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Mussolini et « la bombe à la main et la fleur à la bouche »
0:00 Alors on ne va pas découvrir tous les jours, n'est-ce pas, qu'on joue l'homme de gauche, le révolté, quand on a 15, 20, 25 ans. Il y en a qui semblent découvrir ça aujourd'hui. Je ne sais plus quel communiste disait dans les années 50 que le pire de l'extrême droite se recrute dans les poubelles de la gauche. les poubelles de la gauche, ceux qui ont commencé comme ça, vous voyez. Et qui, dès qu'il y a de vrais problèmes de classe, dès qu'il faut se conformer à un centralisme démocratique, comme on dit, et à des décisions collectives, tout d'un coup, leur narcissisme petit bourgeois en prend un coup et ils sont les premiers à faire le salut hitlérien, vous savez.
0:52 Ils ne sont pas les derniers en tout cas. Au point que Mussolini, pour ne parler que de lui, fait tout un développement sur ce qu'est la vraie révolution. Et je n'aurais pas dû le dire, Mussolini, parce que j'aurais dû le crypter et vous laisser deviner qui a dit ce que je vais citer. Et vous auriez dit, mais ça c'est Cohn-Bendit, c'est des gauchistes, c'est des manifestants d'extrême gauche, des antifas.
1:22 Oui. C'est ce qu'il disait Mussolini, il disait la révolution, la vraie, ce n'est pas des misérables histoires de chômage, de salaire, de retraite. La vraie révolution nationale, c'est « a bomba in mano e a bocca in fiore », la bombe à la main et la fleur à la bouche. Quand même, hein, Mussolini, c'est très Cohn-Bendit, ça.
1:54 Très 1968, la bombe à la main et la fleur à la bouche. Bonsoir tout le monde. De plus en plus heureux de vous retrouver. Vous voyez que ça change. Avant, je disais, je suis toujours content de vous retrouver, ce n'est pas toujours, mais de plus en plus.
Annonces et méthode : la spirale et la variation
2:30 Grâce à nos jeunes amis camarades de l'OCF des Alpes, je vais dire des basses Alpes de Haute-Provence. Moi, ça me bassine. C'est le cas de le dire. C'est pas que le politiquement correct qui fait qu'on est passé de basses Alpes à Alpes de Haute-Provence. Mais quel ridicule. Donc, je les appelle les basses Alpes de Haute-Provence. Voilà. Rien pour me venger. Et que leur groupe a constitué sur Spotify une chaîne où toutes mes interventions publiques seront diffusées comme contenu de cette chaîne.
3:19 Spotify et donc Deezer. Vous connaissez mieux que moi les affinités qu'il y a entre ces labels. Voilà. Donc, c'est le moment où jamais, pour ceux, et je les comprends, qui auraient eu tendance un peu à se démobiliser suite au silence auquel j'ai été contraint, et pour mes raisons de santé, et pour les conférences qu'on m'a demandé de faire en province, c'est peut-être le moment pour ceux qui sont découragés de s'abonner ou de se réabonner.
3:53 Ne pas hésiter à le faire parce que ça nous renforce dans une mesure difficile à évaluer. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seul. Non content d'avoir créé cette chaîne sur Spotify et Deezer de nos interventions. En plus, il y a un serveur Discord qui sera identifiable par le lien que vous allez trouver en dessous de la vidéo.
4:23 Pour ceux qui voudraient être partie prenante des débats qui ont lieu dans le cadre de ce Discord pour lequel vous verrez le lien qui suit, n'hésitez pas, the more the merrier, comme disent les anglais, n'est-ce pas ? En français, on traduit, plus on est fou, plus on rit. Enfin, il y en a qui pourraient mal le prendre. Voilà, pas moi en tout cas. Comment il dit Baudelaire ? Mais la voix me console et me dit, garde tes songes, et les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous.
4:58 Je vais essayer de donner un tour de plus en plus synthétique à mes interventions. C'est-à-dire essayer d'y condenser ce que je ne cesse de rabâcher depuis mes premières interventions publiques. Et oui, je crois que je suis toujours en train de changer de sujet, de faire des détours. En fait, moi je trouve que je dis tout le temps la même chose. Voilà, allez, ce n'est pas contradictoire tout ça. Le tout c'est, comme vous le savez déjà, les images reposent un peu l'esprit de temps en temps quand c'est abstrait.
5:32 C'est l'image de la spirale, n'est-ce pas ? On a l'impression de répéter, de revenir en arrière, mais il y a un petit décalage qui fait que le cercle est de plus en plus grand, et ainsi de suite. Voilà, ce n'est pas contradictoire. de rabâcher toujours la même chose, mais comment dire en musique ? Au moins, au lieu de répéter toujours le thème, comme font les musiques qui ne valent pas un clou, il vaut mieux procéder par variation successive du thème. Voilà.
L'Occident sans histoire et la liberté des Francs
6:02 Et le thème, vous savez que je suis toujours partagé entre transmettre des fragments épars et précieux, et pas encore constitué en système du patrimoine culturel qu'on vous a cambriolé au cours des quasi-deux générations passées. Je ne cherche pas ici des coupables pour l'instant, parmi les pouvoirs bien sûr, mais je rappellerai simplement que ce qu'on appelle l'Occident, et vous savez avec quelle pincette je me saisis de ce terme, l'Occident a pour patron, diplomatique, militaire, financier, géostratégique, tout ce que vous voulez, jusqu'à nouvel ordre, un pays dont, qu'on en pense du bien et du mal, c'est un autre dossier dont chacun peut s'accorder qu'il n'a pas une histoire très ancienne,
7:13 et donc qu'il est un peu fâché avec les pays à longue résonance historique. J'ai participé à des discussions quand j'étais en Allemagne en décembre dernier, j'ai passé des discussions sur un rapport que la gauche doit entretenir, ou peut entretenir, pas doit au sens moral, mais que la gauche entretient avec la révolution française. Vous voyez déjà l'épaisseur historique, alors que c'est hier, c'est la période la plus récente, plutôt c'est même notre période, notre modernité qui commence à ce moment-là, quand la révolution industrielle va chasser de leur terre infiniment plus de paysans que les communistes, n'ont menacé, n'est-ce pas, de nationaliser.
