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Le texte et son époque, entre Révolution et Restauration
0:00 Nous voici prêts pour une nouvelle lecture sur le vif. Cette série dont Philippe Moreau a eu heureuse initiative. Et pour aujourd'hui, je compte vous lire un texte vraiment surprenant.
0:30 Je crois que je ne vais pas m'attarder à faire trop de voix off tant le texte est parlant par lui-même. Mais je vous parle quand même de son auteur. Le texte lui-même, c'est tout simplement sur le théâtre de marionnettes. Une réflexion sur le théâtre de marionnettes. Ça a été écrit déjà Napoléon percé sous Bonaparte, pour citer un vers de Victor Hugo. C'est délire.
1:00 Ni dans l'ancien régime, car la Révolution a eu lieu, ni dans le nouveau régime, la restauration n'est pas encore en place, mais pas dans cet extraordinaire entracte entre la prise de la Bastille, donc en 89, et Waterloo, disons. Ou entre la prise de la Bastille et Thermidor. Ça dépend un peu des idées politiques qu'on a. On peut mettre le curseur, on peut dire que la Révolution s'est terminée. Elle n'a pas attendu Napoléon pour se terminer, n'est-ce pas ? Thermidor avait déjà réglé son compte à la Révolution.
1:33 Je rappelle ici que je passe mon temps à dire que, depuis l'apparition du nouveau régime dans lequel nous vivons, qui est postérieure à la Révolution française, celui du monde industriel, de la société civile bourgeoise moderne, nous ne vivons pas la Révolution, nous ne vivons pas la contre-révolution, nous vivons en permanence le conflit de la Révolution et de la contre-révolution. Sauf que, et c'est ça qu'il faut quand même préciser et rappeler, je contextualise l'époque où ce texte est apparu, c'est-à-dire toutes dernières années du XVIIIe siècle et toutes premières du XIXe, puisque le théâtre de marionnettes, le spectacle de marionnettes auquel l'auteur fait allusion ici est censé avoir lieu en 1801, donc le tout début, de ce qui bientôt va être le nouveau régime.
2:31 Enfin, pour l'instant, on est dans cette grande entracte où tout est brassé entre l'ancien régime et le nouveau régime, les jeux ne sont pas faits, on ne sait pas comment ça va tourner. Les armées françaises sont tantôt, Napoléon est en train d'entrer dans le palais d'Habsbourg à Vienne, ou tantôt entrer dans Iéna, au moment où Hegel est en train de finir en 1807 la phénoménologie de l'esprit, le philosophe qui va créer la philosophie de l'histoire, met un point final à son premier grand ouvrage public de la maturité, au moment où l'histoire frappe à sa porte à coups de canon.
Kleist, dramaturge du romantisme allemand
3:08 Voilà, époque, comment il dit, Hugo, où les trônes croulaient comme des feuilles mortes, en ancien régime, n'est-ce pas ? Donc, c'est pendant ce grand entract que Heinrich von Kleist, qui fait partie donc de la galerie de cette époque, ce fabuleux océan verbal qu'a été le romantisme allemand, fabuleux océan verbal, dit Armel Guerne, je vous en avais parlé, si certains s'en souviennent, c'est sans doute le meilleur traducteur, enfin l'un des tout meilleurs traducteurs, et en tout cas celui qui a fait, et de loin la meilleure anthologie, si vous voulez connaître un peu ces gens-là, dont on commence à parler depuis peu de temps, ils ont eu beaucoup de temps à se faire connaître du public français, et on dit les romantiques, mais ils sont beaucoup plus apparentés à ce qui est devenu la littérature depuis Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, n'est-ce pas ?
