Transcription automatique (Whisper), non relue — cliquez pour aller au passage.
Reprise du récit de Perceval et sources de Wagner
1:11 Bonsoir, bonsoir, bonsoir tout le monde. Désolé pour ce petit retard et surtout pour le report Jusqu'à ce dimanche soir, alors qu'on va faire ça vendredi, pour vous dire toute la vérité, vous avez remarqué que derrière il y a quelques légers changements de la disposition de mon immense appartement de 18 mètres carrés sans douche. J'ai un petit cabinet de toilette, mais j'ai une douche collective pas loin, juste derrière ce mur-là.
1:53 J'ai un peu présumé de mes forces, j'ai fait l'idiot comme si j'avais encore 20 ans et j'ai voulu enlever tous mes livres depuis le plafond jusqu'en bas pour changer un peu la disposition et gagner un peu de place. Et résultat, j'ai failli tomber dans les pommes, j'avais des palpitations, il a fallu que je m'allonge et j'ai demandé à Pierre-Alain, lamentablement, de remettre à plus tard. J'avais peur qu'il n'ait pas d'autres disponibilités parce qu'il n'y avait pas de disponibilité. Il est souvent à un jour près et il a eu la gentillesse de dire que ça ne posait aucun problème et de me proposer ce dimanche soir. Voilà. Et je suis encore tellement sur ma lancée que je n'ai encore été à bricoler quelques modifications qui expliquent que, au lieu de commencer à 20h30 comme prévu, on a attendu ces 21h. Mais je suis tellement heureux de vous retrouver.
2:48 Surtout qu'il est temps de rentrer dans le vif du sujet, on l'avait quand même bien abordé la dernière fois, mais dans ses grandes lignes, dans sa généralité. J'ai brossé un peu le pitch de la quête du Graal du début pratiquement jusqu'à la fin. Perceval le Gallois élevé par sa mère en pleine forêt, loin des chocs des guerres zéléennes d'Irakundry, de telle sorte que surtout, surtout, il ne soit jamais en contact avec cette cruelle chevalerie qui lui a coûté à elle, à la maman, ses frères à elle et son mari et l'amour de sa vie.
3:31 Donc, elle le garde précieusement dans la forêt. C'est donc ce qu'on appelle dans le psychanalyse une fixation, un enfant fixé à la mère, par la volonté de la mère. Parce que pour ceux qui ont une appréhension naïve du triangle oedipien, il y en a qui croient que le sujet de désir, c'est seulement l'oedipe, l'enfant. Non, non, les parents, les investissements libidinaux aussi sur les enfants. Libidinal n'est pas un mot grossier. Bon, nous égarons pas, il y aura tellement l'occasion d'y revenir avec ce déchaînement libidinal qui caractérise le deuxième acte de Parsifal.
4:12 Alors là on est loin des bondieuseries apparentes du premier et du troisième acte. Donc quand je dis rentrer dans le vif du sujet, c'est que ça va commencer à bouger. Mais par contre, je… J'aurais peut-être quelques explications à donner. Pardon, je m'interromps pour demander à Pierre-Alain si, comme on peut partager l'image sur StreamYard, si je peux avoir les questions éventuellement que vous poseriez, à moins que quand… si je n'en vois pas, c'est qu'il n'y en a pas.
4:47 Mais dès qu'il y en a, qu'il n'hésite pas à les projeter sur l'écran, parce que je compte bien rebondir dans mon propos sur vos questions. Vous dites, enfin, c'est comme si tu les connaissais d'avance. Je ne les connais pas d'avance, mais je sais d'avance que dans le cycle du Graal, il y a réponse à toutes les questions. Ce n'est pas moi, je ne me permettrai pas de créer réponse à toutes les questions, mais il n'y a pas toutes les réponses. Mais toutes les questions sont posées. Voilà. Donc, je reprends la chronologie de la quête de Perceval le Gallois, ou bien du Parsifal de Wagner, avec les invariants, ce que Wagner a gardé de Chrétien de Troyes.
5:44 C'est de très loin sa principale source, mais enfin, comme à son habitude, pour élaborer le texte du Ring, il était jusqu'à consulter pas seulement tout ce qu'il trouvait dans la bibliothèque allemande, il y en a pas seulement les textes des Minnesinger, Comme on dit les troubadours allemands du Moyen-Âge.
6:15 Il est allé aussi chercher jusqu'en Islande. Vous savez que les îles, c'est un Corse qui vous parle, ce sont souvent des facteurs, sont le véritable conservatoire pour des raisons d'isolement. Et même île se dit « isola » en italien. Et de même que les polyphonies corses sont sans doute la manifestation à l'heure actuelle la plus proche de ce qu'étaient les premiers cantiques chrétiens, car c'était aussi un monde de bergers.
6:49 Abraham faisait paître ses troupeaux sur une terre sans limite. Voilà donc, je veux dire de même, c'est en Islande qu'il y a les plus vieilles traditions du cycle des Nibelungen, des dieux qui s'entretiennent, jusqu'à se précipiter dans la catastrophe finale Ragnarök, comme on dit, j'essaie d'avoir l'accent scandinave, ne me croyez pas, c'est-à-dire le crépuscule des dieux ou la catastrophe finale. Et bien là, il a consulté, je vous dis, la doctrine de la grâce, en Saint Bernard, tous les textes sur l'hérésie cathare, les autres hérésies, et Dieu sait s'il n'en manque pas dans le christianisme, chaque hérésie ayant un arrière-plan politique, c'est souvent, pas toujours, la base de l'Église qui se révolte contre l'Église.
7:48 Il s'est situé trop proche du sabre. Le goupillon trop proche du sabre, pour parler français, n'est-ce pas ? Et donc pour revenir à des puretés primitives, l'illustration la plus manifeste de ce processus, c'est bien sûr la réforme de Luther, et puis les cathares, tout le monde connaît parce que ça fascine, mais il y a les hussites, n'est-ce pas ?
8:19 En Bohème, on ne disait pas en Tchécoslovaquie à l'époque, les hussites, la liste serait tellement longue des hérésies, c'est ainsi que l'Église, que beaucoup au Vatican qualifiaient ses détournements de textes, vu du côté de Rome, n'est-ce pas ? Mais même en Corse, il y a, c'est assez peu connu, même des Corses souvent.
8:52 Il y a eu un petit peu ce qui s'est passé avec les Cathares à beaucoup plus petite échelle, mais il y a eu le courant des Giovannali, les petits gens, si vous voulez, mot à mot, dans une église du sud de la Corse, de l'Alta Rocca, pour ceux qui connaissent un peu les micro-régions, qui ont été brûlées jusqu'au dernier. Et ils avaient les mêmes thèmes, ce n'est pas la communauté des biens, on dit la communauté des femmes pour dire qu'ils étaient dans les perversions homosexuelles.
Lecture symptomale et réponse à Nietzsche
9:26 En fait, c'est une métonymie de la communauté des biens à chaque fois, contre la richesse des grands prélats de l'Église. Voilà. Allez, ne systématisons pas, tout n'est pas aussi mécanique, mais statistiquement, c'est l'essentiel du processus. Et donc il a fouillé tout ça, mais enfin, c'est pour ça qu'il faut y revenir, c'est ce que nous allons faire aujourd'hui, revenir sur le pitch que j'ai déroulé la dernière fois dans ses grandes lignes à l'arche, si vous voulez, ou à grands pas, ou à grandes enjambées, et faire attention maintenant où on met les pieds, revenir du début, et non pas à la grande enjambée, mais au contraire, attention, on met les pieds, Chaque fois que ça titille pour prendre… Je donne le point Althusser, ça ne m'arrive pas tous les jours, je vais dire c'est le terme qu'il employait pour illustrer ce qu'il appelle la lecture symptomale, n'est-ce pas ?
10:34 Il faut savoir, dans un texte, déceler ce qui devrait titiller l'œil du lecteur, c'est-à-dire en fait sa réflexion, n'est-ce pas ? Et comme étant une anomalie quelquefois à l'insu même de l'auteur du texte qu'il est en train de décoder. Voilà. Et bien c'est ce que nous allons faire, et vous allez voir que ce n'est pas la matière qui manque dans une œuvre comme ça. Alors, je sais que j'ai eu quelques réactions, je suis assez surpris, je pensais que les réactions seraient plus négatives devant ce qui peut apparaître comme des bondieuseries, un peu ce que résume Nietzsche dans le passage que je vous ai lu la dernière fois, le célébrissime passage de « Par-delà le bien et le mal », où il dit que vraiment quand il fait Parsifal, il est devenu gâteux, il a trahi la bonne inspiration qu'il a.
11:26 Quand il a fait Siegfried, le héros qui casse avec son épée, qui brise en mille morceaux les lois, la belle-bête blonde, comme on dira un peu plus tard, hélas, qui brise en mille morceaux la lance de Wotan, du chef des dieux, qui brise l'enclume laquelle il a forgé l'épée, qui accumule les cadavres, celle de son père adoptif, qui voulait sa peau, celle du dragon, Je… mais ce n'est pas la matière qui manque. Donc, ça c'est le héros que Nietzsche met au zénith de l'inspiration de wagnérienne.
12:18 Et il dit, je ne peux pas recommencer, mais je vous rappelle l'essentiel, c'est qu'il s'est largement rattrapé dans sa vieillesse, sous-entendu dans sa sénilité, On va en… En faisant intervenir cet anti-Siegfried total qu'est Parsifal. Il ne faut pas trop le chatouiller alors que Parsifal, on le fera, putain, l'autre joue, hein, l'idiot, là.
12:51 Donc, c'est la première chose dont il faut se rappeler, c'est que ceux qui ont pu penser que Cette œuvre « Accumuler les bondieuseries », j'ai fait exprès, à leur intention de lire, n'est-ce pas, un extrait de la préface que Julien Gracq, qui va nous resservir ce soir, a rédigé pour sa première grande publication au château d'Argol, son premier roman.
