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Haïlé Sélassié sifflé à la Société des Nations
0:00 L'ispo, de l'esprit, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l'aigitant, l' Je prie l'assemblée de m'excuser.
0:40 Je ne m'exprime pas en français comme je l'aurais voulu. Je dirais mieux toute ma pensée avec toute la force de mon esprit et de mon cœur en parlant en amharique. Dois-je m'excuser pour ce commencement un peu abrupte, ou demander pardon de ne pas commencer par vous dire bonsoir ? Mais j'étais captivé encore par la voix de Haïlé Sélassié, empereur d'Éthiopie, le Négus, roi des rois, lion de la tribu de Juda, descendant du prêtre Jean.
1:23 Le seul État qui mystérieusement en Afrique n'avait jamais été colonisé. Et un État qui est plus anciennement chrétien que la quasi-totalité des pays européens. Cette vidéo se situe au moment où le chef d'État de l'Éthiopie s'adresse en 1935 à la Société des Nations.
1:53 L'ONU n'existait pas encore, c'est la Société des Nations qui était censée en tenir lieu. Et il vient s'adresser à la Société des Nations pour faire un rapport sur l'agression que son pays vient de subir, au point qu'il est obligé de fuir, car les fascistes musoliniens d'Italie ont occupé même la capitale, Addis Abeba. Il était donc réfugié en Grande-Bretagne. Haïlé Sélassié, c'est de là qu'il fait sa déclaration à Genève à la SDN.
2:30 Et vous imaginez l'aviation italienne contre des cavaliers armés d'armes blanches, pour la plupart, quelques fusils même pas automatiques. Bon bref, une boucherie quoi. Et sans compter, et dans son discours après, il a montré des documents accablants, sans compter l'utilisation de gaz moutarde. 11 000 fantassins éthiopiens sont morts dans d'atroces souffrances après avoir inhalé gaz moutarde, qui étaient encore stockés depuis la guerre de 1914.
3:11 Là on me dirait pourquoi je passe ça ? Non, non, c'est pas le jubilé, c'est pas l'anniversaire, c'est pas le... Même pas le mémorial. J'allais dire, tout le monde s'en fiche un peu. C'est pas des gens opprimés par des totalitaires chinois ou russes, j'en sais rien, donc ça n'intéresse personne. Pourquoi je le passe ? Parce que, à cause des sifflets, vous avez entendu, à peine il ouvre la parole, immédiatement il est sifflé.
3:43 Bon, au premier rang c'était les fascistes italiens, mais tous les états occidentaux qui étaient là, personne n'a bronché pour faire condamner activement l'agression italienne de l'Ethiopie, de l'Italie fasciste. Petite parenthèse, oui je sais, c'est pas la dernière. Mais on se moque souvent des Italiens qui n'aiment pas la guerre, qui ne sont pas de bons soldats, qui sont souvent battus parce qu'ils ne sont pas guerriers.
4:16 Moi j'admire, les gens ne sont pas guerriers. Voilà. Et bien là, non, non, non, je souligne, attention. Et bien là, comment on dit maintenant, une guerre asymétrique. C'est comme les Américains en Irak ou en Afghanistan. C'est les plus formidables armadas de tous les temps, contre des peuples qui sortent à peine du néant, du point de vue technologique. Et vous avez vu les sifflets. Et j'ai pensé à l'accueil qu'on réserve maintenant à des gens qui réhabilitent les pires, les pires dirigeants nazis de la dernière guerre mondiale, qui leur consacrent des avenues, des monuments.
4:56 Oui, oui, je pense à Bandera, bien sûr, en Ukraine. Avec un consensus d'une obscénité gravissime. Je voulais commencer par cette vidéo pour montrer le contraste, ces mêmes puissances qui n'ont pas bronché, quand l'Ethiopie était attaquée par l'Italie de Mussolini, c'était l'époque où on disait déjà plutôt Hitler que le Front populaire. C'est les mêmes années, en gros, les années 30.
L'Occident, un concept occultant
5:26 Et c'est l'année où Chamberlain revient des accords de Munich. Munich, ça me dit quelque chose, Munich. Ah oui, mais c'était aujourd'hui la conférence de Munich. Et oui, tous nos chefs d'État, comme on dit, occidentaux. Vous savez, je n'aime pas ce terme, avec tout ce qu'ils cachent. Il y a des concepts faits pour montrer. Le concept de lunettes, le concept d'écran, le concept d'ampoule.
5:56 C'est bon, ça ne cache rien, ça. Ça exprime la réalité. Et puis, il y a des concepts qu'on appelle les concepts occultants. Ils sont faits pour ne pas montrer, pour ne pas dire. Comment on parle ? C'est pour dire ? Non, on peut parler pour ne rien dire. Ou pour dire Occident. Vous voulez qu'on fasse un petit jeu ? Allez, l'Occident, c'est quoi ? C'est ce qui est à l'Ouest, vont répondre la majorité. Oui, très bien. Et alors, c'est où l'Ouest ? Depuis qu'on sait que la Terre est ronde ? Je vous le demande un peu. Vous êtes d'accord que l'Allemagne, c'est l'Ouest ?
6:28 Ah non, par rapport à la France, c'est vrai que c'est l'Est. Mais par rapport à la Pologne, c'est l'Ouest. Oui, je vous dis, c'est la Pologne, c'est l'Ouest de la Russie. Je peux même vous dire que la Russie, c'est l'Ouest des États-Unis. Mais oui, mais oui, regardez l'Alaska. L'Alaska, c'est les États-Unis. À trois kilomètres en face, j'exagère, il peut y avoir six kilomètres peut-être. Il y a un petit détroit et on voit aux jumelles, là, ils se regardent pendant la guerre froide. Et encore maintenant, c'est bardé de missiles et de radars, toute cette région-là, sur des petites îles qui sont dans le détroit de Béring, qui s'appellent la petite et la grande Diomède.
7:02 Voilà, c'est ça. Il n'y a que quelques Inuits, là, en dehors des armadures. En plus, ce qui est dans la glace, là. Bon, là, quand vous êtes aux États-Unis, à l'Ouest, vous faites un pas à l'Ouest et vous tombez en Russie. Allez, ça ne veut rien. Donc, l'Occident, ce n'est pas l'Ouest. L'Ouest, c'est où on veut. Je rappelle que le propriétaire du château, je l'ai signalé dans une vidéo il y a bien longtemps, c'est mon chat, je suis désolé, que le propriétaire du château, dans le château de Kafka, dans son chef d'œuvre qui est son testament, en même temps, il est peut-être plus mystérieux, le propriétaire du château, on n'en parle jamais, on ne donne jamais son nom, sauf pendant un quart de ligne au début, après on n'en parle plus, il s'appelle le comte Westwest.
7:47 Ouest-Ouest. Vous voyez, hein ? Bon, allez. Vous devinez que je suis tracassé par la guerre. Alors, je vais, je suis toujours dans mon thème de l'hésitation, ou plutôt, je suis à nouveau, je reviens avec vous, dans mon thème de l'hésitation, j'aimerais tellement vous parler d'autre chose. C'est ce que je vais essayer de faire ce soir, mais je voulais commencer quand même. Sans que ce soit tout à fait étranger à ce qu'on va voir après.
Le clocher tranquille et l'enfer du carnage
8:18 Par rappeler. Je remercie Pierre-Alain d'avoir fait cette image de départ, où l'on voit à gauche ce qu'il y a de plus tranquille, ce qu'il y a de plus paisible, le sommet d'un clocher qui domine un petit village tranquille, peu importe que ce soit en France, en Allemagne, ailleurs. En tout cas, c'est un petit patelin, visiblement. Et à droite, ou à des milliers de kilomètres de là, ou tout près, comme on veut, l'enfer. L'enfer.