4:03 Et puis nos avant-gardes poétiques, ces romantiques allemands, qu'ils sont plus apparentés à ceux-là qu'à nos romantiques français, mais ne faisons pas un cours de littérature, en tout cas, s'il y a des choses à ajouter sur ce point, ça viendra dans le fil du texte. Kleist, tout de suite, je vais... sa vie a été très courte, il mourra 35 ans d'un double suicide, il s'est suicidé avec sa compagne, d'un commun accord tous les deux, elle était atteinte d'une maladie, un cancer, et ils se sont suicidés tous les deux dans une auberge au bord d'un lac près de Berlin, dans les environs de Berlin, le Wannsee, See, sea, en anglais, ce n'est pas la mer, c'est le lac en allemand, voilà, et l'aubergiste interrogé par la police quand elle a découvert les cadavres, a dit lui-même qu'il était étonné quand ils sont arrivés, ils étaient gais comme des pinsons, gais comme des enfants, qui riaient aux éclats, ils ont demandé, et il était un peu étonné que le couple lui demande
5:14 de leur apporter le café dehors, alors qu'on était en hiver, en hiver à Berlin quand même, voilà, et puis ils ont entendu deux détonations, ils ont trouvé les cadavres, Kleist a tué sa compagne, ce qui avait été convenu, puis il s'est donné la mort tout de suite après, mais enfin, s'il est connu, Kleist, dans l'histoire littéraire, ce n'est quand même pas uniquement pour cette mort tragique, ce serait un peu morbide, c'est comme si Nerval n'était connu que parce qu'il a été interné dans les asiles psychiatriques, ce serait assez douteux, non, il est surtout connu comme le plus grand, plutôt le seul grand dramaturge du romantisme allemand, c'est celui qui a fait des pièces de théâtre, un dramaturge, un dram, dont certains même ont forcé les frontières de l'Allemagne, puisque le plus grand acteur des années 50 en France, juste dans l'après-guerre, l'inoubliable Gérard Philipe, n'est-ce pas, et la jeunesse éternelle qui semblait incarner, a incarné le prince d'Homburg, une des pièces les plus connues
6:25 de Heinrich von Kleist, et il est d'une famille aristocratique prussienne et comme tous les jeunes gens de ce genre de famille, il était destiné au métier des armes, il a vécu tout le temps entre les casernes, les cantonnements, et je ne veux pas faire sa biographie détaillée, je vous dis vraiment l'essentiel, vraiment à grandes enjambées, et il a été diagnostiqué comme étant atteint une mélancolie morbide par un médecin dès sa 25e année, et ceux qui l'ont le mieux introduit en France, en dehors de Gérard Philipe qui a incarné un de ces personnages, je pense à Marthe Robert, que les étudiants, les étudiantes en lettres connaissent bien, celle qui a écrit cet ouvrage qui est devenu une référence, qui porte ce beau titre « Roman des origines et origines du roman »
7:26 et qui a bien connu Kleist, enfin qui connaît bien l'œuvre de Kleist et dont elle était la traductrice et qui a même sorti un ouvrage sur son œuvre dès 1955, on a mis du temps à découvrir ces gens-là. Alors, je ne veux pas vous faire une thèse sur Kleist, ça prendrait beaucoup de temps, ce serait très intéressant, mais ce ne serait pas une lecture sur le vif. On va arriver au texte, le texte, donc c'est sur le théâtre de marionnettes, une réflexion, en fait c'est un dialogue, vous allez voir, entre le narrateur et un de ses amis qu'il trouve dans la rue en train de regarder un spectacle de marionnettes, et sans plus tarder, j'aborde le texte, je ne sais pas, qui est relativement court, ce n'est ni une nouvelle, ni une de ses grandes pièces de théâtre, comme je vous ai dit uniquement les titres, donc j'ai dit le prince de Hambourg, mais il y a aussi la petite Catherine de Heilbronn, Käthchen von Heilbronn, merveille, des esquisses d'un grand drame qui devait s'appeler Guiscard le Normand, bon,
Un premier danseur au théâtre de marionnettes
8:36 et puis les nouvelles bien connues, dont la plus connue et qui a été incarnée au cinéma, qui a fait l'objet d'un très beau film de Rohmer qui s'appelle La marquise d'O, je suis sûr certains d'entre vous connaissent, ça c'est des nouvelles, voilà, c'est là où il excelle, les nouvelles et le théâtre. Ici, il s'agit d'une réflexion, d'un dialogue, n'est-ce pas ? Alors, je vais arrêter mon préambule, je vous lis le tout début de cette réflexion sur le théâtre de marionnettes.
9:10 Passant l'hiver de 1801 à M, mettons, je ne sais pas, Munich, j'ai rencontré un soir dans un jardin public monsieur C, point de suspension, engagé depuis peu comme premier danseur à l'opéra de la ville. Une danse classique, bien sûr, premier danseur à l'opéra, où il connaissait un vif succès auprès du public. Donc, imaginez-vous aujourd'hui une grande étoile, n'est-ce pas, du monde de la danse classique. Je lui dis mon étonnement de l'avoir remarqué plusieurs fois déjà au théâtre de marionnettes, dressé sur le marché pour divertir la foule par de petits drames burlesques entrecoupés de chants et de danses.
9:50 Il est étonné par ce télescopage, du grand art, de l'art savant, de la chorégraphie classique et de ce qu'il y a de plus populaire, un spectacle de saltimbanques, de marionnettes dans la rue. Il m'assura que la pantomime de ses poupées lui donnait beaucoup de plaisir et déclara sans ambages qu'un danseur désireux de perfection pourrait apprendre d'elle, des marionnettes, toutes sortes de choses.
10:20 Comme le propos me semblait dans le ton plus qu'une simple boutade, je m'assis auprès de lui pour mieux connaître les raisons sur lesquelles il pouvait bien fonder une affirmation aussi étrange. Il me demanda si je n'avais pas en effet trouvé certains mouvements des poupées, surtout des plus petites, très gracieux dans la danse. Je ne pus le nier. Je m'informais du mécanisme de ses figures et demandais comment il était possible de commander leurs membres en tout point comme l'exigeait le rythme des mouvements ou de la danse sans avoir au doigt des myriades de fils.