13:26 Vous savez, quand il dit dans la préface, voilà, je vous rappelle le passage que j'avais lu, l'œuvre de Wagner se clôt sur un testament, Et évidemment, il ne s'agit pas de s'y est pas le bien. L'œuvre de Wagner se clôt sur un testament politique que Nietzsche a eu le grand tort de jeter trop légèrement en pâture aux chrétiens, prenant ainsi la grave responsabilité d'égarer les critiques vers un ordre de recherche si visiblement superficiel, etc.
14:14 Autrement dit, la réaction que certains ont eue de dire « il y en a marre de ces bondieuseries », c'est la réaction de Nietzsche, mais qui ne prend pas en compte exactement l'inverse. Et c'est ça, c'est ce qu'ajoute quelqu'un qui connaît bien l'œuvre de très près et le texte et la musique, bien sûr. Alors que l'œuvre de Wagner a toujours si nettement tendu, pas seulement Parsifal, mais Parsifal ne fait qu'accomplir une tendance à l'œuvre dans la totalité de l'œuvre de Wagner depuis ses débuts et qui n'a cessé de croître, laquelle ? Alors que l'œuvre de Wagner a toujours si nettement tendu à quoi ? À élargir davantage les orbes de sa recherche souterraine. C'est déjà plus inquiétant.
Kundry, Klingsor et le jardin des filles-fleurs
15:07 Ou plus exactement, un fermal. Et c'est ce que nous allons voir se confirmer, non seulement des bondieuseries, mais en plus presque de la pudibonderie, puisque, après tout, le Sauveur, Parsifal, là-dedans, il y a des questions des Sauveurs dans le titre de la séance de ce soir, Donc je creuse un peu. Le rédempteur, le sauveur, l'Erlöser, comme on dit en allemand, et en même temps le pur, au moment où l'envoûtante Kundry essayait de l'envoûter, L'avait pris dans ses bras en désarmant sa timidité et son innocence au nom de sa mère et en mettant en avant ses attraits, qu'on disait,
16:22 avec d'habiles périphrases à l'époque de Racine. « Oui, c'est vous dont l'amour naissant avec mes charmes leur a pris le premier le pouvoir de leurs armes. » Vous voyez les charmes ici, c'est les seins et les fesses. Puisqu'elle parle de son cousin qui l'a vu grandir, n'est-ce pas ? « Oui, c'est vous dont l'amour naissant avec mes charmes leur a pris le premier le pouvoir de leurs armes. » Bon, et bien là, Kundry a vu C'est un gibier différent des chevaliers du Graal qui succombent d'habitude plus facilement au charme des filles-fleurs, dans le jardin enchanté de Klingsor, je vous rappelle tout ça, et le jardin que Klingsor, l'ancien guerrier prêtre du Graal, moine-soldat, comme les templiers du Graal, ne pouvant pas faire Supprimer en lui la tentation libidinale a porté sur lui une main coupable, dit le texte laborieusement, bref, châtré, et que ne se sent dans cette œuvre.
17:37 Et bien sûr, ce geste l'a fait bannir de la communauté du Graal, et que pour se venger, il a transformé le désert par lequel il faut passer, Il a transformé le désert en jardin, dans un des sortilèges où poussent les filles fleurs, des êtres, des créatures qui sont fleurs par en bas et femmes par en haut.
18:09 Et qui, bien sûr, attirent dans leurs rets les chevaliers du Graal, qui sont autant de soldats de l'ombre, recrutés pour faire une armée des ombres par Klingsor, qui visent un jour à éteindre, surtout à éteindre cette lumière, qu'ils supportent aussi peu qu'Amfortas, que le roi Pêcheur. Je résume un peu ici, puis après je tiens compte aussi du fait qu'il y en a qui prennent le train en marche.
Amfortas et les invariants du Graal
18:40 Je rappelle, toujours sur le mode du rappel, je rappelle dans ma longue parenthèse qu'Amfortas, le roi pêcheur, c'est en principe le chef de cette communauté sans femmes des moines soldats du Graal, sur une crête des Pyrénées, à la limite du monde chrétien du monde des infidèles, déjà, C'est lui qui est chargé tous les vendredis d'administrer les effets du Graal, c'est-à-dire de le découvrir, d'enlever le voile qui le recouvre, et la lumière du Graal, et la nourriture, je vais évoquer ce que Platon dit de la lumière du soleil, qu'il ne se contente pas d'assurer la connaissance comme un troisième terme entre l'œil qui doit voir et l'objet qui doit être vu, Mais qui assure en outre aux êtres, je cite, « croissance et nourriture ». Le Graal, malgré toutes les différentes, on ne sait jamais, j'insiste beaucoup là-dessus. N'ayez pas une idée trop familière du Graal, en tout cas au niveau empirique. Tantôt c'est un vase, tantôt c'est un plat, dès le Moyen-Âge. Personne ne sait d'où Chrétien de Troyes a rapporté cette notion du Graal.
19:58 Cet objet et même le syntagme, le mot Graal, et Dieu sait s'il y en a eu des recherches, des gens beaucoup plus spécialistes que moi, des médiévistes confirmés, et je crois l'avoir signalé, il y en a même qui sont allés jusqu'à attribuer une origine arabe, puisque c'est l'époque des croisades, au retour des croisades, n'est-ce pas, on va rapporter, voilà, c'est pour vous dire. Mais ne soyons pas dans le relativisme, ce n'est pas n'importe quoi non plus, le Graal, il y a un invariant. Dans toutes les versions, dans toutes les variantes, et les prolongations, parce que le roman de Chrétien de Troyes, son testament, la quête du Graal est inachevée comme par hasard, Il y en a eu des continuateurs jusqu'en Suède à l'époque. L'invariant, c'est que le Graal a un rapport à la nourriture.
20:55 C'est pour ça que des fois ce n'est pas un vase, mais un plat. Et même dans certaines versions, comme celle-ci, Une de celles dont Wagner s'est inspirée, c'est sa principale source d'inspiration après Chrétien de Troyes, c'est le Parzival, version allemande, postérieure à Chrétien de Troyes. C'est Chrétien de Troyes qui initie tout cet affolement autour de la quête du Graal, n'est-ce pas, de Wolfram von Eschenbach, qui est un troubadour, si on va parler en termes français, allemand du XIIIe siècle.
21:38 Voilà. Et chez lequel, la dimension du fantastique l'emporte par rapport aux autres versions. Et chez lui, par exemple, le Graal serait une escarboucle, une pierre précieuse. Vous voyez, peu importe, ce qui compte, c'est bien sûr, j'ai dit la variante principale, c'est que ça rapporte la nourriture. Sinon, ça c'est l'invariant concret du signifiant, ce qui est exprimé à chaque fois qu'on en parle. On le verra dans un texte tout à l'heure. Mais ceci dit, il y a surtout l'invariant, bien sûr, spirituel, si vous voulez.
22:13 C'est moins concret et moins rigoureux que le signifiant, pour lesquels je lis les extraits que j'essaie de vous rapporter et de vous transmettre. Mais l'invariant spirituel étant le fait que le Graal, c'est l'absolu. Donc appelez-le comme vous voulez, Dieu, l'absolu, La fin de la quête, le terme du chemin. Le port dont parle Brel, vous savez, dans le Moribond, quand il dit du curé qu'il aimait bien, nous n'étions pas du même bord, mais nous cherchions le même port. On s'arrête de naviguer.
22:55 Et bien c'est un peu le thème d'aujourd'hui, je vous dis d'avance, avant que les arbres ne risquent de cacher la forêt, avant que nous plongions dans cette jungle, dans cette jungle symbolique, un foisonnement de symboles qui est Parsifal, et la mise en scène de Syberberg dans le film dont on a vu les extraits, dont on va encore voir d'autres, Il ne fait que confirmer, c'est-à-dire que le metteur en scène a très bien saisi ce foisonnement symbolique, il n'y est pas les deux mains mortes.
23:31 Mais on le verra plus tard dans les extraits en question. Sauver le sauveur, c'est-il est. D'abord, sauver le sauveur n'est que la traduction française des ultimes mots de cette œuvre qui dure quand même entre 4 et 5 heures, selon les versions musicales.
Le chœur final : Erlösung dem Erlöser
24:18 L'œuvre se termine par un immense chœur extrêmement, extrêmement, comment je peux dire, éthéré, enfin je veux dire, c'est pas un chœur martial, c'est tout le contraire, mais un chœur dénoué, complètement immense. Mais si je devais le caractériser, en général toute musique, que ce soit le classique, le jazz, le reste, etc., la chanson, est plutôt assimilable en matière liquide à un cours d'eau. Ça accélère, ça ralentit. D'ailleurs, souvent, on dit le flot des paroles, le flux du chant, le même mot que pour la rivière ou pour le cours d'eau. Et, quelquefois, c'est l'océan n'est plus un fleuve, c'est-à-dire avec une direction, avec un sens. Mais c'est la houle qui anime les flots marins incessants.
25:25 Mais sur quelles paroles ? Ce sont les ultimes mots de Parsifal. Tout a été résolu. Avec la lance, il a touché la plaie. La plaie s'est refermée car la plaie ne peut être guérie que par l'arme qui a fait la blessure, la main qui inflige la blessure et la main qui guérit. Donc la blessure s'est refermée, celle qui pourrissait au flanc du roi pêcheur depuis tant d'années. Le Graal retrouve la lance et donc retrouve sa puissance miraculeuse de rendre les gens invincibles au combat et surtout d'irradier spirituellement les fidèles qui assistent à la cérémonie.
26:16 Mais le chœur, au lieu de dire « Vive le Sauveur », se conclut sur ces paroles sur lesquelles on a beaucoup glosé. « Rédemption au Rédempteur, Salvation au Sauveur, Rédemption au Rédempteur, Erlösung dem Erlöser » Et ça va m'inspirer le premier texte que je vais vous lire. Je crois que Pierre-Alain va être en mesure de le projeter, parce que malheureusement je ne l'ai pas trouvé en PDF, mais Pierre-Alain fait des miracles, je crois qu'il a pu le recopier pour vous.
