Transcription automatique (Whisper), non relue — cliquez pour aller au passage.
Un direct impromptu sur le Niger et le Sahel
1:30 Ce n'était pas prévu comme ça, mais tout va être un peu exceptionnel ce soir. Je remercie ceux qui sont là. D'abord, je vous présente toutes mes excuses au nom de toute l'équipe, de vous avoir prévenu si tard qu'il y aurait un direct ce soir. Vous savez aussi bien que moi que le calendrier géopolitique, le rythme des événements géopolitiques semble s'accélérer au point que les trois quarts des choses qui se passent en ce moment, vous me l'auriez dit il y a six mois, je vous aurais dit non mais ça va, on n'est pas le 1er avril.
2:14 Pourtant, je crois connaître la région un peu mieux que la moyenne du public. Donc, pardon de donner l'impression de me mettre en avant et de jouer les prophètes, il n'y a rien de prophétique là-dedans, il ne fallait pas être bien sorcier pour le deviner. Mais ce qui m'a décidé à plusieurs personnes, je ne vous le cache pas, m'ont dit pourquoi tu ne fais pas un truc sur le Niger, toi qui as vécu là-bas, qui le connais bien.
2:48 J'hésitais d'abord parce que c'est à chaud. Et d'ailleurs, je vous dis tout de suite qu'il va être moins question du Niger dans sa singularité que de ce qui se passe dans la région, car l'enjeu c'est ça, et le Niger est un nouvel épisode et quel épisode ? Mais qui est le ciment est frais. L'affaire n'est pas centrée au Niger donc. Je parlerai moins du Niger en particulier que de ce qui est en train de se passer et qui est quasi cataclysmique en termes géopolitiques dans le Sahel, dans cette région en ce moment.
3:26 Mais oui, j'hésitais donc à faire un truc là-dessus. D'abord, j'ai laissé beaucoup d'amis là-bas, dans les deux camps. C'est-à-dire qu'on fréquente facilement les pouvoirs dans ces pays plus facilement que chez nous, où il y a tellement d'intermédiaires entre l'exécutif, au point qu'il n'a plus besoin de nous, et que référendum ou pas, votre avis, le mien ne compte plus, et que c'est du 49-3, des décrets, ou des parlements croupions, comme on dit, n'est-ce pas, ou des parlements godillots.
4:07 Non, là-bas, non. Et donc, c'est un principe, je veux dire, je ne voulais mettre personne en difficulté. Et ce qui m'a décidé finalement, c'est qu'il y a deux ou trois amis à qui je disais depuis plusieurs mois, c'est là que je m'excuse de sembler être devin, mais il ne faut pas être sorcier. J'avais dit, le prochain qui va tomber, c'est le Niger. C'est une simple translation à l'Est, le Mali, le Burkina, le Niger. Donc, en principe, le Tchad devrait continuer et achever la série, pour ce qui est du Sahel francophone.
4:42 Mais ça ne va pas arrêter les transformations qui ont cours dans le continent subsaharien en général, dans le continent noir. C'est énorme ce qui est en train de se passer. Et c'est pour mieux apprécier, prendre un peu de recul et mieux apprécier ce qui se passe, que nous avons avancé avec Pierre-Alain, que je vous remercie d'avoir été disponible, parce que ce n'était pas évident. Nous avons avancé, décidé d'avancer notre nouveau rendez-vous à ce lundi.
5:19 Donc, le prochain direct aura lieu la semaine prochaine. J'en profite aussi pour dire, ça ne concerne pas le sujet de ce soir, que pendant cette période estivale et quelque peu vacante, au sens des vacances et de la vacuité, même si je ne le répéterai pas tous les jours, mais quand même, même si chacun d'entre vous se rappelle de la formule de Clouscard, qu'il n'y a pas de vacances dans le concept, mais enfin, on a le droit de se faire plaisir à faire le vide, et surtout quand c'est bien mérité, mais pour garder le contact avec vous, et j'y tiens personnellement, et l'équipe aussi y tient, il y a toute une série de vidéos que nous avons enregistrées à cet effet.
6:14 La plupart, je les dois à Philippe Moreau, notre ancien régisseur, qui a tellement à faire maintenant entre la région Île-de-France et la région Rhône-Alpes, qu'il est souvent sur les routes et qu'il ne peut plus avoir toute la disponibilité dont il faisait preuve avant. Et bien, malgré ses occupations, il a eu la gentillesse de venir chez moi à Cachan, pour enregistrer des vidéos dont vous avez vu la première, qui concernait le paysan de Paris chante le magnifique poème d'Aragon, et il va y avoir une suite, je vous le dis comme ça, dans la foulée, il y a entre autres auteurs, il y a un texte original, c'est celui-ci, vous voyez, un texte moins connu de Kleist, qui est un essai, sur le titre exact de Kleist, c'est sur le théâtre de marionnettes, c'est un opuscule, vous voyez, c'est pas...
7:24 à peu près unique en son genre, j'en profite pour remercier une nouvelle fois celle d'entre nous, d'entre vous, qui a eu la gentillesse de m'offrir cette belle édition de ce texte magnifique. Moi je l'avais dans une anthologie, dans une compile, alors là, quel plaisir de le lire dans ce format, avec ses illustrations, et je pense à Joss Magne, qui est à Toulouse, que je salue, et qui a beaucoup de mérite à suivre nos vidéos, et d'une manière générale, à continuer à s'informer de ce qui se passe, et qui ne la réjouit pas toujours, aussi peu que vous et moi, par les temps qui courent.
Nulle éclipse, abécédaire de Flora de Negroni
8:11 Donc, je vais, comme tout va être un peu exceptionnel, je vais, une fois n'est pas coutume, passer pas mal de passages vidéo. D'abord, pour étayer mon propos, mon commentaire reprendra entre deux ou trois séquences, mais avant, et tout à fait hors sujet, avant qu'il s'agisse de l'Afrique, presque, pour compenser le côté pénible et si peu fun du contenu que nous allons essayer d'investir dans un tout petit moment, je me permets de vous présenter un petit coup de foudre que j'ai eu.
8:56 C'est un livre, je vous dis tout de suite, c'est un bijou, un petit chef-d'œuvre. Un petit chef-d'œuvre, je vous dis tout de suite, l'auteur, c'est Flora de Negroni, la fille de François, qu'on ne présente plus. mais elle est l'auteur à double titre. Pour les textes qui jalonnent cet ouvrage, je vous montre comment c'est composé, par exemple, il y a ici un petit texte qui a un rapport avec un tableau, Flora, depuis que je la connais, quand je l'ai connue, elle avait 5-6 ans.
9:39 Quand j'allais visiter ses parents, leur magnifique tour dans le nord du Cap-Corse. Mais alors, la cadence s'est accélérée au cours des dernières années, et ce qu'elle fait m'a tellement accroché que je me réjouis qu'elle ait trouvé un éditeur, je me permets de... Je ne le connaissais pas, mais alors je vous demande de le connaître. Cet éditeur, je ne sais pas si ça se voit sur l'écran, c'est écrit en tout petit en bas, là, voyez, c'est Cap comme un Cap en géographie, Cap de l'étang, Cap comme un Cap, étang comme un étang, ce genre de petits éditeurs courageux qui a permis à Flora d'effectuer sa première publication imprimée.
10:32 Je n'ai pas le temps ce soir, je voudrais préférer parler plus longtemps de ça que des malheurs dont il est question en ce moment, mais vous voyez, je donne un exemple d'un de ces tableaux, la plupart sont à la limite du figuratif et de l'abstrait. C'est une caractéristique de sa peinture, vous voyez, ceci, ça pourrait être assez abstrait, il y a un côté Max Ernst, c'est pas loin, mais quelque part, c'est un abstrait concret.
11:03 Et comme Flora fait de solides études de philosophie, quand je dis abstrait concret, bien sûr, je ne récuse pas du tout les connotations hegeliennes de la formule, surtout qu'hegel fait partie des citations furtives qu'il y a dans ce texte qui ne met pas des gros points sur des petits « i ». qui sont des petits-pétales, pratiquement, qui tombent sur la page ces textes, qui ne sont ni démonstratifs, ni redondants, ni littéraires, au sens péjoratif, au sens où Verlaine disait tout le reste est littérature, tout ce qui n'est pas poésie.
11:54 Voilà. Et j'ai beaucoup aimé le titre « Nul éclipse ». Voilà. Je vais quand même, si vous en lire un, voilà celui qui commente ce tableau, qui est… Ah oui, parce que j'oublie, le plus simple, c'est que le livre suit la progression d'un abécédaire. Voilà. Et alors qu'à la lettre D, à « désir », vous voyez, cet échantillon de l'écriture de Flora, « ô désir toujours renouvelé, soif de comprendre, soif de connaître ».
12:29 On s'attendait à ce que soit le désir, la libido, les trucs classiques, quoi je veux dire. Le principal désir qui est là, c'est le désir de connaître et de savoir. Soif de comprendre, soif de connaître. Tous les hommes, par nature, désirent savoir. écrit-elle entre guillemets. Il s'agit d'Aristote, bien sûr. C'est bien sûr la toute première phrase de l'immense métaphysique d'Aristote. À la curiosité jamais assouvie, je farfouille dans les livres et si joyeuse lorsque je comprends de nouvelles choses, la fête alors dans ma petite maison, la joie et le vent au dehors qui soufflent, mêlés au soleil éclatant.