10:55 Il répondit, je termine ce paragraphe, mais je ne vais pas vous faire grâce après d'entrer dans la technique de manipulation. Ce n'est pas notre principal intérêt de ce texte des marionnettes. Il répondit, mais c'est très intéressant, il répondit qu'il ne fallait pas m'imaginer que chaque membre était avancé et retiré séparément par le machiniste aux différents moments de la danse. Chaque mouvement avait un centre de gravité. Il suffisait de commander celui-ci à l'intérieur de la figure.
11:25 Les membres qui n'étaient que des pendules obéissaient d'eux-mêmes de façon mécanique sans qu'on y soit pour rien. Je termine sur ce qui apparente le mouvement des marionnettes à la danse. Il ajouta que ce mouvement était très simple. chaque fois que le centre de gravité était déplacé en ligne droite, les membres se mettaient à décrire des courbes. Souvent même agités de manière purement fortuite, le tout adoptait une sorte de mouvement rythmique qui ressemblait à la danse.
12:02 Alors, je saute comme ça le long passage où il s'attarde sur la technique du marionnettiste. sur les lignes droites et les lignes courbes. Il dit ceci. Je répliquais qu'on m'avait dépeint ce métier comme assez dépourvu d'esprit. Il ne fallait pas être un futur prix Nobel, n'est-ce pas, pour manipuler des marionnettes.
12:35 Un peu comme de tourner la manivelle d'une vielle à roues. Vous savez, l'instrument. La vielle, c'est un instrument. où les cordes sont frottées non pas par un archet mais par une roue. Donc, il suffit de tourner comme ça. Un peu comme l'orgue de Barbarie Et ça marche tout seul. Nullement, répondit-il. Les mouvements des doigts sont au contraire dans un rapport assez subtil à celui des poupées qui sont attachées à peu près comme, vous voyez bien, des nombres à leur logarithme ou de l'asymptote à l'hyperbole.
Des marionnettes aux automates de Descartes
13:13 On était partis d'un spectacle de rue et là, on est quand même dans le sommet de l'abstraction. Mais il croyait que même ce dernier reste d'esprit pourrait disparaître des marionnettes et que leur danse passant entièrement du domaine des forces mécaniques pourrait être obtenue au moyen d'une manivelle comme je l'avais pensée. On pourrait, bon, il n'y avait pas les robots à l'époque, il n'y avait pas la grande mécanique moderne, mais enfin, on sent qu'on s'en approche. Je rappelle au passage que les automates existent depuis la période de Descartes environ.
13:50 Descartes, créateur du mécanisme, c'est Galilée, son contemporain italien, qui introduit le mécanisme en physique et qui chasse définitivement les forces obscures et cachées, bref, la magie médiévale, c'est lui qui crée la physique moderne, et Descartes qui en fait le bilan philosophique, qu'on appelle non pas la mécanique, ça c'est pour les physiciens, mais le mécanisme, n'est-ce pas ? Et Descartes savait déjà qu'il y avait les automates.
14:20 N'oublions pas, vous allez voir tout de suite le rapport avec le théâtre de marionnettes, ce passage incroyable dans la première méditation métaphysique de Descartes, où Descartes s'aperçoit que souvent on dit qu'on croit voir quelque chose, alors qu'en fait on ne voit pas, on juge, on ne se contente pas de voir, on juge. Vous allez tout de suite comprendre, il donne un exemple. Ainsi, dis-je que de cette fenêtre, je vois dans la cour, je vois des hommes, or que vois-je ?
14:57 Sinon, si on s'en tient strictement à ce qu'on voit, des manteaux, des chapeaux. C'est l'époque du mousquetaire, donc de loin, une silhouette d'homme, c'était un chapeau vu de derrière avec une cape aller savoir ce qu'il y a derrière tout ça ou à l'intérieur de tout ça. Et c'est là que Descartes dit « Or que vois-je s'il y a des manteaux, des chapeaux qui peuvent abriter des spectres mus par des ressorts mécaniques ? » Vous voyez donc, la notion d'automate existait déjà.
15:31 Et donc, mais il croyait que même ce dernier reste d'esprit pourrait disparaître des marionnettes et que leur danse passant entièrement au domaine des forces mécaniques, voilà les automates, pourrait être obtenue au moyen d'une manivelle comme je l'avais pensé. J'exprimais ma surprise de le voir juger digne d'une telle attention cette forme d'art conçue pour le vulgaire. Vulgaire vient de vulgum latin qui veut dire le peuple. Vulg, V-U-L-G qui est le radical, c'est ce qu'il donne dans les langues anglo-saxonnes folk.