8:49 La boucherie, le carnage. Ce carnage Ulysse, le premier grand occidental dont on parle, sur lequel on écrit, commence par le carnage du sac de Troie, et finit par le carnage du massacre des prétendants. Dix ans entre les deux. Il a beau essayer de se soustraire à ce destin occidental du carnage, en faisant des stop-over, comme diraient les agences de voyage, chaque fois qu'il faut bien prendre de l'eau douce, une île, on aborde, on cabote, un naufrage.
9:28 Une tempête, une vengeance de Poséidon, et on se retrouve toujours avec une île, une femme. Et ça y est, ça y est, on a échappé au carnage, on est ailleurs, non. À chaque fois, le cauchemar revient, on est chassé de l'île, encore par un mini carnage local. C'est Circé, c'est le cyclope, enfin bref, vous savez tout ça. Donc, on est censé savoir tout ça, on était censé.
9:58 Je vais parler comme les gens de droite, quand même à l'école, on apprenait quelque chose. Non, non, c'était les instituteurs de gauche la plupart du temps qui apprenaient tout ça, et qui étaient soucieux de la transmission. Sous l'aristocratie, la transmission de l'histoire, des peuples, ça intéressait personne. Il y avait, oui, oui, l'histoire religieuse. Bref, la vie des saints. Ça peut servir, enfin je veux dire.
10:30 Soyons sérieux. Le carnage. À droite du petit clocher, tranquille. Comme le texte que je vais vous lire, a rapport à cet endroit-là, tout en haut, encore plus paisible que tout le reste du village. Parce que c'est même en haut de l'église, il n'y a même pas la foule qui passe et qui rentre et qui sort. Il n'y a même pas les mendiants à l'entrée. Ils demandent la charité. C'est là-haut. De temps en temps, il y a bien un sonneur qui vient se suspendre aux cordes. Mais sinon, c'est...
11:00 N'anticipons pas, c'est le texte que je vais vous lire après. Il sera tellement plus beau que tout ce que je vous dis. Mais... Voilà, je... J'aurais voulu parler d'autre chose. Et je vais commencer par ce petit... C'est quelques secondes où l'empereur d'Éthiopie, victime d'une agression, c'est bien ce qu'on dénonce, l'ignoble agression d'un petit État par un grand État, de l'éternel Goliath. David, vous voyez, je n'arrive pas à dire agressé par Goliath.
11:30 Bon, David a derrière lui, comme renfort, la plus grande armada de tous les temps, technologiquement, financièrement, militairement. Mais à part ça, c'est David. Bon, je veux bien... C'est à ce qu'il affronte. Mais, en tout cas, c'est la vedette américaine, comme on dit en termes de showbiz, n'est-ce pas, de tous les grands raouts internationaux, dont celui qui se passe à Munich aujourd'hui. Et où, j'ai entendu ! J'essayais d'apprendre.
12:00 Je voulais même pas m'en occuper de cette réunion, parce que je sais d'avance ce qu'il va se dire, mais quand j'ai ouvert, j'ai vite refermé, après avoir entendu Macron dire... Il n'est pas question... L'heure n'est pas à la négociation, il n'est pas question, il faut affaiblir la Russie, il faut la vaincre avant de parler, quoi. Oh ! Non, mais il s'agit de nous, là ! Bon, ça vous le trouverez dans les journaux... Enfin, vous le trouverez dans les journaux... Vous le trouverez sur Internet, quelques voix, qui s'inquiètent de cette guerre.
12:32 Einstein disait, je ne sais pas s'il y aura la Troisième Guerre mondiale, mais ce qui est certain, c'est que la Quatrième se jouerait avec des cailloux. Ah oui, oui, non, ce n'est pas la guerre qui vient, là. C'est une guerre comme on n'en a jamais vue. Et pourtant, l'humanité en a vu des guerres. Quelle valait de l'arbre, comme on dit dans les Écritures. Voilà. Alors, vous me direz, mais ce n'est pas notre programme, là.
Fusion des genres et présentation du poème par Jaccottet
13:03 On devait faire les réponses aux questions. Alors, j'y arrive. Puis l'actualité m'a perturbé, vous comprenez. Puis chaque jour qui passe, elle me perturbe de plus en plus. Et je sais que parmi vous, il y en a que... Ça inquiète aussi. Et on n'est pas les seuls. Il y a de plus en plus de gens qui s'inquiètent. Mais, il n'y en a pas assez. Mais il y en a de plus en plus. Mais justement, je vais lire un texte, un poème, je vous le dis.
13:33 Un poème de Hölderlin. Vous voyez, ça me rappelle, il n'y a pas si longtemps, j'ai fait, avec Mallarmé et Nietzsche, j'ai entamé une série, grâce à notre camarade et notre ami Philippe Moreau, qui m'a voulu mettre tout ça en boîte. Et c'est un peu dans cet esprit-là qu'apparemment, je vais lire le poème de Hölderlin.
14:04 Mais je ne vais pas faire, pendant un temps assez long, un commentaire de texte. Je vais mélanger plusieurs de nos genres. Je suis un peu pressé par la guerre. Au point que les différents genres de nos diffusions, tantôt, ce sont nos ateliers, thématisés. On en était à... Et on est toujours, aujourd'hui, ce soir, pour la première fois, depuis pas mal d'interruptions, avec les fêtes, la cagnotte en faveur de Clouscard sur laquelle je vais revenir.
14:39 Et l'hésitation, sur le thème de l'hésitation, ça, c'est les ateliers. Et puis, il y a les réponses aux questions, autre genre. Et puis, il y a les podcasts sonores, n'est-ce pas, musicaux. Je remercie encore ici Aljoucha. Il y a les rêveries analytiques, et les rêves analytiques. Eh bien, justement, vous voyez, si j'entreprends cette fusion de ces différents genres pour gagner du temps, en inaugurant cette fusion ce soir, c'est parce que j'ai ouvert cette séance par la guerre italo-éthiopienne de 1935, et la manière insoutenable dont le chef d'État, malgré toute sa dignité, le seul chef d'État de couleur de l'Assemblée générale, de la Société des Nations, à l'époque, c'est le seul.
15:43 Et le contraste qu'il y a entre l'indifférence des grandes puissances, et surtout des Occidentaux, à l'agression dont il a été objet, et au contraire, n'est-ce pas, la manière dont on accueille ceux qui sont victimes du feu russe, du feu qui nous a libérés du nazisme. Mais oui, mais oui, c'est un peu cohérent tout ça, quand même, de manière terrifiante.
16:17 Alors, je vais lire ce poème un peu pour ne plus, enfin pour ne plus, pour pendant quelques instants, le temps que je vous retrouve aujourd'hui, je vous ai promis de répondre à vos questions, mais la matière est tellement riche que je fais cette longue introduction, à la réponse à vos questions, n'est-ce pas, que je tiens toute prête, mais qui fera l'objet de la prochaine vidéo. Parce que je vais aborder ce texte, je vais d'abord l'introduire par ce qu'en dit Philippe Jaccottet.
16:54 Certains connaissent peut-être, ceux qui s'intéressent à la poésie, la noble figure de Philippe Jaccottet qui nous a quittés il y a quelques années, qui habitait Grignan dans la Drôme, et le poème de Hölderlin que je vais vous lire a été traduit par André du Bouchet qui était un grand ami de Philippe Jaccottet, Philippe Jaccottet ayant réalisé pour le compte de la collection La Pléiade, n'est-ce pas, le volume sur Hölderlin, mais tout ça est un petit peu très proche.
