Dominique Pagani range Prokofiev parmi les compositeurs russes dont les chefs-d'œuvre se sont fait connaître à Paris. Il le tient pour le plus grand musicien soviétique, dont une cantate exprime l'immensité de la souffrance russe1. Il revient plusieurs fois à Pierre et le Loup, exemple d'un génie russe qui sait parler à l'enfance et lié à la tradition rurale du conte2. Il voit dans la Symphonie « Classique » une œuvre écrite comme Haydn l'aurait écrite aujourd'hui3. Il reprend aussi son mot selon lequel on peut encore faire de la belle musique en do majeur. À l'opposé, il décrit la Suite scythe comme agressivement dissonante et barbare4. Il situe Prokofiev par comparaison : on peut le confondre par moments avec Ravel ou Poulenc, il est proche de Roussel par certains aspects motoriques, mais on ne le confond pas avec Schumann. Il commente une œuvre de 1944 où le lyrisme slave est entravé par un monde métallique, avant un final en cavalcade dans la steppe5. Enfin, il compare sa collaboration avec Eisenstein à celle de Molière et Lully6.
Synthèse établie automatiquement à partir de 24 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Sergueï Sergueïevitch Prokofiev, généralement appelé Serge Prokofiev en France, est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre russe, né le 11 avril 1891 (23 avril dans le calendrier grégorien) à Sontsovka (Ukraine, alors dans l'Empire russe) et mort le 5 mars 1953 à Moscou (URSS). Il est l'auteur de nombreuses œuvres musicales allant de la symphonie au concerto, de la musique de film à des opéras ou des ballets et a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif. […]