Au château d'Argol : la philosophie dans la trame romanesque
27:03 Il s'agit encore d'un extrait du Château d'Argol, merci beaucoup Pierre-Alain, où le pitch du roman, je ne vais pas m'interdire là-dessus, c'est plutôt dans ses apartés ou dans ses impètes ou dans ses parenthèses qu'il retrouve l'essentiel de nos préoccupations. Tout ce qu'il connote à la quête de Parsifal, mais sinon le plus, c'est…
27:35 C'est dans le monde contemporain, je veux dire, jeune intellectuel parisien, étrenne, si vous voulez, le manoir qu'il vient d'acquérir en Bretagne, à Argol, et il attend un ami de longue date qui est un peu son double ténébreux, lui il est blond et solaire, l'autre est nocturne et brun, etc. Cet ami arrive avec une femme d'une beauté. C'est ça, je vais quand même m'attarder un instant. Non, parce qu'il s'agit de femme et de beauté, mais parce que l'un des grands intérêts de l'œuvre de Gracq, c'est de faire intervenir dans une trame romanesque, dans un pitch, dans une dramatique, une trame, un drame, De faire intervenir des considérations philosophiques d'une extrême abstraction sans que ce soit plaqué ou sans que ce soit ni snobisme ni étalage de culture, pas du tout.
28:44 Par exemple, à un moment donné, le héros Albert se retrouve dans la forêt avec Herminien, son ami ténébreux dont je vous ai parlé, mais ils ne sont pas du même côté. Ils longent une petite rivière dans une forêt bretonne, ces forêts d'arbres nains tordues par le vent que la force du vent d'Ouest empêche de croître. Et il dit, avec ses gestes, de l'autre côté, Herminien faisait un geste d'invitation à d'aller vers une certaine direction et ses bras prenaient la forme d'un luth et son geste faisait penser à ce que Kant appelait non sans mystère, une finalité sans représentation de fin. Il n'y a que Julien Gracq pour faire intervenir des données philosophiques aussi fondamentales dans une C'est une trame romanesque sans que ça l'interrompe, sans que ça l'allourdisse. Voilà.
29:43 Et là, pour arriver à l'extrait dont je parle, le héros se réveille dans le château, s'aperçoit que les autres, c'est-à-dire le couple, le couple n'est pas là, les autres ne sont pas là. Bien sûr, il a été, comme tous ceux qui l'ont vu, envoûté par la beauté que j'allais aborder, de Heide, H-E-I-D-E, ce qui veut dire la lande en allemand, soit dit en passant, et aussi le radical de tout ce qui est païen, ce qui vient de la lande, de la Brousse, alors que le christianisme a commencé dans les villes.
30:33 Lorsqu'il veut caractériser sa beauté, dès qu'elle apparaît dans Château, il dit « Nul peintre, nul poète, n'eût essayé d'exprimer sa beauté sans un intime sentiment de dérision ». Je vais le reprendre un peu plus haut. Son visage semblait fait pour révéler au moins prévenu, ceux qui ne sont pas familiarisés avec la philosophie, la différence essentielle entre la qualité et le degré.
31:10 Et c'est parce que la qualité régnait en maîtresse que nul peintre, nul poète n'eût essayé d'en rendre la beauté sans un intime sentiment de dérision, Et que c'était à la musique seule qu'on devait demander une analogie adéquate, etc. Après, je m'y perds de ma mémoire. Vous voyez, c'était en même temps la beauté quasi surnaturelle de cette femme et ce recours à une donnée philosophique, non seulement sans que ça alourdisse la trame, mais que ça la rende encore plus fascinante.
31:47 Donc là il se réveille, le couple n'est pas là, il est inquiet bien sûr, et il se dirige tout droit vers la chambre d'Herminien. Et tout de suite il s'aperçoit, grâce aux dispositifs autour des objets, la manière dont ils sont placés, que visiblement Herminien s'est débrouillé avant de quitter sa chambre, Pour que Albert, parce qu'il devine qu'Albert va venir voir ce qu'il fait et voir s'il est là, pour que Albert, en son absence, se dirige droit vers quelque chose qu'il doit voir. Et ce quelque chose, c'est une gravure, une petite gravure.
Lecture de la gravure des souffrances d'Amfortas
32:34 Je ne vous en dis pas plus, je vous prends juste quelques lignes en amont du texte que vous avez, tout de même, juste en amont. Pardon, je vais enlever ces lunettes qui sont honorables vers des lunettes qui ne sont vraiment pas belles, mais qui me conviennent mieux.
33:05 Alors, ça devrait aller là. Peut-être là, voilà. Cependant qu'il passait à nouveau, il feuilletait un recueil de gravures, qu'il vient de voir, c'est la chambre d'Herminien. Cependant qu'il posait à nouveau les gravures sur la haute table de chêne pour essuyer son front baigné de sueur, son attention fut alors attirée pour la première fois par une autre gravure de minuscules dimensions, qui reposait sur une tablette au chevet même du lit d'Herminien et dont les bords légèrement ondulés, pardon, légèrement ondulés, semblaient conservés, Vous pouvez observer les traces d'un maniement tout récent.
34:00 « Comme la chaleur même des doigts attentifs qu'il avait peu d'instants auparavant saisis, puis reposé comme dans l'axe d'une perpétuelle et extatique contemplation. » Elle témoignait d'une facture à tous égards remarquablement différente de celle des œuvres qu'il avait jusque-là examinées. Et là commence le texte que vous avez sous les yeux, cette gravure.
34:41 Elle représentait les souffrances du roi Amfortas. Et le roman nous ramène de nouveau au pitch de Parsifal, le roi pêcheur. Je rappelle, parce qu'il est nouveau venu, celui qui, pour mettre fin aux agissements du magicien qui, depuis le désert transformé en jardin des sortilèges et des tentations, fait succomber la sensualité des chevaliers. Amfortas, donc, le…
35:12 Amfortas, celui qui règne sur le domaine du Graal, avait décidé pour mettre fin à ses agissements de descendre, de faire une descente, c'est le cas de le dire, s'occuper de Klingsor, le magicien, et pour se préparer pour le combat, se munit de la lance, la lance. Ce n'est pas une lance. La lance qui a percé le flanc du Christ, celle qui a fait jaillir le sang, qui est censé recueillir le Graal, dans la version, dans la reprise christianisée du Graal, où c'est le vase qui a recueilli le sang du Christ.
36:00 Je ne voudrais pas simplifier, mais tout de même, je ne suis pas le seul à avoir remarqué qu'entre le côté agressivement phallique de la lance et le côté qui recueille au contraire le liquide, le sang, et qui l'empêche de se disperser aux quatre vents ou de sécher sur un sol torride, Et la terre à regret bute, et la terre but comme à regret le sang des neveux d'Érechthée, dit Racine dans Phèdre.
36:41 Prend la lance elle-même, et comme il s'agit du roi du Graal, c'est pas n'importe quelle fille fleur, c'est la séductrice en chef, la fameuse Kundry dont nous allons reparler plus en détail aujourd'hui, Celle qu'on a vue dès le premier acte qui fait tout ce qu'elle peut pour essayer de calmer la souffrance, la blessure du roi qui amène des baumes depuis l'autre bout du monde. Lorsqu'elle amène le baume au premier acte, elle dit que si ça ne marche pas, l'Arabie n'aura plus de parfum ni de baume qui puisse soulager sa souffrance.
37:22 Vous voyez, elle sillonne le monde. C'est une spirale chromatique qui tranche complètement avec le côté plutôt lent et lancinant de l'œuvre. Donc, c'est elle qui vient tout d'un coup au front, si je puis dire, et bien sûr, Amfortas tombe dans ses bras, et pendant qu'il est…
37:54 Dans ses bras, Klingsor surgit de sa tanière, lui prend la lance, la lance sacrée, lui fait la fameuse blessure qu'il ne guérit plus depuis, et c'est la blessure qui ne se referme jamais, dit le texte, et il est ramené par le pieu chevalier qui nous raconte tout ça, par Gurnemanz, qui nous fait de l'histoire sainte, si vous voulez, Et c'est depuis que nous obtenons le monde d'aujourd'hui, d'une communauté en déclin. Le Graal séparé de la lance, le féminin séparé du masculin ici, mais l'inverse est pareil, le masculin séparé du féminin, n'a plus d'efficacité, n'a plus d'efficience.
38:56 Voilà ce qu'il faut se rappeler quand on rappelle le nom du roi Amfortas. Revenons au texte de Gracq. Donc la gravure, elle représentait les souffrances du roi Amfortas. Au centre même d'un temple aux proportions gigantesques, il s'agit du temple dans lequel a lieu la cérémonie qu'on a vu au premier acte qui stupéfie l'œil et l'oreille, au centre même d'un temple aux proportions gigantesques d'une architecture lourde, violente et convulsive comme celle des œuvres du Piranèse.
39:39 Il s'agit ici de la célèbre série des prisons de Piranèse qui exprime effectivement une composition intérieure, une architecture intérieure qui tourne au fantastique et pourtant un cruel réalisme. Au sein d'un temple d'une architecture lourde, violente et convulsive comme celle des œuvres du Piranèse et dont l'épaisseur des voûtes et des murailles semblait partout attestée par un effort à peine croyable du génie, dans la seule inclinaison de leur surface lisse, et rendait jamais prodigieuse la descente verticale d'un rayon dense et lumineux du soleil au sein de cette profondeur d'abîme, donc au sein de cette abîme, Parsifal, c'est la scène finale de la quête.
