Transcription automatique (Whisper), non relue — cliquez pour aller au passage.
Retour après une interruption : parler de la guerre
0:00 Bonjour, heureux de vous retrouver, très heureux même. Je me confonds en excuses au nom de toute l'équipe, c'est plusieurs causes indépendantes les unes des autres. La première étant surtout technique, c'est-à-dire, il y avait dans notre matériel de capture, d'image et de son, il y avait des maintenances à faire et qui ont révélé que le matériel marche très bien d'ailleurs.
0:43 Mais c'était nécessaire et par ailleurs, on a eu des petits problèmes de santé, malheureusement, rien de grave cette fois, mais qui ont affecté l'un puis l'autre. Voilà. Et tout ça a fait qu'on a dû bouleverser un petit peu notre emploi du temps et surtout nos rendez-vous, décaler nos rendez-vous. Je ne vais pas continuer à vous faire perdre du temps.
1:13 J'en profite quand même, oui, pour vous confirmer que cette fois-ci, à nouveau, actualité oblige, je vais parler de la conjoncture. Vous devinez qu'il va être question de la guerre, pour résumer de la manière la plus elliptique possible.
1:45 Voilà. Mais je ne suis pas ni un spécialiste du déroulement des opérations, ni jamais la... Vous savez que... Une phrase célèbre de... Je crois que c'est Valéry ou Churchill, enfin je ne sais plus, mais une phrase en tout cas qui est... Sur laquelle tout le monde peut se mettre d'accord, c'est que la première victime de toute guerre, c'est la vérité.
2:15 Voilà. Il semble qu'on l'ait énormément oublié ces temps-ci, parce que la vérité, tout le monde baigne dans la vérité dans nos médias. Dans la même vérité. Je n'ai jamais vu ça, 75 ans passés. Je n'ai jamais vu... Je vécu les guerres d'Algérie, d'Indochine, de Corée, j'étais petit, genre... Les guerres du Golfe, la première, la seconde, l'invasion de l'Irak, la Libye. Je n'ai... On discutait pendant la guerre d'Algérie, il y avait des pours, des contres.
2:46 Jamais je n'ai vu aussi peu de discussion dans les médias, je crois. Dès qu'on descend dans la population, c'est différent. Mais... Vous allez croire que je suis obsédé. Mais la même phrase me revient, et vous devinez. C'est parce que, hélas, elle est dans le contexte où je vous l'avais introduite, les pulsions de mort progressent en silence. Ce qui m'effraie, ce qui... Parce qu'on n'est pas tiré d'affaires, vous savez, en termes de péril suprême.
3:20 On n'est pas tiré d'affaires. Je ne suis certain de rien. Je suis encore moins prophète. On n'est pas tiré d'affaires. Aujourd'hui même, j'ai appris que maintenant, l'OTAN propose de fournir aux Ukrainiens qui sont sur la côte, là, Odessa, des missiles permettant de couler des navires qui sont au large. Donc, l'huile sur le feu continue. La chair à canon, elle est ukrainienne. C'est magnifique, n'est-ce pas ? C'est magnifique, je veux dire. Il n'y a pas de soldats de l'OTAN, il n'y a pas d'opinion publique à ménager, les boys, n'est-ce pas ?
3:55 Ce n'est pas comme en Afghanistan ou en Irak, ils ne reviennent pas dans les cercueils. Au Vietnam, n'en parlons pas. Pour l'instant, pour l'instant. Mais, une fois que la chair à canon ne sera plus disponible, comment on va faire ? N'est-ce pas ? Les pulsions de mort progressent en silence. Je me sers de cette phrase pour vous dire que le but, ce soir, c'est de donner la parole à ce silence effarant. A ce dont on ne vous parle jamais. Aussi peu que ça ne vaut même pas la peine d'en parler.
Anti-atlantiste, pas anti-américain
4:25 La preuve, c'est qu'on n'en parle pas. Voilà. Mais, je ne fais pas aujourd'hui une approche générale de la conjoncture géopolitique. Non. Aujourd'hui, je réponds plus précisément à des courriers que j'ai reçus à titre personnel, d'amis, de vrais amis, n'est-ce pas ? qui me reproche, en termes parfois véhéments, d'ailleurs, même si, sans jamais remettre en question notre amitié, enfin, il ne m'a pas semblé en tout cas, qui me reproche mon alignement inconditionnel sur le Kremlin, ma poutinophilie, mon américanophobie, je veux dire, voilà.
5:14 Alors, c'est à ça que je voudrais répondre aujourd'hui à travers ce prisme de réponses à mes amis. Je ne les nomme pas, d'abord par courtoisie pour eux, parce que, je veux dire, d'abord, ils expriment l'idée la plus répandue actuellement, médiatiquement, donc ça ne sert à rien de donner des noms propres, mais il peut y avoir des petites nuances dans les courriers des uns et des autres, mais tous reviennent un petit peu sur la même chose, c'est que, allez, allons-y, et commençons. Je suis aveuglé par ma haine de l'Amérique.
5:50 Je dois approcher les 500 vidéos autour de deux heures, en moyenne, chacune en moyenne. Ça fait quand même pas mal de temps d'antenne. Je ne sais pas comment il faut dire maintenant. Sur ces 500-là, il m'arrive très souvent d'aborder la question de mon rapport à la politique des États-Unis et d'Amérique, forcément, vu la place qu'elle occupe sur l'échiquier mondial. Et à chaque fois, si vous écoutez bien, je vous y renvoie.
6:20 Donc voilà, pas besoin de me faire des procès d'intention. Il y a du flagrant délit sur mes vidéos. À chaque fois, je dis, je ne fais pas de l'anti-américanisme, je ne bouffe pas de l'américain. C'est même comme ça, en général, que je le tourne d'une manière un peu plus familière, si je peux me permettre. Et j'ajoute à chaque fois, je répète, puisque c'est inaudible, je m'obstine à le répéter quand même. Je donne la voix au silence. Parce que tout se passe comme si, malgré mes précautions, ça retombait dans le silence.
6:51 ce n'était pas entendu. Alors, je répète ce que je dis à chaque fois, que l'anti-américanisme est une tradition d'abord de droite. Je n'en suis pas. L'américain, c'est des Anglais en plus vulgaire, en plus voyou, en plus mal élevé, en plus inculte, en plus préjugé. D'accord ? Non, non, j'ai le culte de Kubrick, de Chaplin, de Clifford Brown, de Charlie Parker, de George Gershwin, de Faulkner, qui a des côtés conservateurs, qui est un écrivain magnifique, peut-être l'un des plus beaux hymnes qu'on ait fait à ce qu'on a appelé à une certaine époque d'une manière laudative, la négritude, c'est sans doute dans le bruit et la fureur qu'on trouve à propos des esclaves.
7:44 afro-américains, comme disent les politiquement corrects, alors que les Africains disent les Blancs, ils ne sont pas tout à fait idiots, ils ne disent pas les Euro-Caucasiens, je ne sais quoi. Donc, à chaque fois, je dis, c'est un thème de droite, l'anti-américanisme, je fais de l'anti-atlantisme, et un atlantisme peut, et souvent, ne pas être américain.
8:14 Les plus atlantistes, c'est les Polonais, les Baltes, les Ukrainiens. Chez nous, c'est Sarkozy, Hollande, je dis ça parce que, vous voyez, il n'y a pas de jaloux, les nuances entre la gauche et la droite, elles explosent, n'est-ce pas ? Cette gauche et cette droite-là, n'est-ce pas ? Il y a belle lurette que cette gauche n'est plus de gauche. Je dis ça pour me démarquer de ceux qui disent que ça ne veut plus rien dire la droite, la gauche ? Si, c'est pas parce que la gauche est abandonnée que ça ne veut plus rien dire.
8:44 Elle est simplement provisoirement désertée. Oui, voilà, je veux dire, on peut être atlantiste et nigérien, néo-zélandais, je veux dire, c'est pas propre à l'Amérique. Bien sûr, les États-Unis sont le navire amiral, mais ça, c'est l'exécutif américain. Et de même que les Amériques, les Vietnamiens, et quelle conscience politique ! Oh mon Dieu, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu une conscience politique comme ça au niveau d'un exécutif.
9:15 De même que le gouvernement, les autorités du Vietnam du Nord, comme on disait à l'époque, quand le Vietnam n'était pas encore réunifié et qu'il croulait sur la plus grande quantité de bombes jamais larguées dans l'histoire humaine, puisqu'il y a eu plus de bombes larguées sur la péninsule indo-chinoise, surtout si on cumule le Vietnam, le Laos, Cambodge, etc., que sur tous les champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale, renseignez-vous, ne croyez pas sur parole, ne croyez jamais sur parole, ça c'est du mesurable, donc c'est facile à se mettre d'accord, n'est-ce pas ? Il n'est de science que du mesurable.
9:48 Croulant sous les bombes, il ne perdait jamais une occasion de dire qu'il n'en voulait pas au grand peuple américain, mais qu'il en voulait à la politique criminelle du Pentagone et de l'exécutif du gouvernement des États-Unis d'Amérique, qui, il est vrai, a une continuité assez terrifiante depuis les pères fondateurs, vous savez, les grands démocrates, les Washington, les Jefferson, tous des esclavagistes. Oui. Enfin, mais je ne mets pas dans, encore une fois, des millions d'Américains qui ont protesté contre ça.
L'unanimisme des médias et la phrase d'Aristote
10:24 Si on fait le 1er mai, c'est à cause d'une émeute d'ouvriers américains, une émeute sanglante dans les années 1880. Et je rends hommage à cette Amérique-là. Et nous verrons tout à l'heure que je vais, pour montrer que je ne suis pas un suppôt de Poutine, je vais montrer que la critique que je fais de l'effarante unanimisme de nos médias, dont je répète que c'est la première fois que je le vois à ce point-là.
10:58 Je n'ai jamais vu la société médiatique française à ce point. Avant, il y avait des plateaux télé, on se déchirait sur la guerre d'Algérie, du Vietnam, je n'en sais rien, moi. « Taisez-vous Elkabbach ! » Non, non, non, tout le monde est d'accord. C'est une espèce de bouillie sentimentaliste qui est le contraire de l'information. Il faut informer d'abord et puis rien, il n'est pas interdit après de s'apitoyer. Lorsque le jeu en vaut la chandelle, lorsque ce ne sont pas des fake victimes, Dieu sait si malheureusement dans une guerre, il y a des victimes et une victime est déjà une victime de trop.
11:41 Donc, il ne s'agit pas de blanchir quoi que ce soit, mais je vais y revenir tout à l'heure parce que là, il y a encore toute une mécanique qui est en place. Non, mais je veux simplement insister ici sur le fait que ce soit je réponds à mes amis. D'abord, parce que c'est des amis auxquels je tiens à leur amitié, je suis même reconnaissant à leur égard de bien des preuves d'amitié qu'ils m'ont fournis, des preuves humaines, psychiques, matérielles, je veux dire, ce sont des amitiés plus qu'éprouvées et si malgré ça, ils m'envoient leur fléau sur la tête, leur fléau, discussion politique, bien sûr, c'est bien la preuve que la phrase que j'ai mis en exergue de notre direct de ce soir, la belle phrase d'Aristote n'a pas perdu une ride, n'est-ce pas ?
12:41 La mathématique unit les hommes, la rationalité en général, l'universel. La mathématique unit les hommes, la politique les divise. les plus grandes intelligences, les plus belles cultures n'ont jamais été à l'abri de l'aveuglement idéologique. Sans doute, cela doit-il être valable pour moi dans tel ou tel grossissement de ceci ou diminution de cela. je ne prétends pas être une exception à la règle, mais je rappelle que c'est une règle, qu'il ne faut pas s'effarer et jouer les vertus effarouchées quand on prend en flagrant délit une grande intelligence, quelqu'un de cultivé et qui est en même temps dans l'horreur idéologique.