13:09 Je dis ça parce que comme lecture de vacances, je ne vois pas ce que vous pouvez trouver de mieux dans ce format-là. Voilà. Alors, il y en a qui vont me dire « Ouais, on ne peut pas venir, c'est la cooptation entre Corses, c'est ça, Pagani, Negroni et quoi encore ? » Je vous dis tout de suite que c'est un contresens. Enfin, manque de pot, comme on dit en français raffiné. c'est pas moi qui ai dit que c'était un merveilleux chef-d'œuvre. C'est l'éditeur dans la présentation.
13:41 Il a eu lui-même un coup de foudre pour cet auteur et son ouvrage. Voilà. C'est une citation du directeur de Cap de l'Étang. Voilà. Bravo, Flora. et j'espère qu'on en reparlera et qu'on attend, bien sûr, la suite. Voilà. C'est un peu dur de rentrer dans ce qui nous attend après un tel ouvrage. Donc, je voudrais commencer par des extraits de vidéos que j'avais publiées bien avant les événements actuels.
« Jaunir les cadavres » : la leçon du Vietnam
14:20 Il y a un an. Mais avant mes propres, les extraits de mes propres vidéos, je vais en passer une, alors il ne s'agit pas de moi du tout dessus. Il s'agit d'une vidéo qui permet de comprendre le titre que j'ai retenu pour la séance de ce soir. Faut-il noircir les cadavres ? Je fais allusion à quoi ? Parce que ce n'est pas évident comme ça. On peut le comprendre en divers sens, voire en divers contresens.
14:50 Non, non. Pour être très précis, je fais allusion, les plus jeunes ne peuvent pas le savoir, de toute façon, on fait tout pour que la mémoire qui pourrait en avoir par presse, étude, essai interposé. Si on n'existe pas, je ne vais pas répéter à chaque fois que la mémoire est une affaire sociale. Il y en a qui la réduisent aux fonctions biophysiologiques qui existent. Chaque souvenir correspond à des traces chimiques très particulières.
15:20 Il ne s'agit pas de dire n'importe quoi. Mais, les cadres sociaux de la mémoire, je cite souvent ce très beau titre de Maurice Halbwachs, ce sociologue qui a publié ça dans les années 50. Et, la preuve, c'est que les événements sur lesquels les médias n'insistent pas ne laissent plus aucune trace dans l'opinion. Et inversement, quand ils veulent monter en épingle quelque chose de dérisoire, mais dont ils ont besoin pour noyer le poisson, pour ne pas qu'on parle de ce qui est en train de s'agiter, alors là, on le voit à la une de tous les médias.
15:57 Alors, je fais allusion à quoi ? Soyons clairs. Pendant la guerre du Vietnam, ça a commencé à tordre le nez du côté des responsables américains, du côté de l'exécutif, bien sûr, de la Maison Blanche et du Pentagone, vis-à-vis de l'opinion. L'opinion, quand le retour des cercueils, des boys, des G.I. a commencé à se multiplier, il fallait, on ne pouvait plus en rester au discours qu'on tenait jusque-là, il fallait bien répondre à l'inquiétude de l'opinion.
16:33 Mais c'est à ce moment-là, alors, j'ai un petit doute, est-ce que c'était McNamara qui était celui qui dirigeait les opérations militaires à ce moment-là, avant de diriger la Banque mondiale ? Oui, oui, oui, vous croyez que la Banque mondiale, ça sert uniquement à aider les peuples à se développer. Là, pour l'instant, McNamara, il est bombardé. Aussi, c'est Westmoreland qui était alors lui le militaire, le général en chef, si vous voulez, du corps expéditionnaire américain qui est monté jusqu'à 500 000 hommes, il ne faut pas oublier, 500 000 hommes.
17:11 Je vais un peu vite, parce que je pense que tout ça est connu, non ? Les jeunes générations, il faut peut-être répéter qu'il y a eu 3 millions de morts, on a fait 3 millions de morts vietnamiens, 50 000 américains qui ont laissé la peau, c'est déplorable, c'est des gosses à chaque fois. Mais enfin, 3 millions de morts au Vietnam. Un Vietnam qui venait de sortir victorieux de la guerre d'Indochine, la guerre du Vietnam c'est contre les Américains, la guerre d'Indochine c'est contre la France. Votre serviteur est né en 1945, je ne sais pas, dans ce contexte, et à Hanoï.
17:48 Le Vietnam est arrivé à défaire les deux plus grandes puissances impériales de l'époque. Alors, on ne comprend toujours pas mon titre, c'est là qu'on va le voir. Lorsqu'on s'est réunis pour dire comment faire en sorte que ça passe mieux vis-à-vis de l'opinion, notre opération, Westmoreland ou McNamara, vérifié, a dit maintenant il est temps de jaunir les cadavres. On n'en verra pas des soldats, on n'en verra moins de...
18:19 On ne va pas envoyer de nouveaux GI's là-bas, il y en a assez, mais par contre, au baroud, là, au feu, on va surtout envoyer des Vietnamiens contre des Vietnamiens. Le gouvernement du Sud-Vietnam, qui était des marionnettes dans les mains des Américains, s'est vu tout d'un coup doté d'une super armée. Ça ne vous rappelle rien, ça. Les Américains qui disent qu'ils n'interviennent pas dans une guerre, mais qui livrent tout le matériel, la formation, l'assistance logistique, et pas encore peut-être autant d'aides par satellite et drone et compagnie, mais enfin, voilà, vous voyez, il faut jaunir les cadavres.
CEDEAO, coups d'État et aide au développement
18:57 Eh bien là, on est au bord d'une intervention légère, il n'est pas sûr qu'elle se produise, puisque des négociations sont encore en cours, puisqu'on vient d'annoncer qu'il y aura une deuxième visite des représentants de la CEDEAO, la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, pour aller vite, et la première délégation est venue, elle est repartie la queue entre les jambes, n'ayant même pas été reçue par le nouveau chef d'État du Niger.
19:32 Je dis le chef d'État, je parlerai du régime, je parlerai de l'exécutif, du nouvel exécutif nigérien, je n'irai pas avec le mépris et la morgue de nos responsables, la junte. Comment on peut dire ça de la part d'une puissance qui a multiplié les coups d'État militaire chaque fois qu'un chef d'État africain devenait un peu incontrôlable et qu'il fallait le remplacer ? Et oui, les fondateurs des indépendances avaient les sympathies marxistes, Modibo Keïta au Mali, vous croyez que ça commence aujourd'hui les rapports du Mali et de la France ?
20:11 Modibo Keïta, le grand leader qui a mené le Mali à l'indépendance dans les 60's, on a fomenté un coup d'État contre lui, enfin, je vous dis le scénario laissant le Mali, mais ce qui s'est répété à peu près partout d'ailleurs, vous avez entendu parler certains du général du maréchal Bokassa avec les cadavres de ses victimes dans les frigidaires, je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est pour vous dire le genre de dictature que c'était quand même près de Corriche, on faisait déquillé des chefs d'État qui étaient des politiques et qui sont des références historiques pour leur peuple.
21:03 On les remplacait par des généraux, puis les généraux quand ils devenaient incontrôlables ou quand ils étaient tentés d'aller vers d'autres puissances ou d'autres qui payaient plus. On les fait déquillés par des colonels, les colonels par des capitaines, les capitaines par des lieutenants. Quand on en arrive à faire diriger un pays par des adjudants ou des bidasses, il ne faut pas s'étonner que l'Afrique, l'exécutif africain, parce que les populations savent tout ce que je vous dis, elles n'ont rien oublié.
21:33 Mais il ne faut pas s'étonner qu'elles soient dans cet état. Je viens de vous résumer 50 ans, plus que ça, d'aide au développement. J'en profite pour dire que j'ai l'air d'être léger avec l'aide au développement. Je ne dirai jamais rien contre, je ne sais pas moi, la petite coopérante ou le petit coopérante qui fait son service militaire sur le terrain et qui est volontaire du service national, comme on dit, et qui fait des piqûres dans un hôpital.
22:05 Bravo ! Non, mais le gros, ce n'est pas ça qui aide un pays à sortir du sous-développement. Mais justement, vous avez déjà vu un pays aider un autre à devenir son concurrent ? Citez-moi, un seul pays qui soit passé du sous-développement au développement d'une misère traditionnelle avec les saisons sèches et les saisons de... Vous savez, entre le moment où il y a eu les dernières gouttes de pluie et pardon, entre le moment où il y a eu au moment où va finir la saison sèche, où on n'en peut plus et quand les premières gouttes de pluie ne sont pas encore arrivées, il y a la période de la badine de soudure et si elle se prolonge, la vie, il va se demander si on va manger cette année-là, si on va pouvoir planter et récolter.
22:54 Bon, comment on passe de ça ? Je ne sais pas, aux ordinateurs, aux voitures, aux avions. Vous avez déjà vu un pays qui est passé du développement avec l'aide de l'aide au développement, soit bilatérale, France, Pays-Bas, je n'en sais rien, USAID, l'aide américaine, ou multilatérale, bien sûr, les principaux, FMI, Union européenne, Banque mondiale, et cetera, citez-moi, il y a un pays non européen, non occidental, comme on dit, ce mot qui sert plus à cacher qu'à exprimer, qui est devenu une des plus grandes puissances industrielles, sans l'aide de l'extérieur, justement, parce qu'il n'y avait pas d'aide, parce que c'est lui qui l'a décidé.