40:28 Touché de la lance mystique, qu'il a récupérée, on reviendra là-dessus, le flanc du roi déchu et les visages des chevaliers ensevelis dans leurs longues robes s'illuminaient au seuil même du miracle d'une surnaturelle exaltation. Tout ça sur la gravure. La confusion délicieuse de Kundry, dont personne ne sait lorsqu'elle fait tous ses efforts de vous éparler pour soigner la blessure, que c'est la même qui a séduit le roi.
41:01 Donc selon qu'elle est envoûtée ou pas par le magicien, elle fait le bien ou le mal, n'est-ce pas ? La confusion délicieuse de Kundry qui a enfin délivré la joie grave de Gurnemanz, celui qui fait l'histoire sainte. L'artiste avait su les peindre avec naïveté et vérité. On va passer à la page suivante. Certes, c'était une œuvre merveilleuse et singulière, profonde et singulière.
La contradiction de la gravure : le sang de la blessure
41:35 C'est que tout ce qu'on vient de dire n'est pas à la hauteur de ce qu'exprime la gravure. Et cependant un tel jugement, quelque approbation sans réserve qu'il impliquât des ressources techniques et spirituelles de l'artiste, et de la comblante et riche harmonie, on pense à Dürer, avec laquelle elle se trouvait ici distribuée, ne pouvait être en présence de cette œuvre entièrement significative.
42:05 Ni rendre de quelque manière que ce fut explicite le trouble qui s'éveillait dans l'âme du spectateur et paraissait renaître à chaque seconde d'une ingouvernable contradiction. Et nous voici en dialectique. Il y a une contradiction qui est exprimée dans la manière dont l'artiste représente cette scène finale qui devrait supprimer toutes les contradictions dans le salut. C'est notre sujet, n'oubliez pas. Et celle-ci, la contradiction, était en dernière analyse réductible à la hiérarchie en tout point insolite que la composition de la scène finissait par imposer aux spectateurs de la gravure.
42:47 Il était visible que dans ce couple pathétique, Parsifal, le Sauveur, le Pur et le Roi Pêcheur, que dans ce couple pathétique, que les éclats acérés du soleil désignaient comme le cœur de toute la composition, Et auquel les éclairs de la lance faisaient comme un trait d'union bien au-delà du miracle, que dans ce couple, quoi, la figure du divin sauveur, le héros principal apparemment, quand même, Parsifal. Nous sommes partis de rédemption au rédempteur.
43:33 La figure du divin Sauveur palissait en présence de la blessure secrète de laquelle il avait pour jamais tiré son charme et son ardeur quand il s'était mis en quête d'aller retrouver la lance pour guérir, Inspiré par la pitié et passant outre à une sacrée équivalence comme dans le délire d'une infame inspiration, il était clair que l'artiste, que sa main L'inégalable n'avait pu trahir, donc ce n'est pas une faute technique, avait tiré du sang même d'Amfortas, qui tachait les dalles de ses flaques lourdes, qu'il avait tiré quoi ? La matière rutilante qui ruisselait dans le Graal.
44:50 C'est un sacrilège. C'est censé être le sang du Christ dans le Graal. C'est le sang du Christ qui irradie. Et à titre nutritif, qui procure l'invincibilité dans les combats à ces moines soldats, dans tous leurs combats. Et voilà qu'il y a une confusion entre ce sang divin et le sang issu du péché de la chair.
45:25 La matière rutilante qui ruisselait dans le Graal était donc tirée, c'était de sa blessure même que jaillissait de toutes parts les rayons d'un feu impossible à tarir. Alors, si ça ne vous est pas derrière, ça veut dire que cette blessure n'est pas guérissable, et dont l'ardeur desséchait la gorge comme une soif inextinguible. Et clair aussi que le chevalier naïf et fidèle, Parsifal, l'idiot, n'espérait point, au terme de sa longue quête dans la poussière qui ternissait sa cuirasse, attestait les douloureuses et incertaines vicissitudes, Gracq montre qu'il a très bien lu le détail du poème que Wagner a fait inspirer par les données médiévales.
46:17 « Attestait les douloureuses et incertaines vicissitudes, Parsifal n'espérait point avoir enfin trouvé le pouvoir de clore les révolutions augustes du Saint-Sang. »
46:54 Je reviendrai sur cette dichotomie qui recouvre d'énormes enjeux. N'espérait point, avoir enfin trouvé le pouvoir de clore les révolutions augustes du Saint-Sang qui se déroulaient dans leur féroce mystère au sein d'un univers situé à tout jamais hors de ses atteintes. Mais il pouvait, Parsifal, seulement lui consacrer le témoignage d'une vie qui devait pour toujours porter sa marque de hasard avec une cruelle et provoquante gratuité.
Un salut donné, non mérité, et l'anneau qui ne clôt rien
47:29 Et à l'humiliation de celui qui n'avait… on commence la chute de cet extrait admirable… et à l'humiliation de… pardon. Voilà, de celui qui n'avait erré au milieu des souffrances à travers le monde, que pour raviver à jamais l'éclat de l'incomparable blessure et apporter l'aveu de sa désormais perpétuelle dépendance, il était possible de comprendre que l'artiste, pour sa propre glorification, avait obscurément voulu donner à entendre Que la qualité de son sauveur ne fut jamais obtenue, mais toujours donnée. Là vous retrouvez qu'on ne tranche pas, enfin ici c'est un grand débat entre les partisans de Luther par la réforme et l'orthodoxie catholique, si je puis dire.
48:38 savoir si le salut est dû aux œuvres, comme j'ai fait le bien dans ma vie, je me suis acquitté de la charité, je me suis occupé des pauvres, je caricature un peu, mais tout de même. Ou bien que la décrapule peut tout d'un coup avoir la révélation, autrement dit, la grâce elle-même radicale que la gratuité, Que ce n'est pas la récompense d'un acte, quel qu'élevé qu'il soit au niveau moral.
49:11 Il y a les enjeux quand même. Donc je le répète, maintenant qu'on comprend ces enjeux, il était possible de comprendre que l'artiste pour sa propre glorification avait obscurément voulu donner à entendre, obscurément parce que ce n'est pas des discours, c'est au niveau esthétique, par son graphisme, avait obscurément voulu donner à entendre que la qualité de sauveur ne fut jamais obtenue, sous-entendu avec des efforts, des mérites, mais toujours donnés, et ne pu en aucun cas se mesurer au mérite, mais uniquement à la permanence de ses inépuisables effets. Car, c'est la dernière phrase, enclose à l'un des coins de la gravure, Dans un anneau de fer, vous allez voir pourquoi c'est circulaire. C'est le contraire de venir clôturer la linéarité de la quête, qui aurait un début, un milieu et puis un fin. Non, il s'agit d'un anneau.
50:07 Car en close à l'un des coins de la gravure, dans un anneau de fer suspendu au mur, il, l'artiste, avait paraphrasé lui-même son œuvre de l'amère devise qui semble à jamais clore et ne clore jamais sur rien d'autre. Et lui-même, le cycle du Graal, deux points, qu'est-ce qu'avait écrit le Graal de Wagner ? Ce chœur océanique dont je vous ai parlé. Rédemption au rédempteur.
Contre l'édifiant : Hegel, Pascal, et Judith Gautier
50:46 Pour vous montrer qu'on n'est pas au bout de nos surprises et que nous plongeons de plus en plus dans le sous-sol de ce qui apparaissait à première vue comme des bondieuseries quelque peu édifiantes. La philosophie doit se garder de vouloir être édifiante, dit Hegel dans la préface de la phénoménologie, bien avant que Nietzsche ne parle d'une manière très pertinente de moraline.
51:16 Ce n'est pas ça qu'il faut critiquer chez lui seul. La dénonciation de la moraline est déjà sans doute le plus grand penseur chrétien. Je pense à Pascal, avait déjà dit, n'est-ce pas, dans une formule célébrissime, la vraie éloquence se moque de l'éloquence, la vraie morale se moque de la morale. Pour vous montrer qu'on n'est pas au bout de nos peines, c'est que pour ceux qui trouvent qu'il y a encore trop de renommages, Le financement à la chair de puritanisme, de pudibonderie, pourquoi c'est la chair qui effraie à ce point-là.
52:05 Un document beaucoup moins connu du grand public, je ne l'ai pas en reproduction, donc je vais vous le lire, mais vous allez voir, c'est très clair, donc ce n'est pas la peine d'être soutenu par un texte. Il s'agit des extraits d'une correspondance. Et quelle correspondance ? Celle que Wagner entreprend, quelques lettres, au moment où il est en train de finaliser le texte de Parsifal.
52:40 Et à qui il s'adresse ? Le vieux lion, il a plus de 60 ans quand il écrit ça. Il s'adresse à Judith Gautier, la fille de Théophile Gautier. Elle était venue gamine avec son père et d'autres admirateurs, à Bayreuth voir le dieu du coin. Et, au moment où Wagner lui écrit, c'est une des plus belles femmes de Paris, et une femme que part sur Internet, vous verrez que ce n'est pas une nunuche.
53:19 Elle écrit de remarquables essais, textes, et sur la musique, et avec des connotations philosophiques qui valent le détour. Encore une fille que les féministes bourgeois n'ont pas repérée. Non mais regardez ! Je vous parle des extraits de cette correspondance. Elle est à Paris, lui est à Bayreuth, on ne sait pas très bien ce qui s'est passé entre eux.
53:49 Dieu sait s'il y en a qui ont voulu savoir. Il y a eu un passage où Wagner dit « Je me souviens de vos embrassements à Paris comme le plus enorgueillissant ». Il fait des fautes de français parce qu'il rédige ça en français. Mais vous voyez, je vous dis des extraits. Non mais attendez. Au moment où il est en train d'écrire l'histoire de l'idiot et la renonciation à la chair et le chaste et le pur et le fol, voilà ce qu'il écrit.