8:10 Je dis ça parce que certains s'en souviennent, lorsque je militais en cellule rurale dans la Drôme, je me souviens des affiches de la droite où on voyait une espèce de rapace qui avait tout l'air d'un vautour noir comme ça, avec un bec dégoulinant comme les vautours de Lucky Luke, n'est-ce pas, et qui survolait un pauvre petit village français avec son clocher, il y avait marqué en légende, les communistes vont vous prendre vos terres. Résultat, les terres sont parties, et les communistes on les attend toujours.
8:42 Voilà. Je referme la parenthèse. Oui, l'actualité, plus les masques tombent, plus des choses impensables, il y a à peine encore quelques mois, deviennent maintenant des banalités factuelles, des trivialités, on dirait en mathématiques.
9:12 des choses qui n'étonnent plus personne en tout cas, plus il est difficile, plus le fascisme réapparaît, moins il est masqué, moins il est occulté, moins il est déguisé en discours libéral. Il faudrait un jour, je fasse un développement rien que sur ce terme-là, sur le monde libre, Free Town, Freiburg. Les francs, mais oui, la tribu germanique a donné son nom à la France, veut dire strictement les libres.
9:53 Une ville franche, c'est une ville qui ne payait pas trop de taxes par rapport à d'autres. Vous voyez ? C'est cette liberté-là. Et donc, les francs, au combat, Clovis, quand il mettait son glaive sur la gorge d'un vaincu, il disait, « A vaincu, maintenant, tu vis ton dernier quart d'heure, ou bien tu deviens mon esclave. » Généralement, l'autre préférait être esclave. Et donc, Clovis, lui, restait un homme, comment on dit, libre.
10:23 C'est les égorgeurs, ça. Cette liberté-là. Ce n'est pas celle du contrat social. Voilà. Vous voyez ? J'ai l'air d'aller vite comme ça, mais c'est au moment où le fascisme réapparaît qu'il faudrait le moins en parler. Ou alors, ça veut dire, il est déjà tellement… Pas au pouvoir, au sens administratif, non, pas encore. Mais il est déjà tellement sociologiquement répandu, vous voyez, comme j'avance sur des œufs.
Le paradoxe d'un fascisme efficace parce qu'invisible
10:58 Il pénètre la partie couche moyenne de la classe moyenne, vous voyez, comme il y aurait beaucoup à nuancer dans tout ça. Mais on ose à peine dire à son voisin, dans le bus, chez soi, dans une soirée. N'est-ce pas ? On ose à peine dire, pensez pas qu'il y a un danger de refachisation. Oh, encore ! Les grands mots tout de suite. Vous voyez, ça suscite l'indignation. Ou alors, le ridicule.
11:29 Ah oui, on voit ce que c'est, c'est le symptôme de Godwin. Ça veut dire, en très bon français, j'essaie de châtier ma langue. Ou bien vous passez pour un con. Je ne sais pas. Ou bien, on trouve que vous êtes d'un tel mauvais goût que vous feriez bien de parler d'autre chose. Voilà. Donc, il faudra passer du temps sur ce paradoxe. « Pourquoi le fascisme n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il n'apparaît pas comme fascisme ? »
12:02 Alors, bien sûr, je fais déjà comme si je savais ce que c'était que le vrai fascisme. Et comme si vous le saviez aussi, quand même. C'est pas, enfin, qu'on partageait un petit peu un contenu. Oui, un peu de vrai dans tout ça, mais enfin, vu de près, vu de près. Ce qui fait que c'est devenu le repoussoir par excellence. Et ne plus jamais ça, disons, au début de la guerre froide, dans ce qui, à l'époque, n'avait pas besoin de circonvolution pour se proclamer à gauche.
12:34 À l'époque, c'était le luxe politique. Même la droite, c'était la droite gaullienne. Maintenant, on pleurerait pour avoir, chez les gens qui se réclament d'une certaine gauche anticommuniste, on pleurerait pour avoir un quart de progressisme de De Gaulle contre lequel j'ai voté toute la période où il était là, si ça peut vous rassurer. Et vous dire que les donneurs de leçons sont mal reçus.
13:04 Mais, est-ce que ce qui fait que la fonction de repoussoir, d'horreur absolue, resterait la même qu'en autant le fascisme, j'espère, pour encore la majorité de ceux qui m'écoutent, j'espère. Allez, vite, et sous, ça va. Est-ce que ce serait comme ça identifiable à l'horreur absolue, s'il n'y avait eu que le fascisme italien, par exemple ?
La Rose blanche, Buchenwald et Weimar
13:38 Et Dieu sait, si on sous-estime en France, la brutalité et les sévices qu'ont dû subir les camarades italiens et les communistes, bien sûr, aux premières loges, mais même simplement, certains qui disaient quand même l'évangile n'ont jamais préparés à cela. D'ailleurs, en Allemagne, il y a eu le même mouvement chez des jeunes catholiques, en Allemagne plutôt du Sud, et en Autriche aussi, en Bavière et en Autriche, le mouvement dit, certains sont au courant, « La rose blanche ».
14:16 Jolie comme « Varice rose », « La rose blanche », avec la merveilleuse, pardon, mais je suis sous médicaments en sortant de l'hôpital après une petite crise, donc j'ai des noms qui m'échappent, mais cela me revenait à ces gosses de 17-18 ans qui n'avaient aucune expérience comme on a dans la classe ouvrière, du coup dur, de militants, des rafles de police, et qui distribuaient des tracts dans des trains, dans les années 36-37, dans des trains infestés du type de la Gestapo, et qui se sont fait tous piquer, pendus, des crocs de boucher, des gamines de 17-18 ans.