23:45 Je pense au Japon, les empereurs, c'est l'ère du Meiji, pour ceux qui connaissent un peu leur histoire, la fin du XIXe siècle, qui ont dit maintenant, si on ne veut pas se faire bouffer, il faut quand même, voilà, ici, je parle un peu en contrepoint du beau texte de Cheikh Hamidou Kane, l'extrait du roman L'Aventure ambigüe, l'auteur sénégalais, l'Afrique est à l'honneur ce soir, où si vous vous rappelez bien, il y a le traumatisme de l'arrivée des Blancs, les coups de canon, la véroterie, le traumatisme initial, et puis très vite, la grande royale des Diallobé, une des principales responsables, une des principales notabilités traditionnelles, qui est une des plus opposées à l'arrivée des nouveaux maîtres, et au moment où toute la communauté des Diallobé se demande s'il faut, parce que c'était l'ordre officiel des nouveaux occupants, envoyer nos enfants à l'école nouvelle, finit par dire il faut envoyer nos enfants à l'école nouvelle, alors que c'est elle qui est la plus opposée aux nouveaux arrivants.
24:54 Pourquoi ? Et je cite, parce qu'elle avait compris que la force des nouveaux arrivants résistait moins, résidait moins dans les canons que dans ce qui suivait ces canons, la science, la technique, la logistique, le développement. Voilà, non, l'Afrique, je ne veux pas entrer dans le détail des négociations qu'il y a eu, par exemple, entre l'Union européenne et chaque pays, n'est-ce pas ? Renseignez-vous, mais ce n'est pas fait pour développer, on ne serait pas là.
25:33 Ça, donc, ça préexistait, mais là, je vais commencer je reprends mon histoire de, si la CEDEAO, la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest, qui est déjà très déconsidérée dans les populations de la région, elle est vue un peu comme, vous voyez, comme l'Union européenne est de plus en plus vue par les populations européennes, c'est-à-dire comme une direction de gens très peu élus, technocratiques et surtout, je veux dire, qui se moquent complètement de ce qui est essentiel à toute démocratie qui est la souveraineté.
26:14 Je ne suis pas souverainiste, je suis pour la souveraineté. Je laisse cette distinction à votre réflexion. Est-ce qu'il y en a encore qui croient qu'il y a plus de gauche, plus de droite ? L'essentiel, c'est d'être souverainiste. Oui, bien sûr. Oui, au troisième rang, ils étaient souverainistes aussi. Non, moi, je tiens à la souveraineté. Ce n'est pas un hasard si je me réfère si souvent à Rousseau, qui est le fondateur du concept moderne de souveraineté et qui est le premier à l'avoir modélisé.
26:48 Donc, la CEDEAO, c'est un peu l'équivalent de l'Union européenne en Afrique de l'Ouest, pour les États d'Afrique de l'Ouest. Et elle s'est déconsidérée. chacun sait dans la rue africaine qu'elle fait ce que lui disent ses maîtres du Nord. La France, quand c'est les pays francophones, la Banque mondiale, les États-Unis, toujours les mêmes. Donc, apparemment, l'intervention militaire, elle est programmée.
27:23 Les militaires disent qu'ils sont prêts, on n'est rien, à intervenir, ils attendent le feu vert des politiques, mais ce n'est toujours pas décidé, alors que l'ultimatum a expiré hier à minuit. Enfin, cette nuit, pardon, à minuit. Parce qu'il y a de plus en plus de pays qui traînent les pieds et qui se disent que ce serait un carnage épouvantable. Je présume, pour ceux qui suivent un peu ce qui est en train de se passer au Niger, vous avez appris que le Burkina et le Mali ont dit tous les deux que si les pays de la CEDEAO, de la communauté des États de l'Afrique de l'Ouest, c'est-à-dire dans la tête de la rue africaine, je rappelle les Occidentaux, quelques couleurs qu'ils aient, c'est là qu'on va y arriver de nouveau à noircir les cadavres.
28:09 s'il y a une intervention militaire contre le Niger, ce serait une première. Ce serait considéré comme une déclaration de guerre à chacun de ces pays. L'Algérie, qui a une puissance considérable dans la région, la sous-région, comme vous voulez, je préfère dire dans la région, quand même, à l'échelle de l'Algérie et du continent africain, l'Algérie a dit qu'elle était totalement opposée à cette intervention, qu'elle n'y participerait pas, mais qu'elle la considérerait comme une menace pour sa propre souveraineté.
28:45 L'Algérie a plus de 1000 km de frontière avec le Niger, dans sa partie sud. C'est l'axe routier principal qui traverse le Sahara, qui passe par Agadès, Tamanrasset, In Salah, etc. Donc, ce n'est pas encore joué. Mais si d'aventure, malgré toutes ces difficultés, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est un euphémisme, l'intervention militaire est décidée, il y aura des cadavres.
29:24 Mais il n'est pas question que les Français, il y a 1500 militaires français là-bas, interviennent. Non, on est les humanistes. On les pousse à fond pour qu'ils interviennent. Mais on n'interviendra pas. Les États-Unis poussent à fond les Ukrainiens pour qu'ils ne fassent pas la paix avec les Russes. Vous savez que la paix avait été pratiquement signée entre Zelensky et Poutine, avec une médiation assurée par la Turquie, mais même pas sept mois après le début des opérations.
29:57 On se serait épargné des carnages car c'est épouvantable ce qui se passe des deux côtés. C'est des gosses encore la plupart du temps ou des vieux puisqu'on ne trouve plus que ça maintenant quand il manque des hommes. on était au bord et vous savez Boris Johnson a été envoyé par les Américains pour dire « Vous m'arrêtez. Écoutez Pagani, ça suffit, c'est le complot là-bas, les Américains en Vietnam, il faut jaunir les cadavres. » Ça, c'est une citation que je vous fais chef d'État-major américain premièrement.
Le discours d'un stratège américain
30:31 Je ris de votre surprise, je ne ris pas du contenu, croyez-moi. Et là, je vais vous passer la première vidéo. Je passe mon temps à vous dire quand j'ai l'air comme ça d'être complotiste, c'est comme ça qu'ils disent. Vous savez, il n'y a plus que deux théories politiques, l'officiel, et dès qu'on s'en écarte un millimètre, on est dans le complot. Il est bien connu que les pouvoirs politiques n'ont jamais comploté. C'est quand même extraordinaire. C'est bien bon, à mon avis, ils ont passé leur temps à faire ça et ça depuis, même avant l'histoire, dès la préhistoire, à mon avis.
31:04 Mais, pour vous montrer que la réalité dépasse tout ce que je dis, je laisse parler un très haut responsable américain, celui qui dirige l'un des plus grands think tanks, le lobby, etc., d'études stratégiques aux États-Unis, qui a l'écoute du Pentagone, qui, enfin, bref, je lui laisse la parole. Si vous en croyez vos oreilles, c'est que vous en avez vu des choses. non, n'est-ce pas pas très long.
31:35 Je ne sais pas les États-Unis. Nous avons constant wars. Europe ne va, je ne sais pas, ne va pas retourner à l'éternat, mais elle va retourner à l'humanité. Ils vont avoir leurs wars, ils vont avoir leur peace, ils vont vivre leurs lives. Il ne va pas 100 millions de morts, mais l'idée de l'Europe de l'exception, Il y a des conflits. Il y a des conflits en Yugoslavia et il y a des conflits en Ukraine. As pour le relation avec les États-Unis, nous n'avons plus de relation avec Europe.
32:09 Nous avons une relation avec Romania, nous avons une relation avec France. Il n'y a pas de relation avec. Oui, le gentleman dans le 4th row, ici. Excuse me. By the way, I'm a subscriber. Is Islamic extremism really the major threat to the United States, and will it die on its own, or will it keep growing?
32:39 It is a problem to the United States. It is not an existential threat. It has to be dealt with, but it has to be dealt with proportionately. We have other foreign policy interests. So, the primordial interest of the United States, over which for a century we have fought wars, the first, second Cold War, has been the relationship between Germany and Russia, because united there are the only force that could threaten us, and to make sure that that doesn't happen.
33:09 What you do, if you're a Ukrainian, is essentially reach out to the only country that will help you, which is the United States. Last week, ten days ago, General Hodges, commander of the U.S. Army Europe, visited Ukraine. He announced that U.S. trainers would now officially be coming, not just unofficially coming. He actually pinned medals on Ukrainian fighters, which by protocol of the military is not the way.
33:43 Foreigners don't get to pin on, you know, medals. But he did, showing that this was his army. He then left, and in the Baltics announced that the United States would be pre-positioning armor, artillery, and other equipment in the Baltics, Poland, Romania, and Bulgaria, which is a very interesting point. So the United States, and now to yesterday, the United States announced that it would be sending weapons. Tonight, of course, they denied it, but they are.
34:14 Weapons will go. In all of this, the United States has acted outside the context of NATO, because NATO has to have a 100% vote. Any one country can veto anything, and the Turks will veto it just for giggles. The point is that the United States is prepared to create a cordon sanitaire around Russia. Russia knows it. Russia believes that the United States intends to break the Russian Federation.
34:47 I think that, as Peter Lorre put it, we don't want to kill you. We just want to hurt you a little bit. Either way, we are back in the old game. And if you go ask a Pole or a Hungarian or a Romanian, they live in a totally different universe from a German, and they live in a totally different universe from a Spaniard. So there is no commonality in Europe. But if I were a Ukrainian, I would do exactly what they're doing, try to draw the Americans in.
35:17 The United States has a fundamental interest. It controls all the oceans of the world. No power has ever done that. Because of that, we get to invade people, and they don't get to invade us. It's a very nice thing. Maintaining control of the sea and control of space is the foundation of our power. The best way to defeat an enemy fleet is to not let it be built. The way the British managed to make certain that no European power could build a fleet was to make sure the Europeans are each other's throats.
