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Présentation du thème : monde d'avant, monde d'après
0:00 Pile poil, trop fort. Alors bonsoir, nous sommes en direct avec l'Université populaire de Saint-Dizier, donc c'est la première, on ne sait pas trop comment ça va se passer, mais bon. Bonsoir. Et donc on a des membres de l'Université populaire qui vont se câbler normalement, et puis on a l'extrême joie et bonheur de recevoir une nouvelle fois Dominique Pagani pour nous parler du thème dont on a choisi cette année.
0:36 Alors il aurait dû venir l'année dernière, mais évidemment vous savez ce qui s'est passé, c'était pas la Coupe du Monde, mais c'était la crise sanitaire qui s'invitait, donc on n'a pas pu faire grand chose autour de la Coupe du Monde. Et cette année on est passé du monde à la Révolution, alors d'où l'idée d'aujourd'hui de parler du monde d'avant et puis du monde d'après, puisque vous avez sans doute entendu cette expression-là dans la bouche de nombreux hommes politiques, ou commentateurs de l'actualité, où il y aurait un monde d'avant et un monde d'après.
1:13 Donc nous ça nous a un petit peu titillés, qu'est-ce que ça veut dire un monde d'avant, qu'est-ce que ça veut dire un monde d'après, notamment avec une phrase qu'a prononcée Goethe, et Dominique nous dira peut-être dans quelles circonstances il a dit ça, et c'était un monde effectivement qui s'effaçait petit à petit pour voir émerger un autre monde, c'est la fin du XVIIIe siècle et c'est bien sûr la Révolution française, et Goethe fait directement référence à Voltaire et à Rousseau, en disant avec Voltaire c'est un monde qui finit, avec Rousseau c'est un monde qui commence.
1:59 Voilà, donc là peut-être qu'on saisit déjà un peu mieux de ce que c'est que le monde d'avant ou le monde d'après, puisque c'est un peu comme avant Jésus-Christ et après Jésus-Christ, donc il y aurait eu un monde d'avant la Révolution française, et puis dont Voltaire aurait été l'incarnation, un petit peu, un des derniers tenants de la monarchie parlementaire, il voulait plutôt glisser la société française de la monarchie absolue vers le modèle anglais, vers la monarchie parlementaire, alors que Rousseau bien sûr avait une toute autre idée de ce que c'est que le gouvernement d'une nation.
2:37 Et donc Goethe, très avisé, constate qu'il y a un monde qui termine et qui est incarné par Voltaire, et un nouveau monde, un monde qui émerge, qui est celui de Jean-Jacques Rousseau, annoncé par Jean-Jacques Rousseau, mais Dominique connaît ça par cœur. Et donc l'idée c'est qu'aujourd'hui, depuis un an, nous sommes dans une crise dite sanitaire, est-ce qu'elle n'est que sanitaire ? Je ne sais pas, il ne me semble pas, c'est un peu plus large que ça, et puis il y aurait donc un monde qui aurait existé ou préexisté à cette crise sanitaire, et puis un monde d'après, aujourd'hui, qui n'est peut-être pas encore arrivé d'ailleurs, mais dont on nous dit qu'il va arriver.
3:25 Alors hier j'entendais une intervention, c'était sur les restaurateurs, les restaurants sont fermés aujourd'hui, et beaucoup de restaurateurs ne sont pas contents. pour les comprendre. Et il y a un intervenant qui a dit, peut-être pour lancer la discussion, qui a dit, il me semble quelque chose d'intéressant, puisque la journaliste l'interrogeait, et lui posait la question en disant, mais est-ce qu'il ne va pas falloir vous réinventer ?
3:56 Réinventer le métier, réinventer quelque chose, et j'ai noté un petit peu ce qu'il a dit, il a dit ça, réinvention, point d'interrogation, c'est un mot dangereux, on ne réinvente pas, on ne réinvente pas de choses, on ne réinvente pas les choses, elles évoluent naturellement. Ce sont de fausses réinventions en période de crise, il n'y a pas de rupture, mais plutôt une accélération des tendances passées. c'était déjà présent, avant même le début de cette crise, le mouvement s'est accéléré.
4:30 Alors, sans le savoir, je trouve que c'est très hégélien, et que, voilà, je pense que ça pose bien les choses, comme si la révolution française avait lieu un mardi à 18h, et qu'à 17h59, on était dans l'ancien monde, et qu'une minute après, on passait de l'autre côté. Donc, peut-être qu'il y a des choses qui se sont produites bien avant les événements du 14 juillet 1789, ou la convocation des états généraux, pour qu'aboutisse le nouveau monde dont parle Goethe.
5:08 Voilà, donc, je vais laisser la parole à Dominique, bien sûr, qui va nous parler un petit peu de tout ça, et puis qui va nous dire si finalement, il existe un monde avant, qu'est-ce que c'est que l'avant, qu'est-ce que c'est que l'après, et si finalement, si on parle de cet exemple de la révolution française, la révolution serait un nouveau monde, quelque chose qui apparaîtrait comme ça, et qui aurait strictement finalement, qui aurait rompu tout lien avec le passé, qui serait entièrement nouveau, entièrement neuf.
5:43 Voilà, Dominique, je te laisse maintenant la parole. et merci encore à toi d'être venu nous éclairer sur ce sujet. C'est moi qui te remercie, Bertrand, et qui remercie mes amis Bragar, de me donner l'occasion, même virtuellement, de me retrouver un peu chez vous, ça me manque. même si, même s'il y a quelques centimètres de neige quand même, je veux dire. Je ne vais pas vous faire parler de la pluie et du beau temps, je ne suis pas là pour ça, mais enfin, il a neigé pour la première fois ce matin à Paris aussi.
6:16 Mais enfin, il doit faire un peu plus doux chez nous, et voilà quoi. Mais je suis ravi, je sais que la chaleur humaine chez vous fait fondre tout ça. Voilà. Et je salue mes amis, mes camarades, je suis très heureux de vous retrouver. Et ça, ça me manquait. Bon, il y a mon chat qui commence déjà à me discuter, mais 18 mètres carrés, bon, tu restes à ta place. Euh, pardon. Donc, je disais, euh, mais qu'est-ce qu'il y a ?
