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L'Occident n'est pas un concept géographique
0:00 Bonsoir chers camarades, chers amis, chers adhérents. Je commence par m'excuser d'une aussi longue absence pour plagier un titre célèbre, alors que grâce à Adrien on avait retrouvé un rythme régulier, bi-hebdomadaire en gros. Mais bon, je ne sais pas, dès qu'on donne ses raisons, on a l'impression qu'on s'excuse et que tout est bidon. Donc je ne vais pas développer.
0:31 Mais j'ai eu quelques soucis de santé. J'en aurai de plus en plus. S'il me vaut heureux que je sois encore là devant vous. J'ai beaucoup de sollicitations extérieures. Puisque certains d'entre vous le savent déjà, je suis invité à faire une intervention sur le thème de ce qu'est devenu la gauche aujourd'hui en Europe en général, et dans le monde, mais surtout en Europe. Et son rapport avec la Révolution française en Allemagne, à Leipzig.
1:04 Je ne suis pas allé depuis longtemps. Je vais donc voir les deux plus grandes villes de l'ex-Allemagne de l'Est, de l'ex-Deutsche Demokratische Republik, Leipzig et Berlin. Je ne reverrai pas à Leipzig la Karl Marx Universität, mais je suis ravi de revoir ces lieux si importants dans l'histoire de la pensée révolutionnaire, soit dit en passant. Donc, ce soir, je ne dois pas être le seul.
1:38 Je suis, ce soir, si c'était que ce soir, par les temps qui courent, je suis préoccupé par l'accélération, certains diront du déclin de l'Occident. Ce ne sont pas des termes à moi, mais ce n'est pas grave. Mais enfin, c'est pour qu'on se comprenne en gros de quoi il s'agit. Je prends un terme extensif comme Occident. Je ne vais pas revenir, je ne vais pas répéter.
2:09 Je sais bien que j'aime bien tourner en rond, mais quand même. Je vais quand même le faire parce qu'il y a des nouveaux qui s'agrègent, et tant mieux, à nos habitudes d'entretien philosophique. Il faut que je rappelle à ceux qui ne l'ont pas encore entendu, que si vous interrogez c'est quoi l'Occident en sens propre, c'est l'Ouest. Je vais vite, parce que je n'ai pas le droit de faire tout entier à chaque fois.
2:41 À la Socratique, qu'appelles-tu l'Occident ? C'est ce qui est à l'Ouest. Depuis que la Terre est ronde, c'est où l'Ouest ? C'est où vous voulez. Vous tirez votre chaise et vous êtes toujours à l'Ouest. Ça dépend de quoi. En Pologne, vous êtes à l'Est de l'Allemagne, et vous êtes à l'Ouest de la Russie. La Pologne, c'est l'Occident de la Russie. Je peux même vous dire que la Russie, c'est l'Occident. Vous n'avez qu'à vous promener à l'extrémité orientale de la Sibérie, là tout près, là où ils sont à 5 km des États-Unis.
3:12 Le détroit de Béring, vous voyez là, où il y a l'Alaska du côté américain, et l'Union soviétique, j'allais dire, vous voyez. Il n'est d'acte manqué que de l'inconscient, comme dirait l'autre. Il y a une réalisation d'un désir. Les deux se rencontrent dans deux petites îles, la petite Diomède et la grande Diomède, peuplée à l'origine par des Inuits, qui sont maintenant envahis de part et d'autre, de côté américain et russe, de radars, de machin, d'installations militaires.
3:47 À cet endroit-là, les États-Unis sont à l'est de la Russie. Oui ? Non, allez, l'Occident, vous voyez bien que ce n'est pas géographique, depuis qu'on sait que la Terre est ronde, c'est où vous voulez. Ah oui, allez Pagani, tu ne vas pas nous faire des finasseries, je sais très bien ce que ça veut dire, en gros, les pays occidentaux. Mais non, les pays européens, la civilisation, comme si c'était la seule.
4:18 Les pays européens, ah bon ? Je croyais que les leaders de l'Occident, c'était les États-Unis d'Amérique. Ce n'est pas en Europe, ça. Ah mince ! Vous voyez, Socrate, c'est ça la méthode. On propose une définition et on voit les contradictions. Mais ça ne marche pas non plus. Ah oui, mais alors ça suffit maintenant, c'est les pays industrialisés. Ah ben le Japon est un pays occidental. Moi, je croyais que c'était l'extrême-orient, d'après les livres de géographie. Mais d'après vous, c'est aussi l'Occident. Vous voyez ! Eh ben, on ne va pas y arriver. Vous savez pourquoi ? Et je finis vite mon petit rappel.
4:49 On n'y arrivera pas. Parce que ce n'est pas un concept positif, comme je dis le concept de pull over, le concept de clavier, le concept d'ordinateur, le concept de voiture, d'étoile. Bon, là, ça nous pose des choses. On voit des choses, on se représente des choses. Tandis que là, c'est un mot fait pour qu'on ne voit pas, pour qu'on cache. Ça s'appelle un concept occultant, si vous voulez faire les malins. Je ne peux pas dire le capitalisme. L'impérialisme atlantiste. Alors là, je sais de quoi je parle. Là, le Japon est dedans.
5:20 Oui, oui, oui. Il est allié des Américains là-dedans. Et puis, il y a un contentieux avec la Chine, où il a déjà fait 17 millions de morts, mais ce n'est pas grave, c'est des Chinois. Comme les Allemands ont fait 30 millions de pop-off en moins. Chose dont la Russie ne s'est toujours pas tout à fait remise. Alors voilà. Pourquoi je parle de l'Occident ? Pour ne plus en parler, pour dire, on a un code ensemble, je vous propose, on n'est pas obligé, l'impérialisme atlantiste.
5:55 Et à ce moment-là, ce n'est pas seulement les États-Unis ou l'Europe, il peut y avoir un dictateur africain qui est entièrement financé par la CIA et qui est plus atlantiste, n'est-ce pas, encore que nos dirigeants, ça peut arriver. Et là, regarde, l'Amérique latine, n'en parlons pas. Et bon, voilà. Alors pourquoi ? Je ne parle pas de la France, quand je disais que ça va vite en ce moment. Enfin, ça va vite. Pour ce qui est d'avoir un gouvernement et un budget, on ne peut pas dire que ça va vite. Mais ce qui va vite, c'est le développement de la crise.
La crise et les guerres contre les pays socialistes
6:27 L'approfondissement de la crise. Vous savez, on se moquait pendant longtemps. Le Marx, putain, Marx s'est planté complètement. Il a annoncé la crise du capital. Il ne s'est jamais si bien porté quant au pays communiste. Vous savez dans quel état ils sont. Ben oui. Quand on vous fait 30 millions de morts et quand on met toujours le truc, toujours plus haut, surtout à partir de Reagan, quand il a fait la guerre des étoiles et que les Russes, au lieu de construire des logements, de la santé, de l'éducation, il faut construire des canons, des fusées, des missiles pour continuer à exister.
7:01 C'est sûr que ça ne favorise pas tout à fait le développement. Enfin, passons. Tout ça, je suis sûr que les plupart d'entre vous en sont à peu près conscients. Je prenais un exemple, pas plus tard qu'aujourd'hui, je prenais l'exemple de l'Éthiopie. L'emblème même du pays, vous savez, on a eu des photos des famines en Éthiopie, des enfants dont on voyait les côtes. Je ne suis pas voyeur, je n'insiste pas. Et bien, c'est avec des pays comme ça que dès qu'ils ont fait leur indépendance et qu'ils ont fait une option marxiste, communiste, et Dieu sait, c'est à l'époque que ça marchait, puis qu'ils ont eu une félicitation de l'UNESCO pour la réussite de leur politique éducative, c'était un monde d'analphabètes et tout d'un coup, il y a eu une politique scolaire particulièrement féconde, on leur a envoyé trois guerres, trois, trois, trois, une guerre par la Somalie, une guerre par l'Érythrée, et une guerre par le Sud, par le Soudan, où il y avait les alliés atlantistes.