35:49 The policy that I would recommend is the one that Ronald Reagan adopted toward Iran and Iraq. He funded both sides. So they would fight each other, and not fight us. This was cynical. It was certainly not moral. It worked. And this is the point. The United States cannot occupy Eurasia. It's cynical.
36:19 It's immoral. But it works. Mais ça marche. When I tell you that, not only I don't exagere, but I'm not in the same way, but I'm in the same way, that this man who listens to the most major major American, of Milley, the general in-chief, by the name of the army, chief of the army, it's a lot of, I'm going to say, of Austin.
36:49 This conference a eu lieu in 2015, seven years before the troops russes ne franchisent the frontier ukrainian. Everything is announced, including the politics in the Pays-Bas, everything is in the same way, because the things are grave. Well, I was told that it was not very fun and very sexy this evening, but all of the same, everything is not noir non plus.
La fierté des Nigériens et la misère de l'eau
37:19 If I centred it on the Niger, first, I'll go back to the photo of the carton, as we say, in terms of edition vidéastical, if I'm going to speak about it, who initiated our show this evening, this photo I'm inspired by an old old student of the musical that I've had the honor of dirigir there-bas.
37:50 They founded an association of the ancients of the family and they were surprised of seeing that I was not dead. And they had the gentillesse of giving me a statue of the president of the honor. And they envoied so the videos the most time, it's a carriere musical that they were the people who had been déformated at that moment. And between them, they exchange things, they talk about the politics of their country, and it's not essential of their exchange.
38:28 But depuis qu'il y a eu l'arrivée du nouveau pouvoir au Niger, vous voyez, je me garde bien de dire la junte. Je regarde les publications car j'ai accès à leur adresse WhatsApp, ils parlent entre eux, ça ne se passe spécialement à moi, et je vois qu'ils partagent une fierté comme une deuxième vague d'indépendance.
39:04 Le Niger est le pays le plus pauvre du monde. Je sais bien que passé un certain seuil, ça peut se disputer avec un tel, tel autre ou tel autre, mais disons que c'est un des candidats les mieux placés, si je puis dire, par antiphrase. L'espérance de vie n'atteint pas les 50 ans. Le taux de natalité est le plus fort du monde. On fait 10 enfants pour en garder 2 ou 3. Les autres vont tous mourir entre 0 et 5 ans.
39:35 Je vous parle des statistiques, je veux dire les plus courantes. Il peut y avoir des exceptions. Oh non, pas des maladies. Non, non, c'est... La plupart du temps, ça vient des eaux. E, A, U, X. Eh oui, messieurs les décroissantistes. allez leur dire qu'ils n'ont pas besoin d'avoir l'industrie, l'étui, l'eau courante, le chlore dans l'eau, vous savez, tout ce qui donne des états d'âme aux écologistes.
40:10 Parce que les écologiques, j'en suis. L'environnement, ça m'intéresse. Le naturalisme, non. oui, de l'eau, la plupart du temps, c'est des diarrhées. Il suffirait simplement de sérum avec de l'eau traitée. Et c'est fini. C'est fini. C'est comme ça qu'on guérit le choléra. Il n'est rien de plus facile que de guérir du choléra. Hegel en est mort, d'ailleurs, parce qu'à l'époque, le développement hospitalier et socio-économique de l'Allemagne n'était pas celui qu'il est maintenant.
40:53 Schopenhauer a fui Berlin quand il a vu l'épidémie, alors qu'il était persuadé en bouddhiste qu'il était de l'immortalité. Là, il s'est bien gardé de rester à Berlin. Voilà. Non, non. C'est le choléra, la dysentrie, ce qui vient des eaux, c'est les 4-5e des décès. J'ai vu des enfants dans la capitale, parce que là-bas, souvent, il y a une étrange intrication de la misère dans des quartiers apparemment résidentiels où il y a des gardiens, des domestiques, donc les familles viennent vivre dans des concessions juste à côté des familles des domestiques.
41:35 Et c'est très étrange sociologiquement. des gamins de la rue, quoi. Quand enfin les premières pluies arrivent, c'est une détente pour tout le monde, même pour les chameaux. Sale bête, parce que c'est dénu, les chameaux. Ça cisaille comme ça, avec les morsures, c'est des urgences chirurgicales. C'est une bête qu'il ne faut pas trop embêter. Même les chameaux, quand il y a les premières pluies, on les voit en train de travailler avec une charge sur le dos en mâchonnant l'herbe dans un air enfin respirable, un peu plus doux, un peu plus frais, comme celui qu'on a depuis quelques temps avant que la canicule ne revienne.
42:15 J'ai vu des enfants, dès les premières pluies, immédiatement, il y a des flaques immenses, les écoulements ne sont pas au point, il n'y a pas les buses, il manque des buses, des triples buses et tout ce que vous voulez. Les enfants se baigner dans des flaques, c'est de l'eau boueuse, donc on ne voit pas, ce n'est pas transparent, mais heureusement, parce qu'en dessous, on voit toutes les ordures qu'il y avait avant que les pluies n'arrivent. Comment voulez-vous que ça ne fasse pas des milliers de morts ? Non, je n'ai pas besoin de forcer le trait. D'accord ? Et c'est ce pays à qui on vient de couper la France, on vient de couper l'électricité, toute l'aide humanitaire, je veux dire, au Burkina, au Niger, je vous parle de ce que font les démocraties contre les dictatures, il est temps de rendre un sens plus pur au mot de la tribu, vous savez.
« Les pulsions de mort progressent en silence »
43:07 Voilà. Donc, je voudrais maintenant vous passer des extraits, pardon, si je n'ai plus d'un emprunt extérieur, mais il s'agit des vidéos que j'avais diffusées en décembre 2021 et tout début 2022. Je ne sais pas si vieux non plus, mais enfin quand même. Et bien avant, n'est-ce pas, qu'il y ait la rupture entre le Mali et la France, puis entre le Burkina et la France, et puis maintenant le Niger.
43:41 Bien avant. Or, la première de ces vidéos, je l'avais intitulée « Les pulsions de mort progressent en silence ». La fameuse formule de Freud, je maintiens que c'est la plus profonde de Freud et pourtant il n'y a question ni de libido ni de sexualité. Les pulsions de mort progressent en silence. Le fait de ne pas exprimer avantage les pulsions de mort. D'ailleurs, on reste en Afrique parce que là-bas quand il y a un problème, quand vous commencez à vous énerver dans un marchandage au marché, l'Africain vous dit souvent « Mais, mais, sous-entendu comme vous, il faut parler seulement. »
44:23 Il faut parler seulement. Rejoignant curieusement comme un contrepoint à 6000 kilomètres le poète Novalis, sans doute le plus romantique de romantique allemand, autrement plus réactionnaire que Hölderlin, mais ce n'est pas le propos immense poète, et qui a dit, il a surtout fait des aphorismes, il a fait peu de textes de longue haleine, mais enfin, qui a écrit « Parler pour parler » ? C'est la formule de la délivrance.
44:55 Il faut parler seulement. Donc, non mais là, c'était une vidéo sur l'incroyable silence médiatique. Vous avez deviné qu'on fait ça et de moi là-bas. On vous fait croire que le Niger nous fait le coup de Jarnac, le coup de trafalgar, je ne sais pas comment il faut dire, coup de tonnerre dans un ciel serein. Macron est allé jusqu'à se plaindre de ses services spéciaux qui n'auraient pas sentis venir. Comment ils n'ont pas sentis venir ? Moi, qui ne suis pas dans les services dans rien du tout, mais qui ai gardé un lien avec des élèves qui maintenant, fort heureusement, font des carrières et gagnent mieux leur vie que moi, c'était fait pour ça.
45:30 Grâce à leur… Il y en a même qui ont quitté le Niger et qui sont allés là où il y a de l'argent en Côte d'Ivoire et qui donnent des leçons de piano à des enfants d'expatriés, des enfants qui étaient venus à Aillon, à notre centre dans les années 90. C'est eux qui m'envoyaient des vidéos où ils montraient les protestations et les manifestations qu'il y avait depuis déjà des mois contre la présence militaire française au Niger.
46:01 Enfin, il ne faut pas prendre les gens pour des idiots. Les Nigériens voient bien que les difficultés, c'est le moins qu'on puisse dire qu'a rencontrées la France au Mali et au Burkina, fait que toutes les forces armées qui étaient là-bas, c'était l'opération Barkhane qui avait succédé à l'opération Serval. Enfin, c'est énorme tout ce dispositif. C'est replié sur le Niger qui est devenu la caserne de l'étranger pour les gens de la rue. C'est pas ? Et je parle des Français qui sont 1500 au niveau soldat, mais je veux dire qu'il y a des avions, il y a des drones.
46:34 Il y a près de 500 kilomètres au nord de la capitale, dans la capitale du désert à Agadès, l'admirable Agadès. Il y a une base américaine, très discrète, les Américains. Ils laissent les Français avec leur redemptat de leur morgue. Vous avez vu notre ministre ? C'est effrayant de l'entendre. Je ne dis pas de la voir. Comment elles traitent ses interlocuteurs ? Il y a une base d'écoute, d'écoute au sens de la logistique d'aujourd'hui, je veux dire, avec des drones qui sillonnent toute la région.