17:26 Et voilà comment Philippe Jaccottet introduit le texte que je vais vous lire. je préfère passer par un tiers parce que sinon on va dire oui, on sait que vous aimez le Hölderlin, vous allez employer des superlatifs. Bon, bref, alors regardez. Non, pas sur le Hölderlin, le plus grand poète, non, sur ce poème-là en particulier, je ne sais pas, dont le titre, on prend comme titre les tout premiers mots du poème en bleu, adorable. In lieblicher Bläue, adorable.
17:57 Ce poème est extrait du roman de Wilhelm Waiblinger, Phaéton, où il est attribué à un poète fou de qui Hölderlin est le modèle. Waiblinger note, alors Waiblinger est un des premiers biographes de Hölderlin, un peu ridicule par moments, mais c'est précieux parce qu'il n'aura des indications sur la quotidienneté de Hölderlin quand il a été enfermé dans sa tour et qui recevait des célébrités de l'Europe entière sans les reconnaître, ou en tout cas sans se reconnaître lui-même parce qu'il signait Scardanelli et parle donc de Hölderlin en disant « Voici quelques feuillets de sa main qui donnent une idée de l'effroyable égarement de son esprit. »
18:39 Il y en a comme ça pour qui tout ça c'est le fruit d'un dérangement de l'esprit. Dans l'original ils sont rédigés en vers à la façon de Pindare. Quand on dit Pindare c'est les odes c'est le genre de l'ode n'est-ce pas ? C'est pas la tragédie c'est pas Sophocle. Ils sont traduits ici dans la disposition que leur a donné Ludwig von Pigenot continuateur de l'édition de Hellingrath. Frédéric Beissner tout ça c'est des gens qui ont travaillé sur les archives de Hölderlin leur rend leur disposition en prose et refuse de les considérer.
19:12 André du Bouchet qui l'a traduit ici c'est la traduction que je vous propose écrit écoutez bien ce que dit le traducteur la beauté insurpassée de ce poème ainsi que sa cohérence on est loin du délire d'un fou là rendent de pareilles conjectures vaines et sa clarté décourage tout désir pardon et sa clarté la clarté de ce poème décourage toute tentative d'élucidation élucidation interprétation vous savez je n'aime pas l'interprétation ne vous inquiétez pas je ne vais ni l'élucider ni l'interpréter je vais vous aider à l'entendre simplement parce que je le connais depuis longtemps mais à ma manière c'est à dire par analyse et non pas par interprétation il n'y aura pas un gramme d'interprétation au contraire on pourrait me reprocher d'être presque trop à la lettre du texte n'est-ce pas ?
Racines ou migration ; le bleu sans contour
20:14 donc écoutez sans plus tarder je vais demander à Pierre-Alain de nous montrer ce texte alors vous voyez c'est la période où il a renoncé à se faire comprendre par le reste de l'humanité et il écrit ceci je n'oublie pas ce par quoi j'ai commencé la guerre tout ça et puis notre titre n'est-ce pas racine d'un côté migration de l'autre la racine c'est l'establishment ce qui est établi to settle en anglais settlement n'est-ce pas ?
20:47 c'est les géraniums aux fenêtres dans les pays germaniques n'est-ce pas ? c'est mon petit clocher mon patelin mon village mes gènes je déteste maintenant on ne peut plus il y a moins de sociétés ABF Business qui dit c'est pas dans nos gènes de procéder à une exportation oui espèce de néobiologisme enfin bref je rappelle les pires années non les racines je n'ai rien contre non plus chacun a ses racines moi je suis père et mère corses né au Vietnam grandi en Afrique et qui se sent souvent chez lui mais chez lui au sens de home sweet home en Allemagne allez vous y retrouver et c'est à Paris que j'ai passé sans doute si on met bout à bout le plus grand nombre d'années avec l'Afrique subsaharienne enfin j'ai des racines des racines à la migration le contraire je lis le poème d'abord je reviendrai après à ce titre en bleu adorable fleurit le toit le métal du clocher alors là je vous dis attention mais oui j'interrompe déjà parce qu'il y a danger
21:57 il y a danger le clocher le clocher d'un petit village ça n'a rien à dire c'est le contraire de plus rassurant dans le village que le petit place centrale où il y a l'église avec son clocher oui mais là on commence par le toit on commence par ce qui est tout en haut on s'est un peu éloigné de la société des gens tout en bas qui vaquent à leurs occupations en bleu adorable fleurit le toit de métal du clocher alentour alentour du clocher ça veut dire mais dans le vide de ce bleu alentour plane et c'est pas vide un cri d'hirondelle autour s'étend le bleu le plus touchant il y a retour au bleu vous remarquerez qu'il n'y a aucun objet déterminé dans déterminé il y a fini déterminé un contour une forme non il y a le fond il n'y a pas la forme autour s'étend le bleu le plus touchant danger menace indéfinition l'infini je m'interromps
23:08 et derrière moi trois exemplaires de cette revue qui a pour titre voilà faites entrer l'infini je remercie Claude Gallier notre grand camarade qui a eu la gentillesse de m'avoir abonné à cette revue que je vous conseille que je ne peux que vous conseiller en camarade en amie franchement je crois que vous ne regretterez pas ceux qui peuvent s'y abonner au départ ça tourne autour d'Aragon et d'Elsa Triolet et je contrepointe un instant les beaux vers de Hölderlin je ne m'égare pas ce n'est pas un détour on a demandé à Aragon quelques semaines avant sa mort le questionnaire classique qu'est-ce que vous préféré il a dit Rimbaud et Hölderlin mais pour des raisons que personne ne comprendra fin de citation donc je vais quand même citer d'Aragon un poème écrit en temps de guerre
Aragon, « Faites entrer l'infini » et Paris
24:18 quand il était planqué il se cachait quand la gestapo traquait les communistes il était caché dans la Drôme pas très loin de là où mon fils aîné à Dieulefit Dieulefit qui a été déclaré depuis village des Justes n'est-ce pas les villageois ayant sauvé plus de 1500 juifs à l'époque et puis des résistants voire Aragon des griffes de la gestapo voyez que j'hésite entre le toit du clocher le poétique les racines avec ce parfum d'éternité du petit village l'après-midi d'été en bleu adorable et le carnage et bien le pauvre Aragon ce qu'il manquait quand il était dans la Drôme il était bien planqué il était en sécurité même si c'était toujours sur le qui-vive mais ce qu'il manquait c'était Paris il a écrit un poème inoubliable cherchez-le sur internet ça s'appelle le paysan de Paris chante je ne vous dirai que
25:30 deux strophes la première et une qui est au milieu parce que peut-être tout ça va disparaître sous les cendres il l'a dit Einstein la guerre qui vient il ne restera plus rien alors attendez attendez voici comment ce poème comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille ses objets iront sur le parquet sans doute devinant quel alcool me manquait le hasard m'a jeté des photos de ma ville petit trou de mémoire des photos de Paris ses rues ses quais excusez-moi j'ai un petit trou de mémoire je ne suis pas certain de la littéralité là dans les derniers vers mais maintenant oui je vous saute plein de strophes c'est Paris sous l'occupation bien sûr c'est une aube sans premier métro voilà tout un vers que je prends au hasard que je saute c'est une aube sans premier métro voilà tout et puis il arrive il doit être au pont des Arts jugez-vous même d'après la manière dont il parle du pont neuf vous voyez comme c'est sur le pont des Arts vous avez deux temps
26:41 vous les deux moitié du pont neuf et devant comme une fente comme ça comme un tabernacle n'est-ce pas la place dauphine qui commence les deux maisons roses du 16e siècle qui sont symétriquement je me tais Aragon la harpe du pont neuf c'est bien vu avec les deux demi-lunes la harpe du pont neuf frémit comme un orchestre où j'entends préluder le vin de mes vingt ans il souffle un vent d'ici qui vient du Vert-Galant mourir dans les cheveux de la statue équestre le cœur de la vie s'y ouvre à deux battants je voulais en savoir plus Aragon faites entrer l'infini et bien Hölderlin tragiquement commence lui par l'attirance vers l'infini je recommence maintenant vous allez voir comme c'est clair en bleu adorable tout de suite l'indéfinition fleurit le toit de métal du clocher alentour plane le cri d'hirondelles on va encore au-delà du clocher autour s'étend le bleu