La guerre de l'OTAN contre la Russie
13:28 Alors, je reprends ces reproches qu'on me fait, je viens d'en développer un, c'est que je serai anti-américain. Je ne suis pas anti-américain, je suis anti-atlantiste. Le gouvernement des États-Unis d'Amérique depuis fort longtemps et jamais autant qu'en ce moment depuis bien longtemps, même sous le fascisant Trump, ce n'était pas aussi à droite que maintenant. Mais c'est plus malin, c'est plus sortable.
14:01 C'est là où c'est terrifiant. L'exécutif américain est hyper-atlantiste. Et dès que ça commence à s'arranger, dès qu'il y a des corridors humanitaires qui sont décidés entre Russes et Ukrainiens, immédiatement, l'Amérique intervient pour que la paix échoue, pour pousser les Ukrainiens, c'est la chair à canon. Des expressions comme ça, la chair à canon, n'est-ce pas, qui vont revenir ce soir.
14:36 Oui, le peuple, les populations ukrainiennes, hélas pour elles, sont la chair à canon, avec leur accord ou contre leur accord c'est un autre problème, ça, il faudra faire quand les Ukrainiens seront libres, ce qui est loin d'être le cas. Pour l'instant, il faudra faire des consultations auprès de l'Ukrainien pour savoir ceux qui sont chair à canon de plein gré, ceux qui sont malgré eux. Je dis lorsqu'ils seront libres, parce que, deuxième exemple que je prends sur l'actualité, sur lequel on fait silence, ce silence qui tue, ce silence où les pulsions de mort se déchaînent, on peut tuer, silence, on assassine, vous savez.
15:21 C'est une variation sur la phrase de Freud, que les pulsions de mort progressent en silence, silence, on assassine. ce qui prouve qu'elle est assez féconde, cette formule-là, une des plus profondes de la psychanalyse. C'est les corridors humanitaires. Des discussions extrêmement difficiles entre l'agresseur, c'est la Russie, et c'est l'agresseur. Des combats actuels, c'est elle qui a déclenché la guerre en franchissant la frontière ukrainienne avec ses armées.
15:53 Et l'exécutif ukrainien, des négociations extrêmement difficiles qui se tiennent, il faut le saluer, il y en a que ça gêne, il y en a qui... Et voilà, on a au moins fait une avancée des corridors humanitaires, mais ça ne marche pas parce que ces salaudes de Russes tirent, n'est-ce pas, sur les convois humanitaires, n'est-ce pas ? Alors là, quand on dit ça, on fait silence sur le fait que maintenant que les langues commencent à se délier, que les Russes ont libéré des dizaines de milliers d'habitants de Mariupol dans les bus qu'ils ont affrétés et qu'ils peuvent enfin parler librement sans qu'il y ait des nazis, mais des vrais nazis, avec les insignes, je ne parle pas d'idées nazifiantes ou fascisantes, il y en a pas mal en ce moment, donc je parle de nazis qui s'en réclament.
16:42 dans le plus grand rugri historique, c'est Stalingrad, n'est-ce pas, qui tire en faisant des dizaines, des centaines de cadavres sur les autoroutes qui permettent de sortir de Mariupol ou d'ailleurs, mais surtout à Mariupol, où c'est la fête de plus délégats. Maintenant qu'il y en a qui sont libérés, qui le disent, on ne le dit jamais, n'est-ce pas ? On va voir tout ça. On ne vous le montre pas, on ne vous le dit pas.
17:12 Je suis effrayé par l'information, par l'unanimisme de l'information, encore une fois, à 75 ans passés, je ne l'ai jamais vu à ce point-là. Il faut se réveiller. C'est un cauchemar. Il faut se réveiller. Non pas pour se rassurer, comme souvent, on se réveille d'un cauchemar, on est content, on croit tomber d'une falaise, on se réveille dans son lit, puis tout d'un coup, on est content. Non, non, non.
17:42 Non, pour s'inquiéter encore plus, une fois réveillé. Car le danger de guerre est de la vraie guerre, cette fois. Qu'est-ce que j'appelle la vraie guerre ici ? Russie-Ukraine, non. Ça, c'est celle qui masque l'autre. C'est la guerre que l'OTAN fait à la Russie. Mais qu'est-ce que vous allez chercher ? Mais enfin, ça, c'est la parano des pro-Poutiniens. Mais enfin, personne n'inquiétait la Russie. quelle mouche l'a piqué d'aller attaquer un pays souverain qui ne lui avait rien fait ? Ah bon ?
18:12 Personne n'a rien fait. Ceux qui disent ça sont encore plus à droite que le président américain. Mais oui ! Puisque lui-même l'a avoué dans un discours il y a une semaine que des mois et des mois, ça fait des mois et des années en fait, mais lui, pendant des mois, il n'a cessé de surarmer l'Ukraine au moment où la Russie demandait et suppliait qu'on fasse un accord écrit, signé qui fasse qu'elle puisse respirer, s'occuper de son développement économique et non pas sacrifier l'essentiel de ses revenus comme elle l'a fait tout le long de la guerre froide à se doter d'une défense à la hauteur de la plus formidable armada de tous les temps.
18:52 Celle de l'anticommunisme à l'origine et celle de l'OTAN actuellement. Voilà. C'est avoué. Ne faites pas des combats d'arrière-garde et essayez de nier. N'est-ce pas ? Il y a des fusées nucléaires depuis quelques années serrissant en Roumanie et en Pologne. Là, sous le nez des Russes.
19:22 D'accord ? C'est-à-dire des missiles qui peuvent atteindre en 10 minutes leur cible en Russie. Et le jour où ces mêmes missiles sont en Ukraine, il suffira de 2 minutes. Et comme chaque minute compte ici, je ne suis pas en train de supputer. D'accord ? Et le missile hypersonique qui a été envoyé à 20 km de la frontière polonaise, il se croyait à l'abri. n'est-ce pas ? Et ça, c'est vraiment la cible intégralement militaire.
19:52 On apprend comme ça, évidemment, on ne vous le disait pas, mais on ne peut pas le cacher quand il y a un missile qui s'abraille qui fait plus de 100 morts. Qu'il y avait, que c'était un centre de livraison d'armement hyper sophistiqué, deuxièmement, d'entraînement par les Américains, les Canadiens et les Anglais, entre autres. Enfin, je veux dire, ceux-là, en tout cas, ont été officiellement déclarés. Il y en a peut-être d'autres, de l'OTAN, n'est-ce pas ? Mais surtout des Américains, des Canadiens et Anglais qui entraînaient, là, sur le sol ukrainien, l'initiation aux armes qu'ils venaient de fournir et puis au combat, au combat, n'est-ce pas ?
20:31 Et pas avec des tendres, vous savez, c'est des gens qui ont fait des combats de rue en Irak, à Fallujah, et puis là, ça fait autrement de mort que ce qui se passe en Ukraine qui est déjà, hélas, déplorable. Je reviendrai, je vous montrerai, bientôt, je vais passer à des textes où j'aimerais que mes amis comprennent que je suis sur la ligne de ces textes-là, hyper nuancés, que je ne dis pas que tout est blanc et tout est noir, je ne dis pas que la Russie a raison, que l'Amérique a tort. Ça, on n'est pas dans la cour de récré, quand c'est des adultes qui ont le comportement d'une cour de récré, ça fait des millions de morts, parce que ce n'est pas des gamins, là.
Makine, le comte West et le racisme envers l'Est
21:11 Non, non, non, je vais vous montrer. Je vais peut-être commencer par le texte de quelqu'un qui, à moins qu'on le soupçonne d'être un épouvantable totalitaire russophile, c'est un franco-russe, je veux dire, qui a fui la Russie pour vivre en France. Je ne vais pas chercher des sources, n'est-ce pas, kremliniennes, moscovites, pour parler comme les nazillons de Mariupol, de Kiev et de Kharkiv.
21:48 Je pense à Andreï Makine, oui, le romancier, l'écrivain, qui a centaines de milliers de lecteurs, de lectrices, aussi beaucoup. Mais je vais demander à Pierre-Alain, tout simplement, ben voilà, vous voyez, un interview qui lui a été fait par Alexandre Devecchio, et ils ont mis comme titre « Cracher sur la Russie n'aidera pas les Ukrainiens ».
22:19 On y reviendra, on va voir que la russophobie actuelle frise le racisme, mais ça, on verra que ça a une histoire, le russe, là, qui est à l'est de l'est, avant de lire le texte de Makine, puisque je parle de l'est de l'est, et que je tiens à ce que ceci reste un séminaire de philosophie, et de littérature, parfois, mais de littérature quand elle permet de mieux comprendre une problématisation philosophique, d'être attentif à des énoncés précis, et quoi plus précis qu'un énoncé poïétique, littéraire, pictural, musical, peu importe.
23:00 Je fais allusion à quoi je parlais, le russe, le barbare qui est à l'est de l'est, à son symétrique, oui, je fais ça, à l'ouest de l'ouest, l'hyper occidental, mais oui, certains ont déjà deviné de qui je parle, je parle du propriétaire du château de Kafka, oui, le testament de Kafka, le château, le propriétaire, on n'en parle jamais, on ne le voit jamais, bien sûr, déjà, on ne voit jamais le juge dans le procès, comment voulez-vous qu'on voit la dernière incarnation, n'est-ce pas, du pouvoir qui se dérobe, de ce silence, on ne peut plus morter les sanglants et mortifères, n'est-ce pas, de la réalité suprême, le propriétaire de château, j'ai dit qu'on n'en parle jamais, on en parle juste, un quart de ligne dans tout le roman, au début, pour dire, ce château appartient au comte, West, le comte, mot à mot, West, en allemand, West, W, ça, c'est le plus riche
24:11 et le plus fort, et même à l'ouest des Etats-Unis, à la Californie, et à Silicon Valley, on se retrouve entre soi, à l'opposé, ce qu'est l'allemand, pour un français d'autrefois, d'avant la révolution industrielle, on disait querelle d'allemand, c'était des plouks, c'était des gens qui avaient du pain noir, les allemands, par rapport au riche royaume de France, mais c'est comme ça que les allemands, on voyait les polonais, qu'ils traitaient de Polak, et les polonais, c'est comme ça qu'ils traitaient les Russes, historiquement, les ukrainiens, tout ce qui est à l'est là.
24:56 J'avais fait une intervention, il y a quelques semaines, plus d'un mois maintenant, où j'avais déjà abordé le problème, on commençait déjà à parler de l'Ukraine, c'était juste avant que les opérations, les combats ne commencent. J'avais évoqué l'origine même du nom, du toponyme, Ukraine, et j'avais rappelé que ça veut dire limite, border, région de transit, entre quelque chose et autre chose.
25:34 Et bien, puisque je parle de Est-Ouest et de Est, on vous le dit maintenant, on ne vous le dit pas beaucoup. C'est pas quand on vous dit que les réfugiés sont plus tranquilles à Lviv, comme on dit maintenant, Lvov, l'ancien Lemberg. Dans la Pologne d'avant-guerre, je pense à une histoire juive que Lacan cite tellement, à quel point elle illustre la profondeur d'un certain humour, je vis surtout celui-là, d'Europe orientale, centrale et orientale, où un juif dit à son camarade, sur la route, qu'il croise, et il lui dit, pourquoi marches-tu de Varsovie vers Lemberg, pour me faire croire que tu vas à Varsovie, alors que c'est bien à Lemberg que tu vas ?