8:01 Vous voyez, c'est... Alors, pourquoi j'élargis comme ça ? Parce... Pour vous proposer un contre-argumentaire, si je peux servir à ça. C'est déjà quelque chose, si vous voulez. Ce n'est pas tout, mais ce n'est pas rien. Vous savez, parce que vous entendez dire « Oh, c'est terrible, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord pour faire un gouvernement, là, socialiste, la France insoumise, comment la gauche peut-elle encore exister ? »
8:31 On se demande. C'est un discours qu'on entend souvent. Maintenant, on est allergique au mot « gauche ». On ne peut pas dire que c'est une gauche très inquiétante. Vous n'imaginez pas Hollande en train de faire trembler le MEDEF. Il faut voir le sens du ridicule. Le France insoumise, pour Gaza, ils ont assumé quand même. Ils ont fait du boulot. Enfin, j'ai toujours un excellent ami, je ne donnerai pas le nom pour ne pas le gêner, mais qui est à la France insoumise et qui occupe un poste important qui est chez nous.
9:02 Il y a des déçus de PC, il y a des déçus de PS, il y a des écolos. C'est le bordel. À tous les côtés. Il faut mettre tout ce monde là, d'accord ? Non, non. Mais cette gauche-là, déjà, ça terrorise. On voit le bolchevik au couteau entre les dents. Vous voyez, Mélenchon, avec un couteau entre les dents. C'est un bon tribun. Enfin, laissons cela. Ce n'est pas le procès de la gauche non communiste qui m'occupe ce soir. Je ne vais rien dire.
9:32 Cette gauche non communiste et anticommuniste qui a commencé avec la guerre froide. C'est un autre débat. Je dis juste pour ceux qui ne le savent pas encore, que celui qui a financé le démarrage de Force ouvrière pour faire concurrence à la CGT, pour faire scission surtout, c'est un Américain de la CIA qui le dit dans ses mémoires. Je ne suis pas dans la théorie du complot. C'est lui-même qui le dit. Il ne va pas être plus royaliste que le roi. Je ne veux pas dire que les gens qui sont à FO sont tous des atlantistes. Ils ne savent pas tout ça en gros.
10:02 Il peut y avoir des gens sincères là-dedans qui se font des illusions Il ne faut pas s'entendre les partis de droite non plus. C'est lamentable! La France est plus lamentable que les autres pays. Attention, quand vous entendez ça, la France est le pays de la révolution et il y a tout De Gaulle est français, Pétain est français. Je ne suis pas en train de dire du bien ou du mal de la France. Chacun sa France. La mienne, vous vous en doutez, ce n'est pas Pétain, ce n'est pas la contre-révolution. Mais, il y a une constante depuis la révolution française qui est de dénoncer le jacobinisme.
10:41 Enfin, vous savez, la plupart d'entre vous comprenez bien ce que je veux dire. Voilà, en plus De Gaulle qui n'a rien arrangé, un homme de droite qui vient comme ça faire des nationalisations, enfin, un peu coincé à être obligé avec un des meilleurs gouvernements qu'on ait eu quand il y avait des communistes à gauche et des gaullistes à droite, faire des nationalisations, sortir la France du commandement intégré de l'OTAN.
11:12 Tout vaulge. J'ai voté contre lui pendant tout le temps qu'il était là, si ça peut éviter des contresens à certains d'entre vous qu'on continue à dresser contre le gaullisme, mais pas... Moi, je votais contre, donc j'ai des tas de choses et je lui ai reproché, mais il y en a qui qui lui reproche d'avoir été trop à gauche, je ne sais pas si vous voyez. De même qu'on disait que Roosevelt, au moment du New Deal, pratiquait une politique bolchevique. On va y revenir tout à l'heure. Parce qu'on ignore complètement.
Mémoire collective et faux modèles de consensus
11:42 Ceux qui m'écoutent depuis un peu régulièrement savent que je cite souvent, un ouvrage d'un sociologue des années 50, Maurice Halbwachs, une veille d'origine alsacienne, dont l'intervention se résume à ce très beau titre, les cadres sociaux de la mémoire. Je vous le recommande, d'ailleurs, ça se trouve encore. ça veut dire que dans la mémoire collective, dans la manière de raconter l'histoire, donc, il y a une partie qui n'est pas ma partie, donc je ne me penche pas à la biologie, la biologie, la trace mnésique dans le cerveau, pas ma partie.
12:21 Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi des choses qui n'ont rien à voir avec la biologie dans la mémoire. Est-ce qu'il y a des relais collectifs ? Parce que on ne vous parle jamais de ce qui s'est passé, je dis n'importe quoi, pendant la guerre d'Indochine, d'Algérie. Vous avez l'impression qu'on a fait que l'apport était des écoles, des hôpitaux, des routes. Et non pas de la boue, du sang et des larmes, bien souvent. ce pauvre Vietnam qui a dû lutter contre les deux plus grandes puissances impérialistes de l'époque, qui a fait d'abord la guerre d'Indochine contre les Français et qui, à peine exsangue, sortant victorieuse après Diên Biên Phu, s'est ramassée la guerre du Vietnam contre les Américains.
13:10 Sympa, hein ? Bon, c'est pas mon sujet, c'est pour rappeler ce que je suis en train de dire, pourquoi j'ai une approche globale, je parle de l'Occident et non pas seulement de la France. Et pourquoi je critique ceux qui disent, oui, mais les Français, de toute façon, ils sont jamais d'accord entre eux. Ils n'ont pas, et là j'y arrive, le sens du consensus. Vous voyez, comme il y en a en Allemagne, où il y a une grande coalition entre la droite du CDU et même à l'extrême droite. Je ne parle pas de l'extrême droite contemporaine, de l'AFD, je parle ici de la droite, de l'extrême droite qui est à l'intérieur du parti qui a gouverné le plus longtemps, l'Allemagne dans l'après-guerre, c'est-à-dire la CDU qui est une droite qu'on appelle la CSU, Christlich, bon, bref, les chrétiens démocrates, si vous préférez.
13:58 C'est la CDU de la Bavière. Petit rappel au passage, les endroits les plus nazis de l'Allemagne, historiquement, géographiquement, je dis les partis, tels que historiquement ils se sont manifestés, tout le monde croit que le nazisme, c'est lié au militarisme prussien. Pas du tout. C'est le midi, le sud, les gens sympathiques ont la plume dans le chapeau, la la la, et tout, vous savez. La fête de la bière à Munich, bon, les grands lieux du parti NSDAP, la National Socialist, c'est Nuremberg, Munich, et bien sûr, la patrie d'Hitler, l'Autriche.
14:41 C'est le sud. Voilà, je referme cette parenthèse. Eh bien, on n'est pas capable, nous, Français, de faire des consensus, comme savent faire les Américains En ce moment, les Américains, c'est dur, le consensus. Mais enfin, la plupart du temps, là, mais aussi, ils sont en panne de budget. Ils ont le shutdown. On ne sait pas encore si Trump ne va pas licencier des dizaines de milliers de fonctionnaires du jour au lendemain. Mais surtout, on a...
15:12 Mais attendez, pourquoi on nous donne tout le temps ces pays en exemple, surtout l'Allemagne ? Quel dynamisme économique ! Ils sont mers de Pâques, des syndicats qui font la grève, qui font des manifs. Ah bon ? Et le résultat, c'est quoi ? C'est que l'Allemagne est au bord de la ruine industrielle. Non, mais si ça avait réussi, là, maintenant, on voit le résultat de ces politiques. L'Angleterre, je ne parle même pas d'être en panne depuis maintenant 30 ans, économiquement, ce n'est plus qu'un grouillement de cités financières, c'est-à-dire l'argent qui part de là pour être là, mais ce n'est pas la création de nouvelles richesses, tout ça.
15:44 voilà, l'Allemagne, depuis qu'elle a renoncé à avoir ce qui faisait sa force industrielle, c'est d'avoir de l'énergie à bon marché par un pipeline, un oléoduc, pour revenir à la francophonie, qui part de la Sibérie et qui arrive à Schwedt. Vous ne savez pas où c'est Schwedt ? C'est l'ancienne Allemagne de l'Est. Voilà, pouf, on prend le robinet à la place de ça. Maintenant, on achète ce qui est le plus cher, le gaz déjà, oui, produit par l'explosion des roches souterraines.