Du bleu infini à la figure de l'homme
27:51 le plus touchant le soleil au-dessus vous voyez une espèce de brise elle est de plus en plus haut va très haut et colore la tôle mais la première fois il y a un mouvement d'arrêt mais silencieuse là-haut dans le vent crie la girouette quand quelqu'un descend au-dessous de la cloche merci à tchala d'avoir trouvé de si belles photos la photo de départ n'est-ce pas quand quelqu'un descend au-dessous de la cloche les marches que seuls le sonneur ou un réparateur de temps en temps ceux qui font la maintenance de la cloche une fois tous les je ne sais pas combien d'années quand quelqu'un descend enfin on descend on s'exposait à un péril vous voyez la densité de ce début c'est tellement beau que je vais recommencer sans une interruption en bleu adorable fleurit le toit de métal du clocher alentour plane un cri d'hirondelles
29:01 autour s'étend le bleu le plus touchant le soleil au-dessus va très haut et colore la tôle mais silencieuse là-haut dans le vent crie la girouette quand quelqu'un descend au-dessous de la cloche les marches alors vous voyez j'aspire le silence est vie on était un peu étranglé par l'infini car lorsque le corps à tel point se détache vous voyez quelqu'un qui descend une marche le corps il n'y avait plus le corps humain il n'y avait pas de contour il n'y avait aucune gestalt comme on dit en allemand aucune forme aucune structure il n'y avait que le bleu l'infini et descend la girouette qui crie silencieusement quand quelqu'un descend en dessous de la cloche les marches alors le silence est vie car lorsque le corps le corps de l'homme à tel point se détache une figure ça y est on y est la forme la gestalt le contour la structure une figure sitôt ressort de l'homme quel début d'une beauté à peine soutenable
30:11 les fenêtres d'où tintent les cloches vous avez vu tous les étais de bois sur la photo autour des cloches souvent c'est là où il y a le gros œuvre les poutres la charpente là où il y a les cloches les fenêtres d'où tintent les cloches sont comme des portes qu'est-ce qu'il y a en commun les fenêtres les portes le bois la forêt les fenêtres d'où tintent les cloches sont comme des portes par vertu de leur beauté oui les portes encore étant de la nature sont en bois non elles sont à l'image des arbres de la forêt n'oublions pas que ceci a été écrit quand ce pauvre fou comme on disait avec une commisération un peu déplacée était hébergé à son âge à cet étrange menuisier qu'il a arraché à la clinique où il subissait des traitements je vous passe le détail et où il avait les crises de folie furieuse et il s'est calmé dès qu'il a été en compagnie du menuisier et de sa famille qu'il n'a toujours considéré ni comme un monument ni comme une idole
31:21 ni comme un pauvre fou qu'il ne faut même pas entendre mais comme un compagnon les portes encore étant de la nature et sont à l'image des arbres de la forêt mais la pureté est-elle beauté aussi du divers au-dedans alors on laisse la forêt on arrive au-dedans vous savez les petites chapelles isolées comme ça les petites églises de Patelin elles ont toutes un look un peu commun que ce soit en Grèce en Allemagne il y a des petites différences culturelles mais c'est assez dépouillé il y a quelques objets un art naïf du divers au-dedans naît un esprit sévère c'est l'introduction un peu c'est sobre surtout chez les protestants il n'y a pas grand chose comme décoration si simples sont les images si saintes que parfois on a peur en vérité elles ici les images de les décrire là il est menacé par une autre transgression n'est-ce pas
32:31 c'est de troubler la simplicité et la pureté qu'il trouve dans ce lieu à l'intérieur on a quitté les les hirondelles qui planent autour du clocher la tôle qui scintille au soleil je pense à Balzac dans Le Lys dans la vallée lorsque le héros voit tout d'un coup pour la première fois après une longue marche le château où se situe la dame de sa recherche le soleil faisait pétiller les ardoises de son château les grands écrivains le mot juste le soleil faisait pétiller on a quitté ça on est à l'ombre on est rassuré il y a des formes déterminées et des objets très simples si simples sont les images si simples que parfois on a peur en vérité elles ici de les décrire mais les célestes qui sont toujours bons du tout comme riches ont cette vertu et la joie l'homme en cela peut les imiter un homme quand la vie n'est que fatigue quel est celui celle d'entre nous qui ne pourrait pas répéter pour soi pour elle pour lui-même
La mesure de l'homme et l'absolu déchirement
33:41 ce passage n'est-ce pas un homme quand la vie n'est que fatigue un homme peut-il regarder en haut et dire tel aussi voudrais-je être comme au début du point on était en regardé en haut oui tant que dans son cœur dure la bienveillance toujours pure l'homme peut pas doit peut aller se mesurer avec le divin non sans bonheur Dieu est-il inconnu disons pas que c'est des jeunes théologiens à l'origine de ça est-il comme le ciel évident et on revient au bleu tout à l'heure je le croirai plutôt telle est la mesure de l'homme alors vous direz mais c'est que toutes ces bondieuseries là on est loin écoutez bien la suite telle est la mesure de l'homme riche en mérite l'homme l'homme est riche en mérite ça c'est le fameux chœur de Sophocle que Hölderlin connaissait par cœur l'homme a maté alors qu'il a dompté les chevaux riche en mérite mais poétiquement toujours habite l'homme mais écoutez bien on a rarement fait
34:51 moins écologique que ce qui suit contre une certaine sollicitation de le dernier vers des choses qui se serait détourné avec mépris mais l'ombre de la nuit avec les étoiles qu'est-ce qu'il y a de plus beau n'est-ce pas c'est Kant qui disait tant que j'aurais la voûte étoilée du ciel au-dessus de moi et la loi morale dans mon cœur vous voyez ils savaient tout ça par cœur les jeunes séminaristes là mais là il ne dit pas ça mais l'ombre de la nuit avec les étoiles n'est pas plus pure si j'ose le dire contre l'idéologie dominante d'aujourd'hui n'est-ce pas n'est pas plus pure que l'homme qu'il faut appeler une image de Dieu est-il sur la terre une mesure et la réponse est tragique il n'en est aucune jamais monde du créateur n'a suspendu le cours du tonnerre elle-même une fleur est belle parce qu'elle fleurit sous le soleil souvent l'œil trouve en cette vie des créatures
36:01 qui seraient plus beaux de nommer encore que les fleurs oh comme je le sais car à saigner de son corps et au cœur même de n'être plus entier Dieu a-t-il plaisir un Dieu qui est comme on dirait Hegel absolu déchirement je n'interprète pas à saigner de son corps et au cœur même de n'être plus entier Dieu a-t-il plaisir quel mystère je cite en écho à ce que dit Hölderlin là je fais exprès parce que tout a été fait pour opposer Hölderlin à Hegel n'est-ce pas du côté des plus nazis soit dit en passant et puis voilà que tout d'un coup lorsque Hegel dit l'esprit ne conquiert sa vérité qu'à la condition de se retrouver soi-même dans l'absolu déchirement donc je répète car à saigner de son corps et au cœur même de n'être plus entier lorsqu'un excès