26:30 Je referme la parenthèse. Oui, Lviv, à l'extrême-ouest de l'Ukraine, ce sont les endroits les plus nazis, traditionnellement. Allez, on va y faire de l'amalgame, les chemisiers à fleurs, les tresses, vous savez, comme l'ancienne première ministre d'Ukraine, la Timoshenko, qui a été prise les doigts dans la confiture de malversations, qui était soutenue à fond par les Occidentaux, avec sa tenue, les tresses et les chemisiers à fleurs. Je les trouve très jolies, les chemisiers à fleurs en question.
27:02 Mais il y a un certain folklore dont je me méfie, un certain, comme je me méfie en bavière, de la plume dans le chapeau et des Lederhosen, des culottes de cuir, même si je serais ravi de participer à un mariage, une fête, ou ceux qui sont traditionnellement dans ces tenues et parmi lesquels il y a des gens très bien et j'en connais, croyez-moi, bien plus que la moyenne des Français, c'est pour rappeler ou aller contre une imagerie qui fait dire que le nazisme s'est induit par le vieux militarisme prussien à l'Allemagne du Nord.
27:42 Non, oui, il existe. C'est très conservateur, le milieu militariste prussien. Mais un conservateur n'est pas un réactionnaire. Un réactionnaire, c'est beaucoup plus dangereux. C'est quelqu'un, c'est un conservateur qui a eu peur et qui veut se venger. Or, les hauts lieux du nazisme, c'est le sud. Le sud, c'est Munich, Nuremberg, Vienne, Hitler, l'Autrichien. Mais oui ! Et brave méridionaux, la plume dans le chapeau et la hitou, la hitou, les tyroliennes. Je ne dis pas que quand je chante une tyrolienne, je suis nazi.
28:12 Je suis ému jusqu'aux larmes quand j'écoute la flûte enchantée de Mozart, l'Autrichien. D'accord ? Et dans la flûte enchantée, Mozart sait avec merveille se rendre, se mettre dans la poche les enfants du paradis, je veux dire, ceux qui avaient sans doute les places les moins chères au théâtre à Vienne, ceux des faubourgs de Vienne, public populaire, à qui il envoie, via Papagéno, le héros non mystique, le héros populaire, celui qui ne cherche pas l'accomplissement par l'eau et par le feu, ça c'est Tamino, le prince.
28:46 Non, non, Papagéno, celui qui dit que ce qu'il voudrait, c'est un verre de bière, une tranche de jambon, il y a de temps en temps une petite femme, Papagéno. Bien sûr, une variation sur le Papagei, allemand qui veut dire perroquet, dans la langue commune à l'Allemagne, à l'Autriche, parce qu'il est bavard, Papagéno. Comme moi, oui, je suis bavard. On m'a bien traité de Papagéno une fois.
29:18 Il y a des laïtous, des laïtous, n'est-ce pas ? Oui, je ne fais pas d'amalgame, mais je dis que c'est là qu'il y a les plus nazis, à l'ouest de l'Ukraine. Il y a des gens révulsés par ce nazisme à l'ouest de l'Ukraine, qui ne sont pas moins à l'ouest, ni pas moins ukrainiens, mais ils ne sont pas majoritaires. Et on ne vous dit pas à quel point on les a capturés, interdits, torturés.
29:48 Zelensky a interdit onze partis dans son pays. Oui, ce grand modèle de démocratie, il va avoir le prix Nobel de la paix. On s'engroue comme une maison. On sait ce que c'est, le prix Nobel. Il a bien été donné à Kissinger, n'est-ce pas, celui qui conseillait gouvernement américain quand les millions de tonnes de bombes dont je vous parlais se sont déversées sur la péninsule indochinoise N'est-ce pas ? Aujourd'hui, on découvre le crime de guerre, les Russes, les bombes au phosphore, les bombes au napalm.
Lecture de Makine : amis ukrainiens et amnésie induite
30:19 Le napalm faisait sortir, couler les yeux sur le visage des enfants. Bon, je n'aime pas être voyeur et prêter le flanc. Et voilà. Donc, je voulais faire cette parenthèse sur Est-Ouest-Ouest pour rappeler, n'est-ce pas, qu'il y a un racisme vis-à-vis de l'Est. Plus on va vers l'Est, plus ce racisme est prononcé. Donc, regardez, Alexandre Devecchio, un petit chapeau, je laisse parler Andreï Makine qui dit, pour arrêter cette guerre, je me détourne, je regarde l'écran, il faut comprendre les antécédents qui l'ont rendu possible à un entretien d'une grande hauteur de vue, c'est l'introduction de l'interview, ce qui est très rare dans cette période, ah ben, je ne suis pas le seul à le penser, où les commentaires vont souvent dans le même sens, souvent, à une précaution purement épistémique.
31:18 L'académicien franco-russe prix Goncourt 95 s'afflige de voir l'Ukraine transformée en chaudron guerrier. Il se défend d'être pro-Kremlin et regrette une vision manichéenne du conflit qui empêche tout débat. Ça me repose, parce que des fois, mes amis font comme si j'étais un extrémiste de parler comme je parle. Enfin, Makine, c'est vraiment, pour ceux qui l'ont lu, ou trois pages de Makine, on voit qu'il n'y a pas moins extrémiste, mais c'est admirable d'écrire.
31:48 Pour moi, alors, question de Figaro Vox, en tant qu'écrivain d'origine russe, que vous inspire cette guerre ? Pour moi, elle était impensable. J'ai en tête les visages de mes amis ukrainiens à Moscou, que je voyais avant tout comme des amis, pas comme des ukrainiens. Cette distinction est récente, cette opposition, ce clivage russe-ukrainien, mais oui, n'écoutez pas ce qu'ils vous disent qu'on l'avait mis sous le boisseau, pas du tout. On ne cesse de dire dans les spécialistes de la littérature russe, le roman russe, souvent le roman fleuve, le roman russe, Dostoïevski, Tolstoy, Kluper, Premier amour, Tourgueniev, et celui auquel j'arrive, on dit que le plus russe de tout cela, c'est Gogol.
32:37 J'en sais rien, je ne suis pas russe, je vous dis ce que disent souvent les russes. Et comme on dit que le plus russe des compositeurs russes, ce se passe quelque part entre Moussorgski et Tchaikovski, pour des raisons presque inverses. C'est intéressant, cette dichotomie russe. C'est Gogol. Gogol est ukrainien, par ses origines. Le plus grand pianiste soviétique et l'un des plus grands pianistes du monde contemporain qui est mort maintenant, bien sûr, c'est Sviatoslav Richter d'Odessa.
33:11 Enfin, moi je ne vais pas multiplier les noms, c'est que pour les ignares qui vous précisez ça, ou alors pour ceux qui l'ont su, mais qui ont laissé le pouvoir leur inoculer l'amnésie. Il faudra que je revienne sur ce genre de... J'ai fait toute une série d'interventions sur, rappelez-vous, mémoire, anamnèse, amnésie. Je suis remonté à Mnémosyne, la divinité de la mythologie grecque nous dit qu'elle est à l'origine de la mémoire et des mots et du langage.
33:45 Il faudra qu'on revienne et qu'on creuse. Comment on peut se laisser glisser dans l'amnésie par l'intermédiaire de l'autre ? Je ne parle pas de l'amnésie pour laquelle on va voir le spécialiste, je veux dire le psychiatre ou le traumatologue, je n'en sais rien. Non, non, celle qui est induite par l'autre. Je vous rappelle que j'avais signalé le beau titre d'un excellent essai dans les années 50 du sociologue Maurice Halbwachs « Les cadres sociaux de la mémoire ».
34:19 Pas les cadres biologiques, ça existe aussi, mais les cadres sociaux. Qu'est-ce qui fait que ça, on le retient parce que c'est tout le temps repris par la presse, par les autres, au café, etc. Et les pulsions de mort progressent en silence. Et les événements qu'on a connus, qu'on a vus, mais sur lesquels planent un immense silence collectif qui fait que c'est comme à la fin, il n'avait pas existé. J'ai l'impression que je parle de la préhistoire quand j'entends Makine, ou qu'il parle de la préhistoire quand il dit « J'ai en tête les visages de mes amis ukrainiens à Moscou que je voyais avant tout comme des amis pas comme des ukrainiens.
34:54 Le visage de leurs enfants, de leurs petits-enfants qui sont dans ce chaudron guerrier. Je plains les ukrainiens qui meurent sous les bombes. » Vous me direz « Oui, mais alors, justement, c'est ce qu'on leur reproche. Ils ne voyaient que des russes alors que c'était des ukrainiens. C'est comme si vous disiez « Ce n'est pas un français, c'est un picard. Ce n'est pas un français, c'est un auvergnat. Ce n'est pas un français, c'est un breton. Ce n'est pas un français, c'est un Corse. Ce n'est pas un français, c'est un Alsacien. Quelle incapacité de faire une synthèse entre l'unité et la diversité alors que c'est le béaba de l'anthropologie.
35:29 Bon sang. Le visage de leurs enfants, de leurs petits-enfants qui sont dans ce chaudron guerrier. Je plains les ukrainiens qui meurent sous les bombes, tout comme les jeunes soldats russes engagés dans cette guerre fratricide. Le sort du peuple qui souffre m'importe davantage que celui des élites. Comme le disait Paul Valéry, la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent pas et qui se massacrent au profit d'hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas.
L'étiquette « pro-Poutine » et le souvenir d'Eltsine
36:01 Je vais demander la suite à Pierre-Alain de ce texte. Voilà. Une partie de la presse vous qualifie d'écrivain pro-Poutine. Vous voyez pourquoi je vous lis ? Parce que c'est de ça que m'accusent les excellents amis auxquels je tiens et auxquels je dois beaucoup. Pour des souvenirs communs. Surtout. Et j'espère prochain. Une partie de la presse, ça a l'air contradictoire des souvenirs prochains, mais après tout, un écrivain comme Julien Green a dit quelque part dans le visionnaire, je crois.
36:37 Cette belle phrase qui m'est restée depuis mon adolescence, je l'ai parlée depuis la mémoire, pardon, l'imagination, c'est la mémoire de ce qui va arriver. Une partie de la presse vous qualifie d'écrivain pro-Poutine. L'êtes-vous ? Réponse. C'est une journaliste de l'AFP qui m'a collé cette étiquette il y a une vingtaine d'années. C'était juste après le départ de Boris Eltsine. La honte de l'histoire qu'on a pour Rénormus. La honte. Lui et les membres de la famille, leur carte bleue circulait sur la côte d'Azur française dans les casinos Eltsine.
37:14 L'ivrogne, il faut voir Clinton riant aux éclats au Kremlin avec l'autre qui titube à côté. Ils sont régalés les Américains à cette époque-là. Il n'y avait d'ailleurs que des gens de la Banque mondiale, oui, les Américains de la Banque mondiale et du FMI qui occupaient la moitié de l'exécutif du Kremlin. Vous voyez, vous avez déjà oublié ça. Ce n'est pas si vieux, hein ? Cette humiliation suprême où la Russie était tombée bien basse. Je lui avais expliqué que Eltsine, dans un état d'ébriété permanent avec la responsabilité du bouton atomique, représentait un vrai danger.
37:47 c'est quand même pas une phrase criminelle de voir que ce pantin, quand je dis pantin, je ne dis pas guignol, c'est plus grave que ça. Je rappelle que ce pantin est le seul chef d'État au XXe siècle qui, avec des tanks, dans le cœur de Moscou, a fait tirer sur le Parlement qui n'était pas révolté, qui n'était pas armé, où il y avait des députés qui simplement n'approuvaient pas la suppression de l'Union soviétique qui a été illégalement formulée.