16:20 Vous savez, la tendresse ce que j'ai pour les écolos, donc je leur laisse faire le procès, c'est déjà pas triste. Et puis, qu'il faut liquéfier, après, n'est-ce pas, pour les transporter dans des containers en bateau, et ça, mais en Europe, c'est quatre fois plus cher, n'est-ce pas, que le gaz qui arrivait à Schwedt ? S-C-H-W-E-D-T, si ça vous intéresse. Donc voilà, je vous donne un contre-argumentaire de quel droit nous donne un exemple, où sont les réussites dans tout ça ? C'est l'Occident de manière globale qui est en crise.
16:52 C'est grave ce qu'on est en train de voir. On vous parle du déficit de la France, mais le Japon a un déficit beaucoup plus grand. Bon, c'est vrai que la dette japonaise, elle reste propriété des Japonais, alors que nous, la plupart de nos créanciers, ils sont à l'extérieur de la France. Sympa, hein ? Voilà. Donc, je pars de là, mais ça, vous en entendez parler, mais peut-être pas dans l'ordre que je suis en train d'essayer de restituer, mais là, tout d'un coup, j'ai introduit une dimension proprement philosophique que j'emprunte à un non-philosophe.
Marx, Nietzsche, Freud et la phrase sur les pulsions de mort
17:25 Là encore, c'est un appel que je fais. on se moque souvent de Hegel qui dit, bon, il ne dit jamais que la philosophie s'est arrêtée à lui, pas plus que l'art d'ailleurs, il y a des passages très précis où il dit que l'art n'arrêtera pas de se perfectionner, ce qui est fini, c'est sa position qu'il avait de représenter le sacré, l'absolu, bon, bref, on est d'accord ou pas d'accord sur le débat. Mais enfin, quel ridicule, la philosophie s'est arrêtée à moi. Mais ce qui est vrai, c'est que ce qui compte après Hegel, dans l'histoire de la pensée qui a fait éditer des milliers de livres de réflexion, ces trois auteurs dont aucun ne se situe dans la philosophie, c'est dans l'ordre chronologique Marx, Nietzsche, Freud.
18:11 Voilà, donc j'emprunte à Freud qui n'est pas un philosophe, un médecin, un fils, etc., mais qui a inspiré un nombre considérable qui continue d'inspirer des nombres considérables de publications et je vous rappelle que Marx et Freud sont les deux cibles de l'idéologie dominante. Je dis ça à ceux qui voudraient se débarrasser de la psychanalyse. J'ai même vu des gens sincèrement marxistes, sincèrement, je n'ai pas dit qu'ils étaient véritablement, mais enfin, je veux dire, je ne mets pas la bonne foi en doute, et même militants qui ont dit l'inconscient n'existe pas.
18:48 J'ai rarement vu un refoulement aussi brutal que cette phrase aussi simple. Je dis ça amicalement parce que c'est quelqu'un qui a beaucoup de valeur, qui a beaucoup de culture et d'intelligence par ailleurs, mais qui a un blocage à ce niveau-là. Mais il y en a beaucoup parce que dans l'idéologie dominante, Deleuze, Onfray, n'est-ce pas, c'est pas pareil, Deleuze, c'est un grand philosophe, mais qui a passé son temps à combattre, comment il appelait ça, l'infâme dialectique.
19:19 C'est la grande contre-révolution philosophique qui commence dans les 70's. Et puis, Freud aussi, charlatan, vous avez tout entendu, puis en plus, il avait des maîtresses, vous vous rendez compte quand même comment on peut dire des choses intelligentes et profondes si on se fait un peu plaisir de temps en temps et pas Sandrine Rousseau, là, si on peut parler librement, ça va. Voilà, c'est ce que j'emprunte à Freud. Allez, je reviens à mon débat philosophique.
19:50 La phrase peut-être, peut-être celle que je trouve la plus profonde chez lui et qui ne parle ni de sexualité, vous voyez, ni de parenté, d'Œdipe, rien. C'est cette phrase très simple et très courte. Les pulsions de mort, il faut remplacer pulsions par instinct, les pulsions de mort, progressent en silence C'est pour ça que j'essaye de vous parler, pour ne pas laisser les pulsions de mort s'étendre.
Danger de guerre et fabrication de l'opinion
20:24 On n'a jamais été si proche, j'ai 80 ans, je ne cesse de le répéter, je suis désolé, je n'ai jamais vu un danger de guerre aussi brûlant qu'aujourd'hui. Je ne cherche pas à faire peur, j'espère qu'elle n'aura pas lieu, je ne suis pas prophète, mais ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais vu aussi peu de distance à l'égard du niveau d'embrasement qui devient incontrôlé. Il ne suffit d'un rien à un moment donné pour que se déclenche ce qu'on appelle dans les chancelleries une logique de guerre, c'est-à-dire que plus rien ne peut rattraper même pas les politiques.
21:01 Vous savez, un avion qui en a frotté un autre, un bateau qui en a cogné un autre. Bref, après, ça s'emballe les états-majors, les choses irréversibles se produisent. Mais, on ne vous en parle pas, déjà, j'ai vu beaucoup de gens qui disent mais non, on exagère le danger de guerre, puis les Russes ne sont pas si puissants que ça, c'est de la frime, d'ailleurs, c'est bien connu qu'en Ukraine, ils démontent les frigidaires dans les maisons et qu'ils ont bombardés parce qu'ils n'ont pas la technologie, non, ils ont envoyé le premier homme dans l'espace, ils ont des missiles que l'Occident n'a toujours pas, les hypersoniques, mais, à part ça, je veux dire, ils ont besoin des frigidaires, des Ukrainiens pour choper, je ne sais pas moi, des résistances, du gaz, du fréon, je n'en sais rien.
21:51 Donc, il y a tout un silence qui se fait pour écouter, je vais dire une chose positive, parce que vous avez l'impression que je fais comme ceux qui nous dirigent, que je sème la peur, non, j'alerte, il y a un danger, mais pas la peur, au contraire, il y a une bonne nouvelle, je ne parle pas de la Chine, ça c'est énorme, heureusement qu'il y a ça, non, ce n'est pas mes sujets, donc j'écarte là, mais, pour dire, il y a quand même des points positifs, mais il y a surtout le fait que depuis la fin du XVIIIe siècle, et là, pour une fois, vous voyez, je donne le point à Voltaire, non pas contre Rousseau, parce que Rousseau serait d'accord sur ce point-là, il y a bien d'autres points où il s'oppose à Voltaire, mais avec Voltaire, c'est une des premières utilisations de ce qu'on appelle depuis l'opinion publique, c'est dire que le pouvoir moderne ne serait pas au pouvoir sans vous, donc il a besoin, quitte à vous mentir, à vous tromper, c'est pour ça que je parle des pulsions de mort qui progressent en silence, il a intérêt à faire,
23:01 à dire, les Russes, ils vont arriver demain en Bretagne, vous avez vu, là, ils ont largué des drones, drôle de drones, il n'y avait pas d'explosifs, il y avait des sparadraps dessus, en Pologne, c'est quand même extraordinaire, ah oui, oui, mais enfin, quand même, il y a quand même des avions, des bateaux qui ont franchi les eaux territoriales de l'Estonie, l'Estonie est dans l'OTAN maintenant, elle va voir ce qu'on va voir à la Russie, l'OTAN, c'est vrai que l'OTAN est globalement, matériellement, est plus puissante que la Russie, c'est la somme, ça ne suffit pas, au Vietnam, ça n'a pas suffi, mais, attendez, on ne vous le dit pas, là, il y a le silence, on fait le silence sur le fait que les bateaux russes étaient parfaitement dans les eaux internationales, sauf que l'Estonie a décidé, sur ordre de l'OTAN, de doubler la distance de ces eaux territoriales unilatéralement, ce qui est illégal dans le droit international, de sorte que les bateaux russes se trouvaient, et ils ont fait comme Macron, ils ont essayé d'arraisonner un bateau russe, vous avez dû voir ça sur des vidéos, il y a deux avions, deux Sukhoi 27
24:11 qui sont arrivés, les bateaux, ils n'ont pas insisté, les bateaux estoniens. Donc, tout ça concourt à déclencher une guerre. Dès que l'opinion est avec nous, on n'a plus à se gêner, vous voyez, mais c'est dur à convaincre parce que l'opinion avec la, j'allais dire, le carnaval, c'était pas grave, auquel on assiste, politique, au sommet de notre État, quand même, je veux dire, au sommet au pluriel. Moi, je ne m'attarde pas sur la personne de Macron, s'il dégage, il n'y en aura un autre.