54:19 Un, Judith. Il est au sommet de sa gloire, il est à Bayreuth, il est rangé avec Cosima, la fille de Liszt, quand même. Il a arraché au plus beau parti d'Europe, n'est-ce pas ? Hans von Bülow, chef d'orchestre charismatique, grande famille prussienne, la noblesse prussienne, lui qui est un musicaillon criblé de dettes. Là, non, il est à Bayreuth. Il y en a une très courte, mais qui illustre peu ce que je vais vous lire, mais je rentre, mais elle est tellement courte, septembre 1876, je rentre de la première promenade que j'ai faite depuis.
55:09 Deux points d'interrogation. L'instinct me conduisit vers Maurice Höfen. J'ai épié la fenêtre, je goûtais vos embrassements. C'est sans doute un souvenir du moment où elle est passée. Vous faites bien de ne pas m'écrire. Mais écrivez à Cosima, écrivez à ma femme, pour faire savoir comment vous vous portez. En cas de désespoir à moi, je vous aiderai toujours. Mais non, non, non, vénons-en maintenant. Attendez, mais c'est incroyable tout de même.
Les commandes parisiennes de Wagner
55:45 Voilà, alors… L'élément essentiel de cette correspondance, ce n'est pas des mots d'amour. C'est des commandes. Elle est à Paris, lui il est à Bayreuth. Et vous allez voir la sensualité effrénée de ce Wagner qui est en train de nous proposer un renoncement à la chair et qui commande à Paris, Paris, capitale de la débauche.
56:32 La mentalité, surtout en Allemagne, on dit « heureux comme Dieu » en France, et les petites femmes de Pigalle. Vous voyez l'image que la France est de l'étranger. Vous verrez que je m'y porte un homme exact. Il y a un E exact. Pour les deux paires de pantoufles dessinées par Cosima, il était question de deux robes de chambre que vous trouverez chez M. Félix.
57:10 Et bien depuis cela, cet heureux Félix a décliné d'arranger une de ses robes. C'est une chose baroque que je trouvais à Bologne, chez un antiquaire, le modèle, c'est-à-dire un vêtement japonais. Cosima ne sait pas comment ajuster cette robe qui manque de dessous. Monsieur Félix a également manqué. Cela sera maintenant à vous et à votre génie chinois japonais de trouver ou d'inventer un arrangement qui puisse faire portable ce monstre de vêtements qui, du reste, ne servira qu'aux soirées.
57:50 Le drôle de costume est bien inventé, commandé, ordonné et demandé ce que cela peut coûter. Lécaït écrivait toute sa vie, il a de l'argent. Depuis, il a souvent eu de l'argent, il tapait des fortunes, mais là il en gagne. Du reste, vous pourriez m'écrire directement puisque j'ai prévenu le cas. Seulement les envois se feront par l'intermédiaire de M. Schnappauf. Autrement dit, ils ont un tiers qui assure leur correspondance dans le dos de la légitime Cosima.
58:24 J'aurais voulu avoir un mot de vous puisque je vous vois toujours ici, de ma table. Attention, c'est quelques détails qu'on a, ce qui s'est passé entre eux. Je vous vois toujours ici, de ma table, à droite, sur la chaise longue, me regardant, Dieu avec quels yeux. Je vous fais des souvenirs à mes pauvres cantatrices. Oh, ce qu'il y a de tout extraordinaire, c'est que vous êtes l'abondance de ma pauvre vie. Wagner est au sommet de sa gloire, il est reconnu par le monde entier. Pour la première fois dans l'histoire de l'art, ce n'est pas un artiste qui se déplace à la cour des rois, ce qui est déjà une culmination pour un artiste, et qui est reçu par les plus grands souverains.
59:09 Mais les rois, les souverains se déplacent à Bayreuth. Et bien malgré cela, oh ce qu'il y a de tout extraordinaire, c'est que vous êtes l'abondance de ma pauvre vie, si bien qu'elle m'est abritée depuis que j'ai Cosima. Et en justice au fait que Cosima, avec Cosima, il a trouvé l'équilibre. Vous êtes ma richesse, mon superflu, énivrant. Il montre, entre parenthèses, beau français, n'est-ce pas ? Mais c'est égal, vous me comprenez. Adieu, Judith. Commande de pantoufles, de jupons chinois et japonais ! Attendez, attendez, si c'était que ça !
59:52 Voici ce que j'ai oublié, la lettre suivante, 22 novembre 1877, et qui m'oblige de vous écrire encore une fois. « Oh ma chère Judith, les pantoufles sans talons. Mais non, encore une chose, je veux avoir pour ma chaise longue une couverture toute belle et extraordinaire que j'appellerais Judith. » Je crois que les mieux prévus d'entre vous savent que… devine à quel point tout ça ébouille les riens. C'est tellement dans le vent.
1:00:24 Donc, je ne sais pas. Cette profusion de sensualité, le parfum, une couverture toute belle et extraordinaire que j'appellerais Judith. Écoutez, tâchez de trouver une de ces étoffes de soie qu'on appelle lampa ou comment fondent satin jaune le plus pâle possible, Parsemé par des tissus de fleurs roses, roses sur fond jaune. Le dessin pas trop grande, car ce n'est pas pour des rideaux. On s'en sert plutôt pour des petits meubles. S'il n'y a pas de jaune, alors du bleu très clair. Il m'en faudrait 6 mètres. C'est toujours des commandes. D'autres fois, il va commander un tissu de 10 mètres. Tout cela pour les bonnes matinées de Parsifal.
Le nom de Parsifal selon Wagner et la traduction de Cosima
1:01:08 Donc ceux qui croient vraiment que c'est le renoncement à la chair, à la tentation, à la sensualité qui fait que Parsifal est le sauveur, n'ont pas compris, comme dit Julien Gracq, qui tentent de la blessure. Tout cela pour les bonnes matinées de Parsifal. Et là, il l'éclaire sur le personnage de Parsifal et il nous éclaire en voix off, si vous voulez. Ce nom est arabe. On pensait que c'était agent. L'humanisation de Perceval, le Gallois qui est tout sauf arabe.
1:01:43 Je ne peux pas le percevoir. Perceval, Perceforest, ça existe, le Perceforest, Nerval en parlant. Les anciens trouvères, ne l'ont plus compris. Parsifal signifie « parsi ». Ah ça c'est les Perses. Le « parsi » c'est la langue des Perses. Parcifal, par-si, séparé de phal, l'écriture signifie par-si, penser au parse adorateur du feu.
1:02:14 Pour phal, dites fou, dans un sens élevé, c'est-à-dire homme sans érudition, brut de coffrage, mais de génie, Fall, fellow, en anglais, vous voyez ? Fall, fellow, paraît être en rapport avec cette racine orientale. Vous connaîtrez, apprendrez, pardon, pourquoi cet homme naïf portait ce nom arabe. Il fait un suspens. Plus tard, vous allez comprendre. Adieu ma plus chère, ma dolcissima anima.
1:02:51 Encore deux ou trois, mais écoutez, c'est pas toujours qu'on a une correspondance comme ça de la part de quelqu'un qu'on croit être qui est en train d'éteindre les lampions de la fête, enfin. Heu... Chère âme, la dépêche était arrivée, la rue Heu... Vous connaissez également Elle est renvoyée à votre adresse avec tout ce que vous aviez encore besoin. Vous l'avez reçu ? Vous faites bien de ne pas économiser pour prendre des choses ignobles. Les 1000 francs vous sont payés. Travailler pour le satin rose, il n'est pas décidément désigné pour cadeau de Noël, c'est une fantaisie à part. Je rappelle que Cosima, l'épouse de Wagner, est née le jour de Noël, le 25 décembre.
1:03:48 Il n'est pas décidément désigné pour cadeau de Noël, c'est une fantaisie à part. Ne vous obstinez pas en pressant l'affaire du lampas. Attendez pour trouver quelque chose de digne du nom de Judith, pour couverture. Pour dessin, je n'aime que des roses. Peut-être vous les trouverez sur fond blanc. Comment ne pas penser aux filles-fleurs ? Je n'ai rien encore reçu que le tout petit chiffon enfermé dans votre lettre. Faut-il le renvoyer aussi ? Du reste, je vois que vous m'aimez un peu de vous occuper de ces niaiseries.
1:04:19 Je vois bien que c'est un enfantillage. Il lui est reconnaissant de jouer le jeu. Ah ! Mais le parsif, ô ! Écrivez toute votre opinion à Cosima. Seulement, ne craignez pas de l'offenser. Ne croyez pas aussi qu'elle avait traduit littéralement « Oh si vous saviez combien cela est impossible de rendre le moindre sens de cette poésie » zut, vous croyez que j'allais tout nous dire « dans votre langue si conventionnelle » Ca c'est le nationalisme allemand, le français ne peut pas rendre à la profondeur, c'est une langue qui est faite pour la pensée abstraite.
1:04:59 Cosima n'a fait de l'asset trader que chercher des expressions sobres à mourir. Je vous rappelle que Cosima est française par sa mère, la comtesse d'Agoult. Au point qu'elle avait offert à Nietzsche, quand Nietzsche n'était pas encore fâché avec le couple Wagner, son plus grand bonheur était d'échapper à ses cours à Bâle pour aller passer un week-end avec les Wagner à Zurich. On reste en Suisse. Il lui avait offert à Nietzsche des essais de Montaigne. C'est curieux comme cadeau de Noël.
1:05:32 Et comme on sait, l'investissement de Nietzsche sur les moralistes français qu'il a toute sa vie essayé d'égaler. Il est presque parvenu, il écrivait admirablement. Donc, oh si vous saviez combien cela est impossible de rendre le moindre sens de cette poésie dans votre langue si conventionnelle. Cosima n'a fait de l'asset raideur que chercher des expressions sobres à mourir pour des choses naïves dont le sens même est inconnu aux Français. Bénédictus était leur messager, vous en racontera quelque chose quand il aura le poème allemand.