6:47 Tu vas aller à l'écran, mais c'est pas vrai, regarde ça, hein. Bon. Très, très, j'ai plus grand-chose à dire, parce que Bertrand a pratiquement dit l'essentiel, là. J'ai plus grand-chose à dire. Ah, j'entends, j'entends des interférences, là. Pratiquement de l'essentiel.
De la Révolution française aux « révolutions » publicitaires
7:17 Je m'entends, moi, en décalé. Ah ben, c'est plus maintenant. Alors, je pense que peut-être que chacun coupe son micro, non ? C'est pas ça, il n'y a pas une histoire comme ça. Non, parce que je pense qu'il y a quelqu'un qui a lancé le direct en même temps, et du coup, qui avait le son décalé. Oui, ça arrive souvent. D'accord. Et là, c'est bon. Moi, il me semble que c'est bon, là. Moi, c'est bon, si, pour moi. Impeccable. Pardon, donc, je disais, j'ai plus grand-chose à dire, Bertrand a vraiment condensé l'essentiel en quelques mots. Oui, je vais creuser ce qu'il a dit, simplement. Oui, la phrase de Goethe, à savoir, avec Rousseau, un monde fini, avec Voltaire, un monde fini, avec Rousseau, un monde commence.
7:56 Pour moi, c'est presque un sacrilège de comparer des changements aussi, comme il y en a presque tous les 20 siècles, pratiquement comme la Révolution française, laquelle succédait en tant que révolution politique à la révolution industrielle anglaise, à peine une génération auparavant. Donc, tout ça a été très rapide. Ça, c'est des craquements, encore une fois, des craquements dont nous ne sommes pas sortis. C'est des craquements d'où est issue notre modernité. Le monde industriel, la société civile bourgeoise, pour parler en termes de philosophie politique, dans laquelle nous sommes encore, et ce qu'on appelle le nouveau régime en histoire, tout ça se précipite à ce moment-là.
8:41 Et pas seulement pour la France, n'est-ce pas, les autres, y compris les monarchies, je pense à l'Angleterre, ou aux pays scandinaves, se sont empressés de faire quelques réformes, pour ne pas que ça arrive chez eux. Parce que les peuples, les peuples commençaient à prêter une oreille à une des plus belles phrases, n'est-ce pas, d'un de nos révolutionnaires, je pense à Saint-Just, à son éternelle jeunesse, Saint-Just, qui disait, le bonheur est une idée neuve en Europe. Les peuples, tout d'un coup, s'étaient aperçus qu'ils avaient eux aussi droit au bonheur, et pas nécessairement une poignée de privilégiés.
9:13 Comparer ça, n'est-ce pas, sans même arriver jusqu'à Macron, parce que ça ne date pas d'aujourd'hui, qu'on nous fait croire que, maintenant, on vit une révolution sans précédent. D'abord, il y a Steve Jobs, qu'il disait chaque semaine. Vous vous rappelez, il arrivait devant tout un auditoire, il sortait un slip connecté, il disait, ceci est une révolution. Non, mais je ne plaisante pas. Pas. Du coup, on le considérait comme un des grands génies du XXe siècle. J'ai vu que quand il est mort, il y a des followers, des jeunes gens, les pauvres, on les a élevés là-dedans, qui disaient qu'il était entre Einstein et Mozart.
9:51 Vous vous rendez compte ? Alors qu'il n'a fait que bénéficier des travaux faits par le Pentagone. Chacun sait que c'est l'armée américaine qui a créé l'Internet. Il ne faut pas oublier, d'abord. Et voilà, je suis sûr que c'est un excellent ingénieur, quelque part. Mais je vais dire, mais ça, il y en a plein. Et c'est surtout un homme d'affaires avisé. Voilà, c'est pour dire, faites attention à ceux qui vous disent tous les jours, ceci est une révolution. Alors, il y a deux, pour l'instant, il y a les mollos, ils parlaient de réformes.
10:23 Chaque fois qu'il y avait un recul, ils appelaient ça une réforme. Et les Français ont compris de plus en plus que quand on dit il faut faire une réforme, ça veut dire il va y avoir une nouvelle étape dans la contre-révolution. C'est-à-dire que des acquis qui représentaient des luttes plusieurs fois sur plusieurs générations, je ne sais pas, la retraite par répartition, la sécurité sociale, que plus rien n'était garanti. Et la réforme, ça veut dire qu'on allait s'attaquer à tout ça. Et donc, non pas amener le monde de demain, mais revenir au monde d'avant-hier.
10:56 Vous savez, à l'époque, par exemple, des journaliers, quand on payait la main-d'œuvre à la journée, il faut revenir en arrière parce que la mensualisation, la sécurité de l'emploi, la protection sociale, tout ça, c'est des luxes qu'on ne pourrait plus se permettre. Il faut faire attention. Moi, je ne suis pas contre le changement. Mais le changement, ça se fait dans plusieurs sens. Les voitures, elles ont des marches arrières aussi. Je veux dire, ce n'est pas pour rien. Alors, voilà, c'est ma réflexion préalable.
11:26 Oui, Bertrand ? Non, je t'écoute, je t'écoute. Ah bon, je crois qu'il veut dire quelque chose. Non, vas-y, vas-y. Alors, il y a deux textes. Pour une fois, on me reproche de ne pas lire assez souvent et d'en parler, de faire les allusions, mais de ne pas en parler. Écoutez, je vais, je vais satisfaire ceux qui trouvent que je ne le cite pas assez, mais il y a un passage dans la préface à la phénoménologie de l'esprit où il fait une excellente distinction entre l'évolution et la révolution qui va nous être assez précieuse.
12:01 Parce que je pense à, c'était un restaurateur que tu as cité. Oui, c'est un restaurateur. Je suis en admiration, d'abord. Moi aussi, quand j'ai entendu ça, il faut que je l'écoute parce que j'ai l'impression d'en tant que... D'abord, je valide à 100% le côté dialectique et hegelien de l'affaire, de son propos. Mais en plus, il a très bien vu l'essentiel de la problématique quand il a dit qu'il y a une évolution naturelle et ce qu'on appelle une révolution n'est souvent qu'une crise, n'est qu'une accélération à la faveur de la crise, de tendances lourdes qui étaient déjà là.