Gauchisme de 68, Chine et monde émergent
24:43 s'il dégage, sans changer, ceux qui l'ont financé, qui nous ont sorti, Sarkozy, Macron, Hollande, ça fait des évoires un peu. Là-dedans, le clivage gauche-droite, pas celui que je défends, il y a une gauche, il y a une droite, mais Hollande, ce n'est pas la gauche. Et je ne vais pas répéter ce que j'ai dit souvent. Si, je le répète, c'est que ce qui se disait à gauche du Parti communiste en 68, c'est-à-dire ce qu'on appelait les gauchistes, c'est-à-dire, j'essaie d'être très précis ce soir, la réunion, au sens mathématique, demandez vos profs de maths, la réunion, dans un ensemble, des ordres chronologiques, pour ne fâcher personne, les anarchistes, trotskistes, et des Mao, des Maoïstes, des Maoïstes du quartier latin.
25:33 Je ne suis pas en train de parler de la longue marche que... Ce Mao-là, je lui rend hommage. Ce n'est pas la Chine des gardes rouges, ça. Ce n'est pas la Chine des gamins de 15 ans qui braquaient avec une Kalashnikov, un dirigeant du Parti chez qui ils avaient trouvé un dindon et trois poules et qu'ils dénonçaient comme abominable capitaliste, parce que Mao avait un peu perdu la main sur l'appareil du Parti à ce moment-là. Mais ça, il y a un silence qui arrive là-dessus, y compris chez les communistes. Ben voyons.
26:03 Les pires anti-PC, c'était les pro-chinois en 68. Les pro-chinois parisiens. Les femmes défilées, les femmes des pro-chinois. Le MCJL, attendez, le Parti marxiste-léniniste, femme-féminin, avec un M à la fin. Pourquoi pas ? Moi, je suis ravi que des femmes manifestent. Non, non, mais leur slogan, c'était « Nous ne sommes pas castrés, vous voyez ? » La révolution, c'était ça.
26:33 Bon, puis on encerclait les villes par les campagnes, enfin, le folklore. Heureusement que la Chine s'est débarrassée de tout ça. Et qu'aujourd'hui, elle redonne l'espoir au monde, surtout, ce qu'on a appelé autrefois le tiers-monde qui est maintenant la majorité du monde. Et puis, ce ne sont plus des petits pays comme ça sous-développés. L'Indonésie, c'est plus de 100 millions. Le Pakistan, c'est 200 millions. L'Inde, presque autant que la Chine.
27:07 Trump, il a essayé de dire aux Indiens, « Si vous achetez du pétrole au russe, si vous bravez l'embargo, moi, je vous taxe à 50 %, et alors ? » Et alors, on dit les Indiens. Nous, on prend de l'énergie à bon marché, ça nous arrange, taxez ce que vous voulez. La tasse, il a bu, là. Je suis en train de rappeler quoi ? Que les plusieurs morts progressent en silence. C'est ce dont on ne parle pas, ou la manière dont... Non, c'est pas qu'on ne parle pas.
27:37 On ne parle pas de ce que je dis, mais on a dit autre chose. Il y a tout un autre discours qui nous tient en haleine. Je reviens que les Chinois vont s'emparer de tout l'océan Pacifique, les Russes vont débouler en Bretagne. Si on ne fait pas comme Macron, c'est-à-dire si on ne bombe pas le torse et si on n'envoie pas les soldats là-bas tant qu'on y est. Il n'y a plus d'argent. Ça, vous savez. Les hôpitaux, les lycées, les universités.
28:07 Je ne vais pas faire un refrain que vous connaissez bien. Il est important. C'est même le plus important. C'est quand même la dimension économique et sociale. Le gouvernement est principalement responsable en dehors de la sécurité. Je parle ici de la paix, de la guerre et de la paix. Pas de la sécurité qui fait trembler ceux des beaux quartiers où ils n'ont jamais été aussi peinards dans l'histoire humaine. Non. Ce qui est grave, c'est ce dont on ne parle pas.
Le structuralisme contre l'histoire
28:39 C'est des histoires non restitués d'ailleurs. Je reste en philosophie. La tendance philosophique la plus importante qui est eu lieu de toute l'après-guerre jusqu'à maintenant, la dernière en date, je veux dire, ça a été le structuralisme. Après, je ne compte même pas les nouveaux philosophes et le dernier avatar parce que ça, ce n'est même pas à la hauteur. ce n'est plus que des clowns de médias, je pense au BHL, tout ça.
29:12 Non, je parle de structuralisme. Il y a quand même eu des... Dans le champ analytique, il y a eu Lacan, dans le champ marxiste, il y a eu Althusser. Quand même, ce sont des vrais philosophes. On peut avoir des désaccords importants avec eux, mais... Foucault, etc. Mais ces gens-là ne sont pas assimilables. Je ne suis pas en train d'amalgamer l'un à l'autre. Il y en a qui pourraient récuser qu'on les classe dans le structuralisme. Mais voilà, il y a des thèmes. Mais j'y arrive, ou plutôt j'y reviens.
29:43 Croyez que je m'égare. C'est un de ces thèmes qui était très courant dans le structuralisme, qui est fondamental. C'est la critique de ce qu'ils appelaient l'historicisme. Vous voyez ? Et la supériorité de la synchronie sur la diachronie. C'est un peu plus technique, mais non, c'est rien du tout. C'est archi simple. La synchronie, c'est tout ce qui est simultané. La diachronie, c'est tout ce qui est dans le temps. L'histoire, c'est dans le temps. Donc, il fallait la critiquer. Ça, c'est les marxistes, là, qui donnent de l'importance à l'histoire. On ne parle même pas de Hegel. Lui, il ne connaît que ça, l'histoire.
30:13 Non, c'est la nature qui est importante, vous savez ? L'éternelle nature. Mama Gaïa. J'ai l'air de caricaturer, non ? Je donne divers divers attributs, les uns plus caricaturaux, les autres plus graves. Mais déjà, le fait qu'il y ait un silence sur l'histoire, des fois, à la place d'un raisonnement, d'une argumentation construite dans une discussion politique, il suffirait, pour l'emporter sur son adversaire, de restituer simplement, avec témoignage et source, bien sûr, une séquence historique.
Les nativistes et l'extrême droite américaine
30:48 Et j'ai vu, il y a quoi, trois jours, un doc, que je cherchais, je ne suis pas tombé dessus par hasard non plus, mais je cherchais l'histoire de l'extrême droite américaine. Très rapidement, je vais vous la faire très courte, il y a un mouvement dont personne ne parle, les pulsions de mort progressent en silence, mais qui a été très important aux États-Unis, une époque, et vous mettrez ça sur vos Google ou sur vos chat GPT, ce que vous voulez, sur vos intelligences artificielles, pour en savoir plus, un mouvement qui s'appelle les nativistes, de natifs, qui consistait à dire il y en a marre de l'immigration, on ne doit déclarer citoyens américains, ayant des droits, etc., économiques, sociaux, que s'ils sont les descendants au sens biologique.