Jambes mécaniques et refus de l'affectation
16:05 Enfin, dans les langues germaniques, dont les anglo-saxonnes folk, soit folk avec un F, c'est pas, pop-rock folk, soit folk avec un V en allemand, voilà, mais ça veut dire le peuple. Volkswagen, la voiture du peuple. Donc, le vulgaire, c'est la foule. j'exprimais ma surprise de le voir juger digne d'une telle attention, bref, de faire de la haute métaphysique, voire même de l'épistémologie, une réflexion scientifique sur, comment il dit, sur cette forme d'art conçue pour le vulgaire et que non seulement il la tînt pour susceptible d'un plus haut développement, d'un perfectionnement, quoi, mais encore sembla s'intéresser lui-même à la chose qui sourit et dit qu'il osait prétendre que si un mécanicien voulait lui monter une marionnette selon ses vues, il en tirerait une danse.
17:07 Je vous rappelle qu'il est danseur vedette à l'opéra et qu'il est admiré du grand public, il en tirerait une danse que ni lui, ni aucun autre excellent danseur de l'époque ne serait en mesure d'égaler. « Avez-vous entendu parler ? » demanda-t-il, comme je fixais le sol en silence, « de ces jambes mécaniques que des Anglais fabriquent pour des malheureux qui ont perdu leurs membres. » Oui, ça existait déjà en 1800, des jambes, non pas des jambes de bois, mais des jambes mécaniques.
17:40 Je dis que non, je n'avais jamais rien vu de tel. Voilà, l'avance de l'Angleterre déjà dans ces techniques qui vont s'époper avec la modernité. C'est dommage, reprit-il, car si je vous dis que ces malheureux dansent avec, avec cette jambes mécaniques, il y a lieu de craindre que vous ne me croirez pas. Que dis-je, danser... Le cercle de leur mouvement est sans doute limité. Mais, ceux qui sont à leur pouvoir, les mouvements qui sont à leur pouvoir, s'exécutent avec un calme, une légèreté, une souplesse qui frappe d'étonnement toute âme attentive.
18:17 Bon, déjà, on a été surpris qu'ils soient fascinés par le spectacle de marionnettes, charmés, non, mais fascinés. Là, c'est carrément, c'est pas... Une danse faite par une jambe mécanique. Je dis en plaisantant qu'il avait donc trouvé son homme, car l'artiste, en mesure de construire une jambe aussi extraordinaire, pourrait sans nul doute lui assembler toute une marionnette selon ses vues. Et que comptez-vous donc, demandais-je, comme il fixait le sol à son tour d'un air pensif exigé de son habileté ?
18:48 Rien, répondit-il, qu'on ne trouve ici déjà harmonie, mobilité, légèreté. Mais tout cela à un plus haut degré et surtout une répartition des centres de gravité qui soient plus conformes à la nature. Et quel avantage aurait cette poupée sur les danseurs vivants, demande le narrateur, tout de même ? Et là, on rentre dans le cœur du texte.
19:19 Vous allez mieux comprendre pourquoi je tenais à le partager avec vous. Quel avantage ? Parce que pour l'instant, on n'est pas en philosophie. Encore que, mais enfin. Quel avantage ? Avant tout, mon cher ami, un avantage négatif, celui d'écarter toute affectation. Le mot est souligné, il est en italique. Car l'affectation, quand je fais exprès de faire quelque chose avec une intention, n'est-ce pas, apparaît, comme vous savez, lorsque l'âme se trouve en tout point autre que le centre de gravité du mouvement.
19:51 Comme le machiniste ne dispose en fait d'aucun autre point que celui-ci sur lequel agir au moyen du fil de fer ou de la ficelle, tous les membres sont, comme ils doivent être, morts de purs pendules et obéissent à la seule loi de la pesanteur. Qualité exquise qu'on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs. Et pour faire comprendre en quoi le fait d'être mort, inerte de la matière brute qui ne pense pas, c'est ça l'essentiel.
Le jeune homme au miroir et le moment comique
20:21 Il n'y a pas de réflexion, pas de pensée, pas d'affectation, pas d'intention, pas de sentiment. Et en quoi c'est un avantage pour arriver à la grâce artistique car c'est ça sa thèse. Et il donne un exemple. Il en donne plusieurs et je vais commencer par le premier de ces exemples. Voilà. Il y a environ trois ans, racontais-je, je me baignais avec un jeune homme dont la personne était alors empreinte d'un charme admirable.
20:58 Il pouvait avoir 16 ans et ne laissait qu'à peine pressentir les premières traces de vanité suscitées par la faveur des femmes. Il avait une certaine séduction sur les femmes, tout jeune homme. Or, peu auparavant, nous venions justement de voir à Paris l'adolescent qui s'enlève une épine du pied. Il s'enlève au Musée du Louvre, n'est-ce pas ? C'est une sculpture de canova où on voit un adolescent tenter de s'enlever une statue, s'enlever une épine du pied.