47:16 Il y a tout ça là-bas. Et vous croyez qu'on peut, contre les peuples, faire notre politique, notre géopolitique. et leur dire « Ah, vous n'allez pas traiter avec des Russes ? » « Russes ou autres ? » « Des Chinois ? » Quand même, n'est-ce pas ? Et, ah mais écoutez, puisque je parle des Chinois, parce qu'il y en a qui disent « Ah, les Chinois, c'est… » Alors là, ils sont pires que nous, l'exploitation de l'Afrique par la… C'est extraordinaire, n'est-ce pas ?
Coopération française et coopération chinoise
47:46 Qu'on donne des leçons de comment il faut faire les développements, ce qu'on n'a pas fait nous, aux Chinois, de ne pas le faire. Sauf qu'ils le font. Eux, ils laissent des équipements. Alors, du coup, je vais faire une entorse à la chronologie prévue. Là, pour les vidéos, je vais demander à Pierre-Alain de passer à notre emprunt extérieur. J'ai du mal à m'entendre et à me voir moi-même, donc on va le retarder. Je passe une vidéo de quelqu'un que beaucoup d'entre vous connaissent, je crois, qui est Idriss Aberkane.
48:16 Nous n'avons pas la même approche, nous n'avons pas les mêmes repères, et peu importe, ce n'est pas du tout un adversaire. En tout cas, par contre, je veux dire, je suis souvent débiteur pour certaines informations, non pas sur la région, sur la région, j'en connais, je l'ai assez pratiqué, la région, et les gens qui sont là, mais sur quelques implications qu'il y a dans d'autres régions de la planète, avec un peu les mêmes problématiques, il a de très bonnes sources. Et là, je vais vous le passer justement pour ce qui est de la comparaison de notre coopération et de celle des Chinois.
48:51 Alors, ça ne va pas être triste, mais ne ratez pas cette séquence. Très déjà vu, n'est-ce pas ? Alors, avec les centrales au thorium, on n'aurait pas eu besoin de l'uranium du Niger, mais pour l'instant, le fait qu'il y ait eu un coup d'État au Niger est extrêmement grave pour la structure même du réseau d'influence qu'on appelle la Françafrique. Vous avez le Burkina aussi, qui est rentré en révolte contre la France, c'est le moins que l'on puisse dire. Et la Russie, toujours, est là pour montrer à ses futurs non alignés qu'il ferait bien de quitter la sphère d'influence française.
49:22 Donc, ça a vraiment des conséquences dramatiques. La France aurait pu, en réalité, le vrai problème, c'est que Macron est complètement perçu comme un dirigeant dirigé. Le wokisme et toutes les stupidités qui sont promues en France, en particulier dans l'éducation nationale et qui sont même citées par France 24, eh bien, sont absolument horripilantes pour les pays de la sphère d'influence française. Et ça, ça se joue aussi puisque le soft power français est absolument dévasté. Mais la France aurait pu conserver son soft power, notamment du temps de Jacques Chirac, mais elle ne l'a pas conservé parce que son alignement absolument servile sur les États-Unis ne lui a valu que du mépris.
49:58 Et je ne vous parle même pas des petites idées de génie comme d'envoyer un ambassadeur LGBT en Afrique plutôt que d'envoyer des gens pour construire des routes, des ponts et des hôpitaux. Et d'ailleurs, c'est très exactement ce que l'État qui avait reçu la visite de cet inénarrable ambassadeur a eu comme réponse. Il a dit écoutez, vous êtes mignons, mais les Chinois, ils arrivent avec des autoroutes, des ponts et des centrales électriques alors qu'il y a 600 millions d'Africains qui n'ont pas accès à l'électricité. Et vous, vous arrivez avec vos conneries woke, alors vous êtes gentils, vous allez rentrer chez vous avec votre poids en poule à bicyclette et vous allez nous laisser nous développer économiquement.
50:34 Et ça, c'est pour le moins édifiant. On n'en croit pas ses oreilles des fois. Mais c'est une blague, l'histoire de l'ambassadeur LGBT Alors qu'ils attendent des équipements. Les équipements, ça fait 60 ans d'aide au développement qu'ils attendent des équipements. Ils arrivent, mais ce n'est pas nous.
51:07 Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas une déconsidération ? Et en plus, on continue à leur donner des conseils avec qui il faut négocier, avec qui il faut traiter, avec qui il faut faire une coopération. C'est extraordinaire. Vous n'imaginez pas le Nicaragua disant à la France vous ne devriez pas appartenir à l'Union Européenne vous feriez mieux de vous intégrer dans l'AELE, l'Association des Pays Scandinaves. Mais c'est ce que nous faisons.
51:38 Et quand ils ne sont pas d'accord, on envoie la force. Mais on rêve. En fait, on pense qu'il y a des changements et des bouleversements. Peut-être que c'est l'inverse. On en est encore à la vieille politique de la canonnière, comme on disait au moment de la conquête coloniale. La canonnière. Mais c'est les mots qui ont changé. C'est qu'on ne dit pas qu'on leur apporte la civilisation, etc. On dit qu'on leur apporte la démocratie, surtout la démocratie sociétale, et que pour le reste, ils peuvent aller se faire voir.
52:08 Mais ça, on ne le dit pas comme ça. Et alors, puisque Idriss Aberkane a fait plusieurs allusions sur lesquelles il faut quand même rebondir, ça me permet d'introduire, justement, aux vidéos qui vont suivre, celles dont je vous dis que je vais intituler « Les pulsions de mort progressent en silence »
L'opinion publique, acteur nouveau depuis les Lumières
52:42 parce que on ne vous dit rien, tout seul. Je veux dire, dans les grands médias dominants qui font l'opinion, quand on s'apprête à faire la guerre, c'est important ce que je suis en train de dire. Pardon, ce n'est pas à moi que je dis que c'est important, c'est à vous, mais je marque le coup. Disons que c'est de plus ou moins important dans ce que je dis, c'est moins qu'on puisse dire. Mais là, je prends un immense recul et je dis que depuis la Révolution française, depuis le siècle des Lumières, même avant la Révolution, plutôt la Révolution est une conséquence de ce que je vais dire.
53:25 Il y a un nouvel acteur en géopolitique, comme on dit maintenant, qui est intervenu et avec lequel il faut compter. C'est l'opinion publique. Regardez ce que Voltaire est arrivé à faire avec l'affaire Calas, ce type, ce pauvre sujet du roi de France, protestant, accusé. C'est épouvantable qu'il a été torturé, qu'il a eu une supplice de la roue et qu'il a été innocent et qu'il a été réhabilité de manière magnifique contre vents et marées, malgré les autorités féodales de l'époque, monarco-féodales par Voltaire.
54:07 L'opinion publique, on a commencé à mesurer sa force qui n'a cessé de croître. Monsieur Thiers, je vous dis tout ça, j'ai l'air de laisser tomber le niger. Non ! L'actualité de Ronor, l'actualité qui aurait pu dégénérer en guerre ouverte depuis minuit d'hier à aujourd'hui, dans la nuit d'hier à aujourd'hui, l'actualité, c'est bien savoir si une agression militaire, c'est ça qu'ils discutent à CEDEAO et chez leurs partenaires occidentaux, principalement ici à l'exécutif français, c'est de savoir si une intervention ne va pas être plus coûteuse au niveau d'opinion publique dans les pays concernés que ce qu'elle peut rapporter en matière du géostratégique, économique, tout ce qu'on voudra.
55:03 Surtout géostratégique d'ailleurs, parce qu'en dehors de l'uranium, il n'y a pas grand-chose à gratter. L'uranium, c'est pas rien. C'est l'essentiel du courant que vous et moi nous utilisons en France. Oui, c'est le nucléaire et l'alimentation de ce nucléaire, c'est pour l'essentiel celui qui vient du Niger. Pas seulement, mais pour l'essentiel. L'actualité, c'est ça. Or, je vais vous donner un premier exemple de cette nouvelle donne avec l'opinion publique.
55:38 Voltaire, qui initie un peu le processus, qui est un des acteurs qui a permis, qui a pris conscience de l'importance de ce nouvel acteur. Et puis, il y a eu un grand massacre chez nous. C'est pas comme le gouvernement de la gauche anticommuniste, je pense à Mitterrand, nous vous en faisons en sorte, lorsqu'il y a eu le scandaleux bicentenaire de la révolution française, lorsque on a presque pu se parler des victimes de la révolution, ne sont pas que des acteurs de la révolution.
56:16 Et tout ça permet de ne pas parler, par exemple, du massacre qu'a été la Commune, de la répression de la Commune. Pourquoi j'en parle à propos du silence ? Parce que M. Thiers, le bourreau de la Commune, en gros, le bourreau politique, ne faisons pas comme nos adversaires qui parlent du boucher de Damas, vous voyez, qui aiment bien personnaliser, vous savez, comme Rocky dans son ring, en train de boxer avec un soviétique.
56:49 Débilité profonde d'un monde en déclin. M. Thiers, après la répression de la Commune, après donc avoir repris les choses en main, a quand même reconnu ceci. Il dit, on ne peut pas éternellement résoudre le problème par les gardes nationaux, par des baïonnettes. Maintenant, il faut apprendre à gagner les élections. C'est vous la puissance. C'est nous.
57:20 Grandeur de Rousseau qui nous a révélé notre souveraineté. Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître s'il ne convertit, vous l'entendez à un moment ou à un autre, avant que ce ne soit trop tard, s'il ne convertit sa force en droit et l'obéissance, sous-entendu aveugles en devoir. Là, j'obéis à la loi quand je la reconnais comme fondée. D'ailleurs, j'ai voté pour elle.