15:07 C'était les catholiques, et oui. Et quand j'ai visité le camp de Buchenwald, je rôde autour de notre sujet principal, de Buchenwald, ce n'est pas Auschwitz, c'est un camp de travail, la mortalité est la même, sauf qu'on meurt à force de soulever des blocs de pierre trois fois plus lourds que moi, n'est-ce pas ? Au moins. À Buchenwald, ça c'est des camps de travail, et quant à Auschwitz, si en plus vous êtes juif, ou si on soupçonne que vous l'êtes, je veux dire, et si vous êtes l'ennemi absolu, c'est-à-dire le judéo-bolchevique, Marx, Jésus, vous voyez, le judéo-bolchevique, et bien, dans ce cas-là, on vous liquide à l'arrivée du train.
16:02 je visite Buchenwald sous le régime de l'Allemagne communiste. La première état-nation de l'histoire allemande à vocation collectiviste et pacifiste. les autorités de régime qui faisaient visiter le camp de Buchenwald, dont je rappelle qu'il est à 3 kilomètres d'un petit paradis de Weimar, et c'est tout le paradoxe allemand qu'est là.
16:49 L'abîme de la barbarie allemande est à 3 kilomètres du centre-ville de Weimar, qui est le sommet de l'humanisme allemand. C'est la petite place du premier théâtre national, car les Allemands sont arrivés tard dans les courants littéraires internationaux européens, exactement comme les Russes sont arrivés tard à la musique classique, qu'ils avaient une telle richesse, ils ont encore une telle richesse de musique populaire avec l'immense réservoir de population rurale.
17:26 Les Allemands, c'était la littérature, le fondateur, qu'ils soient des penseurs comme Lessing, l'admirable juif Lessing, celui qui a été traité comme un chien crevé. Non, celui qui disait que Spinoza avait été traité comme un chien crevé. Bien sûr, les fondateurs, les Herder, les Goethe et les Schiller, qui ne sont pas du tout considérés comme des romantiques en Allemagne, mais comme des classiques.
18:01 Goethe et Schiller se tiennent par le bras à cette statue devant le premier théâtre national dans les années 1780 seulement. Il a fallu attendre, voyez, comme Mozart écrit Così fan tutte, le troisième opéra de sa série Da Ponte pour que le sommet de la barbarie à trois kilomètres. Et je l'avais signalé, le pouvoir est-allemand a eu l'intelligence de placer sans aucun commentaire une citation de Goethe à l'entrée du camp.
18:38 quiconque vient se promener dit Goethe sur les hauteurs du bois de hêtre Buchenwald, ça veut dire le bois de hêtre tout simplement, comme Birkenwald veut dire le bois de bouleau. Mais quiconque voit ce spectacle ne peut avoir que des sentiments élevés dans la poitrine. Voyez l'ironie tragédie allemande comme elle est résumée là.
Des nations tardives, et la question « qu'appelles-tu ? »
19:08 Oui, alors, est-ce qu'on parlerait du nazisme ? Je ne dis plus le retour du fascisme, mais dans sa forme la plus manifestement sans masque cette fois, n'est-ce pas, condamnable. Si il ne s'était passé rien d'autre, et c'est déjà peu dire, pas peu dire, pardon, que le fascisme italien. Vous savez, les fascistes aimaient bien obligés les prisonniers à boire de l'huile de ricin, n'est-ce pas, pour qu'ils se libèrent sur place en public, n'est-ce pas, vous voyez le genre de spectacle.
19:49 Bon, ce n'est pas la chambre à gaz, ce n'est pas la rationalité nordique, hein ? Donc, voilà, allez, tout ceci n'est pas du tout une question de race, vous comprenez bien, il y a des histoires et des géographies, mais surtout des histoires. ce n'est pas un hasard si les deux pays qui ont été tentés par l'aventure fasciste, l'Italie d'abord, puis l'Allemagne après, sont les deux qui n'étaient pas un état-nation au moment où a commencé leur processus d'unification, qui est tout récent, qui date de mes grands-parents ou de vos arrière-grands-parents.
20:28 On ne remonte pas à la préhistoire, ça. Oui, il y a des raisons qui font tout d'un coup. Toutes les grandes villes allemandes, plus on allait vers l'Est, plus c'était vrai, avaient un quartier juif, un ghetto, dont les Allemands parlaient à ce moment-là en ville, comme la bourgeoisie de Marseille, ils parlent des quartiers arabes. Je dis arabes avec des guillemets, ce qu'ils appellent, eux, des quartiers arabes, sans se soucier de savoir si c'est des maghrébins, des kabyles, bon, bref.
21:00 On s'en fout. Et quelque part, on a bien raison, parce que ce n'est quand même pas un problème d'identité, tout ça. Chaque fois, c'est des quartiers de migrants, de gens qui ne sont pas de chez nous, et ce n'est pas les plus riches. Ces quartiers-là. Donc, oui, c'est bien, c'est bien d'être inquiet de la montée du fascisme. Je ne suis pas le seul, heureusement. non, non.
21:30 Simplement, est-ce que nous sommes tous sûrs d'identifier la même chose quand nous pointons le doigt vers le fascisme ? Alors, j'arrête d'être aporétique, comme on dit en philosophie, c'est-à-dire de n'insister presque que sur des impasses, vous voyez, des contradictions un peu paralysantes. Il y en a qui font ça systématiquement pour bloquer la discussion, ça s'appelle des éristiques dans la tradition antique, par exemple.
22:05 Au lieu d'être aporétique, de déminer des apories, des difficultés, en un mot, je vais rappeler que quand j'insistais sur ce qui spécifie le champ philosophique en général, là on n'est plus dans le problème du fascisme, c'est la question qu'appelles-tu plus que la question qu'est-ce que c'est ?