21:28 Le moulage de cette statue est connu et se trouve dans la plupart des collections allemandes, des copies. Un regard jeté dans un grand miroir au moment où pour l'essuyer il posait le pied sur un tabouret, il sort d'un gymnase, gymnase, gymnastique, tout ça, il y en a radical gumnos, g-y-m-n-e en grec qui veut dire nu, la nudité. Car les Jeux olympiques, les grecs, il y a bientôt les Jeux olympiques, c'est pas ?
21:58 Chez nous, ça se faisait bien sûr avec les corps nus, c'est pas ? Il posait le pied sur un tabouret et le regard en se posant le fit se souvenir. Il sourit et me dit quelle découverte qu'il venait de faire. Alors, à vrai dire, vous voyez, ils ont vu à Paris la statue du jeune homme qui s'enlève une épine des pieds et en s'essuyant, en posant supposition que tu as mourri, il se regarde dans la glace et il trouve qu'il ressemble à la statue.
22:32 C'est narcissique le gamin. À vrai dire, je l'avais fait aussi. J'avais fait le rapprochement dans le même instant. Mais soit pour mettre à l'épreuve la grâce qui l'habitait, soit pour prévenir sa vanité de façon salutaire, pour lui donner une petite leçon, je me mis à rire et rétorquait qu'il devait avoir des visions. C'est ennu que tu te prends pour l'Apollon du Belvédère. Il rougit et leva le pied une seconde fois pour lui montrer qu'il ressemble à la statue, pour me montrer la chose.
23:02 Mais comme on aurait pu facilement le prévoir, la tentative échoua. Vous voyez, dès qu'il veut le faire avec une intention, il n'y a plus la grâce qu'il avait lorsqu'il avait fait spontanément comme une mécanique, sans y penser. sans penser. Comme les marionnettes qui ne pensent pas. Mais comme on aurait pu facilement le prévoir, la tentative échoua. Décontenancé, il leva le pied une troisième, une quatrième fois, il le leva bien dix fois encore, en vain.
23:35 Il était hors d'état de reproduire le même mouvement. Que dis-je ? Ce qu'il faisait avait un côté si comique que j'avais peine à ne pas éclater de rire. Encore une parenthèse, le rire, l'humour, il y a une distance et une lucidité chez Kleist, il n'est pas dans la naïveté, il n'y a pas mal de romantique non plus, au premier degré. Or, Hegel dit dans son esthétique que quand ça commence à se colorer de comique, dans l'histoire de l'art, le moment comique est toujours l'expression qu'un cycle esthétique est en train de finir.
24:15 la grande tragédie grecque finit avec le ricanement des comédies d'Aristophane sur les ruines d'Athènes, n'est-ce pas, envahie par l'Empire macédonien, d'abord, Alexandre, et bientôt par l'Empire romain. L'Ancien Régime finit dans le rire de Voltaire. Rappelez-vous le vers célèbre d'Alfred de Musset. « Dors-tu content, Voltaire, et ton hideux sourire voltige-t-il encore sur tes os décharnés ? »
24:49 Le rire, comme Alfred de Musset lui-même, un des derniers romantiques français, je m'attarde un peu parce qu'il n'est plus très lu, alors qu'avant tout, les lycéens et les collégiens de ma génération ne se connaissaient ses ouvrages par cœur, car c'était au programme. La différence des premiers romantiques ne se prenait pas très au sérieux lui-même, avait de l'auto-dérision, je reste sur ma réflexion sur le comique, se faisait appeler lui-même le prince café, et qu'il lui disait qu'il pensait qu'il n'était pas un très grand écrivain et qu'il lui manquait pour être un grand écrivain, soit une grande passion amoureuse, soit un grand malheur.
25:31 Il a eu les deux à cause de George Sand, avec lequel il a eu un très gros chagrin, elle le trompait avec un médecin italien, comme elle a fait avec Chopin d'ailleurs. et donc, Musset, vous voyez, quand Musset dit « Je vois la lune sur le clocher dans le village », ça c'est très romantique, sauf qu'il dit « La lune comme un point sur un i ».
La grâce perdue et l'ours escrimeur
26:02 Vous voyez, ce côté un petit peu comme ça, presque caricatural, montre que le romantisme est en train de passer la main. Donc, là, ce qu'il faisait, les mouvements qu'il faisait avaient un côté si comique que j'avais peine à ne pas éclater de rire. À dater de ce jour, pour ainsi dire, de ce moment, un changement incompréhensible s'opéra en lui. Il se mit à passer des jours entiers devant le miroir. Donc, il s'entête dans le contre-sens de croire que plus il va faire exprès de refaire le mouvement, moins il va bien le faire.