31:47 le fascisme commence, dès qu'on est dans le biologisme, la biologie, je respecte, je ne serais pas vivant s'il n'y avait pas la biologie, le biologisme être descendant des Pilgrim, le premier bateau, le Mayflower, qui est au 17ème siècle, a fui la Hollande, n'est-ce pas ? parce que New York, avant, ça s'appelait New York, ça s'appelait New Amsterdam, je profite pour recaser quelques trucs, parce qu'ils trouvaient que les autorités religieuses, écoutez-moi bien, étaient trop laxistes, vous vous rendez compte, en Hollande au 17ème siècle, il fallait que ce soit vraiment des extrémistes, pour, on dirait aujourd'hui, pardon, des intégristes, bon, bref, si vous n'étiez pas, les nativistes sont ceux qui ne doivent être considérés comme américains, que les descendants biologiques des premiers arrivants, je dis, voilà, alors, je me suis intéressé,
32:57 et puis, il faut être juste, connaître intellectuellement, je continue, ma séquence historique américaine, Jefferson, à l'époque, un des pères fondateurs, s'est opposé à eux, et on est, ah oui, je vais trop vite, ils étaient opposés aux immigrants, mais surtout aux catholiques, parce que l'intégrisme protestant, ils ne voulaient plus de catholiques, donc vous voyez, tout Brooklyn, c'est un quartier d'Italiens, à l'origine, vous avez vu ça dans le Parrain, je ne sais pas, la communauté italienne-américaine, les chaînes de pizza, bon, et la mafia, pour pouvoir faire le débarquement, en Sicile, les américains, ont travaillé avec la mafia, c'est bon la mafia, surtout pour le fascisme, c'est très bon, ça s'est bien porté à Pigalle, la mafia, quand il y avait l'occupation, vous savez, je ne rappellerai pas, qu'il y avait beaucoup de Corses là-dedans, on va me faire des ennemis, mais, les noms sont célèbres, je reviens aux Etats-Unis, le mouvement, contré par Jefferson,
34:07 vous me dire, il y a quand même des démocrates aux Etats-Unis, oui, je préfère Jefferson aux nativistes, mais enfin, il était propriétaire d'esclaves, comme Washington, comme tous les pères fondateurs, ça on ne vous le dit pas, les pulsions de mort progressent en silence, on fait comme s'il y avait depuis l'éternité des gens comme ça, qui tombaient du ciel, des gens bons, il y a les gentils et les méchants, c'est le cinéma ça, le mauvais cinéma, qui peut être traité d'une manière géniale, comme dans la Western, il y a toujours l'arrivée de l'armée fédérale à la fin, avec le clairon, et le mouvement s'est presque éteint, et il est revenu encore plus fort en 1850, donc au milieu du XIXe siècle, alors que là on a été, je ne vous l'ai pas dit, mais les nativistes, qui voulaient tout réduire aux descendants biologiques des Pilgrim Fathers, c'était en 1788, vous voyez c'était vraiment à la fin du XVIIIe siècle, 98 pardon, la fin du XVIIIe siècle, là en 1850, ça repart encore plus fort,
35:18 et là il y a un parti ouvertement nazi qui se met en place, regardez les documents, à la fin de la guerre, l'heure était venue de traquer les coupables de cette barbarie, au procès de Nuremberg, plusieurs dirigeants nazis sont jugés pour crime contre l'humanité, Hitler, Himmler et Goebbels se sont suicidés, Eichmann et Bormann ont disparu, il reste à capturer les milliers d'individus qui ont pris part au massacre, une partie des services américains se lance donc dans une chasse aux criminels de guerre, mais une petite partie seulement, Robert Livingstone est un ancien du CIC, le contre-espionnage de l'armée américaine, en 1946, il est envoyé en mission dans les Alpes autrichiennes, précisément là où de nombreux criminels de guerre ont trouvé refuge.
Documentaire : les services américains recrutent d'anciens nazis
36:15 Le CIC était très préoccupé pendant quelques mois, peut-être une année, par la capture des nazis. Au début, c'était son principal travail, mais cela a rapidement changé. Il y avait une affiche que nous avions tous sur le mur de notre bureau, c'était une liste de gens susceptibles d'arrestations immédiates. Si vous rencontriez quelqu'un du parti nazi, vous étiez censé l'arrêter. Et je me souviens être entré dans le bureau de mon officier, je lui ai demandé, alors, où en en est avec cette liste d'arrestations immédiates ?
36:46 Il m'a répondu, oublie-la, maintenant on traque les communistes. De chaque côté du rideau de fer, c'est maintenant la guerre froide qui se prépare. La chasse aux nazis se transforme en une course au recrutement. David Murphy travaillait pour la CIA à Berlin dans les années 50, pour lui, ce sont les Russes qui ont commencé. À Berlin, nous savions pertinemment qu'ils menaient une grande opération de recrutement d'anciens nazis et d'anciens officiers de l'armée.
37:20 Mais dans les deux cas, ou dans beaucoup de cas, les Allemands eux-mêmes venaient nous voir. Et ils disaient, vous savez, les Russes m'ont demandé de faire ça, qu'est-ce que je dois faire ? Ils cherchaient à les recruter. Nous savions pertinemment qu'ils cherchaient à les recruter. Et donc, nous les recrutions en premier et on les retournait contre les Soviétiques. La course est lancée. Les Soviétiques ont une longueur d'avance et les Américains sont prêts à tout pour rattraper leur retard. À Bruxelles, nous rencontrons Peter Bagley.
37:53 Dans les années 50, il arrive en Autriche. Quelques années plus tard, il deviendra pour la CIA le responsable mondial du contre-espionnage section Union soviétique. Notre but était toujours de recruter des sources, des informations sur l'Union soviétique dont nous ne savions absolument pas assez. Et nous étions toujours sous pression de nos chefs à Washington pour obtenir des données sur les Soviétiques. Et on a cherché partout des informations.
38:24 Et c'est tout à fait possible si quelqu'un prétendait avoir de bonnes informations de l'Est, qu'on aurait pu au moins parler avec lui. À la fin de la guerre, Ladislav Niznanski est un jeune Slovaque de 27 ans. Il décide d'approcher les Américains pour les aider dans leur lutte anticommuniste. Le passé de Niznanski, les Américains le connaissent bien. Ils savent qu'il dirigeait une unité de miliciens pro-nazis rattachés à l'armée allemande. Au tableau de chasse de cette unité, une équipe d'agents secrets anglo-américains qui sera déportée à Mauthausen.
38:59 C'est le seul cas à l'OSS où il y eut des prisonniers de guerre dans un camp de concentration qui furent interrogés sauvagement, torturés, puis fusillés. Pourtant, après la guerre, les Américains ont recruté Niznanski ? Vous savez, les Américains ont recruté beaucoup de monde. On avait coutume de dire dans les services secrets américains « Quand nous avons divorcé des Russes, nous avons épousé des Allemands ».
39:35 À Bratislava, nous avons retrouvé l'homme chargé par les Américains d'interroger Ladislav Niznanski le jour où il s'est présenté à eux comme un réfugié politique. Cet homme, c'est Joseph Vissen. Bonjour, bienvenue chez nous. Pour les Américains, Vissen était un homme de confiance. Il voyait en lui une source de renseignements sur l'Europe de l'Est. Dans son bureau, il nous raconte sa première rencontre avec Niznanski.
40:07 Après environ une heure de discussion, il s'est mis à réfléchir. J'ai compris que quelque chose se brisait en lui. Il m'a dit « Vous savez, j'espérais rencontrer une personne avec laquelle je pouvais parler en confiance. Je ne suis pas un réfugié. Je n'ai pas besoin de l'asile politique. Je suis envoyé par les services secrets de l'armée tchécoslovaque pour espionner dans la zone américaine parmi les réfugiés politiques.
40:46 Les Américains se sont intéressés à lui à partir du moment où je leur ai dit qu'il était envoyé en tant qu'espion. Pendant notre entretien, un détail nous frappe. Ce sont ces deux petits bustes posés sur le téléviseur derrière Joseph Vissen. Première statuette, Andrei Hlinka, fondateur d'une milice qui porte son nom. Entraînés par les SS, les gardes de Hlinka sèment la terreur et éliminent les résistants. Seconde statuette, Joseph Tiso, chef d'un gouvernement de collaboration, responsable entre autres de la déportation vers les camps d'extermination de 70 000 juifs slovaques.