12:32 bon, il est clair qu'on a déjà ramené la partie notre propriété commune dans EDF. Ce n'était pas rien EDF quand même. Le monde entier nous l'enviait. C'était le plus gros emprunteur pendant un demi-siècle, le plus gros emprunteur mondial sur le marché des capitaux. Vous voyez ? Maintenant, il n'y a plus que 30% qui nous appartiennent dans EDF, à vous et moi. Vous voyez ? C'est pour ça que je dis de vous faire attention avant de lire le texte. Je prends un autre exemple. Quand on nous dit et vos retraites, parce que, vous savez, pendant qu'on parle du Covid, pendant qu'on parle de notre santé, quand on est très soucieux de notre santé, attention, je ne suis pas en train de dire que le Covid est une invention, je ne suis pas dans ce complot-là.
13:14 Je veux dire, c'est grave. C'est un enjeu personnel car malheureusement, je ne suis pas le seul, mais j'ai des proches impliqués là-dedans, surtout à mon âge, vous vous en doutez bien. Donc, je prends ça très au sérieux. Mais ce qui est scandaleux et ce contre quoi je sens une colère collective monter de plus en plus, surtout au vu des derniers sondages d'ailleurs, c'est la récupération médiatico-politique de ce danger par ailleurs réel pour faire passer des choses qui n'ont rien à voir avec notre santé.
13:46 Et je reviens au problème des retraites, qu'on est en train de rogner à la portion congrue pendant qu'on nous parle de nous faire avaler, des vaccins qui auraient dû être faits par l'Institut Pasteur qui était connu dans le monde entier pour être le meilleur opérateur dans ce domaine-là. Qui d'ailleurs, il ne faut pas oublier que la notion même de vaccin a été créée, n'est-ce pas, par Pasteur lui-même. Donc, dans sa version moderne.
14:16 Donc, je rappelle, toujours avant de lire le texte, encore quelques précédents pour diluer cette soi-disant révolution, pour montrer qu'on fait des surplaces, que le président précédent, il avait déjà pris comme slogan de sa campagne « Le changement, c'est maintenant ». Et Macron s'est fait élire avec un livre qui s'appelle « Révolution ». Voilà. Et puis, il y avait Giscard bien avant qui avait déjà dit « Je vais faire le changement dans la continuité ». C'est un petit malin, lui, vous voyez, il prenait les conservateurs.
14:46 Mitterrand, en 1981, c'était ça ? Oui, les deux. Il a repris de Giscard, ils étaient très proches d'ailleurs, c'est pour ça qu'ils se sont crépés le chignon. Ils se disputaient le même créneau, créneau post-vichyste, enfin, la droite, non, anti-gaulliste, si vous préférez. N'est-ce pas ? Je dis la droite, parce que, sans polémique, parce que Mitterrand, lorsqu'il a été désigné comme secrétaire de ce qu'on appelait à l'époque, en 71, le nouveau parti socialiste, il n'avait même pas sa carte au PS.
15:16 Il venait de la droite, vous savez, de ceux qui, après la guerre, se sont cachés un peu du côté des, sans étiquette, divers modérés, divers droites, centre-gauche, centre-droite, oui, ça va, oui. Voilà. Ce que j'appelle, moi, l'abominable extrême-centre. Bon. Qui, malgré les apparences, contient plus d'extrémistes que des gens modérés. Surtout, quand il s'agit du social, ils n'y vont pas de main morte. Rappelez-vous Raymond Barre.
Hegel contre la nouveauté perpétuelle
15:46 Bon. Plus il nous parlait d'austérité, plus il prenait de la bedaine, quand même. Je reviens à notre propos, justement, à propos du changement, c'est maintenant. Je ne vais pas lire le texte sur évolution et révolution tout de suite, je vais précéder par un autre qui se trouve dans une autre préface, celle à la philosophie du droit. Eh oui, c'est mon côté paresseux, je ne lis que les préfaces. Après, je baille et je m'endors. Non, allez, soyons sérieux. Regardez, regardez comme c'est bizarre, ceci est écrit en 1820.
16:16 Vous allez voir l'actualité. Pardon. Mais comme si je n'ai pas perdu ma page. Excusez-moi. Je l'avais là. Voilà, voilà. Actuellement, on dirait que c'est dans les questions qui ont trait à l'État, il s'agit de son testament politique, en disant les principes de la philosophie du droit, que c'est dans les questions qui ont trait à l'État que se trouve la plus forte racine des représentations selon lesquelles la preuve d'une pensée libre serait un apparent non-conformisme et même l'hostilité contre les valeurs reconnues publiquement.
17:03 Et par conséquent, une philosophie de l'État semblerait avoir spécialement pour tâche d'inventer et d'exposer une théorie de plus et bien entendu une théorie nouvelle et particulière. Quand on voit cette conception et les procédés qui en résultent, on peut se figurer qu'il n'y a jamais eu aucun État, aucune constitution politique dans l'histoire, sur la Terre, qu'il n'y en a pas actuellement. Ce serait, écoutez bien, à partir de là, ce serait à partir de maintenant, et là il y a une parenthèse capitale, et ce maintenant se renouvelle toujours indéfiniment, qu'on aurait tout à recommencer du début.
17:46 Et le monde moral et politique aurait attendu jusqu'au moment présent pour qu'on le pense à fond et pour qu'on lui donne une base. Voilà. Fin de citation. Avouez que ça ressemble un petit peu à ce qu'on nous raconte. tous ceux qui préparent un sale coup vous font croire que l'enrobe sous un bling-bling de nouveauté. D'accord ? Parce que la plupart des gens, ils aiment bien, ils ne sont pas, ils aiment bien avoir un souffle d'air frais du nouveau, moi aussi, moi le premier. C'est le principe de la publicité.
18:18 Exactement. Des gens comme Macron, ils ont été élevés là-dedans, dans le marketing financier, politique, commercial, je veux dire, surtout commercial, lui, je connais bien sa carrière. Maintenant, je vous lis ce texte plus théorique, plus général, très sérieux, moins ironique, moins polémique, sur la dialectique de l'évolution et de la révolution. D'abord, il commence par dire, du reste, il n'est pas difficile de voir que notre temps est un temps de gestation et de transition à une nouvelle période.
Un temps de gestation : l'esprit ne se repose jamais
18:49 Vous voyez ? Évidemment, toute l'Europe est en train de vibrer au craquement auquel je faisais allusion tout à l'heure et que Bertrand a très bien introduit avec la citation de Goethe. Et là, c'était vraiment des craquements qu'il ne faut pas sous-estimer. Et donc, il parle, n'oubliez pas que Hegel, c'est la génération qui a eu 20 ans au moment de la prise de la Bastille. il est né en 1770, vous voyez ? À un an près. Donc, voilà.
