Dominique Pagani situe Schoenberg dans le prolongement de Wagner : la seconde école de Vienne sort des harmonies de Tristan et hérite de l'assouplissement de l'écriture wagnérienne, tout en rompant avec elle1. Il juge le jeune Schoenberg des Gurre-Lieder et de La Nuit transfigurée « paroxystiquement romantique ». Il décrit ensuite l'abandon de la tonalité, puis la série de douze sons, qui interdit toute note privilégiée. Il voit dans Pierrot lunaire une musique strictement inouïe, « comme une danse en apesanteur »2. Il le rapproche de Bach pour la rigueur et la complexité de l'écriture3 et l'oppose à Stravinsky. Il lit de près Moïse et Aaron : Moïse détient la vérité d'un Dieu irreprésentable mais ne sait pas parler aux hommes, alors qu'Aaron sait le faire4. Il tient Die Jakobsleiter pour l'un des grands chefs-d'œuvre vocaux du XXe siècle. Il évoque aussi l'exil de ce compositeur juif, expulsé d'une germanité qu'il vivait de l'intérieur. Il dit aimer cette musique, mais note qu'elle a perdu le contact avec les peuples et s'est éloignée du grand public5.
Synthèse établie automatiquement à partir de 56 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Arnold Schönberg, ou Arnold Schoenberg est un compositeur, peintre et théoricien autrichien né le 13 septembre 1874 à Vienne, et mort le 13 juillet 1951 à Los Angeles. Deux siècles après Jean-Sébastien Bach et Jean-Philippe Rameau, qui avaient posé les fondements de la musique tonale, il chercha à émanciper la musique de la tonalité et inventa le dodécaphonisme, qui aura une influence marquante sur une part de la musique du XXe siècle.
16:57Seul à avoir une écriture d'une complexité comparable à celle de Bach.
24:47La deuxième école de Vienne opère une rupture totale, opposée à celle de Stravinsky.
47:41Pierrot lunairePart du plus récent, la tonalité diluée de Tristan, et la supprime : musique strictement inouïe, comme une danse en apesanteur.
1:27:58Gurre-LiederLe jeune Schoenberg, des Gurre-Lieder et de la Nuit transfigurée, est paroxystiquement romantique mais ignore les écoles nationales.