41:21 Condamné à mort, il sera pendu en 1947. Ça représente qui, ces statuettes ? En fait, oui, ça c'est la Confédération des prisonniers politiques. Non, non, je vous parle des statuettes, là. La première, c'est l'ancien président de l'État slovaque. Ça, c'est pour le premier. Et la deuxième, c'est Andrei Hlinka, le président de l'ancien parti politique à l'époque de l'ancienne Tchécoslovaquie.
41:52 Le docteur Tiso, lui, a été élu président. Il s'est avéré être un politicien de qualité. Vous avez dit tout à l'heure que vous auriez dû cacher ces statuettes. Oui, je l'ai dit, mais vous, vous mélangez tout, vous les accusez de collaboration, mais ce n'est pas vrai. Ils n'ont rien à voir avec ça. Cela n'a rien à voir avec l'antisémitisme. Vissen est un exemple parmi tant d'autres des collaborateurs plus que douteux que s'attachent les Américains après la guerre.
Ukraine, pays baltes, Bandera et le « judéo-bolchevisme »
42:24 Pourtant, Joseph Vissen, ce n'est rien à côté des hommes de Gehlen, ces fameux collaborateurs de la CIA. On mettra le lien de cette vidéo que je ne suis pas conspirationniste, je ne l'ai pas trouvé dans les archives de Pékin ou Moscou. C'est des Américains très opposés à la Russie, mais qui rappellent cette histoire. Et le même jour, je tombe sur des enquêtes qui ont été menées par les Américains en Allemagne dès la fin de la guerre en 1945, 1946, 1947, pour traquer les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.
43:12 C'est un peu tard pour certains dirigeants qui s'étaient flingués ou qu'on avait pendus de Hitler à Himmler, en bref. Mais il y avait plein de responsables de massacres locaux épouvantables, les plus épouvantables étant, les plus épouvantables, je parle historiquement, mais les documents sont insoutenables. Je veux dire, je ne suis pas voyeur, donc je glisse. Mais faites-moi confiance quand je dis qu'épouvantables se sont déroulés, oh, comme c'est bizarre, en Ukraine et dans les pays baltes.
43:48 Dites donc ! C'est ceux sur lesquels s'appuie le plus Macron, là, pour intervenir. C'est bizarre, quand même, non ? Bon, ça doit être une coïncidence. Ouh, Pagani, un peu venimeux, qui fait des rapprochements comme ça, des amalgames, n'est-ce pas ? Il y a une statue en Estonie, dans un des pays baltes, il y avait une statue. Du monument aux morts soviétiques. Les soviétiques, ont laissé la bagatelle de 200 000 gamins en sont morts pour libérer et pour chasser les nazis de l'Estonie.
44:24 la statue a été abattue et elle est remplacée par celle d'un ancien SS, là. Est-ce que vous ne savez pas ? Les pulsions de mort progressent en silence. Ce n'est pas que vous ne savez pas parce que vous n'avez pas les enzymes qu'il faut dans le cerveau pour avoir de la mémoire. Je reviens à ce que je disais tout à l'heure, je ne parle pas de la mémoire biologique, là. Je parle de la vraie mémoire, celle qui compte en politique. Les cadres sociaux de la mémoire. Il n'y a pas de relais médiatique des livres, des écoles, des cours, des programmes scolaires. dans les médias qui se répètent un peu souvent parce que si je vous le dis une fois mais que 500 000, 500 000 autres fois on dira le contraire, ça ne reste pas dans la mémoire.
45:03 C'est que le pays où il y a eu le plus de fournées envoyées dans les camps de la mort, je ne parle même pas des camps de travail, des camps de la mort, à Auschwitz par exemple, c'est les pays baltes, tiens, tiens, l'Hongrie. l'Hongrie d'époque. Les Allemands pouvaient compter sur des fidèles alliés. Vous savez, parce que maintenant on vous dit, là encore je vous donne un contre-argumentaire, bon d'accord, il y a des gens un peu bizarres là-bas dans ces pays-là, bon, il faut qu'ils cachent un peu leur croix gammée, mais l'Ukraine ne se cache pas les hommes de là jusqu'à là, Azov, le bataillon Azov.
45:44 Et puis il y a des rues bandera, les rues, ce n'est pas des têtes brûlées avinés par la vodka qui baptisent les rues d'un État. Il y a des rues Bandera. Renseignez-vous sur Bandera, demandez à votre intelligence artificielle les détails. C'est insoutenable. Contre les juifs et les communistes. Non, j'enlève le « et ». Je garde les deux identités, juifs et communistes, je le garde, mais j'enlève le « et ».
46:16 Les juifs, et/ou ? C'est bien la logique. « Or n » comme on dit en informatique. Et/ou ? Oui, c'est maintenant qu'on oppose. Les soviétiques, c'est des antisémites, les anciens criminels, n'est-ce pas maintenant ? Plutôt Hitler que le Front populaire, maintenant, se débarrassent de ça sur les rues, il faut le faire. Non, non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça. C'est que relisez la presse de l'époque, ne me croyez pas sur parole. Vous savez que je déteste les gourous.
Nietzsche, Calliclès et le retour de la force
46:48 C'est-à-dire ceux qui croient à quelqu'un qui parle sur parole, parce qu'il a dit des choses intéressantes par-ci, par-là, il vous a mené en bateau. Non, non, vérifiez. indépendamment de moi et vous regardez la presse de l'époque nazie en Allemagne. L'ennemi, ce n'est pas les juifs et les communistes. Vous voyez, j'enlève le « et ». C'est le judéo-bolchevisme. C'est la même chose pour un nazi. Le meilleur marque, c'est Jésus. C'est des juifs, tout ça.
47:18 Vous voyez ? La pitié, le christianisme, je dis ça pour des sous-nietzschéens. On ne peut pas réduire Nietzsche à ça. Enfin, Nietzsche a dit des choses catastrophiques sur la pitié qui est un sentiment digne des esclaves. Vous connaissez cette thématique-là des êtres inférieurs. Même si, pour être honnête, Nietzsche, pour lui, ce n'est pas inférieur biologiquement, c'est inférieur. Pour lui-même, se penser comme un aristocrate, non pas de naissance, comme il dit très bien, mais d'esprit bon.
47:49 Mais enfin, je veux dire, c'est terrible ce qu'il a dit là, n'est-ce pas ? Que tout ce qui est altruisme, tenir compte de l'autre, comme ça, c'est une preuve de faiblesse. Mais enfin, j'ai déjà fait une vidéo là-dessus que je vous recommande où j'essaye de, comment vous dites, dézinguer. Quelqu'un que je ne connaissais pas du tout, mais beaucoup de jeunes de votre génération, la plupart d'entre vous, parce qu'il n'y a pas que des jeunes qui m'écoutent, me disaient il faut que tu fasses un truc sur Rochdy, moi je ne connaissais pas.
48:19 Bon, après, j'étais ahurie, je ne savais pas qu'il y avait des gens si bêtes. Je pensais qu'il plaisantait au début, c'était tellement ridicule. Bon, vous n'avez pas besoin pour faire la critique de Rochdy, mais sur un point, oui, parce qu'il se réclame tout le temps de Nietzsche vous savez, c'est pour ça que j'en parle. Et pour le contredire, j'ai cité un texte de Platon qui a 2500 ans. Non, franchement, où on voit le personnage négatif dans le dialogue qui s'appelle le Gorgias, que je vous recommande, on voit le personnage de Calliclès forgé par Platon alors que tous les autres personnages sont des gens qui ont existé.
48:56 Lui, c'est le seul que Platon a forgé pour aller jusqu'au bout de la contradiction et qui dit exactement ce qui est, ce que j'appelle la banalité sous-nietzschéenne, n'est-ce pas, que tout ce qui est la pitié, le jugement des âmes, tout ça, le bien, le mal, c'est des thématiques produites par les masses, la majorité des hommes faibles pour tenir en captivité les fauves que sont les gens d'élite. Voilà, en gros, je résume, je simplifie, renseignez-vous.
Un vacarme qui couvre le silence : Know Nothing et guerre froide
49:28 Donc, c'est dans cette vidéo que j'avais signalé ce retour en force, de la force, justement. Et, je ne veux pas quitter mon fil à savoir toutes ces choses sur lesquelles règne le silence. Ah, on n'est pas dans le silence, il y a 10 000 chaînes qui bruissent, il y a des youtubeurs, ce que vous voulez, c'est un vacarme.