22:36 C'est bien ce que je sens me requérir en disant qu'il faut s'entendre, n'est-ce pas ? sur ce que le fascisme, admettons même qu'on arrive à l'identifier, admettons même qu'on arrive à un prédicat du sujet le fascisme et tout ce qui va suivre est un prédicat, admettons qu'on s'entende tous et toutes sur ce prédicat, y compris même les fascistes eux-mêmes, vous voyez, je rêve, y compris.
23:07 Est-ce que ça suffit pour nous rebrancher sur ce qu'il y a de plus actuel ? Et pourquoi l'histoire se répéterait-elle à l'identique ? Ça ne se voit pratiquement jamais. Et qui ne nous dit que ce n'est peut-être pas encore pire ce qui menace ? Non, non, on n'est pas là pour faire les voyeurs, n'imaginez pas des atrocités. Imaginez une chose très simple, en tout cas quand on le dit abstraitement.
23:39 C'est que, je ne cesserai de le répéter, de citer Einstein disant que s'il y a une troisième guerre mondiale, alors la quatrième sera obligée de recouvrir aux cailloux. Et on se rend dans une régression de plusieurs dizaines de milliers d'années. C'est sans précédent le danger qui est là. Et on n'en a jamais été si près. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas entretenus. entre trois et quatre mois quand même, vous voyez, sans publication.
24:15 ce n'est pas un hasard si je ripe un peu sur cette problématique et ce n'est pas pour la quitter demain. Ce n'est pas moi qui décide, c'est l'actualité, n'est-ce pas, qui a son mot à dire aussi, pas seulement, mais tout de même a son mot à dire dans le choix de notre horreur du jour. Et quand j'ai commencé mes toutes premières publications il y a une douzaine d'années, mon premier titre de série, c'était Entre crise et guerre, virgule, philosophie, point d'interrogation.
24:52 Vous me direz, ça va, on est au courant. Oui, non, mais c'est que c'était il y a douze ans. Le danger de guerre a été multiplié par, je ne sais, je n'ose dire, par quel multiplicateur depuis et ne cesse de croître chaque jour. En plus, les chantiers, si j'ose dire, les chantiers où la guerre peut éclater à n'importe quel moment se multiplient maintenant.
25:28 De la mer de Chine, de Taïwan à l'Iran, avec l'invincible Armada, Venezuela, le Groenland, je n'ai pas parlé de l'Ukraine. Vous voyez, c'est ça, et puis selon, tout le monde se fiche complètement. Il y a eu douze morts hier au Liban, qu'est-ce qu'on s'en moque ? Que douze Libanais aient été tués en violation du cessez-le-feu par Tsahal de Netanyahou. Vous voyez, en toute impunité, puis là, il n'y a pas de sanctions économiques, comme il y en a pour la Chine, pour la Russie, pour le Venezuela, pour Cuba, non, est-ce que Cuba est étranglé ?
La chute des masques : « gauchistes » et déclin anglo-saxon
26:12 Depuis combien de temps ? Donc, ce que nous vivons actuellement, je donne juste quelques pistes pour revenir et ne pas abandonner notre sujet tant s'en faut, ce que nous vivons, c'est la baisse des masques. Ce n'est pas le film qui revient à Thil. Prenons l'Allemagne fédérale, l'Allemagne démocratique, parce que nous sommes les démocraties et en face de nous, nous avons les États autoritaires, sinon totalitaires, on est bien d'accord, c'est ce qu'on voit rabâche dans tous les médias, donc nous, nous sommes les bons.
26:52 Et au pinacle, il y a l'Allemagne fédérale, même pas aussi, n'est-ce pas, dirigiste que français jacobin, gaullien, communiste, gaulo-communiste, il y en a marre du gaulo-communisme, c'est bien le numéro deux du MEDEF qui avait sorti ça, de l'actuel MEDEF, c'est vrai. C'est, c'est, non, je ne sais plus quel, c'est pas comme le MEDEF, mais c'est un de ses émules qui avait dit pareil, qu'il faut stopper le retour au gaulo-communisme, vous pensez qu'il y a le danger d'un retour au gaulo-communisme, ça devrait se voir dans les chiffres, pour l'instant, je vois surtout le retour du Rassemblement national.
27:41 Voilà, donc, ce qui est original là aujourd'hui, qui n'était pas le cas de tous les fascismes, pas à ce point-là, c'est le déguisement, le masque. C'est que, je l'ai dit à nos amis allemands à Leipzig au décembre dernier, le pire des fascismes actuellement, c'est celui qui porte un visage de gauche, un visage que les gens d'extrême droite appellent gauchistes.
28:14 Le mot gauchiste ne vient pas de l'extrême droite, il vient de Lénine. Je ne sais pas. Et chez Lénine, ça désigne tout le contraire de ce que l'extrême droite appelle maintenant gauchiste. Vous savez ce que c'est maintenant ? C'est tout ce qui est à gauche de moi et je suis de l'extrême droite. Ah ben, ça fait du monde, dis donc. Ça veut dire que Macron en fait partie, Macron est un gauchiste. Je ne sais pas. Quand il y a un échec économique, c'est la faute du socialisme, c'est déjà une Union soviétique déguisée. Je l'ai encore lu hier, la France, dernière trace de l'Union soviétique d'après l'entourage de Trump.
28:49 Bien sûr, bien sûr, bien sûr. on a vu des femmes capitaines de navires en Union soviétique, j'en ai vu moi-même dans le port d'Abidjan, n'est-ce pas, et avec une bibliothèque en douze langues dans un petit cargo qui faisait, bref, qui jetait ses filets dans les riches ressources halieutiques du golfe de Guinée. actuellement, c'est ça qui fait que Trump exaspère tellement de gens les moins recommandables, souvent, n'est-ce pas, même si lui, ce n'est pas triste non plus, mais enfin, je veux dire, ce qu'il lui reproche, c'est de tomber, le masque, il y en a marre de se gêner, quoi.