57:50 C'est un je impersonnel. Voilà. Ça nous en fait réviser des choses tout de même. Et oui, je vous ai dit que c'était une séquence exceptionnelle, mais pas exceptionnelle au point d'oublier que nous sommes en philosophie. pas seulement en spot d'actualité, en géopolitique. Je m'ocouche l'intervention d'Aberkane tout à l'heure. Je veux dire, moi, je dois avoir le souci en plus de voir ce qui est im Spiel, dans le Beispiel, pour reprendre un jeu de mots hegelien, ce qui est en jeu dans l'exemple.
58:31 Vous voyez les enjeux. Je sais, Till Eulenspiegel espiègle en français, la racine germanique. Dans le jeu, c'est difficile de faire, je vais dire, de faire dans le dos des peuples. C'est comme ça que tout se passe. Mais pour ça, il faut soigner la communication, il faut sauver les apparences, comme on disait à l'époque où les astronomes essayaient de garder le système de Ptolémée, de garder le système du géocentrisme.
59:05 Pour ça, il y a des calculs mathématiques qui ont été utiles, belles ruses de la raison, pour faire progresser les maths, mais qui tendaient à modéliser un ciel qui n'existait que dans leur tête. Voilà. Ils essayaient de sauver les apparences pour expliquer que les observations contredisaient complètement le modèle ancien, le modèle pré-Galiléen, pré-Copernicien. Donc, je reviens au Sahel et les pulsions de mort progressent en silence.
Le convoi de Téra, vu par France 24 et TV5 Monde
59:39 Non, je ne fais pas une litanie. C'est que l'événement qu'on va voir maintenant dans la vidéo qui vient, c'est deux jeunes gens désarmés, manifestants, en colère, mais pacifiquement, pas armés, contre un convoi français fin 2021. Nous sommes en 2023. Nous sommes en mi-2023. Je vous parle de décembre 2021. Un convoi militaire français fait route.
1:00:11 Il vient de la Côte d'Ivoire. Il a chargé au port d'Abidjan sans doute des armes. Je ne prononce pas sur le fond. Ce sont des choses graves. mais je sais à peu près, même les observateurs, à peu près la majorité des gens, il y a un consensus là-dessus, destinées bien sûr à nos troupes au Mali. Certains, plus mal intentionnés, disaient non, que c'était aussi pour aider un peu en partie les djihadistes. Mais je refuse de me prononcer sur le fond, sur ce point-là.
1:00:45 Et je dis pourquoi dans la vidéo qui va suivre. c'est très facile de s'en prendre à des bidasses, de s'en prendre à des baroudeurs, à des gens qui risquent leur vie sur le terrain. Moi, j'en veux à ceux qui les envoient là-bas. Ceux qu'on a débarqués en Normandie, ces 50 000 jeunes gens qui sont tombés sur les plages de Normandie dès les premiers jours, il y en a eu plus après. J'en veux à ceux qui les ont envoyés, non pas les avoir envoyés, au contraire.
1:01:18 de les avoir envoyés bien tard. Depuis le temps que les normes étaient utilisés, on n'en peut plus. On a dépassé des dizaines de millions de morts, il faut venir faire un second front. Et on s'est enfin décidé du côté américain lorsque les Russes étaient aux portes de Berlin. Le danger, ce n'était pas le nazisme. Et le danger pour vous, pour votre génération, c'est pour se rattraper les mêmes qui disent « Mais nazi, mais communisme, d'ailleurs c'est pareil, ça a été voté par le Parlement européen. Allez, calmons-nous.
1:01:49 C'est grave le monde dans lequel nous vivons, ce monde qui se dirige là. Comme jamais, je suis un vieillard. Je marche vers mes 80 ans, je n'ai jamais vu un danger de guerre aussi rapproché que maintenant. Je ne parle pas ici d'une petite guerre sous-régionale ou d'une projection de nos forces. Non, je parle de l'apocalypse. On fait tout pour s'y précipiter du côté occidental.
1:02:19 Je vais demander donc qu'on rappelle cet événement, ce convoi militaire français traverse la région, il vient du sud, d'Abidjan, il monte, il doit traverser le Burkina pour arriver, pardon, il doit traverser le Niger pour arriver après au Burkina puis au Mali. Et voilà que, une région que je connais bien, la région de Téra, à la limite, si vous voulez, ce qu'on appelle la fameuse zone des trois frontières Burkina, Mali, Niger.
1:03:00 Ensuite, en passant, il y a beaucoup d'or dans cette région des trois frontières, mais ne compliquons pas. le convoi, un peu avant de quitter le Niger, a été arrêté par des manifestants nigériens, les mêmes dont je parlais tout à l'heure, qui étaient furieux de voir que leur pays devienne bientôt le cantonnement, la caserne, même, de ce qui, pour eux, est une attitude impérialiste, et de leurs anciens colonisateurs, en plus.
1:03:31 pour dégager le convoi, j'allais dire, les militaires français ont tiré, il y a eu deux morts. Faites-vous une idée vous-même. Il y a deux documents que j'ai choisis. Aucun ne vient de Moscou ni de Pékin. Il y en a un qui vient de France 24 qui est la chaîne d'État, c'est la voix de son maître. Et un autre qui vient de TV5 Monde. Vous savez, TV5 Monde, c'est une union des télévisions des pays francophones.
1:04:05 Il y a la Belgique, le Canada, c'est tous des gens de l'OTAN, en gros. Donc, je veux dire, je ne prêche pas pour mon couvent, je ne mets pas en avant mes ouailles si vous préférez filer les métaphores religieuses. Non. Sauf que le témoignage, comme vous le verrez, je vous le dis avant pour que vous soyez bien attentifs, de France 24 relate les événements, vous montre quelques mouvements de foule, ne donne pas une seconde la parole aux côtés des victimes, c'est-à-dire aux manifestants, pas un seul manifestant interrogé, alors que TV5Monde le fait.
1:04:43 Et là, écoutez, plutôt, on a la prendre belle. C'est dans le centre nord du Burkina Faso, les soldats français faisaient route vers le Niger lorsque des hommes leur ont barré le chemin. Le groupe de manifestants s'oppose à la présence de la force Barkhane au Sahel, une source à l'ambassade de France à Ouagadougou, une autre au sein de l'armée française, confirme ce blocus sans plus de détails. La correspondance de Kalidou Sy. Armée française dégage ou libérer le Sahel pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants rassemblés à Kaya, chef-lieu de la région centre-nord du Burkina Faso.
1:05:18 Ils sont des milliers rassemblés depuis vendredi pour bloquer le passage d'un convoi militaire français venant de Côte d'Ivoire et à destination du Niger. C'est d'abord dans la ville de Bobo-Dioulasso que le convoi a été bloqué par des manifestants en début de semaine. Puis, lors de son passage ici à Ouagadougou, le convoi de l'armée française a pu continuer sa route vers Kaya. Mais c'est dans cette ville que ce convoi, composé de plusieurs dizaines de véhicules, est à l'arrêt depuis jeudi face à la pression des milliers de manifestants sur place et face à l'insistance de ces manifestants.
1:05:48 Ce samedi, peu après midi, l'armée française a procédé à des tirs de sommation. Ces protestations contre l'armée française arrivent une semaine après l'attaque djihadiste du 14 novembre dernier contre le poste de gendarmerie de Inata qui a causé la mort d'au moins 53 personnes dont 49 gendarmes et 4 civils selon un bilan provisoire officiel. Deux jours après, plusieurs centaines de personnes ont participé dans plusieurs villes du pays à des manifestations pour réclamer la démission du président de la République, Roch Marc Christian Kaboré pour, je cite, son incapacité à mettre fin aux attaques terroristes.
1:06:21 Enfin, une manifestation nationale est prévue le 27 novembre prochain pour réclamer toujours la démission du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré réunissant l'opposition politique et un collectif de sociétés civiles. Sur la route de Téra, les marques témoignent encore des violences de la veille. Le convoi de l'armée française a été reçu par une foule nombreuse, parfois véhémente, plusieurs centaines de personnes, au moins, voire des milliers. Ce dimanche, la ville a retrouvé ses habitudes, mais certains habitants et les témoins restent choqués.
1:06:53 Je me suis rendu dans la matinée avec toute la foule. J'ai apporté ma contribution parce que ce qui concerne le Niger me touche en premier. Malheureusement, certains sont morts pour la bonne cause. Le ministère de l'Intérieur nigérien via un communiqué a en effet fait état de deux morts, onze blessés graves parmi les manifestants. Nous n'avons pas pu entrer à l'hôpital de Téra. Aucune autorité n'a souhaité répondre à nos questions. Quelques-uns ici ont accepté de témoigner. Mon petit frère est une des victimes. Il avait 23 ans.
1:07:24 Le matin, il s'est réveillé. Nous avons prié ensemble. J'étais sur place depuis le matin et aucun de nos militaires n'avait donné l'ordre de tirer. Je peux vous assurer que ce sont les militaires français qui ont tiré les gaz lacrymogènes et les coups de feu. Et tous les témoignages recueillis accusent l'armée française. Je remercie l'armée nigérienne qui est venue pour le maintien de l'ordre. C'est surtout l'armée française qui est à la base de ce massacre. Certains ont été présents au contact du convoi des soldats et des gendarmes nigériens.