19:19 Il n'a jamais cessé, jusqu'à la fin de sa vie, d'avoir une admiration aux révolutionnaires français. Je dis, je ajoute même cette petite, ce n'est pas une anecdote, c'est du sérieux. Il disait, assez ironiquement, nous, les Allemands, nous sommes profonds. C'est la réputation qu'on a. D'accord ? Nous sommes profonds. Nous pensons la révolution. Les Français, ils la font.
19:49 Nous pensons, mais nous pensons ce qu'ils ont fait. Voilà. Petite boutade que Marx reprendra plus tard, n'est-ce pas ? Je reviens au texte. Il n'est pas difficile de voir que notre temps est un temps de gestation. Il s'agit de la transition de l'ancien au nouveau régime, rien que ça, et de transition à une nouvelle période. L'esprit, l'esprit, ça veut dire l'histoire chez lui, je le dis vite, sans démontrer. L'esprit a rompu avec le monde de son être là et de la représentation qui a duré jusqu'à maintenant.
20:25 On parle de l'ancien monde. Il est sur le point d'enfouir ce monde dans le passé et il est dans le travail de sa propre transformation. Vous voyez, là, on est loin du changement brusque de ce que faisait Jean-Bertrand, ironiquement, lui, dit le mardi à 18h. Moi, en général, je dis, ce n'est pas le 31 décembre à minuit qu'on est passé, je ne sais pas moi, de l'animal à l'homme ou de l'ancien régime au nouveau régime ou de l'antiquité au Moyen-Âge ou du Moyen-Âge à la Renaissance. Voilà, tout ça, c'est des transitions qui ont une épaisseur temporelle.
20:58 Donc, voilà, il est sur le point d'enfouir ce monde dans le passé, c'est un très beau texte, et il est dans le travail, vous savez, le même mot qu'on emploie pour un accouchement, il est dans le travail de sa propre transformation. En vérité, l'esprit ne se trouve jamais dans un état de repos et voilà la thèse qui l'avance tout d'un coup. Maintenant, on s'aperçoit que ça bouge. En fait, ça n'a jamais cessé de bouger. Mais quand c'est l'évolution, on ne s'aperçoit pas. Quand vous voyez les informations, vous voyez, je ne sais pas moi, les propos d'une ministre sur les intersectionnelles, je ne sais pas très bien, je veux dire, vous voyez, la lutte des homos, des hétéros, des Hutus, des Tutsis, des Corses, des Français.
21:47 C'est bien cisgenré quand même. Des femmes bourgeoises contre les hommes prolétaires. Bon, je dis ça pour défendre les femmes prolétaires qui sont exploitées par des femmes et des hommes bourgeois. Je rappelle le passage. Des femmes comme Madame Lagarde, Madame Merkel, et j'en passe, et bien d'autres, et Madame Thatcher avait donné le là déjà, génération ou pas avant, n'est-ce pas, se moquaient pas mal de savoir si les millions de femmes qu'elles mettaient au chômage, comment elles allaient s'en tirer.
22:20 quand je parle de féminisme bourgeois, c'est pour défendre le féminisme, le sérieux. Donc, vous voyez, cette évolution à l'œuvre dont on ne perçoit pas pendant que, je reprends mon propos, les médias attirent notre attention sur des péripéties, sur de l'anecdote ou du bling-bling sur ce que devient tel chanteur à la mode, peu importe.
22:57 Pendant ce temps, je veux dire, il y a des bouleversements dans les modes de production. Il y a 200 millions de Chinois qui passent d'une misère millénaire n'est-ce pas, à l'eau courante. C'est pour ça qu'ils sont une vraie menace. C'est pas ce qu'ils challengent, pas vous et moi, c'est pas nos concurrents, avouez-moi, mais c'est des concurrents à ceux qui pensaient qu'ils étaient seuls à mettre le monde en pièce, n'est-ce pas ? Voilà. Donc, vous voyez, et ça, c'est silencieux, les grands.
La naissance de l'enfant : le seuil et le saut qualitatif
23:27 Alors, je reprends le texte et je poursuis. En vérité, l'esprit ne se trouve jamais dans un état de repos, mais il est toujours emporté dans un mouvement indéfiniment progressif. Seulement, il en est ici comme dans le cas de l'enfant. Je vous parlais d'accouchement. Vous voyez, il reprend la même métaphore. Il veut dire l'enfant, il veut dire, je connais le texte en allemand, c'est le nouveau-né, enfin, pardon, le fœtus. Comme dans le cas de l'enfant. Deux points.
23:57 Après une longue et silencieuse nutrition de neuf mois, n'est-ce pas ? La première respiration, dans un saut qualitatif interrompt brusquement la continuité de la croissance seulement quantitative. Et c'est alors seulement que l'enfant est né. Superbe démarquage entre l'évolution silencieuse, n'est-ce pas, de l'embryon dans le sein maternel et de ce qui est vraiment une personne qui commence sa carrière, si je puis dire, sa carrière dans la vie.
24:33 Ce n'est pas la première respiration. C'est un seuil. Un seuil. Je le dis pour ceux qui s'intéressent au classique du marxisme, ça peut servir par les temps qui courent. Vous savez, l'importance de la notion de seuil dans la méthode dialectique. Ce n'est pas le passage de la quantité à la qualité, le passage de H2O liquide que vous avez dans les bouteilles d'Evian à la glace que vous allez avoir. Méfiez-vous demain sous vos pieds et sous vos pneus dans votre région surtout.
25:05 Ce passage-là, il a l'air progressif mais chacun sait que la température baisse d'un litre d'eau comme ça et puis il suffit de donner une petite tape et ça se cristallise d'un coup comme ça à la glace. C'est la cire de Descartes aussi. Exactement. C'est la notion de seuil qui montre le passage de la quantité à la qualité. C'est ce que vient d'illustrer Hegel ici. Lorsque les coups de boutoir silencieux dont je parlais tout à l'heure ont été suffisamment nombreux et multipliés, il y a tout d'un coup des craquements un peu comme pour les tremblements de terre.