1:06:09 Cosima n'a voulu que faire comprendre à peu près ce dont il s'agit tout en supposant que cela devait être bien autrement arrangé pour le faire goûter aux Français comme poésie. Il me semble que vous ayez cruellement souffert en lisant ces pages, étant obligé de la prendre pour poésie. Toujours serait-il très bien si vous vous entendez fort franchement avec elle. Leconte de Lisle, oui, bien, bien, on ne demanderait pas mieux.
1:06:40 La dernière mélodie, prenez-la pour feuilles d'album, mais vous verrez au deuxième acte, vous aussi chers amis, vous le verrez dans quelques minutes, mais vous verrez au deuxième acte les charmeuses de Klingsor, fleurs de son jardin enchantée, entre parenthèses trop petite, qu'ils cueillent le printemps et qu'ils vivent jusqu'à l'automne pour séduire très gracieusement et naïvement, comme je disais, Jeune fille, les héros du Graal.
1:07:14 Elle caresse Parsifal, lui tâtant les joues comme des enfants en jeu. Peut-être chanteront-elles à cette mélodie « Komm, komm, holder Knabe » Viens, viens, comme en anglais, avec un « come » Viens, viens, jeune héros, beau garçon. Enfin, vous verrez et vous serez contentes. Sinon, eh bien, m'aimerez-vous pourtant ? Je vais l'assurer. Oh oui, et si vous ne voulez pas, je vous embrasse toujours néanmoins. Oh, j'ai déjà une chose que je nomme Judith. Adieu. Adieu.
1:07:50 Il y en a comme ça, quelques-unes de bafouilles. Donc, confirmer sur un mot plus léger que le côté infernal dévoilé par Gracq, où le sang de la blessure vient se substituer au sang du Sauveur, Se confondre avec lui. Car tout de même, il n'y a pas de dimanche de Pâques, de résurrection, donc de salut, de sauvetage, s'il n'y a pas la descente aux enfers.
Descente aux enfers et transcendance incarnée
1:08:26 J'en profite parce que, avec la diversité des matières que nous abordons, que j'aborde avec mes détours, il y en a qui peuvent penser des fois qu'on s'éloigne de la philosophie. Encore que les plus fidèles d'entre vous savent bien que rien n'est plus éloigné de la philosophie que la séche abstraction, que l'universel abstrait, pour parler de la mauvaise abstraction.
1:09:01 Mais lorsque je parle ici de descente aux enfers, c'est une occasion entre mille de montrer à quel point je ne prends pas le parti du christianisme, je vous fais réfléchir sur vous, sur moi. C'est-à-dire, sur une culture dite occidentale, vous savez que je n'aime pas ce mot parce que c'est un mot cachotier qui ne veut pas dire, n'est-ce pas, aujourd'hui. Chaque fois qu'on dit, je ne sais pas, moi ça n'a voulu ça une défi, les occidentaux, Poutine, ça veut dire le capitalisme impérialiste et atlantiste.
1:09:40 Mais si on le prend avec toute sa dimension historique, si on prend le résultat avec son devenir, pour parler en termes hégéliens, et la dimension religieuse, sans se placer sur un plan strictement religieux, Je veux dire qu'on croit en Dieu ou pas, on ne peut pas nier que l'Europe et son sud-américain sont de cultures et de civilisations, en particulier de civilisations, initiées par l'implantation du christianisme en Europe.
1:10:20 Pourquoi j'en parle à propos de dialectique ? Parce que quoi de plus dialectique que cette religion de la transcendance incarnée ? Déjà, l'islam est cohérent. La transcendance, c'est la transcendance, on ne peut pas la représenter. Et c'est pour ça qu'il est interdit dans l'esthétique, on dit arabe islamique, en général. Vous savez que les plus grands pays islamiques de loin, l'Indonésie et le Pakistan, n'appartiennent pas au monde arabe.
1:10:54 Je ne parle pas de la Turquie ni de l'Iran. Aucun de ces quatre pays n'est arabe. Mais c'est bien sûr dans le monde arabe, en particulier entre l'Irak et Syrie, que cette civilisation a connu son apogée, en termes de science, en termes de philosophie, en termes de création artistique, donc au milieu, enrichi par les deux extrêmes, l'Iran à l'Est et l'Iran.
1:11:30 L'Andalousie, l'Espagne, Andalousie à l'Ouest ont vu les plus belles fleurs sans doute de l'art islamique. Mais où il veut en arriver ? C'est qu'il était interdite la représentation de tout ce qui a une âme, et même de tout ce qui est vivant. Le représenté, ce serait faire la capture de ce qu'il rend vivant de son âme. D'où le côté nécessairement abstrait du graphisme arabe et d'où la notion d'arabesque.
1:12:12 Et cette écriture qui en est sans doute la plus belle illustration, où je veux en arriver, que là c'est cohérent. Si on est transcendant, Dieu ne peut pas s'incarner. Et puis il y a l'opposé de la transcendance, l'immanence. Je suis en train de répondre à beaucoup de questions que je reçois de vous, je les synthétise là, mais qui tournent un peu autour des mêmes points.
1:12:50 L'immanence, la transcendance, les religions du livre, dans l'ordre chronologique pour ne fâcher personne, judaïsme, christianisme, islam, les trois apparus, comme le dit Hölderlin. Mais le lieu n'était autre que le désert. Il fallait vraiment vivre dans le désert. Abraham faisait paître ses troupeaux sur une terre sans limite pour faire apparaître une pensée où le salut n'est pas ici.
1:13:23 Ou bien il n'y a pas de salut, ou bien il n'y a pas de Dieu, nihilisme total, ou bien s'il y en a un, il n'est pas là, il est au-delà, Trans, trans veut dire au-delà, méta en grec, trans en latin, irreprésentable, indicible, avec le même rapport à tout ce qui est déterminé, qui est une forme, qui a un contenu, un concept, que l'éternité au temps.
1:13:59 D'ailleurs, la plupart du temps, Dieu est désigné par cet attribut d'éternité, par exemple, dans la Bible hébraïque, Adonaï, l'Éternel. Mais les deux, qui est les deux ? Regardez des énoncés éminemment dialectiques. Je continue d'illustrer la La dialecticité intime de ce qui est essentiellement chrétien, de ce qui est catholique, protestant, tout ce qui est église instituée, qui s'accommode assez vite des pouvoirs et qui s'éloigne très vite du discours évangélique.
1:14:40 Mais pour en reparler, ce n'est pas le sujet essentiel. Mais là, je parle dialectique éminemment chrétienne, ou d'un christianisme éminemment dialectique avec des énoncés qui sont bien connus de tous ceux qui, pas seulement qui ont fait le catéchisme, mais qui sont devenus presque triviaux dans le monde mondial occidental, qui veut sauver sa vie, la perdra.
1:15:11 On n'est pas loin de rédemption, rédempteur, qui veut sauver sa vie, la perdra. Les premiers seront les derniers, je suis sûr que vous en trouvez d'autres. Je suis l'alpha et l'oméga d'Apocalypse. Je suis là, je suis là, l'étoile du soir à l'étoile du matin.
1:15:43 Et là, qu'est-ce qui nous dit Gracq ? Que ce qui était le plus troublant dans cette gravure, et qu'il ne suffisait pas d'avoir une extase esthétique sur la perfection de la réalisation graphique, C'est déjà merveilleux de cette gravure sur une aussi petite surface puisqu'elle est censée être minuscule, malgré tous les détails qui y foisonnent.
1:16:13 A pratiquer le dernier, cette devise, l'amère devise du Graal, comme il dit, qui semble ne clore sur rien d'autre que sur elle-même le cycle, donc qui ne clôt pas le cycle. La rédemption au rédempteur. Si le rédempteur a besoin de la rédemption, c'est qu'il a sauvé tout et tout le monde sauf lui. Donc, on continue. Il y a un nouveau sauvetage à faire. Il y a une nouvelle quête de la lance. Je reviens maintenant à la dialecticité la plus importante dans le Parsifal qui nous occupe, c'est celle de la lance et du Graal.
1:16:56 J'ai dit tout à l'heure, le masculin, le féminin, mais soyons plus concrets, parce que c'est des baudruches vu de loin quand c'est laissé dans la généralité abstraite comme ça. La lance, c'est aussi ce qui fait mal, ce qui est acéré. J'ai fait ce long détour depuis que j'ai évoqué la descente. Il n'y aurait pas eu de dimanche de Pâques donc de solution définitive aux souffrances du Sauveur s'il n'avait pas entamé le contraire de monter au ciel, la descente aux enfers.
1:17:43 Excusez-moi, une sonnerie a été annulée. Je vous prie de m'excuser. Donc, entre qui veut sauver sa vie la perdra et descendre pour monter, Ou encore, en le disant en latin, en théologie, ad augusta, donc à l'accomplissement, l'Auguste, ad augusta, per angusta, angusta c'est même radical qu'angoisse, à l'expansion suprême par l'étroitesse la plus serrée.
Le cygne ensanglanté et la Vierge de Fouquet
1:18:31 Il faut passer par la vallée de l'ombre, comme dit un des psaumes de David, pour déboucher sur la lumière éternelle. Vous dites « attendez, tu nous bassines, si vous nous faites le catéchisme, on peut se renseigner ». Je réponds à beaucoup de vos questions. Je reviens à des thématiques qui apparemment n'ont pas de rapport avec Parsifal, mais qui sont au cœur de cette dichotomie de la lance et du Graal, de ce qui produit la blessure et de ce qui la soulage.
1:19:10 Le vase recueille le sang du Christ comme, regardez dans le magnifique carton dont nous devons le montage à Pierre-Alain ce soir, Parsifal, que nous allons voir dans quelques instants, en train de répondre et de balbutier à l'interrogatoire, Auquel le soumet Gurnemanz, il vient comme ça, dans ce domaine du Graal, hyper écologique, où il est interdit d'infliger la moindre blessure au moindre animal.