37:11 de beauté Dieu a-t-il plaisir mais l'âme doit demeurer je le crois pure ce mot revient tout le temps c'est le plus mal défini on commence à comprendre ce que veut dire pure à chaque fois c'est ce qui essaye de résister à ce que serait l'impureté c'est de se laisser aller à cette infinité qui n'est pas l'ordre de l'homme et là je ne peux pas m'empêcher de rappeler ou bien de faire découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore entendu puisque je constate avec bonheur qu'il y a beaucoup de nouveaux adhérents qui viennent s'agréger à notre petite communauté petite communauté je fais la parenthèse qui s'élargit et que je remercie de sa solidarité dans la cagnotte que nous avons mise en place pour pouvoir financer une traduction anglaise de l'œuvre de Michel Clouscard et à commencer par le capitalisme de la séduction je vous demande de continuer à en parler de faire des efforts et de prêcher la bonne parole si je puis dire car juin commence à se profiler de loin
38:21 mais quand même et on est encore assez loin du compte mais enfin on a progressé et je tenais à vous en remercier au passage donc n'oublions pas cette cagnotte tout ça est sur le site et aussi en bas des vidéos des teasers que j'ai fait pour parler français pour sensibiliser à cette opération de traduction de Clouscard en anglais le site sur lequel on peut apporter sa contribution donc vous voyez à saigner de son corps et au cœur même de n'être plus entier Dieu a-t-il plaisir mais l'âme doit demeurer je le crois pure sinon et c'est presque une manière de parler déjà de la raison pour laquelle il va être séparé de la communauté des hommes sinon de la toute puissance avec ses ailes approche l'aigle avec la louange de son chant et la voix de tant d'oiseaux vous voyez ça s'élargit trop à l'infini c'est l'essence c'est le corps de l'être et vous voyez tout de suite la rupture joli ruisseau oui
39:31 tu as l'air touchant cependant que tu roules clair comme l'œil de la divinité par la voie lactée comme je te connais les larmes pourtant sourdes de l'œil une vie joyeuse une vie allègre je la vois pardon excusez-moi une vie allègre je la vois dans les corps même de la création alentour de moi fleurir une vie joyeuse car je la compare sans erreur alors regardez bien à quoi il compare ceux qui vivent dans le bonheur aux colombes seuls parmi les tombes le rire on le dirait m'afflige pourtant des hommes car j'ai un cœur voudrais-je être une comète je le crois parce qu'elles ont la rapidité de l'oiseau elles fleurissent de feu de nouveau apparemment une tentation de l'infini et sont dans leur pureté de nouveau pareilles à l'enfant souhaiter un bien plus grand regardez le nouveau comme on redescendait tout à l'heure de nouveau par rapport à l'infini le mouvement de mesure
40:42 qui vient souhaiter un bien plus grand la nature de l'homme ne peut en présumer l'allégresse de telle retenue ça veut dire la mesure que je m'impose ici mérite elle aussi d'être louée par l'esprit sévère sobre si vous préférez qui je rétablis la phrase dans l'ordre français qui souffle entre les trois colonnes du jardin l'allégresse telle retenue mérite elle aussi d'être louée par l'esprit sévère qui entre les trois colonnes souffle du jardin colonne mesure mais c'est le monde grec ça c'est plus l'infinité et là je peux dérouler l'anecdote que j'ai déjà dit pour les anciens qu'ils me pardonnent je n'ai fait qu'un voyage en Grèce vous voyez tout ce qu'on peut voir bien sûr mais j'ai été particulièrement frappé par le temple de Poséidon au Cap Sounion si un jour vous allez en Grèce faites une pointe au Cap Sounion c'est à 50 km à l'est d'Athènes à peu près alors pourquoi
Le cap Sounion : l'angle droit face à l'infini
41:53 ça m'a frappé parce que c'est un des rares endroits où l'on voit l'infini en Grèce parce que en Grèce c'est plutôt la côte d'Azur ou comme la Corse c'est très découpé c'est pas l'infini c'est pas l'Atlantique c'est pas non non c'est pas la grande houle océane c'est une presqu'île une île des rochers une baie trois criques à l'intérieur de la baie et la baie dans le golfe là oui là il y a trois infinités au Cap Sounion l'air la lumière la mer le vent et c'est là que les Grecs c'est cet endroit que les Grecs ont choisi pour construire l'angle droit le temple de Poséidon la mesure l'ordre comme s'il voulait nous dire en tournant le dos à l'infini en tournant le dos à la mer ça c'est le monde des dieux laissons-le au dieu pas d'hubris retrouvons-nous ici autour du sacré le sacré pour nous c'est cette mesure et vous allez dire c'est dit tu interprètes
43:03 non non je parle de la Grèce parce que je sais que c'est dans le texte les trois donc je reprends la phrase et j'enchaîne l'allégresse de telle retenue mérite elle aussi d'être louée par l'esprit sévère qui entre les trois colonnes souffle du jardin la belle fille doit couronner son front de fleurs de myrte parce qu'elle est simple par essence et de sentiments mais les myrtes sont en Grèce je vais arrêter là mon commentaire de Hölderlin je vous ai donné la totalité du texte vous le trouverez parce que je ne me sentais pas de charcuté et de couper d'un texte une telle beauté mais sans compter que la deuxième est un peu plus obscure enfin elle nous montrait un peu plus de temps et là j'ai remarqué grâce à vos commentaires auxquels je réponds la prochaine fois n'est-ce pas enfin je réponds surtout aux questions parce qu'il y a des commentaires qui me réjouissent qui flattent ma vanité des fois qui sont très agréables à lire mais ce ne sont pas des questions n'arrêtez pas de les faire
La migration avec un grand M
44:15 moi ça me plaît mais je vais dire je vais donner la priorité à ceux qui posent des questions tout de même et ça peut être les mêmes qui font des louanges et qui posent des questions donc je rappelle tout ce que j'ai dit au début que j'ai essayé de fusionner un peu différents genres de nos interventions et j'ai fait allusion ici j'ai fait un peu le genre lecture à vif si vous voulez et là je passe aux commentaires de la lecture que j'ai fait dans les rêveries analytiques j'avais fait une série qui était sur la sur le pendant la lecture de l'ultime texte en prose rédigé par Nerval c'est à dire Promenades et souvenirs et j'avais découpé ça en deux parties la première c'était vous allez voir comment on revient au début c'était nomade
45:26 ou sédentaire vous retrouvez les racines et la migration enfin là ce serait sédentaire ou nomade nomade ou sédentaire point d'interrogation et la seconde c'était nomade et sédentaire enfin la solution alors disons un peu tout cela au clair d'abord je ne comprends pas pourquoi on ne le dit jamais vous remarquerez que je suis rarement dans les débats des plateaux télé je ne parle pas des noirs et des blancs des hommes et des femmes des jeunes et des vieux des corses et des français et toutes ces idées autour il y aura suffisamment de gens pour en parler en dehors de moi ou si j'en parle c'est pour envoyer dos à dos les prises de position qui se font sur les plateaux télé sur ces sujets captieux qui donnent aussi bien capture n'est-ce pas aussi je vais aborder ce point ce n'est pas que je suis indifférent
46:36 au problème de la migration et des migrants tant s'en faut mais justement on ne parle jamais de la migration avec un grand M de quoi je veux parler ? là pas une migration la migration la vôtre la nôtre celle de l'homme qu'est-ce que c'est que l'anthropologie sinon une histoire un mouvement pas enracinée un mouvement comment ça commence ?
47:10 ça commence par des gens qui sortent des gens je dis des gens exprès des des hominidés on dit maintenant on bafouille qui sortent de l'animalité enfin quelques milliers et dizaines de milliers d'années près qui sortent de la forêt ils étaient encore animaux et qui se risquent dans la savane et bien au-delà de la savane vont faire cette incroyable migration qui vont les amener qui en Moyen-Orient qui aux Indes qui en Chine l'homme de Pékin qui en Dordogne en Espagne Altamira la vallée de la Vézère en Dordogne et Cro-Magnon tout ça c'est les étapes d'une immense migration est-elle finie ?