29:47 J'ai besoin du Groenland, j'ai besoin du Groenland, voilà. Fou, c'est quoi, c'est Danois, c'est Inuit, c'est quoi les Inuits ? Ça existe, des gens comme ça ? Bon, il avait déjà dit de pays de merde à propos des pays africains, rappelez-vous. Je veux dire, c'était son premier mandat, sa première mandature. Mais en même temps, en même temps, ce qu'on ne lui pardonne pas, c'est qu'il donne le signal du déclin. de la baisse de puissance.
30:18 La baisse de puissance, c'est terrible, vous savez, quand on a été un empire, vous voyez, je me répète, mais oui, depuis Waterloo, le monde est dirigé par des anglo-saxons. Moi, ça m'est égal, je ne dis pas, il y a des côtés très bien, et puis en même temps, qu'est-ce qui en est sorti, les deux plus grands carnages mondiaux de toute l'histoire de l'humanité ? Ça n'a pas duré très longtemps, il a suffi d'un 19e siècle, pour passer des guerres féodales, c'était déjà pas mal, la guerre, comme Alculo, de dire la guerre en dentelle, à l'époque, et la bataille de Kursk, les grandes batailles de blindés de toute l'histoire, il y a des blindés qui n'avaient plus de carburant, deux blindés russes, comme soviétiques, comme ça, alors ils se mettent à, vous voyez, en feu croisé comme ça, pour passer par-dessus un blindé allemand, vous voyez, pour le broyer.
31:15 En un siècle, et ces deux grands carnages, et la dernière fait écran trop souvent à la première, je dis surtout pour la France, la France a perdu un million et demi de ses citoyens, un million et demi. Ça n'a pas collaboré en 1914, que je sache. Et les 4-5ème des territoires détruits, ça a été sur le sol français.
31:46 Nombre de mort, malheureusement, les peuples peuvent se partager le pompon entre les Allemands, les Anglais et nous, c'est les Belges, c'est les hécatombes, et je ne parle pas de l'Europe orientale et de la Russie. Ces russes que le tsar envoyait combattre avec des fusils en bois, vous savez, il fallait faire peur de loin à l'ennemi, il n'y avait qu'un sur dix qui avait un vrai fusil. Étonnez-vous que cette armée-là se soit ralliée à Lénine, six mois après, n'est-ce pas ? Oui, non, ça ne tombe pas du ciel, le nazisme.
Clouscard et les deux fascismes
32:17 Donc, ce qui est actuel, c'est une bonne nouvelle pour la connaissance, c'est une terrible nouvelle pour ce qui est de la guerre et de la paix, c'est que le fascisme commence à rejeter ses masques et là, s'accomplit, ce que Clouscard, dans une totale solitude, vous voyez, il y a presque une génération maintenant, je pense à un titre comme néofascisme et idéologie du désir, et à l'époque, il n'y avait pas la course au gouvernement fasciste dans tous les pays d'Europe comme ça se fait maintenant.
32:54 L'extrême droite allemande, elle faisait rarement au-delà de 3%, maintenant, elle est entre 30 et 40. En France, je ne vous fais pas un dessin, en Autriche et en Italie, c'est déjà, le seuil est déjà franchi, il n'y a pas un seul pays scandinave qui aurait sa majorité exécutive stable s'il n'y avait pas une participation de ministres venant de l'extrême droite. C'est le pays qu'on nous montrait il n'y a pas si longtemps, surtout du côté du PS, de la gauche anticommuniste.
33:28 Ah, le modèle du socialisme suédois, eh oui, on voit le résultat. Donc, il faut, ça va peut-être, il y a au moins ce côté positif, c'est que ça nous rend encore plus inexcusables de continuer à bafouiller quand on parle de fascisme. Donc, je vais rappeler que la modeste contribution que je peux fournir dans le cadre de notre asso à ce niveau-là, et comme toujours quand c'est une idée qui vient de moi, je vous prie surtout de corroborer, de faire un effort pour contredire, pour vérifier dans les sources, c'est qu'il y a deux fascismes actuellement qui se disputent dans le monde.
34:18 Pas seulement entre eux. Il y a deux fascismes, deux forces politiques qui méritent d'une manière fondée et que je valide en tout cas le titre de fascisme, mais qui sont sociologiquement, économiquement et politiquement très différents. Le premier est le fascisme local. En France, ce sera le Rassemblement National, ce sera l'AFD en Allemagne, en Espagne, ça ne cesse de monter, c'est pas une partie du mouvement des suprématistes blancs qui sont d'ailleurs en train de magas là.
35:02 Une partie du MAGA. C'est des fascismes locaux où on retrouve toujours les mêmes choses, la décadence. Ça me permet de mettre au point quelque chose sur une sémantique, c'est un terme qui m'agace, c'est les élites. Vous reconnaissez un mec qui est de droite quand il commence à critiquer les élites. Les élites, c'est Epstein, c'est Clinton, c'est Bush, c'est Trump.
35:32 Oui, attendez, attendez. C'est les élites du pognon, ça. L'élite, ça veut dire les meilleurs. Les meilleurs, c'est Mozart. Mozart, il est enterré à la fosse commune, on ne peut même pas voir sa tombe tellement qu'il est mort pauvre. Chacun son élite, excusez-moi. Si l'élite, maintenant, c'est les premiers abrutis qui vient juste encaisser ses dividendes en 40 minutes de conseil d'administration par an pour retourner dans l'île qu'il a achetée entre les Bahamas et la Grande Barrière.
36:06 C'est à l'encent géographique ce que je viens de dire, on se comprend. Voilà, donc, cette droite-là, je vais dire, locale, puritaine et en face d'elle, il y a Epstein. Je dis ça parce qu'il défraie la chronique, vous savez, il y a pire dans le genre. Mais oui, mais oui. si vous relisez « Les silences du colonel Bramble »
36:39 d'un des meilleurs vulgarisateurs pour les classes bourgeoises de l'histoire américaine, je pense à André Maurois qui, en plus de son travail d'historien, s'était piqué de faire quelques romans assez drôles, dont « Les silences du colonel Bramble ». Mais dedans, il disait « Attention, un père qui dit à son fils français qui va vivre bientôt dans une université anglaise, attention, là-bas, les scandales sont beaucoup plus rares que chez nous.