1:20:00 Il surgit en éclaboussant de sang la blancheur immaculée d'un cygne, du cygne du Graal, pas d'un cygne, du cygne du Graal, du c'est de le. Et lorsqu'il est interrogé pour ce forfait devant le personnel du Graal, effrayé, traumatisé, il répond Je ne sais pas, je ne sais pas, jusqu'à ce qu'il dise enfin une réponse positive lorsqu'il parle de sa mère.
1:20:36 Et donc je reviens au carton, le magnifique montage qu'a fait Pierre-Alain pour lui permettre de le dire, ce n'est pas moi qui l'ai fait, ce soir où l'on voit Parsifal au moment, rapidement on va le voir maintenant, je vous dis rapidement, d'où viens-tu ? Je ne sais pas, Qui t'a montré le chemin, je ne sais pas, quel est ton nom ? Il hésite un instant, il dit « J'en ai eu beaucoup, mais je ne me souviens d'aucun ».
1:21:09 Il faudra attendre le deuxième acte, une heure et demie plus tard, en termes d'opéra, même si c'est un anti-opéra de représentation, il faudra attendre une heure et demie pour que son nom soit enfin prononcé par Kundry, la séductrice, Et pour la première fois, Parsifal entend ce nom qu'il avait oublié complètement, et le nom par lequel sa mère l'appelait quand il était le petit sauvageon élevé dans la forêt, loin des chocs des guerres, c'est les haines. Vous savez qu'il y a eu du mal.
1:21:41 Je suis à choisir ce thème, enfin à choisir ce thème, c'est possible de nous distraire du seul thème qui devrait nous occuper, qui est le danger de guerre, qui nous menace. Comme jamais. Je vais avoir 80 ans l'année prochaine, quand je dis comme jamais, à ma connaissance, j'ai vécu la crise des missiles de Cuba, tout ce que vous voulez. Je vous ai dit qu'on ne s'en allouerait pas tellement, que de sang, que de carnage.
1:22:20 Donc au moment où on lui pose ces questions, je ne sais pas, je ne sais pas, et après on lui montre le cygne, Il y a une scène de culpabilisation presque sadique, on lui regarde les yeux vitreux, les plumes collées par le sang, au point qu'il brise son arc sur la scène tout d'un coup. Et qu'on comprend tout de suite que c'est un gamin qui ne sait pas très bien tout ce qu'il fait, il n'a pas toute sa raison. Et lorsqu'après que le cygne s'éloigne avec sa petite marche funèbre, le pauvre animal, le vieux chevalier Gurnemanz revient au questionnement, dis-nous au moins une chose que tu sais, c'est pas possible d'être aussi stupide.
1:23:07 Merci Faltonekus, animais-en, j'ai une mère. Et en vis-à-vis, vous voyez, au moment où il dit ceci, ça correspond à la partie gauche de la photo qui blasonne, pour prendre un thème par lequel Baudelaire caractérisait les leitmotifs de Wagner, au moment où il dit « j'avais une mère », on voit tout d'un coup son visage, pour la première fois, irradie, s'éclaire, Sur un fond rouge, qui s'allume en tout cas. Et en face, qu'est-ce qu'on voit ? Cet incroyable tableau de cette magnifique école française m'est arrivé d'aller au Louvre uniquement pour voir des tableaux de cette école, que ce soit Fouquet, Clouet et portraitiste entre 16e et 17e, entre 15e et 15e.
1:24:12 Il s'agit ici de Fouquet, qui a fait ce portrait si célèbre de Charles VII, qui ne ménage pas ce roi indécis et velléitaire. D'après le tableau, un tableau qui ne cache rien. Et là, qu'est-ce qu'on voit ? On voit la Vierge Marie avec une blanche, et on retrouve les deux couleurs du cygne éclaboussé de sang, Avec une peau blanche, la reine blanche comme un lys qui chantait des voix de sirène.
1:24:48 Dans un des plus beaux poèmes de Villon, n'est-ce pas ? Mais où sont les neiges d'antan ? Et entourés par des anges rouges, pas des anges l'épée rouge ou je ne sais quoi de Rouge ou portant un fanion rouge. À la rigueur des ailes rouges, des anges dont tout le corps est rouge.
Blanc stérile, rouge meurtrier, rose synthèse
1:25:20 On retrouve cette dichotomie du blanc, la pureté, la virginité, mais non dialectique. Oui, j'y reviens. Vous croyez que j'ai oublié ? Parce que oui, c'est très bien la pureté, Mais si elle reste, Elle implique la stérilité, car la Vierge n'a pas d'enfant. En général, je ne parle pas de la Vierge Marie, c'est assez surnaturel. Mais tant qu'à garder la pureté, la femme de l'homme n'a pas d'enfant.
1:25:56 Il faut que les roses apparaissent sur les lys de ses joues. C'est comme ça que les poètes du Moyen Âge figuraient le visage idéal, celui où se combattent le rouge et le blanc sur un visage, avec le jeu des émotions. Et la synthèse de ces deux extrêmes étant bien sûr le rose. Et ici, ce n'était pas prévu donc je vais m'excuser encore de quitter le champ, je sais que ça n'a que ça fait rire, mais je ne me désole pas qu'on rit.
1:26:37 Et c'est interromptu. Mais en parlant de cette synthèse des deux extrêmes, le blanc et le rouge, parce que le rouge, lui, alors lui, on ne peut pas dire qu'il est stérile, mais en même temps, ça implique la violence et le carnage. Et la dialectique, le curseur, là, qui est bien obligé de bouger, je ne peux pas rester là parce que c'est une pureté, c'est magnifique, c'est tentant, mais c'est stérile.
1:27:09 Rester dans le rouge non plus, c'est invivable, c'est la mort, la mort tragique. Or, le message d'Aurélia, vous savez, qui est un petit peu l'œuvre où Nerval exprime le plus sa pathologie, puisque c'est sur le conseil de son médecin, je passe vite parce que j'avais développé tout ça dans un cycle sur l'angélique, et son médecin lui avait dit, Si ça peut vous soulager de mettre vos rêves par écrit, ce qui était très moderne pour l'époque, n'hésitez pas, et c'est à ce médecin prémonitoire que nous devons, Aurélia.
1:27:56 Voilà, alors. Voilà. Pardon. Avant de vous dire ce passage sur le rose comme synthèse du rouge et du blanc, le rose étant la couleur du sentiment, on dit bien des romans à l'eau de rose, en ricanant, sans soupçonner la profondeur qu'il y a.
1:28:37 Je suis en train de rappeler que Marie-Antoine Rieux, à laquelle nous devons la publication d'un des derniers livres de Michel Clouscard, « Vers un nouveau progressisme » qui est rédigé sous forme de dialogue entre elle et Clouscard, Marie-Antoine Rieux étant professeure de philosophie à Toulouse à ce moment-là, Elle a dit « Devant nous, nous étions présents auprès de Michel à Gaillac avec elle, et elle avait dit, ou plutôt nous étions allé lui en visite à Toulouse avec Edmond Janssen de Delga et moi-même, et elle avait dit à Michel devant nous, donc pour témoignage, elle avait pas mal de filles d'immigrés, n'est-ce pas ?
1:29:36 enseigné dans la banlieue de Toulouse, elle avait dit « grâce à vos ouvrages, mes beurettes ont retrouvé le droit d'être sentimentales ». Je referme la parenthèse, sans plus de commentaires. Mais avant d'en arriver à cette synthèse que je viens de réévaluer du rose qui n'est pas aussi à l'eau de rose que l'on croit, regardez où peut mener l'excès de rouge, un des rêves les plus angoissants que Nerval ait fait.
Lecture d'Aurélia : le charnier de l'histoire universelle
1:30:13 Une nuit, je parlais et chantais dans une sorte d'extase. Un des servants de la maison, il s'agit de l'asile psychiatrique, vint me chercher dans ma cellule et me fit descendre à une chambre au rez-de-chaussée, ce serait des cellules spéciales en cas d'agitation, voyez, capitonné, où il m'enferma. Je continuais mon rêve et quoique debout, je me croyais enfermé dans une sorte de kiosque orientale. J'en sondais tous les angles et je vis qu'il était octogone.
1:30:43 Un divan régnait autour des murs, et il me semblait que ce dernier était formé d'une glace épaisse. Ceux qui sont un peu familiarisés avec le monde, avec la clinique, comme on dit, avec l'univers de la clinique, savent que rien ne... Les susceptibles de provoquer les symptômes les plus graves de la psychose, à savoir l'hallucination, que la présence de miroirs.
1:31:16 Un divan régna autour des murs et il me semblait que ces derniers étaient formés d'une glace épaisse, au-delà de laquelle je voyais briller des trésors, des châles et des tapisseries. Un paysage éclairé par la lune m'apparaissait, alors qu'elle est dans le noir, d'un mitard, si vous voulez, le pauvre Nerval. Au-delà de laquelle je voyais briller des trésors, des chales et des tapisseries, un paysage éclairé par la lune m'apparaissait au travers des treillages de la porte, et il me semblait reconnaître la figure des troncs d'arbres et des rochers. J'avais déjà séjourné-là dans quelque autre existence. Je croyais reconnaître les profondes grottes d'Ellorah au sein de lui.
1:31:57 Peu à peu, un jour, Bleuâtre pénétra dans le kiosque et il fit apparaître des images bizarres. Je crus alors me trouver au milieu d'un vaste charnier où l'histoire universelle était écrite en traits de sang. Vous voyez que la vision tourne au cauchemar. Le corps d'une femme gigantesque était peint en face de moi. Seulement ses diverses parties étaient tranchées comme par le sabre.