38:24 Mais laissons là le formalisme juridique pour l'instant. C'est un point d'histoire, comme on dit. Il y aura d'autres occasions, on dirait, de revenir. Mais renseignez-vous. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il a tiré sur ce Parlement et qu'il y a eu près de 200 morts, de 200 morts des élus du peuple non armés, même pas sur des manifestants qui étaient dans le Parlement. Un carnage. Oui. Et on nous l'a présenté en Occident, déjà, comme on présente Zelensky maintenant, comme un héros de la liberté, debout sur son tank, ayant fait échouer un coup d'État.
39:01 Je lui ai expliqué... Oui, alors celui-là, comme dit très bien Makine, s'il lui confie en plus, non seulement il est ivrogne, mais en plus il est dangereux, criminel et assassin, il lui confiait quand même la responsabilité de la valise. Je lui avais expliqué à la journaliste en question que Eltsine, dans un état d'ébriété permanent, avec la responsabilité du bouton atomique, représentait un vrai danger et que j'espérais que la Russie pourrait devenir un peu plus rationnelle et pragmatique à l'avenir qu'à l'époque de Eltsine.
39:33 Mais elle a titré, la journaliste, « Makine défend le pragmatisme de Poutine ». Comme c'était une dépêche de l'AFP, cela a été repris partout. Les cadres sociaux de la mémoire, de Halbwachs, la mémoire, ce n'est pas le reportage de ce qui s'est réellement passé. C'est grave, c'est grave. Et lorsque je suis entré à l'Académie, un grand hebdo, dont par charité je tairai le nom, a à son tour titré « Makine, un poutinien à l'Académie ».
40:11 On en est là. Mais si Makine éprouve aussi le besoin de revenir, non pas de se justifier, il n'est peut-être pas coupable du tout de quoi que ce soit, il ne manquerait plus que ça se justifier de dire que dans une des plus grandes puissances nucléaires de la planète, il est dangereux de confier la décision du feu nucléaire sur un chef d'État ivrogne et qui a des précédents assassins collectifs graves avec la force publique.
40:48 Il ne manquerait plus qu'on se justifie de le critiquer. Ce Eltsine-là, qui est encore une fois, c'est le degré zéro de la Russie post-soviétique, quand Poutine a commencé à émerger, qui vient de cette équipe à l'origine, il vient d'un milieu obscur, un mélange de KGB, peut-être même de fréquentation des petits délinquants russes dans sa jeunesse.
Défendre la Russie sans être poutinien
41:19 Je ne suis pas poutinien. J'ai dit que je ne bouffais pas de l'américain, je bouffais de l'atlantisme. Deuxième mise au point où on dit que je suis poutinien. Combien de vidéos, je répète à chaque fois que j'essaie de faire comprendre le point de vue de la diplomatie russe, je reprécise à chaque fois que si j'étais en Russie aujourd'hui, si j'étais résident en Russie, et si la Russie n'était pas entourée de missiles nucléaires, et si, ça fait beaucoup de si, il n'est pas du tout évident, c'est ce que j'ajoute à chaque fois, que je voterais Poutine, ce qui veut dire en clair que je ne voterais pas ni pour Poutine ni pour son parti.
42:03 Ça ne suffit pas ! Il faut être dans un camp ou dans l'autre. Mais c'est grave ! Ça veut dire, et c'est ça pour lequel je lis Makine, c'est le point le plus inquiétant sur la situation actuelle, parce que c'est ça qui fait que la guerre risque de devenir à un moment donné inévitable. Je ne veux pas être assertorique ici, je dis peu, peu, peu. Je reviendrai après sur nos commentateurs dans le média qui disent « Doit, doit que Biden, les États-Unis et l'Europe sont trop mous ! »
42:40 contre Poutine. Mais oui, vous avez bien entendu. C'est bien entendu. C'est qu'on ne va pas jusqu'au feu nucléaire. Quand on a refusé de faire la « no-fly zone » comme on dit, je pense à l'allemand d'un zone, d'interdire le ciel ukrainien aux avions russes, ce qui est un casus belli au plus haut niveau et qui déclencherait le feu nucléaire, voilà que tout d'un coup le gouvernement se font accuser de lâcheté par nos éditorialistes des chaînes nationales.
43:12 Je pense ici à France 24. Je ne donnerai pas de nom de journalistes. Ils sont connus, c'est toujours les mêmes. Qui ne donnent jamais d'informations, pratiquement jamais. C'est des sentiments, des états d'âme, de la psychologie. Oh, Poutine est un peu un paranoïaque. quand vous avez la plus formidable armada qui vous enserre et qui progresse par quatre vagues successives des frontières de l'OTAN, de l'Allemagne qui sont déplacées pratiquement aux environs de Minsk, de la Biélorussie d'abord, puis de la Russie.
43:56 Et on dit, tiens, Poutine a des idées bizzares avec des fusées nucléaires braquées sur lui. Ah non, non. Vous savez que là était l'argument. Vous voyez jusqu'où va la crapulerie. Je ménage mes mots, même si c'est un barbarie ou la crapulerie dans l'information. Mais non, ce n'est pas contre la Russie qui a ces fusées en Pologne. C'est contre l'Iran. Je vous jure qu'on a dit ça.
44:26 pour... N'est-ce pas ? Les Américains qui ont toutes les bases qu'ils veulent au Moyen-Orient, n'est-ce pas ? Tous les Émirats arabes unis, Arabie saoudite, voilà que... Les Français qui en ont une à Abu Dhabi, n'est-ce pas ? Les Russes ont une base, enfin une et demie en Syrie. Les Américains, ils en ont 700 dans le monde entier. et ils ont besoin d'aller en Pologne pour envoyer un missile sur l'Iran.
44:58 Vous voyez, on a le degré lamentable de la propagande dite occidentale. Vous savez que c'est un mot que je n'aime pas ? Atlantiste. L'Occident est où on veut sur une terre qui ronde ? Géographiquement, historiquement, c'est autre chose. Donc voilà, Makine défend le pragmatisme de Poutine. Je reviens à Poutine. Mais oui, c'était pour en parler. S'il a eu un succès populaire et si les taux de popularité dont il bénéficie, ce n'est pas mon parti.
45:31 Je ne voterai pas pour lui si j'étais en Russie. Je répète, je crois que je suis sûr qu'il y en a qui l'ont déjà oublié au moment où je parle. Ça ne fait jamais que 5 minutes que je l'ai dit. S'il a cette popularité, c'est d'abord parce que de cette situation lamentable où la Russie était tombée avec elle, sinon elle était pillée, comme peu de pays du tiers monde ne sait pas peu dire, l'ont été. Par l'extérieur, en particulier par la Banque mondiale, eh bien, c'est parce que oh, il n'a pas supprimé les milliardaires.
46:09 Ah oui, on ne dit pas les milliardaires en Russie, on dit les oligarques. Au Texas, en Californie, on dit les milliardaires. Quand c'est l'ancienne, les oligarques. Intéressant, hein ? Faites attention à la sémantique. Donc, il n'a pas supprimé les oligarques, la mafia. Il a dit « Faites votre business. Continuez. enrichissez-vous » pour paraphraser un politicien français célèbre, je pense à Guizot.
46:41 Mais il a précisé « Mais l'argent reste en Russie. » Juste un exemple. Sur la Paris de Yeltsin, il y a eu des prêts qui ont totalisé à peu près 100 milliards de dollars, ce qui est énorme, qui sont passés de pays occidentaux, essentiellement des États-Unis et la Banque mondiale, à la Russie. De Eltsine. Je me rappelle la presse occidentale disait « L'Occident tient la Russie à bout de bras finance la Russie. » Oui, 100 milliards.
47:12 En sens inverse, parce que, attention, ces 100 milliards ne sont pas investis au Zaïre, excusez-moi, en République démocratique du Congo ou en Ouganda. Mais dans un pays qui a des ingénieurs nucléaires, des informaticiens, d'excellents ingénieurs dans toutes les disciplines de l'industrie, en sens inverse, donc ça a fructifié, ça fait des activités économiques qui ont fait qu'en sens inverse, mais fuyant la Russie, l'argent qui s'est accumulé grâce à ces 100 milliards de prêts venant de l'Occident, mais qui ont été produits par la sueur et l'intelligence, par la sueur physique et psychique des Russes, a fui immédiatement dès qu'il a été monétarisé pour aller dans les paradis fiscaux au progrès de 700 milliards de dollars.
48:10 Renseignez-vous, ça s'est fait à l'époque de Eltsine, renseignez-vous. Je dis pillé, je suis sérieux. Et donc, s'il a cette popularité, c'est parce qu'il a dit, enrichissez-vous, faites les combines, les magouilles, je vous connais, mais l'argent doit rester en Russie. Je le répète, aujourd'hui, on apprend que la Russie a décidé que si on voulait acheter son gaz, maintenant, il fallait payer en roubles, bon sang. Ah, il est retors, le salopard.
48:42 Bon, mais je maintiens que je ne voterai pas pour lui, je trouve qu'il y a mieux en Russie. Si, j'en profite pour dire, je voterai pour le parti communiste russe, je n'ai pas envie d'être mystérieux, lequel est actuellement autour de 25% de l'électorat russe, ce qui est gigantesque par rapport à la où il revient, premièrement. Et on vous parle tout le temps du principal opposant qui est Navalny qui doit représenter 0,8% de l'électorat russe et qui en plus est poursuivi même en France pour malversation et qui a parlé des Tchétchènes comme des insectes qu'il faut écraser du talon.
« J'ai vu trop souvent la pitié s'égarer »
49:17 Voilà les gens, n'est-ce pas, pour lesquels on exploite votre bonté, votre générosité. Parce que vous êtes comme moi, vous n'aimez pas avoir quelqu'un emprisonné, vous n'aimez pas tirer sur les ambulances et encore moins sur les cercueils. Et vous avez bien raison en ce sens-là. Mais comme dit Saint-Exupéry, je cite ici un auteur anticommuniste et anti-gaulliste, mais peu importe. ce n'est pas ça qui fait qu'il y a de l'importance. Ce qui est important, c'est la première phrase de son testament, citadelle.
49:47 Oui, ça va surprendre mes amis, mes camarades que je cite cet auteur qui commence par, c'était pour illustrer ce que j'étais en train de dire quand je dis qu'on exploite votre bonté et votre compassion. Première phrase, coup d'archer de cet admirable texte qu'est citadelle « Car j'ai vu trop souvent la pitié s'égarer ». Quoi de plus exploitable qu'un sentiment ? Je vous ai dit qu'on resterait en philosophie aujourd'hui ce que Hegel appelle la bouillie du sentiment quand il parle d'une certaine exploitation par le romantique que pour atteindre l'absolu, il vaut mieux avoir du nez, n'est-ce pas, que d'aligner des raisonnements.
50:32 Eh oui, eh oui, non mais c'est grave ce qu'on a entraîné à la bouillie du sentiment. Je ne dis pas qu'il ne faut pas en avoir. Tous ceux qui me connaissent savent bien que je ne crache pas sur le sentiment, loin de là. Mais attention au sentimentalisme, attention au sentiment quand il dispense de ce que j'essaye de faire ce soir, de rendre la parole au silence. Les pulsions de mort aiguisent leur lame en silence.
51:02 Makine, un poutinien à l'académie, cela en dit long sur le monde de mensonges, dit Makine, dans lequel nous vivons. Alors, je termine, son interview est très long, je vous y renvoie, n'est-ce pas, le lien de cette interview restera sur notre vidéo sur YouTube. on lui demande de vous condamner l'intervention russe. Mon opposition à cette guerre, à toutes les guerres, ne doit pas devenir une sorte de mantra, un certificat de civisme pour les intellectuels en mal de publicité, chacun sait, n'est-ce pas, non pas, il n'y a pas que BHL, mais ceux, au pluriel, à qui il fait allusion, n'est-ce pas, qui tous cherchent l'onction de la doxa moralisatrice et le sentimentalisme.