37:13 Ils ne pardonnent pas, ils sont graves. Mais tu peux faire ce que tu veux tant qu'il n'y a pas de flagrant délit. Vous voyez ? Allez, laissons-là l'anecdote. Oui, je proposerai deux fascismes. Le premier, je viens de le nommer, c'est celui qui vous est le plus familier par les temps qui courent, vu les manifestations autorisées auxquelles nous venons d'assister. Il ne faut pas aller bien loin pour illustrer mon propos.
37:45 Et puis, ce fascisme-là n'hésite pas et ne fronce pas les sourcils quand il est accusé de fascisme. Quand ce n'est pas trop en public, quand c'est en privé, quand il peut parler librement, il ne va pas se dédouaner. Ce n'est pas du fascisme. Par contre, le second, qui est beaucoup plus puissant, qui est ce que les gens de droite, les premiers, les précédents, ce que le fascisme local désigne comme les élites, les élites mondialisées, comme ils aiment dire.
38:23 Moi, je n'ai rien contre le monde. Je suis très attaché à la souveraineté de mon pays, de notre pays, à sa souveraineté. J'ai assez insisté sur ce que l'on doit à Rousseau en matière de création, non pas du souverainisme, qui est une idée de droite, mais de la souveraineté, qui est l'idée la plus progressiste de la révolution française. C'est qu'on ne s'incline devant la nature, ni devant Dieu, ni devant quoi que ce soit, qui n'ait pas été fondé par le contrat.
38:55 C'est-à-dire par un accord, non pas entre nous et je ne sais quel ordre extérieur, qu'il soit divin, surnaturel ou naturel, mais seulement devant les décrets de nos semblables. Entre le contrat social, et l'ordre vers lequel on nous rappelle maintenant, par les gens qui ont trop de laisser aller, il y a un abîme.
39:29 Donc, le deuxième fascisme, c'est pourquoi tourner en rond ? Il a été conceptualisé, il a été nommé comme le libéralisme libertaire. c'est-à-dire l'idéologie la plus répandue dans les bourgeoisies qui se disputent la planète depuis Waterloo. ce n'est pas compliqué. C'est inattendu que ce soit si précis, mais c'est comme ça.
39:59 Et ça n'a rien de raciste. Il y a des Anglais et des Américains qui sont morts pour avoir défendu les droits de l'homme contre le puritanisme, la tendance puritaine des droites nordiques. Voilà. Donc, je proposerai une méthodologie pour essayer d'y voir un peu plus clair dans le label fasciste. Mais vous voyez que chaque fois qu'il y a un règlement qui semble avancer dans le dossier ukrainien, au dernier moment, ce sont les chefs d'État européens qui viennent casser des perspectives de paix qui étaient en train d'affleurer.
Ukraine : les dirigeants européens contre la paix
40:43 Ne me faites pas donner un exemple, il y en a quinze, rien que dans les six derniers mois. Le premier ayant été le plus célèbre lorsque l'Ukraine, les Zelensky en tête, avaient accepté l'accord avec les Russes en 2022. Ça ne faisait que quelques mois de guerre. Il n'y avait pas encore un million de morts. Le pauvre gosse ukrainien dont chacun a vu comment ils sont kidnappés dans la rue, comment ça se bat et comment les passants insultent ceux qui les enlèvent.
41:18 Cette Ukraine dont on ne parle jamais dans nos médias. Cette Ukraine qui voit des redditions dans l'armée ukrainienne par unité entière. Or là, il n'y avait pas à craindre tout ça. L'Ukraine pouvait garder tout le Donbass, tout, à part la Crimée, si vous voulez, tout. L'Ukraine, ce Donbass, ne perdait pratiquement aucun territoire. Et en échange, il devait reconnaître une autonomie relative, ce que l'Europe sent très accordée à n'importe laquelle de ses régions, aux provinces francophones.
41:58 J'allais dire francophones, vous voyez, russophones. Et oui, parce que la glorieuse époque où on tenait l'Allemagne en étau entre la France et la Russie nous semblent bien loin. Mais enfin, c'était la France de Gaulle, après tout. ou celle des dernières années de la Deuxième Guerre mondiale, n'est-ce pas ? Donc, méditons bien le cas particulier qui nous tracasse à présent.
42:29 les masques tombent, le danger, le plus grave des symptômes, la plus grave des manifestations du fascisme, c'est quand même la guerre. Ne faites pas dire ce que je n'ai pas dit, le fascisme n'a pas le monopole de la guerre, hélas. Dans toute l'histoire humaine, on n'a pas attendu le fascisme pour faire de ce monde que l'Écriture sainte appelait une vallée de larmes.
43:02 Sauf que la guerre chez les fascistes, elle est programmatique, lisez Mein Kampf. Alors, il n'y en a pas qui vous diront on n'en est pas là, on n'est pas dans le fascisme, regardez, enfin, tu te fais rembourser de tes médicaments, plusieurs parties peuvent voter, toutes les tendances confondues, oui, enfin, ma femme qui a connu, ma femme qui a 10 ans plus que moi et qui a connu l'époque nazie petite, elle dit que c'était un paradis.
43:37 Si vous n'étiez ni juif, ni communiste, elle m'en rappelle des feux de camp, elle avait 12 ans. Il ne faut pas lui faire un baratin sur l'Allemagne, elle, elle connaît l'Allemagne. C'est pour ça que elle me disait mon rêve quand j'étais en terminale, c'est de passer mon bac et de partir en France, fumer des gauloises, rouler en deux chevaux et écouter du jazz. Ce n'est pas tout à fait le programme des Boches. Vous savez que j'adore l'Allemagne, mais je n'aime pas trop les Boches. Je préfère les Allemands.
