Dominique Pagani fait du Sacre du printemps la cassure qui ouvre la musique du XXe siècle. Venu des confins asiatiques de l'Europe, créé à Paris par les Ballets russes, le Sacre balaie l'impressionnisme et l'ambiance fin de siècle. Il le compare aux Demoiselles d'Avignon1 et y voit la rupture avec la mort d'Iseut2. Pour Stravinsky, être moderne consiste à aller chercher des archaïsmes profonds oubliés : brutalité, rituels païens, coup de fouet rythmique3. Il rapporte que, selon Adorno, le Sacre serait un faux moderne face à Schoenberg ; pour sa part, il juge que l'œuvre n'a pas pris une ride et ne la met pas dans le même sac que les pastiches néoclassiques comme Pulcinella45. Il retient aussi l'objectivisme de l'interprète, à qui Stravinsky demande de jouer ce qui est écrit, mais il ajoute que le tempo ne peut être entièrement prescrit6. Il rappelle que Stravinsky défend Tchaïkovski comme le plus secrètement russe des compositeurs. Il rattache enfin le Sacre à la musique « plus cruelle » que Nietzsche pressentait.
Synthèse établie automatiquement à partir de 42 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Igor Fiodorovitch Stravinsky (en russe : Игорь Фёдорович Стравинский), né le 17 juin 1882 à Oranienbaum en Russie et mort le 6 avril 1971 à New York aux États-Unis, est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste russe, naturalisé français en 1934 puis américain en 1945, de musique moderne. Il est considéré comme l'un des compositeurs les plus influents du XXe siècle. […]
13:26Défend Tchaïkovski comme le plus profondément russe des compositeurs, qui échappe aux amateurs occidentaux de pittoresque moscovite.
1:14:20Le Sacre du printempsLe Sacre n'a pas pris une ride ; ses œuvres ultérieures sont moins novatrices ; il incarne la rupture avec la mort d'Iseut.
1:22:50Exemple du retour élaboré au coup de fouet rythmique.
1:02:17Le Sacre du printempsVenu de la limite asiatique de l'Europe, il fait exploser l'impressionnisme en 1913 ; c'est devenu un classique d'une perfection formelle.