25:41 Vous savez que c'est le magma en fusion qui travaille en permanence le centre de la terre et des fois il a tellement travaillé qu'il trouve une brèche et hop n'est-ce pas ça fait un tremblement de terre toujours dans les mêmes coins là où les plaques sont Il y a des affaires de Hegel aussi je crois avec l'arbre qui tombe et la forêt qui pousse Oui, bien sûr c'est les mêmes problématiques Donc il a donné son image de l'embryon qui devient une personne et il reprend sa comparaison ainsi l'esprit qui se forme on voit bien que c'est très concret l'esprit ce n'est pas du tout l'esprit comme une vapeur ce n'est pas l'esprit qu'on convoque comme s'en tournait les tables c'est l'histoire dans toute sa concrétude économique artistique guerrière malheureusement etc ainsi l'esprit qui se forme mûrit lentement et silencieusement jusqu'à sa nouvelle figure désintègre fragment par fragment l'édifice de son monde précédent là je m'arrête
Voltaire ronge l'ancien monde, Rousseau construit le nouveau
26:51 parce que ça rend encore plus concret la phrase de Goethe parce qu'elle la phrase de Goethe elle résume avec cet art qu'il a de trouver la formule qui condense tout mais il y a des allusions qu'il faut préciser avec Voltaire un monde fini oui Voltaire c'est la termite qui ne cesse de ronger le bâtiment ce que dit Hegel dans l'ancien monde il a ce mérite Voltaire c'est la termite qui ronge quoi ? qui ronge l'ancien monde n'est-ce pas il se trouvait une fois à une table où il agaçait un peu le maître des maisons qui était un oublio Voltaire il est né dans les milliards son père était un grand avocat de la place de Paris et quand Rousseau faisait l'école buissonnière sur les routes Voltaire il était à Louis le Grand je veux dire bon mais donc il faisait partie de l'establishment de bourgeois mais enfin c'était une société castée à l'époque avant la révolution et un bourgeois comme lui n'avait pas à s'attaquer n'est-ce pas à certaines figures de la noblesse et ce qu'il était en train de faire il plastronait on peut lui faire confiance à une table jusqu'à ce que monsieur de Rohan en personne une des plus grandes familles c'est un peu de chez vous les Rohan c'est lié au cardinaux
28:02 de Lorraine quand même quand je dis chez vous je parle de l'Est je parle de l'Est profond bon quel est cet individu qui persifle et qui n'a même pas de nom et là Voltaire lâche cette phrase superbe monsieur mon nom commence vous finissez le vôtre vous voyez donc il attaque surtout la religion Voltaire mais la religion c'est important c'est un des piliers pas la religion pas le contenu de la religion je respecte tout premier n'est-ce pas mais l'institution religieuse ce que en philosophie on appelle la religion positive celle qui est posée là n'est-ce pas que quand on est né déjà on vous dit à demain c'est le dimanche des rameaux vous voyez c'est la religion établie n'est-ce pas je respecte tous ceux qui en étant aussi croyants ont passé des siècles à protester contre les abus de la religion positive que ce soit Saint-François d'Assise que ce soit n'est-ce pas ceux qui protestaient contre le commerce des sacrements vous savez à l'époque où on vous remettait vos péchés si vous donniez une petite somme d'argent ou alors
29:14 on faisait le commerce des reliques vous savez on vous vendait un barreau de l'échelle que Jacob vit en songe ou une plume tombée de l'archange Gabriel quand il a fait l'annonciation je ne plaisante pas c'était le truc qui valait des fortunes bon voilà allez soyons sérieux donc Voltaire il a travaillé à ce niveau-là et jusqu'à ce que l'immeuble patatra oui mais après il faut construire c'est là que Rousseau intervient Rousseau c'est celui je pense en particulier au contrat social n'est-ce pas qui pose les bases de ce que pourrait être un nouveau deal je parle un peu branché enfin en termes historiques entre les hommes n'est-ce pas donc basé sur la liberté et non plus sur la naissance parce qu'il fallait naître noble pour être noble jusqu'en 1610 jusqu'à ce que les nobles étaient tellement fauchés que n'est-ce pas ils ont commencé à marier leurs filles à des bourgeois c'est ce qui s'appelait redorer le blason vous savez à l'époque et qu'il a été décidé par monsieur Paulet P-A-U-L-E-T un conseiller d'Henri IV et c'est pour ça qu'on appelle ça l'édit de la Paulette
30:25 qui a un énorme retentissement historique il a été institué ce qu'on appelait la vénalité des charges vous savez avant il fallait naître noble pour être noble maintenant on pouvait le devenir mais il fallait casquer voilà vous voyez qu'il y a des progressions donc ça c'est des évolutions donc je reprends le texte ainsi l'esprit qui se forme mûri lentement et silencieusement jusqu'à sa nouvelle figure désintègre voilà pour Voltaire fragment par fragment l'édifice de son monde précédent l'ébranlement de ce monde est seulement indiqué par des symptômes sporadiques de point la frivolité et l'ennui qui envahissent ce qui subsiste encore c'est très bien vu dans les salons n'est-ce pas de la fin du 18ème siècle qu'il y a des symptômes de décadence n'est-ce pas du marquis de Sade jusqu'à jusqu'à la nouvelle sensibilité la frivolité et l'ennui qui envahissent ce qui va être bientôt le mal du siècle ce qui subsiste encore le pressentiment vague d'un inconnu sont les signes annonciateurs de quelque chose d'autre qui est en marche cet émiettement continu qui n'altérait pas la physionomie
31:35 du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil qui dans un éclair dessine une fois la forme du nouveau monde c'est extraordinaire n'est-ce pas alors c'est accablant comme différence par rapport à ce qu'on est en train de se passer c'est pas un soleil qui éclaire un nouveau monde ce qu'on est en train de nous sortir comme dit très bien ton restaurateur c'est les tendances lourdes de la casse sociale qui a commencé depuis maintenant près d'une génération et demie qui connaît une accélération c'est son terme non ?