44:09 Voilà, ce n'est pas des questions d'identité ou de biologie. ce qui se passe en ce moment, c'est qu'on est en train de banaliser, non pas un aspect du fascisme en dissimulant les autres, non, au contraire, on tombe le masque sur la pire du fascisme, c'est la guerre. On n'imagine pas ce que c'est que la guerre, surtout après une si longue période de paix. Ah, vous avouez quand même que grâce à l'atlantisme et à l'Europe, l'Europe de Bruxelles, on a quand même eu la paix.
44:44 Taratata, enfin quand même. C'est vrai qu'il y a une période de paix comme on n'en a pas eu depuis longtemps en histoire, depuis 1945, jusqu'aux années 80. Je dis ça parce qu'on passe vite sur les Balkans. C'est un peu comme s'ils étaient des Maghrébins ou des Noirs, c'est des Blancs un peu de seconde zone. Je parle comme si j'étais un homme d'extrême droite. C'est ce que pensent beaucoup d'Allemands. Il n'y a qu'à voir comment l'Allemagne a traité la Grèce à une époque, n'est-ce pas, il n'y a pas si longtemps.
45:20 Et a rendu nul et non avenue l'idée d'un référendum en Grèce. On n'avait pas le droit de faire un référendum. Donc, ne tergiversons pas. La pire des expressions, c'est quand même la guerre. La guerre et tous nos chefs d'État d'Europe dite occidentale s'accordent au moins sur ce point. C'est qu'il faut faire la guerre. Et Macron est allé jusqu'à dire, c'était en novembre 24, je suis obligé de m'arrêter un petit peu parce que la situation est incroyable.
46:00 à chaque fois, je me dis est-ce que j'ai bien entendu. Les pacifistes sont des défaitistes. Au novembre 24, maintenant, c'est tout le contraire. Maintenant, ils essayent de faire croire que c'est des Russes qui sont têtus, qui ne veulent pas le cesser le feu. Maintenant, ils ont besoin qu'ils reculent. Ils ont besoin de cesser le feu. Donc, tout d'un coup, le méchant, c'est celui qui ne veut pas le cesser le feu. À l'époque, c'était tous les chefs d'État occidentaux.
46:32 Et donc, j'y reviens. Lorsque l'Ukraine était prête à signer cette paix qui aurait épargné à la jeunesse ukrainienne, d'abord l'exil, il y en a 7 millions qui sont partis. 7 millions. Et un million de cadavres. Ou des gens de blessés, ils font que ce sont des morts vivants, souvent. Eh bien, à ce moment où la paix est signé, il y a le prime minister de sa majesté, l'autre blondasse qui est arrivé là et qui a dit « Si tu signes, là, tu n'auras plus un sou ».
47:12 Il y a un délai qui a dit à Zelensky. C'est comme ça que ça marche depuis. Donc, il ne faut pas spéculer sur le retour du fascisme. Par pas mal de côtés, il est déjà là. Il est déjà là. Ne croyez pas que l'Allemagne s'est réveillée un beau matin comme ça un 31 décembre à minuit, on est passé tout d'un coup au fascisme. Pour que le chancelier de l'époque remette à Hitler la charge de la chancellerie, les von Papen, je ne sais pas, et consorts pour que cette bourgeoisie-là ait préféré Hitler au Front Populaire, qui était autrement dangereux pour eux.
48:07 Donc, on met Hitler au pouvoir et on assassine dans la rue comment vous appelez ça ? Les gauchistes, oui, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, les deux leaders du mouvement communiste allemand et spartakiste, lynchés dans la rue, comme au Texas, comme des afro-américains au Texas. Vous savez, quand il y a un viol dans une ville, il n'y a pas si longtemps, un viol dans une petite ville, on commence par lyncher dix afro-américains et puis on réfléchit après à qui ça peut être.
48:40 Ben oui, on a fait ça dans les rues de Berlin. Voilà le programme qui nous attend pour la session qui vient et j'aimerais aussi faire une session spéciale, là maintenant je passe à un changement de forme mais pas de contenu, on pourra y continuer à parler du retour du fascisme, mais dans une séance de réponse aux questions, pour ne rien vous cacher, parce qu'après une si longue absence, il y a quand même beaucoup de questions qui sont restées pendantes et auxquelles j'aimerais bien m'atteler, y compris des questions parfois fort anciennes, mais qui sont réactivées par le temps qui court.
Le fascisme local rejoint le fascisme mondial
49:30 n'hésitez pas, si vous avez la gentillesse de faire des commentaires, n'hésitez pas par poser des questions, car ce faisant, vous dessinerez le programme de notre prochaine intervention. vous avez remarqué que j'alterne pour ce qui est des régies techniques entre Pierre-Alain et Adrien, en ce moment, selon les disponibilités des uns et des autres, je suis un vampire opportuniste, n'est-ce pas ? Je les attrape quand ils sont là, et franchement, entre Adrien, qui ne voyage pas beaucoup, mais qui travaille, qui a le mérite de traverser toute l'île de France en vélo parce qu'il travaille dans des conditions très difficiles, je ne peux pas en dire plus, dans un bar en Seine-Saint-Denis et en 9-3 et que la copine aimerait voir plus souvent, ce qui fait que, malheureusement, il ne peut se déplacer qu'en semaines, je dis malheureusement égoïstement pour moi, et Pierre-Alain, alors à l'inverse, lui, qu'il faut attraper quand il est en France,
50:40 n'est-ce pas ? Voilà, et encore, même en France, quand il est dans un festival à Biarritz ou à Cannes, ce n'est pas le moment de l'embêter avec nos problèmes. Eh bien voilà, il est à votre disposition ce soir et je m'en réjouis et je le remercie. À très bientôt et on attend vos questions. Bon, ce n'est pas la première fois qu'on m'accusera de rabâcher, alors mettez-vous d'accord entre ceux qui disent que je fais des détours et ceux qui disent que je rabâche, entre le même et l'autre.