1:07:56 Ils ont tiré sur nous. L'hélicoptère a fait des fois avec son gaz lacrymogènes. Mais si c'est pour tirer là, c'est le français même qui nous a tirés. Parce que le truc, c'est devant moi qui s'est passé. Ils ont dit que c'est pas eux. C'est les gendarmes nigériens qui leur tirent. C'est faux. C'est pas vrai. L'état-major des armées françaises nous a parlé. Il reconnaît bien des tirs, mais des tirs de lacrymogènes, des tirs de sommation et des tirs de semonce au sol pour éloigner une foule violente, pour éviter le pillage du convoi et la mise en danger de conducteurs civils.
L'argument djihadiste en question
1:08:33 L'arrivée de ce convoi est prévue ce dimanche soir à Gao, au Mali. C'était en décembre 21. Je ne pensais pas que ça irait si vite, mais je voyais bien que l'évolution se poursuivrait par une translation à l'est. Là, on est au Mali, que ça se continuerait au Burkina, qui est déjà impliqué, puis au Niger, qui est déjà impliqué. Qu'on ne dise pas que c'est la surprise, un coup de tonnerre dans un ciel serein.
1:09:07 Alors, vous me direz, oui, mais enfin, je veux dire, n'empêche que la présence de nos forces là-bas est quand même justifiée par la présence d'une guérilla, d'un danger d'expansion des forces djihadistes. On ne sait plus très bien sur les islamistes, djihadistes. Disons djihadistes. C'est un peu plus précis. Ceux qui sont censés faire la guerre sainte, même si, enfin, je ne vais pas faire un cours d'islam, ce n'est pas le lieu.
1:09:45 Mais taratata, on se moque du monde. Mais ce sont nos alliés, les islamistes. Ou alors, je n'ai rien compris, je ne sais pas, ce n'est pas ce qu'on vous disait, les combattants en Afghanistan, les fous de Dieu, ceux qui ont abattu le Bouddha de Bamiyan. qui appartenaient au patrimoine mondial, le Bouddha sculpté dans la falaise, sur le passage d'Alexandre, dans l'ancienne Bactriane. Ceux qui lapident les femmes adultères, enfin, jugées comme adultères, ceux qui interdisaient les divertissements musicaux, ceux qui avaient bu de l'alcool et qui les lapidaient en public, c'est nos alliés.
1:10:26 c'est avec eux qu'on a chassé les Popov d'Afghanistan, oui ou non ? Enfin, je ne comprends pas, nous avons fait des interventions militaires en pays musulmans, mais pas pour chasser les islamistes, pour les mettre au pouvoir. On est intervenus militairement dans les seuls pays qui étaient laïcs, l'Irak. Je ne dis pas du bien de Saddam Hussein, mais ce n'est pas pour ça que je vais le condamner à mort et le décapiter devant vous. Il mettait mes camarades dans des cuves d'acide, ce n'est pas mon camp.
1:11:02 Il faut être honnête intellectuellement, mais enfin, je veux dire, de là à ceux qui agitent la menace islamiste et de justifier notre présence là-bas avec les mêmes arguments que la hantise du grand remplacement, on ne sait d'où ça vient, ceux qui n'ont rien appris ni rien oublié, comme on disait les émigrés, du retour des émigrés après la Révolution française. Ceux qui n'ont rien appris, ils n'ont toujours rien compris, mais la différence par rapport au moment où ils sont partis, c'est qu'ils ont eu peur. Quand vous avez peur, vous êtes méchants.
1:11:36 Donc, ne sortez pas cet argument qu'on est en train de faire la guerre à l'islamisme. Qu'est-ce qu'on ferait sans l'islamisme ? On ne serait pas en Libye, on ne serait pas en Irak, on ne serait pas en Syrie, mais nous sommes en Syrie. Je crois que, grâce aux Russes, la Syrie a été arrachée à le dernier pays laïque. Il y a des forces américaines qui sont encore, en Syrie, qui exploitent le peu de pétrole qu'il y a dans ce pays, le prolongement des gisements irakiens, enfin bref.
1:12:12 Et quant à la France, vous savez qu'il y a eu Lafarge qui a été prise les doigts dans la confiture là-bas, qui traitaient avec les islamistes. Qu'est-ce que vous nous racontez là, qu'on combat l'islamisme ? Non, vous en voulez aux Arabes, dans votre banlieue. C'est votre problème, ce n'est pas celui de l'immense majorité de notre peuple. Parce que l'islam, d'abord, les plus grands pays musulmans ne sont même pas arabes.
1:12:42 s'aimer, allez expliquer ça à des gens qui écoutent Zemmour. Le plus grand pays musulman en nombre d'habitants, c'est le Pakistan et l'Indonésie. Aucun des deux sont des pays arabes. Il ne faut pas mélanger les dossiers. C'est pourquoi je n'ai pas la même approche que je me suis servi d'Idriss Aberkane parce qu'il avait braqué le projecteur sur la région dont nous parlons ce soir.
1:13:19 Mais je vous ai dit, on n'a pas, c'est le moins qu'on puisse dire, les mêmes approches. Quand il parle de la France-Afrique, ce n'est pas mon discours. Ce n'est pas ma sémantique. Je n'ai pas dit qu'il n'y a pas existé quelque chose que désigne l'expression France-Afrique. Mais ceux qui l'utilisent comme infamant sont ceux qui nous dirigent actuellement pour se débarrasser des forces qui n'étaient pas atlantistes en France, c'est-à-dire des réseaux gaullistes. Il faut rapprendre un peu son histoire. C'était pour se débarrasser des réseaux Foccart.
Démocratie formelle et discours de La Baule
1:13:50 Tous les anciens savent bien ce que je veux dire. Donc, on n'a pas la même approche. Et puis, je veux dire, je ne juge pas l'homme Idriss Aberkane, j'ai dit que ce n'était pas un adversaire, mais ce n'est pas non plus ma mouvance. Je m'arrêterai là. Parce que j'ai d'autres procès à faire ce soir. Plus grave. Et pas ad hominem. Et quant à défendre que nous sommes là-bas pour remettre la démocratie dans les clous, parce qu'après tout, je fais l'avocat du diable depuis tout à l'heure, depuis la reprise, après la vidéo, après tout, il y a bien des militaires qui ont fait un coup d'État contre un chef d'État démocratiquement élu.
1:14:33 Oui. Mais je ne parle pas, je ne fais pas d'argument ad hominem, j'ai eu la chance de fréquenter le chef d'État actuellement séquestré, et je ne dirai pas un mot contre lui, ni bien sûr pour ceux qui le soutiennent actuellement, et dans la plupart ne sont d'ailleurs pas au Niger. Mais ne vous faites pas d'illusion. Là encore, les pulsions de mort progressent en silence.
1:15:04 On ne vous a jamais parlé du discours de La Baule, sauf à l'époque où il fallait faire la pub. Oui. Il y en a qui se souviennent, Mitterrand, réunissant tous les responsables de l'Afrique francophone à La Baule pour leur dire « C'est fini la France-Afrique, maintenant il faut que ce soit la démocratie. » C'est bien, vous me direz, moi aussi, je suis pour. En fait, il s'agissait de substituer aux équipes gaulliennes les équipes que vous devinez, et c'est l'Afrique d'aujourd'hui. autrement plus ensanglanté que celle des érettes Foccart, et c'était déjà pas triste.
1:15:43 Les mercenaires, Bob Denard, c'était pas mal non plus. Mais c'est rien, côté des chaos qu'il y a maintenant. Alors, je vous parle, il y a combien de villages au Mali, au Burkina, au Niger, où on égorge les gens dans les villages, n'est-ce pas ? Donc, j'en ai été aux élections. J'ai eu la chance, il y a quelques années, de participer amicalement à une campagne électorale à l'intérieur du Niger.
1:16:16 Je ne dirai pas pour quel parti ni pour quel candidat. Les choses sont à vif en ce moment, donc ce n'est pas le moment. Mais, le moindre paysan qui était venu était recruté comme électeur. Je lui donnais l'équivalent de un ou deux euros. Si vous voulez ce que veut dire les élections démocratiquement élues. Voilà, je ne mets pas tout en question la légitimité du président Bazoum qui est en outre un collègue parce que c'est un professeur de philosophie, c'est à ce titre que je l'ai connu, c'est assez rare.
1:16:57 pour qu'on le dise, c'est sa formation. C'est rare chez les chefs d'État, il faut suri chez les chefs d'État de la région. Voilà. et j'espère que lui-même et sa famille sortiront au mieux de cette épreuve. Mais ne me racontez pas, ne reprenez pas la propagande, le martèlement de ce qu'on nous serine. C'est grave ce qui est en train de se passer. Quand on veut faire la guerre, il faut qu'on ait l'opinion avec soi.
1:17:27 C'est ça qui a changé depuis le XVIIIe siècle, depuis les Lumières. Donc, la manière, la propagande, les médias, etc., vous voyez l'enjeu, maintenant on le voit. Il y a la guerre et la paix derrière tout ça. On ne vous dit pas ça, on vous dit que les grands problèmes, parce que je n'ai pas dit que les médias ne disent rien, ils disent qu'on vient de mesurer, les océans n'ont jamais été si chauds. alors qu'il y a tous les jours des aéronefs qui franchissent la frontière entre Pologne, Biélorussie, Chine, Taïwan, de quoi on vous parle ?
1:18:01 Des éponges ? Des coraux ? Si un jour, je vous dis, les coraux sont sauvés de la destruction, je vous dis que ce sera grâce à l'homme, moi. On en parlerait une autre fois, ce n'est pas le sujet de ce soir. Voilà, donc, on va peut-être passer maintenant la vidéo suivante. Et je crois qu'il s'agit d'une que j'avais intitulée pas très longtemps après la précédente, « Philosopher sous la menace ».