48:14 il y a des tas d'époques qui ont l'impression que c'est fini il y en a qui se sont fixés longtemps je pense aux égyptiens regardez le temps Platon a été fasciné par la stabilité du pouvoir égyptien pouvoir pharaonique sur des milliers d'années qui dit mieux lui qui était hanté n'est-ce pas par la déstabilisation de sa république qui interdisait du coup dans son projet que les citoyens quittent la cité avant l'âge d'à peu près 50 ans pour ne pas aller chercher des idées de nouveautés ailleurs pour éviter le changement bon vous voyez il y a cette oscillation cette hésitation entre s'enraciner et bouger et je ne prends pas partie aussi peu rappelez-vous cette discussion que nous avions eue suite à la question de plusieurs d'entre vous j'avais consacré ma réponse sous forme d'une vidéo c'était la sécurité est-ce que c'est conservateur
49:25 comme notion ou est-ce que c'est progressiste mais que la question est bête évidemment au premier abord on disait sécurité c'est typique d'un thème qu'à la droite elle a toujours le mot sécurité à la bouche ça c'est vrai statistiquement vous allez à l'assemblée voilà et puis il y a eu maintenant avant même le tremblement de terre avant à la une j'ai vu un bulletin commencer par l'accident de comment il s'appelle l'humoriste là celui qui prend la cocaïne enfin de son instruction à s'accomplir qu'on soupçonne fortement d'avoir pris la cocaïne et d'avoir du coup conduit en état hypnotique euh Palmade je crois quelque chose comme ça bon bref euh mais attendez mais il y a il y a une trentaine d'années un truc comme ça c'était classé dans les faits divers ça faisait une ligne et demie dans une feuille de chou dans une rubrique contre journaliste en argot de journaliste on l'a appelé les chiens crevés pardon il y aurait eu des morts je n'aurais pas dit ça comme ça voilà donc la dimension
50:36 que donne la réaction moindre n'est-ce pas soupçon de ce qui nous met en insécurité et pendant ce temps-là les mêmes sont indifférents à des discours terrifiants dont celui de Macron aujourd'hui qui dit non non il n'est pas question qu'on s'achemine vers la paix avec la Russie c'est-à-dire avec la puissance nucléaire la plus puissante au monde avec les Etats-Unis c'est tout de même pour nos enfants et nos petits-enfants pour nous-mêmes bon allez moi je ne suis pas dans le style je ne m'appelle pas je ne sais pas où est-ce qu'elle avait fait des émissions n'est-ce pas où les populations il y en avait même qui étaient au bord du suicide tout le monde qui les avait affolés avec un débarquement prochain des martiens à la radio non non je ne veux pas mais je n'exagère pas je trouve qu'on exagère non seulement on n'exagère pas mais qu'on ne s'inquiète pas beaucoup donc encore un effet de la manière de ce que sont devenus les médias tout est fait pour nous endormir sur cette violence-là la violence absolue par contre sauf si elle vient
51:46 des Russes ou des Chinois ou des Iraniens par contre l'opinion est terrifiée et les médias se déchaînent pour une violence de fait divers et on fait comme s'il y en avait oui mais ça c'est qu'il n'y en a jamais eu autant ah bon ? regardez les chiffres c'est tout le contraire le nombre de morts d'homicides c'est tout le contraire grave hein quand même grave grave grave vous voyez donc nomade ou sédentaire nomade et sédentaire je rappelle que dans le texte de Nerval oui je suis un peu agacé par un commentaire qu'on m'a fait où on m'a dit vous partez dans tous les sens c'est dommage etc je dis ça tout à fait conforté par ailleurs par l'immense majorité de ceux qui me disent j'ai mis du temps à comprendre mais alors c'est incroyable la cohérence de votre propos bon comme il s'agit de moi je ne m'attarde pas mais enfin quand même je veux dire quand j'ai fait
Nerval : chercher un domicile en bougeant
52:56 des trucs sur Nerval et non pas ni sur la guerre en Ukraine ni rien du tout c'est vraiment un commentaire d'un texte qui se passe dans les plus belles régions d'Île de France ils vont suivre ça marche à pied quelquefois en train au départ c'était quoi le pitch de la nouvelle la première phrase il est véritablement difficile de trouver à se loger dans Paris tiens donc ça commence par l'enracinement par la quête du domicile arrêtons de bouger Nerval l'écrivain du voyage par excellence qui est devenu par son premier texte célèbre en prose de longue haleine le voyage en Orient il a fait lui aussi son voyage en Orient même s'il est seul à ne parler ni des pyramides ni du sphinx de choses beaucoup plus intéressantes quelque part Nerval avec ses voyages en Allemagne dans les Flandres bien sûr et surtout autour de Paris dans les dernières années où il voit ses plus grands chefs d'oeuvre ceux que Proust vénérait mais comment il dit avec le temps la passion des longs voyages s'éteint le cercle se rétrécit donc
54:11 il cherche un domicile et pour le chercher il va bouger vous voyez ça va être une succession de fausses promesses ici ça va ici ça va pas là c'est trop cher qui va nous emmener à Saint-Germain à Versailles donc vous voyez nomade ou sédentaire est-ce qu'il vaut mieux n'est-ce pas continuer après tout à se déplacer ou bien enfin fondé un foyer une maison c'est les problèmes que chacun vise que chacun rencontre tôt ou tard que de fois dans les couples n'est-ce pas on entend récemment il y a un époux je ne veux pas prendre le parti de l'époux contre l'épouse mais il me disait pendant des années elle m'a dit oh là là tout le monde voyage sauf nous là regarde il y a Marie-Antoinette qui m'a dit que oh là là ils avaient été aux Maldives bref donc je me suis décidé à voyager et puis maintenant elle dit ce serait bien si on avait un petit truc à nous un petit cotage un petit cottage un petit propriétaire
55:22 à la campagne en résidence secondaire loin de la ville bon bref c'est une situation normale moi je ne charge personne n'est-ce pas elle fait ce que Nerval se la pose lui-même nomade ou sédentaire et voilà comment ça se termine lorsqu'il est à Senlis toujours dans ses pérégrinations toujours dans le même périmètre n'est-ce pas dans le même territoire le Valois territoire qui est connoté avec le monde maternel chez lui où il a passé une partie de son enfance mais où il y a tellement de choses intéressantes en dehors de ce qui est propre à la biographie de Nerval et dont il ne se lasse pas de nous entretenir parce que ça c'est d'intérêt commun tout d'un coup il est surpris par l'inverse en plein Senlis rappelez-vous et je le dis aussi pour les nouveaux arrivés je le rapprends il va se réfugier où ?