51:57 À force de répéter les évidences, on ne propose absolument rien. C'est horrible, ces cadavres, je suis bien d'accord, qui ne dira pas que c'est horrible, les cadavres de la guerre ? Ça ne dispense pas de savoir, n'est-ce pas, la chaîne de causes qui ont produit ces cadavres, et ce n'est pas fini, j'en ai bien peur, puisque dès que ça essaye de s'arranger, n'est-ce pas, le Pentagone, c'est-à-dire aussi la Pologne, les plus extrémistes, de l'atlantisme, les pays baltes, et bien sûr, Zelensky premier, n'est-ce pas, rejettent de nouveau de l'huile sur le feu.
52:35 On peut dénoncer la décision de Vladimir Poutine, cracher sur la Russie, mais cela ne résoudra rien, n'aidera pas les Ukrainiens. Voilà. Ça, c'est le texte d'un honnête homme, si je puis dire. Ce n'est ni un politologue, ni un spécialiste de la géopolitique, mais c'est quelqu'un qui connaît mieux la Russie que vous et moi, que la moyenne des Français et moi. Je ne sais pas, qui la connaît bien, pour ceux qui connaissent son œuvre, son enfance passée, dans la magie d'une certaine Sibérie, et qui est un amour de l'Occident et de la France en particulier.
53:18 Non, il n'est pas le seul, c'est très courant en Russie. Une petite parenthèse, je me rappelle qu'à l'époque communiste, je vais dire des années 50, à la fin des années 50, j'étais en France, c'est ça. Un ami qui revenait de... Un ami qui travaillait dans l'édition, un ami de mes parents, qui nous racontait qu'il y avait une exposition échange culturel entre la France et l'Union soviétique à l'époque, il y en avait quelques fois, et il y avait les livres des auteurs français au stand de la France, cette exposition, et cette manifestation culturelle.
53:57 Et il nous disait que les soviétiques venaient voler les livres français, les romans, Maupassant, Balzac, et ils venaient les rendre avant la fin de la journée. Donc voilà, je n'ai pas cité un spécialiste ni des problèmes de défense, qu'on n'a pas abordé, ni des problèmes géopolitiques. Et là maintenant, je vais m'occuper de quelqu'un qui connaît les problèmes de défense, alors mieux que nous tous.
Larry Johnson : un air de désespoir à Washington
54:28 Un ancien de la CIA qui n'a pas retourné sa veste. C'est un CIA qui s'est mis à son compte, comme souvent aux États-Unis, qui est devenu consultant. Et qui a ouvert, et qui est devenu un éditorialiste très écouté aux États-Unis. Je pense qu'il est très connu aux États-Unis, Larry Johnson. Mais je le sais, il n'y a rien de plus accablant que ce que je voudrais dire à l'égard des Européens atlantistes, des Euro-atlantistes. c'est qu'on croit que je bouffe de l'Américain, alors que je trouve qu'il y a une intelligentsie en Amérique beaucoup moins atlantiste, souvent, enfin dans la majorité, mais souvent, n'est-ce pas, que la quasi-totalité de nos Européens.
55:19 Il s'agit donc d'un interview de Larry Johnson par Mike Whitney. Tous ceux qui connaissent bien le monde nord-américain savent que ce n'est pas des trucs de complot qu'on ressort d'une photo floue. Non, ce sont des gens très écoutés. Et puis, je vous dis qu'il a été en plus responsable des problèmes de défense à la CIA. Regardez son notice Wikipédia et puis, vous en saurez encore plus sur lui.
55:52 Il y a un air de désespoir à Washington en ce moment. En plus d'essayer d'interdire tout ce qui est russe, y compris, vous savez, en Italie, on a même interdit un concert de musique russe. En France, on a annulé une pièce de Tchekhov. Tchekhov ! Si un auteur fut aussi peu pas en russe, aussi peu que ce soit, c'est bien l'admirable et l'inoubliable Tchekhov, n'est-ce pas ?
56:32 Il y a un air de désespoir à Washington. En plus d'essayer d'interdire tout ce qui est russe, l'administration Biden tente d'intimider la Chine, l'Inde et l'Arabie Saoudite. Je vous dis que c'est ce qui m'inquiète le plus. J'y reviens puisqu'on ne m'écoute pas. Je suis bien obligé de le répéter. Je sais bien que je vous fatigue à répéter. Je m'excuse pour les autres amis, ceux qui, eux, retiennent ce que je dis parce que ça doit les bassiner. Je répète que ce qui me fait le plus peur ici, c'est le silence. C'est le silence sur quoi ?
57:03 Sur le fait qu'il y a un consensus qui ne tolère plus la moindre dissension. Pourquoi on ne parle pas de cette anomalie sans précédent dans notre histoire politique ? C'est quand même pas banal. Surtout qu'il s'étend tout l'Occident. Mais en France, il est encore plus inusité. France, pays de râleurs, gens mécontents, tu parles. Donc, j'y viens. Ils sont furieux que ni la Chine, ni l'Inde, ni leurs plus fidèles alliés, l'Arabie saoudite.
57:34 Vous enlevez les États-Unis, l'Arabie saoudite comme l'Israël, d'ailleurs, pour mettre tout le monde d'accord, s'écroule au bout d'une semaine. On pourrait par 150 millions de populations arabes. Quand on voit qu'il y a des missiles de ces pauvres yéménites qui arrivent à s'abattre sur le territoire de l'Arabie saoudite, vous imaginez, malgré tout, les missiles Patriot qui ont été mis en place là par l'Occident, ou les forces pro-occidentales, vous imaginez bien que je suis sûr de ce que je dis.
58:07 Je ne vois aucun... Alors, que la Chine... Je ferai une autre parenthèse, mais il sera trop longue. Il faut m'y faire penser une autre fois. Je fais confiance à Pierre-Alain. Le dossier Chine-Russie. Je dirai simplement ceci très rapidement. Moi, je suis de la génération qui a vu le grand schisme entre Moscou et Pékin, qui est allé jusqu'à l'affrontement sanglant. Renseignez-vous. Sur l'Oussouri, un fleuve qui sépare, qui fait frontière à l'époque entre l'Union soviétique et la Chine.
58:39 C'est l'époque où Deng Xiaoping voyageait en Chine, au Texas, mettait un chapeau cow-boy et revenait et envahissait le Vietnam qui sortait des deux guerres les plus épuisantes qu'un pays moderne jamais connu contre les deux plus grands impérialistes de l'époque, le français puis l'américain. Ça n'a pas duré longtemps. Personne ne sait le nombre de morts que les Chinois ont eut en ce moment-là contre la meilleure infanterie et la plus aguerrie du monde. Mais ils ne s'y sont pas refrottés. Je rappelle ça au passage à l'adresse de certains de nos pro-Chinois de l'époque, mais qui ne se sont jamais démentis et qui embrayent des fois sur les pro-Chinois d'aujourd'hui dont je suis.
59:18 Enfin, je veux dire, comme pour Poutine, je défends la Chine contre ceux qui l'attaquent. Ça ne veut pas dire que je ne serais pas en train de dénoncer tel ou tel point particulier de la politique chinoise si j'y étais. Mais elle me semble mille fois moins dangereuse et pour la population et pour l'international. N'est-ce pas ? que celle des dits occidentaux. Pour l'instant, je parle gratuitement, mais j'étaye maintenant. Donc, la Chine, qui était anti-soviétique, mais au point d'avoir des relations avec l'Afrique du sud de l'Apartheid, avec le Chili de Pinochet, partout où on pouvait combattre, où des maquis financés par les Chinois avec la bénédiction de la CIA, pouvaient rivaliser avec, dans les pays d'Amérique latine par exemple, avec des vieilles guérillas qui étaient là et qui étaient pro-soviético-castristes.
1:00:09 Mais oui, oui, oui, n'oubliez pas que les premiers massacres faits par les Khmer rouges pro-chinois au Cambodge ont été faits contre des Vietnamiens. Même le journal Le Monde titrait à ce moment-là que le Mekong pullulait de cadavres de Vietnamiens flottants. C'était avant même que le grand génocide ait lieu et que Phnom Penh soit vidé par les Khmer verts, comme je les appelle, puisque déjà, il fallait vider la ville pour aller à la campagne. Ils avaient fait leurs écoles à Paris et non pas à Moscou. Je rappelle au passage tout ça. Je rappelle parce que sur tout ça, on fait silence et je reviens, je reviens.
1:00:43 Mais enfin, s'il fallait donner la parole, à tout le silence dont on vous a couvert, je serai quand même beaucoup trop long pour une seule fois. Revenons à cette fois-ci. Mais que l'Inde, l'Inde qui est dirigée par un grosso modo fascisant, qui a un nationalisme indien exactement et hindouiste, au niveau religieux, aussi fanatique que celui des islamistes pakistanais en face, des islamistes, et qui a regardé du côté diplomatie américaine parce que pendant toute la guerre froide, ils étaient non alignés comme toujours l'Inde, ni pro-soviétique, ni pro-américaine.
1:01:31 Mais, par exemple, ils avaient d'extraordinaires relations avec l'Union soviétique et c'est à l'Union soviétique qu'ils achetaient leurs armements. Renseignez-vous, tous les spécialistes géopolitiques savent ça. Ce n'est plus le cas, là, ils étaient pro-américains. Et voilà que l'Inde ne veut pas condamner la Russie. Ni l'Arabie Saoudite, encore une fois, je répète, ce pays où on décapite sur la place publique, où les femmes n'ont pas le droit d'avoir le permis de conduire, n'est-ce pas ? qui est, alors là, le bras armé, l'armée la plus puissante en matériel.
1:02:08 Je ne sais pas ce qu'il y a voulu, mais ce qu'on n'a pas vu à l'œuvre encore, sauf au Yémen, peut-être. Vous voyez ce que ça donne, la pulsion de mort pour le reste en silence. On fait silence maintenant sur le Yémen. Il n'y a pas si longtemps, il y a quelques mois, quelques semaines, l'ONU n'arrêtait pas de répéter que c'était la plus grande catastrophe humanitaire du monde actuel. On n'en parle plus. Et c'est autre chose que l'Ukraine, qui n'est déjà pas triste. Un cadavre ne peut pas en cacher un autre, mais a fortiori, deux cadavres ne peuvent pas en cacher deux mille.
Sanctions, dollar et régression médiatique
1:02:43 Je ne vois aucun de ces pays s'aligner, dit les éditorialistes. L'Amérique a du mal, et on en arrive à l'essentiel de mon message maintenant. C'est un unanimisme, cette russophobie, cette colère contre moi et contre ceux qui tiennent ou comme Makine, un discours même très nuancé, comme ce monsieur qui est quand même travaillé pendant la CIA.
1:03:13 Cette colère, lorsqu'elle a le moindre écart à ce qui doit être dit et diffusé là aujourd'hui, en temps de guerre où la première victime est la vérité, est une preuve que l'Occident s'affaiblit. On n'arrive même plus à mobiliser les alliés dont on était sûrs. Les Émirats arabes unis eux-mêmes, mais oui, les Dubaï, les Doha, tout ça, ont refusé de condamner. Il n'y a pas besoin de voter pour, puisque le veto russe suffit déjà à annuler le projet de condamnation atlantiste et donc on a beau jeu de se contenter de s'abstenir.