51:11 C'est une belle dialectique. Bon, ça doit être vrai dans les deux cas. Mais je répète ce que je disais il y a un instant, à savoir que pour quelqu'un qui se situe à l'extrême droite, c'est-à-dire pour de plus en plus de gens, c'est de plus en plus l'idéologie, pas encore la dominante, mais enfin, je veux dire, le fascisme local, frappe à la porte du fascisme mondial.
51:42 Des élites, comme dirait le fascisme local, n'est-ce pas ? Et à ce moment-là, ils ne seront plus une opposition. Regardez comme Bardella a déjà dit, il n'est pas question de quitter l'OTAN alors que nous sommes en guerre. on met 40 ans à faire croire qu'on est le seul recours contre l'OTAN, contre l'Europe et tout, puis quand les vrais enjeux arrivent, n'est-ce pas ? Chacun rejoint sa caserne, n'est-ce pas ? Donc, quand on est d'extrême droite, on appelle gauchistes tous ceux qui sont sur votre gauche, dites, ça fait du monde !
52:18 Je vous ai dit qu'il y avait Macron, mais attendez, tout ce qui fait la fierté de la France. Allez, une fois n'est pas coutume. Anecdote personnelle, j'avais une copine il y a quelque temps, il y a du temps, la maman était anglaise, d'accord ? Et oserais-je le dire, fille d'un amiral ? Oui, un amiral de sa majesté, ce n'est pas les milieux les plus pro-français, ça.
52:50 Donc, je dis ça parce qu'elle détestait la figure de De Gaulle historiquement, parce qu'elle est un peu plus jeune que moi, plus proche de ma génération. Mais enfin, donc, je ne parle pas de ma copine, je parle de la mère de cette copine. Et donc, ne comprenez pas que De Gaulle reçoive un wear en uniforme. et elle lisait que The Economist.
53:20 Vous voyez, je ne sais pas si vous voyez le contenu, hyper libéral, à un point qu'on a du mal à imaginer. pour ces gens-là, la France est un pays, je dirais, presque soviétique, bolchevique. Pourquoi ? Parce que dès qu'elle était malade, elle venait se faire soigner en France. Vous voyez ? Tout le reste était mauvais en France, mais les systèmes de santé, sans trop en parler, ça par contre, vous voyez, à l'époque où il fonctionnait un peu mieux que maintenant, je sors de l'hôpital, je vais passer 4-5ème des heures de ma présence là-bas à attendre sur une chaise.
54:03 Mon premier médecin, je l'ai vu à 2h30 du matin, je ne fais pas le procès du personnel hospitalier, au contraire, jamais j'ai eu autant d'admiration pour les prouesses auxquelles ils sont astreints. J'ai vu des infirmières qui n'ont pas arrêté une seconde, 10 heures d'affilée, leur temps de travail, 10 heures. Et les médecins que j'ai vus, si je les ai vus si tard, c'est parce qu'ils font passer en priorité des pauvres camarades qui sont tombés d'un échafaudage et qui ont le thorax enfoncé, n'est-ce pas ? Ça passe avant mes petites crises d'octogénaires.
La dette de la droite envers la fausse gauche
54:36 Voilà. Donc, je commence à être exaspéré par cette manière de cracher sur la gauche, non pas que c'est seulement injuste, c'est que ce n'est même pas reconnaissant. car les pouvoirs de droite aujourd'hui à qui ils doivent le pouvoir ? Sinon à cette fausse gauche à laquelle il vaudrait bien réduire toute la gauche, n'est-ce pas ? À la gauche de la tonton mania.
55:07 Vous vous rappelez, la tonton mania, ce n'est pas si vieux. Les deux septennats successifs de Mitterrand, ça fait quand même 15 ans à chaque fois. c'est grave. C'est à ce moment-là qu'on a et Hollande ne l'a jamais changé, encore un socialiste, qu'on a rejoint le commandement intégré de l'OTAN. Ce qui fait qu'il y a deux forces qui montent.
55:38 On pourrait penser que c'est une coïncidence, que ça n'a aucun rapport. Le danger de guerre, prenez l'unité de mesure que vous voulez pour l'évaluer et les spécialistes là-dessus et prenez le néo-puritanisme agressif qui dénonce tout le temps la dépravation et la corruption des élites comme s'ils découvraient aujourd'hui que le capitalisme adorait le capital. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est quand même incroyable.
56:10 On aurait dit la même chose il y a 50 ans. Ils auraient dit on voit que vous êtes communiste vous n'aimez pas la richesse. Vous voyez ? Voilà. Donc, il est temps que vous soyez plus sévères les uns et les autres dans le vocabulaire, dans l'échange. Ce n'est pas de l'ingérence de s'appliquer à faire des distinctions. C'est toujours un progrès. Comme je me souviens avoir fait avec Adrien une vidéo qui a eu du succès d'ailleurs précisément s'il ne s'y trompe pas les gens en matière de contenu sur la distinction état-appareil d'état d'où il résultait.
56:50 Je ne vais pas tout refaire mais c'est très vite résumé et c'est d'autant plus saisissant quand on le résume. C'est qu'on n'a jamais vu, on n'a jamais vécu dans le cadre d'un appareil d'état aussi puissant technologiquement que maintenant écoute, satellite, caméra, surveille, bref, je ne vais pas vous faire un dessin vous connaissez ça mieux que moi à la limite tellement que ça va vite. Mais en même temps tout cet appareil gigantesque auprès duquel celui du troisième Reich semble de la bricole provinciale maintenant est au service de quoi ?
57:24 De cette négation de l'état qu'est le privé. Allez-vous y retrouver. Voilà. N'oubliez pas ça quand vous entendez cracher sur la gauche sur le socialisme n'importe ce que soit les filles de PC et tout ça il n'y a pas tout ça. Sans la gauche anticommuniste la droite n'aurait jamais eu le pouvoir qu'elle a aujourd'hui. Alors ne soyez pas trop ingrats quand vous crachez sur les gauchistes. Merci.