Nouveauté, révolution nationale et refus du progrès
32:08 une accélération significative voilà voilà pourquoi je tenais à commencer par ces deux références ceci dit je voudrais rester dialectique c'est-à-dire oui il y a un changement qui est en train de s'opérer je ne sais pas si après il y aura un nouveau monde j'aime pas la formule le monde il en a vu des gens qui parlaient de nouveautés je fais allusion ici je tiens mon fil ne vous inquiétez pas au film les enfants du paradis je présume que quelques-uns d'entre vous l'ont vu c'est un des films les mieux référenciés de l'histoire du cinéma et c'est l'âge d'or du cinéma français dit-on or à un moment donné le père de Baptiste qui travaille comme homme de théâtre au Funambule un petit théâtre très populaire où viennent justement le prolétariat parisien au paradis là où les places ne sont pas chères là-haut il dit à un moment donné dans les coulisses le public il demande toujours de la nouveauté mais c'est vieux comme le monde ça la nouveauté
33:19 il en sait lui vraiment voilà donc je voudrais dialectique démystifier ce qui se prétend nouveau et qui est la vieille soupe qu'on veut nous faire de nouveau régurgiter j'ai fait allusion tout à l'heure au retour je ne sais pas moi bientôt au jour on travaille à la solde journalière tant qu'on y est ou aux assurances sociales privées la retraite par points vous voyez tout ce qu'on nous prépare mais d'un autre côté il y a un vrai changement je ne sais pas ce qui en sortira je ne suis pas sûr que ce soit le soleil éclairant un nouveau monde radieux mais pour l'instant je suis un vieux bonhomme j'ai un peu plus de 75 ans je n'ai jamais vu ce qui se passe donc voilà c'est à dire que les révolutions c'est dans l'imaginaire et sans doute dans la conscience de beaucoup de gens c'est la référence c'est la révolution française et c'est nécessairement un progrès un progrès social or il y a des révolutions qui ne sont pas nécessairement des bonds en avant mais plutôt des réactions oui puisque tu as
34:29 interné à la réaction tu me prends les mots de la bouche Pétain parlait de révolution nationale mais bien sûr tu anticipes en plein à ce que j'allais dire moi j'avais carrément franchi le Rhin je ne m'étais pas contenté de Pétain il ne faut pas oublier que les nazis parlaient d'ordre nouveau et de révolution nationale le mot révolution était très fréquent donc tu as bien raison il n'y a rien de plus dangereux que ces époques où les concepts se pervertissent les conducteurs automobiles savent très bien que l'heure la plus dangereuse c'est ce qu'on appelle entre chien et loup vous savez quand la nuit n'est pas tout à fait tombée et surtout s'il pleut un peu sur le pare-brise et tout ça la visibilité est mauvaise il vaut mieux la nuit où les choses sont claires ou le jour mais entre les deux c'est ce qui est en train de se passer vous savez on parle de rouge brun vous voyez des gens qui remettent au goût du jour des idées qu'on croyait disparues avec les horreurs de la deuxième guerre mondiale se font passer pour des gens de gauche je vous donne un exemple quand j'étais dans mon enfance coloniale
35:40 je ne suis pas rien moi je suis né dans une famille qui comme beaucoup de corse avait fui la misère corse dans l'administration coloniale vous vous doutez bien que dans l'entourage de mes parents c'était des gens très conservateurs comme l'expatriation en moyenne n'est-ce pas la plupart avaient collaboré avec les japonais en Indochine où je suis né ils s'appellent maintenant le Vietnam mais comme ici il y en a qui collaboraient avec les allemands c'est le même truc or un refrain qui revenait souvent dans ce monde-là c'était on n'aurait jamais dû leur apporter le progrès la radio les transistors ils étaient plus heureux avant c'était vraiment l'extrême droite qui disait ça à l'époque vous voyez qui était furieuse des luttes contre la colonisation maintenant n'importe quel écolo vous sort ça il ne faut pas qu'il faut laisser les indiens dans leur tradition comme ils sont il ne faut pas leur imposer un progrès bref ce que fait la Chine qui était à l'heure de prendre 200 millions de personnes de la misère je ne sais pas et d'y ajouter un confort je pense au Niger où j'ai vécu longtemps
36:50 où les gens font le Niger a le record mondial du taux de natalité c'est pour ça que j'en parle là pour un exemple précis c'est que là-bas croyez-moi si vous voulez mais la moyenne le nombre d'enfants par famille c'est 9 par foyer je ne dis pas je ne parle pas de famille élargie 9 pour en garder 2 car les 4-5ème meurent entre 0 et 5 ans de maladie qui pour la plupart suffirait d'avoir de l'eau propre n'est-ce pas de l'eau courante avec un peu de chlore dedans n'est-ce pas pour les éviter je pense au choléra à la dysenterie voilà je pour vous dire Bertrand fait bien de nous mettre en garde que le changement c'est un terme neutre pour l'instant ça peut changer de A vers B ou de B vers A je veux dire ça peut changer en allant en avant ça peut changer en allant en arrière le changement de la maladie vers la santé c'est bien de la santé vers la maladie c'est moins bien mais tout ça c'est des changements donc voilà le monde d'après ce dont je suis sûr
La crise économique annoncée avant le Covid
38:00 c'est que il y a quelque chose de calculé sans être complotiste je vous l'ai dit il y a une maladie qui est sérieuse mais elle tombe à pic si je puis dire et croyez-moi que les précédents qu'on avait un peu oubliés qu'on commence à reparler maintenant pour faire des comparaisons je pense au SRAS je pense à la grippe aviaire à ces pandémies qui avaient circulé je pense que déjà ça a fait réfléchir beaucoup de milieux qui se sont dit bon sang quand on voit les réactions les terreurs populaires il y a de quoi faire là où je veux en arriver au fait maintenant je vous demande un petit effort de mémoire que juste avant le Covid juste avant qu'est-ce qui était d'actualité l'imminence de la plus grave crise économique depuis l'après-guerre lisez les journaux de l'époque enfin les journaux télévisés papiers peu importe revoyez les médias aux Etats-Unis on ne parlait que quand est-ce qu'il viendra ce qu'ils appellent le big one c'est la même expression que pour le tremblement de terre qui un de ces jours devrait affecter je ne le souhaite pas San Francisco Los Angeles avec les Californiens sur une faille sismique bon et qu'ils redoutent un de ces jours non pas une petite secousse comme ça qui abîme un peu