« Philosopher sous la menace » : l'insécurité au Sahel
1:18:39 Pour vous montrer à quel point ce qui se passe actuellement au Niger était en gestation au niveau de l'ensemble de la région. Puisque j'en suis à la mort et au mépris, je reviens maintenant. Je crois que vous comprenez ces va-et-vient géographiques, n'est-ce pas ? nous allons passer au Sahel. Nous n'avons pas fini de parler de ce qui se passe à l'est de l'Europe. Je vous résumerai tout de suite l'enjeu.
1:19:11 J'ai 75 ans passés, je n'ai jamais vu un danger de guerre aussi pressant que ces jours-ci. Voilà. Ça ne veut pas dire qu'il y aura la guerre. Il y a des éléments de dissuasion des deux côtés. Mais je n'ai jamais vu le monde au bord de l'apocalypse à ce point et j'ai vécu la guerre froide et l'alerte des crises des missiles à Cuba, le pont aérien à Berlin. On en a vu d'autres. Jamais ça n'a été autant senti le pire.
1:19:52 Donc, je reviens au Sahel. Pourquoi ? Parce que je voulais esquisser, n'est-ce pas ? On dit qu'on est là-bas pour se battre contre le djihadisme. Sauf que les peuples sont en train de nous chasser. Les peuples qu'on était censés protéger contre les rebelles constatent que depuis qu'on est arrivé, ça fait presque dix ans bientôt, ça fait sept ans, les victimes du djihadisme, ça a été multiplié par cinquante. D'où les coups d'État militaires que nos médias désignent avec cette morgue dont je parlais, cette vulgarité friquée, la junte, n'est-ce pas ?
1:20:28 Quand on voit la liesse populaire dans les rues de Bamako et plus récemment dans le coup d'État qui vient d'avoir lieu dans les 48 dernières heures au Burkina, n'est-ce pas ? Un pays juste à l'est du Mali au point que la force est obligée de se replier de plus en plus à l'est vers le Niger et bien sûr le Tchad qui a toujours été la caserne de la politique française avec la chair à canon régionale pour ne pas dire locale quand on voit cette liesse et que nos médias donnent des leçons de démocratie si c'était nos médias ils sont à la botte mais notre ministre Madame Parly ministre de la défense il faut voir la violence des termes dans lesquels elle s'exprime à l'égard des autorités maliennes et puis ça n'avait pas resté à des paroles la diplomatie parisienne a obtenu de la CEDEAO la communauté économique des états de l'Afrique de l'Ouest
1:21:38 c'est-à-dire un ramassis de chef d'état dont certains ont prolongé abusivement trois fois leur mandat la quasi-totalité ne font rien contre une corruption qui gangrène à leur pays je ne juge pas moralement pour l'instant je constate quand on est issu de ce genre de contexte on ne donne pas des leçons de démocratie à un peuple qui vient de prendre le risque de secouer un joug le joug de l'intervention étrangère dans son pays je pense ici à non pas seulement à l'armée française je vous ai déjà dit la dernière fois que j'en ai parlé que je ne parlais je n'avais pas un mot contre les soldats qui sont sur le terrain ils y sont parce qu'on les y a envoyés et tout le monde n'est pas n'est pas dans la position de ceux qui sont sur le terrain et dont certains y laissent leur peau ou pas plus tard encore qu'hier il y a eu une victime à Gao non non je vise ici les politiques qui les envoient au casse-pipe et qui ont de bien meilleurs termes avec ceux qui sont censés être les ennemis qu'ils traquent c'est surtout ça
1:22:48 et les populations commencent à réaliser à comprendre que c'est quand même si vous connaissez un peu la région géographiquement le Sahel c'est une boule de poussière presque permanente dans l'année au sens propre je veux dire une mobilette quand vous la voyez sur une piste même à un kilomètre c'est un énorme nuage de poussière la dessiccation avec les effarantes chaleurs sahéliennes et subsahariennes la dessiccation des sols font que les sols sont plus pulvérulents et qu'au moindre souffle et Dieu sait s'il y a du vent qui vient tantôt de l'Atlantique tantôt au contraire du fond du désert au fond du nord comme l'harmattan immédiatement ça soulève d'énormes nuages de poussière c'est pas le Vietnam où les maquisards les maquisards pouvaient se cacher dans la jungle non le moindre véhicule la moindre mobilette la moindre voiture la moindre colonne a fortiori n'est-ce pas de djihadistes avec leur 4x4 et leur mitrailleuse se repèrent immédiatement d'un avion d'un hélicoptère même à plusieurs milliers de mètres d'altitude.
1:23:58 Et dix ans après, on n'entend jamais parler vraiment d'un gros coup, une bataille, on entend, il y a des captures, paraît-il. On neutralise un commando qui a tiré sur nos troupes, ça oui. Mais les peuples de la région ne se sentent plus en sécurité. Et ce qui a déclenché, je pense au Burkina maintenant, puisque c'est le dernier en date, ce qui a déclenché le processus qui a amené au récent coup d'État au Burkina, c'est le fait que les deux gouttes d'eau qui ont fait déborder le vase, c'est en juin 2021, 164 villageois, des villageois, femmes, enfants, vieillards, 30 enfants ont été massacrés devant leurs parents et les parents ont été liquidés ensuite dans des petits villages, soit dans le nord du Burkina, soit dans le nord, soit dans ce qu'on appelle la triple frontière Burkina, Mali-Niger.
1:24:58 Le Burkina vient un peu s'encastrer entre les deux grands et immenses pays, Burkina et un peu plus petits, Niger à l'est, et Mali à l'ouest, au nord, qui le coiffe, si je puis dire. Donc, un carnage épouvantable, c'est le plus important, mais il y a presque tous les week-ends, 50 morts ici, 30 morts là-bas dans les villages. Et puis, deuxième événement grave, à titre d'échelle, 54 gendarmes, alors là c'était juste avant les fêtes, enfin, courant décembre, pardon, non, en novembre, pardon, en novembre 2021, qui ont été assassinés, toujours par ces djihadistes qui sont bien armés.
1:25:44 Personne ne dit jamais par qui. C'est des pauvres herres, dans ces régions-là, il n'y a que des pauvres herres, ils ont à peine de quoi acheter à manger, comment ils peuvent acheter les armes les plus sophistiquées. Et les gendarmes, et ce qu'a mis le feu aux poudres, c'est que l'enquête a montré que ces pauvres gendarmes étaient devenus une proie facile, car ça faisait des lustres, ils étaient abandonnés par le pouvoir central, celui pour lequel la France demande qu'ils reviennent au pouvoir, que c'est scandaleux, il a été élu démocratiquement, vous savez, le droit formel, ça, il connaît ça.
1:26:18 Ils ont été abandonnés par le pouvoir central, tellement abandonnés qu'ils n'avaient plus rien à manger, qu'ils allaient chasser en brousse pour pouvoir se nourrir, et que même les blessés, résultant de ces escarmouches, qu'ils avaient de temps en temps en effectuant à leur devoir de soldats devant les djihadistes, on n'envoyait pas des véhicules ou des aéronefs pour les rapatrier.
1:26:48 Vous voyez pourquoi je n'ai pas traité uniquement la question nigérienne ? C'est toute la région qui est en diminution, mais on croirait là qu'on entend ce que le nouveau chef d'État du Niger déclarait avant-hier. s'ils ont décidé cette opération, et de déposer l'ancien exécutif, essentiellement, ils disent, pour des raisons de sécurité, le pays n'était plus en sécurité.
1:27:23 C'est exactement ce qui se passait au Burkina et au Mali. Comment se fait-il ? Ce qui justifie votre présence, vous, soldats étrangers, c'est de nous protéger contre une menace, et depuis que vous êtes là, la menace ne cesse de croître. Mettez-vous la place des populations. Je n'ai pas toutes les réponses. Je ne sais pas. Comme tout à l'heure, je ne voulais pas trancher si c'est vraiment des soldats français qui ont tiré sur les deux malheureux jeunes gens qui sont morts à Téra au Niger.
1:28:01 Je m'étonne de ce que notre télévision d'État n'aurait même pas donné la parole. Tout de même, il y a des victimes là. Mais enfin, je veux dire, je ne tranche pas. Ce sont des choses graves. Dans les choses graves, il faut un minimum de responsabilité. Mais qu'on ne me raconte pas des salades. Que nous menons la guerre là-bas, à Saint-Enen, à des croisades. Je ne vais pas recommencer à parler de ceux qui n'ont rien oublié, ni rien appris. Voilà. Je vous demande pardon pour cette impromptue de ce soir qui n'est pas dans la continuité, encore que j'aurais pu développer là-dessus, mais on aurait été loin des événements qui nous préoccupent.
1:28:44 On aurait été loin apparemment. Enfin, je veux dire, je parle du sujet de la ruse, de la raison qui nous occupe depuis quelque temps déjà, et dont on va reparler la prochaine fois que nous nous voyons en direct, la semaine prochaine. Mais cette fois, vous serez avisés, à temps que vous pourrez participer, encore plus nombreux que ce soir. Je vous remercie en tout cas, malgré l'heure tardive à laquelle vous avez été prévenus, d'être avec nous ce soir. Merci à tous, à toutes et à tous. Je me méfie maintenant.
1:29:14 Mais on a raison. Ce sont des progrès objectifs. Et n'oublions pas qu'un ultimatum a expiré, et qu'il faut rester branché sur les flashs, en multipliant les sources si possible. Voilà. Merci à tous, et à la semaine prochaine. Merci à Pierre Allain et à toute l'équipe technique.