26:34 Mais l'attrait diminuait à chaque fois. Une force invisible et inexplicable semblait contraindre comme un filet de fer le libre jeu de ses gestes. Un an plus tard, on ne trouvait plus trace en lui de la grâce charmante qui faisait naguère la joie de ceux qui l'entouraient. Aujourd'hui encore, vit un témoin de cet événement étrange et malheureux. Il pourrait confirmer mot pour mot le récit que je viens d'en faire. À cet égard, dit amicalement M. C, dont toujours celui-ci, le danseur qui s'attarde au théâtre de marionnettes, j'aimerais vous raconter une autre histoire.
27:10 Donc, toujours pour illustrer, encore une fois, que moins on pense, plus on a la chance d'effectuer les mouvements gracieux. Donc, j'espère que vous comprendrez aisément le rapport avec la vôtre. Lors d'un voyage en Russie, je me trouvais sur les terres de M. De G, gentilhomme livonien. La Livonie, la Courlande, c'est les régions maintenant qui se baladent quelque part dans les frontières lointaines de la Russie, de la Finlande, de la Biélorussie. C'est des très grands espaces, peu habités.
27:43 Et lors d'un voyage en Russie, je me trouvais sur les terres de M. De G, je ne sais pas, de Gavrilov, gentilhomme livonien dont les fils pratiquaient alors assidûment l'escrime. Fils d'Aristocrate, comme ça, qui s'entraîne le métier des armes dans les caves du château de leurs aînés. L'aîné, surtout, qui venait de quitter l'université, se flattait d'être une fine lame. Comme je me trouvais un matin dans sa chambre, il me tendit une rapière, grosse épée, n'est-ce pas ?
28:13 Pas le fleuret, la rapière, c'est plus haut. Nous nous battîmes, mais il se trouva que je lui étais supérieur. La passion achevait de l'égarer, presque chaque coup que je portais le touchait. Et finalement, sa rapière vola dans un coin. Moitié plaisantant, moitié piqué au vif, il dit, en ramassant l'arme, il avait trouvé son maître. Il reconnaît que le lanceur est lui bien supérieur à l'esprit. Qu'il avait trouvé son maître, mais en ce monde, chacun trouvait le sien et il allait me conduire à celui qui serait le mien.
28:49 Ses frères éclatèrent de rire et s'écrièrent « Allons-y, allons-y, descendons au bûcher. » Le bûcher, c'est là où on mettait les bûches de bois, c'est la cave. On entassait le bois à l'époque. Il n'y avait ni le gaz, ni l'électricité. « Et me prenant par la main, ils me conduisirent auprès d'un ours, un ours, que M. de Gé, leur père, faisait élever dans la cour. » Alors, imaginez l'ours attaché par une chaîne à un mur, on ne se pas enchaîner, mais gardant une patte de libre. Lorsque, ébahi, je me trouvait devant lui, l'ours était debout sur ses pattes arrières, le dos appuyé au poteau où il était attaché.
29:29 Pardon, j'ai dit un mur, c'est un poteau. La griffe droite levée, prête au coup, et me regardant dans les yeux. C'était sa garde d'escrimeur. Quand je me vis face à un tel adversaire, je ne sus si je rêvais. « Mais, mais, attaquez, » dit M. de Gé, « allez-y, et essayez donc de l'atteindre. » Une fois revenu de ma surprise, je me fendis avec la rapière.
29:59 L'ours fit de la patte un mouvement très bref et para le coup. J'essayais de l'égarer par des feintes, l'ours ne bougea pas. Des feintes, je fais un mouvement, mais en fait, je ne porte pas le coup, n'est-ce pas ? Je me fendis de nouveau en une passe si rapide qu'elle aurait infailliblement touché la poitrine d'un homme. L'ours fit de la patte un mouvement très bref et para le coup. J'étais presque à présent dans la posture de son adversaire tout à l'heure, dans la situation du jeune, de Gé.
30:32 Le sérieux de l'ours achevait de me « démonter, coup et feintes alternés, j'étais couvert de sueur en vain. » Non seulement l'ours parait, détourné tous mes mouvements, comme le premier bretteur du monde, mais, chose en quoi nul bretteur au monde ne l'imiterait, il ne se prêtait même pas aux feintes. Quand je fais semblant de faire un geste, l'ours ne réagit absolument pas. Il ne se prêtait même pas aux feintes, debout, me fixant dans les yeux comme s'il eût pu lire dans mon âme.