56:16 dans une voiture enfin une voiture une roulotte de gens du voyage de Roms comme on dit aujourd'hui de romanichels comme on disait à l'époque de gens du voyage et on l'accueille il se trouve dans une famille qui prépare des spectacles quand ils sont dans les villes comme ça ils donnent des spectacles ils ont des petites lettres d'attestation qu'ils ont été bien reçues par des petites notabilités et donc Nerval se retrouve un peu dans le monde du théâtre mais dans dans l'enceinte de cette roulotte il y a une fille qui essaie de faire des pas de danse un père qui donne des instructions à un jeune premier pendant que la pluie tombe sur les tôles de la roulotte et Nerval c'est peut-être ça la solution c'est d'habiter dans quelque chose qui bouge voilà en quoi j'ai donné dans la rêverie analytique vous savez que notre genre
Œdipe, pauvre étranger en Grèce
57:26 rêverie analytique c'est quand j'opère une dérive rigoureuse et toujours basée sur des textes auxquels je vous renvoie et bien je vais quand même passer au dernier vers de En bleu adorable si Pierre-Alain veut bien me le remettre les derniers vers parce qu'on avait commencé par ce qu'il y a de plus stable le patelin le village le clocher mais on avait même là dans ce qui est le plus déterminé le plus clos le plus fini le petit monde bien Mein Heim ist mein Welt comme dit l'allemand moyen mon chez moi c'est mon monde Welt et voilà qu'à la fin juste un petit peu un vers avant si tu peux dire à la lorsqu'il parle du voilà merci voilà très bien allusion encore à la mythologie je commence à là-haut vous voyez juste après le point d'interrogation oui lutter comme Héraclès avec Dieu c'est là une douleur mais être
58:38 de ceux qui ne meurent pas donc là il parle des dieux les immortels mais être de ceux qui ne meurent pas et que la vie jalouse est aussi une douleur quelle dialectique douleur du côté de l'homme douleur du côté de Dieu on revient un peu au début douleur aussi cependant lorsque l'été un homme est couvert de rousseur être couvert des pieds à la tête de maintes taches tel est le travail du beau soleil car il appelle toutes choses à sa fin jeune il éclaire la route au vivant il y a une séduction au départ du soleil du charme de ses rayons comme avec des roses de telles douleurs elles paraissent qu'Œdipe a supporté il vient de publier sa dernière publication à peu près lucide c'est les remarques sur les traductions qui vient d'opérer d'Œdipe et d'Antigone de Sophocle telle douleur elle paraissent qu'Œdipe a supporté vous savez qu'Œdipe je le rappelle tout de même
59:48 parce qu'il y en a qui ne les savent pas on fait savoir de moins en moins de choses à la transmission basique chacun devrait savoir ça pour le crime le plus monstrueux qui soit vu du point de vue de ses contemporains à vous de juger moi je ne fais pas la moindre bon le fait qu'il ait tué son père et qu'il ait épousé sa mère à chaque fois ne sachant pas que c'est son père et sa mère ça c'est compliqué ce qu'on sait ce qu'on ne sait pas mais devant une chose aussi épouvantable il a subi le plus grave châtiment qu'on peut subir en Grèce c'est pas la mise à mort les Grecs étaient prêts c'est pas à mourir pour sur le champ de bataille c'est pas la question non non leur plus grande valeur c'est la cité là où il y a la mesure la cité la police P.O.L.I.S n'est pas et là il est condamné à errer entre les cités sans jamais appartenir à aucune toute le rejette jusqu'à la fin je vous le dis parce que c'est pas dans c'est pas dans l'Oedipe roi c'est dans l'Œdipe à Colone la suite et fin de la lamentable histoire d'Oedipe
1:01:00 lorsqu'il arrive dans les parages d'Athènes et que là le roi d'Athènes le jeune Thésée à l'époque l'autorise à venir mourir dans le périmètre de la cité qu'il dirige mais ça je vous renvoie à Œdipe à Colone en attendant telle douleur elle paraisse je reprends mon fil et mon texte qu'Oedipe a supporté d'un homme le pauvre qui se plaint de quelque chose fils de Laïos et son père pauvre étranger en Grèce mais regardez c'est le dernier vers vivre est une mort et la mort est aussi une vie mais je reviens à l'avant-dernier vers on était parti du clocher de l'église du village d'Allemagne des racines de l'immobilité comme Nerval non je ne fais pas dans tous les sens je répète toujours la même chose et là il est comme un migrant un étranger en Grèce lui qui était roi de Thèbes fils de Laïos pauvre étranger en Grèce vivre est une mort et la mort est aussi une vie voilà écoutez je vous remercie très profondément
Perceval, le Graal et le juif errant
1:02:11 d'avoir été au rendez-vous ce soir mais j'espère il y a peut-être les réponses aux questions écrites et les commentaires je les renvoie donc à la prochaine fois mais je ne vais pas question que je sucre les questions si tant est que vous en avez posé ce soir ce que je vais vite savoir grâce à Pierre Allen il n'y a pas vraiment de questions il y a plutôt des commentaires on va voir ça est-ce que tu peux regarder soit tu sais il y a la question de Philippe Moreau sur Perceval je ne sais pas si il y a alors je ne les vois pas là alors je me tend ah si il y a une difficulté pour les projeter moi je les ai sur un autre est-ce que il n'y a pas vraiment de questions pour l'instant tu sais la question de Philippe Moreau sur Perceval oui mais il faudrait que je la vois pour la relire pour le public je te la mets voilà voilà on va commencer par une question de notre fidèle camarade ami ex-régisseur Philippe Moreau suite à
1:03:21 la causerie que j'avais faite sur l'hésitation de Perceval qui au lieu d'aller saluer comme fait tout le monde le roi Arthur reste fasciné par les trois taches de sang sur la neige l'oiseau qui n'a fait que blesser l'oiseau s'est envolé mais lui au lieu de le poursuivre il reste fasciné par les roses sur les lys et là Philippe Moreau fait des rapprochements y a-t-il un lien à faire entre Perceval qui ne pose pas la question qui sauverait le roi Pêcheur je rappelle que tous les malheurs de Perceval et ses errements et son aventure qui prolonge ses aventures sont imputables d'après le Prud'homme le Prud'homme à l'époque c'est un sage un ermite qui vit dans la forêt qui est censé voir clair que son mutisme car il a vu le roi Pêcheur qui dirige il a vu la monstration du Graal
1:04:31 alors que tous les chevaliers à table ronde cherchent désespérément à voir le Graal et lui il l'a vu il a vu qu'on promenait le Graal qui est un plat en gros je ne dis pas ce que c'est ça ne suffit pas mais enfin c'est lié à la nourriture quand on transporte le Graal c'est pour aller nourrir quelqu'un en l'occurrence ici le roi Pêcheur il a vu ça dans le château dans lequel l'ont amené ses aventures et il n'a pas posé la question stupéfait un peu idiot comme il est souvent le fol il n'a pas posé la question et je rappelle quand même pour montrer à quel point ça a été une faute grave de conséquence lorsqu'enfin il était à la cour du roi Arthur lorsqu'on l'a admis après qu'il ait défait tous les chevaliers qui voulaient troubler sa rêverie devant les taches de sang sur la neige et lorsque le bon Gauvain le chevalier modèle à l'époque en toute courtoisie il va lui dire il ne faut pas le forcer il pense peut-être il a peut-être fait vœu de silence il va le chercher il lui parle amicalement et il l'amène à la cour du roi Arthur il est un peu le prince de la fête ce soir-là et voilà comme au moment où il devient
1:05:41 enfin mondain au sens de Michel Clouscard dans l'évangile on dit que le diable le sens du mal est le prince de ce monde au moment où il commence enfin à avoir un succès mondain débute tout d'un coup une créature comme celle du Moyen-Âge sait en forger un peu comme les gargouilles là vous voyez la messagère du Graal dents comme du jaune d'œuf yeux de singe ou bien de chat enfin vous voyez le portrait terrifiant de faire de ces êtres elle ne salue personne elle va directement à Perceval qui est à table et lui dit ah Perceval tu as vu le Graal et tu n'as pas parlé tu n'as pas demandé à quel riche roi on en servait or si toi demandais tu l'eusses le riche roi qui s'en effraie fut guéri de sa plaie et laissait le monde en paix et bien c'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd avec Philippe qui nous dit y a-t-il un lien à faire entre Perceval qui ne pose pas la question donc le mutisme qui sauverait le roi pêcheur et Josué successeur de Moïse vous trouvez ça dans le Deutéronome d'abord lorsqu'il est compagnon du Moïse