39:11 les voitures et les toits mais qui serait beaucoup plus meurtrière et qu'ils appellent le big one ils ont la même expression quand est-ce qu'il viendra le big one depuis le déclenchement alors maintenant je fais de l'anamnèse contre l'amnésie à laquelle on nous a forcé depuis pratiquement nous n'oublions pas que nous sommes en crise d'après les intéressés eux-mêmes depuis 2008 la crise dite des subprimes qui a été le déclencheur bien sûr et ça faisait des années qu'on nous disait que ce qui ne va pas économiquement c'est surtout en France c'est le nombre de fonctionnaires de parasites de secteur public qui est démesuré des impôts qui sont trop enfin vous l'entendez 50 fois par jour vous n'avez pas besoin de moi pour ça et voilà que patatras la crise elle ne vient pas de ça non c'est pas ça qui est dangereux pour l'économie mais de gens qui vendaient de l'immobilier aux Etats-Unis sans règles sans foi ni loi je suis préféré n'est-ce pas et qui fait que tellement de personnes ont vu leurs économies partir en fumée et qui n'ont toujours pas de toit et que ceux qui en avaient un ils sont maintenant sur les trottoirs vous avez vu des images
40:21 là-dessus je n'insiste pas il ne faut pas oublier qu'il devait se passer quelque chose car qu'est-ce qu'on a fait depuis pour sortir de la crise je parle de celle qui a commencé en 2008 pour m'en tenir là je ne remonte pas aux crises du dollar dans les années 60-70 les droits de tirage spéciaux le choc pétrolier vous voyez je prends la plus récente celle qui a initié la période qu'on vit et qu'est-ce qu'on a fait pour y remédier vous le savez comme moi parce qu'on en parle tous les jours les banques centrales depuis à commencer par la plus puissante du monde la Fed a pris des lances à incendie pour éteindre l'incendie sauf que au lieu de l'eau elle a mis de l'essence pour éteindre l'incendie en arrosant l'économie capitaliste de milliards et de milliards de liquidités non non c'est pas dans vos poches ne les cherchez pas on le saurait n'est-ce pas ni dans les miennes bien sûr
41:31 mais jamais les entreprises n'ont été arrosées avec autant d'argent pour les soutenir vous voyez ça ne vous rappelle pas quelque chose qui se passe maintenant je redoute moi le printemps prochain parce que officiellement je suis très prudent parce que tout change en ce moment au niveau des je parle ici des consignes officielles un jour le masque un jour pas un jour c'est 20h un jour c'est 18h le couvre-feu voilà une manière de nous tenir en alerte en permanence je veux dire que si on les laisse faire aussi bien en 10 ans on en est au 27ème confinement je n'exclus rien pour l'instant je laisse l'hypothétique je reviens à des choses solides je redoute le printemps pourquoi parce que pour l'instant les aides au travail à domicile n'est-ce pas à à certains secteurs plus frappés que d'autres des aides qui plus on s'élève dans la hiérarchie économique plus on va vers les grosses boîtes plus ces aides sont substantielles soit dit en passant moi je connais déjà deux amis restaurateurs qui ont mis la clé sous le paillasson
42:42 mais ces aides-là elles arrivent à expiration fin mars attendez rappelez-vous avant la crise on disait que le problème c'est la dette vous vous vautrez dans la consommation vous n'êtes pas sérieux vous vivez au-dessus de vos moyens c'est ce qu'on entendait tous les ans de l'économie des grands prêtres de la religion libérale c'est bien ça qu'on entendait et c'était les allemands qui tapaient le plus sur la table l'orthodoxie vous les grecs là après leur avoir vendu les allemands des armes je veux dire qui ont détruit entièrement la balance commerciale grecque n'est-ce pas ils ont encaissé ils ont facturé ils s'ont fait payer après ils ont dit vous êtes endettés c'est pas bien bon c'est attention et je ne bouffe pas du boche chacun sait que je suis germanophile de culture plus que Bertrand je sais Bertrand lui comme beaucoup de gens de votre région qui a quelques raisons de se méfier un peu de ce qui vient de l'Est un an en Allemagne ça calme avec l'uniforme
Gramsci et Nietzsche sur la profondeur allemande
43:52 ben oui bien sûr mais je ne peux pas résister au plaisir je m'absente trois secondes le temps de vous trouver une source vous allez voir vous allez vous régaler mais qui est très actuelle vas-y on est en direct je pense justement je vous sors ça voilà j'avais retrouvé la phrase de Gramsci qui résume un peu ce que tu as dit le vieux monde se meurt le nouveau monde tarde à apparaître et dans le monde c'est le moment des monstres surgissent les monstres voilà voilà tu connais bien donc là je pense que exactement oui alors voyez je ne suis pas sectaire je vous sors du Nietzsche tout le contraire de Hegel et de Marx n'est-ce pas mais il écrit très bien il le sait c'est le seul il sait qu'il est celui qui écrit le mieux en Allemagne à l'époque alors il vous dit ceci n'est-ce pas il fut un temps où l'on avait coutume de décerner aux allemands l'épithète je parle des allemands là je vous ai dit je suis plutôt germanophile de culture mais parce que c'est eux qui dirigent l'Europe attention sinon ce ne serait pas d'actualité ce que je vous dis et ça commence à son époque il fut un temps où l'on avait coutume de décerner aux allemands l'épithète louangeuse
45:02 de profond voyez on y revient à présent c'est à de tout autres honneurs qu'aspire l'allemand quand il dit à présent c'est qu'Allemagne venait d'écraser pas loin de votre région la France à Sedan hop l'Alsace-Lorraine en 24 heures bon à présent c'est à de tout autres honneurs que la profondeur qu'aspire l'allemand et toute profondeur lui semble sans doute un manque d'allant vous voyez les panzers il leur faut du carburant pas de la profondeur il est donc presque actuel et patriotique de se demander si cet éloge ancien n'a pas été de tout temps une erreur bref si la profondeur allemande n'est pas en réalité autre chose et pire une qualité dont nous sommes Dieu merci sur le point de nous défaire je vous saute un long passage sur le caractère allemand je vous le passe mais la chute elle est tellement tellement bien vue je ne peux pas m'empêcher de vous la lire je pense à madame Merkel parce qu'aujourd'hui c'est son jour elle est remplacée depuis aujourd'hui par un nouveau secrétaire général c'est des où là je ne sais pas en général président la profondeur allemande n'est trop souvent qu'une digestion pénible