La grâce dans l'absence ou l'infini de la conscience
31:08 la patte levée prête au coup, si mes attaques n'étaient que simulées, ils ne bougeaient pas. Aucun gaspillage. « Croyez-vous cette histoire ? » demande-t-il au narrateur. « Sûrement, m'écriai-je avec chaleur je le ferai venant de quiconque, tant elle est vraisemblable. » à plus forte raison venant de vous. « Eh bien, mon cher ami, dit monsieur C, vous êtes en possession de tout ce qu'il faut pour me comprendre. »
31:38 Je vous retourne cette phrase. « Vous êtes en possession de tout ce qu'il faut pour comprendre pourquoi j'ai choisi ce texte et pourquoi nous arrivons ici au sommet au pluriel de la pensée et de la philosophie. » Alors que nous sommes partis de ce qui semble le plus dérisoire, d'un art secondaire, spectacle de rue, théâtre de marionnettes. Nous voyons que dans le monde, regardez tout de même quelle généralisation, dans le monde organique, le monde vivant, plantes, animaux, hommes, dans le monde organique, plus obscur et plus faible est la réflexion, la pensée, l'exercice volontaire de la pensée, d'autant plus rayonnante et souveraine s'étend la grâce.
32:28 Regardez, chez les animaux et le mouvement des oiseaux. Toutefois, comme l'intersection de deux droites partant d'un même côté d'un point après le passage à l'infini se retrouve soudain de l'autre côté, ou comme l'image du miroir concave après s'être éloigné à l'infini revient soudain juste devant nous, de même la grâce qui d'après lui ne s'obtient que lorsque on fait abstraction de toute pensée et réflexion, de même la grâce quand la connaissance, la connaissance qui l'empêche d'habitude, excusez-moi, je m'arrête exprès pour insister maintenant parce que c'est dense, de même la grâce quand la connaissance est pour ainsi dire passée par un infini est de nouveau là.
33:13 Donc pour obtenir la perfection esthétique, il faut soit ne pas penser, soit avoir une pensée infinie, mais pas penser à moitié, à trois quarts, bref ce que nous faisons quasi chaque fois. De sorte qu'elle, la grâce, elle apparaît en sa plus grande pureté dans cette conformation du corps qui ou bien n'a aucune conscience, un corps, un caillou, un corps qui n'a aucune conscience, un caillou, ou bien a une conscience infinie.
33:48 c'est-à-dire la grâce apparaît dans l'inertie, la matière qui ne pense pas, ou dans Dieu, la conscience infinie, mais pas entre les deux comme nous, comme les créatures, nous sommes dans le péché, dans la disgrâce, c'est-à-dire que la grâce n'apparaît que dans le mannequin, on revient en marionnette, ou dans Dieu. qui est donc on était parti du théâtre dans la rue.
L'arbre de la connaissance et l'inachèvement de l'homme
34:18 En sorte, dis-je, un peu rêveur, qu'il nous faudrait de nouveau manger du fruit de l'arbre de la connaissance. Vous savez, c'est l'acte d'Ève et d'Adam au paradis terrestre, ils ont goûté à l'arbre de la connaissance. Allez, je fais une parenthèse. Quel rapport avec ce texte ? Dieu dit qu'il fallait, Dieu interdit dans la Genèse, dans le récit de la Genèse, aux deux premiers êtres humains, à Adam et à la femme qui est issue de ses côtes, puisque Ève a été fabriquée, si je puis dire, par Dieu, à partir d'une côte d'Adam, selon le récit biblique.
35:04 Vous connaissez tous ce récit, il est interdit de goûter à un certain arbre qui est dans le paradis. C'est un paradis parce que là, ils n'ont jamais de soucis, s'ils ont besoin de quelque chose, ce quelque chose pend aux arbres ou est dans le jardin à leur disposition. Il n'y a pas de manque sur le paradis terrestre. Et qu'est-ce qui fait qu'on n'y est pas resté ? C'est que le serpent, le diable, le serpent, le rusé, et arrive à convaincre la femme, Ève, de goûter cet arbre et l'argument pour la persuader à transgresser l'interdit divin de ne pas toucher à tout ce qu'on veut, tout ce qui est dans le paradis à leur disposition, sauf les fruits de cet arbre-là, l'arbre de la connaissance.
35:58 Le serpent leur dit en fait, si Dieu ne veut pas que vous y touchiez, c'est parce que si vous goûtez ce fruit, je cite, « Eritis sicut deus scientes bonum et malum » vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. Vous connaissez la suite, Ève goûte le fruit, elle le trouve tellement bon qu'elle le fait goûter à Adam, pour l'instant il n'y a pas de catastrophe, sauf que tout d'un coup Dieu appelle Adam et Adam lui dit « Je ne veux pas que tu me vois car je suis nu ».
36:36 Et là, Dieu comprend qu'ils ont goûté à l'arbre de la connaissance parce que jusque-là, allez, j'ai l'air de tomber dans le détail, non, l'essentiel c'est que le récit biblique d'Adam et Ève au paradis terrestre, tout le monde connaît en gros les péripéties que je viens signaler, sauf l'essentiel, l'essentiel c'est que ça exprime parfaitement Rimbaud avait raison de dire que la théologie est sérieuse, lui qui n'était pas du tout une grenouille de bénitier, le passage de l'animal à l'homme, l'animal il s'en fout d'être nu, n'est-ce pas ?