49:58 une rhapsodie sans suite comme on trouve chez Kant, n'est-ce pas ? Mais, ça ne contredit pas mon histoire de silence. On peut faire du bruit, n'est-ce pas ? Pour ne pas qu'on entende un autre bruit. Je préfère croire qu'à l'orage pour couvrir le bruit de l'avion qui vient venir vous bombarder, vous savez. On peut masquer un bruit avec un bruit. Or, dans ce qu'on est en train de taire, trois jours avant de tomber sur le document de...
50:31 Oui, donc il y a six jours, le document dont je vous parlais sur l'histoire de l'extrême droite américaine, mais renseignez-vous, c'était énorme le parti. Oui, ça a commencé, je ne vous ai pas dit le nom, alors c'était plus les nativistes, c'était les I know, pardon, know, nothing, know, du verbe connaître. C'était un peu un joke, si vous voulez, c'est que comme c'était au début une secte qui après est devenue un immense parti public et tout ça, quand on interrogeait l'un d'eux, ils disaient je ne sais rien, I know nothing, donc on les appelait les Know Nothing, ils ne savaient rien, encore le silence.
51:14 Renseignez-vous que c'était un parti très puissant, je dis ça parce qu'on passe le temps à vous dire qu'il y a deux monstres, le nazisme, le communisme, ou le stalinisme, peu importe. Voilà, et déjà, ça c'est habile parce que moi qui ne suis ni l'un ni l'autre, je suis donc dans les bons. Et vous, on n'y pense jamais, mais c'est simple. Vous savez, Hannah Arendt, je ne suis ni nazi, ni communiste, donc je suis bien, je suis libéral, je suis la société ouverte, comme on dit chez Popper, vous savez, celui qui a désingué Marx et Freud.
51:50 pour qu'il n'y ait jamais des sciences humaines, mais seulement des sciences de la nature, du tout. On va parler une autre fois de la classification des sciences. Il y a de gros enjeux. Il y a six jours, je tombe sur un Américain de la CIA. Je ne suis pas en train de chercher le complot. Chargé justement de traquer, je reprends mon fil, les gens qui ont fait des exactions, c'est pour ça que j'ai fait ce détour sur les Pays-Baltes, la Hongrie, etc.
52:25 Et chercher surtout, là où ils s'étaient planqués, la plupart en 46, par exemple, ils s'étaient planqués, pas encore en Amérique latine, certains étaient déjà partis, mais la plupart s'étaient planqués dans les Alpes autrichiennes. Bavaroise et autrichienne, il n'y a qu'à franchir une frontière. une mission américaine, très méthodique, a fait une liste des gens qui étaient considérés comme des crimes, qui avaient fait des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
53:08 Et le gars dont je parle, Bradley, et son collègue Livingstone, comme l'explorateur, Robert Livingstone, celui-ci, pour vous donner les sources, arrive devant son second au bureau, il prend ses fonctions, pour la traque des nazis, il dit, alors, cette liste, on en est où ? C'est ce qui lui répond l'autre, le chef de service, laisse tomber. Ça, c'est terminé, maintenant, on traque les communistes.
53:38 en 1946. Dès que la guerre froide commence, on rate une chance, je dis ça, avec beaucoup de tristesse. C'est un euphémisme. On aurait pu faire quelque chose d'extraordinaire et sans précédent, après avoir ouvert les camps. C'est les soviétiques qui ont ouvert Auschwitz. Je rappelle au passage, je ne veux pas m'interrompre, parce que c'est le même sujet que les premiers bruits qui ont couru sur les horreurs qui se passaient dans les camps d'extermination.
54:10 Les anglo-américains, je parle des services, des services, de renseignements, ont dit, au départ, il ne faut pas y croire, c'est la propagande des communistes, qui veulent nous monter contre les nazis. Vous savez, les Américains ont mis beaucoup de temps à rentrer en guerre. quand ils ont débarqué en Normandie, les Russes avaient déjà 30 millions de morts dans les Gaudas et ils étaient déjà aux portes de Berlin, en gros. En tout cas, à la vistule.
54:41 On ne dit pas tout ça. Les pulsions de morts progressent en silence. J'essaie de faire progresser contre ce silence des réalités que vous pouvez vérifier, que vous devez vérifier. J'ai interrogé récemment des profs sur les programmes d'histoire officielle. Je suis effrayé. L'Europe, c'est les institutions européennes, l'histoire de l'Europe. Je parle dans le secondaire. Le Parlement, la Commission européenne, le Cour de justice, l'Union soviétique, c'est le Goulag.
Lothrop Stoddard : la race n'est pas ce qui compte
55:16 C'est fantastique, quand même, la commande réduction. Bon, bref. Je reprends mon fil. Laisse tomber maintenant. Au moment où on aurait pu faire « I had a dream », comme disait Martin Luther King, enseigner dans les écoles du monde entier pour qu'il n'y ait plus jamais ça. Voilà, il ne faut plus parler en termes d'identité, de race, ce n'est pas ça qui est déterminant. Je vais vous exaspérer avec mes apparentes digressions, mais non, il faut bien que j'illustre ce que je dis quand je dis que ce n'est pas la race qui est déterminante.
55:50 Ce n'est pas une opinion à Pagani. C'est que les pires des racistes eux-mêmes sont obligés d'avouer que ce n'est pas ça qui compte. Je vais en dire à quoi je fais allusion. Certains l'ont déjà deviné, l'inénarrable Lothrop Stoddard. Je dois sa découverte à notre regretté camarade que nous avons perdu il y a quelques années, Domenico Losurdo. un autre camarade italien qui parcourt toute son œuvre avec son génie de sourcier à trouver.
56:25 Justement, lui, il reconstitue l'histoire réelle. Ce type dont personne ne parlait, c'est un Américain qui vivait fin 19e siècle, en gros, et qui était pathologiquement raciste. Seulement, voilà, il ne parle jamais des Juifs parce que dans le Middle West, là, c'était les Indiens, le danger, ce n'était pas les Juifs. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'était pas encore, ça va me dire plus tard, un peu, dans le mouvement que je vous dénonce tout à l'heure de l'extrême droite dans les années 30, mais ça, bien avant, il y avait déjà un racisme terrible.
56:57 D'ailleurs, vous avez tous entendu dire qu'un bon Indien, vous terminez ma phrase, c'est un Indien mort, n'est-ce pas ? Les Indiens, les Noirs, et puis ça commençait un peu sur la côte pacifique, les Jaunes, les Japonais, là. Bon, je conseille pour ce qui est des Japonais, c'est sous-estimer, là aussi, un grand silence. Il y a eu des pogroms de Japonais en Californie. Pour ça, je vous conseille un magnifique film avec Spencer Tracy, celui qui a joué la version originale du Dr Jekyll et de Mr. Hyde un film qui s'appelle Un homme est passé, qui semble un western, mais non, il y a des voitures, il y a des voitures modernes, tout ça, mais dans une ville perdue du Middle West.
57:41 Voilà, je vous le raconterai une autre fois, mais c'est un ancien camarade de guerre qui vient voir son ami d'origine japonaise et tout le long du film, le village ne veut rien lui dire et même fait tout pour qu'il déguerpisse parce qu'on ne veut pas dire qu'il a été lynché. Enfin, voilà. Alors, non mais, où je veux en arriver ? C'est que ce Lothrop Stoddard je ne perds pas mon fil, je vais vous montrer que même les pires des racistes finissent par dire que ce n'est pas une question de couleur. ni de physique. Vous les classez comme ça, les races, les plus éminentes, les plus supérieures.
58:17 Pour lui, c'est les Scandinaves. Vous voyez, c'est toujours germanique au départ, mais les purs, c'est germanique, pas ceux qui, en Allemagne, sont déjà mélangés avec des tas d'autres choses du continent. Les germaniques, les Scandinaves, puis on descend les Allemands, voilà, et puis après, les gens comme moi, les Corses, les Métèques, les Italiens, tout ça, il n'y a même pas la peine d'en parler. Mais entre les deux, il y a des cas, un peu compliqués. Pour lui, c'est la Suisse, alors quoi, il la classe en quoi ? Il a trouvé la race alpine. Vous voyez, ça ne va pas chercher l'orientation. Non, mais ce n'est pas ça qui m'intéresse.