1:06:51 s'est vieillissant Josué et puis après dans le livre qui s'appelle lui-même Josué soit c'est dans le Pentateuque bien sûr dans l'Ancien Testament successeur de Moïse qui ne lui pose pas de question avant sa mort à Moïse et perd ainsi un grand nombre des lois divines et là question hypothétique apparemment de Philippe trou qui sera à l'origine du questionnement fondamental juif qu'est-ce qu'être juif éternel problème que pose le juif intéressant le problème de l'identité on n'est plus dans le thème de la migration là ah bon le juif c'est le juif errant tout au long de l'histoire de l'Europe c'est le migrant par excellence vous voyez on dit que l'histoire du vaisseau fantôme dont Wagner a fait un de ses opéras de jeunesse et qu'on appelle en Allemagne Der fliegende Holländer le Hollandais volant car c'est une légende qui vient du monde de la marine des Hollandais qui du camp c'est à l'origine ce serait inspiré par
1:08:03 la légende du juif Ahasvérus qui était condamné pour avoir péché à errer sur la terre c'est pas sans domicile et puis un jour le capitaine d'un navire hollandais a blasphémé enfin et il a il a juré contre Dieu parce que la tempête ne se calmait pas et du coup il a été condamné à errer sur les mers sans jamais pouvoir aborder de nouveau l'instabilité l'indéfini la mer l'infinité et tous les sept ans il peut aborder quelque temps pas longtemps sur la terre et là il faut qu'il trouve vite une petite femme qui lui jure fidélité jusqu'à sa mort s'il veut échapper à son destin ne pas retourner dans l'instabilité des flots voilà pour la suite la suite est fin vous regarderez l'histoire Wagner le vaisseau fantôme et le pitch alors sauf que alors si on peut progresser un peu parce qu'il y a une deuxième il y a une deuxième partie de la question qu'il a rajoutée après coup Philippe où il fait un rapprochement aussi avec un autre silence
Devant la loi de Kafka ; Josué n'a rien omis
1:09:13 qu'il a très judicieusement repéré dans Kafka on va reprendre tout ça après je te la mets si tu veux ok sinon sinon je me rappelle c'est silence du paysan qui ne pose pas la question donc il la pose quand c'est bien tard voilà j'ajoute à cette question un autre lien donc un autre cas de mutisme avec dans le procès de Kafka la question non posée au gardien de la porte de la loi bon alors oui je réponds oui il y a un lien avec le silence dont parle Kafka je rappelle le pitch pour ceux qui ne connaissent pas ce récit c'est un récit auquel on a droit vers l'avant-dernier chapitre du procès celui qui se passe à l'église pour faire visiter l'église à un client bref et il se trouve que le client n'est pas au rendez-vous il fait très sombre et en fait
1:10:23 dans l'église elle est déserte il y a une vieille femme qui prie c'est tout ce qu'il y a et encore en silence et Kafka est sur le point de partir puisque son rendez-vous n'est pas au rendez-vous à ce moment-là il est appelé par son nom par un prêtre qui est aumônier des prisons on va l'apprendre alors qu'il est en plein procès et un étrange dialogue s'engage et comme Joseph K qui est le personnage principal n'est-ce pas de ce roman le procès s'empresse toujours d'une manière un peu trop rapide de solutionner des problèmes et des questions qui se soulèvent le prêtre lui dit lui fait cette histoire on raconte qu'un jour un homme vient de la campagne donc un paysan pour interroger la loi donc il vient au palais de la loi et là il veut rentrer sauf qu'il y a un gardien à l'entrée qui veut dire je ne peux pas te laisser rentrer maintenant l'autre qui ne s'attendait pas qui pensait que la loi était ouverte à tout le monde qui ne pensait pas qu'il y aurait des obstacles regarde un peu comme ça de côté pour voir ce qu'il y a
1:11:33 derrière le gardien ce qui fait rire le gardien il dit tu peux regarder tant que tu veux derrière moi il y a cette salle et devant chaque salle devant chaque porte il y a encore un gardien de plus en plus terrifiant déjà à partir du deuxième je ne peux plus supporter leur vue il ne s'était pas attendu à tous ces problèmes allez je vais vite il va passer sa vie là sur le seuil de l'entrée de la loi il essaye des tas de choses pour essayer de séduire le gardien de le corrompre il lui offre des biscuits des trucs il laisse passer le gardien il est inflexible bien sûr il fait son boulot et il est devenu tellement vieux à la fin il ne peut même plus se lever donc il fait signe au gardien de se baisser comme ça et le gardien se baisse en disant cette phrase qui faisait éclater de rire le gardien dit que veux-tu encore savoir tu es insatiable n'est-ce pas ?
1:12:27 oui et là il pose la question comment se fait-il que depuis que je suis là depuis des années personne n'est venu consulter la loi et là l'autre lui répond en criant parce qu'il est devenu un peu sourd en criant dans l'oreille cette entrée n'était faite que pour toi maintenant il est trop tard je pars mais je pars et je ferme la porte voilà ce texte que Philippe Mourot a bien raison de mettre en liaison avec le silence de Perceval qui n'a pas posé la question à qui on sert le Graal et pourquoi le roi pêcheur a sa lumière et ainsi de suite donc par contre je reviens à Josué je n'ai pas trouvé à quoi Philippe faisait allusion il me semble connaître assez bien le livre de Deutéronome et de Josué qui enchaîne après je me suis dit est-ce que ça m'a échappé un verset mais nulle part il n'est question d'une question que Josué
1:13:37 aurait omis de poser à Moïse juste avant sa mort c'est vrai qu'on voit très bien les derniers instants de Moïse qui doit monter sur la montagne suite à ce que lui dit l'Éternel et voilà il y a bien un colloque entre Moïse et Josué tout seul dans la tente où ils se retirent tous les deux avec l'Éternel qui prend la forme d'une colonne de fumée devant l'entrée et la tente ça je me rappelle bien mais la preuve qu'il n'a rien oublié de ce que Moïse lui a dit si tu peux descendre un tout petit peu de deux lignes descendre le texte voilà merci voilà il est dit en toutes lettres par contre dans le début du livre de Josué il n'y eut rien de tout ce que Moïse avait prescrit que Josué ne lût en présence de toute l'assemblée d'Israël des femmes et des enfants et des étrangers qui marchaient au milieu d'eux donc ou bien il y a une interpolation comme on dit dans les textes sacrés ça arrive souvent c'est à dire une variante qui m'a échappé et qui est dans une édition critique peut-être plus complète
1:14:47 à ce moment là je serais ravi que Philippe me la transmette mais là pour l'instant j'ai consulté plusieurs bibles je n'ai trouvé nulle part cette histoire de questions omises par Josué juste avant la mort de Moïse et qui serait qui aurait du coup chouravé si je puis dire en termes très familiers au peuple juif une grande partie de sa mémoire n'est-ce pas faute de ce trou dans la transmission voilà y a-t-il d'autres questions et bien écoutez je suis très flatté et très gratifié par ce genre de questions merci beaucoup Philippe je rappelle que le genre lecture à vif qui a été initié par Philippe va se prolonger bientôt sans doute dans les jours qui viennent je ne peux pas vous en dire plus dès que ce sera précisé vous le saurez et en tout cas je vous donnerai rendez-vous dans une quinzaine de jours pour la suite de nos ateliers réguliers
1:15:57 et si possible en direct voilà merci mille fois à la Régie Technique à Pierre Alain au chat qui n'est pas passé juste devant sur le clavier devant la caméra même s'il fait du bruit là et surtout à vous merci beaucoup de votre fidélité et j'attends avec impatience vos commentaires et questions à très bientôt