37:11 Il ne se cache pas pour ne pas montrer sa nudité, Dieu reconnaît qu'ils ont goûté l'arbre et vous savez que tous les changements qui s'opèrent sont célébrissimes, tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, jusque-là ils avaient tout leur disposition sans travail, c'est bien le monde animal, mais maintenant tu gagneras ton pain sur ton front, c'est le début de la technique, de l'outil, de l'instrument, de la machine, de la technologie, qui était l'objet de mon direct d'hier soir, à la fin, il dit, tu enfanteras dans la douleur et c'est vrai que l'accouchement est bien plus problématique chez l'homme que dans la quasi-totalité des autres mammifères et ça explique beaucoup de choses.
37:57 Je rappelle en passant que, au niveau scientifique, maintenant, il est établi que l'espèce humaine, nous tous, nous venons au monde un peu plus tôt que ce qui aurait dû se passer si l'homme n'était pas dans l'évolution, n'était pas passé au stade de la bipédie parce que le fait de devenir bipède a rétréci les os du bassin de la femme, en l'occurrence, et a rendu l'accouchement beaucoup plus difficile, ce qui fait que nous naissons tous un peu avant-terme et la fontanelle, pour ceux qui ont des enfants ou qui ont déjà vu de nouveau-nés, vous voyez, la fontanelle est un des indices que nous naissons inachevés.
38:37 Ça va très loin ce qu'on est en train de voir. On comprend pourquoi la relation à l'autre, la relation sociale est vitale chez l'homme parce que s'il n'y avait que sa partie naturelle, l'espèce humaine n'est pas viable. Croyez à un vieil africain, si je puis dire, j'ai passé des années dans des pays où en savane, j'ai vu des petits gnous, des petites gazelles, des faons, à peine nés, tombant du ventre de leur mère au sol, quelquefois en tombant d'un mètre, et après quelques mouvements un peu maladroits, au bout de quelques heures, de deux ou trois jours, étaient prêts à détaler avec le troupeau si un danger se manifestait.
39:18 Et nous, on met combien de temps à nous tenir sur nos jambes à marcher ? On met des années. Ça, c'est inachevé. Tu accoucheras dans la douleur. C'est pour ça, je reprends ce texte, vous avez compris l'enjeu de parler du jardin d'Éden, n'est-ce pas, et de l'arbre de la connaissance. Donc, en sorte, dis-je un peu rêveur, qu'il nous faudrait de nouveau manger du fruit de l'arbre de la connaissance, non pas demander pardon d'être passé à la connaissance, d'avoir laissé tomber l'instinct, au contraire de la pensée, n'est-ce pas, pour la réflexion, la connaissance.
Le dernier chapitre de l'histoire du monde
39:59 Non, il faudra au contraire, n'est-ce pas, il nous faudrait de nouveau manger du fruit de l'arbre de la connaissance, pour retomber dans l'état d'innocence. Vous voyez, nous arrivons à la fin de ce texte étrange. Et qu'est-ce qu'il répond ? Le danseur, sans nul doute, répondit-il, c'est le dernier chapitre de l'histoire du monde. Et oui, vous voyez, je ne vous sors pas de l'hégélianisme, le dernier chapitre de l'histoire du monde, c'est l'accession au savoir absolu.
40:31 Voilà. Écoutez, j'espère que, si j'étais en bout de l'intérêt pour ce texte, j'en profite pour rendre hommage à Jocelyne Magne, qui est notre contemporaine, je vous rassure, qui vit à Toulouse, et qui a eu la gentillesse de m'envoyer cette magnifique édition de ce texte que je connaissais dans une anthologie, l'anthologie d'Armel Guerne, n'est-ce pas, et avec de belles illustrations. Le montage que je dois à Philippe Moreau vous permettra d'en voir quelques-unes, et je me permets de la citer à l'honneur, je sais que ça va la gêner, qui a enseigné pendant presque toute sa vie, à Jocelyne Magne, et qui a été très généreuse pour notre cagnotte, pour moi-même, et pour la cagnotte pour la traduction en anglais de Michel Clouscard.
41:33 Voilà, c'est un peu en pensant à elle que j'ai décidé de vous entretenir de ce texte aujourd'hui, texte qui m'est familier depuis de très, très nombreuses années, voilà, et qui m'avait emballé dès ma première lecture, il y a bien longtemps de cela. Merci à Philippe Moreau, merci à sa réalisation, merci à vous d'avoir bien voulu être attentifs, et on en reparlera de la connaissance et de la grâce.
42:05 Merci à vous.