58:47 Quand il les classe, il dit, et il faut compter parmi les races inférieures, les Noires, les Jaunes, on ne parle pas encore des Juifs, les Noirs, les Jaunes, les Indiens, et les socialistes blancs qui les défendent. Mais quel idiot ! Il tombe le masque, il ne s'en aperçoit même pas. C'est une race inférieure, même si on est blanc, d'être de gauche, quoi. Voilà. Lothrop Stoddard, renseignez-vous, oui, pardon, S-T-O-D-D-A-R-D.
Le résultat n'est rien sans son devenir
59:20 Et Lothrop, L-O-T-H-R-O-P, laissez-moi vous épeler Lothrop. Jamais on ne parle de tout ça. C'est l'histoire qui nous a produit tout ça, dont on est le résultat. Comme il dit Hegel, le résultat n'est rien sans son devenir. Qu'est-ce qu'il dit Marx ? Que ses avancées, ce qu'il a pu faire comme avancées, sont la synthèse de trois apports historiques. L'économie politique anglaise, l'action politique française, pour laquelle il avait beaucoup d'admiration, et la théorie allemande.
1:00:01 Vous savez, il en faut des siècles pour produire déjà tout ça. Ceux qui se disent marxistes et qui ignorent complètement, ne serait-ce que le romantisme allemand d'où Hegel est sorti. Et c'est quand il en est sorti, justement, qu'il est devenu Hegel. Hegel qui compte. Restituer la séquence historique. Essayez de faire ça. Ne vous laissez pas conter les... Ne laissez pas la légende remplacer l'histoire.
1:00:32 Freud, je reviens à lui, il disait, à ces... aux gens qui venaient le voir pour être traités par lui, il leur disait, datez vos souvenirs. Faites un effort. Essayez de dater vos souvenirs. Quel rapport ? Enfin, si vous voyez déjà le rapport avec l'histoire, les dates. Datez vos souvenirs, parce que si vous ne prenez pas des dates avec des références objectifs précises, que ça, c'était ça, mais ça, c'est avant, non, ça, c'est plutôt après.
Annonce d'un cycle sur révolutions et contre-révolutions
1:01:02 Si vous ne le faites pas, très vite, pour chacun d'entre nous, on croit qu'on se rappelle bien et en fait, on a déjà tout transformé dans la mémoire. Et la légende a remplacé l'histoire. au niveau de chaque individu. Alors, vous imaginez quand c'est la propagande collective, cette fois, et non plus des sujets individuels. Voilà. Je crois que dans les prochaines interventions, je ne vais pas vous saouler trop longtemps, dans les prochaines interventions, je vais, j'ouvre un cycle là, je vous l'ai dit ce soir, où je vais essayer de rassembler tout ce qui a fait que les horreurs liées au Troisième Reich et à l'extrême droite mondiale en général et nazi en particulier, ne sont pas tombées du ciel comme ça par hasard.
1:01:53 Il n'y a pas ici des méchants, ici des gentils, il y a toute une causalité, une séquence historique où le capitalisme est mouillé si c'était que jusqu'aux coudes, jusqu'aux orteils. Voilà. Et je laisserai quelques fois sans commentaire sur Facebook et là, sur YouTube, nous mettrons le lien pour ce qui est d'aujourd'hui sur les deux sources que je vous ai données. La première qui fait l'histoire du mouvement nativiste suivie de Know Nothing, n'est-ce pas ? Et vous verrez beaucoup de croix gammées et vous dites « Mais ça a été filmé à Nuremberg en 36 ? »
1:02:26 Non, non, non, non, non, on est à Chicago, on est à New York, il faut des normes ! et avec des complots, des complots de ces nazis-là et par la suite, celui qui en a dit « Écoute, on enquête sur les SS, tout ça laisse tomber maintenant. » En 36, c'est la chasse aux communistes. Et la guerre froide commence. Si j'étais religieux, je ne le suis pas. Mais ça ne veut pas dire que la religion n'est dit que des bêtises.
1:02:56 la notion de péché originel n'est pas aussi idiote que ça. Même si Voltaire dit que c'est stupide, à quoi Pascal répond, façon de parler, parce que Pascal est mort bien avant Voltaire, de sorte que, ce Pascal sont tellement belles que je ne vais pas les déformer, que l'homme est plus inconcevable sans ce mystère que ce mystère n'est inconcevable à l'homme.
1:03:27 Oui, non, allez, soyons sérieux, je ne suis pas dans le religieux, le péché originel de notre époque, la contemporaine, à nous, en ce terme que je dénonçais tout à l'heure en Occident, c'est-à-dire à nous plongés dans la menace de guerre la plus terrifiante qui soit, celle dont Einstein, disait, il n'y aura pas de troisième guerre mondiale ou alors la quatrième sera avec des cailloux. C'est terrifiant, ça. Et je vous dis qu'on n'en a jamais été si près, ça ne veut pas dire qu'elle aura lieu, ça dépend de vous et de chacun et de chacune.
1:04:04 Pour avoir développé à ce point les tensions qui sont en train d'apparaître de tous les côtés, maintenant, vous voyez bien, vous avez vu, Madagascar, des états, il y a des fuites partout, des fuites au sens de fuite du circuit d'eau ou de gaz. Il s'en passe quand même. Regardez au Maroc, qui pensait ? Royaume-Uni, c'est quand même pas une dictature, c'est nos amis, c'est les amis sur lesquels contre Macron pour s'allier contre l'Algérie.
1:04:34 il faut qu'il assume sa jeunesse, c'est le roi. Donc, j'annonce ce cycle, plus celui qui dit qu'on va faire la traque, je repars de là et je finis là-dessus, au lieu de commencer le plus jamais ça, j'y reviens tout le temps, car c'est le début de mes vidéos, les toutes premières, je suis né en 1945, si vous voulez. le plus jamais ça, ça a un sens quand même pour ceux qui sont nés vers cette époque-là.
1:05:11 Voilà, maintenant tous les hommes peuvent s'unir ensemble pour dire on peut avoir des différences, des opinions, des divergences, et tant mieux, c'est ce qui fait la riche diversité du monde, c'est toujours une richesse, mais ils peuvent s'unir au moins sur certains points dont le plus jamais ça, plus jamais l'insoutenable, je vous renvoie aux sources que je faisais allusion et qui seront inscrites lorsque cette vidéo sera en ligne, cet enregistrement, pardon, sera en ligne.
1:05:41 Donc, voilà, j'ouvre un cycle sur le fait que depuis la révolution française, nous sommes, je l'avais déjà dit, mais je le répète pour le nouveau, en permanence à faire une alternance entre les révolutions et les contre-révolutions, et la pire des contre-révolutions, à ce jour, ça avait été le troisième Reich. Il ne faudrait pas qu'il y ait quelque chose d'encore pire. Je vous souhaite quand même une bonne soirée, et je vous ai dit qu'il y a des raisons d'espérer quand même.
1:06:15 C'est que, s'il y a tant de propagande, c'est parce qu'on a besoin de vous, de votre accord pour faire la guerre, c'est un peu mieux qu'à l'époque où les émissaires du roi, quand ils mobilisaient, venaient dans les fermes, au point que les paysans des fois se couper le doigt, se cisailler l'index pour ne pas tirer sur le fusil pour ne pas partir à la guerre. On a besoin de vous, il faut vous convaincre. Et là, cessez de m'écouter, écoutez, France 24, TF1, LCI, Europe 1, Arte, oui, c'est pas de même qualité tout ça, mais politiquement, il n'y a rien de très éloigné dans tout ça.
1:06:55 Très bonne soirée, n'oubliez pas que les pulsions de mort progressent en silence. Grand merci à Adrien qui traverse toute la région parisienne en vélo pour venir vous donner matière à réflexion. Merci mille fois à Adrien, à vous, à votre fidélité et à la prochaine fois. Merci à tous.