1:03:57 Eh bien, ça ne suffit pas, n'est-ce pas ? Regardez. En plus d'essayer d'interdire tout ce qui est russe, l'administration Biden tente d'intimider la Chine, l'Inde et l'Arabie Saoudite. Je ne vois aucun de ces pays s'aligner. Ça ne marche plus. Je crois que l'équipe de Biden a commis une erreur fatale en essayant de diaboliser toute chose et tous les Russes. Au contraire, cela unit le peuple russe derrière Poutine et il est prêt à s'engager dans une longue lutte. Voyez, on vous montre que la petite fraction de Russes, certains, je les admire, parce que quand je les vois entrer dans le panier à salade, comme on dit en France, je ne suis pas quelqu'un qui tire sur les cercueils ni sur les ambulances.
1:04:40 Mais enfin, je veux dire, d'abord, rien que leur look par rapport aux paysannes libérées du Donbass par l'armée russe actuellement, et qui nous révèle à quel point c'était les nazis ukrainiens qui leur tiraient dessus chaque fois qu'ils voulaient s'engager dans les corridors humanitaires, c'est-à-dire cesser d'être les boucliers humains qui empêchaient les Russes de faire le ménage contre les pires du pire, le bataillon Azov qui est concentré à Mariupol. Enfin, je crois qu'au moment où je parle, il ne doit pas rester grand-chose.
1:05:11 Il faut l'espérer en tout cas. Donc, vous voyez, ces exportations sont essentielles aux… Oui, pardon, excusez-moi, je suis choqué par l'erreur de calcul en pensant que des sanctions économiques contre la Russie les mettraient à genoux. Le contraire est vrai. La Russie est autosuffisante et ne dépend pas des importations, ne serait-ce que pour le blé. Moi, tous ceux qui avaient 20 ans il y a 40-50 ans se rappellent à quel point chaque année, à cause de récoltes catastrophiques, l'Union soviétique devait acheter du blé principalement aux États-Unis et à d'autres pays, à l'Australie.
1:05:50 Et voilà que maintenant, aujourd'hui, elle est exportatrice de blé. Grâce aux sanctions, qui n'ont fait que renforcer l'économie russe qui se repose un peu trop sur ces matières premières d'exportation, s'ils retiennent le blé, la potasse, le gaz, le pétrole, le palladium, le nickel, fini et d'autres minéraux clés de l'Occident, les économies européennes et américaines seront ravagées. Et cette tentative de contraindre la Russie avec des sanctions a maintenant rendu très probable que le rôle du dollar, là on passe de l'économique au financier, et même au monétaire.
1:06:29 C'est chaud, hein, comme progression. Et cette tentative de contraindre la Russie avec des sanctions a maintenant rendu très probable que le rôle du dollar, c'est un Américain qui parle, en tant que monnaie de réserve internationale, apparaîtra dans les poubelles de l'histoire. La traduction informatique est assez mauvaise. Elle n'apparaîtra plus que dans les poubelles de l'histoire. Voilà, conclusion de cette interview, l'objectif principal de Poutine est de protéger la Russie des menaces étrangères et d'effectuer un divorce avec l'Occident.
1:07:04 La Russie a les ressources physiques pour être un souverain indépendant et est en train de concrétiser cette vision. Ou on vous dit le contraire, qu'ils sont coincés là, ils ont reculé, c'est pas que c'est une armée qui est, sa logistique est foutue, qui est épuisée, où les soldats se révoltent. C'est effrayant, le goulag médiatique dans lequel l'Occident est en train de s'enfermer à cause de son déclin.
1:07:38 Chacun se rappelle dans le film admirable de Kubrick, n'est-ce pas, l'Odyssée de l'espace, comment le robot au moment où il agonise, n'est-ce pas, puisqu'on est en train de le déconstruire, de le défaire, n'est-ce pas, neurone, entre guillemets, par neurone, connexion par connexion, et qu'il régresse. Une régression est toujours infantile et qu'il finit par chanter des chansons. C'est ça, c'est ça, le battage médiatique sur l'Ukraine actuellement, c'est ce genre de régression.
1:08:10 La matière est trop riche, trop lourde, trop abondante. J'ai essayé de redonner une partie, une faible partie, trop faible, je m'en excuse auprès de mes auditeurs et de mes spectateurs, je m'en excuse à mes followers. une faible partie, trop faible de ce silence dans lequel s'accomplissent les plus sinistres besognes dans notre dos, car la plupart des gens s'apitoient sur le sort de l'Ukraine ou maudissent la Russie avec d'excellents sentiments que je respecte.
1:08:50 Je leur reproche de ne rester qu'au sentiment où tout est un peu flou, on ne voit pas clair, dans tout ce qui est seulement sentimental. que quelqu'un souffrait et qu'il voulait venir en aide. Ça, c'est clair. C'est pas là-dessus qu'il y a du flou. C'est sur qui est le bon et le méchant, le bien et le mal là-dedans, comme on s'obstine à le ressasser. Mais comme la matière est trop longue, je voudrais en venir ici aux commentaires parce que comme on était privé, j'ai été privé de vos paroles, de vos remarques, et de vos commentaires, j'en profite pour vous retrouver par commentaires interposés.
Le reportage de France 2 de 2014 et le point Godwin
1:09:38 J'espère que je vous ai manqué aussi, on ne sait jamais. Voilà, je sais que c'est vrai pour quelques-uns d'entre vous qui ont eu la gentillesse de m'écrire. Alors, Pierre-Alain, est-ce que tu as un conseil de quelqu'un par qui il faudrait commencer ? Parce que Pierre-Alain connaît. Dominique, est-ce que tu veux aussi, tu sais, il y a une vidéo que tu voulais montrer, est-ce que tu veux la montrer ? Ah, oui, effectivement, vous voyez, j'avais peur d'être trop long, je vais quand même montrer une vidéo qui est très courte.
1:10:08 Mais si, si, montrons la vidéo, Pierre-Alain, et on commentera après. Mais d'abord, l'actualité du jour, quel avenir pour l'Ukraine ? Un nouveau gouvernement est attendu prochainement. Alors que la faillite menace, nous le verrons le pays, certains redoutent. Une implosion, la Russie dénonce un coup de force de l'Europe. Le point ce soir à Kiev et à Bruxelles avec nos envoyés spéciaux sur place. Mais d'abord, donc, direction l'Ukraine ce soir, encore à la une de l'actualité. Les questions sont nombreuses. Il y a l'inconnu économique, je le disais, on va y revenir, mais aussi l'inconnu politique, car pour l'instant, personne ne sait qui dirige vraiment le pays.
1:10:43 Pour preuve, ces images stupéfiantes de miliciens ultranationalistes, vous allez le voir, ils ont investi la mairie de Kiev comme chez eux. Document exclusif signé Franck Genauzeau sur place avec Giona Messina. Au dernier étage de l'hôtel de ville, voici l'homme qui s'assoit dans le fauteuil du maire de Kiev. Un militant d'extrême droite cagoulé et recherché, dit-il, par la police. On ne vole rien, on ne dégrade rien, on se contente de protéger le bâtiment. N'ayez pas peur, on ne vous agressera pas et surtout, n'hésitez pas à poser des questions.
1:11:18 Et il est visiblement très à l'aise dans ce nouvel environnement. Regarde, il y a une ligne directe avec la présidence, c'est marqué dessus. Allô, monsieur le président ? Ah non, c'est vrai, il n'y a plus de président. Ces hommes appartiennent à secteur droit, mouvement d'extrême droite en première ligne de la contestation. Ils ne dirigent pas la ville, mais ont fait de la mairie leur nouveau quartier général. Un étage plus bas, l'entrée de leur bureau est très explicite avec ces nombreuses croix gammées.
1:11:51 Ces mouvements ne sont, dit-on, pas majoritaires, mais ils sont très organisés et la contestation leur a donné de l'influence. Tous ces mouvements d'extrême droite étaient en première ligne au moment des manifestations. Désormais, ce sont souvent eux qui assurent la sécurité dans les rues de Kiev et ils jouissent d'une vraie popularité auprès de la population. Je ne sais pas si on aurait gagné sans eux. Ils doivent obtenir des sièges au Parlement. Ils sont très bien, il faut qu'ils soient représentés. Bien sûr, ils ne sont qu'une facette de la révolution, disent leurs détracteurs.
1:12:21 À coup sûr, pas la plus rassurante. Comme en écho à ces images, la Russie ce soir hausse le ton. Il s'agit de la première réaction officielle depuis la chute du président Ianoukovitch et cette fois, les Occidentaux sont directement pointés du doigt. Extrait tout à l'heure de la déclaration du Premier ministre Dmitri Medvedev. Écoutez. Nous sommes prêts à parler avec nos partenaires ukrainiens. Le problème, c'est de savoir avec qui. Si ces types qui se baladent dans Kiev avec des masques noirs et des kalachnikov sont le gouvernement, c'est sûr que ce sera difficile de travailler avec eux.
1:12:54 Vous voyez, c'est pas Radio Moscou, c'est pas TV Leningrad, excusez-moi, je ne peux pas dire Saint-Pétersbourg, sauf à titre historique. Non. C'est France 2. N'est-ce pas ? C'est en 2014. À l'époque, on pouvait encore dire, n'est-ce pas, qu'il y avait un retour inquiétant des nazis dans l'exécutif.
1:13:29 Alors maintenant, même ça, c'est nié. Arrêtez avec vos histoires de nazis ukrainiens. Ça ne concerne que 2%. On m'a écrit ça. Quel aveu ? Inaperçu. Ils ne se sont pas aperçus de l'aveu. S'ils ne font que 2%, admettons, en cas de consultation électorale, comment se fait-il qu'ils représentent 40% au Parlement ? Comment se fait-il qu'ils détiennent les postes de clé ? Comment se fait-il que la bataille de Mariupol dont on ne nous a rien dit pratiquement ? Sinon que la ville est est sauvagement bombardée par les Russes et que les otages étaient en vie et que les habitants, 400 000 habitants étaient en otage.
1:14:06 Je l'ai vu ce matin qu'ils n'étaient plus que 100 000. Il y a donc 300 000 que les Russes ont réussi à évacuer malgré l'opposition des Ukrainiens. Aujourd'hui, j'ai même vu que les Russes ont déporté en Russie. N'est-ce pas ? Alors que l'on regarde l'accord qu'il y a eu, mais ça, on ne vous en parle pas, c'est un accord officiel entre les Ukrainiens, les Ukrainiens du gouvernement de l'Ukraine et les Russes, n'est-ce pas ? Ils disent même que les civils ont eu le choix entre ceux qui voulaient aller en zone contrôlée par l'exécutif ukrainien et ceux qui voulaient être soit dans les provinces de l'Est russophone et indépendantes maintenant autonomes en tout cas de l'Ukraine, de Lugansk et de Donetsk ou carrément en Russie.
1:14:56 Ils avaient le choix. On vous dit qu'ils ont été déportés, mais ils jouaient avec des mots comme ça. Quelle insulte pour ceux qui ont été déportés pour de vrai. Ceux-là ne sont pas revenus. Voilà. ce dossier, c'est très important ce qu'on est en train de voir. Là encore, je vais revenir à la philosophie. Vous avez remarqué que depuis quelques années, il n'y a pas si longtemps, pas de très grand nombre d'années, on ironise dès qu'on fait intervenir le nazisme dans la conversation ou un soupçon de nazisme.
1:15:34 On dit ça y est, le point Godwin vous avez entendu parler de ça. Ça fait même des éclats de rire dans les salons. Je trouve extraordinaire et extraordinairement inquiétant que cette ironie sur le point Godwin qu'on parle trop vite du nazisme surgit au moment où le nazisme fait un retour sans précédent de toute l'après-guerre dans tous les pays d'Europe où les seules forces politiques qui montent mais regardez les élections dans tous les pays d'Europe de l'Espagne à la Scandinavie en passant par l'Autriche et la France où les seules forces qui montent sont les écologistes et l'extrême droite.