1:32:29 Le symptôme du corps morcelé, regardez le tableau de Jérôme Bosch. Les imbéciles qui pensent que Freud était là-dedans, mon Dieu ! Quel refoulement ! Seulement ses diverses parties étaient tranchées comme par le sabre. D'autres femmes de races diverses et dont les corps dominaient de plus en plus présentaient sur les autres murs un fouillis sanglant de membres et de têtes. C'est épouvantable. Depuis les impératrices et les reines jusqu'aux plus humbles paysannes, c'est l'histoire de tous les crimes.
1:33:13 Et il suffisait de fixer les yeux sur tel et tel point pour voir. Voilà, me disais-je, ce qu'a produit la puissance déférée aux hommes, le type éternel de la beauté, si bien que les races perdent de plus en plus en force et perfection. Vous voyez que je vais aller être un petit écolo, mais ça va de soi comme vous connaissez le texte. Et je voyais en effet sur une ligne d'ombre qui se faufilait par un des jours de la porte la génération descendante des races de l'avenir, que faisant enfin arracher à cette sombre contemplation par la figure bonne et compatissante de mon excellent médecin.
1:33:55 Il arrive à temps celui-là. Bon, mais ça c'est le rouge, c'est un des extrêmes, n'est-ce pas ? Alors voilà, voilà, voilà.
1:34:32 Excusez-moi, mais je vois très mal ce soir, ça doit être la fatigue. Voilà.
Lecture d'Aurélia : la famille céleste en blanc et rose
1:35:35 N'oubliez pas ce que je cherchais à illustrer. J'ai l'air comme ça d'être dans la fantaisie en m'attardant sur les deux extrêmes du blanc et du rouge. Encore que, on a vu dans le tableau, c'est saisissant. N'oubliez pas que c'est les couleurs de beaucoup de drapeaux. Je dis comme ça dans le désordre, le Japon, la Suisse, la Pologne. Les couleurs de Sainte-Catherine aussi, les martyrs de Sainte-Catherine. Bon bref. Et voilà, c'est beaucoup moins sombre que ce qu'on vient de voir, c'est presque paradisiaque, au contraire.
1:36:10 Nerval est arrivé dans une espèce de société idéale qu'il a vue en rêve, au sommet, enfin c'est des visions, L'épanchement du songe dans la vie réelle. Les visions, c'est des visions. Une ville idéale, quelque part, comme dans le Caucase, élevée, éloignée de la rumeur du monde, mais pas primitive, où les gens sont restés. Les mœurs primitives, mais avec un niveau de science et de technologie extrêmement avancé. Peu importe ça, pour l'instant, c'est Pour vous dire le contexte de ce qui suit. Et il a un guide, un peu comme Dante a Virgile qui le guide dans les Enfers, ici on est presque au paradis.
1:37:03 Et je vous dis d'abord, vous voyez, la société en question. Sans rien demander à mon guide, je compris par intuition que ces hauteurs, Et en même temps, quand c'est en avant. En même temps, ces profondeurs étaient la retraite des habitants primitifs de la montagne. Bravant toujours le flot envahissant des accumulations de races nouvelles, ils vivaient là, simples de mœurs, aimants et justes, adroits, fermes et ingénieux.
1:37:37 Et pacifiquement vainqueurs, pacifiquement vainqueurs, pas en versant le sang, des masses aveugles qui avaient tant de fois envahi leur héritage. Ni corrompu, ni détruit, ni esclave, pur, quoiqu'ayant vaincu l'ignorance. Et puis dans Les Fleurs du mal, Baudelaire, on dit qu'il faut couler les exécrables choses dans le puits de l'oubli aux ténèbres encloses, mais le vice n'a point pour mère la science et la vertu n'est point fille de l'ignorance.
1:38:15 Citation de Agrippa d'Aubigné du XVIe siècle. Donc, « Enfants s'amuser à terre avec des cristaux de coquillages et des cuillages gravés faisant sans lieu d'une étude. Société idéale. Une femme âgée mais belle encore s'occupait des soins du ménage. À ce moment, plusieurs jeunes gens, donc garçons et filles, plusieurs jeunes gens, Les gens entrèrent avec bruit.
1:38:45 Comme revenant de leurs travaux. Je m'étonnais de les voir tous vêtus de blanc. Mais il paraît que c'était une illusion de ma vue. Pour la rendre sensible, mon guide se mit à dessiner leurs costumes qu'ils teignit de couleurs vives. Mais où vous trouvez ça en dehors de Nerval ? Me faisant comprendre qu'ils étaient ainsi en réalité. La blancheur qui m'étonnait provenait peut-être d'un éclat particulier, d'un jeu de lumière où se confondaient les teintes ordinaires du prisme.
1:39:29 Je sortis de la chambre et je me vis sur une terrasse disposée en parterre. « Quoi ? Ce n'est pas des électiques, ils sont blancs, point ! » Et voilà, c'est la suite. « Disposée en parterre, là se promenaient et jouaient des jeunes filles et des enfants. Leurs vêtements me paraissaient blancs comme les autres, mais ils étaient agrémentés par des broderies de couleurs roses. »
1:40:06 La différence entre la poésie et les mathématiques, pardon de répéter inlassablement cette formule, c'est que la poésie est une... j'en sais exact. « Les hommes se promenaient des jeunes filles et des enfants, leurs vêtements me paraissaient blancs comme les autres, mais ils étaient agrémentés par des broderies de couleur rose. Ces personnes étaient si belles, leurs traits si gracieux, et l'éclat de leur âme transparaissait si vivement à travers leur forme délicate qu'elles inspiraient toutes une sorte d'amour sans préférence et sans désir, résumant tous les énivrements des passions vagues de la jeunesse.
1:40:47 Je ne puis rendre le sentiment que j'éprouvais au milieu de ces êtres charmants qui m'étaient chers sans que je les connusse. C'était comme une famille primitive et céleste, ceux qui sont blancs avec des broderies agrémentées roses. C'était comme une famille primitive et céleste dont les yeux, souriant, cherchaient les miens avec une douce compassion. Je me mis à pleurer à chaudes larmes, comme au souvenir d'un paradis perdu. Là, je sentis amèrement que j'étais un passant. Vous savez que Novalis dit dans un fragment, Lorsque l'on rêve, Ce qu'on rêve, c'est qu'on va s'éveiller. Là je sentis amèrement que j'étais un passant dans ce monde à la fois étranger et chéri, et je frémis à la pensée que je devais retourner dans la vie.
1:41:38 En vain, femmes et enfants se pressaient autour de moi comme pour me retenir. Déjà leur forme ravissante se fondait en vapeur confuse, ses beaux visages pâlissaient. On repasse du rose au blanc et ses traits accentués, ses yeux étincelants se perdaient dans une ombre où luisait comme le dernier éclair du sourire.
Projection de l'interrogatoire de Parsifal
1:42:09 Voilà. La matière du Graal est… Je voudrais maintenant tout de même passer… La dernière fois, on a vu, en séquence vidéo, au monde, pro-dottique, tout d'un coup, un tumulte décrit comment on vient de tuer. Il en reviendra porter le cygne percé d'une flèche, le cygne du Graal, alors qu'il ne faut toucher aucun animal, et surtout pas ce cygne qui réjouissait tous ceux qui le voyaient se mirer dans les eaux azurées du lac.
1:42:49 Et on la porte, et ça se terminait sur la question de Gurnemanz, qui clôturait un peu l'extrait, n'est-ce pas ? Comment as-tu pu commettre ce crime ? Et on voit tout de suite que c'est un niais. Quand il répond « moi je tire au vol tout ce qui vole ». C'est quand même aussi une drôle de dialectique que celui qui va être le sauveur, je le dis avant qu'on passe l'extrait, c'est pas le vieux chevalier qui connaît admirablement son histoire sainte, qui sait où est le bien, où est le mal, et qui raconte toute l'histoire que j'ai essayé de vous détailler en partie aux jeunes écuyers.
1:43:33 C'est pas juste. C'est celui qui commet la faute. C'est très dialectique. Je vais demander à Pierre-Alain de nous passer le premier extrait « A ». La qui correspond à la lettre A. Alors oui, tout de même, avant de l'acter, on n'avait pas vu la suite. La suite, c'est le fameux questionnaire, n'est-ce pas ? Où les réponses sont toutes négatives jusqu'à ce qu'il dit « J'ai une mère ». Allons-y.
1:44:14 Du konntest morden... ...im heil'gen Walde des stiller Friede, die umfieh, ... des heines Tieren ahndel'n wir nicht sam' ... ... brüß'n'n dich, freut'n ich, und trom'n.
1:45:30 ...so erhell ich deine Untat. ...dem schauntest du nicht. ...ich lachtest du, so wildkindisch am Morgen geschotzt.
1:46:53 Chantin-Grochchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchchch ...nicht.
1:47:53 ...wo bist du her? ...das weiß ich nicht. ...Wer ist dein Vater? ...das weiß ich nicht. ...Wer sandt dich dieses Weges? ...das weiß ich nicht.
1:50:27 ...Den schuf ich mir selbst vom Horst, die wilden Adler zu verscheuchen. Doch adelig scheinst du selbst und hoch geboren. ... Warum nicht ließ deine Mutter bessere Waffen dich lehren?
1:50:57 ... den Vaterlosen gebar die Mutter, als im Kampf erschlagen Gamuret, ... vor gleichem frühen Heldentod den Sohn zu wahren. Waffenfremd in Öden erzog sie ihn zum Toren.
1:52:47 Je vois que le signal réagit. Alors qu'est-ce que je fais ? Oui mais je n'ai pas l'image. D'accord, d'accord. Je suis désolé de ces inconvénients, je crois que c'est le signal, comme c'est une maison collective où je suis, il y a souvent de nouveaux arrivants et donc trop de...
1:53:27 Il y a trop de réceptions qui perturbent le signal. Mais je vous donne rendez-vous très prochainement pour la suite de cette séance si foisonnante. Merci en tout cas de votre présence. Je n'oublie aucune de vos questions et je me ferais plaisir de commenter vos commentaires. Pierre-Alain et à très prochainement.