Blancs contre celle des Noirs ou l'inverse, la communauté des Homo contre celle des Hétéros ou l'inverse, non, mais l'ensemble, la tribu humaine, si tel était le cas, ne serait-il pas possible de mener une réflexion de fond sur la forme d'un vrai discours et d'une vraie langue communiste, un peu dans le sens où dans le champ freudien, on oppose la parole vide, où il n'y a plus que le discours, et la parole pleine, afin de les faire concorder de façon rationnelle et donc effective à partir d'un déjà-là, ce déjà-là qui a commencé avec notre attention arrivée sur la voix, la voix de la nourricière.
1:08:20 Je dis la nourricière pour ne pas dire la mère, car ça peut être la nourrice ou la grande soeur ou quiconque donne le biberon, ça peut être le père, comme c'est le plus souvent le cas aujourd'hui et je m'en félicite. Les jeunes papas d'aujourd'hui valent mieux que ceux des générations précédentes à ce niveau-là dans lesquelles je m'inclus. Afin de les faire concorder de façon rationnelle et donc effective à partir d'un déjà-là, voir la différence entre fugue, la forme fugue que j'ai développée légèrement la dernière fois à partir de la répétition d'un même thème propre à la musique baroque et sonate, c'est-à-dire tension poly ou bi-thématique propre à la musique moderne d'un point de vue strictement esthétique sans chercher à réinventer à chaque fois l'eau chaude.
Gauchistes, anticapitalisme et Burke contre l'homme
1:09:11 On croit qu'on est dans une problématique esthétique et voilà que ça aboutit à l'aspiration à ce que devrait être. Je le lis tellement que c'est invraisemblable, il faut l'avoir devant soi. une vraie langue communiste. Voilà, je ne voudrais pas trop charger la barque aujourd'hui, je crois qu'on a beaucoup à faire, je me suis interdit sur la question de Stavisky que j'ai commentée en temps réel pendant que je la lisais, si vous voulez, et à laquelle je souscris entièrement à son propos, n'est-ce pas ?
1:09:44 et il a bien raison que tout l'effort de Clouscard consiste à nous mettre en garde précisément avant tout contre cette je vais dire cette fausse gauche, je n'aime pas l'expression parce que ça veut dire moi j'ai la vraie, contre cette rage que cette fraction politique de notre peuple qui, je le répète, je l'ai dit tout à l'heure, est à droite de De Gaulle tant pour ce qui est la relation à l'Alliance Atlantique qu'à la Commission Européenne, quelle rage la pousse à vouloir absolument se proclamer à gauche de la gauche c'était déjà le cas en 68 ça a même été inauguré en 68 cette forfaiture car c'en est une à gauche de la gauche il y avait ce qu'on appelait à l'époque les gauchistes qui bouffaient du coco c'était leur pain quotidien quand j'ai dit gauchiste je ne suis pas un homme de droite
1:10:54 je ne parle pas de tout ce qui est à gauche c'est tout le contraire c'est très précis c'est la réunion au sens que les mathématiciens donnent à ce terme de trois sous-ensembles que je cite dans l'ordre chronologique pour n'en frustrer aucun les anarchistes les trotskistes et les maoïstes dans l'ordre d'apparition dans l'histoire or ce sont ceux qui ont tous trouvé des places royales distribuées au cours de la génération Mitterrand par le prince depuis Jospin qui était trotskiste en 68 et qui finit par dire lorsqu'il a le pouvoir d'accord ?
1:11:42 parce qu'on pourrait dire ouais c'est ça parce que j'étais dans l'opposition mais au pouvoir il dit mon programme c'est moi qui rajoute même il dit mon programme n'est pas socialiste donc je lui dis son programme n'était même pas socialiste et il se prétendait plus à gauche que les communistes en 68 quelle forfaiture quelle rage que cette fraction politique qui est à droite de De Gaulle qui lui-même est un homme de droite d'après lui-même moi je ne fais pas de procès d'intention à droite de De Gaulle c'est l'extrême droite pourquoi cette rage de vouloir être à gauche et même marxiste qu'est-ce qu'il y a comme marxiste la catégorie la plus répandue maintenant c'est l'anticapitalisme n'est-ce pas non qui ouvre un boulevard énorme n'est-ce pas au left washing effectivement et Stavisky a parfaitement raison qui n'est pas anticapitaliste dans le Medef vous trouvez plein de gens anticapitalistes vous avez des tas de banques qui se veulent éthiques maintenant vous savez je préfère penser
1:12:54 comme Brecht et oui je préfère faire allusion à un grand communiste Brecht qui fait dire à son personnage dans l'opéra de quat'sous lorsque c'est le procès de Macheath recherché par la police lorsque c'est son procès et qui dit oui j'avoue c'est moi qui ai fait le casse de la banque mais messieurs les jurés qu'est-ce que piller une banque à côté de fonder une banque au moins c'est un voyou qui se déclare voyou alors que le banquier se déclare philanthrope à gauche prenant en compte l'environnement l'écologie la gauche sociétale prenant le parti de la planète contre l'humanité l'humanité qui se vautre dans la consommation non jamais ils vont dire qu'ils sont contre l'humanité sinon ça marche pas alors combien zut je suis plus à gauche là si je commence à être contre l'humanité mais il y a le vieux rêve d'extrême droite derrière qui a une cible et une seule l'homme et je terminerai là-dessus
1:14:04 pour aujourd'hui vous voyez qu'on ne fait qu'ouvrir la porte merci Estavisky je conclue sur la citation du contre-révolutionnaire le plus emblématique puisque c'est un des tout premiers dès la révolution française monsieur Burke l'anglais B-U-R-K-E Burke disait déjà contre l'universalisme qui est le pire adversaire des racisés que tout universalisme c'est une politique d'occidentale masquée et bien Burke disait déjà comme pour leur servir la sauce j'ai rencontré dans ma vie des hongrois des polonais des français des basques mais je n'ai jamais rencontré l'homme en général je crois qu'aujourd'hui nous avons ouvert la porte qui mène à la tribu humaine à l'universel mais celui qui est commun à votre interlocuteur et vous très bonne fin de journée merci Merci.