1:16:14 Vous ne croyez pas ? Mesurez. Voilà pourquoi j'ai tenu à passer cet extrait. On va passer maintenant aux commentaires si on le vient et on aura d'autres textes que ce n'est pas les seuls à commenter. Alors on me propose ici Mathis. Bonsoir Mathis. Que penser des explications dites idéologiques de la psyché poutinienne dans ses aspirations que sont Berdiaev, Soloviev ou Ivan Ilyine ?
Berdiaev, Soloviev, Ilyine et l'existence de l'Ukraine
1:16:44 Ils font sa pensée de la nation russe et des occidentaux. Je ne veux pas être expéditif Mathis. À votre égard je ne me permettrai pas mais je veux dire de ce genre de problématique. je veux dire on ne va pas découvrir aujourd'hui que Poutine n'a jamais dit qu'il était un homme de gauche il n'a jamais dit encore moins qu'il était communiste la veille de son entrée en guerre en Ukraine la veille de l'ordre qu'il a donné de franchir les frontières de l'Ukraine et de déclencher la guerre que nous vivons en termes cette fois de bataille hélas militaire la veille il a fait un discours très important où il a fait un résumé de l'histoire depuis la révolution russe pas seulement mais surtout de la révolution russe et où il a maudit lui qu'on prétend qu'il voudrait restituer l'Union restaurer l'Union soviétique c'est tout le contraire il a dit que le mal dont souffre la Russie actuellement est dû en grande partie à la gestion bolchevique je cite
1:17:54 le terme qu'il emploie le parti de Lénine qui a eu le tort d'accorder trop d'importance et trop d'autonomie et d'indépendance aux différentes nations présentes dans l'État russe les Kazakhs les Ukrainiens les Biélorusses etc. voilà reportez-vous à ce discours on ne va pas découvrir qu'il est maintenant je réponds à la question de Mathis plus précisément les Berdiaev les Soloviev et Ivan Ilyine et une bonne partie de l'œuvre de Soljenitsyne antisémite notoire voilà encore un grand héros de la liberté n'est-ce pas qui disait à propos de Pinochet tous ces Pinochet n'hésitait pas il faudrait inventer comme si c'était le seul exemple de criminalité occidentale dans le monde Soljenitsyne tous ces gens-là se rassemblent c'est pas moi qui fais un amalgame c'est comme ça qu'on appelle en Russie les spécialistes je n'en suis pas de la littérature russe et des courants idéologiques en Russie je parle pas de politique je reviens de ce que vous soulevez des courants de pensée spirituelle idéologique ce qu'on appelle le courant slavophile pan-russien
1:19:04 Dostoïevski en fait partie c'est-à-dire ceux qui dénoncent un trop grand attrait de l'Occident chez les Russes il y en a qui croient que ça n'a commencé qu'avec les communistes ce qui est un con mais c'est tout le contraire et qui veulent réancrer ou refonder n'est-ce pas l'identité russe dans ce qui est je ne sais pas ce que ça veut dire moi proprement russe aussi peu que ce qui est proprement corse ou proprement français soit dit en passant vous voyez si on doute de ce qui est proprement poitevin sur une si petite échelle que le Poitou quand il s'agit de dire ce qui est proprement russe je demande à voir et Poutine a fait un discours récemment où j'ai noté qu'il avait dit je suis fier d'être de diriger un état qui comprend des russes des biélorusses des tchétchènes des ukrainiens des kazakhs des Tchouktches des Évenks et j'en passe et des Yakoutes la région sans doute la plus riche en or en diamant au monde la Yakoutie à l'extrême est
1:20:16 de la Sibérie pas loin de l'Alaska alors voilà c'est pour ça je dis oui sans doute oui quelle incidence ça sur sa pensée autant me demander quelle incidence sur l'occident la pensée de Schopenhauer et Nietzsche c'est à peu près vous savez c'est pas très loin c'est courant irrationaliste souvent spiritualiste en tout cas très opposé au progressisme au rationalisme et encore plus bien sûr au communisme c'est tout ce que je peux dire on ne va pas découvrir voilà pourquoi je veux être un peu expéditif que Poutine n'est pas un communiste mais enfin je veux dire c'est pas non plus l'idéologie du Middle West qui fait qu'un noir a peu de chance de survie quand il fait un mouvement inconsidéré au moment d'une vérification d'identité dans une voiture à Saint-Louis ou Atlanta alors Daniel Arias bonsoir Daniel content de te retrouver pardon je tutoie mais c'est des amis que je n'ai jamais rencontrés mais ce sont des amis
1:21:26 l'Ukraine doit son existence à la révolution de 1905 et celle de 1917 puis consolidée par l'Union soviétique c'est seulement à partir de l'Union soviétique que l'Ukraine est devenue un état-nation si je puis dire avant cela l'Ukraine n'existait pas le nom existait mais encore une fois non pas pour désigner une identité géographique mais le contraire pour désigner la transition frontière limite Ukraine veut dire tout ça d'une identité à une autre voilà merci de le rappeler Daniel nous nous retrouverons j'en suis sûr très bientôt je saute à Sébastien je vois son nom pardon Guillaume je te reprends tout de suite je suis ravi de parler avec le musicien que tu es mais il y a longtemps que je n'ai pas été en contact avec Sébastien donc j'en profite un autre silence en ce moment on voit pulluler des dizaines de vidéos montrant d'épouvantables scènes d'humiliation je ne voulais pas merci Sébastien je ne sais pas si vous voyez à quoi il fait allusion je crois que certains d'entre vous l'ont vu c'est terrifiant j'ai été tenté
Les humiliations publiques en Ukraine
1:22:37 d'y faire allusion je n'ai même bien sûr je ne voulais pas les montrer c'est insoutenable je vais rendre la parole à Sébastien puisqu'il en parle des châtiments infligés par les ukrainiens les crânes rasés ceux qui ont les insignes nazis ici aujourd'hui à l'heure où je parle contre ceux à qui on reproche par exemple de ne pas avoir été assez chaud pour aller prendre les armes contre les russes alors que la plupart de ceux-là vont fuir au dernier moment et se mettre à l'abri je vous dis un autre silence en ce moment on voit pulluler des dizaines de vidéos montrant d'épouvantables scènes d'humiliation pas seulement d'atteinte physique des ukrainiens sont attachés à des poteaux oui des ukrainiens pas des soldats russes faits prisonniers ce qui serait déjà un drôle de traitement à des prisonniers non des ukrainiens sont attachés à des poteaux à des arbres en ce moment parfois à plusieurs parfois avec des enfants j'en ai vu un ou un père était fouetté avec son enfant sauvagement fouetté avec son enfant de 10 ans qu'il tenait contre ses flancs
1:23:48 et qui pleurait parfois je ne voulais pas en parler pour ne pas donner dans le voyeurisme au cas où on croit que j'en rajoute non je suis dans le moins beaucoup plus que dans le plus si vous regardez bien et je remercie Sébastien que sa jeune indignation lui ait fait briser ce mur du silence dans lequel j'avais tort sans doute de me retrancher des ukrainiens sont attachés à des poteaux parfois plusieurs parfois avec des enfants parfois pantalons baissés mais oui dans la rue parfois subissant des actes de violence parfois également à leur visage recouvert d'une teinture verte le zélyonka qui met des semaines à s'enlever et qui peut rendre aveugle des tziganes ont également été pris pour cible alors Raphaël Glucksmann m'a bloqué sur Twitter lorsque je lui ai partagé les images de ses actes horribles alors que je ne suis personne sur ce réseau absolument pas dangereux pour lui là encore et merci de me rejoindre en dénonçant le pire de tout ça le silence leur silence le silence de ceux qui nous dirigent dont Glucksmann fait partie à propos de Glucksmann
1:25:00 il y aurait tellement à dire je me contenterais de ce point sur lequel on fait totalement silence c'est pour ça que je le relève n'est pas qui a des liens comme chacun sait très étroits avec la géorgie et même des liens personnels mais moi je ne me mêle pas de ces choses-là Glucksmann a été très proche de l'ancien chef d'état qui a été expulsé de géorgie pour malversation qui s'est réfugié à Odessa enfin Saakachvili chacun sait je présume de qui je parle pourquoi j'en parle comme j'ai parlé de Eltsine tout à l'heure bombardant ses députés il a fait la même chose avec son opposition il a tué 45 personnes sur le parvis sur les escaliers de son parlement c'est une manie décidément chez les post-communistes n'est-ce pas ?
1:25:52 oui c'est des gens qu'on vous présente comme des héros de la liberté les georgiens les ukrainiens oui le peuple certainement une immense majorité de braves gens même dans ceux qui ont voté il y a eu beaucoup de braves gens et d'excellents pères de famille il ne faut pas mélanger Raphaël Glucksmann m'a bloqué sur Twitter simplement lorsque je lui ai partagé les images de ses actes horribles alors je ne suis personne sur ce réseau absolument pas dangereux pour lui encore le silence merci Sébastien renseignez-vous sur ces abominations il n'y a pas d'autres mots certains ont subi cette violence cette humiliation une violence physique humiliation psychique et morale en présence de leurs enfants attachés comme eux scotchés avec plusieurs tours de rouleaux de scotch à des arbres en plein hiver et sauvagement peints avec la substance dont ça parlait Sébastien c'est
La guerre de Finlande : dialectiser le pacifisme
1:27:07 des fois le prétexte pour les attacher c'est pour faire régner l'ordre oui parce qu'ils ont attrapé par exemple un tzigane qui avait volé un paquet de pommes de terre dans une épicerie affamée sans doute donc je continue je vois que les messages se multiplient il faudra me renvoyer Guillaume que que j'ai scrété mais je réponds à Mathieu Mathieu Nercess que je salue ici que je suis ravi toujours de lire souvent enfin que je suis toujours ravi de lire ce que je fais souvent sur sa page Facebook je ne peux pas m'empêcher de faire le parallèle entre la guerre actuelle et la guerre contre la Finlande par l'URSS en 40 mais dis donc ça me fait plaisir de voir qu'il y en a qui ne sont pas tout à fait amnésiques parenthèse strictement philosophique et même logique puisque le dossier finlandais est soulevé ça ne veut rien dire d'être pour la guerre pour la paix ah oui j'ai l'air d'être gros là vous devinez que je suis plutôt pacifiste comme vous
1:28:17 certainement comme la majorité d'entre vous mais ça ne veut rien dire parce qu'au même moment le même individu Pierre ou Paul peut être pacifiste dans ce conflit et belliciste dans l'autre être pour la guerre je donne un exemple et c'est précisément la Finlande lorsqu'il y a eu la guerre civiles espagnol l'une des plus atroces que le monde contemporain ait connu n'est-ce pas et que les gouvernements occidentaux n'ont pas voulu intervenir n'est-ce pas alors que l'Allemagne nazie n'est-ce pas surarmait franco et c'est avec des avions allemands c'est pas que les révolutionnaires espagnols ont été écrasés l'Occident y compris le Léon Blum à Paris sous le front populaire n'a pas voulu intervenir par amour de la paix là on est pacifiste on dirait écoutez c'est quand même mieux que d'être pour la guerre oui sauf que au même moment les occidentaux ceux qui ne voulaient pas intervenir au nom du pacifisme dans la guerre civile espagnole et donc qui ont laissé franco triompher grâce aux armes allemandes
1:29:28 en particulier italien mais surtout allemande ont par contre tout fait pour déclencher la guerre à la Finlande au même moment au moment où la Finlande luttait contre l'Union soviétique ce qui avait demandé extrême droite à ce moment là en Finlande n'est-ce pas dont déjà l'occidentaux voulaient exploiter la proximité avec le le pays des bolcheviques donc je répète et je continue maintenant l'excellente question je viens de montrer que ces concepts pacifismes il faut les dialectiser tant qu'il n'y a pas de contenu on est dans le formalisme voilà le quotient philosophique de ce que je voulais faire intervenir je ne peux pas m'empêcher de faire le parallèle entre la guerre actuelle et la guerre contre la Finlande par l'URSS en 1940 là aussi de longues négociations avaient échoué et une menace extrême pesait sur Leningrad là encore l'Europe de l'Ouest avait livré des armes et soutenu à bout de bras la Finlande le contingent français en particulier était commandé par l'inénarrable
1:30:38 maréchal Weygand il a des avenues avait livré des armes et soutenu à bout de bras la Finlande alors qu'ils étaient eux-mêmes censés être en guerre depuis septembre 1939 c'est la seule guerre préventive qu'a menée l'URSS ça s'est terminé par un traité de paix l'URSS vainqueur n'a procédé à aucune occupation elle n'est pas resté en Finlande ni n'a exigé d'indemnité de guerre à une époque où elle en aurait eu bien besoin merci Mathieu merci beaucoup on se retrouve très bientôt dans les heures et les jours qui viennent je regarde aussi l'horloge tout de même je ne voudrais pas abuser ah oui il est quand même 22h18 je vais peut-être prendre encore la question de Guillaume que j'ai sauvagement sucré et que je suis ravi de retrouver Guillaume il faut qu'on se voit bientôt pardon pour ce message personnel il faut qu'on se contacte par téléphone voilà je serai ravi je n'ai pas d'heure les vieux ne dorment peu donc n'hésite pas à m'appeler
La droite et la gauche existent toujours
1:31:48 pour des raisons techniques qui ne saurait attendre et positives droite et gauche ne sont-elles pas des catégories inhérentes à la superstructure bourgeoise capitaliste les rendant caduques aujourd'hui que la synthèse libérale et le socdem libertaire est établie non Guillaume désaccord sur ce point la droite et la gauche ça existe c'est pas parce que la gauche a été incarnée par un vichiste comme Mitterrand qui n'avait même pas sa carte au PS c'est là que je réponds à ta question parce que je pourrais dire vous savez il ne faut pas s'étonner la gauche non communiste la gauche anticommuniste celle du PS il ne faut pas s'étonner qu'elle soit à ce point à droite je vous rappelle quand même que les émeutes ouvrières on a tiré à balle sur des ouvriers je ne parle pas du seul mort par balle qui a eu en mai 68 pendant plus de deux mois de manifestations soi-disant apocalyptiques je vous rappelle ce que disait Clouscard n'est-ce pas ?