46:12 bon ça c'est autre chose oui Nietzsche oppose les cultures de la bière aux cultures du vin voilà et de même que tous les malades chroniques tous les dyspeptiques ont une tendance à l'indolence l'allemand aime la franchise et la bonhomie on l'appelle maman madame Merkel en Allemagne vous savez ça Mutti c'est pas mère c'est maman c'est très familier donc et de même pardon l'allemand aime la franchise et la bonhomie il est si commode d'être franc et bon enfant c'est peut-être aujourd'hui de tous les déguisements auxquels s'entend l'allemand le plus dangereux ce texte est incroyable et le mieux réussi cette honnêteté allemande familière prévenante qui joue toujours carte sur table qui n'a pas l'arrogance du français vous voyez sous-entendu qui joue toujours carte sur table c'est son talent véritablement méphistophélique et qui peut mener loin il écrit ça à deux pas historiquement des deux guerres mondiales qui vont ensanglanter le monde et l'Europe quand même et qui peut mener loin et là regardez
47:22 c'est un bijou l'allemand se met à l'aise il fixe sur vous le regard vide de ses honnêtes yeux bleus d'allemand et l'étranger aussitôt de le confondre avec sa robe de chambre c'est pas beau ça voilà il est drôle en plus ah non non mais il est il est insolent même voilà mais enfin comme il dit le contraire à la page 14 ce qu'il dit à la page 13 en général c'est bon il a le droit c'est ça il le fabrique oui tout à fait tout à fait donc je reprends ce propos il faut pas quand c'est les moments de crise comme ça il faut absolument c'est le moment où il faut être le moins amnésique parce que ça va très vite moi il y en a plein qui me disent depuis le Covid et le confinement je sais plus je perds la notion du temps vous avez dû l'entendre des choses comme ça le fait de pas avoir le même décor tout ça de pas avoir l'alternance domicile travail je veux dire je perds mes repères donc en plus vous savez c'est su tout ça un pouvoir est entouré d'une armée de consultants de spécialistes de choses
La mémoire contre la communication du pouvoir
48:32 qui sont à son service il ne faut jamais oublier ne prenez pas trop au sérieux l'individu Macron c'est un petit fondé de pouvoir de banque à l'origine n'est-ce pas qui a été poussé en avant de même que le petit Bush je veux dire le Bush junior celui qui a déclenché les guerres en Irak celui qui montrait aux journalistes vous savez le médaillon de sa ceinture sur son vis en disant voyez ça c'est l'emblème du Texas c'était un débile un newborn comme on dit là-bas vous savez qui avait renoncé à l'alcool qui était tombé au pied des évangélistes bon c'est ces gens-là que les milieux sérieux les milieux d'affaires mettent en avant parce que c'est des gens qui ne savent pas éternuer et marcher sans les conseillers vous voyez ça c'est important ce qu'on voit et Macron fait parfaitement l'affaire à ce niveau-là donc il doit être très bon techniquement dans son domaine les achats de boîtes les fusions acquisitions il connaît mais il connaît bien mais enfin ça ne concerne pas vos intérêts et les miens sauf négativement c'est pour ça je vous dis c'est le moment où moins que jamais il faut
49:42 se laisser chouraver sa mémoire je rappelle que juste avant la crise du Covid on ne parlait que d'impasse et qu'on allait arriver à une catastrophe économique que le déficit américain depuis il a triplé que le déficit américain était devenu insupportable je vous dis ils arrosent un incendie avec des pompes à essence le Japon est à 240% de dettes mais oui 240% de dettes chez nous on pousse des cris d'orfraie parce qu'on vient de dépasser les 100% à la faveur du Covid c'est pas le moment d'oublier ces choses précises on n'est pas dans la spéculation métaphysique ce sont des repères sérieux alors qu'on ne peut pas cacher le soleil avec son doigt comme dit un proverbe africain mais qu'on doit utiliser en dehors de l'Afrique à mon avis parce qu'il est trop bien vu qu'on ne peut pas cacher le soleil avec son doigt les pouvoirs savent je dis les pour ne pas être paranoïaque c'est pas un individu les pouvoirs savent que de plus en plus
50:52 de gens se rendent compte de ça donc qu'est-ce qu'ils font ils font de l'argumentaire de la communication là aussi il y a des consultants qui disent voilà comment ils font présenter les choses quand on vous dit mais enfin arrêtez de nous embêter avec la dette enfin le Japon il est à 240% tout hyper libéral qu'il soit donc c'est pas la sécu ou les indemnités chômage qui font la dette à ce moment là ils vous disent oui oui non mais au Japon le gros de la dette est détenu par les japonais bon sang les mêmes qui nous disent qu'est-ce qu'il y a vous parlez français hexagone mais vous êtes des repliés sur votre pré carré là il faut être mondialisé et voilà ils font l'éloge des japonais eux de détenir leur dette vous voyez on a affaire à des voyous je veux dire je ne crains pas le mot c'est encore ce qui vous parle donc voilà tout ça alors c'est pas le monde d'avant c'est malheureusement ce qu'il y a de pire dans le monde de toujours je ne dis même pas l'ancien ou le nouveau dans le monde de toujours n'est-ce pas alors je réfléchis quand même sur le présent sur ces changements sans précédent
52:02 dans notre mode de vie là alors on nous dit au début on nous disait il y en a au moins pour un trimestre après on nous a dit il y en a pour le semestre maintenant on n'en voit plus la fin moi je discute autour de moi il y a de plus en plus de gens inquiets dans tous les milieux dans toutes les classes d'âge qui se demandent quand est-ce que ça va finir et je fais l'hypothèse moi je ne veux pas vous l'imposer parce que je ne la démontre pas que si on les laisse faire il n'est pas impossible je disais tout à l'heure qu'on nous parle du 37ème confinement dans 10 ans si on les laisse faire par les temps qui courent ça m'étonnerait qu'il y ait une telle stabilité politique dans notre région j'étends la région à l'Europe ici mais voilà sur ce que je vous disais essentiellement sur le changement pour l'instant ça fait des années et des années je résume l'essentiel de ce que j'ai voulu dire qu'on nous assène réforme sur réforme que j'ai rebaptisé contre-révolution c'est-à-dire de faire écrouler des acquis que nos anciens s'étaient battus pour que ça devienne des acquis et qu'on a osé
53:12 appeler ça des privilèges ben oui vous comprenez il y en a marre des privilèges les privilèges il me semble la révolution française elle a été faite essentiellement contre la notion de privilège ça tombe bien les privilèges c'est de naissance là non ça a été acquis de haute lutte il y a eu des morts dans ces combats sociaux on a le lait allo