1:32:56 on matraque les fils de bourgeois mais on tire sur les ouvriers le seul mort par balle c'est un ouvrier à Sochaux des usines de Peugeot à Sochaux par balle donc je reviens à ces émeutes ouvrières beaucoup plus graves qui ont eu lieu au tout début de l'après-guerre à Marseille sous le règne du socialiste Jules Moch qui a fait tirer sur les ouvriers de la CGT au port de Marseille qui avaient plusieurs morts contre qui ?
1:33:33 contre des ouvriers qui refusaient de charger les armes américaines qui transitaient par Marseille pour aller soutenir la répression contre les luttes des Vietnamiens pour leur indépendance du Viet Minh et de notre camarade Hô Chi Minh pour l'indépendance au Vietnam au moment où j'y naissais en 45 un peu plus tard 47 voilà donc c'est pour ça que je dis la gauche de Jaurès le parti socialiste de Jaurès c'est quand même autre chose que celui de Mitterrand qui n'avait pas sa carte qui n'était pas de cette gauche traditionnelle qui n'avait même pas sa carte au PS fût-ce même ce PS dévoyé je viens de faire allusion à Jules Moch dès qu'il a dès qu'il a eu la guerre froide le PS s'est immédiatement rangé du côté de la droite de l'extrême droite je vous rappelle que c'est le parti socialiste les socialistes français quand ils dirigeaient la SFIO ça s'appelait section française de l'international ouvrière Guy Mollet qui a fourni l'arme nucléaire la technologie nucléaire à Israël par exemple peut-être à raison ou à tort je ne tranche même pas mais je constate
1:34:43 je veux dire ce n'est pas des centristes et des modérés et je veux dire même cette gauche-là Mitterrand n'avait pas sa carte au PS il vient de la droite et avant la guerre chacun sait on a des photos lisez le livre de Pierre Péan on a tous les documents tout ça est très bien documenté il était dans l'extrême droite royaliste et il faisait des manifestations en disant dehors les métèques oui celui qui va fonder plus tard Harlem Désir c'est cette gauche-là s'il s'agit de la condamner mais bien sûr que tu me trouves Guillaume mais on ne jette pas l'enfant avec l'eau du bain le progressisme le pacifisme l'humanisme tout ce qui est pourfendu les trois valeurs sans doute les plus pourfendu pourfendu par tenez les deux seules forces qui montent actuellement l'extrême droite et l'écologie c'est pas que de fois on entend dire dans le milieu dans les milieux de la deep écologie que l'homme et l'animal le plus vraiment qui gâchent l'être l'univers l'être au sens heideggérien n'est-ce pas ah là là que c'est l'espèce qui ne devrait pas exister je l'ai entendu par des jeunes les pauvres qui étaient sincères
1:35:53 qui disaient que chaque fois qu'ils mettaient leur portable à la table ils étaient menacés de leucémie mais c'est terrible bon bref oui il y a une droite et il y a une gauche ce ne sont pas des catégories ou alors je veux dire elles n'ont jamais été opératoires bien sûr qu'elles sont grossières n'est-ce pas mais enfin je veux dire il y a des thèmes sur lesquels on peut se retrouver parce que si on supprime la droite on supprime l'extrême droite c'est grave ce que je suis en train de dire je passe mon temps pour te rassurer à dire que ceux qui se présentaient c'est là où les dés sont pipés et là je te donne raison par contre c'est vrai qu'il ne suffit pas de s'en tenir à la valeur nominale des mots qu'il ne suffit pas de se dire je suis à gauche avec Mitterrand c'est avec des tremblements pour moi je suis un homme de gauche il mettait sa main sur la poitrine et il clignait dix fois des yeux j'ai l'air de m'acharner contre Mitterrand mais tout de même je veux dire à chaque fois qu'il clignait des yeux il mentait et il clignait des yeux plusieurs fois par seconde sauf une fois il a dit la vérité juste avant que la campagne qu'il a menée à la présidence commence lorsqu'il a dit on peut prendre trois millions de voix au parti communiste français
1:37:04 tu parles d'une gauche une vraie gauche c'est celle qui prend des voix à la droite et qui les fait basculer à gauche non là c'est le contraire on ne s'en est pas remis depuis parce qu'une gauche c'est un parti communiste mais on voit ça s'est réduit il n'y en a plus maintenant le débat se passe entre la droite Macron et l'extrême droite bien bon si ce n'était qu'en France je suis souvent interrogé sur cette question de droite et de gauche c'est pour ça que je m'attardais un petit peu je remercie Guillaume de la soulever parce que ce n'est pas simple je comprends qu'on m'affouille mais combien de fois j'ai dit que ceux qui se disaient à gauche du PC en 68 c'est à dire les gauchistes pour quelqu'un d'extrême droite tout ce qui est à gauche et gauchistes ça c'est très à la mode actuellement cette confusion évidemment quand on pense à la gauche Mitterrand c'est facile de faire l'amalgame mais enfin les gauchistes qui ont presque tous
1:38:14 atterri chez Mitterrand après d'ailleurs mais je parle en 68 c'est à dire la réunion au sens mathématique pour ne laisser personne de côté de ordre chronologique historique les anarchistes les plus anciens les trotskistes les maoïstes les maoïstes de l'époque rien à voir avec la Chine d'aujourd'hui ce n'est pas ceux où les gamins de 14 ans des gardes rouges braquaient les compagnons de mao qui avaient fait la longue marche et qui avaient vaincu les japonais en les dénonçant comme d'affreux révisionnistes enfin la terminologie la fin de la vie c'est pas moi qui l'invente c'était dans le drapeau quotidien au Pékin non mais non j'en ai gros sur la patate parce que les Badiou il y en a qui n'ont jamais renié leur adhésion au maoïsme de cette époque-là je précise bien celle qui appuyait les Khmers rouges le plus grand génocide avec le Rwanda de l'après-guerre dans les deux cas on était très loin de la Russie de l'Union soviétique c'est au contraire il n'y avait pas plus anti-soviétique que le Khmers rouge croyez-moi à l'époque de cette Chine-là
1:39:25 heureusement que votre génération voit la jonction des deux et non pas la disjonction que Kissinger et Nixon avaient réussi à opérer entre les deux grandes capitales du mouvement communiste international je reviens et j'en finis avec la question j'en finis provisoirement avec la question de Guillaume ceux qui se disaient à gauche de la gauche en 68 les gauchistes trotskistes anarchistes trotskistes maoïstes se sont révélés en fait je pense à Jospin tenu et typique qui finit par dire bien des années plus tard quand il sera premier ministre de Mitterrand mon programme n'est pas socialiste sous-entendu n'est même pas socialiste et ça se présente et ça s'affichait comme étant plus à gauche que le PC n'est-ce pas d'accord et bien moi je dis que ceux qui se présentaient à gauche du PC étaient en fait à droite de De Gaulle il ne faut donc pas enlever ces termes-là car De Gaulle ne s'est jamais dit lui un homme de gauche il savait ce que c'était lui la droite et la gauche il avait des positions conservatrices sur des tas de points il était fidèle
1:40:35 à l'alliance atlantique mais pas au commandement intégré c'est pas aux américains de décider si on fait la guerre ou pas l'heure est grave croyez-moi c'est le plus important dans mon intervention ce soir c'est qu'on n'est pas tiré d'affaires sauf que la différence avec l'époque de De Gaulle c'est que maintenant si les américains le décident nous sommes sous le feu nucléaire la France est vitrifiée en quelques secondes par le fait que automatiquement si les Etats-Unis si le navire amiral décide qu'on est en guerre aucun bateau n'est pas ne pourra s'en tirer ou peut-être que les Etats-Unis s'en tireront tout seuls protégés par l'eau de l'océan mais certainement pas nous qui sommes à quelques encablures de Kiev et de Moscou encablures terrestres pardon pour l'antiphrase donc voilà je ne peux pas prendre toutes les questions ce soir je demande à Pierre-Alain de prévoir une réponse aux questions puisqu'on reprend notre rythme sans doute dès le week-end prochain ou en tout cas si Pierre-Alain ne peut pas je ne peux pas augurer de son emploi du temps
1:41:45 qui est très chargé tout à fait indépendamment de moi et je profite pour le remercier au passage je lui demande de prévoir dans les jours prochains disons les plus prochains possibles une séquence entièrement consacrée aux questions à commencer par celle de ce soir voilà je suis désolé pour ceux qui vont se sentir frustrés mais moi je suis ravi de vous avoir retrouvés je suis désolé de vous frustrer je suis frustré de vous quitter aussi mais enfin je pense à ceux à qui le conjoint ou la conjointe je l'entends d'ici dire bon il y en a marre de ce vieux radoteur il faudrait peut-être venir manger et elle oui elle a bien raison bon appétit et très bonne soirée pas que 10 minutes et là je suis désolé avance Merci.